Afghanistan-Pakistan

Les Polonais prolongent en Afghanistan

(crédit : ministère polonais de la Défense)

(B2) Le gouvernement polonais en a décidé ainsi. Il souhaite prolonger la mission du contingent militaire polonais en Afghanistan et a adressé la demande formelle au président. L’engagement actuel se terminait le 13 avril, l’objectif est de la prolonger jusqu’au 13 octobre. Le contingent aura une taille sensiblement équivalente, avec un maximum de 2500 soldats, et une réserve disponible en Pologne de 200 personnels, mobilisables si nécessaire, selon l’agence polonaise PAP qui donne l’information. Coût de l’engagement supplémentaire : 503 millions de zlotys (environ 123 millions d’euros).

Le contingent polonais est basé dans la province de Ghazni, avec notamment la protection de la route Kaboul-Kandahar et Ghazni. A l’automne, le ministère polonais de la Défense devrait décider la réduction du contingent, suivant en cela le mouvement général déclenché par les Américains de retrait des forces d’Afghanistan, qui doit être achevé d’ici à 2014. Les forces de combat devraient progressivement diminuer jusqu’à ne compter qu’environ 1000 personnes.

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Les Belges retirent d’Afghanistan la moitié de leur effectif à l’été 2012

Soldat de la force de protection (crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) L’armée belge devrait retirer la moitié de son contingent (614 personnes) d’Afghanistan à l’été 2012. La date est fixée au 30 juillet 2012. Environ 300 militaires participant au détachement de protection et force de réaction rapide présents à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – seront retirés autour du 30 juillet 2012. Un retrait programmé et prévu depuis un an (la décision a été prise en juin 2011).

Les Belges seront remplacés par un effectif portugais – deux contingents d’environ 80 personnes chacun. La Belgique maintiendra environ 300 hommes : une centaine à Kaboul – essentiellement des instructeurs (logistique, communication) ou avec la fonction d’Etat-Major -; une centaine à Kandahar – autour des avions F-16 chargés de l’appui aérien aux opérations de l’ISAF, mission dénommée « Guardian Falcon » ; une centaine à Kunduz – équipe provinciale de reconstruction (PRT) et OMLT.

Comme l’explique un officier belge à B2, un retrait prend « entre un et deux ans ». « Ce n’est pas seulement une question de retrait des matériels. Il faut normalement trouver des effectifs qui viennent vous remplacer et effectuer les tâches que vous faites ». En pratique, il y a deux éléments, outre la force de persuasion : le temps et l’argent. Soit « on prend en charge financièrement le déploiement d’autres nations » – ce qu’a fait le Canada semble-t-il, soit « on négocie. Et là il faut du temps et attendre un peu ». Ce qu’on fait les Belges et Néerlandais.

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L’infiltration des troupes afghanes, une réalité. L’OTAN prépare un plan

L’infiltration des troupes afghanes, une réalité. L’OTAN prépare un plan

G. Longuet lors de sa conférence de presse à l'OTAN (Crédit : NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2 au siège de l’OTAN) Un tabou est en train de sauter. L’infiltration d’éléments talibans dans certains camps de formation de la nouvelle armée afghane n’est non seulement plus démentie par les Alliés mais elle devient une préoccupation auquel il devient urgent de remédier. La « colère » de Sarkozy au lendemain de l’incident de Gwan a frappé les esprits. Et au QG de l’Alliance, même si on n’ose pas dire un mot public sur ces satanés « frenchies », force est de constater que nombre de conversations aujourd’hui étaient centrées sur la décision française de retrait anticipé, la fiabilité de l’armée afghane et de son recrutement… Bref

La mort de soldats français à Gwan, une erreur afghane, un fait pas isolé

La mort de 4 soldats français à Gwan, le 20 janvier, reste encore en travers de la gorge du Ministre qui n’hésite pas à pointer le problème. « Le soldat qui avait tué les compatriotes n’avait pas été suivi. Il s’était déjà engagé, avait déjà déserté, rejoint au Pakistan, puis était revenu vers Kaboul pour se faire réengager dans une unité intégrée dans le dispositif – français de Kapisa. » Bref « Il y avait un contrôle mais pas suffisamment adapté à une situation extraordinairement complexe et difficile. (…) L’armée nationale afghane n’avait pas fait de ce travail une priorité absolue. » La question sur toutes les lèvres est de savoir si l’acte est isolé. Et le ministre répond non. « L’enquête est encore en cours. Mais j’ai le sentiment que c’est une démarche qui n’est pas isolée »…

Un plan anti-infiltration

L’OTAN a ainsi décidé de réagir rapidement en mettant au point un « plan anti-infiltration » qui devrait être « mis au point d’ici la fin février » ainsi que l’a confirmé Anders Fogh (Rasmussen), le secrétaire général de l’OTAN. Une demande française, après l’incident de Gwan coutant la vie à 4 soldats français. « Les évènements (qui ont frappé nos compatriotes) sont minoritaires mais ont une valeur symbolique forte en crédibilité pour l’armée afghane », a précisé Gérard Longuet dans son point de presse aujourd’hui. « J’ai demandé que l’armée afghane prenne des mesures concrètes pour que le niveau, la qualité, le suivi de recrutement apporte le maximum de sécurité à ceux qui combattent à leurs cotés. » (*)

Au menu biométrie et suivi des engagés

Le plan devrait inclure davantage de biométrie et surtout de suivi historique. « Techniquement, on peut très fortement améliorer le suivi des engagés : savoir d’où ils viennent, ce qu’ils ont fait, et ce qu’ils continuent de faire dans leur présence et comportement dans leurs unités » poursuit le ministre de la Défense français. L’avantage est que l’Afghanistan est un « pays assez traditionnel. Les combattants ont leur famille, leur berceau, leur histoire. On peut obtenir en quelque sorte un certificat de moralité. Là où c’est plus compliqué, c’est vers la frontière du Pakistan » et également à Kaboul où vivent pas mal de déplacés.

18 incidents en 2011 mettant en cause un « soldat » de l’armée afghane

Au niveau allié, « on recense une quarantaine d’incidents en quatre ans - a confirmé le ministre, avec une accélération ces derniers mois – 18 en 2011, touchant la plupart des armées alliées : américaine, australienne… (…) Quantitativement, cela est marginal. Médiatiquement c’est insupportable en termes de crédibilité de l’armée afghane. » Pour autant, le Ministre ne veut pas parler « d’une infiltration systématique, aujourd’hui ». Mais dans l’avenir, ce pourrait être le cas « vraisemblablement ». Car les « différents réseaux talibans sont assez avisés sur le plan politique pour savoir que ce type d’action est pernicieux pour l’armée afghane. »

(*) A noter que la France a obtenu du ministre de la Défense afghan, Wardack, qu’il « injecte des sous officiers formés, connus des Français et qui devraient permettre d’apporter une meilleure ambiance » dans les troupes de l’ANA formées et soutenues par les Français.

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Le calendrier de retrait précisé par G. Longuet. Les vraies questions sont posées…

(BRUXELLES2 au siège de l’OTAN)  A écouter Gérard Longuet, le ministre français de la Défense, on se demande si les bonnes questions ont été posées, et résolues, jusqu’ici, notamment lors du sommet de Lisbonne, sur l’engagement international en Afghanistan. Que ce soit au niveau du format de l’armée afghane, de son objectif, de son financement ou du calendrier de retrait, le débat semble plutôt s’ouvrir qu’être clos. La discussion, à bâtons rompus, entre le Ministre et quelques journalistes dont B2, au sortir cette première séance de travail de l’Alliance Atlantique consacrée à l’Afghanistan, est assez éclairante. Extraits de l’entretien…

Pas de critique du choix français

Le choix français de retrait anticipé ne semble pas avoir été critiqué par ses partenaires. Du moins pas en séance et publiquement, ce n’est pas le genre de la maison. « On peut difficilement critiquer un pays qui est le 4e contributeur et qui s’interroge parce que ses soldats paient de leur vie des choix ou des insuffisances tactiques. » a lâché le ministre. « J’ai expliqué la position de la France, je pense avoir bien été compris par le secrétaire général. Les ministres ont retenu ce que j’ai dit (lors des entretiens en bilatérale, une demi-douzaine qu’a mené le Ministre), même s’ils n’ont pas parlé dans leur intervention. (…) Chacun réfléchit dans son coin car il a le même problème. » Finalement (…) La discussion a forcé nos partenaires à prendre en compte notre engagement.

Le calendrier de retrait, précisé

Le ministre a d’abord précisé les chiffres sur le retrait, esquissés par le Président de la république il y a quelques jours. « La France a sur place 3600 hommes – 2400 engagés dans des actions des combat, et 1200 en encadrement, logistique et soutien à Kaboul. 1000 hommes – combattants seront retirés en 2012. Les 1400 qui resteront engagés le seront en soutien de l’armée afghane et partiront en 2013. Il en restera 1200 à Kaboul, chiffre qui diminueront progressivement. (…) Après 2014, 400-500 resteront. »

Un processus de transition en Kapisa

« Assurer la transition. Ca ne se fait du jour en lendemain. Ce n’est pas comme changer de locataire. Cela prend du temps » a précisé le ministre. En « Mars 2012, c’est le début du transfert en Kapisa », ce n’est pas la fin du transfert. Celui-ci sera terminé « à l’été 2013. Il faut plus d’une année ». Et durant ce processus, il reste des soldats combattants, et armés. « Il n’est pas question de laisser par exemple des unités médicales et d’évacuation sanitaire auprès des Afghans sans avoir des unités de protection. On se retire dans des conditions où tout militaire français doit être défendu. »

Le mandat est accompli: l’objectif ce n’est pas la Suisse

« Le mandat (donné à l’ISAF) n’était pas de transformer l’Afghanistan en une Suisse. Le mandat était de sortir les terroristes – c’est fait – et de permettre à l’État de doter d’une armée permettant de résister à des offensives diverses venant de réseaux talibans ou autres – la mission est en passe d’être réussie. Prenez l’exemple de la Kapisa. Il y a 2 ans, il y avait deux bataillons de 640 hommes, dépenaillés et pas entraînés. Nous avons aujourd’hui 4000 hommes formés, équipés, recevant leur solde et qui sont en première ligne. » Il a aussi précisé qu’il « faut une bonne année pour effectuer un retrait. La bataille des dates n’a donc pas vraiment de sens. (…) C’est comme quand on apprend à nager, on dégonfle la bouée petit à petit ». 

Le nombre de forces afghanes, un peu exagéré !

L’important est la transition avec l’armée afghane, qui prend environ entre 6 mois et 1 an (voire 18 mois selon l’OTAN), s’étalant entre « lead » responsabilité jusqu’à la « full » responsabilité pour les « locaux ». Avant tout, selon le ministre « il faut poser les bonnes questions : combien recruter, quels objectifs quantitatifs et qualitatif… » Il faut savoir « quel bon format est nécessaire pour l’armée afghane ». A commencer par le nombre. « A quoi sert en effet de recruter 5.000 soldats par mois si dans deux ans on diminue les effectifs (sauf à faire du DDR, désarmement démobilisation, réintégration pourront persifler certains). Que vont faire ces 100.000 policiers et soldats. (…) Le chiffre de 352.000 hommes pour les forces de sécurité est un peu exagéré. 230.000 serait plus raisonnable, surtout si on la compare à l’armée de Najibullah qui en avait 170.000. » « Ne vaut-il mieux pas faire du qualitatif. (Dans ce cas,) il faut mieux recruter », précise le Ministre. Et en particulier, il faut améliorer la sélection et le screening.

Ce que veut Karzai, une armée classique

Le souci du président afghan, Hamid Karzai – selon le Ministre – est d’avoir « une armée à la mesure du Afghanistan ». C’est-à-dire une armée « qui ne soit pas une armée de contre insurrection (NB : comme le présentent les Alliés) mais plutôt comme une armée d’un État indépendant assurant sa souveraineté. » « Une armée moins nombreuse paraît acceptable » pour le dirigeant afghan. « Mais il faut bien prendre conscience - précise-t-il - que Karzai a besoin d’une armée classique. Il faut former des conducteurs de chars, des forces spéciales. C’est ce qu’ils nous demandent. (…) C’est un débat très clairement ouvert et sera tranché à Chicago. »

Le coût futur : suffisant et soutenable

Il convient de ne pas se tromper de format. Car cette armée nationale a un certain coût, au bas mot « 4 milliards $ » selon le ministre citant le chiffre retenu par le groupe des contributeurs. Un chiffre plus élevé circule du coté américain (6 milliards $) ou britannique (7-8 milliards $). « Ce qu’il faut bien prendre en compte, c’est que l’effort doit être suffisant et soutenable. » Certes c’est moins proportionnellement que les coûts additionnés des engagements de chaque Etat participant à la coalition (400 à 450 millions d’euros par an pour la France) mais c’est une somme donnée à l’Afghanistan, en « espérant que les ressources du pays prendront le relais ».

Lire également :

(Maj vendredi avec d’autres précisions apportées par G. Longuet lors de sa conférence de presse et un éclaircissement sur les dates de retrait, plutot confuses dans la première version)

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Panetta (US) le confirme : on s’tire en 2013

Panetta (US) le confirme : on s’tire en 2013

véhicule australien dans la Tangi Valley (crédit : ISAF)

(BRUXELLES2) La retraite est sonnée… Les agenciers d’Associated Press n’ont pas attendu l’atterrissage à Bruxelles pour balancer la nouvelle. Dans l’avion qui amène à la réunion ministérielle de l’OTAN, le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Leon Panetta, a expliqué que la mission de combat en Afghanistan cesserait en 2013. « La phase finale de transition des parties du pays entre l’OTAN et le gouvernement afghan doit être commencée à la mi-2013 ». Ce qui permettra de transformer la mission de combat en mission de formation « entre la mi-2013 et la fin de l’année », a-t-il expliqué. Cela ne signifie pas cependant que toutes les troupes Us quitteront le sol afghan en 2014. Au contraire, il restera « une forte présence », pour assister l’armée afghane, et assurer la formation.

Quelques divergences avec les frenchies

C’est d’ailleurs un des points de divergence entre Français et Américains : entre une présidence modeste après 2013 – « quelques centaines d’hommes » a précisé le président Sarkozy -, et une présence « forte » pour les seconds qui ne donnent pas de chiffre  - mais on peut sans doute parler de plusieurs milliers, voire quelques dizaines de milliers, il y a de la marge. Les Etats-Unis ont actuellement 91.000 soldats dans l’ISAF, la force de l’OTAN, un chiffre qui devrait être ramené à 68.000 d’ici septembre. Et ce n’est pas le seul apparemment. Et Panetta a bien l’intention de s’en expliquer, a-t-il précisé à nos collègues américains, « avec la délégation française » dès son arrivée. Les Américains semblent avoir ainsi peu apprécié que le président français leur ait grillé la politesse de l’annonce de la date fatidique de 2013. Panetta a ainsi confié vouloir « ramener la (France) dans la stratégie de Lisbonne, pour pouvoir avancer tous ensemble ».

Celui qui a tiré le premier

Le 27 janvier, après un entretien avec le président afghan, Hamid Karzai, Nicolas Sarkozy avait, en effet, annoncé vouloir « demander à l’OTAN une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l’OTAN par l’armée afghane au cours de l’année 2013 ». Dans la foulée, sans même attendre le résultat de cette demande d’ailleurs, il avait déclaré avoir « planifier le retour de la totalité de nos forces combattantes dès la fin de l’année 2013 ». Ce qui signifie une (petite) accélération du calendrier de retour des soldats. 400 sont déjà rentrés en France en 2011. Et, en 2012, 1000 soldats supplémentaires quitteront l’Afghanistan (au lieu de 600 comme prévus). Et la Kapisa – région tenue par les Français – basculera sous commandement afghan en mars prochain.

Commentaire : la fin d’un dogme

Même si au siège de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Alliance se targue de démontrer que rien n’a changé, que « la feuille de route établie au sommet de Lisbonne était maintenue » et que tout cela était déjà largement prévu… la déclaration américaine est un signal fort après celui donné par les Français. Un dogme vient de sauter. Inutile de jouer sur les mots, de réinterpréter les paragraphes, de finasser…. La date de 2014, retenue par tous comme date ultime pour le retrait, n’est plus 2014, c’est 2013, voire mi-2013. On avance le calendrier d’un an. Italiens, Allemands voire Britanniques vont ainsi pouvoir plier les « gaules », plus vite que prévu, au grand bonheur des chefs de défense, et de leurs argentiers, dont les portes-monnaies sont vides. Mais attention ! Qui dit « troupes non combattantes » ne dit pas « risque zéro » — du fait des engins explosifs artisanaux télécommandés (IED) ou des attentats suicides —, et ne dit pas « zéro budget ». Il y a fort à parier que nombre de pays rechignent à apporter une contribution « forte » en troupes non combattantes au guichet « 2014″ comme le demandent les Américains.

Panetta dans l’avion qui l’amène à Bruxelles se confie (crédit : DOD / Secrétariat d’Etat US à la Défense)

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F. Hollande veut négocier avec les alliés à Chicago le retrait d’ici fin 2012

(crédit : PS)

(B2) Les dés en sont jetés. Dans un discours programme tenu dimanche (22 janvier) au Bourget, François Hollande le candidat du parti socialiste aux élections présidentielles l’a confirmé. Il a l’intention d’assumer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan d’ici la fin de l’année. « Il faut avoir la lucidité de dire – au-delà des hommes qui se dévouent là-bas que notre mission est terminée » a-t-il affirmé. La décision du président Jacques Chirac et du Premier ministre Lionel Jospin, il y a plus dix ans, de participer aux opérations de l’Otan en Afghanistan, « avait un but précis : répondre à l’attaque terroriste sur les Etats-Unis. Je l’avais pleinement approuvée » a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, cette mission achevée. Il est donc temps de décider le retrait qui s’impose ».

Le retrait des troupes devra s’effectuer fin 2012, mais en bon ordre. Hollande, en posture très présidentielle, devant une tribune teintée de bleu blanc rouge, a précisé avoir l’intention de se rendre au sommet de l’OTAN à Chicago, fin mai, avec la ferme intention d’expliquer la position française et de pouvoir négocier ce retrait. «  J’en préviendrai nos alliés. Ce retrait se fera en bon ordre, sans en aucune façon menacer la vie de , », a-t-il précisé.

Une décision qui va obliger les alliés de l’Alliance à accélérer le calendrier de retrait. Il y a fort à parier que peu de pays se bousculeront pour remplacer les partants. Et d’autres pays, européens notamment, pourraient embrayer dans ce sens.

Lire également : Un tournant dans la politique afghane de la France

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Un tournant dans la politique afghane de la France ?

Un tournant dans la politique afghane de la France ?

(crédit : DICOD, ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Quatre soldats tués, 16 blessés (dont 8 graves), le bilan de l’action d’un soldat portant l’uniforme de l’armée afghane à l’intérieur de la base de Gwan (ou Gwam selon les appellations) dans la vallée de Bagram a suscité l’émoi à Paris jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Présentant ses voeux au corps diplomatique, le président de la République a d’abord voulu rendre hommage aux victimes et rappelé l’objectif de la présence française. « L’armée française est au service des Afghans, contre le terrorisme, contre les talibans » Elle aide « le gouvernement afghan dans sa juste lutte contre les forces de l’obscurentisme, de la barbarie et d’un retour à un climat moyen-âgeux où les femmes et les petites filles étaient martyrisées ». Mais il a aussitôt saisi l’occasion pour infléchir la position française, expliquant avoir « demandé » au ministre de la Défense et au chef d’Etat-Major de se rendre sur place, « immédiatement » pour s’assurer des circonstances de cette mort.

Suspension des opérations de l’armée française

En attendant, a annoncé Nicolas Sarkozy : « Toutes les opérations de formation, d’aide au combat de l’armée française sont suspendues. Le ministre de la Défense nous fera rapport (…) sur ce qu’il aura vu en Afghanistan. Et si les conditions de sécurité pour nos soldats comme les conditions de recrutement des soldats afghans au sein de l’armée afghane ne sont pas clairement précisées, et c’est dur, la France en tirera immédiatement toutes les conséquences.» a-t-il asséné. Et de répéter : « Nous sommes les amis du peuple Afghan, les alliés du peuple Afghan. Mais je ne peux pas accepter que des soldats afghans tirent sur nos soldats. Si les conditions de sécurité ne sont pas clairement établies, se posera clairement la question du retour anticipé de l’armée française en France ».

Ecoutez (extrait de France-info) :

Réaction très mitigée à l’OTAN

A Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen en est resté, ce matin, à une réaction prudente. Il a tenu à exprimer ses « condoléances pour les quatre soldats français (…) tués aujourd’hui et (sa) sympathie à ceux qui ont été blessés. (…) C’est un jour très triste pour nos troupes en Afghanistan et pour le peuple français. » «  Ces incidents tragiques sont terribles (…), mais ils sont isolés. » a-t-il tenu cependant à (ré)affirmer. « La réalité c’est que chaque jour, 130 000 soldats de la FIAS  de 50 nations se battent et s’entraînent avec plus de 300.000 soldats afghans. (…) Nous avons le même objectif. Un Afghanistan qui est responsable pour sa propre sécurité. C’est ce que les Afghans veulent. Et nous engagés pour aider les Afghans à réaliser cet objectif. »

La reconnaissance d’un fait

Ce n’est pas la première fois que des soldats portant l’uniforme de l’armée afghane tirent sur des troupes de l’OTAN. Jusqu’à présent, on ne parlait que d’actes isolés, de dérive personnelle (c’est encore d’ailleurs le langage officiel, cf. la réaction de Rasmussen). On disait même les talibans réduits à des actes extrêmes (cf. les propos de G. Longuet il y a quelques semaines encore). Personne n’osait affirmer officiellement que l’armée afghane pouvait ressembler à un panier percé, infiltrable facilement par les talibans, et encore moins reconnaître qu’elle n’était pas aussi fiable que les Alliés voulaient le proclamer. Car ce que met en cause le président français, ce ne sont pas seulement les modalités de recrutement par le gouvernement afghan. Derrière cette attaque, il y a le rythme accéléré donné à la formation de l’armée afghane, et son dimensionnement important, qui ont obligé à faire un recrutement forcé. Ce sont les Américains qui sont normalement chargés aux côtés des Afghans d’examiner et vérifier (screening) le passé des recrues. Un examen apparemment trop léger.

Le retrait, enjeu stratégique ou… de campagne

On peut noter aussi que le président Sarkozy n’a pas fait mention de la prudence et de la tournure habituelles aux notions de retrait d’Afghanistan, en « étroit lien et concertation avec nos alliés » de l’OTAN. Ce qui semble ainsi être évoqué, est plus un retrait unilatéral de certaines opérations menées au sein de l’OTAN. Un aveu certainement d’un certain échec de la stratégie suivie en Afghanistan. Mais aussi un tournant dans la politique française qui a, toujours, été, malgré les pertes d’afficher une présence sans faille dans la coalition internationale présente en Afghanistan.

On ne peut certainement analyser ces éléments sans percevoir le poids de la pression électorale ; plusieurs candidats (à commencer par le candidat socialiste François Hollande) ont demandé un retrait plus rapide et les sondages ne sont pas porteurs pour une opération qui coûte de plus en plus cher, pour le budget de l’Etat comme en termes humains (82 morts français aujourd’hui). Pour le candidat Sarkozy, il s’agit donc de couper l’herbe sous le pied à ses adversaires. Dans son intervention, il a d’ailleurs bien pris soin de préciser que l’engagement de la France avait été décidé « il y a une dizaine d’années » et qu’il n’avait fait que « poursuivre cet engagement ».

Ce revirement n’est cependant pas automatiquement excellent. Si sur le fond, il peut se justifier (la stratégie en Afghanistan est confuse), il désigne encore plus les soldats français comme des cibles, comme un maillon faible de la coalition. Il devrait aussi susciter au sein de la coalition un débat important.

Les ministres de la Défense se réunissent début février au siège de l’OTAN. La discussion pourrait être animée. L’intervention de N. Sarkozy a un mérite : celui de poser la réalité de l’engagement français en Afghanistan, un débat jusqu’alors esquivé.

Lire également :

A lire : Le texte des voeux diplomatiques dans les Docs de B2

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Eupol en Afghanistan jusqu’en 2014 voire ad vitam aeternam. Un accord de coopération à négocier

entraînement de la police afghane (crédit : ministère polonais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les « 27″ se sont entendus aujourd’hui (lundi 14 novembre) pour prolonger le mandat de la mission européenne de police en Afghanistan « jusqu’à la fin de 2014 ». Il s’agit d’un « accord de principe » ; il faudra ensuite le formaliser et définir éventuellement la modification du format de la mission. Les 27 ont également indiqué que l’UE avait la volonté de coopérer avec l’Afghanistan « au-delà de 2014 afin de soutenir les efforts déployés par ce pays pour renforcer le maintien de l’ordre et l’État de droit ». Mais les 27 ont aussi mis une condition, demandant au gouvernement afghan « d’assurer à la présence de l’UE (y compris EUPOL) en Afghanistan des conditions adéquates de sécurité ».

Une feuille de route pour la conférence de Bonn

Outre la mission EUPOL, l’UE mettra sur la table de la conférence de Bonn, le 5 décembre, une série de propositions et est prête à s’engager sur différents projets, « le cas échéant en coordination et en coopération avec les Nations unies et l’OTAN et d’autres enceintes internationales concernées », pour assurer « le renforcement des institutions de gouvernance afghanes » :

  • favoriser une meilleure surveillance de la part des organismes élus au niveau tant national qu’infranational, notamment en ce qui concerne les flux et l’utilisation des fonds publics;
  • aider l’Afghanistan à faire en sorte que les institutions au niveau provincial et national travaillent de concert, de manière efficace et transparente;
  • renforcer le rôle du parlement, du système judiciaire et des autorités chargées du contrôle des comptes;
  • œuvrer en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, une attention particulière étant accordée aux femmes;
  • accroître l’aide qu’elle apporte au renforcement des capacités, entres autres dans les domaines de la gouvernance au niveau infranational, de la formation de fonctionnaires et de forces civiles de maintien de l’ordre, de la réforme du secteur de la justice et de la réforme électorale;
  • poursuivre la coopération au développement menée avec l’Afghanistan, en vue de favoriser le développement économique et social et de lutter contre la pauvreté.

Il s’agit aussi « d’améliorer le cadre légal régissant les activités du secteur privé et notamment les investissements directs, en vue d’améliorer le climat général des investissements et, partant, de réduire autant que faire se peut les risques politiques ».

Un accord de partenariat

Les 27 ont marqué leur accord pour préparer un accord de coopération « en matière de partenariat et de développement » avec l’Afghanistan. La Haute représentante, Catherine Ashton, a été mandatée pour ce faire. Le mandat qui lui est confié mentionne spécifiquement plusieurs secteurs : la coopération dans les domaines déjà évoqués (pour la conférence de Bonn) et une série d’autres domaines : le développement, la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité internationale, la migration, les échanges, l’environnement y compris le changement climatique et la coopération sur le plan économique et culturel.

« L’accord mettra en place, pour la première fois, un cadre global cohérent et juridiquement contraignant pour les relations entre l’UE et l’Afghanistan — indiquent les 27 —, dans lequel seront énoncées les valeurs communes ainsi que les droits et obligations réciproques des parties, concrétisant ainsi un engagement à long terme en faveur de la coopération avec l’Afghanistan à l’horizon 2014 et au-delà. »

Enveloppe financière intangible

L’UE s’engage « à ce que le financement de ses programmes de coopération et d’assistance en faveur de l’Afghanistan et de la région – tant sur le plan bilatéral qu’au titre du budget de l’UE – soit maintenu, dans les années à venir, à un niveau au moins équivalent au niveau actuel ».

Télécharger les conclusions (en français) : docs de B2

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Afghanistan : on dépense sans compter

(BRUXELLES2) C’est un rapport critique que devrait adopter prochainement le Parlement européen sur les dépenses en Afghanistan. Rédigé par le député allemand, Jens Geier (Sociaux et Démocrates), un projet de rapport a été adopté par la commission du contrôle budgétaire jeudi (10 novembre). Ce n’est pas la première fois que le Parlement européen est critique sur l’action européenne en Afghanistan. On se souvient que l’Italien Pino Arlacchi (du même parti des Sociaux et Démocrates) avait produit un rapport, très acéré, pronant une « Nouvelle stratégie en Afghanistan ». Que dit-il ? « Les mesures actuelles pour gérer les fonds de l’UE en Afghanistan sont inappropriées. » Mais si « certaines conditions préalables étaient respectées », ce serait mieux.

L’Afghanistan = 2 milliards d’euros depuis 2002

L’aide versée à l’Afghanistan par l’Union européenne n’est, en effet, pas négligeable. Le pays fait même partie des principaux bénéficiaires de l’aide civile au titre du budget européen : plus de 2 milliards d’euros ont ainsi été engagés et plus de 1,8 milliard d’euros déjà versés depuis 2002 au titre de l’aide au développement et d’aide humanitaire. Le problème est que ces fonds sont, dans une large mesure, acheminés par des organisations des Nations unies. Or, celles-ci jusqu’à peu étaient plutôt réticentes à la communication.

Peu de contrôle, peu d’audit, ou alors peu accessible

Ce n’est que récemment que quelques agences de l’ONU ont décidé d’octroyer l’accès de ces rapports d’audit interne aux institutions de l’Union européenne, mais seulement dans les locaux des agences. « ce qui complique toute tentative de les utiliser correctement », souligne le rapporteur Jens Geier (socio-démocrate allemand).

La commission parlementaire s’est montrée particulièrement préoccupée par l’absence d’indépendance du bureau afghan de contrôle et d’audit, qui est étroitement lié à l’administration afghane, ce qui entrave sérieusement l’octroi d’une aide budgétaire directe. « Le gouvernement américain a appris ses leçons à ses dépens. Aujourd’hui, après avoir mis en place des systèmes de gestion et de contrôle dans certains ministères afghans, l’aide budgétaire directe commence à porter ses fruits », a déclaré le rapporteur. Pourquoi pas l’Europe, pourrait-on dire.

Des conditions sévères requises

La commission parlementaire appelle la Commission européenne à fixer des conditions rigoureuses et clairement définies ainsi que des objectifs clairs et mesurables, pour le versement de l’appui budgétaire. « Un soutien budgétaire direct permettrait au gouvernement de la République islamique d’Afghanistan de se doter des capacités à long terme dont il a besoin d’urgence », plaide le rapporteur.

Quant à aller vérifier sur place comment l’argent est dépensé, c’est une illusion… On doit donc croire sur parole que tout a été bien dépensé. Ce qui est tout le dilemme de l’engagement international en Afghanistan : continuer de donner pour soutenir le pouvoir, quitte à avoir une déperdition (plus ou moins importante), aller vérifier sur place (au risque de la vie) ou cesser les financements.

(*) ce rapport devrait être débattu et voté à la session plénière en décembre

Télécharger le projet de rapport dans les docs de B2

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Le retrait français commence à la suite des Américains

(BRUXELLES2) Presque 200 militaires français, essentiellement des légionnaires du 2e REP (le Régiment étranger parachutiste de la Légion étrangère), quittent l’Afghanistan. Cette décision a officiellement été annoncée aujourd’hui. C’est le premier retrait français opéré dans ce pays d’Asie. D’ici la fin 2012, la France retirera environ 1 000 hommes sur 4 000 engagés sur place.

Une décision américaine suivie par la France

Ce retrait est opéré dans un vaste mouvement – plus ou moins concerté entre alliés – déclenché par la décision américaine de retrait, comme l’a confirmé le ministre de la Défense, Gérard Longuet, ce matin sur France-Inter. « C’est la volonté du président de la République. (…) Les Etats-Unis ont opéré un retrait. Nous effectuons un retrait proportionnel ». Mais pour le Ministre, ce retrait est aussi possible car l’armée afghanne est là. Et de vanter sa bonne tenue. « Pourquoi est-ce possible. Car les secteurs sont transférés à l’armée afghane qui une réalité sur le terrain et assume la fonction de sécurité ».

4 vagues pour le premier désengagement d’ici la fin 2012

Ces 200 hommes seront suivis par d’autres en 4 vagues si on en croit le chef d’Etat-Major aux armées, l’Amiral Guillaud, qui avait détaillé le planning récemment lors d’une audition à l’Assemblée nationale. « Cela commencera, dès la fin de ce mois, par une compagnie de combat et ses appuis, soit 200 hommes. D’ici décembre, encore 200 hommes rentreront, en tenant compte des besoins de la coalition. » Nous réduirons nos effectifs d’une nouvelle tranche en mars prochain et nous achèverons notre désengagement partiel au cours du deuxième semestre 2012. »

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Les Talibans de plus en plus terroristes ? Tout dépend…

(BRUXELLES2) « les Talibans ont de plus en plus recours aux actes terroristes ». Le propos de Nicolas Sarkozy, pour prouver que les talibans perdent du terrain prête à interrogation. Les IED (engins explosifs improvisés) ne sont pas, en effet, un phénomène très nouveau en Afghanistan, même si les modalités évoluent. Faute de statistiques précises, nous pouvons examiner les chiffres de pertes des troupes alliées en Afghanistan. Or, tout dépend comment on regarde ces statistiques.

Le président Sarkozy n’a pas tort sur un point : l’augmentation des morts par attentat est certaine. Mais cette augmentation évolue de façon quasi proportionnelle, année après année, au nombre de soldats de la coalition décédés dans une « action hostile » comme le prouve ce tableau statistique réalisé par le site  icasualties. En 2011, il est d’ailleurs plutôt relativement inférieur aux années précédentes. Ainsi, les pertes par IED représente un peu moins de la moitié pour l’année 2011. Alors qu’il représentait plus de la moitié en 2009 ou 2010 et de l’ordre des 2/3 en 2008…

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Le réveil du PS français sur l’Afghanistan

(BRUXELLES2, commentaire) Ces dernières semaines, on a pu assister à de nombreuses sorties des socialistes français sur l’engagement militaire en Afghanistan. La première secrétaire, et candidate à la primaire, Martine Aubry a résumé cette opinion impliquant un retrait rapide (sur Europe1 le 16 août) : « la solution militaire n’existe pas aujourd’hui en Afghanistan. (…) Il faut se retirer militairement, (…) il faut le faire rapidement puisque cette action ne sert à rien aujourd’hui ». Même si elle reconnait la nécessité d’une certaine présence « Il faut continuer à travailler pour une solution politique en Afghanistan, pour formaliser une aide à l’armée, à l’administration, pour aider les Afghans qui aujourd’hui considèrent que nos troupes sont des troupes d’occupation ». Son concurrent, François Hollande avait été plus précis en juillet (sur France3 le 12 juillet) promettant s’il était élu « un retrait des troupes françaises d’Afghanistan dans un délai maximal de 12 mois. (…) En mai 2013, il n’y aura (donc) plus un seul soldat français en Afghanistan ».

L’effet campagne

Une prise de parole qui parait d’autant plus forte que se rapproche le démarrage de la campagne présidentielle et que s’égrènent les pertes sur le terrain et qu’elle survient après une longue période d’abstinence sur cette question. En effet, malgré quelques prises de parole individuelles, tels Paul Quilès, le PS français était resté bien silencieux jusqu’ici sur l’Afghanistan. Il a fallu ainsi attendre juin dernier pour avoir une première opinion officielle. Alors que cela fait cependant plusieurs mois, ou plusieurs années, que des responsables socio-démocrates néerlandais, tchèques, finlandais… s’interrogent sur la nature de l’engagement international dans cette région du monde et la nécessité de le conserver.

L’effet campagne est donc indéniable dans ces soudaines prises de position des ténors du PS sur l’Afghanistan. Mais l’exercice démocratique est, après tout, aussi là – on l’oublie souvent – pour se positionner sur toutes les questions stratégiques (intérieures, extérieures, économie, sécurité…). Et on ne pourra que se réjouir qu’un des principaux partis français se saisisse enfin de cette question comme il devrait aussi se saisir des autres questions de défense européenne, de sécurité plus généralement.

La défense et la sécurité n’est plus un sujet pour le PS

Cet attentisme du PS ne concerne pas seulement l’engagement en l’Afghanistan. Il est plus général et concerne toutes les questions de défense et de sécurité. Le parti ne dispose plus d’un « chef de file » identifié comme pouvaient l’être dans le passé (chacun à leur manière) un Hernu ou un Chévènement. Seuls quelques uns comme Alain Richard, Paul Quilès ou Louis Gautier (l’ancien conseiller Défense de Lionel Jospin) – aidés de quelques autres dans l’ombre – se penchent sur ces questions. Ils animeront ainsi à l’université d’été de la Rochelle, un atelier est consacré à « une autre feuille de route de la défense« . Mais ils sont un peu isolés. De fait, les socialistes ont, jusqu’à présent, délaissé la matière laissant le champ libre au gouvernement et à l’UMP, voire au centre, qui dispose de nombreux spécialistes et de réflexions sur le domaine.

Dangereux le retrait rapide ?

Le retrait qu’ils préconisent est-il trop rapide, et dangereux, ainsi que l’écrivent certains commentaires ? Je ne le pense pas. Au contraire.

Si on sort de la loupe afghane et qu’on le resitue dans un contexte mondial en évolution rapide, il existe de nombreux foyers qui naissent (ou renaissent) qui nécessitent autant d’attention. La Côte d’Ivoire hier, la Libye aujourd’hui, la Somalie, le Yemen, Proche orient voire le Congo demain (ou d’autres pays)… La France – comme les pays occidentaux – ne peuvent plus se permettre d’avoir une majeure partie de leurs forces immobilisées dans un seul pays dont l’intérêt stratégique n’est sans doute pas supérieur aux pays cités…

Ensuite quand on dit retrait rapide… rapide ne signifie pas automatiquement désordonné et subi – ce serait la pire des choses – et retrait ne signifie pas départ total du pays. Il restera encore de nombreux corps de troupes, civils ou militaires, chargés d’assister l’autorité afghane, de façon discrète. Mais il s’agit de réduire la voilure, de ne plus désigner l’étranger comme un ennemi ou une cible potentielle. En quelque sorte, le modèle d’intervention … à la Libyenne

Ce faisant, les dirigeants socialistes devraient être un peu plus responsables et éviter à chaque nouveau mort d’un soldat français d’estimer qu’elle justifie plus que jamais leur position politique. Car ce type de déclaration ne fait que renforcer la pression sur les soldats français. Et ce n’est pas l’aggravation de la situation sur le terrain qui justifie le retrait (au contraire presque), ce sont tout un ensemble de considérations, politique, stratégique et économique.

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Le chef de l’ISAF s’excuse du décès de civils tués par les soldats français en Kapisa

(B2) Le chef de l’ISAF – la force internationale présente en Afghanistan -, le général Allen, a dû offrir officiellement ses condoléances, à la famille de trois civils tués à un barrage par les soldats français le 16 juillet en province de Kapisa. Une procédure relativement rare qui a fait l’objet d’un communiqué de presse, rendu public le 16 août. Il a cependant répété l’engagement de l’ISAF de « réduire au maximum les pertes de civils lors des combats (des forces internationales) avec l’insurrection ».

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