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L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule (maj)

L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule (maj)

La reconquête de l'université de Mogadiscio par les soldats ougandais (crédit : AMISOM)

(BRUXELLES2) L’Union européenne a déjà fourni 325 millions d’euros pour soutenir la force de l’Union africaine pour la Somalie (Amisom), depuis 2007, selon les chiffres fournis par un expert européen avant la conférence pour la Somalie à Londres. Ce montant s’est accéléré dans les derniers mois. En 2011 ont été versés plus de 100 millions d’euros. Et 67 millions ont été engagés jusqu’à juillet 2012. ce n’est pas la seule aide européenne à la Somalie : l’UE a ainsi versé depuis 2008, 500 millions d’euros pour des projets visant à soutenir le développement (éducation, gouvernance, économie) et 210 millions d’euros en aide humanitaire.

Une contribution essentielle pour payer les salaires et la logistique

L’effort est conséquent ! L’Europe verse ainsi environ 10 millions d’euros par mois désormais à l’Union africaine pour l’Amisom (environ 130 millions d’euros). « C’est important car cela crée un cadre propice au développement » explique un officiel européen. Cette contribution de l’UE permet d’assurer les salaires des troupes, la logistique (transport, bâtiment, communications) et le soutien médical. Mais pas les « équipements et les armes fournis par les Américains », a confirmé un diplomate européen à B2.

Et cette somme pourrait augmenter dans l’avenir. José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne l’a confirmé officiellement lors de son point de presse avec le Premier ministre somalien aujourd’hui (mardi 21 février). « L’UE se tient prête à mobiliser des ressources supplémentaires afin de permettre une augmentation du nombre de troupes ». Mais l’UE ne veut plus continuer payer toute seule. « Notre effort ne couvre qu’une partie des besoins accrus ; j’appelle les autres donateurs et la communauté internationale à intensifier leur aide » a précisé J.M. Barroso. Si les chiffres sont confirmés, cela pourrait représenter environ une augmentation de 50% des subsides pour l’UE. La Commission souhaiterait, en particulier, que les pays arabes mettent un peu plus au pot. « Ce sera le message que nous voulons porter à Londres » a précisé un expert du dossier à B2.

(maj) Selon les informations communiquées à B2, cette augmentation se heurte à une difficulté interne à l’Union européenne. Les fonds disponibles au titre de la Facilité de paix pour l’Afrique – qui sert à financer l’Amisom – ne suffiraient pas à eux seuls. Et il faudrait puiser dans d’autres lignes du Fonds européen de développement. C’est la proposition de la Commission européenne. Or, ce fonds n’est pas « communautarisé » (il n’est pas inclus dans le budget communautaire). Et certains Etats membres sont réticents à cette ponction. Ils refusent également que l’Union s’engage de façon ferme à la conférence de Londres, jeudi.

L’heure à l’optimisme mais…

Cette conférence de Londres s’ouvre sur une note d’optimisme. « Nous passons d’une ère de non droit et d’extrémisme à une ère de paix et stabilité » a déclaré, Abdiweli Mohamed Ali, le Premier ministre somalien, à l’issue de sa rencontre à la Commission européenne. Optimisme rendu possible par les batailles gagnées sur le terrain. Sous le poids conjugué de l’offensive des Kenyans au Sud, de l’Ethiopie à l’Ouest, et des contingents burundais, djiboutiens et ougandais de l’AMISOM, renforcés par les premiers soldats somaliens entraînés et formés par l’Union européenne, les forces d’Al Shabab ont dû reculé d’abord de Mogadiscio puis de plusieurs villes du pays. Les Kenyans visent maintenant Kismayo, le poumon portuaire des Al Shabab, tandis que les Ethiopiens aidés de forces somaliennes visent le district de Yeed, porte névralgique pour libérer les régions de Bay et Bakool.

« Les forces d’Al Shabab semblent être en retraite » se réjouit un diplomate européen. Constat plus mesuré cependant pour des responsables de l’aide humanitaire européenne qui soulignent que nombre de populations restent encore « sous le contrôle des Al Shabab » et qu’il existe encore « plusieurs problèmes d’accès pour l’aide humanitaire » dans plusieurs endroits du pays. D’ailleurs, l’idée de lancer un processus de DDR – désarmement, démobilisation, réintégration – qui est souvent le signe d’un apaisement de la situation pour les combattants des milices islamistes, apparaît vraiment prématurée aux yeux des observateurs. « Ce n’est pas encore le moment. Cela viendra un jour j’en suis sûr » a concédé à B2 un haut diplomate européen.

La nouvelle AMISOM, augmentée des contingents kenyans

Carte de la Somalie avec les secteurs de la nouvelle Amisom (crédit : ONU / B2)

Selon le projet préparé par le secrétariat général de l’ONU et l’Union africaine, le plafond des effectifs de l’AMISOM devraient augmenter passant de 12.000 (*) à 17.331 hommes. Le plan de l’ONU prévoit également le déploiement de 260 policiers et de 2 unités de police constituées (FPU), chargées du maintien de l’ordre, comprenant chacune 140 personnes.

Cette augmentation serait notamment obtenue en incorporant les contingents kenyans déjà présents dans le sud du pays et menant actuellement l’offensive contre les Al Shabab. Une décision est attendue au Conseil de sécurité sur le sujet. La discussion est en cours à New-York notamment entre responsables européens et internationaux pour financer cette augmentation.

La répartition des troupes se ferait alors de la manière suivante :

  • Secteur 1 : Banadir    (Mogadiscio)    et    Shabelle    moyen    et    inférieur : contingents burundais et ougandais, effectif actuel (9 500 hommes).
  • Secteur 2 : Djouba moyen et inférieur (Kismayo) : contingent kenyan, transféré sous le commandement de l’AMISOM (4 700 hommes).
  • Secteur 3 : Gedo,    Bay    et    Bakool    (Baidoa)    et    partie    occidentale    de l’Hiraan : reste des contingents burundais et ougandais (2 500 hommes)
  • Secteur 4 : Galgudud, Mudug et une partie de la région de l’Hiraan (Beledweyne) : contingent djiboutien (1 000 hommes).

Selon le plan des Nations-Unies, l’AMISOM devrait également être renforcée par certains moyens notamment au niveau aérien (hélicoptères) et maritimes (navires).

(*) Un chiffre qui n’est pas encore atteint, il serait plutôt aux alentours légèrement inférieur 10.000 hommes.

Quelques questions délicates demeurent

Il reste encore nombre de sujets délicats pour la communauté internationale. Premier des sujets « délicats », le statut du Somaliland. Cette région du nord de la Somalie, assez stable et épargnée par les derniers troubles, a proclamé son indépendance et n’a pas participé à la dernière conférence de Garowe II qui a entériné un processus destinée à conforter le gouvernement fédéral : mise en place d’une assemblée constituante – désignée par les « ainés » – et d’une chambre haute, représentant les clans et régions, désignation d’un nouveau gouvernement qui remplacera le gouvernement de transition d’ici août. « C’est au peuple de Somalie de décider. » précise prudemment un diplomate européen. « Nous suivons la position de l’Union africaine » ajoute-t-il. « Si la structuration du gouvernement de la Somalie et son financement deviennent efficaces, la donne pourrait être différente » suggère-t-il cependant. Autre sujet délicat : que faire avec l’Ethiopie ? Celle-ci mène une offensive décisive, et possède des troupes bien entraînées. Mais elle ne semble pas intégrée dans la future Amisom. Troisième sujet : la possible levée de l’embargo sur les armes sur la Somalie. Demandée essentiellement par les autorités du Puntland, elle se heurte à nombre de difficultés. Ce point-là n’a, officiellement, pas été discuté entre Européens et Somaliens. « Le moment ne semble pas vraiment mûr » a expliqué à B2 un diplomate européen. Le Puntland est trop engagé dans des querelles de frontière, notamment avec le Somaliland, dans une zone stratégique où existent de nombreux champs potentiels de pétrole.

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Le CICR réclame un cessez-le-feu en Syrie. Georgieva demande à ne pas politiser de l’aide

(BRUXELLES2) Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR​​) a appelé aujourd’hui (21 février) « les autorités syriennes et tous les autres acteurs impliqués dans les violences en cours » à mettre en œuvre un cessez-le-feu d’au moins deux heures, tous les jours dans toutes les zones touchées, afin de permettre la livraison de l’aide humanitaire. « La situation actuelle exige une décision immédiate pour mettre en œuvre une pause humanitaire dans les combats», explique Jakob Kellenberger, le président du CICR. « A Homs et dans d’autres zones touchées, des familles entières ont été bloquées pendant des jours dans leurs maisons, incapables de sortir pour chercher du pain, d’autres aliments ou l’eau, ou pour obtenir des soins médicaux. » Cette pause de deux heures par jour dans les combats permettrait au « personnel du CICR et aux volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien d’avoir assez de temps pour fournir de l’aide et évacuer les blessés et les malades. (*) » De son coté, la commissaire européenne à l’Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a lancé un appel à ne pas politiser l’aide. « Les conditions continuent de se détériorer » (en Syrie). Et dans plusieurs villes, « les personnes souffrent de violences ». « J’en appelle au gouvernement syrien pour aider la population. Et j’en appelle à toutes les parties de respecter la neutralité des travailleurs humanitaires. L’assistance humanitaire doit atteindre toute la population et ne doit en aucun cas être politisée. » a-t-elle déclaré.

(*) Depuis le 11 Février, le Croissant Rouge arabe syrien et les équipes du CICR ont réussi à entrer dans les villes de Homs, Bludan, Al Zabadani et Madaya (Rural Damas) à fournir une assistance humanitaire aux populations vulnérables .

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La Serbie dans l’Europe. Oui elle le mérite, selon Alain Juppé

(B2) Dans un entretien avec le quotidien serbe « Večernje Novosti », Alain Juppé a estimé que la « Serbie mérite de franchir une nouvelle étape vers l’Union européenne ». Le pays « a accompli de nombreux progrès en matière de réformes politiques, de coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, de dialogue avec le Kosovo ». Il a cependant estimé que quelques progrès doivent être faits sur la gestion des frontières. « Il est essentiel qu’un signal clair soit donné sur la mise en œuvre de la gestion intégrée des frontières d’ici le Conseil du 28 février. Il est par ailleurs important que la mission EULEX puisse exercer librement son mandat au nord du Kosovo » a-t-il ajouté.

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La mesure de rétorsion de l’Iran: un avertissement sans frais

(B2) La décision iranienne de stopper ses exportations de pétrole vers deux pays de l’Union européenne – Royaume-Uni et France – annoncée dimanche (19 février) par le porte-parole du ministère iranien du pétrole – ressemble plutôt à un coup d’épée dans l’eau. Le Royaume-Uni avait déjà cessé toute importation de brut iranien. Et, pour la France, ce pays ne représentait qu’une part limitée des importations (2,80% dans les premiers mois de 2011). Après les sanctions décidées par l’Union européenne, le 23 janvier, « les sociétés françaises ont déjà cessé leurs achats de pétrole iranien » a confirmé le quai d’Orsay, hier. L’Iran qui avait menacé de prendre, dès le lendemain, des mesures de rétorsion contre ses partenaires européens a donc gradué sa réplique au minimal, de façon à ne pas toucher ses partenaires essentiels (Grèce, Italie…) mais aussi son industrie pétrolière qui aurait sans doute des difficultés à trouver preneur sur le marché mondial immédiatement. Il s’agit donc là d’un avertissement sans frais.

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Au Kosovo, il est temps de passer à une logique « Commission » (X. Bout de Marnhac)

Au Kosovo, il est temps de passer à une logique « Commission » (X. Bout de Marnhac)

(BRUXELLES2, entretien, Exclusif) Xavier Bout de Marnhac, un ancien général français, dirige depuis presqu’un an et demi la mission européenne « Etat de droit » déployée au Kosovo. La plus importante mission civile que l’UE ait jamais déployée (près de 3000 hommes, policiers, magistrats, douaniers). Le moment est crucial, à la fois sur le terrain car les tensions sont toujours persistantes. Et, également, car les Européens ont engagé une révision (review) de la mission pour la recentrer sur certaines tâches primordiales et assurer la transition de certaines de ces missions aux autorités locales de Pristina, près de quatre ans après la déclaration d’indépendance et le début de cette mission (en 2008). Cet entretien a été aussi l’occasion de tirer les leçons de la présence européenne au Kosovo – « on ne peut relâcher la vigilance à aucun moment » – ; sur le travail judiciaire – important mais le temps de la justice n’est pas le temps médiatique ou politique – ou l’enquête « Marty » – qui avance lentement mais sûrement.

On ne peut relâcher la vigilance, à aucun moment

Quelles sont les leçons que vous tirez de votre présence au Kosovo ?

X. B. M. – La première leçon, c’est qu’on ne peut relâcher la vigilance, à aucun moment. Depuis ma prise de fonction, j’ai vécu dans la gestion de crises en permanence. Nous avons eu la démission du président, suivies des élections. Nous avons conduit la plus grosse opération de maintien de l’Etat de droit avec la Kfor ; 650 personnes déployées sur le terrain pour faire des perquisitions judiciaires qu’on pourrait appeler de routine. Et, depuis l’été, on est dans la crise.

La situation peut-elle se calmer ?

X. B. M. – Ça ne se calmera pas tant qu’il y n’y aura pas une solution politique. Cela a été une grosse erreur collective de croire que les choses se tassant, le niveau de perturbation restant plat, on pouvait penser à une sortie de crise. Les sujets de fond ne sont pas réglés et ne le sont pas toujours. Et çà devrait rester tendu un moment encore. Le calendrier régional n’est pas favorable : on entre dans les élections en Serbie, et il faudra ensuite peut-être du temps pour former un gouvernement de coalition. Puis, nous aurons les présidentielles serbes et sans doute des élections générales au Kosovo. On est donc parti pour une année politique chargée. On peut faire certains reproches à la mission ; mais ce n’est pas notre job de faire avancer le règlement politique.

Ces reprises de violence ne semblent pas tout à fait spontanées ?

X. B. M. – C’est typique. Chaque fois que s’ouvrent des tentatives de négociation, il y a accroissement des violences. Il y a des gens qui ont un intérêt à favoriser le désaccord.

La dynamique de l’élargissement qui pourrait s’enclencher avec la reconnaissance du statut de pays candidat à la Serbie fin février peut-il jouer pour calmer les esprits ?

X. B. M. – Je ne crois pas. Ce serait plutôt le contraire. Au Nord du Kosovo, ils ne sont pas dans cette logique et redoutent plutôt le rapprochement de la Serbie avec l’Union européenne. Ils craignent de faire les frais d’un deal politique général. Ça ne les calmera donc pas.

Comment se passe la situation aux frontières ?

X. B. M. – Nous sommes présents aux postes frontières avec les douaniers kosovars. Le poste est ouvert. Mais personne ne circule car les routes sont bloquées, de part et d’autres. Il y a des barrages des deux côtés, côté serbe également. On essaie d’inciter Belgrade à jouer le jeu et faire pression pour que ces barrages sont levés.

L’accord signé par Pristina et Belgrade peut-il débloquer la situation ?

X. B. M. – Pas nécessairement. On va se retrouver avec la question : comment les douaniers locaux rejoignent régulièrement les postes-frontières. Pour l’instant, ils ne peuvent pas utiliser les routes. Nous sommes obligés de les amener sur place par hélicoptère.

On enquête sur des dossiers très sensibles

Sur le volet justice de la mission, où en êtes-vous ?

X. B. M. – On a avancé. 1750 dossiers ont été traités par les procureurs européens, dont plus de 300 sont encore en cours (*). Nous avons rendu près de 280 jugements prononcées directement par les instances Eulex (panel mixte ou majoritaires). Et les sentences ont été lourdes : 18 ans pour un procès de crime de guerre (aff. Bllaca contre F. Gashi), 15 ans pour le procès de traite d’êtres humains (aff. rivière Tisza)…. On enquête sur des dossiers très sensibles – de crimes de guerre, de trafic d’êtres humains, de corruption – comme le dossier Medicus (une affaire de trafic d’organes), des crimes de guerre impliquant l’ancien ministre des Transports, une enquête de corruption impliquant l’ancien ministre des Retour.

Où en est l’enquête spéciale sur le rapport Marty ?

X. B. M. – Elle se met en place doucement. Il y a tout un travail législatif préalable à faire pour la fluidité des enquêtes, le recueil de preuves. Mais ça se présente bien. Je suis confiant sur le processus. La législation en Albanie doit être adaptée pour pouvoir agir. (De façon générale), on va utiliser un peu les mêmes mécanismes que le tribunal pénal international. Les éléments d’enquête préliminaire ont été recueillis par la task force. D’ici la fin de l’année, on devrait en savoir plus, par exemple sur les poursuites. Mais n’espérez pas un résultat tout de suite. On cherche, on recueille des preuves. Je veux rester très prudent sur les délais.

Vous paraissez fort prudent ?

X. B. M. – C’est une des leçons que j’ai retenues dans cette mission : le rythme de la justice n’est pas le rythme de la politique et des médias. La mission a trop pris d’engagement sur les délais dans le passé, qui n’étaient pas réalistes. Ça a été mal vécu, en termes de perception de la mission. Il faut se rappeler que même dans nos pays, c’est long ; en France, il nous a fallu tout de même 40 ans pour juger Bousquet et Papon.

La revue de la mission est engagée, mise en oeuvre à compter de juin

Vous vous êtes entretenus avec les ambassadeurs du COPS pour présenter les grands axes de la révision de la mission. Quel est votre point de vue ?

X. B. M. – Je milite pour « passer d’une logique de mission à une logique de la Commission européenne ». Utiliser de plus en plus les outils habituels a deux avantages : faciliter la transition, et ramener le Kosovo dans un cadre similaire à celui des autres pays de la région. C’est une certaine forme de normalisation de la relation des institutions européennes. Un peu comme on l’a fait en ex république yougoslave de Macédoine. L’Albanie, la Serbie, le Monténégro fonctionnent déjà avec la Commission européenne comme unique contact.

Quels sont les grands axes de cette review ?

X. B. M. – La tendance est de transférer toutes les activités où on estime que les institutions locales sont en mesure de prendre le relais. Nous allons alléger la présence au sud du pays, notamment au niveau de l’assistance à la police, car on a atteint les objectifs principaux. On garde une capacité de conseil au niveau gouvernement central et quelques équipes mobiles d’assistance. Au Nord, on maintient l’objectif, en fonction de la libre circulation qu’on peut obtenir, qui n’est pas très grande aujourd’hui. Mais on essaie de l’améliorer. La libre circulation, ce n’est pas une fin en soi mais elle permet de mettre en place toute la mission État de droit.

La taille de la mission va donc aussi diminuer ?

X. B. M. – Oui sans doute. De quel volume ? Cela reste encore à définir. Certains États militent pour une révision ambitieuse (c’est-à-dire une baisse de 30 à 40% des effectifs). D’autres sont plus prudents. Cela reflète un contexte régional différent. La pression économique et budgétaire joue également, on ne peut pas le nier. Ce sera donc aux États de décider avec tous ces éléments. Pour ma part, je milite pour une approche ambitieuse ; les institutions locales auront ainsi plus de marge d’agir.

Combien de personnes disposera alors la mission reformatée ?

X. B. M. – Difficile de le dire précisément aujourd’hui. Il faut bien voir que nous sommes au début du processus. Dans un premier temps, on définit les principaux objectifs de la mission. Dans un second temps, on va définir les fonctions à remplir. Enfin, on précisera le personnel nécessaire.

On ne renonce pas au mandat exécutif, une spécificité de la mission

Va-t-on revoir le mandat exécutif ?

X. B. M. – On ne renonce pas au mandat exécutif. Nous n’avons pas l’intention de renoncer à ce qui fait la spécificité de cette mission. Tout le monde est d’accord sur ce point. En matière d’enquête, d’arrestation, de passage au tribunal, de jugement, les Européens gardent la main. En mettant le focus sur quatre sujets en particulier : la lutte contre le crime organisé, les crimes de guerre, la corruption ainsi que la protection des témoins.

Vous gardez donc également des unités de police constituées (FPU). Elles sont toujours utiles ?

X. B. M. – Oui. C’est nécessaire. On l’a bien vu en janvier ; durant trois week-ends de suite, notre FPU a été engagée au sud, en soutien de l’unité de la police du Kosovo (NB : la visite de Tadic au monastère, puis les manifestations du mouvement Vedense). C’est le seul bâton un peu musclé que je peux utiliser. C’est aussi notre seul lien avec les forces militaires de la KFOR. Certes l’OTAN a gelé la baisse de ses effectifs. Mais jusqu’à quand…

La mission ne dispose plus qu’une unité FPU cependant ?

X. B. M. – Mis à part quelques effectifs français et italiens, je n’ai en effet plus qu’une FPU à disposition (NB : les Polonais). On est vraiment au-dessous du minimum. C’est très court, dans le Nord mais aussi au Sud du pays. Il y a quelques idées en l’air (en matière de financement notamment…). Mais je n’attends pas de miracle. La plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a.

(*) Dans le détail, 76 procès en cours et 20 verdicts sur les crimes de guerre, 68 procès en cours et 31 verdicts sur la corruption, 27 procès en cours et 15 verdicts sur le crime organisé.

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Ecrasante majorité pour condamner le régime syrien et ses violences. 12 contre

(crédit : ONU)

(BRUXELLES2) La résolution votée aujourd’hui (17 février) par l’Assemblée générale de l’ONU sur la Syrie est sans doute non contraignante mais écrasante. C’est en effet à une majorité sans appel de 137 votes en faveur, 12 votes contre et 17 abstentions (*), que la communauté internationale a condamné « la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes. » Cette résolution ressemble de près à celle que la Russie et la Chine avaient rejetée, le 4 février, lors de la réunion du Conseil de sécurité. Mais elle n’appelle pas au déploiement d’une force d’interposition.

Tous les pays européens ont voté pour la résolution. Plusieurs pays n’ont pas participé au vote. Les « Douze » pays qui ont voté contre, ne sont pas tous très recommandables. Outre le principal intéressé – la Syrie – et ses deux alliés – la Russie et la Chine – , on trouve la Bolivie, le Belarus, Cuba, l’Equateur, l’Iran, le Nicaragua, la Corée du Nord, le Venezuela, le Zimbabwe. Et les Dix-Sept qui se sont abstenus sont… :  l’Algérie, l’Angola, l’Arménie, Fidji, le Cameroun, les Comores, le Liban, le Myanmar, la Namibie, le Népal, le Sri Lanka, St Vincent, le Surinam, la Tanzanie, Tuvalu, l’Ouganda et le Vietnam. C’est relativement peu et est le signe d’une incontestable défaite pour les Russes et Chinois, qui n’ont pas réussi à rassembler d’autres poids lourds des pays émergents autour d’eux, contrairement à l’action en Libye.

La fin des violences et l’accès humanitaire

La résolution exige que, sans plus tarder, « le gouvernement syrien fasse cesser toutes les violences et protège sa population; libère toutes les personnes qui ont été détenues arbitrairement en rapport avec les récents incidents; retire toutes les forces armées et militaires syriennes des villes et agglomérations et les fasse réintégrer leur caserne d’origine; garantisse la liberté de manifester pacifiquement. » Elle « engage les autorités syriennes à autoriser les secours humanitaires à apporter en toute sécurité et en toute liberté une aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin. »

Processus démocratique

La résolution demande que soit engagé « un processus politique sans exclusive qui soit dirigé par les Syriens et qui se déroule dans un climat exempt de violence, de peur, d’intimidation et d’extrémisme afin de répondre concrètement aux aspirations et aux préoccupations légitimes du peuple syrien. » La résolution soutient sans réserve « la décision prise par la Ligue des États arabes le 22 janvier 2012 visant à faciliter une transition politique dirigée par les Syriens vers un système politique démocratique et pluraliste ».

Un envoyé spécial « bons offices »

Parmi les moyens concrètement envisagés, l’assemblée générale demande au Secrétaire général de nommer un envoyé spécial et d’apporter « une assistance technique et matérielle » aux efforts de la Ligue arabe. Un rapport devra être remis dans les 15 jours sur l’application de ces mesures par Ban Ki Moon, précise la résolution.

Texte de la résolution et feuille de vote dans les docs de B2

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La mission européenne en Libye d’assistance à la sécurité. Il faut aller vite (Ana Gomes)

un check point en Libye lors de la visite de la délégation du parlement européen (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Ana Gomes, qui a participé à la visite des « Cinq » en Libye, que j’ai rencontrée dans les couloirs du Parlement européen abonde dans le sens d’Arnaud Danjean sur la nécessité d’aider « très vite » les Libyens à restructurer leur force de sécurité (lire : De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?).

Les milices, un facteur de sécurité

Il existe des plans pour avoir une police de 25.000 hommes et une armée de 25.000 hommes également. « c‘est bien ». Mais cela prendra du temps. Il faut agir maintenant » explique-t-elle. Quant à supprimer les milices, ce n’est tout simplement pas possible. « Les milices armées sont aujourd’hui le seul facteur de sécurité. Cela peut apparaître paradoxal. Mais c’est la réalité. En même temps, ces mêmes milices peuvent aussi être sources d’insécurité, tout simplement car elles sont elles-mêmes insécurisées sur leur avenir ; elles ne sont pas toutes payées. Etc »

Les Libyens demandeurs

Pour l’eurodéputée portugaise socialiste, il est donc plus qu’urgent d’aider les Libyens à construire leur propre force de sécurité. « Ils ont besoin de nous. Ce n’est pas comme les Egyptiens, les Libyens nous le demandent. Nous ne pouvons avoir des missions qui se rendent sur le terrain puis rentrent. Je viens de l’expliquer à Pierre Vimont (Nb : le responsable du service diplomatique européen). Il faut avoir des gens sur place. Des spécialistes qui, dans chaque administration – là où le veulent les Libyens -, constituent des « task forces » pour structurer ces forces de sécurité, entraîner les hommes. Il faut le faire de façon rapide. » Catherine Ashton, la Haute représentante, doit prendre une initiative forte sur le sujet, et rapidement.

Non à la fermeture du bureau de Benghazi

L’eurodéputée souligne enfin combien ce serait une « bêtise de fermer le bureau de liaison technique à Benghazi. » L’homme qui le dirige a acquis une véritable expertise. « Il a tissé des liens, connait tout le monde » dans cette Libye nouvelle.

Lire également : Le chef de bureau de liaison à Benghazi nommé

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Bachar tombera et rendra compte (A. Juppé). Ses 5 pistes sur la Syrie

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Alain Juppé s’est voulu déterminé devant les eurodéputés de la commission des Affaires étrangères, mercredi (15 février). « Bachar el Assad tombera. il devra rendre compte du massacre de son peuple. » Ce qui se passe actuellement en Syrie est « inacceptable, profondément choquant. Cela pourra rester une tâche sur le travail des Nations-Unies (si on n’agit pas) » a expliqué le ministre français des Affaires étrangères. « L’Union européenne est aujourd’hui unie pour soutenir la Ligue Arabe et renforcer l’opposition syrienne. » Et de tracer, devant les eurodéputés, une sorte de feuille de route des Européens sur la Syrie. 

Première piste : Le groupe des amis de la Syrie. « Aux côtés des 13 (Etats) qui ont voté pour le projet de résolution, bloqué par Moscou et Pékin, de tous nos alliés régionaux et bien sûr de la Turquie, j’appelle l’UE à apporter tout son appui au groupe des amis du peuple syrien » qui se réunira le 24 février à Tunis. C’est la première piste. Ce groupe a un « objectif clair : accentuer la pression sur les pays qui bloquent au Conseil et sur Bachar el Assad. C’est un peu la même chose que pour la Libye à la différence qu’on avait une intervention militaire et une résolution des Nations-Unies. »

Deuxième piste : la résolution présentée à l’AG des Nations-Unies par l’Egypte et les pays arabes. « Elle est soutenue par l’UE, les 27 sont unis sur le sujet. Ce ne sera qu’un texte déclaratoire. Car l’AG n’a pas pouvoir de décision. Mais ce sera un geste important. »

Troisième piste : la force de maintien de la paix. Les Européens et Arabes travaillent sur une nouvelle résolution au Conseil de sécurité permettant l’envoi d’une force de paix, comme le demande officiellement la Ligue arabe. « Nous ne voyons pas encore bien tous les contours. Elle ne sera pas sous le chapitre VII (recours à l’usage de la force), sous le chapitre VI (observation). J’ai demandé que cette mission soit sur une mission humanitaire, soit sur l’idée de corridors humanitaires lancés par la Ligue arabe. Mais je crains un (nouveau) veto de Russie » a-t-il ajouté. Après Strasbourg, le ministre doit s’envoler pour Vienne, où il rencontrera demain (jeudi 16 février), son homologue russe, Sergueï Lavrov un homme clé des relations internationales aujourd’hui, que ce soit pour la Syrie ou l’Iran. « Je compte user de la force de conviction. » a-t-il expliqué à quelques journalistes dans un corridor du Parlement après l’audition. « La Russie ne peut pas rester isolée. Ce n’est pas une bonne chose. Son veto fait que le massacre de la population continue. » De source diplomatique française, on n’attend cependant pas d’avancée majeure de Moscou, la « campagne électorale en cours en Russie n’y contribue pas vraiment », a expliqué à B2 un diplomate.

Quatrième piste : « aider l’opposition à s’unir ». « Celle-ci est éclatée, entre ceux qui sont à l’intérieur et à l’extérieur, celle qui est armée et celle qui ne l’est pas. Il y a des communautés différentes. » explique Alain Juppé.

Cinquième piste : les sanctions. « L’UE a été la première à sanctionner Bachar el-Assad et les complices de ces crimes contre l’humanité quand la Russie et la Chine continuent d’empêcher la Conseil de sécurité » Quelques jours après la réunion du groupe de contact, le Conseil des Affaires étrangères de l’UE devrait établir (le 27 février), un nouveau train de sanctions, le onzième, « avec de nouvelles sanctions, très dures » a-t-il précisé.

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De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

visite en Libye, 13 février 2012 (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) A quelques jours de la célébration du premier anniversaire de la « révolution libyenne » (le 17 février), une mission du Parlement européen était en Libye durant plusieurs jours.

Une visite très instructive pour les cinq eurodéputés de la sous-commission Défense (*) qui ont pu rencontré les principaux responsables politiques du pays : le Président du Conseil National de Transition, Abdul Jalil, puis le Premier Ministre et les principaux membres du gouvernement libyen, ainsi que le chef d’Etat major de la nouvelle armée libyenne. La mission ne s’est pas contentée d’aller à Tripoli. La délégation s’est également rendue à Benghazi, lieu d’origine de la rébellion, pour rencontrer les chefs tribaux & membres du CNT. Et, en début de mission, des entretiens ont eu lieu avec les acteurs internationaux ainsi que les « brigades » de Zintan & Misrata.

A son retour de mission, B2 a pu s’entretenir – d’abord par téléphone puis de visu – avec Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense, qui a bien voulu nous confier ses impressions, sur ce qu’il a vu sur place, « impressions globalement partagées par les autres membres de la délégation », précise-t-il.  L’eurodéputé soutient également pour une présence plus développée de l’Union européenne dans le pays, notamment au plan de l’assistance aux réformes de sécurité, à la démocratie et à la santé.

La situation sécuritaire, maitrisable – la démocratie, un défi culturel

Pas de chaos, mais un risque futur

Concernant la sécurité, « Je n’ai pas trouvé le chaos décrit parfois. On n’est pas réveillé toutes les nuits par des tirs de katiouchas ou de kalachnikovs » a expliqué l’eurodéputé à B2. Certes « Les Katibas quadrillent le terrain. Et aucune ne veut désarmer avant l’autre, sans d’avoir des garanties de transition politique. On se retrouve donc plutôt avec une juxtaposition de milices armées qui tirent leur légitimité des combats et se partagent le terrain. Mais on assiste peu de clashs entre elles, peu d’affrontements. Il y a beaucoup de sensationnalisme. » « Cela peut arriver bien sûr. La situation n’est pas satisfaisante sur la sécurité intégrée, l’armée et la police partent de zéro. C’est tout le défi de réintégrer ces ‘katibas’ dans les structures régulières. »

Pour une situation post-conflit, c’est raisonnable

L’eurodéputé – qui en a vu d’autres -, relativise d’ailleurs l’effet de désordre parfois décrit. « Par rapport à d’autres situations post-conflit, au chaos qu’on a trouvé en 2001 et qu’on trouve toujours en Afghanistan, ou au Kosovo, en 1999, après le retrait des Serbes, on est en Libye dans le domaine du raisonnable. »

Son atout, sa richesse

Et, puis, la Libye a un énorme atout. « C’est un pays riche. Et çà se sent. Même si cette richesse est mal répartie, surtout en matière d’infrastructures. Ainsi si Tripoli et sa région sont assez bien dotées en eau et électricité, l’Est du pays avec Benghazi, l’est moins. (…) C’est un grand pays géographiquement avec peu d’habitants. »

Le déficit de culture démocratique

En revanche, sur le plan démocratique, nous sommes face à un problème vraiment culturel. « Il n’y a jamais eu en Libye d’élections, même factices. Il y a un manque ce qu’est un débat démocratique, une campagne électorale. Deux générations de Libyens ne savent même pas ce que c’est que mettre un bulletin dans une urne. » Malgré, tout, il y a une société civile vivante. Beaucoup de gens sont engagés, il y a des médias. On sent une effervescence mais aussi une absence de savoir faire qui reste criant. Il y a une grande soif de liberté. Mais ils ne sont pas habitués humainement à cela » « Comment faire fructifier cette liberté retrouvée, ce besoin démocratique, c’est toute l’ampleur de ce défi. »

L’influence islamiste, réelle mais difficile à saisir

C’est un défi, reconnait Arnaud Danjean. « Saisir la réelle influence islamiste » est une difficulté. Car « Beaucoup avancent masqués » Cette influence existe sans nul doute ; mais peut-être pas là où on le pense. « Il faut relativiser la puissance des Islamistes et leur influence. Ainsi l’influence de Abdelhakim Belhadj à Tripoli est sans doute surestimée. Toutes les autres milices nous disent que ce n’est pas un problème. Et qu’on peut « en finir » avec lui rapidement si nécessaire. »

En revanche, il est plus inquiet sur l’est du pays. « Benghazi est, sans doute, plus islamiste (NB : par tradition). C’est d’ailleurs un paradoxe. Car c’est de là où tout est parti. Et on y sent un bouillonnement libéral ». Attention cependant « Il y a un ressentiment à Benghazi, qui voient les Européens quitter la ville pour Tripoli, et redoutent d’être marginalisés dans l’avenir comme ils l’avaient déjà été dans le passé sous Kadhafi. Il faut faire attention à ne pas laisser développer une amertume. (Sinon) les islamistes pourraient rafler la mise ».

Ce que peut faire l’UE : les cinq recommandations des eurodéputés

(crédit : PE / Arnaud Danjean)

Les eurodéputés comptent écrire à la Haute représentante, Catherine Ashton, pour lui demander d’agir de façon plus déterminée et d’accélérer la réflexion sur ce qui peut être fait aujourd’hui en Libye. La plus urgente des tâches est la mise en place d’une mission légère de démobilisation et réintégration pour la police et l’armée (DDR) comme de structuration des administrations de sécurité (SSR). « C’est maintenant qu’il faut accompagner la transition en Libye, au niveau démocratique et de la sécurité. On a été très présent lors de la crise ouverte. Maintenant que cette crise étant moins présente, il serait abberrant de ne pas être présent ». Mais il y a d’autres tâches également à effectuer, notamment au plan démocratique et de la société civile

1. Mission d’assistance à la démobilisation et à la structuration administrative (DDR/SSR).

« La juxtaposition de katibas peut dégénérer. Même si elle n’est que potentielle, la menace demeure. Il nous semble urgent, d’aider les Libyens dans la transition. » Une mission européenne devrait assister les Libyens dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) – « même si c’est une DDR atypique » - de réforme des structures de sécurité (SSR), et « surtout les aide à structurer leur administration ». Le tout pour répondre à l’hiatus libyen « On a des gens plutôt bien qualifiés au niveau politique supérieur — le chef d’Eat major sait de quoi il parle, le Vice Premier ministre est très bon — des gars sur le terrain motivés. Mais il n’y a pas d’administration, pas d’échelon intermédiaire. Jusqu’à présent, tout était centré autour de la personne de Kadhafi, il n’y avait pas d’administration. C’est çà qu’il faut reconstruire. C’est un défi. (…) Il y a un véritable besoin d’une force de police, cohérente, structurée, loyale, étatisée. » 

Cette mission européenne pourrait être légère : « une quarantaine de personnes au plus, des civils de bon niveau, des experts en matière de police ou d’administration (des préfets par exemple). Il n’y a pas besoin de beaucoup de personnel. » Et d’ailleurs, une bonne partie de l’assistance pourrait se dérouler hors de Libye. « Certains Etats pourraient contribuer en accueillant dans leur académie policière et militaire de quelques cadres libyens ou en envoyant des formateurs ». Mais pour les eurodéputés, cela doit être une « mission de la PSDC » (la politique européenne commune de sécurité et de défense commune). « Il faut avoir un pilotage politique fort et une certaine cohésion que seule apporte une mission PSDC ».

L’eurodéputé avertit. « Il n’y aura pas de boots on the ground. » C’est un point fondamental pour les Libyens, il importe de « veiller à bien préserver la souveraineté des Libyens. Les Libyens sont très soucieux (sur ce point). Il y a une grande susceptibilité dans l’appropriation du processus. On ne peut rien faire sans qu’ils ne nous le demandent expressément. Il faut être très attentif à cela. »

2. La gestion des frontières

Décidée à la conférence de Paris – où les Européens se sont vus confier par la communauté internationale et l’ONU cette fonction – la mission avance « lentement ». « Un processus « très lent », à la fois du fait des Européens et des Libyens. Des premières missions d’évaluation et d’expertise « sont sur le terrain actuellement ». Mais le résultat ne sera pas connu « avant mai ». Et on ne peut espérer un démarrage de la mission « avant juillet » (NB : en étant très optimistes). « C’est un enjeu très lourd. » Il faut « accélérer le mouvement » soulignent les eurodéputés.

3. Un consulat européen à Benghazi.

« Au niveau des Etats membres et du service diplomatique, il faut réfléchir à maintenir une présence européenne, que ce soit par quelques Etats ou de manière multilatérale. Le bureau technique de l’Union européenne a fait un excellent travail. Pourquoi ne pas transformer cet essai en créant une structure regroupant les diplomates européens et des Etats membres, dans un consulat européen à Benghazi pour la zone Schengen. » C’est un geste politique mais répond aussi à un besoin très concret. « Pour les habitants de Benghazi, c’est compliqué et couteux d’aller à Tripoli pour obtenir un visa vers les pays européens. »

4. Assistance démocratique et électorale

Il faut assister et encourager la société civile vers la démocratie Les élections sont prévues pour juin. « Quatre mois cela peut paraître court. Mais on est actuellement dans un vacuum démocratique. Peut-on tenir longtemps sans une légitimité démocratique. Il faut un processus de légitimation démocratique rapidement. » Les Libyens sont « d’accord sur cette mission. Ils veulent même qu’elle soit installée très tôt, très en amont, pour assister le débat démocratique et aider à la culture démocratique ».

5. La santé

Il y a eu « énormément de blessés. Et des villes comme Misrata ont juste 30 lits d’hôpitaux. » Du coup, se développe en Libye, « une contrebande d’exportation médicale » « Beaucoup de Libyens nouent avec des pays européens des accords. Tout çà n’est pas centralisé et donne lieu à un certain trafic. » Il faut donc mettre un peu d’ordre. Il y a sans doute aussi « une aide d’urgence à accorder. Et des infrastructures dans le secteur hospitalier à développer. »

(*) La délégation était composée de A. Danjean (PPE, France, président de la sous-commission défense), A. Gomes (S&D, Portugal, rapporteur « Libye »), Jelko Kacin (ALDE, Slovénie), Pier Antonio Panzeri (S&D, Délégation UE-Magreb),  José Ignacio Salafranca (PPE, Espagne, coordinateur PPE aux Affaires étrangères).

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La 3e session de formation d’EUTM Somalia entre dans le vif

(crédit : UE / EUTM)

(BRUXELLES2) La formation des soldats somaliens assurée par les Européens en Ouganda (EUTM Somalia) a franchi un nouveau cap aujourd’hui avec la fin de la session de plusieurs modules assurés par les instructeurs européens pour les officiers. Le ministre belge de la Défense, Pieter de Crem, était sur place la semaine dernière pour saluer les instructeurs belges. Cette formation a été entamée le 21 novembre dernier et doit se terminer en mai 2012. Un total de 251 militaires ont été formés – dont 20 juniors officiers et 147 sous officiers, 4 commandants de compagnie (Coy Comm) et 20 personnel de commandement de compagnie (Coy Staff) – avec un objectif : former l’ossature d’un système de contrôle et de commandement (C2) pour la future armée somalienne sous l’autorité du GFT (le gouvernement fédéral transitoire). Elle se termine dans les 2 derniers mois par une phase dite « de cohésion », permettant de mixer les officiers avec les autres soldats formés par les Ougandais (356 soldats).

La mission européenne a déjà formé 191 militaires lors de la première session de formation (21 juniors officiers et 170 sous-officiers), 282 lors de la seconde session (35 juniors, 247 sous-officiers) tandis que l’UPDF formait respectivement 716 et 587 soldats lors de la première et seconde session. En tout, au terme de ces trois sessions de formation, 2400 soldats somaliens auront été formés. Leur horizon géographique s’est élargi par rapport aux premières arrivées. « Ils viennent de partout maintenant, également du Somaliland. La sélection a été améliorée. »

« Les recrues Somaliennes sont enthousiastesIls prennent des notes, ils posent des questions » témoigne un officier européen à B2. « Ils ont la volonté, ils comprennent qu’ils sont l’espoir de la nation. (…) Nous essayons d’ailleurs de former aussi des citoyens pas seulement des soldats en leur donnant des rudiments du droit international humanitaire, axant sur les notions de respect de la vie, d’égalité des sexes, de la charte des soldats… Des valeurs universelle. C’est important car ils communiqueront aussi cette information à leur environnement, leur famille, … »

L’Union européenne a déployé en Ouganda environ 125 militaires – ce chiffre fluctue en fonction des semaines, il y en a 117 actuellement (dont 26 Français).

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Les Belges retirent d’Afghanistan la moitié de leur effectif à l’été 2012

Soldat de la force de protection (crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) L’armée belge devrait retirer la moitié de son contingent (614 personnes) d’Afghanistan à l’été 2012. La date est fixée au 30 juillet 2012. Environ 300 militaires participant au détachement de protection et force de réaction rapide présents à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – seront retirés autour du 30 juillet 2012. Un retrait programmé et prévu depuis un an (la décision a été prise en juin 2011).

Les Belges seront remplacés par un effectif portugais – deux contingents d’environ 80 personnes chacun. La Belgique maintiendra environ 300 hommes : une centaine à Kaboul – essentiellement des instructeurs (logistique, communication) ou avec la fonction d’Etat-Major -; une centaine à Kandahar – autour des avions F-16 chargés de l’appui aérien aux opérations de l’ISAF, mission dénommée « Guardian Falcon » ; une centaine à Kunduz – équipe provinciale de reconstruction (PRT) et OMLT.

Comme l’explique un officier belge à B2, un retrait prend « entre un et deux ans ». « Ce n’est pas seulement une question de retrait des matériels. Il faut normalement trouver des effectifs qui viennent vous remplacer et effectuer les tâches que vous faites ». En pratique, il y a deux éléments, outre la force de persuasion : le temps et l’argent. Soit « on prend en charge financièrement le déploiement d’autres nations » – ce qu’a fait le Canada semble-t-il, soit « on négocie. Et là il faut du temps et attendre un peu ». Ce qu’on fait les Belges et Néerlandais.

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La mission Eujust Lex déployée dans tout l’Irak. Mais toujours pas d’accord Soma

(BRUXELLES2) La mission de formation judiciaire de l’UE « EUJUST Lex » est désormais déployée dans tout l’Irak. Mais les Européens n’ont toujours pas réussi à signer un accord général fixant le statut de la mission (SOMA) avec le gouvernement. « Cet accord sur l’immunité n’a pas été approuvé actuellement », a confirmé Hans-Jörg Haber, le commandant civil des opérations de l’UE lors d’une séance au Parlement européen à la sous-commission Défense jeudi dernier (9 février), expliquant que « Les Irakiens sont  tiennent à marquer leur souveraineté » comme ils l’ont fait avec la mission de l’OTAN en refusant de signer un accord SOMA. Mais, contrairement à l’OTAN, l’Union européenne n’a pas retiré sa mission. Au contraire, elle poursuit ses missions de formation ainsi que l’a expliqué Laszlo Huszar, le nouveau chef de mission aux eurodéputés.

La mission continue sans accord

Si les responsables de l’administration semblent enclins à conforter la présence européenne, il faut néanmoins en passer par l’accord des députés. Et ceux-ci sont « méfiants » par rapport à tout ce qui peut représenter une « Capitulation », héritage de l’empire ottoman, comme l’a expliqué à B2 un diplomate européen. Résultat, cela traîne. Coté européen, on avoue n’avoir aucune « date de prévue pour signer cet accord ». En attendant, c’est la débrouille. « Chacun fonctionne avec un passeport diplomatique national ou un passeport de service ». EUJUST Lex étant une mission non exécutive, c’est possible de fonctionner pendant quelques semaines sans Soma. Mais cela laisse un vide juridique en cas de problème. Et avoir un tel accord a des conséquences pratiques. « Cela facilite la vie, par exemple pour le passage de la zone verte vers le reste du pays, par exemple. Cela évite des complications et perdre du temps au point de passage notamment ».

Une Europe pas encore très visible mais mieux perçue que les Américains

Interrogé par les eurodéputés sur la perception par le peuple irakien, Haber a aussi expliqué que « nous devons rester modestes. C’est encore trop tôt pour parler d’une visibilité ». Ajoutant « Quand de vos chars blindés ou jeeps blindés vous faites une incursion hors zone verte, vous n’êtes pas perçus spécifiquement. Cela fait 8 ans que des les Irakiens, voient des gens derrière leurs vitres blindés. Nous ne sommes pas visibles en tant qu’Européens mais visibles en tant que visiteurs étrangers. » Ce qui semble sûr en revanche c’est que les Européens sont mieux perçus que d’autres. « Les fonctionnaires irakiens sont plus réceptifs (à la présence européenne). Nous sommes perçus différemment des Américains. » « Ce n’est pas de l’américanisme, mais simplement parce que (ceux-ci) sont là depuis trop longtemps. » tient cependant à préciser H. Haber qui n’a pas oublié les bases de son métier de diplomate… Les Européens ont cependant un « gros avantage » sur les Américains, précise-t-il, « nous sommes meilleurs pour entraîner la police spécialisée, sur les questions financières par exemple ».

Assurer le lien avec le judiciaire

C’est une des question qui « taraude » les Européens dans cette mission : « comment assurer le lien avec le judiciaire ». « Il faut améliorer l’interface entre forces ordre et magistrature, conscientiser la police sur place au besoin de laisser les juges faire le travail un moment donné. Et cela est particulièrement difficile. (…) Si on ne passe pas la main aux juges à un moment donné, la force est trop présente. Et c’est un défaut visible. » Une tâche donc nécessaire mais où les Européens, eux-mêmes, sont à la peine… faute de personnel. « Malheureusement, cela coûte très cher aux Etats membres de détacher sur place des magistrats de haut niveau qui pourraient assurer ce travail. (Ils) ne peuvent pas se défaire de personnel suffisant pour assurer la formation. » Quant à parler d’une stratégie de sortie, il est vraiment trop tôt, étant donné la courte existence de cette mission. Ce n’est très récemment que la décision de la déployer effectivement sur le terrain a été prise. Auparavant, la formation des policiers ou des juges était effectuée « off shore ».

La mission EUJust Lex est un des missions « discrètes » de l’Union européenne. Dirigée par le Hongroies Laszlo Huszar, elle a pour objectif de développer la justice pénale dans le cadre de l’Etat de droit. Elle emploie une cinquantaine de personnes et dispose d’un budget de 27,2 millions d’euros (de juillet 2011 à juin 2012). Elle est établie à Bagdad avec un bureau à Erbil (Kurdistan) et à Basra (sud de l’Irak).

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Une mission de la sous commission Défense en Libye

(B2) Plusieurs eurodéputés de la sous-commission défense du Parlement européen terminent aujourd’hui une mission d’information en Libye. Conduite par Arnaud Danjean, le président de la sous-commission, elle comprenait également Ana Gomes, rapporteure du Parlement sur la Libye. Elle a pu s’entretenir samedi avec les principaux responsables du pays : le President du Conseil National de Transition, Abdul Jalil, puis le Premier Ministre et les principaux membres du gouvernement libyen. La veille, des entretiens avaient eu lieu avec les acteurs internationaux ainsi que les « brigades » de Zintan & Misrata. Elle s’est ensuite rendue à Benghazi, dimanche et lundi, les chefs tribaux & membres du CNT.

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