La barre de 3% : « pas très scientifique » (Commission européenne)

(crédit : clairefontaine-duisans)

(BRUXELLES2) La barre de 3% du déficit, mentionnée dans le Traité de Maastricht, et utilisée dans toutes les décisions et communications de la Commission européenne, comme la summa division entre les vertueux et les fauchés, a-t-elle du plomb dans l’aile ? Je m’étais enquis du passé de ce dispositif et cherchait donc à savoir comment et quels documents avait fondé la fixation de ce chiffre. C’était quelques minutes avant la conférence du commissaire européen à l’Economie, le Finlandais Olli Rehn aujourd’hui, aux alentours de midi…

Le porte-parole de la Commission, pourtant versé dans les questions économiques, a eu une réponse pour le moins surprenante… « Ohh, c’est très loin tout çà. C’était dans les années 1980, 1990. Non ? Alors… Et, puis, tu sais ce n’est pas vraiment scientifique » !

C’est vrai, après tout, ce n’est qu’un nombre, sans même trois chiffres après la virgule :-)

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L’Allemagne confirme sa participation dans la FINUL maritime

(crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Les militaires allemands resteront, jusqu’à fin juin 2014, dans l’opération FINUL « maritime », destinée à sécuriser les côtes libanaises. Le Conseil des ministres allemand a approuvé mercredi (5 juin) une nouvelle prorogation du mandat. Mandat que doit encore approuver le Bundestag.

Une mission cruciale, encore plus aujourd’hui qu’hier

L’objectif de la mission est d’empêcher la contrebande d’armes vers le Liban par voie maritime, et également d’éviter tout conflit entre Israël et le Liban, voire d’améliorer les relations. Cette mission revêt aujourd’hui une dimension nouvelle « en raison des tensions politiques internes comme du conflit chez le voisin syrien » précise-t-on à Berlin.

Depuis 2006

Les forces allemandes sont engagées depuis 2006, et le début de la mission de FINUL II, avec environ 190 militaires à bord de deux navires : la Corvette «Brunswick» et la vedette « Frettchen ». La direction et le soutien contingent allemand est assuré depuis Limassol à Chypre. NB : Environ 11.000 soldats participent à la mission de la FINUL au Liban, dont environ 1.000 pour son volet naval. La force maritime est composée de cinq frégates et trois corvettes ou vedettes, fournies par la Grèce, la Turquie et l’Allemagne ; le Brésil, l’Indonésie et le Bangladesh .

Un maximum de 300 soldats

Avec le nouveau mandat, le plafond du personnel est fixé à 300 militaires (Nb : ce maximum n’est pas le chiffre engagé mais le maximum utilisable). Le coût pour le budget allemand est chiffré à 26,4 millions d’euros, attribué pour moitié à chaque exercice budgétaire (2013 et 2014).

La formation de la marine libanaise

Cette mission n’est pas la seule contribution allemande, précise-t-on au ministère de la Défense. La Bundeswehr fournit ainsi une assistance « importante » au renforcement des capacités libanaises de surveillance maritime, par la mise à disposition de bateaux, la maintenance et la formation de la marine libanaise. L’objectif est que « le gouvernement libanais puisse progressivement prendre la responsabilité de la protection des frontières maritimes ». Mais il y a encore des « lacunes » relevée dans le dernier rapport d’avancement du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, publié fin février.

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Syrie. Des preuves d’armes chimiques. « Toutes les options sont sur la table » (Fabius) (Maj)

Détection de substances chimiques au Kosovo (archives – ECPAD)

(BRUXELLES2) Le message est arrivé sur nos mails un peu avant 19h sur les boites mails des medias. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, confirme de la façon la plus formelle possible. Oui, « la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée ». Les analyses réalisées par le laboratoire militaire français (désigné par l’Organisation pour l’Interdiction des armes chimiques pour l’identification des toxiques de guerre), « démontrent la présence de sarin dans les échantillons en notre possession ». « Nous avons décidé de communiquer aussitôt à la mission compétente des Nations unies et publiquement les éléments en notre possession ». Et d’ajouter : « Il serait inacceptable que les coupables de ces crimes puissent bénéficier de l’impunité. »

Qu’en déduire ?

1. Il y a plusieurs échantillons en possession des autorités françaises. L. Fabius l’a confirmé ultérieurement à France 2. Les échantillons proviennent à la fois de ceux prélevés par les journalistes du Monde a-t-il indiqué mais aussi d’une autre source, plus complète, permettant de faire le lien entre ceux qui ont tiré et les victimes. Ainsi que me l’avait confié un pro du renseignement récemment, on peut pas se contenter « d’avoir des gens qui pleurent et des pupilles dilatées ». Il faut remonter « la filière avec un maximum de traçabilité. Du prélèvement (des échantillons) à l’analyse en passant par le(ur) transport et la récupération » de ceux-ci. La certitude de Fabius tranche avec la relative prudence tenue jusqu’à là. Le ministre l’a confirmé de façon plus précise devant l’Assemblée nationale. « Du sarin a été utilisé à Jobar du 12 au 14 avril et à Saraqeb le 29 avril. Le sang et les urines de six victimes démontrent de façon certaine qu’il y a une intoxication. Le régime syrien est-il impliqué. Oui. Il y a des éléments qui permet de relier le largage par un hélicoptère volant à basse altitude de petites munitions qui diffusent de la fumée blanche ».

2. Toutes les options sont sur la table. Fabius a répété la « doxa » française, énoncée clairement par François Hollande l’autre jour à l’Ecole militaire, « qui entendait « n’écarter aucune option, si l’usage des armes chimiques était bien établi ». Mais derrière ce mot, les conséquences demeurent floues. S’agit-il simplement de marquer le coup, et de rappeler aux Russes leurs précédentes déclarations. Comme l’a expliqué aujourd’hui le porte-parole du quai d’Orsay, la « position des Russes telle que je la comprends, est la suivante : la preuve irréfutable de l’usage d’armes chimiques serait de nature à changer leur lecture de la crise syrienne et des remèdes à y apporter ». Ou s’agit-il d’aller plus loin.

3. L’intervention militaire. L Fabius l’a laissé entendre dans son communiqué. « Une ligne est franchie incontestablement. Nous discutons avec nos partenaires de ce qu’il va falloir faire et toutes les options sont sur la table. Ou bien on décide de ne pas réagir ou bien on réagit, y compris d’une façon armée, là où est produit, où est stocké le gaz. » Bien entendu, tant du côté de l’OTAN que des autorités françaises, on déniera toute préparation en ce sens. Mais il semble bien que les planificateurs soient déjà au travail pour préparer différentes options. Encore faut-il que l’intervention soit autorisée par le Conseil de sécurité. Ce qui est une difficulté importante. A moins que l’on s’en passe, et qu’un pays voisin (Israël par exemple) joue les francs-tireurs et intervienne…

4. En concertation avec les alliés. Tout cela est fait en concertation avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni a annoncé le ministre français. « Le gouvernement britannique a confirmé avoir des preuves physiologiques que du gaz avait été utilisé ». A Washington, on reste cependant plus discret.

Pour les Français, comme pour la communauté internationale, c’est un coup de poker. Et un coup de poker dangereux.

(Mis à jour) 5 juin, 16h, avec les propos du ministre devant l’Assemblée nationale

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Arrestation d’un individu suspecté de viol de guerre

(BRUXELLES2) Un individu recherché « pour crime de guerre contre des populations civiles » a été arrêté au Kosovo. L’homme est accusé d’avoir violé une kosovare albanaise durant le conflit qui a secoué le pays entre 1998 et 1999, comme le précise un communiqué d’EULEX, la mission européenne « Etat de droit » déployée dans le pays.

L’arrestation a été menée par l’Unité d’investigation sur les crimes de guerre (WICIU) de la police EULEX sur demande formulée par un juge européen du tribunal de Mitrovica (Nord du Kosovo). L’enquête est menée par une procureur spécial de la mission EULEX issu du Bureau spécial d’investigation pour le Kosovo (SPRK).

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L’OTAN prépare une mission de formation en Libye

A.F. Rasmussen lors de sa déclaration « Doorstep » ce matin (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) L’annonce a été faite par le secrétaire général A.F. Rasmussen avant la réunion des ministres de la Défense ce mardi (4 juin) : l’Alliance prépare une mission de formation et d’assistance pour l’armée et les forces de sécurité libyennes. « La semaine dernière, le gouvernement libyen a demandé les conseils de l’OTAN dans le secteur de la sécurité » a expliqué le Secrétaire général « Nous avons agi rapidement pour répondre » à cette demande.

Un rapport pour fin juin

Une équipe d’experts devrait ainsi s’envoler vers Tripoli « le plus tôt possible », l’objectif est d’identifier les domaines « dans lesquels les Libyens pensent qu’ils ont besoin de conseils et où l’OTAN peut apporter une valeur ajoutée » et de faire rapport à l’OTAN d’ici la fin de Juin. Cela nous permettra « de décider de la voie à suivre » a ajouté Rasmussen. « Je crois que ce serait une bonne façon de poursuivre notre coopération avec la Libye, après que nous avons pris avec succès des mesures pour protéger le peuple libyen il y a deux ans ».

Une formation « off shore »

Trois principes devraient guider l’aide de l’OTAN, a-t-il précisé : « 1) avoir une forte appropriation (de ces questions) par le pouvoir libyen ; 2) fournir des conseils dans les domaines où l’OTAN a une expertise, comme la création de structures de sécurité ». Et dernier principe : « la mission ne conduira pas au déploiement de troupes en Libye » du moins pas automatiquement. « Si nous engageons dans des activités de formation, de telles activités pourraient avoir lieu en dehors de la Libye ».

La formation de la Garde nationale ?

Comme l’a confié à B2 un diplomate, aucun Etat n’est en effet « vraiment très chaud » pour envoyer des troupes en nombre sur place, comme en Afghanistan, dans les conditions de sécurité. Aussi un petit noyau de personnes pourrait assurer, sur place, l’expertise et le conseil. Et l’essentiel des formations se faire « off shore ». Un procédé sur lequel on peut cependant avoir des doutes. Utilisé en Irak, notamment, il n’avait pas vraiment montré son efficacité.

L’OTAN ne formerait pas toutes les forces de sécurité mais pourrait choisir de porter son action sur certains éléments, notamment pour entraîner la nouvelle « Garde nationale » qui va résulter de l’incorporation des différentes milices et aura une vocation de sécurité du territoire.

Si cette mission de formation se concrétise, OTAN et Union européenne se retrouveront à nouveau sur un même terrain d’action. L’Union européenne a commencé à déployer sa propre mission EUBAM Libya pour structurer et former les gardes-frontières.

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La situation à Qousseir (Syrie) fait réagir… un peu !

(BRUXELLES2) « Il n’y aura pas d’impunité pour les auteurs » des violences à Qousseir (Syrie) a déclaré le porte parole de Catherine Ashton, Haute représentante de l’UE, dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche (*). Face aux combats violents qui ont pris une nouvelle tournure plus dramatique depuis le 19 mai, la Haute représentante de l’UE demande l’ouverture d’un accès aux ONG pour l’évacuation des blessés et met en garde contre les exactions envers les civils. « La Haute représentante est profondément préoccupée par les combats à Qousseir qui ont déjà fait des centaines de victimes et ont laissé de nombreux civils dans des conditions extrêmement critiques ». Il est aussi rappelé « le besoin urgent pour une solution politique ». L’UE « ne ménagera aucun effort pour aider à créer les conditions propices à une bonne organisation de la conférence de paix sur la Syrie (Genève 2)».

Commentaire : Cette déclaration a le mérite d’exister. Mais on est dans l’ultra-classique. Parvenu à la presse dans la nuit de samedi à dimanche (à 0h15 !), on pourra ainsi avoir quelques doutes sur le poids d’une telle déclaration qui apparait très en retrait par rapport aux évènements et surtout aux autres prises de position. On ne trouve non plus nulle part, l’offre d’une médiation qui, à défaut d’être acceptée, aurait pu être présentée, ou de demande de commission d’enquête, ni de mention de l’arrivée de renforts étrangers (Hezbollah)… Les ministres des Affaires étrangères des 27, lundi dernier (27 mai), avaient déjà exprimé leur « grave préoccupation » sur les opérations militaires en cours « menées par le régime et ses soutiens », mentionnés ainsi de manière explicite. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, mercredi dernier (29 mai), avait voté une résolution condamnant l’intervention de « combattants étrangers » aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir et demandant une enquête de l’ONU.

(*) Texte original (anglais) “The High Representative is deeply concerned at the ongoing fighting in Qusayr which has already caused hundreds of victims and has left many civilians in an extremely critical situation. The High Representative is appalled at the level of violence in and around the city. There will be no impunity for the perpetrators. The High Representative recalls the responsibility, in particular that of the Syrian government, to protect civilians. She demands that all parties ensure urgent and safe access to relevant organisations to ensure the evacuation of the wounded and civilians and to reach all those in need. The High Representative reiterates the urgent need for a political solution to the conflict and reasserts that the EU will spare no effort in helping to create the appropriate conditions for a successful convening of the peace conference on Syria.”
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Face à la Russie, et la livraison d’armes en Syrie, l’UE mezzo vocce

(BRUXELLES2) A la veille du Sommet UE-Russie, l’Union européenne joue mezzo vocce sur la question de la livraison des armes à la Syrie. C’est du moins le sentiment qu’on peut avoir à écouter les réponses de la Commission européenne que j’ai interrogée lors de la « messe de midi », la traditionnelle séance de questions-réponses face à la presse.

La Commission ne veut pas faire de la question un sujet

La porte-parole de J.M. Barroso, le président la Commission, Pia Ahrenkilde a d’abord cherché à éluder la question, prétextant que tout avait déjà été dit… vendredi. En fait, elle faisait référence à un briefing « off » (qui n’est pas une réponse officielle puisqu’on ne peut pas le citer). La Commission n’entend pas vraiment insister sur ce sujet alors qu’il y tant d’autres points à discuter : les relations commerciales, et aussi la protection des données. Les Russes (comme les Américains auparavant) exigent la communication des données personnelles des passagers des compagnies aériennes européennes. Un moyen de préserver la sécurité, prétendent-ils. Un fer dans la position européenne, peut-on préciser. Les Russes excellant dans l’art de toujours trouver à la veille d’un sommet Ue-Russie, un point embarrassant qui bouscule les conditions de la négociation.

Ne pas aggraver la situation

Du coté de la Haute représentante de l’UE, le ton est plus net. « Cette question sera effectivement abordée ce soir et demain. Je ne peux pas préjuger de ce qui sera dit » a précisé son porte-parole, Michael Mann. « Notre priorité est le processus politique ; nous soutenons l’initiative Russo-Américaine pour Genève 2 » a-t-il ajouté. « Nous demandons à toutes les parties prenantes de ne rien faire pour rendre cette situation qui est déjà très grave encore plus grave, et d’éviter l’augmentation de la violence.» Mais on reste dans la parole politique. La possibilité de mesures de rétorsion si la Russie continue de livrer des armes à la Syrie n’est donc pas évoquée, à ce stade.

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L’Agence européenne de défense organise son premier « war game »

(BRUXELLES2) Le premier jeu de guerre/stratégie (wargame) consacré au futur des capacités militaires de l’Union européenne commence mardi (4 juin). Il se déroulera jusqu’au 6 juin prochain à La Haye. Cette rencontre regroupera 25 experts issus des Etats-membres de l’Union pour « avoir une compréhension rapide de ce à quoi les futurs besoins capacitaires (de l’UE) pourraient ressembler » selon Peter Round, Directeur des capacités à l’EDA.

Aider à prévoir les développements futurs

Le wargame, est un « élément pour soutenir les Etats membres dans la définition des capacités militaires nécessaires à la sécurité commune et aux opérations de la politique de défense à moyen et à long terme ». L’exercice permettra d’identifier les éléments et points décisifs et d’orienter les futurs décisions en matière de capacités civiles et militaires. Les résultats définitifs de l’exercice seront présentés aux États membres, à l’automne 2013.

Différents scénarios à l’étude

Durant les trois jours, les participants vont se pencher sur 4 scénarios différents. Le premier appelé Classic Case, prévoira que l’équilibre mondial se poursuivra d’une « façon positive et stable ». Le second, Agressive Multi-Polarism permettra d’aborder le cas où plusieurs pouvoirs forts entreraient en compétition sur le plan de l’influence, des ressources et du militaire. Le troisième cas, Failing State, prévoit l’éventualité d’une augmentation du nombre d’Etats ne pouvant « plus répondre aux challenges de la mondialisation, de la concurrence sur les ressources et du changement climatique ». Enfin, les experts envisageront le cas d’un conflit non-conventionnel (Unconventional Conflicts) où l’opposition militaire directe se raréfient et où une lutte entre les Etats s’installe par le biais de nouveaux acteurs (aide au terrorisme ou acteurs radicaux).

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