Quand J.M. Barroso lâchait l’Airbus A400M, par amitié…

(BRUXELLES2) C’était le 20 février 2003. Le Portugal dirigé alors par le Premier ministre, José-Manuel Barroso (aujourd’hui président de la Commission européenne), fervent admirateur de Georges Bush, entérine dans une nouvelle loi de programmation militaire la réorientation de certaines de ses dépenses, vers un programme d’achat plus conforme aux vues de l’allié américain. L‘Airbus A400M – auquel le Portugal participe depuis le début – est dans la ligne de mire. Le Portugal suspend l’achat (3 avions) et sa participation au programme. Un mois plus tard à peine, les Etats-Unis – aidés par certains de leurs alliés – déclenchent ce qu’on appelle la troisième guerre d’Irak.

L’objectif officiel est de diminuer les dépenses

L’Airbus A400M est « si cher » qu’il est préférable d’acheter le Lockheed C130J (Super Hercules) explique alors un porte-parole du Ministère de la Défense. « Les concurrents américains nous ont présenté une offre qui permet d’acheter le double des avions ». On peut avoir un doute sur cette approche comptable. Car, en se retirant du programme, le Portugal renonce aussi aux contreparties pour sa petite industrie aéronautique (dans le consortium Airbus A400M, les Portugais devaient concevoir le design du fuselage). Ce qu’il gagne en gain budgétaire, il le perd en perte industrielle. De plus, cette réorientation s’accompagne d’achats de matériels, comme des sous-marins, dont l’utilité immédiate paraît futile si l’objectif est de redresser les comptes.

Les raisons de ce retrait sont plutôt très politiques

Il s’agit surtout d’un geste permettant de montrer toute la fidélité du nouveau gouvernement portugais à l’allié américain. Nous sommes alors en pleine crise irakienne qui provoque un schisme en Europe – non pas entre la vieille Europe et les nouveaux Etats membres, ni entre les modernes et les conservateurs comme on l’a souvent dit, à tort -, mais entre les Atlantistes – adeptes d’une politique d’une grande puissance – et les partisans d’une politique multinationale onusienne et européenne (1). Dans les pays qui produisent l’A400M la division est nette : l’Espagne et le Royaume-Uni se sont rangés dans le camp américain – rejoints par l’Italie et le Portugal – tandis que la France, l’Allemagne, la Belgique et même la Turquie ont marqué leurs réserves à cette intervention (lire Louis Michel à l’époque). Les Américains ont d’ailleurs fait pression sur les Italiens (avec succès – dès l’arrivée de Berlusconi au pouvoir, l’Italie se retire) comme sur les Britanniques pour qu’ils se retirent du programme (les Britanniques résisteront,
eux !). Ils tentent aussi de faire pression par tous moyens sur les Allemands et les Français.
Dans les motivations américaines, il n’y a, bien sûr, pas uniquement que des raisons politiques mais bien entendu industrielles. C’est l’occasion pour certains proches de l’administration Bush… et de Lockheed d’éliminer un concurrent notable.

Une des premières décisions du nouveau gouvernement portugais

La décision portugaise de retrait du programme A400 est prise, en fait, dès les premiers jours du gouvernement de coalition des droites (PSD – CSD) en mai 2002. Le ministre portugais de la défense, Paulo Portas (un des leaders du CSD) est aussi un atlantiste invétéré. Il est assez proche de Bruce P. Jackson, lobbyiste américain très actif sur l’affaire irakienne, proche de Dick Cheney (2)… et vice-président de Lockheed-Martin. A la Wehrkunde (la conférence de la sécurité) de Münich début février 2003, les Etats-Unis cherchent à isoler les Allemands et les Français. A la manoeuvre : le portugais Paulo Portas qui apostrophe le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dans les couloirs évoquant Münich, et les dangers du pacifisme “dangereux en 1938, dangereux dans les années 1980 et… Bruce Jackson qui explique doctement aux journalistes combien les Franco-Allemands sont isolés face aux 18 Etats qui ont signé pour une intervention en Irak (3).

Alors… l’abandon de l’Airbus A400M par l’équipe Barroso-Porta : une simple motivation budgétaire, personne n’y croit vraiment… Mais pour Airbus, l’annulation des commandes italienne et portugaise (19 avions) est un coup dur et, même une perte sèche qu’on peut chiffrer à un peu plus de 2 milliards d’euros ! (ce qui équivaut aux pertes actuelles !).

(1) Parmi les “nouveaux” : Chypre, Malte et la république Tchèque n’ont pas signé la lettre (le président Havel n’a en effet signé qu’à titre personnel, quelques jours avant son départ du gouvernement, la lettre des 10). La Suède, la Finlande, l’Autriche (entrés dans l’UE en 1995) sont plus catégoriques et pour la poursuite des inspections. Parmi les “anciens”, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Danemark sont pour le déclenchement de l’intervention US. On compte dans les deux camps des gouvernements socio-démocrates (Royaume-Uni), voire même ex-communistes (Pologne), et libéraux ou chrétiens-démocrates.

(2) Ancien agent du renseignement militaire (jusqu’à 1990), il fut aussi actif en Bosnie et Croatie durant la guerre civile. Il travailla pour Lehman Brothers. Puis il oeuvra ensuite pour l’intégation à l’OTAN des pays d’Europe de l’Est et des Balkans à la tête du « US Committee on NATO » jusqu’à 2002. Il convainca notamment la Pologne de s’équiper du F16. Il réitéra ce type d’action de lobbying politique avec le « Committee of the Liberation of Iraq », cercle néoconservateur qui milita pour l’intervention en Irak et fut notamment sinon l’inspirateur des lettres “des 8″ et “des 10″. Pour un aperçu plus complet du personnage. Sacré BPJ

(3) LireAllies at War” de Phillip H. Gordon et Jeremy Shapiro

(Photo : Commission européenne)

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Les navires japonais partent le 14 mars vers le Golfe



Le Japon enverra deux
destroyers appartenant à la force maritime d’auto-défense pour l’opération anti-piraterie au large de la Somalie, dès le 14 mars, selon le plan dévoilé par le gouvernement dans la presse
japonaise.

Protection des japonais avant tout. L’objectif de la mission est clairement défini, de façon nationale : escorter les navires marchands qui ont un lien avec le Japon, c’est-à-dire
enregistrés au Japon ou avec des personnels ou matériels japonais à bord. La mission japonaise devrait bénéficier d’un appui de la base de Djibouti mais pourrait faire escale aussi à Aden, au
Yémen, et Salalah, à Oman. (NB : Une mission conjointe du ministère de la défense japonais et de la marine, dirigée par le capitaine Takanobu Minami, était partie en février faire une tournée de
reconnaissance et de négociation dans les pays voisins du Golfe d’Aden.)

Deux destroyers et un ravitailleur. Le Sazanami (DD 113) et le Samidare (DD 106 classe Murasame) – tous deux dotés d’un hélicoptère – quitteront leur base de
Kure (dans la préfecture d’Hiroshima) le 14 mars et arriveront dans le Golfe d’Aden dans les deux ou trois semaines suivantes. Ils bénéficieront sur place de l’assistance du navire de
ravitaillement”Towada” (AOE 422) déjà présent dans l’Océan indien, dans le cadre de la coalition anti-terroriste menée par les Américains (CTF-150). Ce qui suppose d’étendre la mission de ce
navire. L’opération devrait comprendre 400 personnes. Huit officiers des gardes côtes seront aussi à bord.

Cadre juridique limité. Les forces japonaises seront engagées, provisoirement, sous couvert de dispositions de la police maritime des forces
d’auto-défense, qui permettent d’agir face à la menace de pirates mais imposent de strictes limites d’action. Le temps que la loi en préparation soit applicable. Cette loi autorisera, en effet, les
marins japonais à ouvrir le feu sur des bateaux pirates qui, après un coup de semonce, continuent d’attaquer les bateaux civils. Mais elle ne permettra pas le droit de poursuite (imposible de
pourchasser un bateau pirate qui a quitté les lieux de l’attaque ni de l’arrêter).
Elle limite également l’usage des armes à certaines circonstances comme la
légitime défense et les évacuations d’urgence.
Cette loi prévoit des peines pour les actes de piraterie, allant d’un emprisonnement pour trois ans jusqu’à la
peine de mort.

(Photo : marine Française – mat du Towada lors d’une opération de ravitaillement avec le Jean de Vienne)

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La situation à Logar pire que ce que vous pouvez dire

La base militaire de Shank à l’est de l’Afghanistan dans la province de Logar est attaquée quasiment toutes les semaines, a déclaré le commandant du 2e contingent de
l’équipe de reconstruction provinciale (PRT) tchèque, à son retour à la maison après six mois là-bas. Il s’est dit aussi très satisfait, d’après mes collègues tchèques de CTK, que les 200 hommes
qu’ils commandait sont tous rentrés à la maison. 13 des soldats ont cependant été blessés. La base de Shank a été la cible de plusieurs attaques de missiles.

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Accord sur le traitement des pirates entre l’UE et le Kenya paraphé



L’ambassadeur tchèque au
Kenya,
Margita Fuchsová, a paraphé, au nom de l’Union européenne, aujourd’hui (vendredi 6 mars), l’accord avec le
Ministre des affaires étrangères du Kenya sur les conditions de transfert des pirates suspectés au Kenya. Cet accord renforce l’effet de dissuasion de l’opération EUNAVFOR,
assure-t-on au Conseil de l’Union européenne. Les termes de cet accord
ont été déjà détaillés sur ce blog en avant-première.

Friday 6 March 2009 European Union and Kenya have signed in Nairobi the agreement on the conditions of transfer of suspected pirates to Kenya. This agreement defines the modalities for the
transfer of persons detained in the course of counter-piracy operations by the EUNAVFOR ATALANTA to Kenya for prosecution. The document was signed on behalf of the EU by Her Excellency Margita
Fuchsová, Ambassador of the Czech Republic to Kenya, and for Kenya by Honorable Moses Wetang’ula, Kenyan Minister of Foreign Affairs. By enabling EUNAVFOR to bring pirates to justice, this
agreement will enhance the deterrence effect of the operation.

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Non l’Otan n’a pas échoué dit l’Amiral Di Paola (Otan)



Du moins, c’est ce que défend l’amiral
italien Gianpaolo Di Paola, président du Comité militaire de l’OTAN, dans les colonnes de La Repubblica : « La mission en Afghanistan n’est pas
un échec, mais tous les pays doivent en faire davantage, y compris l’Italie. » «
On a tendance à affirmer aujourd’hui que l’OTAN a échoué. C’est faux.
Si l’on affirme qu’elle a échoué, alors c’est qu’ont aussi échoué l’ONU, l’Union européenne, la Banque mondiale, le FMI et les ONG.
»


La nouvelle stratégie US ne sera pas une révolution. « Nous devons être patients et attendre l’annonce de la stratégie américaine. Je pense qu’il ne faut pas s’attendre à une révolution.
(Il y a) nécessité d’un engagement global et collectif de la communauté internationale. C’est une stratégie déjà formulée par l’Alliance ; mais qui au final, n’avait pas été traduite en acte. La
solution au problème afghan passera non seulement par la sécurité au sens militaire mais également par la gouvernance et la reconstruction des institutions comme de l’économie du pays. »

Tout faire pour que l’Afghanistan ne devienne pas un bouillon de culture du terrorisme. « 2009 sera une année fondamentale pour l’Afghanistan, le renfort des troupes y est nécessaire.
(…) Je pense que la mission en Afghanistan peut arriver à terme. Je pense que l’on peut éviter que le pays ne se transforme en un bouillon de culture pour les terroristes internationaux. Dans ce
sens, nous pouvons vaincre. Mais il est évident qu’une solution uniquement militaire n’existe pas
. »

Soutenir le Pakistan mais pas intervenir au Pakistan. « On ne peut stabiliser l’Afghanistan sans stabiliser aussi le Pakistan. C’est pourquoi le gouvernement pakistanais a besoin du
soutien de la communauté internationale et doit pouvoir contrôler ses provinces occidentales. » « L’OTAN n’interviendra pas au-delà des frontières afghanes.  Je pense que le gouvernement
pakistanais est déterminé à agir et qu’il en a les moyens. Il peut demander une assistance bilatérale à n’importe quel pays occidental, ça c’est tout à fait possible. »

(traduit par Floriane Pellegrin)

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Le contrat de sécurité d’Eupol Afgh. avec ArmorGroup peut continuer



La société de
sécurité
OSG
(Émirats arabes unis / Royaume-Uni) n’a pas réussi à obtenir le sursis à exécution de l’attribution du marché de sécurité
pour la
protection des personnels de la mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL Afghanistan),
attribué à un concurrent, la société britannique
Armorgroup (du groupe G4S).
Un contrat qui vise à « garantir une protection complète et continue de tout le personnel d’EUPOL Afghanistan dans la ville de
Kaboul et dans d’autres régions d’Afghanistan
» et représente un effectif de 118 personnes.


Le président du Tribunal européen de Première instance a rejeté, par une target="_blank">ordonnance du 23 janvier, sa demande. Il estime que « la requérante n’a pas produit le moindre élément permettant de considérer, compte tenu en particulier de sa taille, que
la perte qu’elle risque de subir serait suffisamment grave pour justifier l’octroi de mesures provisoires. Elle s’est notamment abstenue d’exposer le caractère mondial, régional ou local de ses
activités de fourniture de services de sécurité en indiquant si elle faisait partie d’un groupe d’entreprises actives sur plusieurs marchés géographiques ou si elle réalisait, au contraire,
l’essentiel de son chiffre d’affaires avec EUPOL Afghanistan.
»

OSG avait obtenu le premier contrat de fourniture de sécurité de la mission Eupol Afghanistan, pour un an, de décembre 2007 à novembre 2008. Mais lors du renouvellement du contrat,
après appel d’offres, c’est son concurrent britannique qui l’avait emporté.  Le jugement doit maintenant intervenir sur le fond de l’affaire. OSG demande en effet deux choses : 1) le sursis à
exécution du contrat actuel (objet de cette ordonnance), 2) l’annulation du contrat et/ou d’éventuels dommages intérêts (le jugement reste à venir). Pour les différents motifs de contestation,
lire ici

NB : ArmorGroup travaille également pour le gouvernement britannique sur la protection de certaines opérations de reconstruction et autres opérations. Son contrat a été renouvellé en novembre 2006.
Le montant est d’environ 38 millions de £ivres.

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Initiative française de chercheurs sur la stratégie



Plusieurs chercheurs, consultants,
étudiants en stratégie (1) viennent d’unir leurs efforts pour créer un “site fédérateur” de tous leurs blogs et écrits. Cette “Alliance géostratégique” est une initiative intéressante à
mon sens. Car elle permet d’avoir, sur un seul site, une offre multiple et diversifiée. Au lieu d’aller chercher ceci sur 10-15 sites différents, quelle économie de temps!

Au-delà de l’aspect pratique, ce nouveau site a deux avantages. Il vient occuper un espace intermédiaire entre le blog journalistique (d’information assez rapide, assez réactive mais qui n’a pas
toujours le temps ou la possibilité d’analyser ou d’exprimer tous les points de vue, comme nous le pratiquons avec plusieurs confrères) et les sites de recherche ou thinks tanks (à visée trop
longue et trop lente). Il présente une alternative française aux nombreuses sites de réflexion, issus souvent de think tanks ou centres de recherches, souvent très réactifs sur l’actualité (en 24
ou 48 heures, ils pondent une analyse sur la pénétration russe en Géorgie ou les bombardements israéliens sur Gaza). Etablis généralement aux Usa, au Royaume-Uni ou en Allemagne et n’éditant qu’en
anglais, ils reflètent naturellement davantage les préoccupations anglo-saxonnes. Et il était important que les Français qui ont aussi des prétentions en matière stratégiques puissent
l’exprimer.

Nb : J’ai juste une petite réserve sur l’analyse que font les auteurs de cette alliance sur l’information qui me semble être un “peu partielle et partiale”, en un mot, un peu légère par rapport à
la hauteur de l’ambition qu’affichent les auteurs.

(1) Je ne citerai pas un auteur en particulier car ils me semblent tous de bonne facture, et très divers. Lisez vous-même quelques mots sur les membres de cette nouvelle alliance

En savoir plus: naissance de l’analyse
géostratégique
 

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EUNAVFOR en japonais, voilà… Et vive les pirates!

Mainichi Shimbun, quotidien japonais, m’a demandé (par l’intermédiaire de son correspondant à Bruxelles) de plancher
pour son supplément hebdomadaire, Global Eye, sur l’opération militaire EUNAVFOR Atalanta. L’article vient de paraître (télécharger ici). Cette demande était un véritable pari : expliquer le contexte européen pour un public dont je ne
connais pas du tout les attentes et qui ne connaît peut-être pas toutes les complexités de notre “communauté” européenne. Mais elle était intéressante car elle démontre, venant du Japon, combien
ce que fait l’Europe peut produire de changements dans les états d’esprit.

Au-delà des aspects que nous connaissons tous sur l’opération, ses enjeux, ses difficultés, ses défis – que j’ai déjà décrits -, cet article m’a donné l’idée
de recenser tous les changements de stratégie qu’impliquent, ou que permettent, cette opération de lutte anti-pirates dans le Golfe d’Aden.



1) Des rapprochements opérationnels que la politique pourrait interdire de prime abord.

J’avais déjà évoqué, sur ce blog, les rapprochements russo-américain qui se sont opérés, alors que les uns et les autres étaient plutôt en froid depuis le conflit
en Géorgie. De même on peut remarquer aussi que l’engagement d’un navire grec dans l’opération EUNAVFOR et maintenant d’un bateau turc dans l’opération de la coalition américaine (CTF-151)
pourrait favoriser quelques opérations “impromptues” en commun alors que le climat entre les deux pays reste parfois émaillé d’incidents divers (survols de zones reconnues territoriales par les
uns mais pas par les autres).

2) Des avancées géopolitiques.

Pour certains pays – la Russie, la Chine… cela permet de réintégrer le “concert des nations”
en douceur. Ce pourrait être d’ailleurs le prélude (ou non) à une coalition d’une autre nature (Usa-Russie-Chine) sur l’Iran. Du moins c’est ce qu’espèrent les Américains. C’est aussi pour ces pays – comme pour d’autres (Japon, Inde, France, etc…) – le moyen d’affirmer leur présence dans une
zone, stratégique au plan mondial, à deux pas de l’Iran, de l’Iraq, du Yémen, de zones pétrolifères importantes…

3) Des petits pas vers un engagement militaire plus important
international.

Dans ce sens, l’engagement de la marine allemande, dans une opération plus offensive, n’est pas anodin. Cest un pas de plus, très mesuré, vers l’abandon d’une
prudence d’engagement (j’y reviendrai). Il en est de même de l’annonce suisse de sa participation à EUNAVFOR, qui permet
également à la confédération helvétique d’avoir l’opportunité de revoir sa loi sur les opérations extérieures à l’étranger. Quant au Japon, aussi, c’est une nouveauté, une manière de rompre avec
une certaine neutralité, même si l’engagement reste limité et sous couvert de la police maritime…

Alors je dirais, avec un peu d’ironie : heureusement que les pirates sont là ; sinon il aurait fallu les inventer !

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