Moyen Orient

Le général Idriss (ALS) aux Européens : Aidez-nous ! Levez l’embargo sur les armes

Le général Idriss (ALS) aux Européens : Aidez-nous ! Levez l’embargo sur les armes

Le général Selim Idris aux cotés de Guy Verhofstadt, le président du groupe des Démocrates et Libéraux au Parlement européen (© NGV / B2)

(BRUXELLES2 au Parlement européen) C’est le message adressé par le général syrien, Selim Idriss, chef de l’Etat-Major de l’armée libre syrienne (ALS) (*), aujourd’hui à Bruxelles. Invité par le groupe des Libéraux et Démocrates au Parlement européen (**) — près de deux ans après le début du conflit —, il l’a dit et redit sur tous les tons dans les eurodéputés comme devant la presse : “Aidez-nous” ! “Levez l’embargo sur les armes”.

Il a ainsi demandé à ce que des armes et des munitions mais aussi des « missiles anti-chars et des missiles sol-air » soient livrés à l’ALS. Il aussi fait deux autres demandes : qu’une aide humanitaire “directe” soit délivrée dans les zones tenues par l’opposition syrienne ; que les Syriens puissent être accueillis de façon temporaire en Europe.  Un message qu’il a également délivré à Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, que le général a rencontré mardi soir comme à Kristalina Georgieva, la commissaire européenne à l’Aide humanitaire.

Un bilan déjà dramatique

Le « peuple syrien vit sous pression et souffre énormément des exactions du régime ». Le bilan est aujourd’hui dramatique, a-t-il expliqué. « 70.000 morts, 100.000 arrestations et 100.000 disparus, 1 million de réfugiés dans les pays avoisinants, 5 millions de déplacés à l’intérieur du pays ». Et « je m’attends à ce que le nombre de déplacés augmente ». « Le régime a pris pour cible les hôpitaux, les écoles, les infrastructures dans les zones libérées ». « N’attentez pas qu’ils soit trop tard avant de nous aider.  »

La communauté internationale parle mais agit peu

Idriss a critiqué la communauté internationale qui se contente de « regarder le régime, de dire que le régime n’est pas bon, qu’il doit partir » mais n’agit pas. « Nous avons reçu des promesses de soutien. Mais reçu très peu ». « Comment la communauté internationale peut être impuissante face à ce régime ? » s’est-il interrogé. « Comment elle ne peut pas empêcher l’Iran et la Russie d’apporter son aide à ces bourreaux ? Tous les satellites, les moyens d’information permettent bien de voir les crimes commis. (…) Il faut faire des pressions sur la Russie, afin que la Fédération de Russie arrête son aide, indéfectible, au régime. »

La levée de l’embargo : nécessaire car le combat est inégal

Pour le commandant en chef de l’ALS, « Il  faut des armes et des munitions, pour défendre les citoyens, contraindre le régime à mettre fin aux massacres, à négocier. » Il a ainsi appelé « à mettre un terme à l’embargo sur les armes en Syrie. » embargo proclamé de façon autonome par les Européens. « L’embargo est regrettable. Nous le subissons. Et n’avons pas de moyens de nous défendre. (…) Nous sommes les premiers à souffrir et les premiers à être lésés. » « Si on a les armes nécessaires, on peut faire chuter le régime en moins d’un mois » a-t-il affirmé devant les députés.

Car de l’autre côté, du côté du gouvernement de Bachar , il n’y a pas de problème. « Les Russes et Iraniens aident le régime, et le disent clairement. » Le combat est donc inégal. Le « régime utilise de l’armement lourd, de l’artillerie de longue distance, des missiles Scud contre les civils et dispose d’une force aérienne très puissante. (…) Quelques armes légères ne suffisent pas à faire face. »

L’aggravation du conflit existe déjà

La levée de l’embargo ne causera pas une aggravation du conflit, souligne le général. C’est plutôt le contraire. « Quand on dit que plus d’armes fera couler plus de sang, nous ne sommes pas d’accord. Il fait couler plus de sang des civils. Le régime, lui, n’est pas concerné par cet embargo. Car il reçoit plus d’armes de la Russie et de l’Iran. S’il n’y a pas d’armes et les munitions nécessaires, la confrontation pourrait se prolonger. Le pays sera entièrement détruit.  »

Un propos partagé par Guy Verhofstadt, l’ancien Premier ministre belge (président du groupe des Libéraux et Démocrates) qui a été un des premiers à militer pour un engagement plus actif des Européens aux côtés des Syriens. « Il y a un manque de courage, une forme de lâcheté et une sorte d’irresponsabilité » en Europe. « Si on ne fait rien, ce conflit va continuer, il y aura davantage de morts. » Une évolution est cependant en marche « Je suis de retour des Etats-Unis. Et on sent une évolution. La discussion entre le Département d’État et le Pentagone semble se terminer. On parle de certains types d’aides (véhicules…) qui peuvent être livrées. » Mais tout cela est très lent.

(*) Professeur d’électronique formé en Allemagne, Selim Idriss était professeur à l’école militaire du génie d’Alep avant de faire défection en juillet 2012.

NB : Le général s’est exprimé aussi sur la menace chiite, le mouvement Al Nosra, l’organisation de l’opposition, le futur régime de la Syrie. L’intégrale de son intervention au Parlement sera disponible aux abonnés du Club

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L’Europe lève à moitié son embargo sur les armes. Un choix très politique

L’Europe lève à moitié son embargo sur les armes. Un choix très politique

Est autorisé la vente de matériel non lethal à des fins de protection des civils (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) L’assouplissement de l’embargo sur les armes à l’encontre de la Syrie – décidé le 18 février dernier par les ministres des Affaires étrangères – entre en vigueur aujourd’hui, après avoir été validé jeudi (28 février) par le conseil des ministres de l’UE. Elle autorise de façon désormais très explicite la fourniture d’équipements militaires ou de services à l’opposition syrienne.

Un soutien, quel soutien ?

Certes le type d’équipement parait bien défini et l’objectif est bien encadré = “la protection des populations civiles”. Il n’est pas question ainsi officiellement de fournir des armes destinés à mener l’offensive, comme des fusils, des lance-roquettes, etc. Ceux-ci seront fournis par d’autres moyens (cf. armes croates). Mais, de fait, le champ du “non lethal” peut être assez large. Du gilet-pare balles au radar sophistiqué en passant par la fourniture de cartes satellites, le champ du possible est large. Le fait de désigner nommément la “Coalition” permet aussi “légalement” de pouvoir fournir ces équipements (type soutien médical) directement dans les zones contrôlées par l’opposition, et via les points frontières contrôlés par elle.

Un choix très politique d’un embargo “intelligent”

Cette décision — que j’ai commenté, jeudi soir, sur Al Jazeera — marque une évolution de la politique de l’Union européenne, même si on ne va pas jusqu’à la livraison d’armes. Le précédent règlement englobait la possibilité de livrer des armes à des fins de “protection”. Ce qui était une porte ouverte à certaines livraisons d’armes. Mais ce n’était pas très explicite. Ici, il y a une prise de position très claire, juridiquement actée, et politiquement endossée, pour livrer certains équipements à l’opposition mais refuser les livraisons au gouvernement. Un embargo “intelligent” en quelque sorte puisque “ciblé”. L’Union européenne a clairement “choisi” son camp. Mais il y a un risque d’escalade du conflit. Car les alliés de Bachar (Russie, Iran, …) peuvent aussi décider d’augmenter leur aide.

Deux lectures possibles pour l’avenir

De ce fait, deux lectures semblent aujourd’hui possibles pour l’évolution future. Première version optimiste. L’équilibre de la terreur et la création de zones sûres aux mains de l’opposition pousse à la négociation d’un accord politique. Et on peut alors entrevoir une porte de sortie. Avec un autre risque cependant celui de la création d’une ligne verte, séparant la Syrie en deux zones. Seconde version pessimiste. Les armes affluent de part et d’autre. Le régime renforce sa répression (encore). L’opposition reconquiert certains territoires. Mais il n’y a pas de zone sûre créée. La population fuit vers les pays avoisinants, contribuant un peu plus à la dislocation de la Syrie et à la déstabilisation des pays environnants (à commencer par la Jordanie).

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L’embargo sur les armes contre la Syrie ? La Croatie a pris son temps

Un Illyouchine de la compagnie JIAC a été reperé à l’aéroport de Pleso-Zagreb début janvier (crédit : JIAC – archives)

(BRUXELLES2) Ce n’est que le 21 février – selon les informations recueillies par B2 – que la Croatie a décidé de suivre les sanctions adoptées par l’Union européenne en novembre contre la Syrie. Une adoption bien tardive pour un pays qui n’est pas seulement adhérent mais déjà présent – en tant qu’observateur – dans toutes les structures européennes. Ses représentants participent ainsi à toutes les prises de décision – que ce soit au niveau des ministres (Conseil de l’UE), des ambassadeurs (Coreper et Cops) ou des experts (groupes de travail).

Un temps mis à profit

Techniquement, la Croatie n’était donc pas tenue jusqu’au 22 février (date où la décision a été publiée au Journal officiel) de respecter l’embargo sur les armes. Ce qui lui a permis – si les informations de plusieurs bloggers relayées par le New York Times sont exactes – de livrer sans coup férir des lots d’armes en stock dans plusieurs régions de Syrie à la fin de l’année et début janvier des stocks d’armes. Selon les journaux croates, comme Jutarnji list, plusieurs avions cargo jordaniens ont ainsi été aperçus sur l’aéroport croate de Pleso (Zaghreb), début janvier. Ces armes n’avaient pas auparavant été observées dans le conflit : des fusils sans recul M60, lance-roquettes anti-char Osa M79 (fabriqué dans l’ex-Yougoslavie), des RPG-22, des lance-grenades Milkor MGL/RBG-6. Et elles ont été utilisées par des forces rebelles, laïques ou modérés religieux (sauf ceux de Jabhat al-Nusra), pour reprendre certains quartiers.

Juste retour à l’envoyeur ?

Ces armes proviendraient de stocks détenus en Croatie, datant de la guerre d’ex-Yougoslavie. Mais non déclarés. Et pour cause ! Ces armes avaient finalement atterries, à l’époque, en Croatie pour se défendre contre les Serbes et assurer la reconquête de certains territoires. Et, déjà, pour les livrer l’embargo sur les armes (imposé là encore fois par Européens) avait été contourné. Au moins, ici, formellement, la règle aura été tenue, même si c’est au prix d’un artifice juridique… subtil.

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L’embargo sur les armes sur la Syrie conserve son utilité (F. Hollande)

(BRUXELLES2) A écouter François Hollande, l’embargo sur les armes en Syrie conserve toute son utilité. Et la question de le lever ne se pose pas actuellement. Répondant lors de sa conférence de presse finale à ma question, il a ainsi estimé que « l’embargo sur les armes ne pourra pas être levé que si nous sommes sûrs qu’il n’y a plus du tout de possibilité d’un dialogue politique. Or encore aujourd’hui, le président du Conseil national syrien, lui-même, a ouvert l’idée d’une conversation possible avec le vice-président syrien. Et le médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi, malgré le constat accablant qu’il dresse de la situation en Syrie, conserve l’idée de trouver une solution politique. »

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La situation en Syrie : un scandale humanitaire

La situation en Syrie : un scandale humanitaire

(BRUXELLES2) Au rythme où cela va, la région va imploser non sous le poids des réfugiés… L’augmentation du nombre de personnes qui quittent la Syrie est rapide et s’accélère. « Il y a plus de 2000 personnes qui arrivent chaque jour au moins » s’alarme Johannes Luchner, le chef d’unité “Moyen-Orient” à l’Office européen d’aide humanitaire (ECHO) que B2 a pu interviewé. A ce train-là, le scénario catastrophe des 1,8 de personnes réfugiées risque d’être atteint à la fin de l’année. Et effectivement quand on regarde le graphique, on note une accélération très nette depuis quelques semaines.

Accueillir les réfugiés. La question est où

« Sera-t-il possible d’accueillir tout le monde ? » Rien n’est moins sûr… Officiellement, le Liban accueille ainsi déjà 225.000 réfugiés, la Jordanie 220.000 réfugiés, la Turquie près de 165.000 réfugiés et l’Irak 77.000 réfugiés. Environ 20.000 ont également trouvé asile soit en Egypte, soit en Afrique du Nord (*). A cela il faut ajouter les quelque 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les organisations internationales apportent une aide à 1,5 millions d’habitants. Mais il faut se préparer à en aider 2,5 millions.

Les frontières des pays voisins se ferment

Cet accroissement des réfugiés cause une « fermeture progressive des frontières des pays voisins » précise l’expert d’ECHO. Coté jordanien, les accès sont déjà fermées aux Palestiniens. Coté turc, la situation varie. Mais la frontière est déjà à moitié fermée (les blessés sont encore accueillis mais pas les déplacés). Au Liban, elle reste ouverte. Mais jusqu’à quand.

Le problème d’accès à l’intérieur du pays : 560 lieux d’hostilités !

Actuellement, il est possible d’accéder aux zones rebelles en Syrie mais uniquement « via les zones contrôlées par le gouvernement », explique le responsable d’ECHO. En fait, par Damas. Ce qui pose d’importants problèmes, tant politiques qu’opérationnels aux organisations de secours. La sécurité n’est pas garantie sur le trajet. Il y a des hostilités recensées dans 560 endroits en Syrie. « Et cela bouge toute les semaines. (Dans ces conditions), trouver des chauffeurs qui acceptent de risquer leur peau, d’aller de Damas à Alep, n’est pas évident. » Côté rebelles, ces camions qui arrivent du côté gouvernemental sont considérés avec suspicion.

La ligne rouge de Damas : l’accès direct aux zones rebelles

Les ONG et les organismes dépendant de l’ONU demandent donc au gouvernement la possibilité d’accéder directement aux zones rebelles, contigues des frontières, par exemple en allant directement de la Turquie vers Alep (*). Mais pour l’instant, c’est une « ligne rouge » de Damas qui refuse. La pression internationale est donc nécessaire. Et au niveau européen, on compte sur une intervention des Russes ou des Chinois, et du Conseil de sécurité pour pouvoir obtenir ce laissez-passer.

Les grandes ONG et organisations de l’ONU ne veulent pas, en effet, entrer sur le territoire syrien sans un accord du gouvernement. Certaines ONG, plus petites, ou qui ont choisi leur camp le font directement. Mais « cela ne suffit pas ». Dans ce type de conflit, « il faut la grosse machinerie du PAM (le programme alimentaire mondial) et du CICR ».

L’aide européenne

L’Union européenne dans son intégralité a déjà fourni plus de 417 millions d’euros d’aide (partagé environ à part égale entre le budget communautaire (200 millions d’euros) et les Etats membres (217 millions d’euros). On se rapproche ainsi du demi milliard d’euros.

(*) L’Europe en accueille très peu et ne semble pas avoir l’intention de le faire. J’avais posé la question à la Commission européenne de savoir si la clause d’accueil humanitaire serait ouverte. La réponse avait été évasive… Les Etats membres ne sont pas chauds.

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Prêt ! La batterie de Patriot néerlandaise pour Adana (Turquie) est opérationnelle

La batterie Patriot néerlandaise sur la base aérienne turque de Incirnik (crédit : ministère néerlandais de la Défense)

(B2) La première des six batteries de missiles Patriot qui devront être déployés en Turquie a été déclarée opérationnelle et placée sous le commandement et le contrôle de l’OTAN, samedi (26 Janvier). Il s’agit de la batterie néerlandais qui devrait protéger la ville d’Adana.

Les Néerlandais ont déployé des batteries PAC2 et des PAC3 (plus avancés) sur la base aérienne turque d’Incirnik, proche d’Adana. Les « deux types d’armes constituent une formidable défense contre les missiles balistiques comme les armes Scud » indique-t-on coté néerlandais.

Les cinq autres batteries devraient être en place et opérationnelles dans les prochains jours, pour « protéger les villes turques de Kahramanmaras et Gaziantep. « Ce déploiement est uniquement défensif. Il sera en aucun cas soutenir une zone d’exclusion aérienne ou de toute opération offensive. » précise-t-on à l’OTAN. Ce sont les Allemands qui seront déployés près de Kahramanmaras et les Américains près de Gaziantep.

Faisant suite à la demande la Turquie, les ministres des Affaires étrangères membres de l’OTAN avaient décidé, le 4 décembre dernier, d’aider à la Turquie à assurer la défense aérienne et « contribuer à la désescalade de la crise long de la frontière de l’Alliance».

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L’opération Anatolian Protector a démarré

départ des véhicules Patriot des Pays-Bas (crédit : Ministère néerlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les véhicules porteurs des missiles Patriot sont partis des Pays-Bas et d’Allemagne. Un convoi de 150 véhicules (6 x 25) a ainsi parcouru les 300 km qui séparaient la caserne de Vredepeel du port. Ils ont embarqué les premiers à partir du port d’Eemshaven, les seconds de Travemünde (Lübeck) à bord du ferry Suecia Seaways de DFDS. Ils devraient arriver en Turquie vers le 21 ou 22 janvier. Les soldats allemands seront stationnés à Kahramanmaras, entre la base aérienne de Incirlink et la ville de Diyarbakir. Les Néerlandais seront stationnés à Adana. Les Américains à Gaziantep.

Eléments précurseurs

Ce mardi (8 janvier), 50 soldats “éléments précurseurs” — 30 néerlandais et 20 allemands — ont embarqué dans deux Hercules C-130 allemands  à l’aéroport d’Eindhoven. Destination : la Turquie et la base aérienne de Incirlink pour préparer les installations des missiles. 270 militaires néerlandais devraient suivre. Et un peu plus de militaires allemands. Les coûts de la missions sont estimés à 42 millions d’euros, pour les Pays-Bas, selon le Volkskrant. Le contingent allemand comprend au total 350 soldats et se compose essentiellement de deux unités de tir Patriot de l’Armée de l’Air. Chaque unité de feu comprend jusqu’à huit lanceurs de huit missiles, une station de commande de tir et un radar multifonction.

Objectif : prévenir toute attaque et empêcher l’escalade du conflit

L’objectif de ce déploiement est uniquement “défensif” comme l’ont rappelé sur tous les tons les différents responsables politiques et militaires de l’Alliance atlantique. Comme l’a expliqué le général néerlandais Tom Middendorp, il s’agit de protéger le territoire et la population turcs contre la menace de missiles Scud qui, avec une portée « de plusieurs centaines de kilomètres, peuvent facilement atteindre les villes turques. La prévention vaut toujours mieux que guérir. Et c’est pourquoi nos soldats partent pour la Turquie : afin d’éviter qu’un missile syrien, que ce soit ou non par accident, se retrouve dans une grande ville turque. » Mais — a-t-il ajouté — nous allons aussi en Turquie pour empêcher l’escalade du conflit. » Pour les militaires, « montrer vos dents empêche de créer plus de violence. C’est vraiment la force de nos forces armées. »

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L’appel de K. Georgieva à l’opposition : faciliter l’accès de l’aide humanitaire en Syrie

(BRUXELLES2) Kristalina Georgieva, la commissaire européenne chargée de l’Aide humanitaire, est en déplacement de trois jours au Liban et en Jordanie. Avant son départ, elle nous a confié son sentiment sur la situation.

Vous allez sur place une nouvelle fois, pourquoi ?

Oui. Le nombre de réfugiés atteint aujourd’hui 550.000 personnes. Ce qui fait une énorme pression sur les pays voisins : le Liban, la Jordanie, la Turquie. Ce chiffre ne reprend que les personnes enregistrées officiellement. Un certain nombre – qu’on peut estimer à au moins 200 à 300.000 personnes – ne sont pas enregistrées. Ils sont souvent accueillis dans les familles. Les populations locales ont un vrai sens de la solidarité. Mais cela pèse et il faut les aider.

Comment les aider?

Ce n’est pas facile. Dans les camps, il y a des structures, des canaux pour acheminer l’aide et la distribuer. En dehors, c’est plus compliqué. On doit mener un travail avec des organisations locales pour faciliter la distribution d’aide concrète, de cash aussi… Il y a aussi des gens plus vulnérables qui ne sont pas automatiquement les plus visibles et sont accueillis un peu partout. Je veux donc me rendre compte sur place et surtout saluer le travail des familles, des volontaires qui les aides qui est formidable…

L’Europe contribue-t-elle assez ?

Oui. Pour l’instant. Nous sommes le premier contributeur pour l’aide en Syrie. Ensemble — le budget communautaire et celui des Etats membres — nous avons déjà versé 370 millions d’euros (*). 22 sur les 27 ont fait une contribution

Et en Syrie, comment l’aide humanitaire parvient sur place ?

La situation est mauvaise. Nous avons dû réduire nos équipes, sur place. Nous ne pouvons donc pas fournir toute l’aide que nous voulons. Il y a un problème d’accès et de sécurité. Les risques sont réels. Depuis le début du conflit, 18 volontaires du Croissant Rouge syrien et d’autres ONG ont déjà trouvé la mort comme 8 personnels de l’ONU – du personnel local de l’UNWRA ou du HCR. Le CICR, lui-même, a réduit au minimal son équipe.

Vous dites : difficile d’accès, est-ce du fait de la position de Damas ?

Non. Ce n’est un problème de visas. Cette fois. Mais d’accès. On ne doit pas seulement négocier avec le gouvernement mais aussi avec les gouvernements locaux. Cela prend déjà plusieurs jours. Puis il faut négocier avec tous les groupes présents sur la zone. Il peut y avoir sur un même lieu jusqu’à 21 brigades différentes, qui ont différents commandants et différents objectifs (certains veulent la démocratie, d’autres abattre le gouvernement, d’autres une république islamique…). La multiplicité des acteurs de commandements rend le travail très difficile.

Quel est votre message à l’opposition ?

Une opposition unie, avec un commandement uni, ou plus cohérent doit permettre de faciliter d’accès aux ONG. Dans les zones d’opposition, il faut aussi reconnaître le rôle spécifique des ONG, faciliter l’accès humanitaire. On est en relation avec les chefs de la coalition qui nous proposent de distribuer l’aide directement. On essaie de leur faire comprendre que l’aide humanitaire doit rester neutre et impartiale. C’est primordial. Elle ne doit donc pas être distribuée par les mouvements combattants.

(*) Le Royaume-Uni (64 millions d’euros) et l’Allemagne (47,3 millions d’euros), sont parmi les premiers contributeurs pour les États membres devant les Pays-Bas (22 millions d’euros), la Suède, (16,6 millions d’euros), la France (11 millions d’euros).

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