Afrique

Dernières nouvelles de la piraterie (17 février). Le calme dans l’Océan indien, pas en Afrique de l’Ouest…

Le canal de Suez – qui devra être retraversé pour rentrer (ici à l’aller – Crédit : composante marine – ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Le front “piraterie” reste calme dans l’Océan indien. Une explication est météorologique. La saison de la mousson du nord est conduit à une détérioration des conditions de navigation. Mais les coalitions anti-piraterie appellent à la vigilance dans les zones à risque et ne pas relâcher les mesures d’auto-protection. Car des groupes pirates continuent d’opérer dans certaines zones. En revanche, du côté de l’Afrique de l’Ouest, les attaques continuent. Deux navires, l’un français, l’autre britannique ont été attaqués, coup sur coup.

Trois marins de L’Esther C pris en otage dans le golfe de Guinée, la piraterie s’étend à l’ouest de l’Afrique

Des pirates ont fait prisonniers trois marins d’un cargo battant pavillon britannique, Esther C, dans le golfe de Guinée, jeudi (7 février). Deux des marins sont russes, le troisième est roumain selon la BBC. Le cargo naviguait dans le golfe entre Douala (Cameroun), et Malabo (Guinée équatoriale), lorsque les pirates l’ont pris d’assaut. Ils ont dérobé du matériel puis sont repartis avec trois des marins. Le reste de l’équipage, 9 philippins, a pu poursuivre la route. Un pétrolier français, le Gascogne, battant pavillon luxembourgeois, avec 17 membres d’équipage togolais, avait été détourné dimanche (3 février) au large de la Côte d’Ivoire, avant d’être relâché mercredi (6 février).

La Louise-Marie en route sur le retour

Photo de famille de l’équipage du Rayo avant le départ (crédit : ministère espagnol de la Défense)

Lire aussi : Formation des forces des Seychelles par les marins français

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Autoroute de la criminalité en Afrique et cocktail à risques au Sahel (UA)

(Crédits: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) L’Union Africaine doit faire face à d’importants problèmes de sécurité et elle compte pour cela sur ses partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne. C’est le message principal de Ramtane Lamamra, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, aux eurodéputés de la commission Affaires étrangères ce mercredi (30 mai).

Ce diplomate, ancien ambassadeur algérien à l’ONU et médiateur dans de nombreuses crises en Afrique (Mali / Burkina Faso, Libye, Tchad, Libéria…), livre un point de vue intéressant sur les priorités sécuritaires en Afrique. Priorités qui semblent coïncider avec celles de l’UE sur ce continent. Les experts « sécurité » des deux institutions, le COPS pour l’UE et le Comité paix et sécurité pour l’UA, se réunissaient d’ailleurs, mardi 29 mai (pour la cinquième fois depuis la création de l’Union africaine il y a dix ans) afin de mettre en œuvre la coopération inter-régionale.

Une « autoroute de la criminalité » Est-Ouest

Aujourd’hui, si le commissaire Lamamra se félicite de la diminution du nombre de conflits et de victimes par rapport à la décennie précédente, il évoque une évolution vers des conflits qui sont maintenant presque tous « internes ». Les acteurs non-étatiques prennent de plus en plus d’importance : criminalité organisée, terrorisme, piraterie maritime… Tels sont les adversaires désormais. Il évoque sans ambages une « autoroute de la criminalité » qui traverse l’Afrique en large d’Est en Ouest, depuis le Golfe d’Aden vers celui de Guinée. Et c’est le trafic de stupéfiants qui l’inquiète de plus, car il génère ou avive les conflits… quand il ne les finance pas.

Le Sahel : nouveau défi géostratégique et cocktail de difficultés

C’est en quelque sorte le nouveau sujet de « grave préoccupation » pour l’Afrique. Au Sahel, c’est un véritable « cocktail de difficultés » qui rend la situation très compliquée à gérer : problèmes de gouvernance, crise humanitaire, défis environnementaux, terrorisme et mouvements sécessionnistes sont les ingrédients de ce cocktail. Et cela « dépasse le seul Mali ». Dans ce pays, le coup d’Etat est « insensé »* (effectué un mois avant la tenue des élections…). Réalisé sous le prétexte de la mauvaise gestion de la menace sécessionniste du Nord, il a en fait aggravé la situation. D’autant qu’il a enlevé au pays « son arme la plus importante : la légitimité ». Désormais, deux tiers du territoire malien échappent au gouvernement. Les islamistes d’Aqmi sont une menace, tandis que les « préoccupations » des sécessionnistes Touareg sont négociables, tant qu’elles respectent l’intégrité du pays. L’expert de l’Union africaine espère qu’une solution pourra être trouvée le 7 juin prochain, date à laquelle se tiendra une réunion du groupe de soutien et de suivi, qui réunit à la fois les pays africains et les partenaires internationaux.

Fragile amélioration dans les Grands lacs et la Corne de l’Afrique

Parmi les autres priorités sécuritaires, Ramtane Lamamra évoque bien sûr la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs. Ces deux régions restent caractérisées par « une grande fragilité  » malgré des améliorations. En ce qui concerne le Soudan, là aussi la menace est très présente et l’UA appelle à la cessation des violences, au retrait des troupes et à la négociation comme seule voie possible vers une solution à deux Etats co-existants “côte à côte”. Les « soulèvements populaires » (terme préféré par le représentant africain à celui de printemps arabe) offre des perspectives positives dans ce tableau plutôt difficile. « On devrait pouvoir en tirer des enseignements » affirme ainsi l’expert africain.

* Le mot est également utilisé pour la Guinée-Bissau, où le coup d’Etat a eu lieu entre les deux tours de l’élection…

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Et pourquoi pas créer un marché intérieur au Proche-Orient, dit Michel Barnier

(BRUXELLES2) S’exprimant devant le Brussels Europe Press Club, jeudi (24 mai), Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur a considéré que la consolidation de la démocratie dans les pays arabes était un enjeu majeur pour l’Europe.

Leur stabilité, notre stabilité

Aujourd’hui, « le peuple égyptien a les clés de la démocratie entre les mains ». Mais la démocratie « cela prend du temps » explique-t-il. C’est un exercice exigeant. Et « l’Europe ne peut pas se contenter de regarder et d’encourager ». Car « l’instabilité de cette région, c’est aussi notre instabilité. Nous devons donc contribuer à la stabilité de cette région du Proche et Moyen-Orient ». « Ces démocraties seront d’autant plus solides qu’elles auront de la croissance, pourront apporter de l’avenir aux jeunes. Cela vaut aussi pour tous ces pays, mais aussi pour l’Etat palestinien

Un marché intérieur, une gestion de l’eau, une politique agricole

Et de développer une idée, celle de la construction d’un marché intérieur propre au Moyen-Orient ou Proche Orient. « Il faut dans ces pays construire un marché, supprimer des barrières, faciliter les échanges… Le printemps arabe permet çà. » Ce qu’a fait l’Europe peut être un exemple. « Avec d’autres lois, d’autres méthodes car ce sont d’autres traditions. Mais l’important c’est de mettre en commun. Mutualiser, cela ne signifie pas uniformiser. » Et au-delà de la création d’un marché commun au Proche-Orient, on pourrait aussi s’intéresser à d’autres projets d’intérêts communs, « avoir une gestion de l’eau, avoir une politique agricole commune, pourquoi pas. » Il a précisé aussi combien « l’Europe n’a pas de leçons à donner. Mais elle peut apporter une expérience. »

En Afrique aussi

Cette idée d’un marché intérieur pourrait ne pas concerner que les pays du monde arabe ou du Proche-Orient. Elle pourrait aussi trouver application en Afrique explique le commissaire. « J’ai discuté récemment avec les dirigeants de l’Union africaine à Addis-Abeba. L’Afrique est un continent passionnant, difficile, immense. On ne pourra pas faire tout de suite un marché unique pour toute l’Afrique. Mais on peut faire des marchés économiques régionaux : pour l’Afrique du nord, pour l’Afrique de l’est et pour l’Afrique de l’ouest. C’est sans doute dans cette région, avec la CEDEAO, que c’est le plus avancé sans doute. » Là encore, ajoute-t-il « L’Europe doit soutenir ces régimes, doit aider ces pays. il y a une chance pour ces pays pour mettre ensemble ces marchés communs. »

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Hollande : une position gaullienne sur la défense… et quelques fléchettes à Sarkozy

Hollande : une position gaullienne sur la défense… et quelques fléchettes à Sarkozy

Une marseillaise douce et guillerette (enregistrée et non chantée) termine le discours avec la salle debout silencieuse (© NGV / B2)

(BRUXELLES2 à Paris – analyse et décryptage) Evaluer, réfléchir, débattre… l’intervention de François Hollande sur la Défense à Paris était conçu comme moment clé dans l’expression du candidat à la président de la République sur un sujet « trop peu présent dans la campagne jusqu’ici » comme il l’a reconnu lui-même. Le contenu des propositions n’affiche pas vraiment de grandes et nettes différences vis-à-vis de la politique menée jusqu’ici par les gouvernements français (Sarkozy compris). Il se garde bien de critiquer de façon frontale le chef de l’Etat ; mais sur nombre de ses positions (Afrique, Afghanistan, équipements…), il plante quelques banderilles dans la politique du Chef de l’Etat. Il reste cependant flou, voire très flou, sur de nombreux aspects, affichant quelques principes, sans préciser les étapes ni d’objectifs précis, ni encore moins de moyens. L’approximation paraît la norme…

Mais pour les socialistes l’objectif est atteint. « C’est la cohérence du discours qu’il faut regarder » a précisé Jean-Yves Le Drian, conseiller Défense du candidat, à B2. « La réaffirmation de la primauté du politique, un rééquilibrage des pouvoirs du président de la république vers le Premier ministre et un rôle pour l’assemblée nationale », c’est ce que François Lamy voit dans cet exercice qui ressemble à un exercice obligé pour le candidat. Il faut cependant se méfier de ce brouillard savamment entretenu pour éviter de donner prise à des critiques (c’est la campagne surtout) et se concentrer sur les possibles conséquences de certaines de ses propositions. En menant quelques conversations avec divers responsables PS, après le discours de F. Hollande, j’ai pu ainsi en préciser certains aspects qui laissent imaginer une inflexion, sinon radicale, de la politique française, au moins un changement d’état d’esprit : arrêt de l’opération Epervier au Tchad, par exemple ; davantage de poids pour le Parlement ; etc… Décryptage !

La stratégie de Défense

De façon générale, la réforme militaire a été « mal pilotée ». F. Hollande veut une « évaluation des réformes en cours ».

Les valeurs, la France, une “grande et belle nation

Ce discours est, en effet, avant tout un « message solennel à la Nation » en rendant « hommage » à ceux qui sont engagés : les marins dans la lutte anti-piraterie, les aviateurs pour la Libye, les anciens combattants, etc. La défense, pour lui, c’est la « préservation du bien commun » ; F. Hollande entend « redonner place à notre pays, aux valeurs, à la paix », sans « affaiblir la défense de nos intérêts ». La France est une « grande et belle nation, avec une voix originale, un attachement à la démocratie, à la reconnaissance des peuples, à la promotion de la paix.

La stratégie, les menaces, un nouveau Libre blanc

La nouvelle stratégie repose sur une « appréciation claire des menaces ». Le candidat socialiste en voit trois : le Terrorisme, les Catastrophes (Fukushima), la Prolifération.

Pour assurer la rénovation de l’armée, il entend « mener un nouveau Livre blanc rapidement » avec les militaires et les autres parties.

NB : un engagement qui ne coûte rien, puisque ce travail est déjà engagé. Mais sans doute sera-t-il réorienté. Et la révision entreprise plus en profondeur, que celle escomptée par Nicolas Sarkozy.

Un rééquilibrage des fonctions au sein de l’Etat

Si le président de la République reste le chef, Hollande entend rompre avec la pratique de concentration et de décision des pouvoirs par une seule personne et une seule institution. C’est le Premier ministre, qui est par la Constitution « responsable de la défense nationale » et il y a un ministère de la Défense qui doit assurer « la primauté du politique ».

La Défense est un « pilier de la République », mais au « service exclusif de la République ». Le candidat veut faire confiance aux personnels de la défense, grands serviteurs de l’Etat, civils et militaires, leur exigence, leur sens des responsabilités ; il entend aussi que ceux-ci préservent leur « neutralité », pourront pleinement compter sur le président pour un « débat ouvert ».

La révision des opérations extérieures

Toutes les opérations extérieures vont subir un « réexamen », « en lien avec les nations amies ». Il faut en examiner la « légitimité et l’efficacité ». Les opérations extérieures de la France seront toujours « placées sous un mandat des Nations-Unies ». Il définit le rôle d’une opération extérieur des armées ainsi : « prévenir la guerre et maintenir la paix, par le droit, par la coopération, et quand c’est nécessaire par l’action ». NB : en examinant de près les autres décisions, on peut ainsi voir que l’opération Epervier au Tchad pourrait voir ses jours compter, tout comme certains postes en Afrique ou dans le Golfe persique.

Un rôle accru pour le Parlement

Il faut impliquer davantage Parlement sur les opérations extérieures (les Opex) qui devra conduire une évaluation « globale des engagements » régulièrement (NB : a priori chaque année) ainsi qu’un débat sur chaque opération pour déterminer si elle est conforme aux objectifs ou s’il faut l’arrêter.

NB : on peut voir dans cette décision ni plus ni moins la traduction de l’existant. Mais selon un responsable au parti socialiste, l’objectif est de donner plus de poids au Parlement avec, d’une part, un examen global de toutes les missions, et, d’autre part, par mission, de ne pas faire un examen au bout de 4 mois, et c’est tout, mais plus rapidement, et au besoin plus souvent. Traduction : cela aurait éviter ainsi de laisser perdurer une mission en Afghanistan dont tout le monde a perdu depuis longtemps les objectifs en même temps que les repères.

Refonder le partenariat avec l’Afrique, travailler avec l’Union africaine

L’Afrique c’est « un continent plein de puissance, économique, plein de gisements, économiques et humains. C’est là se joue l’avenir du monde » pour François Hollande qui entend rétablir une « coopération débarrassée des formes anciennes, héritées de la période post-coloniale (…) et changer certaines relations ». Plus précisément, il veut « refonder la politique de coopération de défense avec l’Afrique », notamment veut mettre en oeuvre un partenariat global avec l’Union africaine, qui s’est affirmé comme un acteur majeur de maintien de la paix, en veillant à associer les Européens ».

NB : C’est en quelque sorte le redémarrage de l’opération Amani Africa, qui a un peu sombré depuis qu’elle est passée dans les mains européennes. N’aurait-il pas été plus simple de citer cette coopération ?

Afghanistan : le retrait est confirmé avant 2012

En Afghanistan, « la situation est grave et confuse ». Rendant hommage aux 82 soldats morts et aux blessés, il affirme : « Nous ne les abandonnerons pas, nous ne l’oublierons pas ». Mais il réitère son engagement : « le retrait des troupes combattantes d’ici la fin 2012 ». C’est la conclusion logique de la fin des opérations.

NB : on a beaucoup glosé sur l’impossibilité technique d’opérer un retrait aussi rapide. Il s’agit du retrait des troupes combattantes, au contact. Et non de toutes les troupes. Devront donc rester sur place, nombre de soldats chargés de démonter les bases, du soutien médical ou logistique le cas échéant, et de la protection de ces soldats. Ce qui devrait prendre encore quelques long mois. Et on arrive ainsi pas loin de l’objectif de 2013 qui semble désormais tenir la corde coté UMP.
L’armée de demain

Le personnel militaire mieux considéré

Il est « temps de reconnaître les militaires qu’ils sont des citoyens à part entière » souligne-t-il s’engageant à « améliorer la représentation professionnelle des militaires » tout comme leur « participation à la vie citoyenne ». Nb : le mot syndicats n’est en aucun cas prononcé, contrairement à 1981.

Hollande exprime son attachement au statut des militaires « n’acceptera plus que le versement des soldes des militaires arrivent en retard. C’est inacceptable » annonce-t-il, désignant du doigt un coupable « le logiciel ». Il souhaite aussi engager une « réflexion » sur la « judiciarisation des opérations ».

Le lien Armée nation

Il faut aussi renforcer la cohésion entre nation et armée, notamment en « recentrant » la journée défense et citoyenneté (l’ancienne JAPD), en « l’allongeant au besoin ».

Baisse du budget de la défense limitée à la baisse générale du budget

L’effort de la défense sera en fait indexé sur l’effort général, ni plus ni moins. Le candidat a tenu à rassurer les militaires qui avaient peur de coupes drastiques. « La défense n’aura pas à subir plus d’économies que l’effort général de l’Etat ». Mais il y aura certainement des réorientations. Il y a des « choix à faire » (voir ci-dessous). Quant aux réductions budgétaires, s’il y en a elles devront être « transparentes » et non pas comme aujourd’hui par différents artifices ou en retardant certains équipements. NB : Commentaire d’un spécialiste du sujet au PS : “on verra, mais il n’est pas sûr que cette promesse soit tenue”.

DGA, renseignement et drones

Pour cette armée de demain, F. Hollande veut mettre l’accent sur renseignement (un terme qui revient à nombre de reprises dans la bouche du candidat) tout comme le cyber, et « renforcer la délégation générale aux armements » (DGA).

Quelques priorités sont dictés en matière d’équipements : le domaine spatial, la protection des unités combattantes, comme le commandement et la logistique en opération, les drones « trop longtemps négligés ».

Pas touche à la dissuasion nucléaire

Le candidat n’entend rien abandonner des outils de puissance de la France, à commencer par l’arme de dissuasion nucléaire – « la sentinelle de notre nation » – Aucun des moyens, air comme mer, ne sera supprimé. De même, il entend défendre le siège au conseil de sécurité

Rénover l’industrie de défense

Les jours de Dassault sont comptés ?

C’est sur l’industrie de la Défense que les objectifs du candidat semblent le plus contradictoires.  L’industrie de la défense a trop longtemps été soumise à des intérêts qui n’étaient pas automatiquement ceux de la république, il « ne faut pas se soumettre aux groupes privés ». Il ne dit pas qui il vise, mais chacun peut penser en premier lieu à Dassault. Et il affirme la volonté d’avoir « une seule autorité de contrôle, notamment sur les intermédiaires et les destinataires finaux ».

Batir de grands groupes : avec qui ?

Il affirme aussi vouloir « une industrie de la défense forte », bâtir de « grands groupes d’industrie de défense », qui assurent la « garantie de l’indépendance et de l’emploi ». Et le faire « au niveau européen ». Après tout, l’industrie de la défense est sans doute une des « moins délocalisables » précise-t-il.

NB : Un peu complexe : bâtir au niveau européen signifie contrôler au niveau européen, passer des alliances avec certains pays. Mais qui : Britanniques ou/et Allemands. Or, cela peut être parfois contradictoire avec l’indépendance. D’autant que les Allemands sont assez échaudés – à tort ou à raison – par la politique française menée depuis plusieurs années. L’Allemagne, réunifiée, forte, n’en peut plus d’être traitée comme un petit enfant qu’on embarque dans des projets soit-disant “européens” mais où, finalement, la France veut se réserver la primeur ou le dernier mot. Ce modus vivendi est terminé à Berlin, que ce soit coté SPD ou CDU. Et il est impératif – semble-t-il – pour en avoir discuté avec des experts du dossier que les socialistes en prennent conscience. Sinon ils se risquent de se prendre un “Nein” à tous leurs désirs de collaboration.
Otan et Europe de la Défense

2014 : les cent ans de la 1ère guerre mondiale

Le candidat socialiste veut « un grand évènement commémoratif » en 2014, cent ans après la première guerre mondiale pour « toutes les nations engagées » dans ce conflit.

NB : on ne sait pas quand aura lieu cette commémoration. Mais il faut bien voir que cette commémoration ne saura pas éviter quelques dates clés : entre le 28 juin, jour de l’attentat de Sarajevo, ce serait le plus logique et le 1er septembre date de l’entrée en guerre de la France, il y a toute une palette de décisions variant selon les pays (le 23 juillet, date de l’ultimatum de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 24 juillet jour de la mobilisation russe, le 25 celle de la Serbie, le 28 juillet jour de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 29 ou 30 juillet date de la mobilisation russe). Choisir une date unique serait certainement une erreur.

Faire le bilan de l’OTAN et l’Europe de la défense

La France n’a retiré aucun avantage de la réintégration de l’OTAN. Il veut donc une “évaluation” des avantages obtenus, obtenir de véritables garanties de l’indépendance de la France (ce qui pourrait signifier qu’on ne réintégrera pas la dissuasion nucléaire). Et il faut s’interroger sur la « raison d’être » de l’organisation.

NB : Après l’opération en Afghanistan, effectivement, que va faire l’OTAN ? Bonne question

Revivifier l’Europe de la Défense

F. Hollande entend « revivifier Europe de la Défense », avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, la Belgique, l’Italie… et la Pologne. Il veut « reprendre les travaux engagés sur les stratégie et les capacités ».

Commentaire : Une certaine ignorance ou une certaine naïveté

Comment, selon quel calendrier, sur quels objectifs… On ne le sait pas ? On ne peut quand même qu’être inquiet sur le niveau incantatoire de certaines propositions notamment au plan européen. Réaffirmer la force française, sa volonté de contrôle sur l’industrie, ses décisions auxquelles seront associées les Européens, ce n’est pas tout à fait la méthode communautaire. Les Européens semblent être, ici, les laquais de propositions françaises, une fois de plus. Autant dire qu’il va falloir ramer ensuite pour convaincre nos alliés de la justesse des positions… Cette inquiétude est confortée par une espèce de tropisme atlantique qui ressemble à la voie sarkosienne. Ainsi le conseiller Défense du candidat, JY Le Drian, est allé à Washington mais pas ailleurs. « C’est le plus important » nous a-t-il confié. Ainsi pas de rencontre à haut niveau en Allemagne, Espagne ou Italie. Un peu gênant non quand on veut bâtir une politique européenne ou refonder celle de l’OTAN. Non ?…

Ecoutez l’intervention sur Dailymotion

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