Afghanistan-Pakistan

EUPOL Afghanistan lance une campagne d’information sur les droits fondamentaux

(Crédits: EUPOL Afghanistan)

(BRUXELLES2) « Cela fait longtemps que nous attendons de développer des activités d’assistance juridique et EUPOL est la bienvenue pour nous aider à atteindre ce but » a déclaré le Mollah Salim F. du district de Kuhlm en réaction à l’annonce de EUPOL Afghanistan de la mise en place d’une campagne afin de faire connaître à la population ses droits fondamentaux et d’améliorer l’accès à l’assistance juridique.

L’adéquation aux traditions locales

La campagne « Getting Access to Legal Aid » est un projet lancé par le département de la justice de la province de Balkh (nord de l’Afghanistan), en coopération avec l’association indépendante des avocats afghans (AIBA) et la mission EUPOL Afghanistan. Mise en place spécifiquement pour un public peu éduqué, elle se veut « en adéquation avec les traditions locales » explique-t-on à EUPOL Afghanistan. Ce programme, appuyé par l’Agence Allemande pour la coopération internationale (GIZ) et financé par l’Office des Affaires étrangères fédéral Allemand se développera autour de vidéos, de spots radio, et des cahier de coloriage et de dessin pour les enfants. Il sera tout d’abord mis en place dans des districts qui présentent « les meilleures conditions possibles pour une mise en œuvre optimale de cette campagne ».

Un atelier d’information à l’assistance juridique

Un atelier de travail ATLAS (Access To Legal Aid) s’est tenu à Mazar-e-Sharif et a montré un besoin urgent d’informer les population non-urbaines de leurs droits et de la possibilité qu’elles ont d’accéder à une assistance juridique. Un membre du personnel d’EUPOL explique “que la plateforme ATLAS était prévue comme le départ de la campagne et est un premier pas”. Cette campagne devrait d’ailleurs s’étendre à d’autres provinces voisines comme celle de Samangan.

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EUPOL Afghanistan : un bilan critiquable et critiqué

patrouille à Mazar-e Sharif en 2012 (crédit : EUPOL Afghanistan)

(BRUXELLES2) S’exprimant à l’occasion du bilan de l’opération de retrait français en Afghanistan, le 26 février, le député Philippe Meunier (UMP – droite)-  qui corédige le rapport pour l’Assemblée nationale – n’a pas eu de mots assez durs pour l’opération européenne de formation de la police afghane. Il a ainsi souligné le « bilan critiquable » de la mission EUPOL Afghanistan, « son coût élevé (61 millions d’euros), l’absence d’évaluation, le manque de suivi comme l’impossibilité d’aller sur le terrain » qui « contrastent » de façon importante avec la manière « dont les Français travaillent dans le Wardak ».

Peu de concret et de sorties sur le terrain pour Eupol

De façon détaillée effectivement, le projet de rapport – dont B2 a eu copie -, taille un véritable “short” à la mission européenne. Rédigé avec le député du PS, Philippe Nauche, il pointe des « formations (qui) restent cantonnées à un niveau qui se veut « stratégique » : des cours sont dispensés à Kaboul et dans six grandes villes afghanes, sans que les policiers formateurs n’accompagnent les élèves sur le terrain, dans des opérations concrètes. » Certes la démarche consistant à former des formateurs « semble bonne » souligne les rapporteurs « mais elle souffre d’un manque de suivi dans le partenariat avec les autorités afghanes. Bien souvent en effet, les personnels formés retrouvent leur poste initial, loin de pouvoir diffuser les enseignements dispensés lors des présentations d’EUPOL. »

Mais réussite pour la gendarmerie française

Une situation qui contraste avec le programme de formation de la gendarmerie afghane mis en place par l’armée française dans le Wardak. Un programme « plus opérationnel » souligne ainsi les rapporteurs. Une équipe de 41 gendarmes français, ainsi que deux personnels du SSA, deux de la DPSD et 2 transmetteurs sont actuellement déployés. Il inclut le travail sur le terrain. « En particulier, formateurs et élèves sont logés sur le même site et les formateurs se rendent sur le terrain. » 1 090 élèves y sont actuellement en formation, et 4 900 élèves ont été formés depuis 2009, dont 3 000 dans la seule école du Wardak. « Ils bénéficient d’un aguerrissement sans commune mesure avec le travail proposé dans le cadre d’EUPOL. »

Pas d’indicateurs de réussite

EUPOL Afghanistan a « peu de résultats tangibles » souligne le rapport. « Jusqu’à ce jour, la mission de l’Union européenne n’a pas défini d’indicateurs de performance – si ce n’est, il est vrai, la délivrance effective de diaporamas – et disposait encore moins des moyens de suivre les résultats des formations. »

Marginalisation de la France

De façon plus générale, les rapporteurs se plaignent que la France soit « particulièrement marginalisée dans ce dispositif. Outre la référence quasi exclusive aux règles de procédures anglo-saxonnes la direction de la mission est essentiellement britannique : le Royaume-Uni a obtenu quatre des six postes principaux, un seul revenant à la France dont la quote-part au budget du projet est pourtant supérieure. »

Commentaire : des critiques qui manquent de fond

On a l’impression à lire le rapport que c’est un peu : “heureusement, les Français sont là“. Même si le travail des gendarmes français en Afghanistan est louable et utile, et que la mission européenne est critiquable, en faire des tonnes est un peu exagéré. Et les incohérences semblent un peu “légion” dans ce rapport.

1° Les deux missions – française et européenne – n’ont rien à voir a priori. Leur objectif est différent. A l’une, la formation des gendarmes de terrain; à l’autre la formation des échelons de police judiciaire.

2° Si les Français ne sont pas présents dans cette mission, c’est peut-être et sans doute avant tout car ils n’ont présenté que peu de candidats et personnels pour EUPOL Afghanistan. Une mission qui souffre de façon structurelle – B2 s’en est fait l’écho à plusieurs reprises – d’un manque d’effectifs ! mais aussi également d’une certaine volonté politique des Etats membres.

3° Quant à la quote-part “supérieure” dans le budget, cette remarque est plus qu’étonnante. Le budget de cette mission (civile) est, en effet, assuré sur le budget général de l’Union européenne. Et il n’y a pas comme pour les missions militaires de contribution spécifique (sauf justement pour l’envoi d’experts nationaux détachés).

Pour autant tout est-il rose chez EUPOL Afghanistan. Non sans doute pas… Mais les approximations (plus journalistiques :-) que parlementaires) n’aident pas vraiment à cerner le problème.

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La mission de police en Afghanistan à la veille d’un redéploiement

(BRUXELLES2) La mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL Afghanistan) se prépare à un redéploiement qui ressemble à un rétrécissement. Du fait du retrait des forces de la coalition, et de la suppression de certains PRT dès maintenant et jusqu’à 2014, certains points de formation pourraient être abandonnés, particulièrement dans le sud du pays. C’est du moins une des premières recommandations de la revue stratégique (review) actuellement engagée au niveau européen.

Rappelons que la mission de police de l’Union européenne n’a pas vraiment pour objectif de former des policiers de terrain ou de maintien de l’ordre mais privilégie davantage la mission de maintien de l’Etat de droit, d’enquête et de police judiciaire, notamment. Kaboul restera donc le point central pour les formations, avec différentes villes (Mazar, Kunduz…) qui obéiront davantage à la volonté de certains pays de rester, ou de ne pas rester, qu’à une réelle planification stratégique.

Certes la mission européenne est moins friable aux attaques “green on blue”. « Une mission civile est sans doute moins exposée car ces méthodes sont moins hiérarchisées » explique H. Haber, le commandant des missions civiles de maintien de la paix l’Union européenne (CPCC). En clair « Si je peux exprimer comme çà. Il y a moins de risque de briser certaines normes ou blesser certaines susceptibilités. »  Mais, sur le terrain, les “Européens” ne sont pas en position de se protéger eux-mêmes. Ils reposent intrinsèquement sur les forces de l’OTAN pour cela. Et la situation sur place impose donc des décisions qui ont peu à voir avec l’objectif de la mission et davantage avec la réalité.

De fait, on peut s’interroger de savoir comment les Etats membres vont pouvoir maintenir une mission au-delà de 2014 (*), mission qui a toujours eu du mal à trouver son personnel. Elle est toujours restée en dessous des effectifs budgétés. Et encore aujourd’hui on est à environ 350 personnes pour 400 personnes prévues.

(*) Les 27 s’étaient entendus,  il y a un an, sur la prolongation de la mission, après 2014, qui fixait un message davantage politique qu’opérationnel

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Les journalistes peuvent aller en Afghanistan, pas les eurodéputés !

(BRUXELLES2) Alors que le service diplomatique européen (SEAE) a organisé une visite de quelques journalistes en Afghanistan (une première, en trois ans…, à saluer), les eurodéputés ont montré une certaine mauvaise humeur. Comme l’a rappelé, avec iro la vice-présidente de la sous-commission Défense, Norica Nicolai, « Jusqu’à présent on avait refusé aux parlementaires européens d’aller sur place pour des raisons de sécurité. Je suis donc ravie d’apprendre que des journalistes peuvent participer à une visite. J’espère que ce sera bientôt au tour des eurodéputés et que nous pourrons enfin voir par nos propres yeux et non par un miroir » ce qui se passe sur place. Une ironie qui cache mal une certaine mauvaise humeur…

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Allen saute, l’Otan tressaute

(Crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Le général américain John Allen, chef de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité en Afghanistan (ISAF), ne devrait pas exercer ses fonctions de Commandant Suprême des Forces de l’Alliance Atlantique (SACEUR). Il est à son tour éclaboussé par la démission, pour adultère, de David Petraeus, directeur de la CIA. Selon The Washington Post, l’enquête du FBI sur D. Petraeus aurait fait la découverte d’une correspondance «inappropriée» de plusieurs centaines de mails entre le général Allen et Jill Kelley, l’un des personnages clés du scandale, une amie du couple Petraeus.

Nomination à la tête de l’OTAN suspendue

L’inspection générale du Département de la Défense a ouverte une enquête a affirmé Leon Panetta, le ministre de la Défense, alors qu’il était à bord d’un avion militaire en route vers le Pacifique (Australie…) confirmant l’implication du général de Marines dans une enquête du FBI. La commission des services armés du Sénat tout comme celle de la Chambre des représentants ont été « averties » a-t-il confirmé.

Nomination suspendue

On se rappelle que le Congrès devait encore se prononcer sur sa nomination. Celle-ci est dorénavant suspendue. « Tant qu’il reste sous enquête et que les faits sont déterminés, le Général Allen restera commandant de l’ISAF » a précisé Panetta. « Son commandement a permis de réaliser de significatifs progrès pour l’ISAF qui, en coopération avec nos partenaires afghans, a apporté une très sécurité au peuple afghan (et) s’assurer que l’Afghanistan ne devienne plus jamais un refuge pour les terroristes » a-t-il ajouté en guise de pommade. Mais c’est aussitôt pour préciser la sanction conservatoire qui a été prise à son égard : « J’ai demandé au président de suspendre sa nomination tant que les faits ne seront pas éclaircis ». Et de la même façon il a demandé aux sénateurs Carl Levin (Démocrate) et John McCain (Républicain) de reporter à plus tard, l’audition prévue au Sénat jeudi (15 novembre). Panetta a, en revanche, demandé au Sénat d’agir «rapidement» pour la nomination du général Joseph Dunford, numéro deux du corps des Marines, pour lui succéder comme prochain commandant de l’ISAF.

Commentaire : Une Alliance encore très atlantique et peu européenne

On peut remarquer d’une part la dureté des mesures prises. On ne badine avec le respect des règles à Washington où on redoute, outre le respect d’une certaine morale et de certaines règles, qu’une liaison ne puisse faire l’objet d’un chantage. Je ne suis pas sûr que cette conception soit vraiment partagée partout… On peut aussi remarquer que le commandement de l’OTAN est étroitement soumis à des règles et un encadrement américain. Il n’y a pas encore beaucoup d’indépendance dans le fonctionnement de l’Alliance atlantique, où les principaux éléments continuent d’être décidés à Washington et non à Bruxelles. Ce qui explique sans doute pourquoi cette nouvelle n’a pas vraiment été commentée officiellement bd Leopold. Il est vrai que d’une certaine façon le commandement reste assuré, avec l’Amiral Stavridis qui pourrait rester en place et assure pour l’instant le commandement, avec son adjoint. Mais on a là certainement matière à réflexion. Si les Américains veulent que les Européens se prennent en main, il faut aussi qu’ils leur en laissent la latitude…

Lire aussi : Le haut commandement Allié change de main, celui de l’ISAF également),

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5 Marines incarcérés. Enquête pour meurtre en Afghanistan

un policier militaire britannique (Crédit : Ministère UK de la Défense)

(BRUXELLES2) Neuf hommes des troupes d’élite de l’armée britannique, de la 3e brigade commando des Royal Marines, ont été arrêtés ces derniers jours par la police militaire (RMP) pour meurtre en Afghanistan et déférés devant un procureur. Sept marines ont été arrêtés jeudi par une unité de la police militaire, un autre vendredi et un dernier samedi. Sur les 9, quatre ont été rapidement libérés, cinq autres incarcérés. L’instruction se poursuit.

L’affaire a démarré avec l’arrestation d’un militaire au Royaume-Uni pour d’autres faits. La découverte d’une vidéo sur son laptop a montré le groupe de Marines dans le district de Nad-e-Ali autour d’un insurgé blessé se posant la question : que faire de lui. La vidéo s’est interrompue ensuite. Mais selon les sources de l’armée interrogées par le Telegraph, l’insurgé est décédé ensuite. Ce qui serait contraire aux conventions de Genève. « Cette arrestation démontre la détermination du département des Forces armées pour s’assurer que le personnel britannique agit en conformité avec les règles d’engagement et nos normes » précise le Ministère britannique de la Défense.

C’est la première fois que des soldats britanniques sont ainsi impliqués dans une enquête judiciaire pour des faits commis en Afghanistan dans le cadre de leur fonction de militaire. Les Marines appartiennent à une unité avait vu 7 des leurs décédés sur le terrain lors de leur engagement sur le terrain, d’avril à octobre l’année dernière.

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Le haut commandement Allié change de main, celui de l’ISAF également

(BRUXELLES2) Le Général américain John Allen va prendre les fonctions de Commandant Suprême des Forces de l’Alliance Atlantique (SACEUR). Les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique ont avalisé cette décision qui tient surtout à une décision du commandement américain. Jusqu’à présent à la tête de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité en Afghanistan (ISAF), Allen devrait entrer en fonction au printemps 2013 et remplacer son compatriote l’amiral James Stravridis, entré en fonction il y a 4 ans, en juillet 2009. Diplômé entre autres du Collège de la Guerre américain et du Collège de Défense et d’Intelligence Nationale, John Allen a débuté ses missions «chaudes» à l’étranger au sein de l’Implementation Force (IFOR) en Bosnie Herzégovine en 1995. Il commande par la suite la 2ème brigade expéditionnaire de Marines lors de l’opération Iraqi Freedom de 2006 à 2008. Avant sa mission afghane, le général Allen était commandant en second du Centcom, le commandement américain au Moyen-Orient et en Asie centrale depuis juillet 2008. Comme à l’ordinaire – ce sont toujours les Américains qui détiennent ce poste – c’est le président B. Obama qui a nommé ce général quatre étoiles, sous réserve d’approbation du Sénat. C’est son expérience à l’ISAF qui l’a familiarisé avec la structure de l’Alliance où il a eu la difficile tâche d’entamer le transfert de la sécurité aux forces afghanes tout en amorçant le retrait des forces occidentales.

L’ISAF garde un “Marines” à sa tête

C’est un autre général du Corps des Marines qui va le remplacer. Le général Joseph F. Dunford va prendre la tête des quelques 100.000 soldats de l’Alliance encore sur place. Natif de Boston et diplômé du Collège de la Guerre ainsi que de l’Ecole de Débarquement des Marines, il a servi au sein de très nombreux bataillons et régiments de Marines tout au long de sa carrière. Actuel numéro deux de ces mêmes Marines américains depuis octobre 2010, cet officier a gagné ses lettres de noblesses notamment lors de ses 22 mois de service en Irak en tant que commandant du 5ème régiment de Marines. «Fighting Joe» – tel qu’il fût surnommé durant la guerre d’Irak – aura pour l’instant à sa charge de mener à terme la stratégie de retrait «progressif» (Lire : Afghanistan : On change de tonalité au haut commandement de l’OTAN) des troupes internationales dans un contexte d’attaques Green on Blue qui minent le moral des troupes.

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Afghanistan : On change de tonalité au haut commandement de l’OTAN (maj)

(crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Anders F. Rasmussen semble avoir changé de vocabulaire lorsqu’il évoque le retrait d’Afghanistan. Dans une interview accordée au quotidien britannique,  The Guardian, aujourd’hui le secrétaire général de l’Alliance atlantique précise ainsi que «si la situation le permet», il «n’exclut pas la possibilité d’une accélération du processus (de retrait) dans certaines zones». La nuance est peut-être faible mais elle est bien présente. Face au discours de Chicago en mai dernier, Rasmussen annonce qu’à «partir de maintenant et jusqu’en 2014, nous assisterons à des déclarations de redéploiements, de retraits ou de baisses des effectifs militaires…». On pourrait donc changer le calendrier de Chicago qui avait fixé sans équivoque, à la fin de l’année 2014, le retrait de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (ISAF). Lorsque Rasmussen déclarait que l’alliance allait « abaisser le nombre de ses soldats graduellement et de manière responsable, pour achever sa mission d’ici au 31 décembre 2014».

De l’annonce du retrait des troupes françaises pour la fin de l’année 2012 avec l’élection de François Hollande à Chicago à l’annonce il y a quelques jours de la possible accélération du retrait des troupes britanniques par le ministre des affaires étrangères lui-même, Philip Hammond (Lire : Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan), on sent ainsi une nette accélération des sorties. Accélération dictée davantage par des considérations internes, et d’économie, que par les avancées sécuritaires sur place. Récemment, la Nouvelle-Zélande annonçait un retrait de ses troupes, également plus tôt que prévu (à l’origine en Avril 2013) ; décision calquée sur celle de son voisin australien qui l’avait déjà annoncé en avril dernier. D’autres retraits ont déjà été programmés : Les Néerlandais ont déjà quitté le sol afghan fin juillet et les Canadiens s’en vont l’année prochaine (sans escompter mettre de troupes pour l’après 2014). Il ne manquerait plus que l’Italie décide d’accélérer son propre calendrier (prévu pour l’instant pour fin 2014) afin de répondre aux exigences financières, pour que le Commandement de l’OTAN puisse s’affoler.

Pour l’instant M. Rasmussen déclare que le calendrier de retrait «dépendra du niveau de sécurité sur le terrain» et qu’aucun «retrait accéléré ne devrait être perçu comme une course vers la sortie». Mais on peut avoir des doutes. Des doutes concernant ces soudaines améliorations de la sécurité sur le terrain. D’ailleurs, le secrétaire général de l’OTAN le laisse entendre. «Bien-sûr que les attaques internes (“green on blue”) ont sapé la confiance, absolument». Avant d’ajouter, «les leaders politiques des capitales engagées (en Afghanistan) savent très bien que ceci fait partie d’une stratégie visant à ébranler l’appui de l’opinion publique nationale … la véritable cible, ce sont les politiques, les médias, les «faiseurs» d’opinion des pays partenaires et des nations alliées». Différentes options seraient en étude selon The Guardian et une décision claire devrait apparaître dans les trois mois. «Des décisions politiques seront prises en se basant sur les recommandations (du Général John Allen, le commandant américain des opérations de l’alliance en Afghanistan), et nous verrons comment nous nous adapterons au transfert de responsabilité vers les Afghans» admet Anders Rasmussen. Le Général Allen rendra son rapport avant la fin de l’année.

PS : suite à la publication de l’interview dans The Guardian, le secrétaire général de l’OTAN a tenu à rectifier certains propos, télécharger ici

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