RosalindMarsdenDarfour-Fco0910.jpg

Dr Rosalind Marsden nommée représentant spécial de l’UE au Soudan

RosalindMarsdenDarfour-Fco0910.jpg

visite aux forces de la Minuad en 2009 (crédit photo : FCO)

(BRUXELLES2) C’est finalement l’ancien ambassadeur britannique au Soudan, le Dr Rosalind Marsden, qui a été désignée comme représentant spécial de l’UE pour remplacer le Danois Torben Brylle, qui part vers d’autres horizons.

Dans sa feuille de route dressée par Lady Ashton, la diplomate en chef de l’Union, la préparation du referendum à Abyei et le Sud Soudan et une « attention soutenue » à la situation délicate du Darfour… Entrée effective en fonction : 1er septembre.

Rosalind Marsden a pour elle de bien connaître le pays où elle a été ambassadeur de sa Gracieuse majesté durant ces trois dernières années (avril 2007 à mai 2010). Indispensable au regard des évènements à venir. Elle est plutôt une habituée des postes « chauds ». Elle a été en poste à Basra en Irak (2006-2007) et à Kaboul en Afghanistan (2003-2006). Elle a également officié au Foreign Office comme chef du département des Nations-Unies (1996) ou chef de section du département des Communautés européennes (1983-1985).

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’UE déploie des observateurs pour les élections au Soudan

(B2) Une délégation de 138 observateurs de l’Union européenne (UE), dirigée par l’eurodéputée belge PS, Véronique de Keyser, a commencé à se déployer actuellement au Soudan, pour observer la préparation des élections et la campagne électorale : 58 observateurs sont déjà arrivés ou en voie de l’être. Ils seront renforcés pour la durée de l’élection par 80 suivants observateurs ainsi qu’une délégation du Parlement  européen. Le Soudan organise des élections générales les 11 et 18 avril prochains. Un pays qui n’est pas petit (2,5 millions de km2) ni  pacifique. Autant dire que la mission de V. De Keyser ne sera pas de tout repos.  « Il est évident que nous ne pourrons nous déplacer dans chaque bureau de vote, nous allons prendre des échantillons (…). Nous allons tirer nos conclusions non seulement de nos observations mais aussi des tendances dans différentes régions et des données », a-t-elle déclaré, selon l’AFP, lors d’une conférence de presse à Kharthoum. « C’est une étape importante dans la mise en place de l’accord de paix global et l’avenir politique du Soudan » a expliqué, pour sa part, à Bruxelles Catherine Ashton, Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. « Le rôle des observateurs européens n’est pas de valider les candidatures et les résultats mais seulement de vérifier que le processus d’élection respecte les critères internationaux d’élection démocratique et sincère » a-t-elle ajouté.

(NVG)

Eufor Tchad : on ferme, on remballe

(BRUXELLES2) Cérémonies en tous sens au Tchad et en République centrafricaine ces jours-ci. Le 15 mars, en effet, à la date prévue (c’est une rareté à signaler dans les missions de paix), les Européens de l’EUFOR plieront bagage – du moins une partie d’entre eux – et remettront officiellement les clés de leurs bases et le mandat de leur mission au commandant des Nations-Unies. La force onusienne de la Minurcat II assurant le relais. En fait, certains hommes vont rester sur place, le temps d’assurer le retrait et le rapatriement de certains matériels. D’autres vont simplement changer de béret. Plusieurs nations ayant décidé de rester dans la Minurcat II – à la demande du secrétaire général des Nations-Unies d’ailleurs. Lire : Un contingent autrichien restera au Tchad dans la Minucart II

Quelques cérémonies vont être organisées sur place à N’Djamena : le 14 mars, en présence des autorités du Tchad. Le 15 mars, avec une parade militaire et la remise des médailles de l’opération. Parallèlement, une autre cérémonie aura lieu à Birao, en Centrafrique, avec le chef adjoint de la mission et le ministre de la Défense centrafricain. A suivre… La fin d’un beau défi (voir mon reportage lors du tout début de l’opération). Une conférence de presse sera organisée à Bruxelles le 18 mars pour clôturer
l’opération.

(NGV)

Tchad: le relais se prépare entre l’EUFOR et la Minurcat II

(BRUXELLES2) Pour la mission militaire de l’UE (Eufor) au Tchad et en république centrafricaine, les prochains mois seront rythmés par le passage de témoin à la force de l’ONU (Minurcat II). Du personnel est en cours de recrutement à l’ONU et pourrait commencer à être déployé début février (un chef vient d’être nommé). L’objectif est d’assurer une transition « douce » avec l’EUFOR et de préparer l’accueil des troupes supplémentaires.

Cette transition ne sera pas aussi facile qu’espéré. Car, pour l’instant, peu de pays – mis à part ceux participant à l’Eufor – se sont empressés de faire des offres. Et la situation humanitaire comme sécuritaire reste précaire. Tandis que les relations avec le Soudan demeurent instables. Deux véhicules de l’Eufor ont ainsi été détruits par les Soudanais. Dans la zone de Birak, deux hélicoptères soudanais Mi24 ont ouvert le feu, le 15 novembre, sur une patrouille de l’Eufor, sans faire de victimes. A noter qu’une conférence des donateurs aura lieu début 2009 à Bruxelles pour doter le fonds d’affectation spéciale, permettant notamment de former la nouvelle force de sécurité tchadienne – le Détachement intégré de sécurité (DIS) – dont le gouvernement entend doubler l’effectif.

La situation humanitaire et sécuritaire précaire

Dissuation militaire nécessaire face au banditisme. « Les vols de voitures occupées, vols à main armée et crimes visant le personnel humanitaire et les citoyens et réfugiés tchadiens se sont poursuivis. Les attaques menées par des bandits lourdement armés constituent la menace la plus immédiate et la plus constante pesant sur la population civile et les opérations humanitaires » explique le rapport de Ban Ki Moon publié début décembre. « Il s’agit d’une menace de nature criminelle, qui se manifeste essentiellement par l’utilisation d’armements militaires, y compris des armes lourdes. Contrer cette menace exige davantage que des activités de police : la dissuasion militaire s’impose. Lorsqu’elle ne suffit pas, l’intervention militaire est nécessaire. ». Attaques répétées. Le camp de réfugiés de Sam Oundja qui abrite 3 000 réfugiés du Darfour a été attaqué par un groupe armé non identifié le 8 novembre. À la suite de cette attaque, l’EUFOR a évacué neuf travailleurs humanitaires vers Birao. La zone de Birak est aussi tendue. Des villages autour de la ville ont été attaqués début novembre faisant 8 tués et 240 maisons détruites (sur 300). Assistance durable. On estime qu’environ 500 000 personnes reçoivent actuellement une assistance. «Faute de conditions de sécurité suffisantes, il est peu probable que les réfugiés retournent dans leurs lieux d’origine. Ils continueront donc à dépendre dans une large mesure de l’assistance extérieure.»

Concept de la force de l’Onu

Zone d’opérations plus vaste.

La force de l’ONU reprendrait les missions de l’Eufor — prévenir les hostilités, rassurer la population civile, améliorer l’acheminement de l’assistance humanitaire, assurer la protection du personnel et des installations des Nations-Unies — mais sur une zone d’opérations plus vaste, et avec des responsabilités supplémentaires, consistant notamment à assurer des conditions de sécurité propices au déploiement récemment engagé d’un détachement intégré de sécurité (DIS) légèrement armé.

L’effectif sera donc supérieur à celui de l’Eufor

4900 hommes a demandé le secrétaire général. En-dessous du premier chiffre de 6000 annoncé par l’ONU. Mais au-dessus de ce que voulaient les autorités tchadiennes. Celles-ci ont refusé en effet un déploiement d’une force trop importante, acceptant d’abord 3000 puis 3500 hommes, 4500 et enfin 4900 hommes, après négociation entre Déby et le secrétaire général de l’ONU à Doha. (la force de l’UE compte environ 3700 hommes). Six sites au Tchad, la force de l’ONU sera répartie sur six sites (à raison d’un demi-bataillon d’environ 400 hommes par site), initialement Iriba, Guéréda, Farchana et Goz Beida (sites de l’Eufor), et par la suite Bahai et Koukou-Goz Amer (deux sites à créer), et devrait être capable d’effectuer « 24 patrouilles de sécurité quotidiennement ». Un mémorandum d’accord doit officialiser l’accord entre l’ONU et le Gouvernement tchadien sur le transfert à la MINURCAT de l’utilisation de tous les sites de l’EUFOR, ainsi que les infrastructures connexes et, surtout, les droits relatifs au forage et à l’usage de puits d’eau.

Réserve mobile.

Une réserve mobile, de la taille d’un bataillon (800 hommes), devra assurer une capacité de montée en puissance en cas de menace nouvelle. Le tout appuyé par 18 hélicoptères. Détachement léger en Centrafrique. La présence de la Minurcat II sera réduite dans le pays. Un petit détachement militaire d’une quinzaine d’officiers pourrait suffire, chargé « d’assurer la liaison avec les autorités locales et les principaux acteurs, de maintenir une connaissance circonscrite de la situation, et d’évaluer l’état de l’aérodrome de Birao et de déterminer les travaux d’entretien nécessaires ». En effet, tant du côté de l’Eufor que de l’Onu , on estime qu’il n’existe pas de menace durable et majeure dans cette région. Les principaux risques se situant au nord-ouest et au sud-est du pays (ce qui supposerait à la fois un changement de mandat pour laMinurcat II et des forces plus conséquentes entre 500 et 1000 hommes).

Lente montée en puissance.

Les bataillons de secteur, la force de réserve, ainsi que l’appui logistique, la force de transport (route et air), la capacité médicale sera basée à Abéché durant la première phase de transition. Les déploiements de troupes et de matériel seront extrêmement limités durant la saison des pluies. Le plein effectif ne sera atteint qu’en octobre 2009. Soit le même délai qu’a mis Eufor à monter en puissance (on peut s’interroger pourquoi tant de temps, alors que l’Onu a eu plus d’un an pour se préparer). Appui logistique français ? Un « appui in extremis » pourra être demandé à certains Etats membres de l’ONU « pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel et des installations des Nations Unies », ainsi que la logistique, « dans l’éventualité où la force des Nations Unies ne serait pas en mesure de faire face à la situation » (on pense bien sûr à la France et son opération Epervier qui seront, dans ce cas, le plus à même de fournir ce soutien).

Une force installée dans la durée.

Six critères ont été fixés par l’ONU pour mettre fin à la Minurcat II. Des critères, logiques, mais qui, vu la situation sur place, laissent augurer d’une présence longue de la force de l’ONU :

  • a) Retour volontaire et réinstallation dans des conditions sûres d’une masse critique de personnes déplacées;
  • b) Démilitarisation des camps de réfugiés et de personnes déplacées, attestée par une diminution de la présence d’armes, de la violence et des violations des droits de l’homme;
  • c) Capacité des autorités locales de protéger comme il se doit les réfugiés, les personnes déplacées, les civils et les humanitaires;
  • d) Capacité des organes nationaux de police de maintenir l’ordre public en faisant respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme;
  • e) Instauration progressive d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace dans l’est du Tchad, contribuant à mettre fin à l’impunité, attestée par une augmentation sensible des moyens et de l’indépendance du secteur de la justice, et du respect manifesté à son égard;
  • f) Système pénitentiaire renforcé dans l’est du Tchad, fondé sur une administration pénitentiaire respectueuse des droits de l’homme.

A noter qu’en complément de la force de l’ONU, une force de paix et de sécurité (FPS) – tchado-soudanaise – serait déployée le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, avec la mise en place de postes d’observation, le Tchad et le Soudan devraient chacun déployer un millier de soldats à leurs frontières respectives.

Lire aussi :

Relève pour les Polonais au Tchad. Sort après mars toujours incertain!

(BRUXELLES2) La relève des troupes polonaises au Tchad devrait se terminer le 4 décembre. Entamée le 12 novembre, la plupart des troupes sont déjà sur place, apprend-on du coté polonais. Ils seront basés – comme leur prédécesseurs – dans le nord du dispositif, près de la ville d’Iriba, sur la base « North star » mais n’auront pas tout à installer. Le Génie polonais ayant travaillé d’arrache pied pour faire – à partir de rien ou presque – une petite cité d’environ 400 personnes.

Ils auront la charge d’assurer la sécurité notamment autour des camps de réfugiés soudanais – et déplacés tchadiens – qui rassemblent environ 120 à 130 000 personnes dans plusieurs lieux (Oure-Cassoni, Iridimi, Touloum, Amnabak, Kounoungou, Mile). Le groupe d’aviation – avec trois hélicoptère de type Mi17 – reste basé à Abéché (avec les hélicoptères français rejoints maintenant par les Russes). Changement de commandant également : le colonel Maciej Siudak succédant au colonel Wojciech Kucharskiego.

Après mars 2009, pas sûr… Quant à l’avenir après mars 2009 – et le passage sous le fannion des Nations-Unies – il est encore « très incertain ». « Aucune décision n’est prise » a confirmé le ministre de la défense polonais, Bogdan Klich, à nos collègues de Rzeczpospolita. Ce qui contredit les déclarations – peut-être un optimistes – de la présidence française de l’UE, notamment d’Hervé Morin, le ministre de la défense. « La Pologne sera sans doute beaucoup moins motivée pour y participer » a précisé Klich. « Ce qui a motivé notre participation dès le début de l’opération était de soutenir et renforcer la politique européenne de sécurité et de défense » a-t-il ajouté.

(NGV)

Hélicoptères Irl. pas homologués, « défaut de contrôle » dit un rapport


(B2)Une « mauvaise communication dans la chaîne militaire de commandement » et un « excès de zèle » pour passer un marché, voici les conclusions auxquelles est arrivé le Ltt Général Dermot Earley (photo © Irish Army), dans son rapport remis au ministre irlandais de la Défense, après l’affaire des deux hélicoptères, inaptes au transport de troupes. Et dans lequel il s’excuse, platement, de l’avoir mis dans une position embarassante, rapport l’Irish times.

Les forces irlandaises avaient, en effet, loué le 28 juin pour 2,4 millions d’euros à une société privée britannique Air Partner, deux hélicoptères Mi-8, destinés à transporter leurs troupes et basés au Camp Ciara à Goz Beida, durant les dix mois de l’opération. Mais ceux-ci n’étaient pas homologués pour transporter des personnes!

Le pot aux roses a été découvert en septembre dernier. Et interdiction a été faite de prendre ses hélicoptères pour transporter le personnel, ceux-ci étant réservés au fret (voir  « deux hélicoptères irlandais interdits de mission ? »). Précaution sans doute pas superflue, puiqu’un de ses appareils a subi, le 16
octobre dernier – rapporte l’Irish Independen, une panne partielle de moteur et est devenu inutilisable suite à un décollage avorté à l’aéroport de N’Djamena.

.Apparemment la société privée n’est pas sans reproche puisque l’armée avait bien spécifié le transport de passagers dans son appel d’offres. Mais avoue le général, « Les mesures de contrôle
mises en place n’ont pas vraiment été suffisantes »
. Le contrat aurait en effet été signé en mai, sans l’approbation formelle du général, et sans contact avec le Ministère de la Défense. Depuis, des négociations ont été menées avec Air Partner pour fournir un remplacement Mi-8T, cette fois complètement certifié pour le transport de passagers. L’histoire se finit bien !

(NGV)

Nouvelles attaques au Tchad, les ONGs suspendent à nouveau l’aide

(B2)Les attaques de bandits armés ont forcé les ONGs d’aide humanitaire à suspendre l’aide humanitaire des personnes déplacées dans l’est du Tchad, indique le service d’information de l’Office d’aide humanitaire de l’ONU. Des Ongs comme Médecins Sans Frontières (MSF) et Action contre la faim ont ainsi suspendu la plupart de ses activités dans les régions de Dogdoré et Ade près de la frontière soudanaise.

Quelques 28.000 personnes déplacées vivent à Dogdoré, 8500 à Ade. MSF – qui est des seuls organismes à fournir des soins médicaux à Dogdoré – a été contraint de retirer le personnel expatrié. Le gouvernement tchadien est mis en cause. C’est lui qui « a la responsabilité première pour la sécurité des travailleurs humanitaires», indique le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires au Tchad, Eliane Duthoit. « Je pense qu’ils pourraient faire plus. »

Coté de la sécurité, on estime que les 4×4 rutilants des ONGs attirent d’autant plus l’oeil qu’en général, y figure en bonne place un sigle « no arms » à l’intérieur. Une « vraie » offre d’attaque, m’a expliqué un militaire, « Montrer qu’on n’est pas armé dans ce pays est un signe de faiblesse, et donc une proie facile pour les bandits de toutes sortes ».

En 2008, il y a eu 124 attaques contre le personnel humanitaire et sur les personnes déplacées et des réfugiés, y compris les détournements de voitures et vols à main armée, selon l’ONU. Les bandits volent argent, voitures et matériel. Quatre travailleurs humanitaires ont été tués, lors de ces attaques, dont le directeur de pays de Save the Children-Royaume-Uni.

(NGV)

La cavalerie en renfort au Tchad

(B2)Non vous ne rêvez, ce sont bien des soldats européens à cheval. Eh oui, en saison des pluies, le bon vieil animal, a bien des vertus, là où les 4 x 4 ne passent pas trop. Les français de la Brigade multinationale centre ont ainsi retrouvé ce moyen de déploiement ancestral, et patrouillent ainsi au sud de Forchana près de la frontière soudanaise.

Je ne crois pas que ce soit vraiment prévu dans le plan d’opération du général Nash au départ ni dans les concepts d’opération militaire de l’UE (il faudra y songer d’ailleurs -:).

Mais, outre son coté tout terrain, la patrouille à cheval a beaucoup d’avantages, selon les militaires : discrétion (pas trop de bruit de moteur), passer un peu partout dans des endroits peu parcourus ordinairement, être au rythme des humains et faciliter donc les contacts avec la population locale… Tous les responsables militaires ou de maintien de l’ordre vous le diront : le cheval inspire tout de suite la sympathie…

(NGV)

(photo : ministère de la Défense FR).