Moyen Orient

Au Sud toute ! Six pays proposent de réorienter la politique européenne

Six pays (France, Espagne, Grèce, Malte, Chypre et Slovénie) (*) ont présenté, le 20 février, à leurs collègues européens de réorienter la politique européenne vers les pays du sud de la Méditerranée (« notre rivage sud »), dans la foulée de ce qu’a décidé le Conseil européen du 4 février.

Les signataires mettent aussi en avant des disparités d’enveloppe dans la politique du voisinage de l’Union européenne qui sont « aujourd’hui difficilement justifiables et soutenables » : L’Europe dépense ainsi 1,8 €/hab/an pour l’Egypte ; 7 €/hab/an pour la Tunisie ; 25 €/hab/an pour la Moldavie !

Ce document, ce « non paper » en jargon diplomatique, s’appuie sur quelques principes :

- la différenciation : les pays qui seraient plus en phase avec les « valeurs » de l’UE devraient être privilégiés (un principe que soutient Berlin qui a proposé son propre document).

- la flexibilité : garder une certaine souplesse dans les instruments d’aide européens pour permettre de « réagir à l’actualité« .

- une offre globale : qui comprendrait « une aide à la transformation des modèles politiques, économiques et sociaux des pays du Sud, ainsi qu’à la réforme de leurs institutions » ; une « coopération dans la lutte contre le crime organisé, les trafics illicites et l’immigration illégale » ; l’appui aux sociétés civiles ; un dialogue politique (avec des conseils d’association qui soient vraiment consacrés à des questions de fond et des visites plus fréquentes de la Haute représentante).

- une stratégie « Méditerranée » à l’image de la stratégie Danube qui intégrerait les objectifs de l’UpM (Union pour la Méditerranée). Les projets UpM verraient ainsi une seconde jeunesse en revoyant certaines des procédures, notamment le poste de secrétaire général adjoint.

- une augmentation des moyens financiers, en revisitant les différents fonds européens : l’instrument sur le voisinage doit être revu, des fonds provenant de l’Instrument sur la Stabilité, du budget PESC, voire de la Coopération au développement (ICD) devraient pouvoir être utilisés, développer les programmes transfrontaliers au titre des fonds structurels, mobiliser les fonds de la Banque européenne d’investissement (BEI), …

Télécharger le Non Paper

(*) La composition de ces signataires est intéressante car on ne retrouve pas l’Italie qui fait un peu cavalier à part sur le dossier libyen comme égyptien. En revanche, on trouve la Slovénie, qui illustre la persistance d’une certaine politique arabe issue de la tradition yougoslave.

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Frontex déclenche l’opération « Hermes » sur Lampedusa (Maj)

Policiers déployés entre Grèce et Turquie lors de l'opération Rabbit à l'été 2010 (crédit : Frontex)

(mis à jour mardi) 4 avions, 2 hélicoptères, 2 bateaux et une trentaine d’experts au sol.. L’agence européenne de surveillance des frontières (Frontex), basée à Varsovie, vient de déclencher l’opération « Hermes 2011″ destinée à venir en aide aux autorités italiennes qui doivent faire face à un afflux de réfugiés.

Une trentaine d’experts de France, Espagne, Belgique, Portugal, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Roumanie,  Malte, Suède, Suisse participeront à cette opération. L’Italie fournit des moyens navals et aériens. Le reste des moyens aériens est fourni par la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, Malte, l’Espagne. « En cas de besoin plus d’hommes et moyens pourront être mis a disposition dans les prochaines semaines » a précisé, à Bruxelles2, un expert du dossier.

L’opération a démarré dimanche avec le déploiement d’experts chargés du debriefing et screening. Leur tâche sera essentiellement de recueillir des informations et leur analyse, afin de « formuler des hypothèses concernant les nationalités des migrants, permettre la détection précoce et la prévention de possibles activités criminelles aux frontières extérieures de l’UE » indique l’Agence Frontex. L’étape suivante verra la fourniture d’une assistance pour organiser le retour dans les pays d’origine. Cette mission n’est qu’une « partie de l’effort européen » a précisé la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui inclut « une coopération avec les autorités tunisiennes, l’identification d’enveloppes financières d’urgence et l’assistance par Europol ». Les coûts sont pris en charge sur le budget communautaire de Frontex.

Sur cette carte vous pouvez situer l'ile de Lampedusa à mi chemin entre la cote tunisienne et l'ile de Malte, la Lybie n'est pas loin (crédit : Michelin)

On peut effectivement avoir quelques doutes sur l’arrivée soudaine de ces réfugiés. Environ 6000 réfugiés provenant d’Afrique du Nord sont arrivés le dernier mois en Italie, essentiellement de Tunisie (dont 3000 depuis le 11 février, alors qu’ils n’étaient que 14 à être arrivés en 2011 avant cette date). Et il parait nécessaire d’identifier la source de cette provenance. Certains regards se tournent notamment vers la Lybie (qui a toujours soutenu le régime Ben Ali). Le flot d’immigration venant du sud s’était tari au point que Malte avait décidé, début février, de ne pas participer (pour la seconde année consécutive) à l’opération « Nautilus » qui voyait des patrouilles maritimes communes en Méditerranée centrale.

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L’Europe réflechit aux sanctions contre Moubarak et consorts

Avis favorable. Mais à préciser. C’est en quelque sorte le résultat des discussions entre les 27 ambassadeurs du COPS (le Comité politique et de Sécurité) sur la demande égyptienne d’assistance. La lettre égyptienne se veut autant, en effet, une information des procédures judiciaires à l’encontre de plusieurs responsables égyptiens (de l’ancien régime) qu’une demande de mesures. Les experts Maghreb/Moyen Orient des 27 Etats membres et du service diplomatique de l’UE ont donc été priés de plancher sur la question. L’objectif est d’aboutir rapidement à une décision de gel des avoirs sur une liste qui comprendrait moins d’une dizaine de noms (selon les premières informations) et qui ne comprendrait pas le nom de Moubarak en tant que tel. Les Européens semblent rodés désormais à ces décisions rapides : Cote d’ivoire en décembre, Tunisie en janvier, Egypte en février. Qui est le suivant sur la liste ? :-)

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L’Egypte délivrée de Moubarak. « God bless the army »

Et voilà. Un « autocrate » de plus qui prend la sortie. Décidément, les vendredi sont des jours difficiles pour les dirigeants arabes autoritaires, en poste depuis des années.

Sur ce départ, on peut retenir trois faits. Premièrement, le rôle fondamental de la population. On l’avait oublié, mais le peuple, même dans les pays autoritaires a son rôle à jouer. Et cela ne semble pas prêt de se terminer.

Deuxièmement : le rôle fondamental de l’armée (en Tunisie comme en Egypte). Une armée qui n’a pas joué le rôle de la répression, mais un rôle civique, d’interposition aussi pacifique que possible, une armée révolutionnaire comme on l’avait oublié tant nous étions habitués aux coups bas et autres coups d’Etats. Une armée qui était en liaison étroite avec ses homologues américains qui ont joué un rôle certain stabilisateur…

Troisièmement : l’Europe, et sa diplomate en chef, Cathy Ashton ont été à la traîne durant ce mois de crise. Mais ils semblent vouloir maintenant se rattraper. Il ne faut donc pas trop juger trop vite. Mais ces dernières heures qui ont vu une accélération de l’histoire ont aussi vu la Haute représentante vouloir, un peu plus qu’auparavant, rattraper le train de l’histoire.

Des « martyrs de la liberté »

Mohamed Hussein Tantaoui, retenez ce nom. C’est le ministre de la Défense égyptien qui préside le conseil suprême des forces armées. Un des vainqueurs de cette révolution. C’est avec l’armée que la situation n’a pas dégénéré davantage et que Moubarak est parti. « God bless the army » disait un intervenant sur la BBC dans la soirée. A juste titre. Le conseil suprême, vient de s’exprimer pour la troisième en 24 heures depuis qu’il a pris le pouvoir. Son communiqué n°3 rend hommage au président Moubarak. Mais il ajoute qu’« Il faut mettre en place de changements radicaux, pour rencontrer les aspirations de notre peuple historique.. » Les victimes des manifestations sont aussi élevés au rang de « martyrs, pour la liberté ». L’armée montre ainsi qu’elle veut mener cette révolution avec la population. « Pourvou qu’ca doure » comme disait Lætizia, la mère de Bonaparte.

L’Europe aux cotés de l’Egypte

A Bruxelles, Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE a fait une courte déclaration devant la presse. Une première. Elle ne s’était pas exprimée jusqu’ici « en chair et en os » devant la presse depuis le début de la crise. « L’Europe sera là pour vous apporter tout notre soutien ». « We have a lot of history, a lot of knowledge, a lot of experience in building democracy and we offer that to the people of Egypt and those that will take forward for this transitional period and beyond and hope that they will have the opportunity to personally go and give that support in the near future ».

La Haute représentante a rendu hommage au peuple d’Egypte, « pour sa dignité et le calme dans lesquels il s’est conduit ses dernières semaines ». A ceux qui ont en charge la période de transition, « we have high expectations they will deliver for the people ». « I hope what we will see is a plan, a transitional plan that takes people from here to those elections and beyond, that takes into account what people have been saying about their desire and what they want to achieve and then we can help to enable that process to happen by both the expertise and I think the resources we have to offer. »

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Le Canal de Suez reste un enjeu stratégique

Navires du groupe permanent de l'OTAN franchissant le Canal, octobre 2008 (Crédit : OTAN)

Jusqu’ici la circulation dans le Canal de Suez est restée préservée. Heureusement. Près de 150 après son creusement, le Canal conserve tout son attrait. Il est à la fois poumon économique pour l’Egypte, voie de circulation des échanges commerciaux pour l’Europe et les pays arabes, couloir stratégique pour les forces navales américaines comme de l’OTAN qui le franchissent régulièrement.

Le centre d’études supérieures de la marine (française) vient de publier un court rappel de l’importance de ce passage. Avec 150 000 euros à chaque passage de porte-conteneurs, le canal reste la troisième source de recettes budgétaires du pays avec 3,6 milliards d’euros de bénéfice, derrière le tourisme et les transferts financiers. Il voit passer 34 000 navires par an, dont 2 700 pétroliers transportant près de 29 millions de tonnes de brut. Télécharger Ici

Risque social comme sécuritaire

Les derniers évènements en Egypte, avec le refus de Moubarak de céder totalement aux revendications de la rue (1) peuvent inquiéter. L’armée égyptienne a d’ailleurs déployé une unité chargée de protéger spécifiquement le Canal. Le risque est tout autant social que sécuritaire. Certains des travailleurs du Canal ont ainsi entamé une grève qui pourrait être suivie.

Régulièrement des navires militaires franchissent le Canal dans un sens ou dans l’autre, soit pour aller dans l’Océan indien, soit pour le soutien aux opérations en Afghanistan et anti-terroriste, soit pour les opérations anti-piraterie, soit pour d’autres motifs, auront certainement les yeux plus ouverts que d’habitude. Il est d’usage, en effet, chez les marins de rester en alerte. Ce doit être le cas de l’Aconit, la frégate française qui revient d’opération anti-pirates de l’Union européenne. C’est le cas aussi de nombreux navires américains.

D’autres mouvements prêtent aussi à attention. Ainsi il semble que certains navires de la flotte iranienne, dédiée à la lutte anti-pirates, soit montée dans la mer rouge (face à l’Erythrée). Ce serait ainsi un navire iranien (selon des médias perses) qui serait intervenu pour déjouer une attaque pirates sur le navire chinois de Hong-Kong, Tien Hau, dimanche, avant que la marine chinoise ne se porte à son secours.

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Moubarak : laissez-moi rester encore quelques jours. Non répond la rue

En intervenant devant la Télévision publique, Moubarak a fait trois pas de plus sans céder l’essentiel. Il a annoncé qu’il déléguerait ses responsabilités, conformément à la Constitution, au vice président, Omar Souleimane (dirigeant des services secrets !), qu’il entendait réviser six articles de la Constitution (notamment concernant l’Etat d’urgence) et que les coupables des violences seraient sanctionnés. La transition se fait « jour après jour jusqu’à septembre » a-t-il ajouté. Sur le reste, il n’a rien cédé, répétant tout son sacrifice qu’il a fait pour la patrie, etc. Point principal : il n’a pas dit qu’il abandonnait le pouvoir. Ce qui a suscité quelque colère (le mot est faible) sur la place Tahir immédiatement après son discours ; les manifestants ont montré leurs chaussures. La diffusion du discours du vice-président Souleimane, n’a pas amélioré l’état des lieux. Désormais chargé des pleins pouvoirs, il a rappelé les Egyptiens à l’ordre : « rentrer chez vous », « n’écoutez pas les télévisions satellites qui poussent à la sédition », « n’écoutez que votre conscience » a-t-il expliqué. Le vendredi (jour de prière) risque d’être une nouvelle journée clé si la population décide de marcher sur le bâtiment de la présidence.

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L’Europe solidaire des Egyptiens. Ashton bientôt au Caire ?

« Je suis avec vous, Nous sommes tous avec vous » C’est le sens du message (enfin à peu près :-) ) qu’a passé la diplomate en chef de l’UE, Cathy Ashton à son homologue égyptien, Aboul Gheit. L’Europe est « prête (aux cotés de l’Egypte) pour l’aider à construire une démocratie approfondie qui viendra étayer la stabilité de la population. L’Union européenne se tient prête avec un paquet de mesures pour aider et soutenir la transition. J’ai aussi réitéré mon désir d’être là en Egypte aussitôt que possible » a-t-elle ajouté (traduction du communiqué publié en anglais… comme toujours !). Un communiqué rapide faut-il souligner.

Nous sommes tous des Egyptiens !

Il y a juste manqué une (petite) touche d’humanité, de solennité… Rajoutons-la (après tout on n’est pas sensé comprendre l’anglais) : « pour nous Européens, l’Egypte a toujours dans nos coeurs, dans nos têtes. Quel enfant en Europe n’a pas, un jour, appris à reconnaître les hiéroglyphes, à dénombrer les pyramides, qui n’a un jour rêvé sur le nez de Cléopatre. Ce soir, nous sommes, tous, des Egyptiens ! »

(mise à jour 23h30) « La transition, c’est maintenant »

Cathy Ashton, décidément très réactive, a publié un nouveau communiqué juste après les discours de Moubarak et Souleimane, particulièrement bien ajusté qui laisse percer clairement l’insatifaction des Européens face aux mesures annoncées et avertit contre toute menace de violence. « Les exigences et attentes du peuple égyptien doivent être respectées. C’est à eux de juger si les mesures annoncées par le Président Moubarak répondent à leurs attentes et aspirations. » explique le communiqué. « Le président Moubarak n’a pas encore ouvert la voie à des réformes plus rapides et plus. Nous allons suivre avec attention la réponse du peuple égyptien dans les prochaines heures et des jours. » « L’UE salue le courage du peuple égyptien, qui ont poursuivi leur campagne pour le changement démocratique dans le calme et la dignité. La violence ne peut jamais être acceptée. (…) Le plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales est essentielle. Tout abus doit lieu à une enquête. J’exhorte les autorités égyptiennes et l’armée à protéger les manifestants pacifiques et d’agir avec calme et retenue.» « Le temps du changement est venu. » conclut-elle.

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Egypte : Les forces armées prennent les choses en main. Moubarak proche de la sortie ?

Place Tahir au Caire après l'écoute du message des forces armées, la foule applaudit, les drapeaux claquent (crédit : Al Jazeira)

C’est un communiqué du conseil suprême des forces armées qui vient d’être diffusé sur la télévision publique égyptienne, dans la lignée traditionnelle. « Les forces armées veulent prendre les mesures nécessaires pour rencontrer les demandes du peuple« . Elles « continueront de suivre la situation de près« .

Les forces armées égyptiennes ont pris les choses en main et rejoint la demande du peuple sur la place. On peut noter que Moubarak – qui est cependant commandant en chef des armées – n’était pas présent lors de cette réunion du conseil, selon le « tour de table » qu’a effectué la caméra. Un peu plus loin la place Tahir (qui n’a jamais autant mérité son nom = place »libération ») explosait de joie. La révolution a gagné la première manche, reste à gagner les suivantes : la démocratie.

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Un rendez-vous au Caire : euh… en septembre ca vous va ?

« Un rendez-vous cette semaine ? Ah non impossible, voyons, voyons… Notre agenda est très chargé pour février. Et nous ne pouvons pas recevoir des personnalités étrangères. Rappelez-nous le mois prochain » Voilà en substance la réponse qui a été faite par les autorités égyptiennes (le ministère des Affaires étrangères) à leur homologue européen, Cathy Ashton, qui souhaitait se rendre au Caire, dans la foulée de la visite qu’elle mène à Tunis.. Une réponse qui cache mal un camouflet à la diplomatie européenne qui se démène tant bien que mal pour « caler » une visite pour sa chef. « C’est assez incompréhensible » commente un haut diplomate européen qui s’est confié à la presse (hier). « L’UE est le plus grand partenaire de l’Egypte. La Haute représentante a le mandat des 27. Si c’est cela, cela veut dire (un refus) pour toute l’Europe ».

Les Egyptiens montrent leur mauvaise humeur

Sont-ce les dernières déclarations de la Haute représentante qui motivent ce refus ? Ou au contraire son manque d’assurance ? Ce qui semble probable c’est que les autorités égyptiennes ne semblent guère gouter l’intrusion étrangère et ont d’autres chats à fouetter. Rabrouer (un peu) la Haute représentante entre dans cette logique. D’autant qu’ils semblent avoir peu apprécié d’être ravalé au rang d’une visite « supplétive » à celle de Tunis. Et les Egyptiens ont sans doute saisi toute la complexité européenne ; recevoir un envoyé de Bruxelles ne signifie pas automatiquement amadouer, Londres, Paris ou Berlin.

Un effacement qui inquiète.

Du coté européen, on s’inquiète de ce manque d’appétence des autorités égyptiennes. Mais on met aussi en cause le double jeu des diplomaties des Etats membres. « Quand d’autres ministres se précipitent dans d’autres capitales, on est là face à une difficulté considérable. Combien y-a-t-il de personnes au Moyen-Orient aujourd’hui ? (NB : mercredi) Est ce que la Haute représentante peut y aller le lendemain d’une visite d’un Ministre européen. » Et d’ajouter : « Tout le monde n’a pas vraiment compris la nouvelle donne que représente le Traité de Lisbonne. (…) On ne doit pas seulement parler d’une seule voix, on doit agir d’une seule voix. » Et de cerner la position difficile où est la Haute représentante.

Cette attitude et ce commentaire illustrent, à mon sens, toute la difficulté du nouveau poste de Haut représentant du Traité de Lisbonne. Difficulté structurelle : comment être à la fois diplomate en chef (donc discret), chef des ministres et commissaire indépendant (donc plutôt fort en gueule). Difficulté conjoncturelle : comment Cathy Ashton peut s’imposer par rapport à des « forts en gueule » comme Sarkozy, Frattini, Bildt… qui n’en feront toujours qu’à leur tête. J’y reviendrai…

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Les « jeunes » eurodéputés à Lady Ashton: dites à Moubarak de dégager!

Et une lettre ouverte de plus. Elle émane, cette fois, d’une vingtaine de jeunes députés européens de toutes tendances et toutes nationalités (PPE, S&D, Verts…). Parmi eux les français Damien Abad (UMP), Sandrine Bélier (Verts), Karrima Deli (Verts), et le Belge Said El Khadraoui (Spa). Les pétitionnaires fustigent l’attitude par trop frileuse de l’Union européenne face aux évènements en Egypte. « Cela requiert une réponse européenne forte et des actions concrètes » soulignent-ils.

L’Europe « a hésité dans ces moments décisifs et failli à soutenir, sans réserve, la demande de changement en Egypte ». Les signataires, tous jeunes de moins de 40 ans, se sentent en phase avec les désirs des jeunes Egyptiens. Ils demandent à ce que la Haute représentante appelle à : « la démission immédiate du président Hosni Mubarak, soutenir un gouvernement de transition incluant des membres de l’opposition, soutenir financièrement la transition démocratique. (…) Le changement est nécessaire et nécessaire maintenant ».

Télécharger la lettre

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Le moment de vérité de notre rivage sud pour H. Van Rompuy (conférence de Münich)

Les évènements actuels dans le monde actuel changent notre vision issue des attentats du 11 septembre, c’est ce qu’a exprimé Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, lors de la 47e conférence sur la sécurité à Münich, samedi (5 février) : « Nous assistons à un moment de vérité pour notre rivage sud. Et bien que le monde entier regarde, ce sera l’Europe la première à ressentir les conséquences, quelles qu’elles soient. Nous ne savons pas toutes les réponses et on ne peut pas prédire le résultat à l’heure actuelle, il serait insensé de prétendre le faire d’ailleurs. Toutefois, nous devrions au moins essayer d’obtenir une vision juste de ces événements. Nous fêterons cette année le 10e anniversaire des attaques du 11 septembre 2001. À l’époque, on semblait au début d’une nouvelle période. Avec une ère soi-disant de violence et de tensions entre l’Occident et les pays musulmans. Les événements incroyables de ces dernières semaines changent cette image. Ils ne s’inscrivent pas dans le cadre du post 11 septembre. Les manifestations à Tunis, du Caire ou de l’an dernier à Téhéran ne se forment pas sur la religion. Non, les aspirations des manifestants sont familiers aux jeunes hommes et femmes partout dans le monde: des emplois et de la justice, leur mot à dire dans la politique de leur pays, le droit de parler. Nous sommes le témoin non pas de l’extrémisme, non pas du choc des civilisations, mais d’un épisode de la lutte éternelle pour la liberté et la justice. »

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Le Grec Papandréou en mission de médiation au Caire. Visite annulée

Entretien Papandréou et Ashton en marge du Conseil (Crédit : Conseil de l'UE)

(mis à jour) Le Premier ministre grec, Papandréou, devait être au Caire, dimanche, pour avoir une série d’entretiens avec des leaders politiques égyptiens, a-t-il affirmé à des confrères grecs à l’issue du Sommet européen, ce vendredi soir. Il devait délivrer le message des 27.

Papandréou a aussi confirmé avoir eu dans la journée des conversations par téléphone avec le président égyptien Hosni Mubarak et son opposant Mohamed ElBaradei, ainsi qu’avec le secrétaire d’Etat Hillary Clinton et son homologue russe Sergeï Lavrov. On sait, en effet, qu’une des clés du règlement de la crise en Egypte (et du départ de Moubarak du pouvoir) réside dans une discussion que doivent avoir Américains et Russes. Tous les dirigeants se rencontrant ce samedi à la Conférence de sécurité de Münich.

Le Premier ministre Grec a « informé Cathy Ashton, la Haute représentante de cette initiative. Celle-ci devrait aussi passer au Caire mais pas avant une dizaine de jours. Et il semble qu’elle ait été plutôt mise devant le fait accompli qu’avoir missionné Papandréou. « C’est une initiative individuelle qui a été prise en accord avec Me Ashton et dont les 27 ont été informés » précise-t-on du coté grec.

L’Egypte et la Grèce entretiennent d’excellentes relations. Et même si la communauté grecque d’aujourd’hui (environ 4000 personnes) n’est plus à la hauteur d’antan (140.000 personnes), elle a une valeur symbolique. Il y a aussi le souvenir antique de l’aide apportée par les Grecs aux rebelles égyptiens en lutte pour l’indépendance contre la Perse qu’ils finiront par acquérir en -404.

Mis à jour

Le Premier ministre grec a rétropédalé, samedi. Par communiqué, il a annoncé « reporté sa visite » du fait des derniers développements en Egypte, sans fixer aucune date. De fait, le téléphone a dû chauffé à Athènes. Tant le premier ministre turc, R. T. Erdogan, que son homologue israélien, B. Netanyahu, ou palestinien, M. Abbas, se sont entretenus avec Papandréou, qui a finalement cédé à leurs « conseils » avisés.

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Les 27 donnent un mandat à Ashton de réorienter la politique UE vers le monde arabe

Crédit : Conseil de l'UE

Face à la crise tunisienne et égyptienne 27 chefs d’Etat et de gouvernement réunis ont donné un triple mandat à Cathy Ashton, la Haute représentante :

  • aller en Tunisie et en Egypte porteur du message européen (soutien aux aspirations « légitimes »des populations démocratique, économique et sociale, au dialogue et à les réforme politique ; appel au respect des droits de l’homme et libertés fondamentales, à des élections libres et équitables ; disponibilité pour un « nouveau partenariat impliquant un soutien « plus efficace » à l’avenir de ces pays pour faciliter le processus de transition, …).
  • développer un paquet de mesures de soutien au processus de transformation et de transition (soutien aux institutions démocratiques, promotion de la justice sociale et de la gouvernance démocratique, assistance à la préparation et la tenue d’élections libres et équitables).
  • adapter « rapidement » les instruments de l’UE, faire que l’aide humanitaire soit disponible et proposer des mesures et projets pour stimuler la coopération, les échanges et l’investissement dans la région avec l’objectif de promouvoir le développement économique et social, notamment le statut avancé pour la Tunisie.

Plus particulièrement sur l’Egypte, les 27 condamnent « l’usage de la violence et tous ceux qui encouragent cette violence, » rappellent le droit des citoyens à « manifester librement et pacifiquement », ce qui oblige à une protection de la part des forces de l’ordre, ainsi que le droit à l’information. Les intimidations et agressions contre les journalistes et défenseurs des droits de l’homme sont « inacceptables« . Il souligne aussi que le processus de transition doit démarrer « maintenant« .

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