Bouclier antimissile: le hic fiscal tchèque

La ministre tchèque de la
Défense, Vlasta Parkanova, a indiqué durant sa visite à Washington que l’accord sur le déploiement de soldats américains
(accord Sofa) pour la future base radar du bouclier antimissile américain en Bohême ne sera signé que d’ici à l’automne prochain. Pour signer ce texte, qui complète l’accord principal sur
l’installation du radar américain signé début juillet à Prague par Condolleezza Rice et Karel Schwarzenberg, il reste, d’après l’agence de presse CTK, toujours un problème fiscal à régler : qui
doit payer la TVA notamment ? On peut d’ailleurs se demander si un Etat membre de l’Union peut ainsi autoriser certaines personnes d’Etat tiers à ne pas acquitter la TVA, au regard des règles
communautaires.
Autre interrogation : le Parlement tchèque va-t-il vraiment approuver ces accords en automne ? Certains députés de la majorité gouvernementale se tâtent : les Verts surtout ; ceux de l’ODS
le parti de Vaclav Klaus ont beaucoup moins de doutes. Certains députés socio-démocrates, en revanche, pourraient voter en faveur du radar. Signalons que Vaclav Havel s’est prononcé en faveur de
cette implantation. C’est à l’automne également que les députés tchèques pourraient se prononcer sur le Traité de Lisbonne. Le gouvernement est donc tenté de lier les deux sujets pour assurer la
discipline dans sa majorité.
C’est enfin à l’automne que l’on pourrait voir plus clair dans l’installation des rampes anti-missiles en Pologne. Il est donc possible donc de se demander si cette question fiscale n’est pas avant
tout un bon prétexte pour les bons élèves Tchèques de retarder l’approbation finale de l’accord.
Quant à nos amis Russes, ils ont reconnu que la division par deux du flux pétrolier sur le pipeline Droujba, le jour même de la signature de l’accord sur le radar entre Américains et Tchèques était
vraiment dû au hasard et une pure erreur technique du fournisseur Tatneft. Si si… Les Russes commencent peut-être aussi à percevoir que les coupures à répétition de certaines fournitures, pour
raisons éminemment politiques, commencent à menacer la sérénité de leurs échanges commerciaux avec ces clients européens qui recherchent, désormais ouvertement, comment se passer d’un fournisseur,
aussi fantasque…
(Crédit Photo : Usa)
