Armée

Eutm Mali. Une formation axée autour d’un mot-clé : cohésion

Une marche de soldats maliens se fait au pas… mais en chantant ! Certains formateurs européens l’ont découvert, avec surprise. Mais s’y sont très vite mis (© B2 / NGV)

(BRUXELLES2 à Koulikouro) « Debout, tirez, section halte » les commandements fusent. Nous sommes sur le terrain d’entraînement de EUTM Mali, à quelques km au-dessus du camp où chaque compagnie va s’entraîner une fois par chaque semaine pour 36 heures. Guidés par le Colonel Christophe Paczka – chef de la mission “entrainement” et … du 2e RIMA – et du lieutenant-colonel Vieillefosse et les officiers de la compagnie d’instruction française nous découvrons les contours de cette instruction / formation.

Assez dégagé, le terrain a ce qu’il faut d’aspérités et d’arbres pour s’entraîner, Mais avec la chaleur, le simple fait d’y venir et de tenir, est déjà un exercice. Chaque unité est encadrée par un formateur qui suit son unité, déplacement y compris. Si l’unité part à pied, il suit à pied également. « C’est essentiel pour la cohésion du groupe. Il n’est pas question que le chef de groupe ou le formateur suivent en voiture ».

Un mot clé : cohésion

Au menu le jour où je passe à Koulikoro, exercice de tir à la Kalachnikov, couché ; instructions pour la fouille à un check point ; déploiement sur le terrain pour gagner une position et combattre un ennemi. L’essentiel de la formation tient en un mot : “cohésion”. « La plupart des sous officiers ont différentes notions. Ils conceptualisent très bien. Mais pour passer à la pratique, c’est différent. » Un des premiers apprentissages est donc pour le chef de groupe de savoir planifier et donner les ordres. Un petit carnet d’ordres a d’ailleurs été mis au point remis à chacun. Au bout de 10 jours, « on voit que çà vient » se réjouit le Colonel Paczka. Avis confirmé par les formateurs, plutôt surpris positivement par les réactions de leurs homologues maliens.

Une formation à l’aide d’instruments rustiques mais solides

Les instruments de formation se veulent rustique. A souhait ! Ici, pas de powerpoint. Il est banni au profit du bon vieux tableau noir et de la craie. De même pas de GPS mais une boussole. etc. « Ce n’est pas la peine de leur faire une formation avec des matériels sophistiqués qu’il n’auront pas ensuite ».

Une instruction où les questions ont leur importance

L’atelier instruction “fouille” suscite incontestablement le plus de questions. Un militaire fouille un possible suspect, tandis que deux autres se tiennent en retrait, prêts à a agir. « Il faut se positionner pour ne pas être dans l’angle de la menace », explique l’instructeur, rectifiant au besoin la position de ses stagiaires, autrement dit d’un possible tir de protection des deux militaires. Ceux-ci ne doivent pas être trop prêts (en cas d’explosion) mais pas trop loin non plus, pour entendre les ordres possibles. Au moment des questions, les militaires maliens sont très interrogatifs avec des questions clés. Que faire s’il se rebelle ? Comment savoir à distance s’il a un explosif ? Quelques méthodes peuvent être utilisées. Mais pour l’instructeur, c’est un fait. « C’est impossible à savoir vraiment (à 100%), c’est l’arme la plus efficace ».

Equipement et origine

Les soldats sont à peu près équipés : treillis, bottes, gourde, casque, et arme (la kalachnikov). Ce qui est déjà un exploit. D’où cela vient ? Les officiers d’EUTM sont moins diserts. « Le Mali a de l’argent tout de même ». La plupart viennent des bérets verts, de l’armée de terre, par opposition aux bérets marrons (normalement) attribut de la Garde nationale et aux bérets rouges des parachutistes. Mais, sur place, pour renforcer le sentiment d’appartenance commune, ils portent tous la casquette. Ils ont été piochés dans tous les bataillons du pays, y compris parmi les Touaregs du colonel Agh Gamou (il y en a environ 70. Pour la logistique “nourriture”, n’ayez crainte. Très vite les Maliens se sont organisés. Des “mamas” sont au camp, faisant à manger pour la troupe. Celle-ci est montée sur le terrain d’exercice ainsi que de l’eau, en grosses bassines, nécessaire pour tenir sous le soleil.

Un nouveau bataillon

5 compagnies formeront le nouveau bataillon “Waraba” (les lions) : 4 d’infanterie – dont une plus spécialisée – et 1 de logistique. Deux compagnies d’infanterie seront formées par les Français, une par les Britanniques-Irlandais, une par les Nordiques (Finlandais-Suédois-Lituaniens). La formation est complète pour trois de ces compagnies, la 4e (une des compagnies formées par les Français) fait la formation initiale de l’unité, puis elle ensuite éclatée avec les formations spécialisées (génie, artillerie, blindés…). A cela s’ajoute une compagnie logistique (ravitaillement, maintien matériel, soutien médical), afin que le bataillon ait une autonomie large, à la manière d’un GTIA – groupement tactique interarmes. C’est une nouveauté en soi pour l’armée malienne. « Ici quand on avait un besoin, on piochait les militaires dont on avait besoin dans les unités ». Ce qui désorganisait un peu plus le fonctionnement de l’armée.

Un cadre commun de formation

Comme toutes les missions européennes, la mission EUTM a aussi une part de formation interne et d’interopérabilité européenne. Il a fallu ainsi définir un cadre de formation commun. « Il fallait éviter d’avoir une compagnie formée par les Français, une autre par les Britanniques… » témoigne le Col. Pasczka. « Nous avons donc défini un cadre commun ». Car même si globalement, les méthodes sont les mêmes, certains détails peuvent différer. Ainsi que rien pour monter ou démonter une Kalachnikov, la technique peut être différente. Ce qui peut générer chez les stagiaires une confusion. Il y a ainsi des fiches de cours, avec des objectifs fixés pour chacun. Et avant l’arrivée des Maliens, les Européens se sont entraînés – y compris sur le montage de la Kalachnikov – et ont révisé ensemble, afin d’éviter toute contradiction.

La langue…

Les fiches de cours sont en français. Et l’enseignement a lieu également en Français. Mais c’est là où cela se complique un peu. Tous les formateurs ne parlent pas français, tous les stagiaires non plus.

Si parmi les Britanniques, plusieurs formateurs comprennent le français ; chez les nordiques seuls 2 formateurs parlent cette langue. On trouve même un médecin bulgare qui ne parle pas vraiment l’anglais. Ce qui est un peu gênant. Mais même chez quelques nationalités latines (Espagnols, Italiens), le Français n’est pas pratiqué. Ce qui pose un sérieux problème dans les pays africains francophones et peut provoquer des incidents diplomatiques comme lors d’une récente réunion de la MISMA où un ministre africain a refusé de continuer en anglais. Coté malien, tous les officiers parlent français, les sous-officiers également (au moins 2/3) mais parmi les soldats du rang, la proportion de francophones tombe. « On est autour de 1/3 » précise un officier.

Alors on recourt à la traduction. Un traducteur traduit de l’anglais au français. Puis un soldat malien traduit en bambara les ordres donnés en Français. Mais très vite, cette barrière de la langue pourrait être effacé. Les formateurs anglophones ont commencé, ou vont commencer, des cours de français, les samedi en général, avec un minimum de 3 heures. Ce qui devrait leur permettre assez vite de s’adapter. Des recrutements de traducteur sont aussi en cours. Et on tente de repérer parmi les effectifs qui parle anglais. Quelques soldats maliens parlent en effet la langue et pourraient assurer la conversion.

 

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Fiers d’être là

Fiers d’être là

Le lieutenant colonel Sanogo commandant le bataillon “Warraba” (© NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2) Pour le lieutenant-colonel Yacouba Sanogo (*), qui vient du 35e régiment de blindés basé à Kati, et commande les “Lions”, « c’est une grande chance » d’être là. « Le pays a besoin de nous » Or l’armée malienne n’est pas vraiment opérationnelle « Nous n’avons pas assez de bonne formation et pas de bon équipement ». « Une fois que nous aurons les deux, nous serons vraiment mobilisés » et « prêts à monter dans le nord à Kidal » bien sûr « pour sécuriser la zone, faciliter le retour de l’administration » mais aussi où le gouvernement voudra bien nous envoyer ». Le nord, une région qu’il connait déjà. « On a tous l’expérience du nord. Depuis dix ans on est en crise et on a tous été dans le nord ». L’officier supérieur de 45 ans qui n’est pas encore à l’aise devant les médias. Notre interview participe d’ailleurs de sa formation. Un de ses mentors viendra discrètement après notre interview pour faire le point avec lui, lui rappeler les principes « quelles que soient les questions des journalistes, tu reviens à ton message, c’est cela l’important, ton message ».

Fiers d’être là

Les officiers intermédiaires ne veulent d’ailleurs pas répondre aux journalistes directement, sans l’autorisation de leur service de presse. « Je ne parle pas. Je respecte les ordres ». C’est cela aussi l’apprentissage … Cependant à la pause, de façon anonyme, un de ces sous-officiers, avec une solide expérience, près de 20 ans de service a accepté de se confier.

Une certaine habitude des formations pour les plus anciens

Ce n’est pas la première fois que les armées occidentales viennent les former, ils l’ont été par les Américains, les Français… « Nous avons déjà vu certaines choses » Vieux routier, il note au passage certaines nouveautés qui apparaissent dans la formation, comme la manière de fouiller des personnes à un check point « Ca c’est une chose nouvelle ». Une manière de noter ainsi les évolutions de nos armées, l’Afghanistan est passé par là (A suivre : le syndrome afghan). Dans tous les cas, il est très content d’être là, avec ses hommes, de pouvoir reformer une armée, ayant le sentiment d’appartenir à une élite, qui teste. « Nous sommes les précurseurs » affirme leur chef, le ltt colonel Sanogo.

Très volontaires

Ce sentiment est confirmé par les formateurs. Les Maliens sont « très volontaires. Ils veulent apprendre. C’est vraiment un plaisir de faire leur instruction ». D’autant qu’on ne part pas de zéro. « Ils ont eu une instruction initiale, voire complétée par des stages à l’étranger. » Et en à peine une semaine, depuis leur arrivée, « on sent les progrès, c’est net. » Mais il y a cependant tout une série de points à reprendre, notamment la cohésion de groupe. « Ils en sont conscients d’ailleurs. Et sont très intéressés ». En témoigne le nombre de questions qui jalonnent les différents ateliers et exercices. A suivre…

(*) Un homonyme mais pas plus avec le capitaine auteur du coup d’Etat.

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EUTM Mali. Les formateurs espagnols arrivent …

(BRUXELLES2) Les derniers militaires espagnols pour la mission EUTM Mali, sont arrivés aujourd’hui au Mali. Ils ont atterri à l’aéroport de Bamako à 13h (locales).

Ils étaient attendus par le chef du contingent espagnol, le ltt-col Gabino Regalado de los Cobos, qui les a salués. Ces militaires vont se joindre aux huit Espagnols déjà présents sur place et arrivés en février (essentiellement à l’Etat-Major à Bamako, 1 se situe au centre de formation à Koulikoro).

33 hommes de la Légion de Viator et Almería, vont composer une section de force protection, à la caserne de Boubacar Sada Sy à Koulikoro, où se déroulent les formations. Et une équipe de 15 instructeurs, vont donner une formation spécialisée en “commandos” aux militaires maliens du bataillon Wabara (les Lions).

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La dernière ligne droite pour le Livre blanc français. Une règle d’or…

(BRUXELLES2) Les projections les plus pessimistes, circulent allègrement dans la presse sur les contours du futur Livre Blanc qui doit être publié à la mi-avril (mais dont les derniers arbitrages sont en passe d’être rendus ces prochains jours). Selon mon confrère J. Guisnel (Le Point/Le Telegramme) une apocalypse budgétaire pour les armées,se prépare, le budget de défense pouvant passer, selon une piste, de 1,5% du PIB à 1,1% du PIB. L’‘Apocalypse n’est pas pour la semaine prochaine… réplique JD Merchet (Marianne) estimant que la fourchette se situerait davantage entre 31,5 milliards (l’option de la rue St Dominique, le ministère de la défense, soit un budget gelé) et 28 milliards d’euros (l’option de Bercy, le ministère du Budget). Dans un article intitulé Défense : les scénarios noirs des coupes budgétaires, paru dans le Monde aujourd’hui (25 mars), Nathalie Guibert développe et détaille les deux hypothèses pour les années futures : le scénario Y avec 15 milliards de moins pour 2014 à 2020 (soit 2 milliards par an) et le scénario Z avec 30 milliards de moins sur la même période (soit 4 milliards par an). De quoi réveiller le Landerneau endormi…

Les députés montent au créneau

Plusieurs députés français – membres de la commission défense – se sont inquiétés récemment de cett tournure du Livre blanc. Un des premiers à s’exprimer a été le député PS du Morbihan, Gwendal Rouillard, fin connaisseur des questions de défense mais avant tout un fidèle et un proche de Jean-Yves Le Drian — il a été son attaché parlementaire, avant de reprendre le siège de député après le décès de son suppléant (lire : Le Drian, le monsieur “Défense” de F. Hollande. Portrait d’un Européen). Il « en appelle au président de la République » (dans une lettre ouverte publiée sur son site lire ici).

Un affaiblissement stratégique et des conséquences pour l’emploi

« Notre pays doit impérativement garder son ambition stratégique, qui s’exprime notamment par son droit de veto à l’ONU, et y conférer les moyens adaptés et opérationnels » explique-t-il, estimant « totalement incohérent » de vouloir « sabrer l’outil de la Défense nationale par rapport à la décision d’intervenir militairement au Mali et à notre nouvelle stratégie en Afrique ». Les scenarii de Bercy auraient des « répercussions inacceptables pour notre Industrie de Défense, ses 320 000 emplois, ses 4000 PME et sa capacité d’innovation et d’exportation de plusieurs milliards d’euros » alerte-t-il ensuite, rappelant le « fort levier de croissance et d’investissement indispensable » qu’elle représente. Argument qui porte en temps de crise.

L’intervention au Mali n’aurait pas eu lieu

De l’autre coté de l’échiquier politique, on ne sent pas vraiment de divergence d’approche. Christophe Guilloteau (UMP), également membre de la commission Défense, vient d’adresser une lettre ouverte au gouvernement, exprimant son inquiétude. « Si ces propositions devaient être adoptées, il ne s’agirait pas d’une simple réduction supplémentaire de crédits, mais bel et bien de l’abandon par notre pays de son rang de grande puissance, de sa capacité à intervenir partout où la démocratie est menacée, comme notre armée l’a fait en Afghanistan, en Lybie, et aujourd’hui au Mali » explique le député du Rhone. « Avec un budget de la Défense établi à 1,2 % du PIB, notre intervention se serait certainement arrêtée le 11 janvier au soir. »

Commentaire : un atterrissage brutal programmé

Un jeu habituel de dramatisation…

Tout d’abord, méfions des ébats. Nous sommes dans le jeu habituel de la dramatisation nécessaire de l’exercice. Bercy fait plusieurs projections, affichant un objectif drastique. Le ministère de la Défense joue le plan noir pour mobiliser toutes ses forces de façon indirecte dans la bataille (députés, industriels, lobbys, journalistes…). Ce qui permet de mesurer les forces. Puis on va tailler selon les résistances affichées et les objectifs définis. De façon médiatique, annoncer une baisse drastique des moyens de défense permet ensuite au gouvernement de justifier que, finalement, l’effort a été limité et que le ministère s’est bien battu pour sauvegarder ses moyens. Mais ne voir dans cette bataille de chiffres qu’un exercice politico-médiatique serait une erreur.

Un leurre sur la nature de l’exercice

Jusqu’à récemment, il y avait une illusion d’optique sur la nature de l’exercice. Le Livre Blanc se contenterait d’une remise à jour des menaces. Il était un exercice géopolitique, et l’essentiel serait préservé. Un leurre, d’autant mieux entretenu qu’avec l’engagement en Libye, puis au Mali, on pouvait se dire que la France avait un outil de défense qui méritait d’être préservé. Certes. Mais il y a aussi des réalités économiques, qui ne datent pas du mois de janvier ou décembre, mais préexistaient bien avant (les élections d’ailleurs). La dette française est importante. Elle ne diminue pas. Elle augmente même. Et la barre des 100% du PIB de dette se rapproche…

La règle d’or a des impératifs

La France – comme les autres Européens – se sont engagés à donner un coup d’arrêt à l’augmentation de cette dette. C’est la fameuse “règle d’or” qui n’est pas une règle théorique. Elle ne se contente pas d’ancrer de façon constitutionnelle, une limitation des déficits, elle conforte juridiquement aussi une règle drastique, implacable : le différentiel entre le niveau de la dette et la limite acceptable de 60% du PIB doit être réduit chaque année d’un 1/20e durant 20 ans ! En quelque sorte, la règle d’or impose de couler du bronze !

Prenez une calculette !

Si les projections que B2 sont exactes, on arrive à une réduction de l’ordre de 30 milliards d’euros par an pour l’ensemble du budget public (Etat, collectivités locales, assurances sociales), le tout sur 20 ans, à condition qu’il n’y ait pas de déficit budgétaire. Ce qui est déjà difficile. Un simple calcul de proportionnalité donne pour le budget de la défense une contribution (arithmétique) de 1 milliard d’euros au minimum chaque année. En incluant l’effort à l’arrivée au déficit 0, en sachant que certaines dépenses ne peuvent pas être réduites dans cette proportion, et qu’il vaut mieux donner un coup de collier tout de suite, plutôt qu’au renouvellement des élections législatives/présidentielles, ce devrait être certainement plus, entre 1 et 2 milliards au minimum. L’atterrissage sera donc brutal ! Mais il était tout à fait prévisible.

Sauver l’essentiel : les OPEX. Réfléchir sur l’accessoire : le nucléaire ?

Crier au loup aujourd’hui est donc un peu tardif et même contradictoire. L’enjeu n’est donc plus aujourd’hui de dire “non, non, non” à toute coupe budgétaire. Mais de savoir comment effectuer une coupe rapide, proportionnée et qui ne nuise pas au format des armées, à sa capacité opérationnelle et de défense. Dans cet esprit, c’est, à mon sens, la capacité d’entrer en premier qui doit être préservée (les A400M, les hélicoptères, le renseignement, la protection du fantassin, l’entraînement des militaires, les frégates…). Et, bon gré mal gré, il faut entamer une réflexion sur la sacro-sainte dissuasion nucléaire qui grève des ressources devenues aujourd’hui rares et plus nécessaire ailleurs (lire : La capacité d’entrer en premier…)

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Centrafrique : déploiement d’urgence de renforts français

Arrivée des renforts français du Gabon par Transall et C-130 (crédit : DICOD)

(BRUXELLES2) Des militaires français (environ 300) français en provenance des Forces Françaises au Gabon (FFG) sont arrivés en renfort, à Bangui (Centrafrique) dans la nuit du 22 au 23 mars 2013 et dans la journée du 24 mars. Objectif : assurer si nécessaire la sécurité des ressortissants et des emprises diplomatiques françaises et compléter les effectifs déjà présents sur place dans le cadre de l’opération Boali. Les militaires français ont notamment sécurisé l’aéroport de Bangui afin de faciliter l’évacuation des ressortissants français et européens le cas échéant. Mais dimanche, aucun ordre d’évacuation n’avait été donné ; la consigne donnée aux habitants était de rester chez eux.

Environ 600 hommes sont ainsi à Bangui. Sur place on trouve, selon l’Etat-Major des armées, les militaires français de l’opération Boali, dont une compagnie du 1er  régiment d’infanterie (1er RI) stationnée sur l’aéroport de Bangui ; un état-major tactique du 6e bataillon d’infanterie de Marine (6e BIMa), une compagnie de marsouins du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de Marine (8e RPIMa) et une compagnie du 3e RIMa, qui étaient de « mission de courte durée » au Gabon.

Pas de chance pour eux, la mission s’est transformée en alerte…

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La mission EUTM Mali, calée…

La mission EUTM Mali, calée…

le général lecointre avant de s’adresser à la presse (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Le général François Lecointre a fait un dernier point devant les ambassadeurs du COPS, le COmité politique et de sécurité,  mardi matin (5 mars) avant de s’envoler vers Bamako, cette fois « définitivement ». « Je reviendrai ici de temps en temps mais je serai basé sur place », a-t-il déclaré à quelques journalistes dont B2. Il rejoindra ainsi la petite centaine de militaires déjà déployés sur place (85 exactement selon nos informations).

550 personnes

La génération de force a, normalement, close lundi (4 mars), même …. si tous les problèmes ne sont pas encore tout à fait réglés. Il y aura ainsi un peu plus environ 550 personnes (soit un peu plus que ce qui était prévu) : 200 formateurs, (*), 200 personnes pour la logistique et le soutien médical et 50 pour l’Etat-Major, ainsi que 150 militaires pour la force de protection (Tchèques et Espagnols dans un premier temps). Mais l’effectif n’est pas encore complet et les informations se poursuivent encore, en bilatérales, selon nos informations. Certes le risque de la mission à Bamako est « plus limité » qu’il y a quelques semaines au début de la mission, précise F. Lecointre. Et la stabilisation du Mali est « en bonne voie » estime le général qui est « assez confiant ».

Plus d’une vingtaine de pays participeront à la mission.

22 pays pourraient participer à la mission (c’est-à-dire quasiment tous les pays – absence de marque : les Pays-Bas). Ce qui est un record dans les missions européennes, mais aussi une difficulté. La France fournira le plus d’effectif (207 personnes), l’Allemagne s’est résolue à dépasser son chiffre de 40 indiqué au départ (71 en tout), l’Espagne tient ses engagements (54) tout comme le Royaume-Uni (40) avec une unité de formation composée des deux Irlande. La république Tchèque est la “bonne surprise” de cette génération de force. Les Belges seront, aussi, là, fidèles, mais un peu au forceps tout de même (25), ainsi que la Pologne (20) et les pays nordiques qui ont fait une offre groupée (15 environ).

Effectifs variables

Les effectifs sont susceptibles de varier régulièrement, au fur et à mesure des relèves des Etats membres. Le temps sur place varie en effet suivant les pays : de 2-3 mois à 6 mois. Et une nouvelle conférence de génération de forces va être convoquée avant l’été, pour ajuster les effectifs pour la seconde partie du mandat (15 mois).

Démarrage de la mission : séquencé

La mission “expertise” a déjà démarré sur place. Ce qui a permis de déclencher l’IOC (capacité opérationnelle initiale ou Initial Operationnal Capability). Les premières formations devraient démarrer, pour le premier bataillon “début avril” Tandis que la FOC (Full Operationnal Capability) sera enclenchée à la mi-avril à l’arrivée des derniers formateurs spécialisés. La durée de la formation sera de 2 mois et demi. Elle sera « plus ou moins courte ou longue selon le résultat des premières évaluations ». Puis nous donnerons un « rendez-vous opérationnel, 2-3 mois après » afin de vérifier les acquis de connaissances « que les militaires ont bien poursuivi l’entraînement et n’ont pas perdu leur niveau ». cela permet de « maintenir l’attention »

NB : Les forces maliennes comptent environ 10.000 hommes sur le papier, dont 6.000 combattants. L’objectif européen est « d’en former la moitié ». Environ 3000.

L’armée malienne : des besoins considérables

Les besoins de l’armée malienne sont « considérables. C’est une armée très pauvre, sous-dotée pendant une vingtaine d’années. Une armée qui est actuellement au combat (…) mais agit de façon disparate, pour faire face à des situations de combat. Tout est à reconstruire. Elle manque des moyens de planifier une opération militaire, d’en gérer certains aspects, tout simplement de conduire une manœuvre. Elle n’a pas ce qui fait le lien d’autorité » explique le général. « Il s’agit bien de refaire un lien de confiance entre la base et le commandement. Le travail est donc complet. » Plusieurs besoins ont déjà été identifiés par la mission d’expertise déjà sur place : la gestion, les ressources humaines, la formation, la gestion logistique… Et il faut des équipements. Voir aussi (article séparé) : Equiper l’armée malienne : une nécessité aussi importante que la formation

(*) et non 300 ou 500 comme certains l’avaient annoncé :-)

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Salut aux troupes pour Le Drian au Mali… Une autre bataille attend le MinDef

Jean-Yves Le Drian salue les troupes déployées au Mali (crédit : Ecpad)

(BRUXELLES2) Jean-Yves le Drian, le ministre français de la Défense, est arrivé ce matin au nord du Mali, pour une visite surprise. Objectif : « rencontrer les militaires français » engagés dans l’opération Serval et leur adresser un « message de fierté et d’encouragement » sur la mission qu’ils effectuent contre « les groupes terroristes » qui avaient fait du massif des Ifoghas « leur sanctuaire ».

Visite surprise

Le ministre s’est ainsi rendu dans la vallée de l’Amettetaï, au cœur du massif des Ifoghas où viennent d’être livrés des combats visant à libérer cette vallée des groupes terroristes les plus aguerris, les plus installés et les plus organisés. « Les opérations conduites par nos forces dans l’Amettetaï ont permis de neutraliser une grande partie de leurs moyens d’action terroriste et de mettre un terme à l’impunité dont jouissaient ces groupes » a déclaré le JY Le Drian.

Une tête de pont dans la guerre contre le terrorisme

« En délogeant les djihadistes de leurs derniers bastions, vous êtes les têtes de pont de cette guerre sans répit que la France a décidé de livrer contre les groupes terroristes qui sévissent encore au Mali. Sur vous, ainsi que sur nos frères d’armes tchadiens, dont je sais les souffrances et dont je salue le grand courage, repose désormais une grande part du succès de l’opération Serval », a-t-il déclaré Jean-Yves Le Drian sur l’aéroport de Tessalit.

Le ministre de la Défense a aussi voulu rendre hommage aux quatre militaires « morts pour la France » au Mali. Rappelons leurs noms : le commandant Damien Boiteux, l’adjudant Harold Vormezeele, le caporal Cédric Charenton et le brigadier-chef Wilfried Pingaud.

(commentaire) Une autre bataille : le livre blanc

Cette visite surprise entend bien entendu saluer les troupes, rendre hommage aux morts. Mais elle n’est pas non plus absente de sens politique. Il s’agit pour le Ministre qui arrive de Varsovie – sur une discussion européenne – et doit ensuite s’engager à Paris dans une longue discussion budgétaire et stratégique, dans le cadre du Livre blanc, d’arriver en position de force à la table de négociation. Des arbitrages doivent être rendus. La bataille dans l’Idar des Ifoghas n’a pas été conçue pour servir une discussion budgétaire. Mais ne pas s’en servir, au moment, où certaines coupes pourraient être décidées serait une erreur. Entre les positions du ministère de la Défense et de Bercy (qui joue son rôle de “chiffon rouge”, il y a un hiatus révélé de plusieurs milliards d’euros. Sur ce terrain, la Défense ne s’épargnera pas une certaine retraite. C’est nécessaire au regard de l’assainissement des finances publiques, voulu par le gouvernement. Il s’agit de l’ordonner et de limiter la casse. Au final, l’écart pourrait ne pas être aussi grand que prévu mais tourner autour d’une diminution d’un ou deux milliards.

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Troisième soldat français mort au combat au Mali. 3 chefs terroristes tués selon les Tchadiens

(BRUXELLES2) Un soldat du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers est mort samedi (2 mars) soir dans le nord du Mali, viennent de confirmer successivement l’Elysée et le ministère de la Défense.

Le caporal Cédric Charenton était engagé dans l’opération Serval depuis le 25 janvier dernier et a été « mortellement touché vers 18 heures par un tir ennemi (…) dans le massif de l’Adrar, au nord du Mali. (Il) a été tué par des groupes armés lors d’un violent accrochage alors que sa section montait à l’assaut d’une position ennemie au cœur du sanctuaire des terroristes » précise le communiqué du ministère.

« Agé de 26 ans seulement, le caporal Cédric Charenton a apporté de nombreuses fois la preuve de son courage lors des missions qu’il a remplies en Nouvelle-Calédonie, en Afghanistan et au Gabon. Le souvenir de son sacrifice dans l’un des combats les plus violents que nos forces aient connus sur le territoire malien nous animera à jamais. Le caporal Charenton, engagé depuis moins de quatre ans dans l’Armée de terre, est mort pour la France, pour notre liberté, pour notre sécurité », a déclaré Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense qui lui a rendu hommage et adressé ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Plus de 10.000 hommes déployés par les Français et Africains

C’est le troisième militaire français tué dans le cadre de l’opération Serval visant à reconquérir le nord du Mali. Un sous-officier pilote d’hélicoptère était mort dès le premier jour de l’opération. Un second est décédé mardi (19 février) lors d’un violent accrochage dans les Ifoghas. Les combats se font plus rudes dans ce relief accidenté. L’armée tchadienne a annoncé, de son coté, avoir perdu 26 hommes dans le massif de l’Idrar des Ifoghas.

La « détermination » de la France, engagée depuis cinquante jours « pour rendre sa souveraineté à l’Etat et au peuple malien », est « totale » précise le ministre JY Le Drian, alors que « 4000 militaires sont désormais engagés dans la bataille malienne ». A ce chiffre il faut ajouter les 2500 Tchadiens — qui sont aux côtés des Français dans le nord Mali — et les 4000 militaires de la MISMA déjà arrivés sur le terrain mais dont l’efficacité n’est pas encore prouvée.

Mort présumée de certains chefs terroristes

Le Tchad a, officiellement, annoncé la mort de plusieurs chefs terroristes : Agh, Abouzaid (algérien, membre du GSPC, le chef d’Aqmi au Mali), Mokhtar Belmokhtar (l’inspirateur de la prise d’otages de In Amenas en Algérie). La mort des deux premiers a été annoncé en personne par le président tchadien Idriss Déby, vendredi (1er mars) lors d’une cérémonie officielle d’hommage aux soldats morts. « C’est pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre au Mali, qu’il y a eu le 22 février 2013, des combats directs. Et ce sont les soldats tchadiens qui ont fait face aux forces obscurantistes dans le massif de l’Idrar des Ifoghas. Ils ont détruit leur base et abattu les deux grands chefs djihadistes, Agh et Abouzaîd dans le nord malien. »

Le troisième chef terroriste tué a été révélé hier (samedi 2 mars), par le chef adjoint de l’Etat-major de l’armée tchadienne, lors d’une intervention sur la chaine nationale tchadienne. Le général Zakaria Ngobongue a ainsi annoncé « la destruction totale de la principale base djihadistes et narco-terroristes dans la vallée d’Ametetai, dans le massif de l’Adrar des Ifoghas » dans une opération menée vers 12 heures ainsi que la mort du chef « Mokhtar Belmokhtar dit le Borgne ». L’officier tchadien a précisé que 60 véhicules en bon état de fonctionnement avaient été récupérés ainsi que divers matériels de guerre « notamment du matériel électronique ». « Le ratissage se poursuit à la poursuite des fugitifs » a-t-il ajouté de façon martiale.

Ecouter le communiqué de l’Etat-Major tchadien lu à la télévision nationale (source : Tchad Infos)

Informations non confirmées

Ces informations n’ont pour l’instant pas été confirmées à Paris. « Je n’ai pas d’information ou de confirmation, ni même de commentaire particulier à faire. » déclarait ainsi le porte-parole du Quai vendredi (1er mars), reprenant ainsi la formule de François Hollande, le président français, quelques heures auparavant : « Des informations circulent, je n’ai pas à les confirmer ».

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