La guerre d’Ukraine, des enseignements intéressants

(B2) Le conflit dans l’Est en Ukraine est « intéressant » en termes de retour d’expérience. Ce conflit légèrement oublié a été dévastateur en termes de pertes humaines. Et la ‘défaite’ des Ukrainiens, dans la première année de guerre 2014-2015, face à des troupes théoriquement plus faibles en nombre, recèle plus d’un enseignement selon les militaires français

Troupes ukrainiennes lors de l’exercice Saber Junction 2018 (crédit : Ministère de la défense de l’Ukraine)

« C’est un conflit intéressant pour nous, aux caractéristiques dimensionnantes, tant dans le domaine capacitaire que dans celui de la préparation opérationnelle », a ainsi indiqué le général Pascal Facon, chef du CDEC (centre de doctrine et d’enseignement du commandement) de l’armée française devant les députés français fin septembre (1). « Nous devons être prêts à nous engager dans un conflit approchant la haute intensité et les caractéristiques observées dans l’est de l’Ukraine. »

Une bataille de blindés

« Ces combats ont opposé 30.000 Ukrainiens, déployant environ 2000 véhicules blindés d’infanterie et 600 chars, faisant face à 2000 combattants séparatistes équipés de véhicules blindés, souvent récupérés sur leurs adversaires. »

  • Enseignement : « c’est une bataille de blindés qui justifie la réflexion d’aujourd’hui sur l’après-char Leclerc, le programme Main Ground Combat System (MGCS) ».

Un grand nombre de blessés

En février 2015 « au moment où le front s’est stabilisé, on comptabilisait 5300 morts et 12 000 blessés ». En moins d’une année de combat. « Ce qui dépasse les taux de pertes de nos opérations actuelles. »

  • Enseignement : « nous devons, à l’aune de ce retour d’expérience, nous préparer à gérer un nombre important de blessés ».

Un faible entraînement + peu de volonté de combattre

Les forces ukrainiennes avaient un « entraînement limité ». « Des durées de formation trop courtes et des équipements individuels inadaptés – sac à dos, chaussures, protections individuelles, trousses de première urgence inexistantes, transmissions non sécurisées – ont affecté initialement leur volonté de combattre. »

  • Enseignement : « au premier stade de l’endurance, il y a donc l’équipement du soldat et l’entraînement dont il a bénéficié. Mais il y a aussi la force morale ».

Une image dégradée des forces armées

En Ukraine, « les forces ukrainiennes semblent avoir été surprises par les événements dans le champ de la mobilisation. 50 % des effectifs attendus ne se sont pas présentés. […] L’image parfois dégradée des forces armées au sein de la population a eu une influence évidente sur son efficacité. Cet état de fait a poussé les jeunes à rejoindre des bataillons de volontaires dont le volume total a atteint 7000 hommes, plutôt que d’entrer un processus de mobilisation ».

  • Enseignement : « l’importance qu’il convient d’accorder aux facteurs de résilience d’une société, à sa capacité à cultiver l’esprit de défense, son « esprit guerrier ».

Des forces peu agiles

Les Ukrainiens « ont probablement éprouvé des difficultés à mesurer qu’une action qualifiée de lutte antiterroriste pouvait dériver vers un conflit localement de haute intensité ».

  • Enseignement : « au regard des conflits récents, l’agilité, envisagée sous l’angle de l’adaptation au changement et sous l’angle de la capacité à se reconfigurer, s’impose comme un facteur essentiel ».

Inutile d’avoir de gros moyens si on n’a pas de maintien en condition opérationnelle

Fait intéressant : « ‘sur le papier’, les Ukrainiens disposaient d’une supériorité matérielle indiscutable avec 2300 chars, 3800 blindés et 3100 pièces d’artillerie, mais, du fait des conditions de stockage de leurs matériels et de procédures de maintien en condition inappropriées, la disponibilité technique opérationnelle (DTO) n’excédait pas 60 % au début des combats ».

  • Conclusion : « la masse, sans le maintien en condition opérationnelle (MCO), ne sert à rien ».

La puissance de l’artillerie sol-sol et sol-air

« Durant les affrontements, deux régiments ont été détruits à 70 % en l’espace de six minutes par des lance-roquettes multiples. »

  • Enseignement : « nous avons redécouvert la puissance de l’artillerie sol-sol et sol-air, l’effet de masse que cette arme procure dans des affrontements de haute intensité et la permanence des feux qu’elle assure ».

Disposer de contre-feux

Dans l’Est de l’Ukraine, « l’artillerie sol-air séparatiste a littéralement interdit, en détruisant les aéronefs ukrainiens, la libre disposition de l’espace aérien, pourtant indispensable pour assurer l’appui des troupes au sol. »

  • Enseignement : « La guerre de haute intensité met en lumière l’importance du déni d’accès et la nécessité de disposer de moyens permettant de le contourner pour accéder à un espace de manœuvre. La puissance des feux indirects repose aussi sur des capacités dans le domaine des radars de contre-batterie et dans la lutte anti-drones, qui constitue le premier stade de la lutte permettant de se soustraire à la contre-batterie adverse ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Voir le compte-rendu de séance de la commission Défense de l’Assemblée nationale du 25 septembre

Allemagne. Des chars US pris en flagrant délit de non respect du code de la route. La police intervient

(B2) C’est une information débusquée par mon collègue allemand Thomas Wiegold. La police de la route allemande a bloqué, mercredi (10 janvier), un convoi militaire transportant plusieurs engins blindés US. Un exemple type pour illustrer la problématique de la difficulté de mobilité des moyens militaires en Europe, explique-t-il sur son site Augengeradeaus.

Lors d’un contrôle sur un transport exceptionnel sur la A4, qui était sur l’aire de repos de Oberlausitz Nord (entre Dresde et Görlitz, la frontière polonaise), la police de la circulation (sans doute averti par quelques automobilistes mécontents) a stoppé un convoi de plusieurs poids lourds ramenant, pour le compte de l’armée américaine, six canons automoteurs de type M109, de Pologne (*).

Le récit fait par la police du Land de Saxe vaut son pesant d’or… Le contrôle des policiers s’est avéré très positif. Il relève même d’un vrai festival en matière de manquement à la circulation des poids lourds, puisqu’au moins quatre chefs d’infractions ont été relevés par les policiers. 1° les semi-remorques utilisées par la société étaient tous inappropriés. 2° Les documents et les dispenses nécessaires manquaient. 3° La charge était trop large et, surtout, beaucoup trop lourde, jusqu’à 16 tonnes. En « surcharge » selon la police. 4° certains des routiers avaient dépassé leurs temps de conduite et de repos.

Après avoir dressé cette « longue liste » de PV, les pandores ont « interdit la poursuite du voyage jusqu’à ce que les véhicules appropriés soient disponibles, les autorisations nécessaires et toutes les conditions requises ». La direction du Land « va s’occuper de l’affaire » dorénavant. Et des « amendes appropriées seront infligées aux chauffeurs routiers et aux routiers concernés ».

Commentaire : cette aventure pose la question du transport des biens militaires. D’une part, les forces armées qui transitent sur les routes « civiles » se doivent de respecter toutes les règles du code de la route (et doivent le faire respecter à leurs cocontractants), notamment les temps de repos. D’autre part, dans quelle mesure ces règles ne peuvent-elles pas être aménagées pour les convois militaires, dans certaines circonstances. Quid du contrôle… C’est tout l’enjeu du projet de « mobilité militaire » que mènent actuellement de concert la Commission européenne, l’Agence européenne de défense, les États membres (dans un des projets menés au titre de la Coopération structurée permanente) et l’OTAN.

(NGV)

(*) Et non des chars comme improprement appelés dans une première version)

Lire aussi :

DrapeauTurcNeige@Tr

La turlutte turque

DrapeauTurcNeige@Tr(B2) Les bombardements russes, et turcs, continuent au nord de la Syrie. Mais, invariablement, les premiers suscitent des condamnations des Européens, qui fusent immédiatement. Tandis que les seconds suscitent un silence, à peine embarrassé.

Embarras dans les capitales européennes

Ce mercredi, veille de sommet européen, le décalage est frappant. Interrogé par des journalistes, un haut diplomate européen a confié que « pour certains dirigeants (européens), les bombardements russes (1) en Syrie sont quelque chose de préoccupant. Car cela contribue au flux de réfugiés ». Bizarrement, aucun commentaire sur les bombardements turcs (1) dans les zones kurdes. L’explication tient en un seul mot : l’Europe a besoin de la Turquie comme… le thé a besoin d’eau.

Notre ami turc reçu au café autrichien

Le Premier Ministre turc Ahmet Davutoğlu doit normalement (2) se rendre en visite officielle à Bruxelles ce jeudi (18 février) reçu avec tous les honneurs : rencontre bilatérale avec le président du Conseil européen, Donald Tusk et avec le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant une rencontre multilatérale organisée à la représentation autrichienne, avec les dirigeants de neuf pays (dont le président français François Hollande) autour de la question des réfugiés.

Ne pas parler de sujets qui fâchent

L’échange de questions réponses entre la presse et les portes paroles de la Commission européenne au rituel point de midi est un moment du genre. Interrogée par notre collègue de l’agence Europe, la porte-parole de la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, n’a pu que reconnaitre que « il n’y avait pas eu de contact entre le Service diplomatique européen et les autorités turques depuis la discussion de Münich ». Quant au porte-parole en chef du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Margaritis Schimas, titillé par les journalistes, il a très vite évacué le sujet, soulignant que l’enjeu principal des discussions entre son chef et le leader turc ne portait pas sur des questions de politique étrangère. Une seule crise à la fois…

Un axe Ankara – Bruxelles

Le mot d’ordre est le même dans toutes les capitales européennes, de Prague à Berlin, en passant par Paris, Rome ou Bruxelles : l’axe de la politique européenne passe aujourd’hui par Ankara qui devient de fait l’allié le plus précieux du moment sur la crise des réfugiés. Il ne faut donc pas s’étonner que les différents responsables européens ne veulent d’aucune façon se prononcer sur les quelques actions militaires menées en zone kurde syrienne par leur ami turc. Et peu importe si les Kurdes, normalement les alliés au sol des Américains et des Français dans leur lutte contre Daech, en pâtissent sur le terrain. C’est la guerre…

Objectif : endiguer le flux des réfugiés

Endiguer le flux — Stemming the flow en bon français comme l’a déclaré un diplomate hexagonal — est en effet devenu la première préoccupation des leaders européens. Les Européens ont déjà promis à la Turquie un paquet de 3 milliards d’euros. Ce qui, en soi, n’est pas énorme pour accueillir aujourd’hui plus de 2 millions de réfugiés (demain 3 millions voire plus). Ils ont promis de rouvrir les négociations d’adhésion — ce qui ne coûte pas cher non plus, car personne ne dit quand elles seront fermées —. Mais la Turquie doit mettre la main à la pâte maintenant sur les réfugiés : en gros ouvrir ses frontières en Syrie, nourrir et donner du travail sur son sol aux demandeurs d’asiles… et les garder et fermer ses frontières côté européen.

Conclusion : les Turcs peuvent continuer à bombarder gentiment les zones kurdes en Syrie tant qu’ils ne se font pas « pincer » par la chasse aérienne russe. Ce qui serait alors un autre sujet de discussion … un peu plus sérieux.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Les premiers (russes) ont lieu par l’aviation essentiellement, les seconds (turcs) ont lieu par l’artillerie. Les Turcs ne se risquent plus à envoyer des avions dans le ciel syrien.

(2) Maj – Une rencontre qui a été remise en cause ou reportée, après l’attentat à Ankara contre un véhicule transportant des militaires ce mercredi.

(crédit photo : MoD turc)

La statue Rodina Mat (mère patrie) dominant Kiev (© NGV / B2)

Les combats à l’est de l’Ukraine. Une réalité moins simple que l’apparence

La statue Rodina Mat (mère patrie) dominant Kiev (© NGV / B2)

La statue Rodina Mat (mère patrie) dominant Kiev (© NGV / B2)

(BRUXELLES2 de retour de Kiev) Dans un discours très rôdé, les autorités ukrainiennes laissent souvent de côté, savamment, certains aspects, moins clairs de l’action ukrainienne , comme le rôle joué par les supplétifs ukrainiens — les « bataillons » paramilitaires — et leur propre action militaire offensive, avec bombardements à la clé, face aux rebelles pro-russes. Ce qui brise ainsi une image de « gentils » Ukrainiens attaqués. Officiellement la réponse est : « nous ne tirons pas, nous ne faisons que répliquer ». La réalité semble un peu moins simple et ne peut être résumée qu’en un seul mot : ce qui se passe à l’est de l’Ukraine est une vraie guerre, avec tous les moyens employés, de façon assez classique, sur le terrain, comme à l’arrière, où la guerre de communication et de propagande fait rage. La Russie en use savamment. Mais il ne faudrait pas prendre les Ukrainiens pour des anges non plus. Avec des risques de part et d’autre, pour les Européens également…

Bombardements à l’arme lourde, très lourde

Ce flou impressif s’éclaircit quand on entend des témoins de retour de la zone de combat. « Les Ukrainiens ont bombardé à l’arme lourde sur Donetsk » a confié un expert européen, qui a été présent sur le terrain, et que B2 a pu interrogé. Du 120 mm, du 152 mm, du BM 21 (les lance-roquettes de type Grad, montés sur camions) est utilisé, des systèmes Uragan (220 mm) ainsi que du SS21 (missiles ballistiques) sont présents. Et les pertes subies sont « lourdes. Beaucoup « plus lourdes que celles égrenées chaque jour par le responsable de la sécurité ukrainienne » selon notre interlocuteur.

L’aide des services de renseignement russes aux rebelles

L’offensive menée au mois d’août par les forces ukrainiennes a ainsi largement été impréparée. Les séparatistes attendaient de pied ferme. Et ils sont passés à la contre-offensive quand ils avaient l’avantage, détruisant au passage un bataillon complet des supplétifs ukrainiens. Aidés de drones et des renseignements du GRU (NB : la Direction générale des renseignements de l’État-major des Forces Armées russes), ils disposent ainsi d’informations et d’analyses, que n’a pas automatiquement l’armée ukrainienne, attaquant à bon escient. Les forces supplétives « cosaques » sont, en revanche, plus ou moins hors contrôle. Explication d’un expert : « Les Russes n’en voulaient plus à Rostov sur le Don et les ont expulsé vers l’Ukraine, leur ont trouvé un « terrain de jeu » ».

Des boucliers humains

La prise d’otages est ainsi non pas toujours une monnaie d’échange. Mais une garantie de sauvegarde. Lors de la prise des otages de l’OSCE, les ravisseurs avaient mis en évidence le véhicule capturé devant le local où étaient détenus les observateurs. Une règle plutôt peu habituelle chez des ravisseurs soucieux de discrétion. La raison est simple « les prisonniers leur servaient de protection contre les bombardements ».

Les bataillons d’irréguliers, une force supplétive à l’Est

Les bataillons de volontaires, utilisés par le gouvernement de Kiev, sont « une expérimentation du Ministère de l’intérieur » explique à B2 Oleg Anatoliyovych, ancien colonel du service pénitentiaire et membre du nouveau conseil d’experts indépendants mis en place par le ministre de l’Intérieur. C’est ainsi une partie des forces les plus actives de Maidan, qui se retrouve engagée à l’Est. D’une certaine façon, cela permet de trouver une utilité à des organisations, « provenant souvent de mouvements extrême droite, voire néofascistes, qui continuent leur activité de façon plus sociale ». Cela a permis aussi de « désengorger » Kiev de dizaines d’activistes qui menaçaient tous les jours le gouvernement, et de disposer de forces complémentaires. L’armée ne pouvant intervenir à l’intérieur des frontières. C’est « bien d’un côté mais c’est complètement instable », explique notre interlocuteur.

Un risque d’instabilité au retour

« La situation est totalement anormale » poursuit Anatoliyovych. Nous avons « une situation où ces bataillons volontaires ont recours à des collectes publiques d’associations pour s’équiper, en matériel spécifiques. » Et « personne ne peut garantir que, demain, ces bataillons ne vont pas quitter la zone – qualifiée d’opération anti-terroriste (ATO) — pour marcher sur Kiev ou une autre ville ». « Personne n’a prévu ce cas de figure » indique-t-il. Certains responsables de bataillons commencent à trouver une place dans de responsabilité dans la société ukrainienne. Quelques-uns ont été élus à la nouvelle Rada. D’autres intègrent la police, à l’image du commandant adjoint du bataillon Azov, Vadym Troyan, devenu commandant de la police de l’oblast de Kiev (la région de Kiev sans la ville).

La présence de combattants européens

Dernier facteur d’inquiétude, qui pourrait là concerner plus directement les Européens. Quelques dizaines de citoyens européens combattent du côté des séparatistes, certains autres côté ukrainien. Le phénomène est assez limité. Sans constituer une filière aussi nombreuse que celle existant en Irak, contre l’Etat islamique, elle suscite cependant quelques inquiétudes. Ceux qui combattent là viennent de différents pays (France, Belgique, Espagne, Italie) et « trouvent un terrain d’entraînement et de perfectionnement paramilitaire » nous confie un expert du sujet. Ils pourraient « au retour, nourrir des groupes extrêmes », qu’ils soient d’extrême-droite ou d’extrême gauche. Car c’est la particulière du terrain, on pourrait même dire du terreau du Donbass, de faciliter des passerelles entre les deux extrêmes que la solidarité pro-russe rapproche.

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’OTAN veut déclencher une nouvelle prise de conscience du danger russe en Ukraine

(BRUXELLES2) L’évènement était destiné à faire maximum de bruit à un moment clé politiquement. La révélation par l’OTAN de photos satellites montrant des soldats russes a été un tournant médiatique.

1000 hommes bien entraînés présents en Ukraine

Dans un exposé devant la presse internationale, dûment convoquée au Shape, le quartier général des forces en Europe, l’OTAN a étalé les « preuves » de ce qu’elle appelle l’incursion russe en Ukraine. « Plus de 1000 hommes, bien entraînés, sont présents en Ukraine » explique ainsi un officier supérieur de l’organisation. Cet officier supérieur néerlandais a pris le relais, au pied levé, du général américain Philip. Breedlove qui était normalement prévu pour faire une déclaration « On record » sur le sujet. Sans doute trop chaud pour exposer un officier supérieur américain.

Un moment clé politiquement

Les Européens s’apprêtent à se retrouver pour un sommet européen, avec l’Ukraine dans le fil des conversations. Mais ni une rencontre avec le président Porochenko qui a prévu d’être à Bruxelles n’est prévue à l’agenda des « 28 », ni le rythme des sanctions ne semble vraiment devoir être bousculé.

Quant aux membres de l’OTAN, ils doivent se retrouver quelques jours ensuite, au sommet du pays de Galles, avec plusieurs enjeux : créer un « trust fund » pour l’Ukraine (peu richement doté en l’état actuel), prendre un nouvel engagement d’améliorer les dépenses de défense, développer une action rapide, mettre en place sinon des bases du moins une présence permanente à l’Est.

Sur tous ces sujets où Américains et Britanniques sont moteurs, les engagements des autres membres de l’Alliance ne sont pas à la hauteur des enjeux, pour Washington et Londres. Un coup de fouet est donc nécessaire.

(NGV)

Les preuves – par photo satellite – fournies par l’OTAN.

ETUM Mali

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – été 2014

(B2) Durant l’été, les missions et opérations de maintien de la paix ou de consolidation de l’Etat de droit ont continué leurs activités, tour de piste…

ETUM Mali

( Crédit : EUTM Mali)

 Kalifabougou (Mali) – Formation aux  tirs d’artillerie du 5e bataillon « Debo »

Le 5e bataillon interarmes, formé à Koulikoro par la mission européenne EUTM Mali, a reçu officiellement son nom de baptême fin juillet. Il porte le nom de « Debo », le plus grand lac du Mali, situé au centre du pays dans le delta du Niger, aux environs de Mopti. Un symbole fédérateur pour les soldats du groupement tactique interarmes (GTIA) qui sont, dans leur majorité, originaires de régions riveraines de ce lac. C’est le même jour que la batterie d’artillerie du GTIA DEBO, instruite par les instructeurs espagnols de l’EUTM, a effectué une campagne de tirs sur le champ de tir de Kalifabougou. Après sept semaines d’instruction théorique et pratique, les artilleurs de DEBO ont pu mettre en œuvre leur savoir-faire : six roquettes de 122 mm  ont ainsi été tirées sur des objectifs à une distance de 5 à 6 kilomètres. Lire aussi : Français, Maliens et Néerlandais à la recherche du vol d’Air Algérie

Mogadiscio (Somalie). 250 militaires de l’armée nationale somalienne terminent le cursus de réintégration

Les soldats de l’armée nationale somalienne ont terminé le deuxième cours de réintégration organisé par la mission de formation de l’Union européenne en Somalie (EUTM Somalia). La cérémonie de fin de formation a eu lieu dans le camp d’entraînement Jazeera (JTC) à Mogadiscio, le 31 juillet, en présence du Commandant de la Force AMISOM, le lieutenant-général Silas Ntigurirwa, le directeur du personnel de l’armée nationale somalienne, le général de brigade Abdullahi Einte et le commandant de la mission EUTM Somalia, le général de brigade Massimo Mingiardi. Les 250 militaires de l’armée nationale somalienne ont été formés aux différentes compétences militaires générales : les techniques et les procédures de base de l’infanterie, y compris l’éthique militaire ainsi que le Basic Life Support (BLS). Un accent particulier a été mis sur « le droit international humanitaire, la protection des enfants et le Code de conduite » précise-t-on à la mission EUTM Somalia.

( Crédit EUFOR RCA)

( Crédit EUFOR RCA)

Bangui (République Centrafrique) – EUFOR RCA contribue au bon déroulement de la « marche de la paix »

La mission EUFOR RCA a fourni des troupes pour assurer la sécurité à Bangui, le 9 août lors d’un discours de la Présidente intérimaire Samba Panza. Environ 3000 personnes ont défilé dans la ville et écouté le discours de la Présidente. Les forces de sécurité supplémentaires, à la police de Bangui ont été déployées le long des itinéraires de la manifestation pour assurer la sécurité. La « Marche de la paix » est un événement organisé pour fêter la signature des accords de Brazzaville.

Lire aussi :

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

Tudora-Starokozache (Moldavie) – EUBAM Moldova-Ukraine soutient la police aux frontières dans le lancement d’un « code de conduite »

La police aux frontières moldave a lancé, le 7 août, un nouveau code de conduite à Tudora-Starokozache, point de passage entre l’Ukraine et la Moldavie. La mission EUBAM Moldova a soutenu et encouragé le projet en contribuant à la production de ce livret d’information pour le public sur les valeurs et les bonnes pratiques pour améliorer le service. Pour le chef de la mission EUBAM Moldova-Ukraine, l’Italien Francesco Bastagli, « Le code n’est pas seulement un livret à conserver dans votre poche. Il représente un ensemble de valeurs et de pratiques qui doivent être suivies efficacement et portées à l’attention de toutes les personnes impliquées. »

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( Crédit : EUFOR Althéa)

Tuzla (Bosnie-Herzégovine) – La reconstruction des ponts

Les soldats de l’opération européenne militaire EUFOR Althéa ont débuté, le 11 août, avec les forces armées de Bosnie-Herzégovine, la reconstruction de ponts, détruits lors des inondations de mai dernier, dans la municipalité de Tuzla. Cela devrait permettre à 350 ménages d’avoir un accès facile entre leurs propriétés et le reste de la commune, et aux agriculteurs ont d’avoir accès à leurs terres agricoles. « La construction  devrait être achevée au cours du mois prochain », indique-t-on à EUFOR Althéa.

Merdare (Kosovo). Le travail  d’identification des personnes disparues à Raska se poursuit

Le département de médecine légale de EULEX Kosovo a reçu, le vendredi 22 août, des autorités serbes un certain nombre de restes exhumés, rapatriés suites aux dernières exhumations de Raska. Les restes seront transportés au quartier général de Pristina, où le travail d’identification va continuer. Les restes seront ensuite remis aux familles, avec l’aide de la commission sur les personnes disparues du gouvernement kosovar, une fois le travail d’identification terminé. À ce jour, 456 opérations ont été menées sur le terrain, au cours desquelles les restes de 413 personnes ont été remis à leurs familles. Parmi celles-ci, 315 étaient répertoriés comme des personnes disparues.

Kaboul (Afghanistan). 34 enquêteurs formés à la gestion d’une scène de crime

Après cinq semaines d’études, 34 enquêteurs, dont une femme, ont obtenu leur diplôme d’investigateur lors du 7ème programme de formation de gestion de la criminalité (Crime Management College). L’objectif principal du programme de formation était ​​la gestion d’une scène de crime, la gestion des enquêtes, la collecte de preuves et d’informations pour les enquêteurs. L’enseignement a été basé sur les plans du ministère afghan de l’Intérieur (MoI) et organisés par CMC pour le renforcement des capacités des enquêteurs.

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier st.)

Sur l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta, lire :

(crédit : DeRedactie.be)

La tradition napoléonienne respectée à Bruxelles

(crédit : DeRedactie.be)

(crédit : DeRedactie.be)

(BRUXELLES2) La tradition napoléonienne a bien été respectée à Bruxelles. Pour célébrer l’intronisation du nouveau Roi Philippe, 101 coups de canon ont été tirés du parc du Cinquantenaire – où s’élève un arc de triomphe – vers la rue de la Loi – symbole du gouvernement belge, où se situent le siège du Premier ministre comme du Parlement (*).

Napoléon l’avait déterminée, les monarchies ont suivi

A raison d’une détonation toutes les trente secondes, la salve a duré cinquante minutes. « La tradition veut que les militaires tirent 101 coups de canon lors d’une passation de fonction royale. Et celle-ci remonte bien à Napoléon », explique le capitaine Nico Busschaert, officier d’état-major auprès du Bataillon Artillerie. L’empereur français « l’avait déterminée en son temps. Les autres monarchies européennes dont la maison royale belge ont adopté la coutume. »

Des canons datant de 1941

Pour tirer ces coups, les artilleurs belges ont eu recours à des pièces qui ne sont plus de la prime jeunesse. Des Howitser M101 de fabrication américaine, datant de … 1941. Des canons engagés, entre autres, pendant la guerre de Corée. Retirés du service en 1999, ils continuent d’être utilisés pour des cérémonies comme le 11 novembre

(*) Mais venant du cinquantenaire, le premier bâtiment est celui du service diplomatique européen (SEAE) où les quelques fonctionnaires de permanence ont dû se boucher les oreilles…

Des Patriot néerlandais (et allemands?) en Turquie

(crédit : ministère néerlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les Pays-Bas pourraient envoyer des batteries de défense aérienne Patriot à la Turquie dans le cadre d’une mission de l’OTAN pour défendre cet allié à se protéger contre les attaques de missiles de la Syrie. « L’OTAN n’est pas conçue pour ne rien faire », a déclaré la nouvelle ministre de la Défense, Jeanine Hennis-Plasschaert dimanche à Bruxelles à la veille du conseil des ministres de l’UE, comme le rapporte mon collègue sur son blog. La Turquie n’a pas encore fait de demande formelle. Mais elle pourrait préciser et formaliser sa demande ce lundi lors d’une réunion à l’OTAN.

L’Allemagne et les Pays-Bas sont les seuls à disposer de système Patriot (avec les USA) ; ils avaient déjà été déployés en Turquie pendant la guerre du Golfe en 1991 et en 2003, pour prévenir des attaques contre l’Irak. Mais les discussions sont vives en Allemagne où l’opposition de gauche craint une escalade.

La Bundeswehr pourrait engager 2 escadrons de Patriot, soit 170 hommes environ selon le Süddeutsche Zeitung. Et ainsi que mon collègue Wiegold le précise, ce pourrait être le Groupe 21 de missiles anti-aériens de Sanitz (FlaRakGrp 21) qui pourrait être affecté à cette tâche ; étant affecté en soutien à la NRF 2012. Une équipe néerlandaise et américaine a déjà visité la base aérienne de Diyarbakir (en Turquie) pour étudier l’emplacement possible pour les batteries Patriot, selon le journal turc Milliyet.