Des diplomates européens fidèles au poste
(BRUXELLES2, exclusif) C’est un aspect méconnu du nouveau service diplomatique européen. Mais il y a aujourd’hui dans les « ambassades » de l’Union européenne, la création d’une mentalité de gestion de crises, plutôt inédite dans l’organisation européenne jusqu’ici (exceptée chez les experts d’ECHO – l’office d’aide humanitaire). En cas de crise, catastrophe naturelle, industrielle, de troubles ou de guerre, l’objectif est dorénavant que l’ambassade européenne reste ouverte un minimum. Un vrai changement « de mentalités » comme l’a expliqué à Bruxelles2 un haut responsable du SEAE. « En cas de crise, on demande maintenant à nos ambassadeurs de rester au maximum sur le terrain, comme on peut le demander dans un Etat membre avec un diplomate national. Ils acceptent la plupart du temps sans problème. »
Un règlement hérité du passé
Seul hic : le règlement du personnel ne le prévoit pas. Mieux, il prévoit le contraire. Hérité de la Commission, il oblige l’institution à assurer la protection de ses agents et préconise davantage la mise à l’abri au moindre évènement. Auparavant, « la consigne était « quand il y avait des troubles ou un conflit, de partir » » relate notre interlocuteur. « La période de troubles n’est jamais bonne pour faire du commerce ou mener des projets de développement. Aujourd’hui, nous disons, et demandons, le contraire. »
Le volontarisme des ambassadeurs de l’UE
Cela s’est ainsi passé en Côte d’Ivoire, où l’ambassadeur est resté au maximum, ou, plus récemment au Yemen, non sans vrais risques d’ailleurs. Il y a eu « des moments très difficiles » raconte un diplomate à B2, avec des « tirs durant plusieurs jours autour de la mission ». Au Japon, après la catastrophe de Fukushima, et alors que l’on ne savait pas vraiment ce qui se passait en matière de radiation, il y a eu un « vent de panique » dans les représentations diplomatiques. « Beaucoup d’ambassades tergiversaient pour rester dans la capitale et certains envisageaient ou avaient même déjà plié bagage pour aller à Kyoto. L’ambassadeur européen est resté sur place et a fédéré les ambassadeurs européens pour rester sur place ». Une présence ressentie très positivement par les autorités du pays : l’UE a marqué un point à ce moment au Japon.
Quelques difficultés
Cette attitude ne va pas susciter quelque critiques et difficultés. A la Commission, quelques uns ont exigé que les responsables du SEAE « s’engagent personnellement s’il y avait le moindre problème sur le terrain. » Et même au service diplomatique européen, on veut rester assez discrets sur les conditions parfois dangereuses dans lesquelles évoluent les diplomates européens new look « pour éviter tout problème » avec ceux d’en face…
NB : Il faut préciser également que le SEAE n’avait jusqu’ici pas la possibilité d’avoir ses propres règles internes… Car il n’avait tout simplement pas d’instance de négociation pour cela. comité du personnel. Après moults discussions internes, un comité du personnel a été élu (des discussions avaient eu lieu pour savoir s’il fallait deux comités – un pour le siège et un pour les délégations – ou un seul, c’est cette dernière solution qui a finalement prévalu). Les élections ont eu lieu à la fin de l’année dernière. Et la première réunion est prévue ces jours-ci. Ainsi que le précise un spécialiste de ses questions au SEAE, « nous allons maintenant pouvoir commencer à mettre en place notre propre règlement du personnel. Ce qui devrait nous faciliter la tâche ».

Le service diplomatique se défend et avance ses success story | Bruxelles2
jan 09, 2012 @ 16:25:44
[...] Pour notre interlocuteur, la gestion de crises est une « success story » du nouveau service diplomatique. Un point souvent passé inaperçu et qui « mérite d’être relevé » selon lui. « Ce n’était pas dans la tradition de la Commission européenne de gérer la crise. Quand il y avait une crise, la délégation gérait les projets de développement attendait que la crise se passe. (…) Nous avons invité les différentes DG (home…). Cela n’allait pas de soi. Mais au bout de 8-9 mois, nous avons trouvé le rythme. Il y a de nouvelles méthodes de travail et d’habitudes qui se prennent ». Ce n’était pas « évident » ainsi que l’a confié à B2, un haut responsable du SEAE. Il y un vrai « changement de mentalités » à accomplir. Et également des règlements qu’il faut changer… (lire: Des diplomates européens fidèles au poste). [...]