Al Qaida

Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan

Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan

Philippe Hammond lors de sa visite en Afghanistan le 13 septembre (crédit : Ministère britannique de la Défense / Corporal Paul Morrison)

(BRUXELLES2) Les troupes de sa Gracieuse Majesté pourraient se retirer plus tôt que prévu d’Afghanistan, selon ce qu’a confié Philip Hammond, le ministre britannique de la défense, à nos confrères du Guardian (lire ici). Admettant qu’il y a encore six mois, l’armée insistait pour garder autant d’hommes que possible aussi longtemps que possible sur le terrain, le commandement de l’armée est aujourd’hui «surpris par la facilité avec laquelle ils ont été capables de se retirer et de laisser aux forces afghanes leur part de responsabilité» a t-il déclaré. Le Royaume-Uni a d’ores et déjà fermé 52 de ses 86 bases militaires et postes de contrôle ces six derniers mois dans la province d’Helmand. «On reconsidère aujourd’hui combien d’hommes nous avons besoin en réalité … il pourrait y avoir une possibilité pour un peu plus de flexibilité en vue du retrait» a t-il ajouté. «Je pense que le message que j’ai clairement reçu de l’armée est qu’il pourrait être possible de retirer plus de soldats en 2013».

S’exprimant de manière franche sur les raisons de la présence de l’armée britannique, il a également déclaré que maintenant qu’Al Quaida avait été éliminé du pays, il n’était pas légitime de demander aux troupes de mettre leurs vies en danger afin de construire l’Etat Afghan. «L’appréciation finale du succès (de l’opération militaire britannique) doit se baser sur l’étendue avec laquelle nous pouvons quitter un Afghanistan qui continuera d’empêcher l’entrée sur son territoire aux terroristes internationaux» et non pas de voir l’Afghanistan devenir un pays démocratique doté d’une société qui respecte les droits de l’Homme et d’une éducation digne de ce nom, a-t-il précisé.

Les troupes britanniques ont été déployées dans la province de Helmand en 2006 et leur retrait final est envisagé pour la fin de l’année 2014. Hammond s’est certes refusé à rentrer dans les détails d’un nouveau calendrier. Mais c’est bel et bien la première fois qu’un retrait anticipé est rendu public par Londres.

Le ministre a également reconnu qu’une paix totale en Afghanistan devra impliquer de s’engager dans «une stratégie à la Nord-Irlandaise» envers en tout cas la partie modérée des insurgés, afin de les intégrer par la réconciliation et l’intégration. «C’est la réalité. Vous ne pouvez pas trouver un accord durable avec une part significative de la population qui reste en dehors (de cet accord)».

NB : le Royaume-Uni est le deuxième contributeur de de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (ISAF) après les Etats-Unis, et a perdu 427 soldats depuis le début du conflit.

Green on blue

Le ministre est aussi revenu sur les attaques «green on blue» – lorsque des membres des forces afghanes (drapeau vert) s’en prennent à leurs homologues de l’ISAF (drapeau bleu). Il a ainsi «parlé avec l’un des commandants en chef à propos de ces attaques et que les investigations ont montré de sérieuse failles dans la manière dont certains éléments des troupes afghanes ont été gérés par le passé». Le ministre a aussi révélé que 60 soldats ont été virés de l’armée afghane dans les dernières semaines et que 600 autres ont fait l’objet d’une enquête de façon conjointe par les équipes britanniques et afghanes pour les derniers meurtres. Ces attaques “internes” ne sont plus négligeables : sur les 20 soldats britanniques décédés – dans les derniers mois – 5 l’ont été par des attaques “green on blue” (l’uniforme des policiers afghans).

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Une attaque suicide à l’aéroport de Mogadiscio échoue, de peu

L’aéroport de Mogadiscio a échappé de peu à un attentat suicide, jeudi, à la veille de l’Aid. Un commando suicide de El Shabab (qui se revendique de la mouvance d’Al Qaida) a, en effet, tenté de forcer l’entrée de l’aéroport de la capitale somalienne, mercredi après-midi. Cette attaque a été déjouée relate le commandement de l’AMISOM – les forces de paix de l’Union africaine – déployées en Somalie. Deux véhicules se sont présentées à une des entrées. Un premier a explosé, à environ 500 mètres du terminal. Au moins 2 sentinelles de l’AMISOM ont été tuées, et une troisième blessée. Le second véhicule a alors tenté de forcer l’entrée mais n’a pas explosé. Il a été stoppé. Les passagers ont quitté leurs véhicules et couru à pied vers le terminal, sous le tir des soldats de l’AMISOM. A 200 mètres du terminal, ils ont fait sauté leurs vestes bourrées d’explosif. Au moins un employé (d’une compagnie aérienne africaine) a été tué. D’autres victimes civiles pourraient être déplorées ; le correspondant de l’AFP sur place a ainsi vu deux corps sans vie de civils. Les 5 assaillants sont tous décédés. Cette attaque s’est produit à un moment-clé, où le président somalien du gouvernement de transition terminait une rencontre avec des plénipotentiaires internationaux, dont les envoyés spéciaux de l’ONU et de l’Union africaine pour la Somalie.

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