Armées européennes

La fin du service militaire en Allemagne : dans quelques mois

(crédit : Bundeswehr)

La suppression (ou plutôt la suspension) de la conscription en Allemagne entre dans sa phase d’application. L’engagement reposera désormais sur une base volontaire. Le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, a annoncé, lundi à Dresde (1), une date précise : le 1er juillet 2011. Ce qui est plutôt rapide. Mais n’est pas vraiment une surprise. La ministre allemande de la Jeunesse, Kristina Schröder, a déjà pris les devants sur son collègue de la Défense. Elle a présenté la semaine dernière un projet de loi créant un nouveau service volontaire qui viendra remplacer le service civil alternatif au service militaire dès le juillet 2011.

J’ai besoin de votre confiance,
de votre fidélité et de votre participation !
.

Le volontariat militaire

Il était temps pour la conscription qui avait un coup dans l’aile. De 145.000 soldats tenus au service obligatoire, en 2000, ils étaient moins de la moitié à le faire aujourd’hui. Et le raccourcissement de la durée de la conscription à six mois ne signifiait plus rien en termes opérationnels, selon les militaires, sans compter les coûts d’entraînement et de charges générales qui pesaient sur l’armée.

A l’issue de la réforme, la Bundeswehr qui compte aujourd’hui 240.000 personnes, officiellement, n’en comptera plus que 180.000 environ (un rapport militaire publié plus tôt dans l’année, cité par le Spiegel parlait d’un chiffre plus bas : 163.500 soldats). Le service militaire n’est cependant pas supprimé ; il restera inscrit dans la Loi Fondamentale et simplement suspendu (selon la même formule que pour l’abandon de la conscription en France).

Ce n’est pas le seul élément de la réforme. Au programme du ministre : la refonte de la carte des bases militaires allemandes, avec à la clé la suppression de certaines casernes ainsi que la suppression d’au moins 2000 emplois, militaires ou civils, au ministère. Cette restructuration devrait s’étaler sur deux ans. Economie à espérer, selon le ministère : 500 millions d’euros annuels.

Autant dire que les armées vont déguster… Et l’inspecteur général des armées, le général Volker Wieker, présent également à Dresde, pour présenter aux 300 responsables le projet de réforme, n’a pas hésité, à la fin de son intervention, à lancer un appel à la discipline J’ai besoin de votre confiance, de votre fidélité et de votre participation !.

Conférence de Dresde (crédit : Bundeswehr)

Le volontariat civil

Selon le projet de loi présenté par la Ministre Schröder, ce volontariat civil sera accessible à tous les Allemands ayant satisfait à l’obligation scolaire, y compris les femmes et les seniors. 35.000 places de volontariat par an seraient disponibles. Il sera effectué à plein temps (1 an), à mi temps pour les autres (2 ans). Ou pour six mois seulement dans certains cas. Chaque volontaire touchera environ une “solde” de 550 euros, couvrant à la fois les besoins de base et l’argent de poche. L’Allemagne compte déjà deux sortes de  services volontaires : le volontariat social (FSD) et le volontariat écologique (FÖJ), d’une durée d’un an et ouverts aux jeunes de moins de 26 ans.

(1) Voir sur le résumé de l’intervention du ministre de la Défense (en allemand) sur le site de la Bundeswehr

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La corruption mine le ministère tchèque de la Défense

Le véhicule de transport Tatra T815 (crédit : Tatra)

Il y avait déjà l’affaire Gripen, l’affaire Patria (1), il pourrait y avoir demain l’affaire Pandur (2), l’affaire Tatra, ou l’affaire EADS. La défense tchèque n’en finit plus de voir les affaires de corruption décimer ses troupes au fil des révélations des journaux. Autrement dit, il ne fait bon aujourd’hui être haut responsable au ministère ou ancien ministre. Car on commence à ne plus compter les doutes, voire les inculpations dans ce domaine. Un grand ménage un peu nécessaire si on en croit Transparency international (3). Résumons…

Affaire Tatra : un ancien ambassadeur US balance

C’est aujourd’hui Martin Barták, actuel vice-ministre des Finances et ancien ministre de la Défense en 2008, qui est dans le collimateur. Il est accusé d’avoir tout simplement assuré une vigoureuse commande d’Etat de véhicules militaires tous terrains et poids lourds au constructeur national, Tatra. L’accusation ne vient pas de n’importe qui. C’est l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Prague William Cabaniss, qui fut ensuite président du Conseil d’administration de l’usine automobile Tatra, qui l’affirme : Martin Barták lui aurait demandé quelques millions de dollars pour assurer cette commande. Le ministre rejette véhément cette accusation. Pour se défendre, il a déjà demandé un congé sans soldes. Mais le premier ministre Petr Necas lui a conseillé de rester hors du gouvernement tant que l’affaire ne sera pas éclaircie. Une enquête a été ouverte par le procureur d’Ostrava. Et la police a interrogé plusieurs témoins. Selon notre confrère, Mlada fronta Dnes (4), les témoignages seraient assez précis et impliqueraient plusieurs autres personnes, dont un intermédiaire ami du ministre qui a, un moment, dirigé la firme LOM Praha. Bref, on nage dans la confusion des genres et dans un bel imbroglio politico-militaire.

Affaire EADS : le ministre prend les devants

Car cette affaire n’est pas la seule à éclater. La mise en cause par la Commission européenne du contrat d’achat de 4 Casa et la poursuite devant la Cour de justice européenne (5) a réveillé certaines craintes exprimées lors de la conclusion de ce contrat, trop rapide pour être parfaitement honnête. Selon l’hebdomadaire Respekt (6), « lorsque l’acquisition d’avions CASA s’est faite, sans appel d’offres, le ministère, les a achetés pour près de deux fois la valeur de l’offre initiale d’EADS faite quatre ans auparavant ». Et l’homme à l’initiative de cet achat, Jan Fulík, en charge des questions d’armement, actuel bras droit du ministre de la Défense, Alexandr Vondra, a été prié de prendre la porte…  C’est Jiri Sedivy qui pourrait le remplacer. NB : Seul hic : cet ancien ministre de la Défense est par ailleurs candidat à un poste dans le service diplomatique (7).

(1) Le vice-ministre de la défense tchèque, soupçonné de corruption, relevé de ses fonctions

(2)  Selon Radio Prague : Corruption suspicions over Pandur contract puts spotlight on army tenders. Il faut dire que cet achat s’était fait de façon “limite” : Les Tchèques achètent le Pandur autrichien avec de sérieux Offsets

(3) Selon le dernier rapport de l’ONG Transparency International, la République tchèque figure en 53e position de son classement (sur 178 pays). Elle obtient une “note” de 4,6, soit un des plus mauvais scores d’un pays de l’Union européenne.

(4) Lire (en tchèque) : Po p?íchodu Bartáka na obranu vyd?lal zbroja? Smrž miliardu

(5) Les achats tchèques de Casa C-295M jugés illégaux par la Commission

(6) Lire (en tchèque) : Ministr obrany Vondra odvolal nám?stka Fulíka

(7) Le nouveau directeur de l’agence européenne de défense sera-t-il « Une » ?…

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Les accords de Londres : des raisons moins avouables…

C’est, sans doute, un des aspects les moins vantés des “accords de Londres” signés entre France et Royaume-Uni, le 2 novembre (1) : la protection des industries nationales. Même si ce n’est pas un des objectifs principaux de ces accords, cela pourrait cependant être une des retombées secondaires les plus concrètes à court ou moyen terme ; une retombée loin d’être négligeable en ces temps de disette budgétaire.

En établissant plusieurs champs de coopération entre Français et Britanniques, ces accords vont, en effet, permettre aux industriels nationaux respectifs d’éviter toute concurrence dommageable qu’ils n’auraient pas choisie. De “petits intrus” qui auraient pu prétendre, au nom des nouvelles règles européennes régissant les marchés de défense, espérer pouvoir concourir à certains marchés.

Une coopération très “exceptionnelle” : tous à l’abri !

Certes plusieurs points de coopération ne suscitent pas de discussion possible car l’exercice de la souveraineté et l’intérêt de sécurité national paraissent assez évidents sur des sujets aussi sensibles que les arsenaux nucléaires ou les portes-avions. Mais quand on évoque la recherche sur de nouveaux drones ou sous-marins, la communication par satellites, on pourrait se dire qu’un appel d’offre, au moins restreint au niveau européen, aurait pu être nécessaire. Car il n’y a pas que des industriels français ou britanniques à être compétitifs.

Et quand on décrit un programme “complet” de recherche et technologie, où chacun des partenaires met 50 millions d’euros sur la table, la “concurrence” est, là, notable et plurielle. Heureusement… ce volet de coopération répond, parfaitement, point pour point (on pourrait même croire à un copier-coller), à une des “exceptions spécifiques” prévue par la directive européenne de 2009, précisément dans l’article 13c (2). Ouf…

Et un dindon de la farce

Et tant pis si on pleure dans quelques chaumières industrielles à Rome, Stockholm ou Berlin. Car si il y a un “dindon de la farce” dans cette vibrante “amourette guerrière” entre Français et Britanniques, c’est bien l’Allemagne…

(1) Lire également:

(2) La directive ne s’applique pas aux : “(…) marchés passés dans le cadre d’un programme de coopération fondé sur des activités de recherche et développement, mené conjointement par au moins deux États membres en vue du développement d’un nouveau produit et, le cas échéant, aux phases ultérieures de tout ou partie du cycle de vie de ce produit. Lors de la conclusion d’un tel programme de coopération entre des États membres uniquement, ces derniers notifient à la Commission la part des dépenses de recherche et développement par rapport au coût global du programme, l’accord relatif au partage des coûts ainsi que la part envisagée d’achat pour chaque État membre, le cas échéant”.

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Les accords de Londres font une victime : l’Europe de la Défense

Le General Sir David Richards, en tant que responsable de l'ISAF, avec des officiers français au Camp Bastion en Afghanistan (Crédit : ministère Uk de la Défense / : Con Coughlin)

Que penser de l’accord signé le 2 novembre entre France et Royaume-Uni ? On peut le regarder avec une lunette “rose” – et les yeux enamourés du premier rendez-vous amoureux -, ou avec une lunette noire – du vieux routier des accords internationaux qui sait très bien ce que durent ces rapprochements de circonstance -. Personnellement, j’observerai cet accord à la loupe “bleue” des engagements européens. Cet accord fait-il avancer l’Europe de la défense, à la manière de l’accord de Saint-Malo ? Respecte-t-il ses partenaires européens ? Tient-il compte des promesses, purement françaises, du président Sarkozy de renforcer l’Europe de la Défense en réintégrant pleinement l’OTAN. On peut en douter…

Lunette “rose” …

On peut le regarder avec une lunette “rose”. Cet accord est utile à l’Europe car il concerne les deux premiers acteurs “militaires” de l’Europe. C’est un fait qu’on ne peut nier. Comme les deux protagonistes le rappellent, France et Royaume-Uni représentent, à eux seuls, « la moitié des budgets de défense des pays européens et les 2/3 des dépenses de recherche et de technologie » et ils sont « parmi les rares pays à avoir la capacité et la volonté d’assumer les missions militaires les plus exigeantes ». C’est, donc, d’une certaine façon, logique pour les deux partenaires de « mettre (leurs) forces en mesure d’agir ensemble, optimiser nos capacités et mieux rentabiliser notre investissement de défense. » Ces deux grandes nations se sont d’ailleurs toujours senties, à part, dans le concert européen et unir leurs forces, la convergence politique aidant et la nécessité économique oblige, fait le rêve de Churchill devenir une réalité…

… ou lunette “noire” ?

On peut l’observer avec une “lunette noire“. La coopération franco-britannique ne repose pas sur un mécanisme d’intégration très poussé. Il reste ainsi à la merci d’aléas politiques comme économiques internes. Sur nombre de sujets, les engagements pris par les deux pays sont très conditionnels et se cantonnent à une louable bonne intention, du type “on va étudier ce qu’il est possible de faire” (par exemple sur les ravitailleurs…). Et on sait quelle est la valeur d’une “lettre d’intention” si elle n’est pas soutenue par un circuit “bureaucratique”. Il n’est pas sûr que d’ici deux ou trois ans, on en ait oublié certains aspects, voire que certains soient tout simplement passés par pertes et profits sous le joug d’intérêts industriels et politiques et divergents.

Sous la loupe “bleue”, une première victime : l’Europe de la Défense

Dans cet accord, on peut trouver une victime immédiate : l’Europe de la Défense, telle qu’elle a été voulue et mise sur pied, il y a une dizaine d’années… justement entre Français et Britanniques. C’est même en soi un accord de Saint-Malo à l’envers.

Un accord de Saint-Malo à l’envers

Autant l’accord de Saint-Malo se voulait précurseur, d’avant-garde, ouvert aux autres Etats européens, autant les “accords de Londres” se veulent exclusif des autres nations européennes et tournés autour de projets bilatéraux. C’était d’ailleurs une des conditions mises par les Britanniques à la signature de l’accord comme le rappelait récemment Hervé Morin (1). Pas une fois, ainsi, n’est mentionnée, dans les projets envisagés, la possibilité de travailler au moins partiellement au niveau européen. Quant au paragraphe, sur l’Union européenne, c’est le service minimum : les deux partenaires disent soutenir « les objectifs et la mise en œuvre complète des décisions prises en décembre 2008 par le Conseil européen, sous la présidence française de l’UE », « encourager une coopération plus étroite et la complémentarité entre l’UE et l’OTAN » et espérer « de nouveaux progrès d’ici la fin de 2011 ».

Or si plusieurs projets (nucléaire, missiles…) peuvent se concevoir uniquement de manière bilatérale, d’autres s’inscrivent résolument dans une perspective européenne (formation A400M, communication par satellite…) et pourraient intéresser d’autres partenaires. En renforcant la coopération franco-britannique, on ôte de fait tout intérêt d’une coopération européenne sur certains de ces domaines. De même, on ne peut s’empêcher de penser que le groupe de travail franco-britannique de haut niveau, et les 100 millions d’euros mis sur la table pour la Recherche et Technologie, effectue un travail similaire à celui que pourrait remplir une Agence européenne de la Défense un peu renforcée.

Quant à la force “expéditionnaire” franco-britannique (NB : la dernière fois que ce terme a été employé, c’était pour l’intervention, ratée, à Suez), elle semble vouloir être le pendant de la brigade franco-allemande et de l’Eurocorps. Espérons, simplement, qu’elle aura plus d’avenir que quelques exercices en commun et une planification sur le papier. Si cette “force” prend l’astreinte comme battlegroup de l’UE, par exemple dans un des espaces restés libres, elle aura son utilité. Dans le cas contraire, elle n’aura qu’une utilité très limitée pour l’UE, le Royaume-Uni restant toujours réticent à l’emploi de la force dans ce cadre. On trouvera peut-être à l’employer quelque part au Moyen-Orient dans une mission de l’ONU… éventuellement.

Et une promesse non tenue

Il y a plus de deux ans, lors du sommet de l’OTAN, quand Nicolas Sarkozy et le gouvernement français entérinaient la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Alliance, cette décision devait s’accompagner – déclaraient-ils alors – d’un renforcement de l’Europe de la Défense. Aujourd’hui, force est de constater que si la première décision est en application et a trouvé son rythme de croisière, la seconde peine à entrer en vigueur, voire n’a pas trouvé le moindre commencement d’exécution. Et l’accord signé, le 2 novembre, avec les Britanniques ne va certainement pas dans ce sens.

D’autant que le climat est pour le moins morose pour l’Europe de la Défense. Il est un fait patent aujourd’hui qu’aucun projet n’est “dans les tuyaux” sur la PeSDC. Tous les interlocuteurs rencontrés le confirment ou, au moins, ne l’infirment pas. La Haute représentante de l’UE, Cathy Ashton, semble faire de l’Europe de la défense le cadet de ses soucis (2). Ce n’est pas Londres, avec qui elle correspond régulièrement, qui va la motiver dans ce sens. Au contraire…. Résultat, les structures européennes de gestion de crise tournent, dans le vide, sans instruction ni impulsion politiques.

En cela, la décision française est, bel et bien, à la fois le manquement à une promesse mais aussi un coup de poignard dans le dos de l’Europe de la Défense qui n’avait pas besoin d’une telle traitrise.

(1) De quoi discutent réellement Français et Britanniques ?

(2) L’Economique ou le Politique comme vecteur de la politique extérieure ?

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Sommet France / Royaume-Uni : la photo officielle diffère déjà !

Les photographies diffusées par l’Elysée et le 10 Downing street sur la rencontre “historique” en matière de défense et de sécurité entre Nicolas Sarkozy, le président français, et David Cameron, le Premier ministre britannique, diffèrent déjà. Jugez-en…

Version française publiée par l’Elysée : assis, les deux hommes discutent d’égal à égal…

Version britannique publiée par le site du Premier ministre britannique : debout, David Cameron domine de près d’une tête son homologue, histoire de rassurer certains de ses compatriotes qui critiquent le dirigeant britannique pour s’être donné aux Français…

Quant à Skynews, la chaine en continu, ne lésine pas et diffuse une photo où, carrément, le président français est obligé de se lever la tête vers son interlocuteur pour, à peine, atteindre son noeud de cravate, tandis que Cameron écoute d’un air condescendant, la tête à peine inclinée…

On a déclenché des guerres pour moins que cela… :-) Il ne reste plus qu’à signer un nouvel accord pour harmoniser les photos officielles. Avec groupe de haut niveau à la clé…

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Des policiers serbes dans les missions européennes de police ?

Le contingent serbe engagé dans la Minurcat (crédit : ministère de la Défense serbe)

Des policiers dans les missions civiles de l’union européenne. C’est l’espoir caressé à Belgrade et l’offre faite aux Européens, hier, par le ministre Serbe de l’Intérieur, Ivica Dadic, selon nos confrères serbes.

L’approbation de l’accord de sécurité entre l’union européenne et la Serbie qui doit être signé dans les jours ou semaines qui viennent (1), permet dorénavant d’engager des militaires ou policiers. La Serbie est prête à participer aux missions européennes, a affirmé le ministre serbe, faisant ainsi une offre précise.

Les Serbes participent déjà aux missions de l’Onu au Liberia et à Haiti, ainsi qu’au Congo (Monusco), Tchad (Minurcat) Chypre (UNFICYP). Et des militaires serbes devraient rejoindre le Liban au sein du contingent espagnol, l’accord technique ayant été signé à la mi-octobre entre les deux ministères de la Défense. Le parlement national ayant autorisé de 36 policiers et 98 militaires dans des opérations externes.

Cet engagement reprend une tradition de l’armée yougoslave de forte participation aux missions de paix multinationales. L’armée serbe a engagé une vaste réforme avec notamment la suspension de la conscription au 1er janvier 2011. Elle participe désormais régulièrement à des exercices bilatéraux ou multinationaux. Et a signé plusieurs accords de coopération avec les pays européens, notamment avec la Belgique (transport et circulation) ou la Turquie (unités spéciales).

(1) Vers un accord d’échange d’informations sécurisées avec la Serbie

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Révision stratégique : les 11 priorités britanniques pour l’UE

David Cameron au QG d'opérations britannique à Northwood (crédit : gouvernement UK)

Le document de révision de la stratégie britannique (19,75 £ dans toutes les bonnes librairies ou à télécharger ici) que vient de publier le gouvernement britannique, vaut une lecture attentive.

Si on a beaucoup parlé des coupes budgétaires (1), le chapitre “alliances et partenariats” de cette oeuvre intitulée “Securing Britain in an Age of Uncertainty” mérite aussi un aperçu, car il concerne les relations de la Grande île avec l’UE et l’OTAN. Les engagements sont précis et les conditions, souvent claires. Le § sur les opérations militaires de défense (ou le Royaume-Uni pose ses conditions) ou l’engagement britannique dans Atalanta mérite le détour…

L’Union européenne reste une “part clé de l’engagement international” du Royaume-Uni “pour promouvoir la sécurité et la prospérité dans le voisinage européen“. L’envolée lyrique est de mise à ce moment. “The common security interests of the member states are served when they use their collective weight in the world to promote their shared interests and values including on major foreign policy security concerns. The EU’s ability to integrate civilian and military responses coherently will become increasingly important”.

Sur l’UE, les priorités britanniques se déroulent ainsi (dans l’ordre d’apparition !) :

  • soutenir l’élargissement : l’UE doit “honorer son engagement à la Turquie et aux autres pays des Balkans” afin qu’ils puissent (la) rejoindre quand ils remplissent les critères déterminés ;
  • s’assurer que le service d’action extérieur de l’UE met un “accent particulier à la prévention des conflits et au développement des partenariats avec l’ONU et l’OTAN” ;
  • soutenir les missions de l’UE, qu’elles soient militaires ou civiles. Le Royaume-Uni y met quatre conditions. Les missions doivent : 1° être “dans l’intérêt national du Royaume-Uni, 2° offrir “un apport coût-qualité, 3° avoir “de clairs objectifs, et 4° pour les missions militaires, seulement s’il est clair que l’OTAN n’a pas planifié d’intervenir” ;
  • continuer de soutenir l’opération européenne anti-piraterie Atalanta“, les Britanniques s’engagent à fournir “une frégate pour la période du début 2011” ainsi que “le QG de Northwood jusqu’à la fin du mandat actuel en décembre 2012” ;
  • persuader les autres Etats membres “d’investir dans des capacités militaires et civiles, nationales plutôt qu’investir dans les batiments des institutions et la bureaucratie” (NB : pour savoir qui cela vise, le concours est ouvert :-) ) ;
  • veiller à ce que les accords UE de protection civile “se concentrent sur l’évaluation des risques partagés et la prévention, la coordination de l’assistance mutuelle, et la surveillance maximale des infrastructures critiques” (NB : autrement dit la coordination de la réponse de crises, ce n’est pas trop la tasse de thé à Londres).

D’autres priorités sont également mentionnées :

  • la stratégie Energie 2011-2020 pour augmenter la sécurité énergétique européenne ;
  • utiliser le programme de coopération UE/US pour décourager le financement des actes terroristes ;
  • garantir des résultats pratiques sur le pacte anti-drogues de l’UE, en encourageant une plus grande coopération dans les pays d’origine ou de transit de la drogue ;
  • s’assurer que le nouveau budget européen (cadre financier 2014-2020) aura comme objectif le financement des défis-clés de sécurité auxquels doit faire face l’UE ;
  • faire une contribution efficace à l’agence Frontex de surveillance des frontières.

Avant l’UE, il y a l’OTAN, partenariat logique pour les Britanniques, qui dressent leurs priorités:

  • s’assurer que l’OTAN a la volonté et capacité politique pour répondre aux menaces actuelles et futures où qu’elles surviennent, en partageant les risques et les responsabilités équitablement (NB : une antienne britannique) ;
  • terminer la mission en Afghanistan, avec succès (“successfully complete the mission of the NATO-led International Security Assistance Force in Afghanistan to help build the authority and influence of the Government of Afghanistan  and pave the way for reconstruction and effective governance”) ;
  • continuer à soutenir la génération des compétences et des capacités qui permettent aux Alliés de travailler ensemble sur les opérations, y compris avec les partenaires non membres de l’OTAN (“continue to support the generation of those skills and capabilities which allow the Allies to work together on operations, including, as appropriate, with non-NATO partnersprevention and developing partnershipswith the UN and NATO”) ;
  • la réponse aux nouveaux types de menaces comme les cyber-attaques (“recognise the importance of NATO’s wider security role in responding to new types of threat such as those from cyber attack, including by supporting a renewed emphasis on consultation under Article IV of the Washington Treaty”) ;
  • la réforme et la rationalisation de l’OTAN (“continue to reform NATO, including by improving how its headquarters work, rationalising NATO Agencies, and by developing will be the agreement and implementation of its new Strategic Concept which will set out its enduring purpose, its fundamental security tasks and guidance to Allies”).
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L’armée britannique sous la coupe de la hache

Le Premier ministre à bord de l'Ark Royal à Halifax (Crédit : Royal Navy)

(mis à jour 20h) Le “comité de la hache” a frappé. David Cameron, le Premier ministre britannique, est à la Chambre des communes cet après-midi (16h30) pour présenter les coupes budgétaires frappant l’armée britannique. Selon les dernières “fuites“, celle-ci sera soumise à une réduction d’environ 8% du budget (le Trésor demandait 10%, le ministre de la défense ne voulait pas plus que 4%). 3 milliards de £ sur un budget annuel du ministère de la Défense de 37 milliards £. NB : le déficit global du budget britannique se monte pour l’année fiscale 2009-2010 à 155 milliards £.

Coté équipements, le renouvellement de la force de frappe nucléaire Trident pourrait être reporté jusqu’à 2015 (au moins). Ce qui permettrait d’économiser 750 millions £ estime le gouvernement. Mais la marine semble frappée de plein fouet.

La Navy dans le champ de tir

Le porte-avion Ark Royal va être “démantelé avec effet immédiat“, annonce ainsi Sky News. La construction de deux portes-avions  – le HMS Queen Elizabeth et le HMS Prince of Wales – est confirmée. Coût : environ 5,2 milliards £ (cela aurait coûté plus cher d’arrêter la commande). Mais leur destination future reste encore floue selon nos confrères britanniques. Ils seront convertis pour être disponibles auprès d’alliés. L’un d’entre eux pourrait, à terme être vendu… (aux Français :-) . Les jets Harriers vont être retirés du service. Durant cet intermède, qui va durer plusieurs années, la Royal Navy n’aurait donc plus autant de possibilité de faire décoller des avions de la mer, et devra se reposer davantage… sur ses alliés américains et français comme le suggère le ministre de la Défense Liam Fox qui estime que ses moyens sont préservés (avec les JSF, les Tornados et les hélicoptères, écouter sur la BBC). La Navy pourrait perdre également une partie de sa capacité maritime avec une baisse de 24 à 19 navires. 4 frégates et 1 navire de soutien amphibie classe Bay vont être retirés. Mais il y aura 6 nouveaux destroyers Type 45 et les nouvelles frégates Type 26 argue le ministère de la Défense.

La Royal Air Force (RAF) va payer également son tribut à la réforme avec une fermeture de plusieurs bases aériennes même si le nombre d’escadrons de Tornado pourraient être sauvegardé. Le nombre de JSF F-35 commandés va diminuer de façon drastique. On parle de 40 JSF commandés sur les 138 envisagés ! Tandis que le programme des avions de reconnaissance Nimrod MRA4 pourrait être abandonné. Les avions de transport Hercules seront retirés 10 ans plus tot quand la capacité d’A400M sera opérationnelle. De meme que le VC-10 and les trois variantes de TriStar remplacés par l’A330 MRTT.

L’armée de terre se voit privée de 40 o/o de sa capacité en chars (tanks Challenger 2) et 35o/o en artillerie lourde. Mais finalement elle ne semble pas s’en tirer trop mal. Aucun régiment ne sera supprimé tant que les opérations en Afghanistan dureront a estimé Liam Fox, le ministre de la Défense.

Coté personnel, on parle de 5.000 hommes en moins dans la RAF (33.000 d’ici 2015 et 31.500 d’ici 2020), 5.000 dans la Navy (soit 30.000 marins et personnels d’ici 2015, 29.000 d’ici 2020) et de 7.000 dans l’armée de terre (soit 96.000 militaires d’ici 2015 et 94.000 d’ici 2020). Le personnel civil du ministère sera diminué de 25.000 personnes.

Inquiétudes publiques

Depuis quelques jours, les unes se succèdent et les échanges entre responsables politiques filtrent dans la presse. “Est-ce que la Navy est réellement nécessaire ?” s’interrogeait récemment le Financial Times, soulignant que l’on fête actuellement le 205e anniversaire de la victoire de Trafalgar. Car la fierté britannique fond à vue d’oeil : dotée au lendemain de la 2e guerre mondiale de 900 navires et 1 million d’hommes, elle n’avait plus, début 1980, que 70 navires et 70.000 hommes. Et bientôt plus qu’une vingtaine de navires. “La Royal Navy sera sans moyens pour sauver les Falklands comme elle l’a fait il y a 28 ans” renchérissait Sir Jonathon Band, l’ancien Premier amiral de la flotte dans The Sun. “Etes-vous d’accord avec la mise à l’écart du HMS Ark Royal” s’interroge la BBC aujourd’hui. Le ministre de la Défense, Liam Fox, a même envoyé une lettre, assez abrupte, au Premier ministre (1). Même les alliés américains y sont allés de leur petit mot. Robert Gates puis Hillary Clinton se sont inquiétés ainsi publiquement de la diminution du format de l’armée britannique. “I think we do have to have an alliance where there is a commitment to the common defense” expliquait la secrétaire d’Etat US sur la BBC avant le week-end. Au point que le Premier ministre Cameron s’est senti obligé de s’entretenir directement, lundi, avec Obama pour lui expliquer combien le Royaume-Uni restera “un allié robuste“. Et que le Royaume-Uni restera au-dessus de la barre de 2o/o fixée par l’OTAN.

Echanges vifs entre “terriens” et “marins”

Des échanges particulièrement vifs ont également eu lieu au sein du ministère de la Défense, notamment entre “terriens” et “marins”. Ce qui devrait laisser quelque traces. Des commandants de la Navy n’ont ainsi pas hésité à accuser leurs collègues de l’Armée de terre d’utiliser des méthodes de “blacks ops” (opérations clandestines)  pour promouvoir leurs intérêts auprès de Whitehall (la rue des ministères) et dans les médias. “Nous ne l’oublierons pas et nous ne pourrons jamais l’oublier” expliquait ainsi un officier dans le Daily Telegraph. En réplique, un “terrien” a accusé les marins de “smoking a crack pipe“. Ambiance ! Chacun est venu, tour à tour expliquer, auprès des politiques et dans les médias, pourquoi la réduction était plus justifiée chez l’autre. La Navy a “accepté de sacrifier une partie de sa flotte amphibie pour sauvegarder ses portes-avions“, explique un terrien “Ce qui signifie la fin des Royal marines“. Faut-il parler “des QG fantômes qui ne servent à rien, des officiers supérieurs en surnombre et des 800 millions de £ dépensées dans le futur véhicule blindé sans jamais en voir un bout“, réplique un marin… Ambiance !

Un nouvel équilibre européen

Cette révision stratégique pourrait entraîner un bouleversement de l’ordonnancement européen qui, s’il perdure, pourrait changer la donne stratégique sur le continent. A la faveur de cette réduction budgétaire, la France pourrait, en effet, dépasser le Royaume-Uni et devenir ainsi l’Etat membre de l’UE qui consacre le plus de moyens à la Défense, que ce soit en termes de pourcentage du PIB ou de montant net, ou de militaires sous les armes.

NB : pour lire le communiqué final du MOD publié ce 19 octobre

(1) Liam Fox part en guerre contre les coupes budgétaires dans la défense

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