Afghanistan

Dangereuses coupes salariales dans l’armée britannique. Une opinion publique qui bascule

Le Premier ministre sur l'Ark Royal en 2010 (crédit : Gregg Macready / UK Royal Navy)

(B2) Un rapport officiel britannique se montre critique sur les coupes salariales dans l’armée. Ce rapport a été publié par le «Armed Forces Pay Review Body » (AFPRB), office chargé de procurer des conseils indépendants au Premier Ministre et au Ministre de la Défense sur les salaires des soldats britanniques.

Des coupes dans les salaires réels des soldats

Les Britanniques ont en effet annoncé en novembre dernier un gel partiel des salaires de ses soldats pour la prochaine période budgétaire (2012-2013). Plus précisément, il s’agit de limiter l’augmentation des salaires à 1%, suivant en cela le mouvement général de gel des salaires du secteur public. Mais en termes nets, cela représente une baisse des salaires réels, compte tenu de l’inflation, comme l’explique l’AFPRB : « une grande partie du personnel va subir une réduction notable dans leur salaire réel ».

Des mesures dangereuses pour le moral des troupes

Le rapport affirme que ces mesures sont dangereuses car elles « risquent de porter atteinte au moral et à la motivation » des troupes. Une telle coupe avait déjà été décidée auparavant pour les salaires supérieurs à 21 000 £. Mais, cette fois, elle s’appliquera à tout le personnel des forces armées, y compris les soldats de première ligne et les plus bas salaires. A l’argument des pouvoirs publics selon lequel tout le monde doit participer à l’effort budgétaire, le rapport répond qu’une « considération spéciale » doit être apportée aux forces armées étant donné les risques qu’elles encourent.

Et une opinion publique qui bascule dans son opposition à la guerre en Afghanistan

Ces coupes interviennent dans un contexte difficile, au moment où la participation anglaise en Afghanistan est remise en question dans l’opinion publique outre-Manche. La mort de six soldats dans une explosion la semaine dernière, mardi 6 mars, a provoqué de vives réactions outre-Manche. Pour la première fois, un sondage réalisé pour ITN News, révèle qu’une majorité de Britanniques (55%) pense qu’il faut « se retirer immédiatement » d’Afghanistan tandis que 25% sont en désaccord. 73% pensent que la guerre ne pourra pas être gagnée (contre 60% en juin dernier).

Si le Ministre de la Defense, Philip Hammond, déclare que le moral des troupes reste « extrêmement fort », le Premier Ministre David Cameron a bien dû reconnaître que les gens voulaient savoir que « les troupes allaient rentrer à la maison ».  Il s’exprimait ainsi hier mardi 13 mars alors qu’il se préparait à rendre visite Barrack Obama pour discuter du retrait d’Afghanistan. Les Etats-Unis subissent aussi une pression de la part de l’opinion publique pour le retrait des troupes, notamment après le massacre dimanche dernier, 11 mars, de 16 civils afghans par un sous-officier américain. D’ailleurs, le budget américain pour 2012 prévoit une augmentation de… 1,6% des salaires de l’US Army. Une hausse certes plus forte que l’année dernière (d’autant que de nombreuses voix s’élevaient pour un gel des salaires au niveau de 2011) mais qui reste la seconde plus basse depuis 1962.

Rapport : dans les Docs de B2

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L’Otan en pourparlers avec les Russes pour augmenter les capacités de transit

Un antonov 124 utilisé en Afghanistan (crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

(B2) La base d’Oulianovsk, près de la Volga, va devenir un “hub” pour acheminer le matériel des forces de l’OTAN de retour d’Afghanistan. Moscou est en pourparlers avec l’Alliance pour un nouvel accord de transit, selon Kommersant citant des sources du ministère de la Défense.

L’accord permettra à la Russie d’obtenir une indemnisation pour augmenter les capacités de l’aéroport russe. Un véritable pont aérien va se mettre en place pour rapatrier tous les matériels des différentes armées engagées en Afghanistan. Les marchandises seront d’abord acheminées par avion jusqu’à Oulianovsk avant de repartir par train vers l’Europe.

Oulianovsk est connu des industriels pour abriter Aviastar, qui fabrique le mastodonte du transport, l’Antonov 124 dit “Rousslan”. L’aéroport servait déjà à acheminer environ la moitié des fournitures et équipements (non léthaux officiellement) de l’ISAF vers l’Afghanistan. Il s’agit maintenant de faire face aux besoins des troupes sur place alors que la route par le Pakistan devient difficile (parfois bloquée) et également d’accélérer le rapatriement des matériels.

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Coran brûlé, crime de guerre… l’armée US plombe la mission de l’ISAF (Maj)

(crédit : US Army)

(BRUXELLES2) Il y avait eu l’affaire du Coran brûlé, un fait “non intentionnel”. Il y a aujourd’hui la tragédie de la mort de plusieurs civils (femmes, enfants compris *) tués par un soldat américain en mission dans la province de Kandahar. Ce qui ressemble d’un coté à une petite erreur de subalternes (c’est ce qu’on laisse à penser) et à un “pétage de plombs” d’un soldat en mission peut aussi conduire à s’interroger sur le bien-fondé aujourd’hui de la présence en Afghanistan.

Il y a comme un problème… si des soldats de la coalition en arrivent à commettre ce que l’on peut considérer comme un crime de guerre et une infraction aux conventions de Genève. On ne peut aussi qu’être sidéré devant une certaine légèreté du commandement américain et de l’OTAN qui, certes, se confondent en excuses mais … c’est tout. Or cette mission internationale est en Afghanistan depuis 10 ans pour stabiliser le pays, ramener l’Etat de droit et faire respecter certaines valeurs, humanistes. Nous sommes là à l’inverse de tous ces principes.

Incorrigible légèreté

On peut ainsi s’interroger sur une certaine légèreté avec lequel l’incident du Coran a été pris coté américain et OTAN. Le coté “non intentionnel” est tout aussi révélateur que s’il avait été intentionnel. Comment, au bout de dix ans d’engagement, des soldats US n’ont pas été clairement informés qu’il y a certains symboles qu’on ne touche pas ? Ils le savent pour le drapeau de la nation qu’ils révèrent (à juste titre), pourquoi pas les autres symboles des pays où ils se trouvent ? On confine là à l’imbécilité profonde (il n’y a pas d’autre mot !), à un sentiment de supériorité suranné mais aussi et surtout à l’absence de rigueur et de discipline.

Cela laisse planer plus qu’un doute à la fois sur les consignes données aux soldats, la chaîne de commandement et l’état d’esprit qui règne dans les bases Us en Afghanistan. Quant à l’acte criminel du soldat, il a été pris au sérieux à Washington. « “I was shocked and saddened to hear of the shooting incident today in Kandahar Province. I offer my profound regret and deepest condolences to the victims and their families. I pledge to all the noble people of Afghanistan my commitment to a rapid and thorough investigation. » précise ainsi rapidement le général Allen, commandant l’ISAF (l’opération de l’Otan en Afghanistan). « Nous allons mener une enquête minutieuse, cette personne devra rendre des comptes », détaille-t-il sur CNN. Mais il ne peut s’empêcher d’ajouter. « Et nous passerons à autre chose. Notre relation (avec les Afghans) est trop profonde, dure depuis trop longtemps, nous avons tous déjà trop sacrifié pour permettre que ce seul incident la mette à bas »…

Un peu juste à mon goût. On peut effectivement toujours se retrancher sur des cas “isolés”. Mais justement, ce qui vient de se produire à deux reprises laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Mais d’un problème récurrent. En cela, ces évènements s’apparentent ne sont pas juste un “petit” fait divers mais ont une résonance plus importante.

Une erreur stratégique

On ne change rien ?

Lors de son point mensuel, le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen avait affirmé « ne pas vouloir changer la stratégie » de l’Alliance dans le pays… Au train où vont les choses, si les Alliés ne changent pas de comportement, de tactique, l’infaillibilité de la stratégie risque de se réduire comme peau de chagrin, et les retraits anticipés s’accélérer. Il va devenir intolérable dans certains pays, qui ont toujours affirmé que l’Afghanistan était une “mission de paix” de continuer d’afficher cette fiction ; il va être difficile dans d’autres, soumis à un contrôle parlementaire, de ne pas conduire à une interrogation profonde : Que fait-on en Afghanistan ? Quel objectif, quels moyens, quelle sortie ?

Un allié qui en fait à sa guise

Par leurs actes, les militaires US plombent la mission de l’ISAF. Mais ce n’est pas un fait nouveau. On retombe ici, dans une des ornières de cette opération afghane qui voit un des alliés en faire à sa guise, sans concertation aucune avec ni ses alliés ni avec les Nations-Unies, notamment en menant des raids aériens (drones) à sa guise que ce soit en Afghanistan ou au Pakistan (Etat voisin, qui n’est normalement pas concerné par l’opération de l’ISAF). Il y a là un manque de coopération flagrant, contradictoire avec l’exigence de solidarité réclamée à tous les alliés de l’OTAN et rappelée régulièrement par les Américains, notamment pour les enjoindre de “partager le fardeau” et de maintenir leur engagement.

Le calcul des faucons

Certes, certains “faucons” peuvent escompter une radicalisation supplémentaire de la société afghane, une multiplication des attentats terroristes permettant de justifier un maintien des troupes au-delà des termes indiqués. Je ne crois pas à théorie, non pas que certains n’y aient pas songé, mais son aboutissement me semble illusoire. La période de restrictions budgétaires qui court partout, y compris aux Etats-Unis, est un facteur trop prégnant pour les chefs de défense des pays membres de l’OTAN pour permettre une inversion du dispositif aujourd’hui.

Un soldat qui échappe à la juridiction afghane, pourquoi ?

Le privilège de juridiction : courant

Le soldat sera jugé aux Etats-Unis conformément aux accords signés par les Américains. Il faut bien examiner que ces accords ne sont pas spécifiques aux Etats-Unis. Dans quasiment toutes les missions internationales, les pays prennent bien soin de signer un accord avec le pays hôte spécifiant que toute incident impliquant un de leurs membres relèvera de leurs juridictions nationales. C’est le cas ainsi des Français, Belges, Allemands … engagés en Afghanistan. C’est le cas aussi dans toutes les missions européennes – où préalablement à tout déclenchement d’opération un accord SOFA (s’il s’agit d’une mission militaire, l’accord porte le statut des Forces) ou SOMA (s’il s’agit d’une mission civile, l’accord porte sur le statut de la Mission) est agréé au nom de l’Union européenne pour tous les Etats participants.

… étonnant en cas de crime de guerre

Cependant on peut s’interroger sur ce privilège de juridiction en cas de crime de guerre. Il semble en l’état du droit international incompatible avec l’esprit des conventions de Genève de laisser l’acte impuni. Et la Convention se doit de l’emporter sur les autres actes internationaux, sauf à réduire à néant son impact. Il s’agit là d’une question tout autant de principe que de faits. On ne peut donc faire exception à ce droit international qui a valeur générale. Avec une complication supplémentaire coté américain.

… mais pas illégal

Ce qui est interdit par les Conventions de Genève, ce sont les faits et leur impunité. Les conventions de Genève laissent le soin aux autorités belligérantes à la fois de fixer les peines et d’examiner quel tribunal aura la charge de condamner l’auteur des faits. De fait, le jugement par un tribunal américain d’un soldat auteur des faits n’est donc pas illégal. Reste à savoir que tous les auteurs des faits – y compris ses complices – soient jugés. En l’espèce, on peut s’interroger car certains rapports du terrain, relayés par les agences de presse, montre que le soldat en cause n’était pas tout seul.

… compliquée par la spécificité américaine

Les Etats-Unis n’ont pas signé le protocole II de la Convention de Genève sur la protection des civils en cas de conflit non international, tandis que l’Afghanistan l’a signé. Une non-signature très intentionnelle. Les Américains ont toujours redouté de voir un de leurs militaires jugés pour un des actes semblables à celui qui vient de se produire en Afghanistan. En l’espèce, on pourrait ainsi discuter de l’application de ce protocole à ces faits : ce qui compte alors – pour l’application du protocole – est « la nationalité de l’auteur des faits », m’a précisé un juriste expert du droit international humanitaire. Dans tous les cas, l’article 3 de la convention de Genève (répété dans toutes les conventions) prescrit la protection des personnes « ne participant pas aux combats ». (**)

(*) Le militaire – qui faisait partie des forces de soutien aux forces spéciales (Navy SEAL) – est entré dans trois maisons, en a tué les occupants, au total 9 enfants et 3 femmes, avant d’en brûler les corps, selon les témoignages recueillis sur place par les agences.

(**) Article 3 Convention de Genève – En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère  international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes  Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenue d’appliquer au moins les dispositions suivantes:
  1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les  personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure,  détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère  défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance,  le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.
  A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu,  à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus:
  a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle,  notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les  traitements cruels, tortures et supplices;
  b) les prises d’otages;
  c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements  humiliants et dégradants;
  d) les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un  jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés. Voir : le texte complet de la 1ère convention de Genève

(Maj) précisions sur la notion de crime de guerre et l’impunité

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Hollande : une position gaullienne sur la défense… et quelques fléchettes à Sarkozy

Hollande : une position gaullienne sur la défense… et quelques fléchettes à Sarkozy

Une marseillaise douce et guillerette (enregistrée et non chantée) termine le discours avec la salle debout silencieuse (© NGV / B2)

(BRUXELLES2 à Paris – analyse et décryptage) Evaluer, réfléchir, débattre… l’intervention de François Hollande sur la Défense à Paris était conçu comme moment clé dans l’expression du candidat à la président de la République sur un sujet « trop peu présent dans la campagne jusqu’ici » comme il l’a reconnu lui-même. Le contenu des propositions n’affiche pas vraiment de grandes et nettes différences vis-à-vis de la politique menée jusqu’ici par les gouvernements français (Sarkozy compris). Il se garde bien de critiquer de façon frontale le chef de l’Etat ; mais sur nombre de ses positions (Afrique, Afghanistan, équipements…), il plante quelques banderilles dans la politique du Chef de l’Etat. Il reste cependant flou, voire très flou, sur de nombreux aspects, affichant quelques principes, sans préciser les étapes ni d’objectifs précis, ni encore moins de moyens. L’approximation paraît la norme…

Mais pour les socialistes l’objectif est atteint. « C’est la cohérence du discours qu’il faut regarder » a précisé Jean-Yves Le Drian, conseiller Défense du candidat, à B2. « La réaffirmation de la primauté du politique, un rééquilibrage des pouvoirs du président de la république vers le Premier ministre et un rôle pour l’assemblée nationale », c’est ce que François Lamy voit dans cet exercice qui ressemble à un exercice obligé pour le candidat. Il faut cependant se méfier de ce brouillard savamment entretenu pour éviter de donner prise à des critiques (c’est la campagne surtout) et se concentrer sur les possibles conséquences de certaines de ses propositions. En menant quelques conversations avec divers responsables PS, après le discours de F. Hollande, j’ai pu ainsi en préciser certains aspects qui laissent imaginer une inflexion, sinon radicale, de la politique française, au moins un changement d’état d’esprit : arrêt de l’opération Epervier au Tchad, par exemple ; davantage de poids pour le Parlement ; etc… Décryptage !

La stratégie de Défense

De façon générale, la réforme militaire a été « mal pilotée ». F. Hollande veut une « évaluation des réformes en cours ».

Les valeurs, la France, une “grande et belle nation

Ce discours est, en effet, avant tout un « message solennel à la Nation » en rendant « hommage » à ceux qui sont engagés : les marins dans la lutte anti-piraterie, les aviateurs pour la Libye, les anciens combattants, etc. La défense, pour lui, c’est la « préservation du bien commun » ; F. Hollande entend « redonner place à notre pays, aux valeurs, à la paix », sans « affaiblir la défense de nos intérêts ». La France est une « grande et belle nation, avec une voix originale, un attachement à la démocratie, à la reconnaissance des peuples, à la promotion de la paix.

La stratégie, les menaces, un nouveau Libre blanc

La nouvelle stratégie repose sur une « appréciation claire des menaces ». Le candidat socialiste en voit trois : le Terrorisme, les Catastrophes (Fukushima), la Prolifération.

Pour assurer la rénovation de l’armée, il entend « mener un nouveau Livre blanc rapidement » avec les militaires et les autres parties.

NB : un engagement qui ne coûte rien, puisque ce travail est déjà engagé. Mais sans doute sera-t-il réorienté. Et la révision entreprise plus en profondeur, que celle escomptée par Nicolas Sarkozy.

Un rééquilibrage des fonctions au sein de l’Etat

Si le président de la République reste le chef, Hollande entend rompre avec la pratique de concentration et de décision des pouvoirs par une seule personne et une seule institution. C’est le Premier ministre, qui est par la Constitution « responsable de la défense nationale » et il y a un ministère de la Défense qui doit assurer « la primauté du politique ».

La Défense est un « pilier de la République », mais au « service exclusif de la République ». Le candidat veut faire confiance aux personnels de la défense, grands serviteurs de l’Etat, civils et militaires, leur exigence, leur sens des responsabilités ; il entend aussi que ceux-ci préservent leur « neutralité », pourront pleinement compter sur le président pour un « débat ouvert ».

La révision des opérations extérieures

Toutes les opérations extérieures vont subir un « réexamen », « en lien avec les nations amies ». Il faut en examiner la « légitimité et l’efficacité ». Les opérations extérieures de la France seront toujours « placées sous un mandat des Nations-Unies ». Il définit le rôle d’une opération extérieur des armées ainsi : « prévenir la guerre et maintenir la paix, par le droit, par la coopération, et quand c’est nécessaire par l’action ». NB : en examinant de près les autres décisions, on peut ainsi voir que l’opération Epervier au Tchad pourrait voir ses jours compter, tout comme certains postes en Afrique ou dans le Golfe persique.

Un rôle accru pour le Parlement

Il faut impliquer davantage Parlement sur les opérations extérieures (les Opex) qui devra conduire une évaluation « globale des engagements » régulièrement (NB : a priori chaque année) ainsi qu’un débat sur chaque opération pour déterminer si elle est conforme aux objectifs ou s’il faut l’arrêter.

NB : on peut voir dans cette décision ni plus ni moins la traduction de l’existant. Mais selon un responsable au parti socialiste, l’objectif est de donner plus de poids au Parlement avec, d’une part, un examen global de toutes les missions, et, d’autre part, par mission, de ne pas faire un examen au bout de 4 mois, et c’est tout, mais plus rapidement, et au besoin plus souvent. Traduction : cela aurait éviter ainsi de laisser perdurer une mission en Afghanistan dont tout le monde a perdu depuis longtemps les objectifs en même temps que les repères.

Refonder le partenariat avec l’Afrique, travailler avec l’Union africaine

L’Afrique c’est « un continent plein de puissance, économique, plein de gisements, économiques et humains. C’est là se joue l’avenir du monde » pour François Hollande qui entend rétablir une « coopération débarrassée des formes anciennes, héritées de la période post-coloniale (…) et changer certaines relations ». Plus précisément, il veut « refonder la politique de coopération de défense avec l’Afrique », notamment veut mettre en oeuvre un partenariat global avec l’Union africaine, qui s’est affirmé comme un acteur majeur de maintien de la paix, en veillant à associer les Européens ».

NB : C’est en quelque sorte le redémarrage de l’opération Amani Africa, qui a un peu sombré depuis qu’elle est passée dans les mains européennes. N’aurait-il pas été plus simple de citer cette coopération ?

Afghanistan : le retrait est confirmé avant 2012

En Afghanistan, « la situation est grave et confuse ». Rendant hommage aux 82 soldats morts et aux blessés, il affirme : « Nous ne les abandonnerons pas, nous ne l’oublierons pas ». Mais il réitère son engagement : « le retrait des troupes combattantes d’ici la fin 2012 ». C’est la conclusion logique de la fin des opérations.

NB : on a beaucoup glosé sur l’impossibilité technique d’opérer un retrait aussi rapide. Il s’agit du retrait des troupes combattantes, au contact. Et non de toutes les troupes. Devront donc rester sur place, nombre de soldats chargés de démonter les bases, du soutien médical ou logistique le cas échéant, et de la protection de ces soldats. Ce qui devrait prendre encore quelques long mois. Et on arrive ainsi pas loin de l’objectif de 2013 qui semble désormais tenir la corde coté UMP.
L’armée de demain

Le personnel militaire mieux considéré

Il est « temps de reconnaître les militaires qu’ils sont des citoyens à part entière » souligne-t-il s’engageant à « améliorer la représentation professionnelle des militaires » tout comme leur « participation à la vie citoyenne ». Nb : le mot syndicats n’est en aucun cas prononcé, contrairement à 1981.

Hollande exprime son attachement au statut des militaires « n’acceptera plus que le versement des soldes des militaires arrivent en retard. C’est inacceptable » annonce-t-il, désignant du doigt un coupable « le logiciel ». Il souhaite aussi engager une « réflexion » sur la « judiciarisation des opérations ».

Le lien Armée nation

Il faut aussi renforcer la cohésion entre nation et armée, notamment en « recentrant » la journée défense et citoyenneté (l’ancienne JAPD), en « l’allongeant au besoin ».

Baisse du budget de la défense limitée à la baisse générale du budget

L’effort de la défense sera en fait indexé sur l’effort général, ni plus ni moins. Le candidat a tenu à rassurer les militaires qui avaient peur de coupes drastiques. « La défense n’aura pas à subir plus d’économies que l’effort général de l’Etat ». Mais il y aura certainement des réorientations. Il y a des « choix à faire » (voir ci-dessous). Quant aux réductions budgétaires, s’il y en a elles devront être « transparentes » et non pas comme aujourd’hui par différents artifices ou en retardant certains équipements. NB : Commentaire d’un spécialiste du sujet au PS : “on verra, mais il n’est pas sûr que cette promesse soit tenue”.

DGA, renseignement et drones

Pour cette armée de demain, F. Hollande veut mettre l’accent sur renseignement (un terme qui revient à nombre de reprises dans la bouche du candidat) tout comme le cyber, et « renforcer la délégation générale aux armements » (DGA).

Quelques priorités sont dictés en matière d’équipements : le domaine spatial, la protection des unités combattantes, comme le commandement et la logistique en opération, les drones « trop longtemps négligés ».

Pas touche à la dissuasion nucléaire

Le candidat n’entend rien abandonner des outils de puissance de la France, à commencer par l’arme de dissuasion nucléaire – « la sentinelle de notre nation » – Aucun des moyens, air comme mer, ne sera supprimé. De même, il entend défendre le siège au conseil de sécurité

Rénover l’industrie de défense

Les jours de Dassault sont comptés ?

C’est sur l’industrie de la Défense que les objectifs du candidat semblent le plus contradictoires.  L’industrie de la défense a trop longtemps été soumise à des intérêts qui n’étaient pas automatiquement ceux de la république, il « ne faut pas se soumettre aux groupes privés ». Il ne dit pas qui il vise, mais chacun peut penser en premier lieu à Dassault. Et il affirme la volonté d’avoir « une seule autorité de contrôle, notamment sur les intermédiaires et les destinataires finaux ».

Batir de grands groupes : avec qui ?

Il affirme aussi vouloir « une industrie de la défense forte », bâtir de « grands groupes d’industrie de défense », qui assurent la « garantie de l’indépendance et de l’emploi ». Et le faire « au niveau européen ». Après tout, l’industrie de la défense est sans doute une des « moins délocalisables » précise-t-il.

NB : Un peu complexe : bâtir au niveau européen signifie contrôler au niveau européen, passer des alliances avec certains pays. Mais qui : Britanniques ou/et Allemands. Or, cela peut être parfois contradictoire avec l’indépendance. D’autant que les Allemands sont assez échaudés – à tort ou à raison – par la politique française menée depuis plusieurs années. L’Allemagne, réunifiée, forte, n’en peut plus d’être traitée comme un petit enfant qu’on embarque dans des projets soit-disant “européens” mais où, finalement, la France veut se réserver la primeur ou le dernier mot. Ce modus vivendi est terminé à Berlin, que ce soit coté SPD ou CDU. Et il est impératif – semble-t-il – pour en avoir discuté avec des experts du dossier que les socialistes en prennent conscience. Sinon ils se risquent de se prendre un “Nein” à tous leurs désirs de collaboration.
Otan et Europe de la Défense

2014 : les cent ans de la 1ère guerre mondiale

Le candidat socialiste veut « un grand évènement commémoratif » en 2014, cent ans après la première guerre mondiale pour « toutes les nations engagées » dans ce conflit.

NB : on ne sait pas quand aura lieu cette commémoration. Mais il faut bien voir que cette commémoration ne saura pas éviter quelques dates clés : entre le 28 juin, jour de l’attentat de Sarajevo, ce serait le plus logique et le 1er septembre date de l’entrée en guerre de la France, il y a toute une palette de décisions variant selon les pays (le 23 juillet, date de l’ultimatum de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 24 juillet jour de la mobilisation russe, le 25 celle de la Serbie, le 28 juillet jour de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 29 ou 30 juillet date de la mobilisation russe). Choisir une date unique serait certainement une erreur.

Faire le bilan de l’OTAN et l’Europe de la défense

La France n’a retiré aucun avantage de la réintégration de l’OTAN. Il veut donc une “évaluation” des avantages obtenus, obtenir de véritables garanties de l’indépendance de la France (ce qui pourrait signifier qu’on ne réintégrera pas la dissuasion nucléaire). Et il faut s’interroger sur la « raison d’être » de l’organisation.

NB : Après l’opération en Afghanistan, effectivement, que va faire l’OTAN ? Bonne question

Revivifier l’Europe de la Défense

F. Hollande entend « revivifier Europe de la Défense », avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, la Belgique, l’Italie… et la Pologne. Il veut « reprendre les travaux engagés sur les stratégie et les capacités ».

Commentaire : Une certaine ignorance ou une certaine naïveté

Comment, selon quel calendrier, sur quels objectifs… On ne le sait pas ? On ne peut quand même qu’être inquiet sur le niveau incantatoire de certaines propositions notamment au plan européen. Réaffirmer la force française, sa volonté de contrôle sur l’industrie, ses décisions auxquelles seront associées les Européens, ce n’est pas tout à fait la méthode communautaire. Les Européens semblent être, ici, les laquais de propositions françaises, une fois de plus. Autant dire qu’il va falloir ramer ensuite pour convaincre nos alliés de la justesse des positions… Cette inquiétude est confortée par une espèce de tropisme atlantique qui ressemble à la voie sarkosienne. Ainsi le conseiller Défense du candidat, JY Le Drian, est allé à Washington mais pas ailleurs. « C’est le plus important » nous a-t-il confié. Ainsi pas de rencontre à haut niveau en Allemagne, Espagne ou Italie. Un peu gênant non quand on veut bâtir une politique européenne ou refonder celle de l’OTAN. Non ?…

Ecoutez l’intervention sur Dailymotion

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Les Polonais prolongent en Afghanistan

(crédit : ministère polonais de la Défense)

(B2) Le gouvernement polonais en a décidé ainsi. Il souhaite prolonger la mission du contingent militaire polonais en Afghanistan et a adressé la demande formelle au président. L’engagement actuel se terminait le 13 avril, l’objectif est de la prolonger jusqu’au 13 octobre. Le contingent aura une taille sensiblement équivalente, avec un maximum de 2500 soldats, et une réserve disponible en Pologne de 200 personnels, mobilisables si nécessaire, selon l’agence polonaise PAP qui donne l’information. Coût de l’engagement supplémentaire : 503 millions de zlotys (environ 123 millions d’euros).

Le contingent polonais est basé dans la province de Ghazni, avec notamment la protection de la route Kaboul-Kandahar et Ghazni. A l’automne, le ministère polonais de la Défense devrait décider la réduction du contingent, suivant en cela le mouvement général déclenché par les Américains de retrait des forces d’Afghanistan, qui doit être achevé d’ici à 2014. Les forces de combat devraient progressivement diminuer jusqu’à ne compter qu’environ 1000 personnes.

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Les Belges retirent d’Afghanistan la moitié de leur effectif à l’été 2012

Soldat de la force de protection (crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) L’armée belge devrait retirer la moitié de son contingent (614 personnes) d’Afghanistan à l’été 2012. La date est fixée au 30 juillet 2012. Environ 300 militaires participant au détachement de protection et force de réaction rapide présents à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – seront retirés autour du 30 juillet 2012. Un retrait programmé et prévu depuis un an (la décision a été prise en juin 2011).

Les Belges seront remplacés par un effectif portugais – deux contingents d’environ 80 personnes chacun. La Belgique maintiendra environ 300 hommes : une centaine à Kaboul – essentiellement des instructeurs (logistique, communication) ou avec la fonction d’Etat-Major -; une centaine à Kandahar – autour des avions F-16 chargés de l’appui aérien aux opérations de l’ISAF, mission dénommée “Guardian Falcon” ; une centaine à Kunduz – équipe provinciale de reconstruction (PRT) et OMLT.

Comme l’explique un officier belge à B2, un retrait prend « entre un et deux ans ». « Ce n’est pas seulement une question de retrait des matériels. Il faut normalement trouver des effectifs qui viennent vous remplacer et effectuer les tâches que vous faites ». En pratique, il y a deux éléments, outre la force de persuasion : le temps et l’argent. Soit « on prend en charge financièrement le déploiement d’autres nations » – ce qu’a fait le Canada semble-t-il, soit « on négocie. Et là il faut du temps et attendre un peu ». Ce qu’on fait les Belges et Néerlandais.

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Le calendrier de retrait précisé par G. Longuet. Les vraies questions sont posées…

(BRUXELLES2 au siège de l’OTAN)  A écouter Gérard Longuet, le ministre français de la Défense, on se demande si les bonnes questions ont été posées, et résolues, jusqu’ici, notamment lors du sommet de Lisbonne, sur l’engagement international en Afghanistan. Que ce soit au niveau du format de l’armée afghane, de son objectif, de son financement ou du calendrier de retrait, le débat semble plutôt s’ouvrir qu’être clos. La discussion, à bâtons rompus, entre le Ministre et quelques journalistes dont B2, au sortir cette première séance de travail de l’Alliance Atlantique consacrée à l’Afghanistan, est assez éclairante. Extraits de l’entretien…

Pas de critique du choix français

Le choix français de retrait anticipé ne semble pas avoir été critiqué par ses partenaires. Du moins pas en séance et publiquement, ce n’est pas le genre de la maison. « On peut difficilement critiquer un pays qui est le 4e contributeur et qui s’interroge parce que ses soldats paient de leur vie des choix ou des insuffisances tactiques. » a lâché le ministre. « J’ai expliqué la position de la France, je pense avoir bien été compris par le secrétaire général. Les ministres ont retenu ce que j’ai dit (lors des entretiens en bilatérale, une demi-douzaine qu’a mené le Ministre), même s’ils n’ont pas parlé dans leur intervention. (…) Chacun réfléchit dans son coin car il a le même problème. » Finalement (…) La discussion a forcé nos partenaires à prendre en compte notre engagement.

Le calendrier de retrait, précisé

Le ministre a d’abord précisé les chiffres sur le retrait, esquissés par le Président de la république il y a quelques jours. « La France a sur place 3600 hommes – 2400 engagés dans des actions des combat, et 1200 en encadrement, logistique et soutien à Kaboul. 1000 hommes – combattants seront retirés en 2012. Les 1400 qui resteront engagés le seront en soutien de l’armée afghane et partiront en 2013. Il en restera 1200 à Kaboul, chiffre qui diminueront progressivement. (…) Après 2014, 400-500 resteront. »

Un processus de transition en Kapisa

« Assurer la transition. Ca ne se fait du jour en lendemain. Ce n’est pas comme changer de locataire. Cela prend du temps » a précisé le ministre. En « Mars 2012, c’est le début du transfert en Kapisa », ce n’est pas la fin du transfert. Celui-ci sera terminé « à l’été 2013. Il faut plus d’une année ». Et durant ce processus, il reste des soldats combattants, et armés. « Il n’est pas question de laisser par exemple des unités médicales et d’évacuation sanitaire auprès des Afghans sans avoir des unités de protection. On se retire dans des conditions où tout militaire français doit être défendu. »

Le mandat est accompli: l’objectif ce n’est pas la Suisse

« Le mandat (donné à l’ISAF) n’était pas de transformer l’Afghanistan en une Suisse. Le mandat était de sortir les terroristes – c’est fait – et de permettre à l’État de doter d’une armée permettant de résister à des offensives diverses venant de réseaux talibans ou autres – la mission est en passe d’être réussie. Prenez l’exemple de la Kapisa. Il y a 2 ans, il y avait deux bataillons de 640 hommes, dépenaillés et pas entraînés. Nous avons aujourd’hui 4000 hommes formés, équipés, recevant leur solde et qui sont en première ligne. » Il a aussi précisé qu’il « faut une bonne année pour effectuer un retrait. La bataille des dates n’a donc pas vraiment de sens. (…) C’est comme quand on apprend à nager, on dégonfle la bouée petit à petit ». 

Le nombre de forces afghanes, un peu exagéré !

L’important est la transition avec l’armée afghane, qui prend environ entre 6 mois et 1 an (voire 18 mois selon l’OTAN), s’étalant entre “lead” responsabilité jusqu’à la “full” responsabilité pour les “locaux”. Avant tout, selon le ministre « il faut poser les bonnes questions : combien recruter, quels objectifs quantitatifs et qualitatif… » Il faut savoir « quel bon format est nécessaire pour l’armée afghane ». A commencer par le nombre. « A quoi sert en effet de recruter 5.000 soldats par mois si dans deux ans on diminue les effectifs (sauf à faire du DDR, désarmement démobilisation, réintégration pourront persifler certains). Que vont faire ces 100.000 policiers et soldats. (…) Le chiffre de 352.000 hommes pour les forces de sécurité est un peu exagéré. 230.000 serait plus raisonnable, surtout si on la compare à l’armée de Najibullah qui en avait 170.000. » « Ne vaut-il mieux pas faire du qualitatif. (Dans ce cas,) il faut mieux recruter », précise le Ministre. Et en particulier, il faut améliorer la sélection et le screening.

Ce que veut Karzai, une armée classique

Le souci du président afghan, Hamid Karzai – selon le Ministre – est d’avoir « une armée à la mesure du Afghanistan ». C’est-à-dire une armée « qui ne soit pas une armée de contre insurrection (NB : comme le présentent les Alliés) mais plutôt comme une armée d’un État indépendant assurant sa souveraineté. » « Une armée moins nombreuse paraît acceptable » pour le dirigeant afghan. « Mais il faut bien prendre conscience - précise-t-il - que Karzai a besoin d’une armée classique. Il faut former des conducteurs de chars, des forces spéciales. C’est ce qu’ils nous demandent. (…) C’est un débat très clairement ouvert et sera tranché à Chicago. »

Le coût futur : suffisant et soutenable

Il convient de ne pas se tromper de format. Car cette armée nationale a un certain coût, au bas mot « 4 milliards $ » selon le ministre citant le chiffre retenu par le groupe des contributeurs. Un chiffre plus élevé circule du coté américain (6 milliards $) ou britannique (7-8 milliards $). « Ce qu’il faut bien prendre en compte, c’est que l’effort doit être suffisant et soutenable. » Certes c’est moins proportionnellement que les coûts additionnés des engagements de chaque Etat participant à la coalition (400 à 450 millions d’euros par an pour la France) mais c’est une somme donnée à l’Afghanistan, en « espérant que les ressources du pays prendront le relais ».

Lire également :

(Maj vendredi avec d’autres précisions apportées par G. Longuet lors de sa conférence de presse et un éclaircissement sur les dates de retrait, plutot confuses dans la première version)

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Panetta (US) le confirme : on s’tire en 2013

Panetta (US) le confirme : on s’tire en 2013

véhicule australien dans la Tangi Valley (crédit : ISAF)

(BRUXELLES2) La retraite est sonnée… Les agenciers d’Associated Press n’ont pas attendu l’atterrissage à Bruxelles pour balancer la nouvelle. Dans l’avion qui amène à la réunion ministérielle de l’OTAN, le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Leon Panetta, a expliqué que la mission de combat en Afghanistan cesserait en 2013. « La phase finale de transition des parties du pays entre l’OTAN et le gouvernement afghan doit être commencée à la mi-2013 ». Ce qui permettra de transformer la mission de combat en mission de formation « entre la mi-2013 et la fin de l’année », a-t-il expliqué. Cela ne signifie pas cependant que toutes les troupes Us quitteront le sol afghan en 2014. Au contraire, il restera « une forte présence », pour assister l’armée afghane, et assurer la formation.

Quelques divergences avec les frenchies

C’est d’ailleurs un des points de divergence entre Français et Américains : entre une présidence modeste après 2013 – “quelques centaines d’hommes” a précisé le président Sarkozy -, et une présence “forte” pour les seconds qui ne donnent pas de chiffre  - mais on peut sans doute parler de plusieurs milliers, voire quelques dizaines de milliers, il y a de la marge. Les Etats-Unis ont actuellement 91.000 soldats dans l’ISAF, la force de l’OTAN, un chiffre qui devrait être ramené à 68.000 d’ici septembre. Et ce n’est pas le seul apparemment. Et Panetta a bien l’intention de s’en expliquer, a-t-il précisé à nos collègues américains, « avec la délégation française » dès son arrivée. Les Américains semblent avoir ainsi peu apprécié que le président français leur ait grillé la politesse de l’annonce de la date fatidique de 2013. Panetta a ainsi confié vouloir « ramener la (France) dans la stratégie de Lisbonne, pour pouvoir avancer tous ensemble ».

Celui qui a tiré le premier

Le 27 janvier, après un entretien avec le président afghan, Hamid Karzai, Nicolas Sarkozy avait, en effet, annoncé vouloir « demander à l’OTAN une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l’OTAN par l’armée afghane au cours de l’année 2013 ». Dans la foulée, sans même attendre le résultat de cette demande d’ailleurs, il avait déclaré avoir « planifier le retour de la totalité de nos forces combattantes dès la fin de l’année 2013 ». Ce qui signifie une (petite) accélération du calendrier de retour des soldats. 400 sont déjà rentrés en France en 2011. Et, en 2012, 1000 soldats supplémentaires quitteront l’Afghanistan (au lieu de 600 comme prévus). Et la Kapisa – région tenue par les Français – basculera sous commandement afghan en mars prochain.

Commentaire : la fin d’un dogme

Même si au siège de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Alliance se targue de démontrer que rien n’a changé, que « la feuille de route établie au sommet de Lisbonne était maintenue » et que tout cela était déjà largement prévu… la déclaration américaine est un signal fort après celui donné par les Français. Un dogme vient de sauter. Inutile de jouer sur les mots, de réinterpréter les paragraphes, de finasser…. La date de 2014, retenue par tous comme date ultime pour le retrait, n’est plus 2014, c’est 2013, voire mi-2013. On avance le calendrier d’un an. Italiens, Allemands voire Britanniques vont ainsi pouvoir plier les “gaules”, plus vite que prévu, au grand bonheur des chefs de défense, et de leurs argentiers, dont les portes-monnaies sont vides. Mais attention ! Qui dit “troupes non combattantes” ne dit pas “risque zéro” — du fait des engins explosifs artisanaux télécommandés (IED) ou des attentats suicides —, et ne dit pas “zéro budget”. Il y a fort à parier que nombre de pays rechignent à apporter une contribution “forte” en troupes non combattantes au guichet “2014″ comme le demandent les Américains.

Panetta dans l’avion qui l’amène à Bruxelles se confie (crédit : DOD / Secrétariat d’Etat US à la Défense)

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