Petit glossaire de la défense européenne

réunion du comité militaire dans sa formation - chef d'Etats major le 24 avril 2012 (Crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) Difficile souvent de s’y retrouver dans la jungle des signes utilisés dans la défense européenne. Un petit glossaire pour vous y aider. Tout ce qu’il faut connaître de ces sigles “barbares”…

PAGE EN COURS DE CONSTITUTION

Les politiques

CED. Communauté européenne de défense. Un projet, avorté, né au lendemain du 2e conflit mondial, dans les années 1950 aux cotés de la Communauté économique du Charbon et de l’Acier (CECA) pour permettre la mise en commun des forces armées en Europe.

UEO. Union pour l’Europe Occidentale.

PESD. Politique européenne de sécurité et de défense. Mise en place par le Traité de Nice (2002) formellement, après le sommet de Cologne (1999). Elle s’inscrit dans la droite ligne du renforcement de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) définie par le Traité de Maastricht (1993) et renforcée dans le Traité d’Amsterdam (1997).

PSDC. Politique de sécurité et défense commune. Nouveau nom de la PESD défini par le Traité de Lisbonne.

Les instances politiques (UE)

Les “27″. On désigne ainsi les pays de l’Union européenne. Ce nombre évolue en fonction des adhésions. Les “6″ (à l’origine les six pays à l’origine de la CEE : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) puis “9″ (avec le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni à partir de 1973) et “10″ (avec la Grèce en 1981), les “12″ (avec l’Espagne et le Portugal à partir de 1986) , puis les “15″ (avec l’Autriche, la Finlande et la Suède, à partir de 1995), les “25″ (avec l’arrivée de 8 pays d’Europe de l’Est — Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, république Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie —, Malte et Chypre à partir de 2004), les “27″ (depuis 2007 avec la Roumanie et la Bulgarie) et bientôt les “28″ (à partir de juillet 2013 et l’adhésion de la Croatie). En matière militaire, ce nombre est en fait de 26, le Danemark ne participant pas aux décisions en matière d’opération militaire, comme de l’agence européenne de défense. Il participe en revanche aux opérations civiles de la PeSDC.

COREPER. Comité des Représentants Permanents, regroupant les ambassadeurs des Etats Membres auprès de l’Union (les “RP” en langage courant, comme représentants permanents). Il prépare les travaux du Conseil. C’est la formation “COREPER II” qui a en charge de préparer les dossiers “Relations extérieures” du Conseil. Les dossiers qui font l’objet d’un consensus au COREPER sont approuvés directement (par procédure écrite) ou en point A (sans débat) par les ministres. Ceux qui n’ont pas obtenu d’accord “montent” au Conseil pour être débattus entre ministres. Parfois un seul est débattu, on parle d’un point “entre crochets” (car les termes de la décision sont précisés entre crochets pour montrer qu’ils ne sont pas encore agréés par tous). Réunion normalement les lundi et mercredi.

COPS (UE). Le comité politique et de sécurité (COPS) est une structure créée en 2001 (par le Traité de Nice). Il regroupe les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne, spécialisés dans les questions des affaires étrangères et de politique de défense. C’est l’instance qui définit les positions communes avant les Conseils des Affaires étrangères, les sommets bilatéraux ou pour les opérations de la PeSDC. Elle est présidée par un délégué du Haut représentant de l’UE. Réunion normalement les mardi et vendredi, ainsi que le matin précédant chaque Conseil des Affaires étrangères.

Représentation permanente (ou PermRep pour les intimes). C’est l’ambassade de chaque pays membre auprès de l’Union européenne. En fait, bien souvent c’est un petit ministère regroupant toutes les spécialités utiles pour un gouvernement afin de suivre toutes les politiques européennes : de la politique étrangère ou de défense à l’agriculture en passant par l’économie et finances, la justice, les affaires intérieures, l’industrie, les télécoms… Le représentant permanent (qui a rang d’ambassadeur) siège au Coreper II, son adjoint au Coreper I. Un troisième ambassadeur siège au COPS.

Les groupes de travail (UE)

CivCom (Comité chargé des aspects civils de la gestion des crises). Groupe de travail en charge de la gestion civile des crises (missions de police, Etat de droit, administration civile et protection civile). Il évalue les différentes options stratégiques (réponse aux crises, déroulement des opérations et sortie de crise) et formule des recommandations au COPS.

GPM (groupe politico-militaire). Il est en charge des aspects politico-militaires de la PSDC. Composé en général de militaire, il suit de façon technique les différents dossiers qui seront examinés au COPS. Parmi ses domaines de compétence: les opérations militaires, les missions de réforme du secteur de sécurité (par exemple: EUSEC RDC) ou de renforcement des capacités militaires.

RELEX (groupe Relations extérieures). Composé de diplomates, il élabore les décisions de la politique étrangère, par exemple en matière de sanctions. Du coté de la Défense, il se concentre, en particulier, sur les accords signés avec les pays tiers (participation aux opérations, transfert de pirates, SOFA/SOMA…) et sur les aspects budgétaires.

Les autres groupes sont organisés par zone géographique : Coweb (Balkans), MaMa (Maghreb/Mashrek), Coest (Europe de l’est), Coafr (Afrique). Ou par thématique : Conop (Non prolifération), Cohom (Droits de l’homme, CODUN (Contrôle des armements et Désarmement global, Coarm (Exportation des armes conventionnelles). Ils préparent les décisions dans leurs domaines respectifs qui montent ensuite dans les autres groupes (COPS / COREPER).

Lire également : Ashton nomme ses représentants dans les groupes de travail

Les instances militaires (UE)

Comité militaire de l’Union européenne (CMUE / EUMC). Il réunit de façon ordinaire les représentants militaires de l’UE. Il se réunit au moins une fois par semestre au niveau des chefs d’Etat-Major de chacun des 27 Etats membres (CHOD). Situé avenue Cortenbergh à Bruxelles, dans l’enceinte de l’Ecole militaire royale (Belgique).

Etat-Major de l’Union Européenne (EUMS / EMUE). Il conseille le Comité militaire sur les missions et les capacités militaires de l’UE.

Centre d’opérations (OpsCenter). Activé le 23 mars 2012 pour la première fois, pour une durée de deux ans. Il a pour objectif de coordonner les missions européennes dans la Corne de l’Afrique (RMCB, EUTM Somalia, EUNAVFOR Atalanta) et notamment créer des synergies entre les aspects civils et militaires de l’action de l’UE, selon une “approche globale”. C’est le Capitaine néerlandais Ad van der Linde qui a été nommé chef de l’OpsCenter, avec un personnel de seize personnes sous ses ordres (provenant de l’EMUE et des Etats Membres). Le centre est basé au sein de l’Etat-Major militaire, afin de faciliter les interactions entre le terrain et Bruxelles.

Les agences (UE)

Agence Européenne de Défense (AED / EDA). Basée à Bruxelles. L’agence a pour objectif  le développement des capacités de défense européenne et agit comme catalyseur pour la promotion de la collaboration capacitaire entre les Etats Membres. Elle a également noué des partenariats étroits avec quelques Etats : la Norvège et la Suisse ont ainsi signé des arrangements administratifs et participent ainsi aux programmes européens. Directeur : Claude-France Arnould.

L’institut d’études de sécurité de l’UE (IESUE / ISS). Basé à Paris. Il se veut le think tank pour les questions de sécurité de l’Union européenne.

Le Centre satellitaire de l’UE (CSUE OU SATCEN). Basé à Torrejon (Espagne). Il a pour mission d’exploiter et produire des informations résultant de l’analyse des images terrestres, en soutien à la prise de décision de l’UE en matière de PSDC.

Structures de l’OTAN

NAC (OTAN). L’instance de concertation et de décision politique de l’Alliance atlantique. Elle réunit les ambassadeurs des Etats membres. Réunion ordinaire les mercredis.

SHAPE. Le commandement opérationnel de l’OTAN. Basé à Mons (Belgique)

JFC. Le commandement conjoint des forces. Au sein de l’OTAN, il existe trois commandements permanents : à Naples, Lisbonne et Brunssum.

Autres structures (US…)

US Africom. Le commandement pour l’Afrique de l’armée américaine. Basé à Stuttgart (Allemagne).


Les documents de planification (OTAN/UE)

voir : Défense européenne. La « planification » stratégique, comment çà marche?

CMC. Le concept de gestion de crises, c’est le document cadre conceptuel décrivant l’approche générale de l’UE dans la gestion d’une crise particulière. C’est le préalable à toute opération de défense.

CONOPS. Concept d’opération.

OpPlan. Le plan d’opération. Il détaille toutes les forces nécessaires, leur répartition sur le terrain, la structure de commandement, les relèves éventuelles.

Les sigles en opération (OTAN/UE)

CIS = communication and information systems. Les systèmes d’information sécurisés en opération.

C2 = Command and Control. En gros le dispositif de commandement.

Role 1, 2, 3. Dispositif médical en opération. Le Rôle 1 correspond au poste d’infirmerie renforcé. Le Rôle 2 à un hôpital de campagne (avec bloc(s) opératoire(s) et petit labo d’analyse). Le rôle 3 à un hôpital complet (de ville), avec toute la palette des soins. Exemple : l’hopital français de KAIA (à Kaboul) est un rôle 3.

SAR = Search and Rescue. La faculté d’aller récupérer un militaire perdu en opération. Dispositif obligatoire pour toute opération. S’emploie également en matière de protection civile, de secours en désert, mer, montagne…

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