Afghanistan-Pakistan

Entretien avec A.F. Rasmussen (Otan)

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(BRUXELLES2) A Palma de Majorque, j’ai pu m’entretenir, quelques minutes, avec Anders Fogh (Rasmussen), le secrétaire général de l’OTAN. Quelques questions et réponses sur: l’opération de l’ISAF en Afghanistan (un « succès »), le remplacement des Néerlandais (pas de successeur pour l’instant), l’opt-out danois (à supprimer vite) et la coopération avec Catherine Ashton et l’UE (l’amour, presque, fou).


L’offensive à Marjah, comment la qualifiez-vous, un succès ou un échec ?

« Un grand succès. Il y a des progrès militaires et l’opération actuelle est la marque de notre nouvelle stratégie. Nous offrons de la stabilité, il y a une coopération avec le gouvernement, nous assistons la population. L’opération en Helmand sera un modèle pour les opérations futures (NB : à Kandahar, selon certaines sources).

Les Pays-Bas ont décidé de partir d’Uruzgan, qui va les remplacer ?

« Nous serons toujours en Uruzgan et nous aurons une nation-cadre. Et puis, les Pays-Bas ne quittent pas tout de suite (la province). Ce ne sera qu’à partir du mois d’août et selon un processus qui va s’étaler jusqu’à fin année.

Avez-vous reçu une offre formelle d’un Etat ?

« Non. Mais nous avons la volonté de trouver un remplaçant. Je suis confiant.

En tant que Danois, que pensez-vous de l’opt-out qu’a le Danemark en matière de défense de l’UE ?

« Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Et j’espère qu’il pourra être mis fin. Cela empêche en effet le Danemark de participer à la politique de défense européenne. Et ce n’est pas bon pour personne : pour le Danemark, pour l’Union européenne. Il s’agit d’une question nationale bien entendu. Et c’est au Premier ministre danois d’apprécier quand ce sera possible. Mais je crois que cela simplifierait beaucoup de chose. Et le plus tôt sera le mieux.

Je voulais vous parler d’un autre opt-out permanent…, Catherine Ashton, qu’en pensez-vous ? Comment travaillez-vous avec elle ?

Très bien. Ashton et moi avons déjà convenu de nous voir régulièrement, au moins une fois par mois. La prochaine réunion est fixée en mars. Nous avons déjà eu de fructueux échanges de vues, avant que je vienne ici. C’est très profitable pour nos deux organisations.

(crédit photo : NGV)

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Le gouvernement NL chute sur l’Afghanistan, un tournant de la guerre ?

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(BRUXELLES2) A la Haye (siège du gouvernement néerlandais), les discussions entre partenaires de la coalition – socio-démocrates du PvDA d’un coté, chrétiens-démocrates du CDA et de la CU de l’autre – ont duré une bonne partie de la nuit de vendredi à samedi (19 – 20 février). Enjeu : l’engagement militaire néerlandais en Afghanistan.

Les premiers (PvDA) étaient pour le retrait des soldats néerlandais dès cette année (comme prévu dans le programme de gouvernement), les seconds (CDA et CU) étaient pour répondre à la demande de l’OTAN de maintenir les troupes, au moins un an de plus. Aucun accord n’a pu se faire. Et le gouvernement a implosé (1). Le Premier ministre, Jan-Pieter Balkenende n’avait donc plus d’autre choix que de remettre sa démission à la Reine Beatrix.

Le retrait : inéluctable ?

De nouvelles élections législatives vont être organisées. Et une nouvelle coalition gouvernementale devra être reformée. Cela changera-t-il la donne nationale sur la question afghane ? Ce n’est pas sûr. Car autant le PVV (parti populiste de Geert Wilders) que les partis alternatif (D66) ou Verts sont pour le retour au pays, le plus rapidement possible, des troupes néerlandaises. Et dans l’opinion publique, où la guerre afghane n’a jamais été populaire, il est inutile de chercher un quelconque soutien au maintien des troupes en Afghanistan.

Selon un sondage réalisé sur le site du Volkskrant, 75% des votants approuvent la décision du PvDA de retrait des soldats afghans et du gouvernement (sur 9500 votants au moment où j’ai consulté le site). Les pressions importantes menées ces dernières semaines aux Pays-Bas par diverses personnalités de l’OTAN et américaines n‘ont pas été payées de retour. Au contraire, même, elles ont été contre-productives…

Un revers
pour la stratégie américaine et de l’OTAN ?

Les Pays-Bas en exemple ?

Si la nouvelle est confirmée, les soldats néerlandais devront commencer à se retirer de la province d’Uruzgan dès cet été et être achevé avant la fin de l’année. Ce qui nécessitera leur remplacement rapide. Par qui ? Les Néerlandais sont au nombre
de 2000 et tiennent une province du sud, l’Uruzgan, particulièrement difficile et stratégique.
Peu d’Européens semblent prêts à prendre le relais.

Le remplacement par des troupes US signifierait de prendre des troupes sur d’autres fronts. Quoi qu’il en soit, alors qu’une offensive « bruyante » de l’OTAN est engagée à Marjah, ce retrait tombe au plus mauvais moment. C’est un revers sérieux pour la stratégie de « surge » de l’OTAN et des Américains. Car les Pays-Bas sont plutôt considérés comme un allié docile, et inconditionnel de l’Alliance atlantique.

On peut se demander si la décision néerlandaise ne pas servir d’exemple, ou d’excuse, et être suivie par d’autres en Europe. D’autant que dans plusieurs pays européens, une division politique s’affirme sur la question de l’engagement en Afghanistan. 10 après, l’intervention militaire occidentale n’est pas vraiment un succès, entend-on de plus en plus souvent, y compris dans la bouche de militaires

Un tournant de la guerre

Si d’autres retraits ne sont pas à craindre dans un avenir proche, en revanche, l’envoi de renforts supplémentaires européens va devenir sinon impossible du moins beaucoup plus compliqué. Les réticences de l’opinion publique à cette guerre, ajoutées à la crise économique et aux contingences politiques diverses dans les Etats membres seront autant d’embûches sur la route du « surge » militaire. La chute du gouvernement néerlandais est un avertissement sérieux pour nombre de gouvernements européens engagés en coalition ou instables et pourrait servir d’exemple à d’autres pays européens. Un des tournants de la guerre en Afghanistan s’est peut-être joué, cette nuit, dans les cabinets de la Haye, plutôt que sur le terrain. Ce ne sera pas la première fois…

Une division politique s’esquisse-t-elle
en Europe sur la question afghane ?

Le débat sur l’Afghanistan commence à prendre une tournure politique en Europe. Jusqu’ici l’intervention en Afghanistan suscitait une sorte de consensus dans la classe politique qui, souvent, à l’inverse de son opinion publique, estimait justifiée et non discutable un important engagement occidental en Afghanistan. Aujourd’hui, une division commence à s’esquisser entre la gauche et la droite. Un changement du en bonne partie aux partis socio-démocrates traditionnels qui ne veulent plus envoyer de renforts, voire remettent en cause la justification de l’intervention. Certes ce mouvement n’est pas sans arrière-pensée électorale et il n’est pas encore majoritaire en Europe. Mais il n’est plus marginal. Exemples…

En Finlande, alors qu’il existe un débat national sur l’opportunité de rejoindre l’OTAN, ce sujet pourrait être un des principaux thèmes de discussion des prochaines élections législatives. Le Parti social-démocrate est hostile à l’adhésion à l’OTAN et réticents à l’envoi de nouveaux renforts. Le gouvernement a déposé à l’assemblée un projet d’envoi de 50 soldats supplémentaires.

En République tchèque, les Socio-démocrates s’étaient très vite opposés au gouvernement de V. Klaus et M. Topolanek, pour bloquer l’envoi de renforts en Afghanistan.

En Allemagne, le SPD est devenu fort réticent à l’envoi de renforts supplémentaires, surtout depuis qu’il est passé dans l’opposition. Certes la défaite aux élections et la « concurrence » de Die Linke sur son flanc gauche expliquent ce revirement. Mais on ne manquera pas aussi de constater que cette position revient à une posture plus classique, d’une classe politique allemande, souvent rétive à l’envoi de la Bundeswehr dans des actions militaires offensives à l’étranger (cf. l’Irak).

En Belgique, si cette position est encore minoritaire au sein des partis socialistes, elle pourrait rapidement progresser dans l’avenir. La question ne se pose pas tant de l’engagement en Afghanistan que de la forme et de l’intensité de l’engagement alors que les armées sont engagées dans une restructuration importante (avec fermeture de casernes à la clé). L’ancien ministre de la Défense socialiste, André Flahaut, a – à plusieurs reprises – critiqué son successeur Pieter De Crem (CD&V), sur cette question.

Lire également :

  1. L’opposition sociale-démocrate CS refuse la mission en Afghanistan
  2. La stratégie de l’Otan en Afghanistan critiquée par un général allemand
  3. Un calendrier de retrait: la seule façon de gagner la guerre en Afghanistan

(crédit photo : armée néerlandaise)

(1) L’Afghanistan n’était pas la seule cause de discorde entre les partenaires de la coalition : l’âge de la retraite repoussé, les mesures de rigueur dues à la crise… ont sérieusement ébréché leur entente.

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Rififi à La Haye autour du retrait d’Afghanistan (maj)

(B2) Le retrait d’Afghanistan était une de leurs promesses de campagne, les socio-démocrates (PvDA) entendent bien la tenir. Le leader du PvDA, Wouter Bos, a ainsi exigé que le cabinet (conseil des ministres restreint) – qui se réunit vendredi – mette fin définitivement cette année à la mission des militaires néerlandais dans la province afghane d’Uruzgan. Ruinant ainsi tout espoir de compromis vers une sortie en douceur (1). Quitte à provoquer une crise gouvernementale au sein de la coalition (qui réunit également les chrétiens-démocrates du CDA et de la CU… « La question n’est pas de savoir si le cabinet tombera mais quand » commentent nos confrères du quotidien Volkskrant. Si la nouvelle était confirmée, elle tombe on ne peut plus mal pour l’OTAN engagée dans une offensive, hypermédiatisée, pour reconquérir le terrain perdu à Marjah.

(samedi 20 février) Après plusieurs heures de négociation, aucun accord n’ayant pu se faire au sein de la coalition le gouvernement a implosé sur la question afghane. De nouvelles élections vont être prévues qui devraient obliger à une nouvelle coalition. Mais, mis à part les Chrétiens-démocrates, les autres partis (notamment le PVV populiste et le D66 alternatif) sont opposés au maintien
de la mission en Afghanistan.

(1) Lire :
Les Néerlandais pourraient rester en Afghanistan un an de plus

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Le service militaire britannique au bord de la crise de nerf ?

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(BRUXELLES2) Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer une vaste offensive dans la province d’Helmand, le bilan dressé par le National Audit Office (NAO), dans son dernier rapport (1), sur le dispositif médical pour le traitement des blessés en Afghanistan montre que celui-ci est performant mais soumis à rude épreuve. « La bonne nouvelle est que mon rapport a conclu que le traitement des personnels sérieusement blessés est hautement efficace. Mais nous voulons aussi souligner la nécessité de continuer à améliorer les plans d’urgence pour les établissements au Royaume-Uni dans le contexte d’un conflit de long terme, et l’importance de redoubler d’efforts pour empêcher la perturbation due à des niveaux croissants de maladie à court terme » (2) note Amyas Morse, le chef du NAO. Ce rapport est aussi intéressant car il donne quelques chiffres des blessés — graves, mentaux ou légers — de la guerre d’Irak et d’Afghanistan – des chiffres souvent passés sous silence. Edifiant.

7% de blessés et malades en permanence… En 8 ans, entre octobre 2001 et octobre 2009, la guerre d’Afghanistan a fait 522 blessés graves parmi les Britanniques. Le taux de maladie et de blessures légères a presque doublé entre 2006 et 2009, touchant désormais 7% du personnel déployé par semaine (contre 4% en 2006). Il a fait perdre 6.700 jours/homme de capacité opérationnelle, note le rapport. Depuis 2003, 6.900 soldats ont été évacués de retour d’Irak ou d’Afghanistan. Depuis 2006, ce sont 1700 militaires traités pour des questions de santé mentale. S’il note qu’une « petite proportion de personnel demandent un soutien psychiatrique spécialisé en opérations (0,2% en Afghanistan, 0,8% en Irak en 2008-2009), il remarque également l’absence de suivi au retour d’opération.

L
es services médicaux au maximum. Même performant, le service médical britannique est soumis à rude épreuve. L’hôpital de campagne en Afghanistan est ainsi prêt d’atteindre sa capacité maximale, bien que ses moyens aient été augmentés récemment, note les experts du NAO. Même chose au Royaume-Uni. Les blessés graves sont évacués en grande majorité vers un hôpital public du NHS, l’hôpital de Selly Oak (université de Birmingham), puis sont traités dans un centre de réhabilitation du ministère à Headley Court (Surrey). La demande a
tellement augmenté que certains soins ont été externalisés à d’autres établissements privés ou du NHS
.

Quant au coût, il n’est pas négligeable. Rien que pour 2008-2009, le coût des soins médicaux résultant des opérations militaires est évalué à 71 millions de £ (environ 80 millions d’euros).

(1) « Treating injury and illness arising on military operations », à suivre ici.
(2)
The good news is that my report has found that treatment for seriously injured personnel is highly effective. Alongside this positive finding, we point out the need to continue to improve contingency planning for facilities in the UK in the context of a longer term conflict, and the importance of increased efforts to prevent disruption due to rising levels of short term illness.

Crédit photo
: Picture: Phill Tull, MOD/Crown Copyright 2009. Exercice organisé dans le Yorkshire pour les volontaires en mission, reconstituant les conditions de l’hopital de Camp Bastion en Afghanistan.

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Les Néerlandais pourraient rester en Afghanistan un an de plus

(BRUXELLES2) Un accord serait en vue au sein de la coalition au pouvoir aux Pays-Bas sur le maintien d’une certaine participation néerlandaise à l’opération de l’OTAN en Afghanistan (ISAF) en 2011. Les partis au pouvoir, qui se déchiraient sur la question, seraient tombés d’accord et ce compromis pourrait être avalisé au conseil des ministres du 12 février, selon le quotidien Elsevier. Ce qui est plus conforme à la stratégie américaine qui ont fait du « surge » en Afghanistan, un axiome de leur nouvelle stratégie de reconquête du territoire.
Les Néerlandais qui ont le lead dans la province d’Uruzgan avaient prévu de retirer leurs troupes d’ici fin 2010.

Le principe du retrait des troupes resterait acquis. Mais il serait simplement étalé dans le temps et synchronisé avec celui des Américains.
Ce retrait serait, en fait, reporté à l’été 2011 quand les premières troupes américains rentreront au pays. Avec maintien sur place d’une force, plus légère, dont le format reste à définir. Cette solution met fin à une controverse interne.
Tandis que le CDA (Chrétiens-démocrates) était partisan d’une extension du mandat en Afghanistan, son allié de gouvernement, le PvDA (socio-démocrates) jugeait que la position de retrait devait être respectée, demandant un début du retour au pays des soldats néerlandais au mois d’août pour se terminer en décembre.

Pression américaine. Les Américains n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire revenir les Néerlandais dans le « droit chemin ». L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, lui-même natif des Pays-Bas (il n’a été naturalisé Américain qu’en 1994) s’est ainsi exprimé à plusieurs reprises dans les médias locaux. Dernièrement (avant la conférence de Londres sur l’Afghanistan), il s’était rendu, sur place, à Kamp Holland, la base néerlandaise en Uruzgan. Et il y avait vanté, publiquement, « l’approche néerlandaise ». « Les Pays-Bas ont acquis quatre ans d’expérience dans la région. Il ne sera pas facile de remplacer cette approche spécifique » avait-il ainsi déclaré selon nos confrères du Telegraaf. « De plus il n’y a personne pour prendre le relais. Les Etats-Unis n’ont pas engagé des troupes supplémentaires pour que d’autres pays puissent partir ou faire moins. Il serait très étonnant qu’un des fondateurs de l’OTAN parte alors que les autres fournissent au contraire plus de soldats. »

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Afghanistan: la mission Eupol toujours en sous-effectif, pourquoi ?


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(BRUXELLES2) Alors que la communauté internationale est réunie, à Londres, au chevet de l’Afghanistan — pour la septième fois en neuf ans  ! (1) —, il est à craindre que les déclarations d’un jour ne restent lettre morte le lendemain.
Les mois passent et peu de choses changent (2). Exemple : la mission de police en Afghanistan (EUPOL en Afghanistan) n’a ainsi toujours pas atteint sa pleine capacité, faute de personnel (à peine 300 sur 400 ont pu être recrutés), de disponibilité (pour ne pas dire de volonté) des Etats membres de l’UE à fournir les éléments manquants, du fait aussi des problèmes de logistique et de sécurité. Du coup, l’extension d’EUPOL dans toutes les provinces (3) est entravée comme l’a expliqué, lundi, Kees Klompenhouwer, le chef de la CPCC (l’Etat-Major civil de l’UE), devant les députés de la sous-commission défense du Parlement européen.

Salaires, logistique, forces de protection. « Je souhaite que la mission couvre tout le pays. Mais pour cela nous avons besoin de plus
d’effectifs »
. a ainsi expliqué
Klompenhouwer. « Un effort a été fait pour que nos policiers soient mieux payés. Le per diem était trop bas. Il a été augmenté. » Mais cela ne semble pas vraiment suffisant pour attirer des vocations ! « Il faut aussi que les Etats nous fournissent des logements, de la logistique, des forces de protection pour que nous puissions aller das  les provinces où nous devons aller. Et c’est le problème. » On ne saurait être plus clair !

Pas d’accord avec l’OTAN. L’absence d’accord de sécurité entre l’UE et l’OTAN (à cause des problèmes turco-chypriotes) pose aussi quelque souci. « Nous opérons dans une zone grise ».

On est là pour au moins 5 ou 10 ans. Quant au relais par les forces afghanes, il ne faut pas rêver.  « Cela prendra plus de temps mais c’est
nécessaire
. » assure Klompenhouwer. « Franchement pour assurer le succès de la mission nous avons besoin d’un calendrier de 5 ans au moins, de 10 ans. Car le pays a été complètement dévasté en 35 années de guerre. Nombre de policiers, par exemple sont illettrés. » En attendant, ce n’est parfois pas évident. Ainsi il y a actuellement au sein du ministère de l’Intérieur afghan, 4 unités qui assurent de la collecte et de l’analyse de renseignements, de manière totalement indépendante et non coordonnée. « Une seule entité responsable serait
souhaitable
» considère le chef de la CPCC
. Et EUPOL qui a reçu le « renseignement » dans son escarcelle de formation s’arrache les cheveux…

(1) Petersberg-Bonn 2001, Berlin 2004, Londres 2006 (compact), Rome 2007 (Etat de droit), Paris 2008, La Haye 2009

(2) Lire :Eupol Afghanistan: on progresse, lentement, trop lentement…
Une conférence convoquée pour résoudre les problèmes d’Eupol Afghanistan
Le plan d’action de l’UE pour l’Afghanistan et le Pakistan

(3) Lire : Missions en Iraq, Afghanistan… l’Europe recrute


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L’UE mise sur la réconciliation afghane pour retirer ses troupes

(BRUXELLES2) Les 27 ministres des Affaires étrangères, lors du Conseil du 25 janvier, se sont mis d’accord sur une approche commune, à la veille de la conférence internationale sur l’Afghanistan qui doit se tenir, le 28 janvier à Londres. Parmi les « éléments de langage communs », figure en bonne place « la réintégration des insurgés dans la société afghane » et la volonté que le gouvernement afghan assume « une plus grande responsabilité » et prenne « davantage en charge son destin ».

« Tous ceux qui combattent ne sont pas des talibans », a ainsi déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Ce qui était tabou il y a encore quelques mois devient un leitmotiv. Parmi les insurgés, il existe de nombreux sympathisants qu’il faut « ramener dans la société » poursuit le ministre allemand qui enfonce le clou : « Celui qui croit que la victoire en Afghanistan peut être uniquement militaire se trompe. »

Un Fonds pour réintégrer les rebelles. L’objectif est d’offrir des alternatives personnelles et économiques aux sympathisants des talibans prêts à renoncer à la violence. Les Européens soutiennent ainsi la création d’un fonds visant à promouvoir la réintégration des sympathisants des talibans dans la société afghane, que ce soit par des projets menés par exemple en milieu rural ou dans le secteur de l’éducation.

Les 27 ont également évoqué le futur de l’assistance européenne à cet Etat notamment le renforcement de la représentation de l’UE en Afghanistan (en fusionnant les délégations UE et Commission) ainsi que le soutien à la réforme de la police (j’y reviendrai).

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« Miss Ashton: dialoguez avec les insurgés ! » dit Ph. Juvin


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(BRUXELLES2) C’est ainsi que Philippe Juvin, le député UMP-PPE qui est le vice-président de la délégation UE-Afghanistan-Pakistan au Parlement européen, apostophe la nouvelle haute réprésentante chargée des affaires étrangères :
« J’appelle Madame Ashton à initier le dialogue avec les insurgés »

Et le député d’expliquer : en Afghanistan « la solution n’est pas militaire. (…) L’Union européenne ne doit pas accroitre ses troupes en Afghanistan. Elle doit bien plutôt organiser leur départ. (Mais) Nous ne partirons que si nous donnons le pouvoir aux Afghans et  acceptons d’ouvrir le dialogue avec tout le monde, y compris les Talibans. »

Pour autant, Philippe Juvin qui est par ailleurs délégué national de l’UMP ne veut pas de départ en catastrophe des troupes d’Afghanistan : « Pouvons-nous quitter aujourd’hui l’Afghanistan ? La réponse est clairement non. Quitter l’Afghanistan conduirait au chaos et signifierait peut être même le retour d’Al-Qaeda. »

Faut-il préciser que Philippe Juvin n’est pas tout à fait un novice sur le sujet. Médecin de réserve, il a servi en Afghanistan en 2008. Anesthésiste-réanimateur, il dirige également le service d’urgence de l’Hopital Beaujon (un des grands hopitaux de la région parisienne à Clichy-la-Garenne, la ville dont était maire un certain… Jacques Delors). Il est aussi le maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine, le département de Nicolas Sarkozy).

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Crédit photo : Philippe Juvin

 

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L’intervention Uk en Irak et Afghanistan: plus de 4 milliards £

La Chambre des communes doit approuver le rectificatif budgétaire d’hiver sur les engagements opérationnels extérieurs du Royaume-Uni. L’engagement dépasse les 4 milliards £ (4,142 £ soit environ 4,450 milliards euros).

Certes les coûts prévisionnels d’engagement en Irak baissent plus rapidement que prévu cette année : on passe ainsi d’un budget  prévisionnel de 877 millions £ à 388 millions de £. Mais l’engagement en Afghanistan est toujours aussi conséquent. Par rapport au budget prévisionnel 2009-2010 (voté en juillet au Royaume-Uni), les coûts grimpent encore : de 3,5 milliards £ (3,495) à 3,75 milliards £ (3,754). Le déploiement annoncé de 500 hommes supplémentaires devrait coûter 45 millions £ (soit environ 90.000 £ par soldat déployé ou 2.465 £ par soldat/jour).

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Coûts comparés des opérations UK en Irak et en Afghanistan de 2006 à 2010 © NGV


Il faut donc serrer les budgets ailleurs : sur les équipements (c’est encore en discussion) et sur la recherche et développement. Ce rectificatif budgétaire prévoit ainsi une baisse du budget « Science Innovation Technology » de 55 millions de £ (de 519 millions à 462 millions £). Un certain nombre de projets de recherche voient leur budget réduit : armes, missiles de défense balistique, recherche climatique… et surtout le programme C4ISTAR. Ce dont se plaignent les élus britanniques estimant vital ce programme de renseignement militaire pour la conduite des opérations.

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La nouvelle stratégie de l’OTAN en Afghanistan s’affirme. Ou une stratégie de sortie qui ne dit pas son nom



(BRUXELLES2) La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN s’est déroulée quasiment comme sur des roulettes. Les 28 membres de l’OTAN et leurs alliés ont avalisé, sans coup férir, un renfort militaire. Ils fourniront bien 7.000 hommes de plus, demandés par les Américains, a expliqué le secrétaire général de l’Otan, Fogh Anders Rasmussen. Coréens, Géorgiens, Italiens, Polonais, Hongrois… Tous s’y mettent.

Mais, côté français, on reste discret. Le principe affirmé par Nicolas Sarkozy de non-augmentation des troupes reste la règle officielle. Avec 3900 hommes engagés, c’est déjà suffisant. Ce qui ne peut empêcher, explique un officier, « des renforts ponctuels si la nécessité l’exige ». Possibilité confirmée par Bernard Kouchner, lui-même: « Bien sûr, si des besoins se font jour on les satisfera. Si on a besoin par exemple d’un hélicoptère de plus, on l’enverra. »

Les Alliés ont cependant compris qu’ils devaient infléchir leur stratégie. Le maître-mot, désormais, est donc « Afghanisation ». C’est-à-dire la reprise en main par les Afghans eux-mêmes de leur sécurité. Ce qui passe par la formation des forces afghanes, armée comme police. L’armée française a ainsi déjà passé le relais dans la région de Kaboul aux Afghans depuis un an maintenant. Et elle s’est regroupée sur une seule région : la zone Kapisa-Surobi, en déployant à la fois les moyens militaires purs, d’attaque, mais aussi les équipes dites OMLT,
chargées de la liaison avec les forces afghanes, et les 150 gendarmes qui vont assurer la formation d’une force de gendarmerie afghane.

Même si, à l’OTAN, le mot de stratégie de « sortie » reste tabou et qu’on lui préfère celui de « transition », tout le monde en effet y pense et
sait pertinemment, comme le résume un diplomate, qu’un engagement militaire de cette importance « ne peut durer indéfiniment».

Nicolas Gros-Verheyde (paru dans Ouest-France – samedi).

Crédit photo : Otan – Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan à la séance des Ministres. A ses cotés, le secrétaire général adjoint Claudio Bisogniro – crédit photo Otan (à gauche), le président du comité militaire de l’Otan, Admiral Giampaolo Di Paola (à droite). Un peu plius loin : Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE dont c’était la première réunion.

 

 

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Le « petit » chèque européen à l’Afghanistan commence à faire lourd

(BRUXELLES2) Récemment encore, les Américains – et l’OTAN – demandaient aux Européens de faire un « petit » effort en Afghanistan et au Pakistan, estimant que les Européens ne prenaient pas leur charge du fardeau pour stabiliser la zone. C’est en partie vrai en matière militaire (encore qu’on pourrait relativiser cette différence). En matière civile, c’est un peu faux. Et le doigt tendu, pour ne pas dire la cébille, par les Américains envers les Européens n’est pas justifié. Mais effectivement à coté du budget militaire, c’est « peanut » (on estime à près de 30 milliards de $ le seul effort supplémentaire que vont faire l’armée US avec 30.000 hommes supplémentaires !). C’est peut-être en partie là où est le problème, le déséquilibre énorme entre l’aide civile et l’aide militaire.

2e gros budget « extérieur « de l’UE. L’Afghanistan est, en effet, après la Palestine, déjà, le deuxième plus gros budget des relations extérieures de l’Union europénne. Bon an mal an, le budget communautaire débourse, en effet, près de 200 millions d’euros – sans compter la mission Eupol Afghanistan (formation de policiers) qui atteint un budget 64 millions d’euros. Un effort supplémentaire supposerait de rogner sur d’autres dépenses extérieures (donc certainement l’Afrique), les budgets d’aide n’étant pas extensibles, au niveau européen comme des Etats membres, surtout en période de crise économique et de « rationalisation » budgétaire.

8 milliards d’euros dépensés depuis 2002. Entre 2002 et le 30 juin 2009, le budget communautaire a ainsi engagé 1,65 milliard d’euros à l’Afghanistan  – dont 282 millions d’aide humanitaire. Et si on compte l’effort consenti par les Etats membres, en matière civil, on atteint 8 milliards (ce sans compter donc l’effort militaire). Ce n’est tout de même pas négligeable. D’autant que l’Afghanistan est un pays pauvre.

Année Engagés Déboursés
2002 247.59 151.04
2003 285.55 213.90
2004 247.55 171.19
2005 224.48 206.11
2006 200.53 175.98
2007 195.90 224.59
2008 214.49 213.27
Total 1651.09 1398.23


Pour l’année 2009, le programme annuel prévoit 75 millions pour le Lofta (« trust fund » pour l’ordre et la loi) (*) et 22 millions pour le programme anti-mines. Ce fonds est important car il soutient l’effort mené sur les forces de l’ordre. Il finance ainsi les rémunérations des policiers, ainsi que du personnel du département central des prisons, les fournitures, la logistique et le matériel d’opérations non létaux, le développement institutionnel (avec la mise en place d’une unité de gestion MSU), ainsi que la promotion des femmes dans la police. Au bilan la dernière année : 174 millions ont été versés par le LOFTA à 81.000 policiers dans les 34 provinces, une nouvelle cellule a été créée visant au démantèlement des groupes armés illégaux (DIAG), soutenu par les financements japonais (matériel IT, bureau, équipement médical pour l’hôpital de la police…). Durant l’année solaire 1387 (l’année afghane), 628 postes de police ont été financés, ainsi que la
construction d’un gymnase de police. 144 femmes policiers ont été recrutés, ce qui porte le total à 567. L’objectif de recrutement de 300 femmes sur les deux ans, fixé en mai 2007 est ainsi atteint (326 ont été recrutés).


Un effort supplémentaire. Au conseil des ministres des Affaires étrangères d’octobre, les Européens, par la voix de la commissaire Ferrero-Waldner (alors en charge des relations extérieures) expliquent qu’ils sont prêts à un effort supplémentaire. Une manière de répondre à la demande de l’OTAN et des Américains que les Européens prennent leur part du fardeau. Cet effort supplémentaire n’a cependant pas encore été quantifié. Et il ne pourra prendre effet, au plus tôt, qu’en 2011. La programmation actuelle est déjà lancée et se termine en 2010. C’est à ce moment, à la moitié de l’année prochaine, que sera entamé le travail traditionnel de « mid-term review » qui permettra de caler les budgets pour les années suivantes : de 2011 à 2013…


(*) Le Lofta est financé à un tiers par l’UE, un autre tiers par les Etats Unis (31%), le Japon (16%), les Pays-Bas (7%), le Canada (7%), l’Allemagne (3%) étant les principaux autres contributeurs. La Finlande, la Suisse, l’Australie, l’Italie, la Norvège, la Belgique, l’Irlande, le PNUD, la Hongrie, le Danemark, l’Islande, la Lettonie contribuent également à ce fond.

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Engagement en Afghanistan. Que dit le Parlement européen: Rien ?

(BRUXELLES2) Alors que tout le monde est suspendu au moindre froncement de sourcils à Washington, Obama devant annoncer sa nouvelle stratégie militaire en Afghanistan, les Européens restent étrangement silencieux. Condamnés à être les supplétifs des forces américaines. Si cette position pouvait se justifier il y a quelques années, aujourd’hui avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Le Parlement européen, qui est la seule instance légitime d’un point de vue démocratique, doit, vite, se saisir du dossier et ouvrir le débat.

Un plan d’action bien palichon. Bien sûr, il y a eu la position affirmée au dernier conseil des Ministres des Affaires étrangères, avec un  plan d’action de l’UE pour l’Afghanistan et le Pakistan. Celui-ci est cependant au Plan d’action ce que la chicorée est au café, un ersatz. De nombreux aspects sont oubliés, notamment l’aspect militaire. Et l’engagement européen pour la formation de la police reste à la fois limité et difficile (lire Eupol Afghanistan: on progresse, lentement, trop lentement…). Même l’organisation de l’aide civile demeure parcellaire. Ce plan d’action fait pâle figure à coté du plan du général américain McChrystal. Le plan du général américain – qui devrait être relu avec une certaine attention (1) – est d’une certaine façon plus complet et ambitieux, pas seulement au plan militaire. Au plan civil également, puisqu’il prévoit le doublement de la chaîne militaire de commandement par une chaîne civile de commandement dans tout le pays. A Kaboul et dans chaque province, un « commandant civil » serait nommé avec pour fonction de coordonner l’ensemble des moyens civils déployés dans la province et être ainsi en capacité de « dialoguer » avec le responsable militaire. Ce plan prévoit aussi un « surge » en terme de communication pour répondre avec rapidité et efficacité aux tentatives de désinformation des talibans. Plutôt que de communication ou de plan d’action, ce qui semble surtout manquer au plan européen, c’est de débat.

Pourquoi un débat est nécessaire ? Il paraît ainsi totalement incongru que mis à part quelques pays (Allemagne notamment), le débat dans les représentations démocratiques ne soit pas la règle. Il paraît également totalement anormal aucun débat n’ait été organisé au niveau européen. Car l’Afghanistan (et le Pakistan) est un sujet éminemment européen dans tous les Etats sont impliqués et pour lequel le budget à la fois national et communautaire est soumis à contribution. Avec des résultats « contrastés » (pour être gentil…). Pour moi, le Parlement européen, qui est la seule instance européenne élue au suffrage universel direct (ce que ne sont ni l’assemblée parlementaire de l’OTAN, ni l’assemblée de l’UEO, ni l’assemblée du Conseil de l’Europe), doit se saisir de cette question. Cette intervention se justifie d’autant plus que l’intervention en Afghanistan s’inscrit dans la durée, qu’elle engage profondément à la fois la vie des Européens, de nombreuses ressources militaires – qui ne sont donc plus disponibles sur d’autres terrains d’intervention – et qu’elle nécessite d’importants moyens financiers et budgétaires – d’autant plus difficiles à tenir en ces temps de restriction budgétaire. Rien qu’au plan économique – au regard notamment du respect des critères de stabilité budgétaires de Maastricht – ce débat devrait être nécessaire. Quand on regarde la dimension développement,
démocratie, politique étrangère, stabilité de la région asiatique, terrorisme… sa nécéssité apparaît encore plus primordiale.

Une commission d’enquête au Parlement européen ? L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui met au premier plan la nécessité d’une meilleure coordination des politiques étrangères, impose ce débat, aujourd’hui. D’autant que les opinions publiques de tous les pays européens sont de plus en plus sceptiques sur cette intervention, et attendent l’expression de diverses opinions… Nous n’allons pas attendre que le Congrès américain ait débattu de toutes les options envisagées pour fixer notre position. Pour moi, le Parlement européen doit ouvrir le débat, et vite, pourquoi pas sous forme d’une commission d’enquête… Cela permettrait d’envisager tous les aspects de la question – l’objectif de la présence sur place (chasse aux terrorismes, stabilisation de la zone, développement, modèle démocratique..), les moyens mis en oeuvre, les budgets qui sont dévolus – de façon posée, réfléchie et ouverte.

(1)
Dont le projet avait été rendu public le Washington post – télécharger

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Eupol Afghanistan: on progresse, lentement, trop lentement…



(BRUXELLES2) Les 27 ministres des Affaires étrangères ont réaffirmé, mardi, leur « détermination à apporter une importante contribution à la réforme de la police afghane ». « Le renforcement des services de police et du secteur de l’Etat de droit en Afghanistan est primordial pour promouvoir la stabilité et la sécurité dans le pays » ont-ils ajouté. Mais au-delà des paroles, les actes semblent moins conséquents.
L’effectif de la mission européenne de police EUPOL Afghanistan se remplit lentement, très lentement. La dernière conférence – organisée le 10 novembre – a permis d’atteindre un effectif (promis) de 320 personnes, contre environ 270 maintenant (NB : l’objectif a été fixé à 400 personnes en mai 2008 !). « C’est moins que ce que j’espérais – n’a pas caché Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères qui présidait la réunion – mais nous avançons. »

Un nouvel appel. « Il importe au plus haut point que l’UE honore les engagements pris en faveur de la réforme des services de police afghans. Le Conseil a souligné qu’il importait que les Etats membres fournissent à la mission le personnel et les moyens logistiques dont elle a besoin (1) pour exécuter son mandat dans l’ensemble du pays » ont réaffirmé les 27, la main sur le coeur. Espérons que leurs collègues de l’Intérieur et des Finances (qui tiennent le porte-monnaie) entendront cet appel et que c’est la dernière fois que nous aurons à en parler ici !

Au plan organisationnel, les priorités d’Eupol ont été revues et groupées en six objectifs : le renseignement, la chaîne de commandement, de contrôle et de communication, les enquêtes judiciaires, la lutte contre la corruption, les liens entre police et parquet, la prise en compte de la question d’égalité des sexes. EUPOL s’est également doté d’une « cellule projets ». Et son budget a été (légèrement) augmenté en conséquence.

(1) Il manque notamment des moyens de transport, type hélicoptères ou avions, si l’on veut que la mission puisse sortir de Kaboul. Selon un policier européen, la mission a une efficacité dans la capitale afghane. Mais en dehors, dans les provinces, c’est une autre histoire…

(crédit photo : Conseil de l’Union européenne, Carl Bildt et Benita Ferrero Waldner, lors de la conférence de presse)

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