Libye

En Libye, des bombes à sous-munitions espagnoles, des mines terrestres belges…

Section de bombe à sous-munition de type MAT-120 utilisée à Misratah © Amnesty international

(BRUXELLES2) Des fournitures européennes semblent bien utilisées durant le conflit en Libye. Selon l’ONG Human Rights Watch, le régime Kadhafi a ainsi utilisé des mortiers à sous-munitions MAT-120 de 120mm produites par l’Espagne. Les fragments de sous-munitions MAT-120 retrouvés à Misrata par un journaliste du New York Times et examinées par l’ONG « indiquent que ces armes ont été fabriquées par l’entreprise espagnole Instalaza SA en 2007 ». Or « chaque bombe de ce type comporte 21 sous-munitions à double usage, anti-personnel et anti-matériel ». Lors de l’explosion d’une sous-munition, de multiples fragments sont propulsés à grande vitesse capables de blesser ou tuer des personnes.

Mines posées par les rebelles © BBC 17 avril

L’opposition a également été pris sur le fait, cette fois en train de poser des mines d’origine belge. La BBC a montré des combattants rebelles en train de prendre des mines anti-véhicules en plastique de leurs véhicules pour les placer sur le côté de la route principale en Ajdabiya. Des mines identifiées par l’ONG comme des PRB-M3 produites en Belgique, dans les années 1970 et 1980. Cette mine PRB-M3 est « extrêmement difficile à détecter car elle est presque entièrement constitué de plastique » estime-t-on à Human Right Watch. Et elle « peut être équipée d’une fusée sensible, l’amenant à fonctionner comme une mine antipersonnel, ce qui pose un risque pour les civils à pied et en véhicules ». Plusieurs dizaines de milliers de ces mines sont entreposées dans les dépôts d’armes à Benghazi dont les forces rebelles se sont emparées après le retrait des forces gouvernementales en février, dont des variantes de la mine PRB-M3 équipée d’une fusée auxiliaire qui explosent si quelqu’un essaie de déplacer la mine. NB : l’Espagne a détruit tout son stock de mortiers en 2008.

NB : La Libye n’a adhéré ni au traité de 1997 sur les mines anti-personnel (signé par 156 pays) ni à la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions (signée par 108 pays, ratifiée par 56).

Engagement du CNT sur les mines

Le président  du Conseil national de transition (CNT), Mustafa Abdul Jalil, s’est engagé à ne pas utiliser les mines interdites, selon un communiqué signé le 27 avril en présence de l’Ong HRW. « Aucune des forces sous le commandement et le contrôle de la CNE n’utilisera des mines terrestres anti-personnel ou anti-véhicules. » Le Conseil s’est également engagé à « détruire toutes les mines terrestres possédées par des forces placées sous son commandement et de contrôle » ainsi qu’à « coopérer au déminage, à la sensibilisation aux risques et à l’assistance aux victimes ». Tout futur gouvernement Libye devrait « abandonner les mines terrestres et adhérer au traité de 1997 sur l’interdiction des mines terrestres ».

Condamnation de l’Union européenne

Vendredi, l’Union européenne, par la voix de Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour la politique étrangère a condamné l’usage de sous-munitions contre la population civile. « J’appelle les forces armées de Muammar Al Gaddafi de s’abstenir d’utiliser la force contre la population civile, que ce soit par les sous-munitions ou tout autre moyen. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour garantir que les civils soient protégés contre les effets de ces munitions, y compris les restes non explosés de ces sous-munitions. »

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Plusieurs bateaux poseurs de mines pris sur le fait dans la baie de Misrata

Une des mines découverte par la marine française dans la baie de Misrata (Crédit : DICOD/ Ministère frnaçais de la Défense)

(BRUXELLES2) La frégate française Courbet — qui a rejoint l’opération maritime de l’OTAN déployée au large de la Libye (Unified Protector) — a arrêté en flagrant délit des embarcations en train de miner le port de Misrata, annonce la défense française. « Dans la nuit du 28 au 29 avril, un Atlantique 2 de la Marine nationale détecte plusieurs embarcations qui font route à grande vitesse vers le port de Misrata » a précisé la défense française sur son site. Le Courbet intervient alors et donne l’ordre aux vedettes de stopper. Celles-ci continuent. Tirs de semonce. « Plusieurs embarcations font alors demi-tour, abandonnant l’une d’entre elles qui coule. » En s’approchant de la zone, les militaires français découvrent d’abord une mine flottante puis deux autres mines. On ne connait pas le sort des « marins » à bord de l’embarcation coulée.

Objectif de Kadhafi : fermer le port, boucler le siège

Les forces de Kadhafi visent, depuis le début du conflit, de couper le port de Misrata qui constitue la seule voie de ravitaillement pour l’opposition qui tient cette ville majeure (la troisième du pays en importance après Tripoli et Benghazi). Ils ont essayé la voie terrestre, les bombardements et maintenant la voie maritime. Clairement l’objectif est de boucler la nasse, d’enfermer Misrata et d’empêcher l’acheminement de fret humanitaire au profit de la population civile. On se situe ainsi en violation complète de la résolution 1970 (puis 1973) de l’ONU.

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Les techniques insurrectionnelles. Coup de chapeau aux blogueurs à Misrata

(BRUXELLES2) On peut estimer qu’ils ne sont pas journalistes car ils sont juste « blogueurs », rencontrés sur les bancs de l’université à Rennes, et ne vivent pas de la profession de journaliste » (définition officielle). Je laisse cela aux spécialistes de la question. Je me rappelle trop bien le petit sourire narquois de quelques confrères, qui avaient accueilli la naissance de ce blog, ou le commentaire un rien dédaigneux d’un porte-parole de l’OTAN sur le « french blogger », pour ne pas avoir, a priori, de la sympathie pour eux.

En tout cas, les témoignages/reportages qu’ils ont publiés sur leur blog En route ! (édité en plusieurs langues, anglais, italien, allemand, arabe) valent largement le détour, tout comme celui publié par Rue89 début avril. Ils ont une fraicheur et une qualité que mériteraient sans doute de se retrouver davantage dans la presse « classique ». Ils témoignent de la bataille de Misrata ou de Ajdebia, avec des faits, analysés et surtout contextualisés. Je ne peux donc que souhaiter à Baptiste, atteint à Misrata par une balle perdue, et qui vient d’être rapatrié sur Benghazi, après moults attentes, de s’en tirer le mieux possible. Et à tous les autres blogueurs de continuer leur travail.

Deux-trois articles ont retenu mon intérêt. Ce sera ma lecture du week-end… 

Quand l’OTAN a cessé de couper les lignes de ravitaillement

On peut ainsi lire le papier sur les armements libyens et le pétrole, « « C’est liquide et c’est noir ». Il donne une idée de l’atmosphère à Benghazi, de la tentation de couper la Libye en deux qui existe davantage dans certaines capitales, de l’équipement de la rébellion en gros katiouchas BM-21 ou en matériel de récupération sur des Mi-24, et surtout de la tactique de Kadhafi. Déjà décrite dans ces colonnes par un expert européen (*), il a adopté la tactique « touareg », de gros 4X4 rapides lui permettant d’amener de l’approvisionnement (essence, armes…), sans passer par la grande route de la côte, donc en évitant d’être bombardé. « Avant-hier, le 10, les troupes de Kadhafi, pourvues de 4X4 flambants neufs, ont effectué un raid à travers le désert et sont rentrées dans la ville d’Ajdebia, tirant sur tout ce qui bouge dans les rues désertées de sa population. Ces troupes ont en cela bénéficié de l’expérience acquise au Tchad et notamment de l’engagement de Touaregs capables de trouver des routes praticables dans le désert. » En abandonnant la tactique française des premiers jours — « la France avait, dans ses premiers raids, bombardé certains de ces ravitaillements, ce qui avait conféré un avantage énorme à la révolution quand elle s’était trouvée confrontée à un armement comparable au sien » — et en se cantonnant uniquement aux zones de combat, dans les premières semaines, l’OTAN a donné un avantage objectif aux forces de Kadhafi….

Lire également :

tamina building par une meurtriere (© En Route)

Les Techniques insurrectionnelles

On pourra aussi lire, avec intérêt, le post, datant du 12 avril, qui décrit par le menu les techniques insurrectionnelles. J’en retiens quelques éléments toujours actuels, quinze jours après, qui tracent les atouts et les faiblesses des forces en présence : puissance de feu et « professionnalisme », sans souci de la population, pour les uns ; connaissance du terrain, débrouillardise et volontarisme pour les autres.

  • « l’urbanisme, qui semble assumer un héritage à la fois haussmanien et postmoderne, révèle toute son efficacité. La largeur de l’artère se prête plus facilement au mouvement des blindés qu’à son barricadage par les insurgés. Elle offre une gigantesque ligne droite pour les tanks, depuis les positions d’appui en retrait hors de la ville jusqu’aux zones de combat de l’hypercentre. Peu de recoins, peu d’angles morts, la progression se fait à découvert. (…) Mais, de ce grand boulevard qui traverse la ville, les loyalistes ne tirent pas que des avantages. Les possibilités de circulation qu’il offre signifient aussi une exposition au harcèlement quotidien des shebabs. (…) La démolition des alentours gêne plus leur progression que celle des insurgés, et l’utilisation des blindés et de l’artillerie lourde est désormais délicate avec les ruelles qui l’enserrent.
  • « Les forces kadhafistes ont tout intérêt a assurer leur position de verrou aux portes de la ville et à renouveler les offensives sur la zone du port ».
  • « la connaissance du terrain et l’utilisation qu’en font les shebab (*), mettent en échec la supériorité militaire de l’ennemi. »
  • « Malgré son organisation, sa puissance de feu supérieure et sa capacité de recrutement, l’armée kadhafiste souffre d’une autre faiblesse. Même si elle compte nombre de partisans, elle est aussi composée de mercenaires étrangers, attirés par l’appât du gain, ou de types – parfois très jeunes – enrôlés de force. Le nom d’armée loyaliste est par moment assez usurpé : une partie de ces troupes n’a d’affection intime ni pour le pouvoir, ni pour cette guerre. Ce qui se ressent par moment dans leur faible capacité d’initiative une fois coupés de leur commandement, ou dans leur rémission lors de moments critiques. » …

Enfin, un dernier article – plus joyeux – Misrata: rencontre avec un primeur et un armurier

(*) A ne pas prendre dans l’acception habituellement usitée d’islamistes mais de combattants, de résistants.

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Le général Younès de passage à Bruxelles pour réclamer des armes

Tir d'un missile anti-char Milan (crédit : DICOD / Ministère fr de la Défense)

(BRUXELLES2) Le général Younès, chef d’Etat-major de la rebelion libyenne (et ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi), était aujourd’hui à Bruxelles. Lors d’une rencontre avec la presse, il a réclamé essentiellement des armes de précision. « Nous avons assez d’hommes, des combattants, des pilotes d’hélicoptères. » a-t-il expliqué. « Ce qu’il nous faut maintenant, ce sont des armes pour combattre Kadhafi, des armes lourdes, comme des armes anti-chars, des missiles, des hélicoptères… ». Le combat sera encore difficile, selon lui. Car Kadhafi ne va pas partir comme cela. « Il sera tué ou se suicidera » a-t-il ajouté avant de partir pour l’Alliance atlantique où il a rencontré différents responsables de l’OTAN. Rencontres éminemment discrètes.

Le général a également eu des rencontres, tout aussi discrètes, coté européen. Il a ainsi rencontré le chef du service diplomatique, Pierre Vimont, ainsi que plusieurs experts de la région. Cette rencontre aurait dû se faire il y a déjà quelques jours. Mais elle avait dû être reportée.

L’ouverture d’un bureau de liaison à Benghazi est à l’ordre du jour à l’OTAN comme à l’Union européenne. L’Alliance Atlantique devrait discuter de ce sujet, début mai, notamment pour préciser le format exact du dispositif (niveau de la représentation, rôle…) et la personne qui serait nommée.

Lire également :

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La situation humanitaire se détériore à Misrata, s’inquiète la commissaire Georgieva

(BRUXELLES2) « Je suis très inquiète de la situation à Misrata. » a expliqué aujourd’hui Kristalina Georgieva, la commissaire européenne chargée de la coopération internationale et de l’aide humanitaire. « Le bombardement du port ces derniers jours a fait passer la situation humanitaire de « mauvaise » à « très mauvaise ». Elle entrave la rotation des navires et par conséquent d’autres évacuations. La livraison des vivres, des fournitures médicales et autres articles de secours a été interrompue. Et il est presque impossible pour nos partenaires humanitaires d’évacuer les blessés et les civils par voie maritime. Nous recevons des rapports des hôpitaux submergés par un nombre croissant de blessés. » La commissaire lance ainsi un « appel à toutes les parties au conflit pour protéger les civils et permettre aux opérations humanitaires dans Misrata de reprendre. Le bombardement de port et les combats dans les zones de la ville où les civils cherchent protection doivent cesser de toute urgence. »

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Les frappes de l’OTAN en Libye : plus efficaces, mieux ciblées

Un équipage de Mirage rejoint son avion avant une mission vers la Libye (Ministère Français de la Défense / ECPAD, mars 2011)

(BRUXELLES2 / bilan) Depuis le début des opérations de l’OTAN en Libye, les frappes semblent se renforcer, si l’on en croit les chiffres publiés par l’Alliance atlantique. Ainsi, alors que la moyenne des cibles atteintes se situait à une dizaine au début de l’opération (une quinzaine, au maximum), on arrive dorénavant à une moyenne, d’une vingtaine de cibles (une trentaine, au maximum). Le nombre de sorties pour frappes reste, en revanche, assez stable à environ 60 sorties avions pour frappe (soit 30 patrouilles). Cela dénote un meilleur ciblage des objectifs et une meilleure efficacité des frappes, même si le nombre d’avions engagé dans l’opération Unified Protector reste encore limité.

56 tanks et 19 pièces d’artillerie détruits

En deux semaines (depuis le 11 avril), en compilant les données, ont ainsi été visés (et détruits) : 56 tanks et 36 véhicules divers (blindés, ravitaillement…), 24 stocks de munitions et 65 bunkers (parfois avec munitions), 19 pièces d’artillerie (et lances-roquettes multiples MRL ), 17 missiles sol air et 26 radars ou stations. Les cibles étant concentrées dans les environs de trois villes: Tripoli, Misrata et Zintan.

On peut remarquer aussi que les cibles visent dorénavant régulièrement des bâtiments de commandements. 6 ont ainsi été atteintes ces derniers jours : un bâtiment du QG de la 32e Brigade ou une tour de communication, et dernièrement un des bureaux du guide libyen, Mouammar Kadhafi.

Objectif : retrait de toutes les troupes dans les casernes

Comme l’a expliqué Oana Lungescu, la porte-parole de l’OTAN à Bruxelles « Nous visons toutes les parties du régime de Kadhafi qui continuent d’avoir l’intention de nuire à la population civile. Nous allons maintenir la pression jusqu’à ce que toutes les attaques contre les civils aient cessé, les forces de Kadhafi se soient retirées dans leurs bases et l’accès humanitaire soit pleinement et librement assuré » comme l’ont décidé les ministres des Affaires étrangères OTAN et partenaires, lors de la réunion du groupe de contact à Doha.

Lire également :

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Deux drones US 24h sur 24 en renfort en Libye. Pour quoi faire ?

Le poste de contrôle du Predator, ici en Irak (crédit : US Army, juillet 2004)

(BRUXELLES2) Robert Gates, le ministre de la Défense américain, l’a confirmé jeudi (21 avril). Des drones armés arrivent en renfort en Libye. Jusqu’à présent, il y avait des drones mais qui effectuaient uniquement des missions ISR (reconnaissance). Désormais ils pourront être aussi équipés de missiles et viser des cibles au sol. Le Predator est l’outil plutôt adapté à la situation. Volant plus bas, plus lentement, plus longtemps (24 heures), il est plus apte à cibler des objectifs plus urbains. Kadhafi a changé de tactique, se « nichant dans les zones surpeuplées pour éviter d’être ciblés par des avions de l’OTAN », selon R. Gates. Pour les Américains, cela permet donc un appui supplémentaire à ses alliés français et britanniques dans le conflit libyen, sans risque humain ni un gros engagement financier. En cas de crash, la perte humaine = 0 (du moins coté américain) et le coût aussi est moindre. Environ 5 millions $ l’appareil contre un avion à 100 millions $ ou plus. L’engagement sera aussi limité : il y aura 2 drones 24 heures sur 24 a précisé le général James Cartwright, vice président de l’Etat-Major des armées.

Du matériel US pour le CNT

Les Américains vont aussi apporter une assistance matérielle aux forces du CNT. « Des uniformes, des cantines et d’autres matériels non léthaux » a indiqué Robert Gates, lors d’une conférence de presse. Coté américain, le principal souci n’est pas de principe mais concret : éviter que du matériel à forte technologie US tombe en de mauvaises mains (traduisez : forces de Kadhafi ou forces d’Al-Quaeda). Comme l’a souligné ironiquement Gates : « Je ne suis pas inquiet si la technologie de nos cantines tombe dans de mauvaises mains ».

(Maj) Un drone a effectué une frappe avec succès, samedi vers 13 heures (11h GMT) aux alentours de Misrata, détruisant un lance roquettes multiples (type Grad) a confirmé l’OTAN. C’est le premier engagement des drones américains. Le drone engagé jeudi ayant dû faire demi-tour « à cause du mauvais temps ».

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L’Europe ne doit-elle pas mettre en place une EUMM / EUBAM Libya ?

(BRUXELLES2) La situation en Libye reste floue près de plusieurs semaines après le début des évènements. Et la situation dans certaines frontières pourrait déraper rapidement. De nombreuses régions échappent à l’écran « radar » de l’actualité politique et médiatique concentrée sur Benghazi et Misrata. Que ce soit dans des pays à l’écart des routes habituelles de circulation (Soudan, Niger, Tchad) ou dans des pays plus proches (Tunisie, Egypte) qui reçoivent la plupart des personnes déplacées suite au conflit (libyens ou travailleurs étrangers), il pourrait ainsi être intéressant d’avoir des postes d’observation « robustes ». Ne serait-il pas nécessaire que l’Union européenne opte pour une approche plus déterminée, et globale, en déployant sur le terrain une mission, civile, d’observateurs près des frontières libyennes. La question mérite d’être posée aujourd’hui. Et ce serait sans doute plus adéquat qu’une mission EUFOR Libya qui semble hypothétique.

Pour quoi faire ?

Cette mission pourrait avoir trois types de fonction : l’observation, le contrôle, la formation.

L’observation n’est pas toujours un rôle facile. Mais cela permet de rapporter de l’information en direct sur la situation dans des zones peu couvertes par ailleurs. Le simple fait d’avoir des éléments extérieurs ne permet pas de supprimer des points de conflit. Mais il est un gage important d’apaisement et surtout de détection précoce de sources de tension. Cette fonction peut être utile si un cessez-le-feu localisé ou généralisé est proclamé, pour l’observer.

Le contrôle de certains points de passage pourrait être aussi nécessaire. On serait ici dans le plein cadre des résolutions 1970 et 1973 des Nations-Unies sur le contrôle de l’embargo sur les armes ainsi que la venue de mercenaires. Elle permettrait ainsi d’en savoir plus et de démentir (ou confirmer) certaines rumeurs persistantes.

La formation et le « construction building » serait le troisième pôle de cette mission. Elle pourrait concourir à la stabilité de régimes faibles comme le Niger ou en mouvement comme la Tunisie.

Les fonctions conférées à la mission pourraient varier selon les pays où les « observateurs » seraient placés, voire évoluer au fil du temps.

A quels endroits ?

Ce déploiement pourrait, raisonnablement (raisons politiques et pratiques) se déployer dans deux zones principalement : le sud tunisien, l’ouest égyptien et l’est libyen (Maghreb), le nord nigérien et le nord tchadien (Sahel). Dans le premier déploiement, on est davantage dans une logique stabilisation / construction building / formation. Dans le second déploiement, la logique contrôle / stabilisation / construction building l’emporte.

Pour être complet, un déploiement aux frontières devrait concerner également les frontières nord soudanaises et est algérien. Si d’un point de vue opérationnel, l’Algérie serait un pays intéressant pour se déployer, il serait étonnant que le gouvernement accepte le déploiement d’observateurs européens.

Avec qui ?

Cette mission pourrait se déployer avec le concours de la Ligue arabe dans son volet Maghreb et avec le concours de l’Union africaine dans son volet Sahel. Ce qui aurait ainsi un avantage : impliquer l’Union africaine qui, actuellement, se confronte plutôt qu’elle rejoint les propos européens. Il est pas interdit de penser que certains autres pays tiers pourraient se joindre à cette mission comme les pays des Balkans.

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A défaut d’EUFOR, les pays européens feront de l’aide en bilatérale en Libye… (Maj)

La force Cougar de la Navy britannique a fait une halte à Gibraltar avant d'entrer en Méditerranée (crédit : UK Royal Navy)

(BRUXELLES2) Si l’opération EUFOR Libya ne se déclenche pas, un ou plusieurs Etats pouraient décider, de manière concertée, d’engager en solo une opération de soutien humanitaire plus intensif par exemple pour accélérer l’évacuation de Misrata des blessés, ressortissants de pays tiers, femmes et enfants (pont maritime et secours médicaux) ou, a minima, d’accompagnement des navires civils de l’OIM qui, actuellement, font la navette entre Misrata et Benghazi ou d’autres ports.

Cette éventualité avait été envisagée un moment (1). Mais elle pourrait revenir d’actualité, tout simplement pour des raisons financières. Si les bombardements sur Misrata continuent – la zone étant réputée dangereuse -, les tarifs d’assurance vont partir à la hausse. Et on pourrait ainsi se retrouver dans une situation analogue à celle de Mogadiscio, avec un accompagnement obligatoire de navires de ravitaillement ou d’évacuation par des navires militaires, à la fois pour des raisons de sécurité mais aussi tout simplement d’assurance.

Concrètement, il suffira de détacher un ou deux navires de la mission d’embargo maritime de l’OTAN pour assurer cette mission, en la menant sous pavillon national. Plusieurs Etats ont des moyens maritimes dans la zone et/ou ont déjà mené une telle opération lors des premiers évènements en Libye. La France, l’Italie, la Grèce, le Royaume-Uni notamment.

Un cadre légal existe déjà et permet cette action

Les conventions de Genève prévoient la protection des moyens militaires de secours aux blessés. Ici, le navire hopital Juan de la Cosa (crédit : marine espagnole)

D’un point de vue légal, il n’est pas alors nécessaire de passer par l’OCHA. Le corpus du droit international existant (résolutions du Conseil de sécurité ou/et Conventions de Genève) semble suffire.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a, en effet, déjà non seulement autorisé ces actions mais les a même recommandées, demandant aux « États Membres, agissant de concert et en coopération avec le Secrétaire général, de faciliter et d’appuyer le retour des organismes humanitaires et de rendre accessible en Jamahiriya arabe libyenne une aide humanitaire et une aide connexe » (§ 26 résolution 1970). Il a autorisé l’usage de la force « pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen » (§ 4 résolution 1973). L’interdiction du déploiement d’une force d’occupation ne semble pas viser le déploiement de quelques militaires destinés. Pour la forme, il suffira d’une notification au secrétaire général de l’ONU l’informant des moyens employés.

Les guidelines (MCDA) – qui limitent l’utilisation de moyens militaires « en dernier recours » – auxquels se réfèrent l’OCHA, certains spécialistes et certaines ONG ne me semblent pas applicables en l’espèce. Soit elles concernent l’utilisation de moyens militaires ou de protection civile en cas de catastrophes (par exemple le séisme à Haïti ou la famine en Somalie). Soit elles s’appliquent à des situations complexes qui définissent assez strictement l’ultime recours (pas de moyens civils disponibles et besoins humanitaires). Toute la question est de savoir si à Misrata ces deux conditions sont remplies. Selon plusieurs diplomates, des responsables politiques locaux, elles sont remplies. Selon OCHA et des ONG comme Oxfam (qui ne sont pas sur place), non. L’histoire jugera… De toute façon, ce débat reste philosophique. Car, en aucun cas, les MCDA ne supplantent les autres instruments internationaux existants. Elles n’ont qu’une valeur indicative là où d’autres ont une force obligatoire (résolutions Conseil de sécurité ou conventions internationales). En l’espèce, ce sont donc les conventions de Genève – que la Libye a ratifiées, y compris les deux protocoles de 1997 – auxquelles ils vaut mieux se référer. (*) La vraie question est d’avoir une claire évaluation des besoins du terrain et de savoir comment l’emploi de moyens militaires ne nuiront ni d’un coté à l’action de force sous l’égide de l’ONU, ni aux opérations humanitaires menées par des organisations internationales et des ONG.

Les conventions de Genève prescrivent la protection des blessés ou des civils au conflit selon des procédures bien déterminées (impartialité de traitement, obligation de passage, possibilité de création de zones neutralisées pour les civils, siglage des équipes de secours,…). Si elles ne permettent pas l’escorte de navires humanitaires par les belligérants, elles n’interdisent en aucune façon aux parties au conflit d’intervenir de façon neutre pour prodiguer des soins ou assister la population civile. Au contraire, même, elles l’encouragent et le prévoient, interdisant notamment les tirs venant de terre sur un navire-hôpital, dûment signalé par la Croix-Rouge ou le Croissant rouge, et obligeant chacun des belligérants — d’une part, le gouvernement de Tripoli ; d’autre part, le CNT de Benghazi et les forces de l’OTAN — à oeuvrer pour la protection des civils et des blessés.

NB : les non belligérants (l’Union européenne) se sont ainsi posés des interdits qui n’existent nulle part dans le droit international et les mettent en situation de moins agir que des belligérants. C’est paradoxal, c’est européen… :-)

Lire également : Italie et France assureront la sécurité des opérations humanitaires vers la Libye

(*) Mis à jour. Précision sur les MCDA et la valeur obligatoire de ces règles. Pour avoir la liste des textes signés par la Libye, voir ici

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L’UE enverrait 1000 hommes sur le sol en Libye ? Ah bon !

Le navire d'assaut amphibie Uss Bataan (LHD 5), l'USS Mesa Verde (LPD 19) et le navire de débarquement USS Whidbey Island (LSD 41) franchissent l'Atlantique et se déploieront en Méditerannée, au large de la Libye. Mais il n'est pas encore question que les Marines se déploient à terre ! :-) (US Navy / Julio Rivera)

(BRUXELLES2) La rumeur se répand à une vitesse V. L’UE voudrait déployer 1.000 hommes sur le terrain en Libye (*). Est-ce vrai ? Est-ce faux ? … Ce qui semble sûr, c’est qu’il y a plusieurs options sur la table au niveau européen, et non une seule, selon ce que demandera l’ONU (et selon l’évaluation venant du terrain). Et, il semble y avoir eu joyeux mélange chez quelques confrères entre plusieurs options pour arriver à ce chiffre. Explications

Une opération d’évacuation maritime peut mobiliser environ 1.000 hommes. Mais pas automatiquement 1.000 hommes à terre ! La large majorité des militaires sera présente à bord des navires (une corvette ou une frégate, c’est entre 100 et 200 personnes) pour assurer le pont maritime (Misrata, voire Tripoli) ou des avions pour assurer le pont aérien (Benghazi ou autres villes). Il faudra simplement quelques dizaines d’hommes à terre : pour la partie logistique, voire pour sécuriser l’évacuation (éviter que les civils se fassent tirer dessus) ainsi que des équipes médicales (pour la mise en condition et le tri des blessés). Mais ce sera une présence très limitée, le temps des évacuations. Sauf à vouloir effectuer une évacuation totalement sécurisée de Misrata, type Côte d’Ivoire, avec véhicules blindés, extraction rue par rue. Ce qui ne semble pas actuellement très possible.

L’autre option sur la table consiste à établir des structures logistiques d’accueil des réfugiés et personnes déplacées. Mais pas en Libye. En Tunisie ou au Niger par exemple ! Autrement dit ce n’est pas tout à fait 1000 militaires déployés en Libye comme on le raconte. Du moins, en l’état des réflexions aujourd’hui. « Nous n’allons pas débarquer avec des milliers d’hommes. Ce n’est pas la guerre du Vietnam » réplique non sans humour un diplomate européen.

(*) Alimentée par une vidéo d’EUXTV enregistrée le 12 avril mais diffusée plusieurs jours après et contenant un titre qui ne reflète pas vraiment pas le contenu, et un article du The Guardian qui s’est fait l’écho sur la foi d’informations, puisées au cabinet de la Haute représentante, d’une possibilité de débarquement d’une force militaire de 1000 hommes à terre.

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EUFOR Libya & l’OCHA : je t’aime, moi non plus !

(BRUXELLES2) Non « l’opération EUFOR libya ne se planifie pas à un rythme d’escargot » vient de m’indiquer un diplomate européen au fait du dossier. Mais, oui, avec l’OCHA nous nous sommes mis dans une véritable « usine à gaz », reconnait-il. Un propos qui semble approuvé par plusieurs diplomates de différents Etats membres (mais pas par d’autres). Tout cela mérite un peu  d’explications…

La planification est-elle bloquée ? D’un point de vue formel, la planification suit son cours, « à un rythme plutôt rapide et même accélérée« . L’équipe du rear-admiral Gaudiosi (commandant d’EUFOR Libya) planche, en fait, « non pas sur un plan d’opération mais sur plusieurs projets« , selon les options qui seront définitivement approuvées et la demande du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA). Et plusieurs pays ont déjà indiqué leur disponibilité à participer à l’opération (France, Italie, Allemagne, Autriche, Finlande, Rép. Tchèque, Malte… d’après mes informations). « Mais ce n’est pas là où est le problème. Le problème c’est l’accord de l’OCHA ». L’OpPlan et la génération de forces ne pourront, en effet, être officiellement approuvé qu’après le feu vert de OCHA qui, apparemment, n’est toujours pas décidé à le donner (lire : EUFOR Libya : la réponse de Lady Amos (OCHA) à Lady Ashton (UE))

Pourquoi l’UE s’est lié à un aval de l’OCHA ? Cette disposition a surgi, en mars, sur une initiative de plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Suède) et du Haut représentant comme une possibilité de compromis permettant d’approuver la décision EUFOR Libya. « Nous ne sommes pas vraiment rendu compte de l’usine à gaz dans lequel on se fourrait » avoue notre interlocuteur.

Comment juge-t-on l’attitude l’OCHA en interne ? « J’ai l’impression que tout ce dialogue est dominé par l’idéologie qui n’a aucun rapport avec ce qui se passe sur le terrain et dans la réalité. C’est du fondamentalisme. OCHA n’était d’ailleurs pas présente sur le terrain jusqu’à peu. » Il y a aujourd’hui au moins « 20.000 étrangers coincés à Misrata« , entre le port et dans la ville. » D’autres organisations comme le HCR (réfugiés) ou l’OIM (migrations) de la galaxie des Nations-Unies « ont une approche beaucoup moins dogmatique »…

NB : on peut préciser que Valérie Amos a failli intégrer l’Union européenne. Candidate au poste d’envoyé spécial auprès de l’Union africaine, elle avait été recalée faute de pratiquer la langue de Voltaire. Autant dire qu’elle a gardé une petite dent contre l’UE.

Lire également :

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EUFOR Libya : la réponse de Lady Amos (OCHA) à Lady Ashton (UE). Document

(BRUXELLES2 / Exclusif) Un « bon vent » m’a fait parvenir la lettre qu’a envoyée, le 11 avril dernier, la sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires de l’ONU, Valerie Amos, à sa compatriote, et paire, la Baroness Ashton, Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. D’autres lettres sont parvenues depuis – qui reflètent la même teneur.

Dans cette lettre, la directrice de OCHA explique en détail pourquoi elle refuse l’aide humanitaire. Une lettre très intelligente. « Nous ne voulons pas compromettre notre capacité à fournir l’assistance humanitaire à toute la population dans le besoin en étant perçu comme associée à des opérations militaires. Les alternatives civiles doivent être explorées pleinement et épuisées avant que des moyens militaires étrangers soient utilisés dans des opérations de soutien humanitaire », écrit-elle à la date du 11 avril. « Actuellement, l’assistance humanitaire est en train d’atteindre les populations touchées à Misrata et dans d’autres zones de Libye, sans assistance ou soutien militaire », ajoute-t-elle, tout en détaillant ensuite les différents besoins nécessaires : rapatriement d’étrangers bloqués à Misrata, ainsi qu’aux frontières, soins médicaux d’urgence, aide alimentaire et en eau dans les zones de combat. Valerie Amos appelle ainsi les Etats membres à continuer leur financement augmenter et renforcer leur réponse humanitaire à l’est de la Libye par des « moyens civils » (*).

(*) On peut remarquer que, parmi les moyens envoyés à Misrata, figuraient des moyens turcs civils sous une solide escorte militaire, permettant d’évacuer 300 blessés, dont certains très graves (dimanche, 250 restaient toujours hospitalisés dans neuf établissements en Turquie). De même ont accosté à Benghazi des navires militaires britannique ou italien. Soit à peu près ce que pourrait ou voudrait faire l’UE… Il est assez incompréhensible ainsi de permettre à certains pays comme les Turcs (qui participent indirectement à l’opération de l’OTAN par la mise à disposition du commandement aérien d’Izmir) et certains Européens (qui participent plus directement aux opérations de force de l’ONU) d’amener des moyens militaires mais pas l’Union européenne en tant que telle (qui n’est pas partie prenante au conflit). Il est vrai que Valerie Amos n’a semble-t-il pas autoriser de tels déploiements, du moins officiellement. Conformément à la résolution des Nations-Unies, ceux-ci ont été notifiés au secrétaire général…

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Libye: l’Europe doit cesser « d’être immobile » disent les ténors socialistes du PE

(BRUXELLES2) Plusieurs eurodéputés du groupe socialiste et démocrate ont aujourd’hui appelé les dirigeants européens à se mobiliser et déclencher une « mission navale de l’UE de secours humanitaire en Libye ». « Il est difficile de comprendre que 15 jours après que le Conseil de l’UE ait annoncé une mission commune de sécurité et de défense pour soutenir l’aide humanitaire en Libye (NB : Eufor Libya), l’UE soit encore au ralenti alors que des civils sont massacrés dans Misrata » écrivent en commun quatre des principaux députés en charge des Affaires étrangères du groupe Socialiste & Démocrates au Parlement européen. Ont signé cet appel la vice-présidente du groupe pour la politique étrangère, Véronique De Keyser ; le rapporteur permanent sur les négociations de l’accord cadre UE-Libye, Ana Gomes ; le président de la délégation Maghreb, Antonio Panzeri, et le coordinateur du groupe à la sous-commission défense et sécurité du Parlement, Roberto Gualtieri. En bref, pas n’importe qui !

L’Europe doit avoir une politique autonome et pas attendre l’avis d’OCHA

Les eurodéputés se plaignent de « l’immobilisme » de l’UE alors que des « civils sont massacrés dans Misrata ». Ils estiment que l’UE devrait agir de façon autonome. « Indépendamment de la demande de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’UE devrait immédiatement fournir une aide humanitaire à la population de Misrata, par des moyens navals. » soulignent-ils.  « Nous appelons le Conseil à inviter nos partenaires, tels que la Ligue arabe et l’Union africaine, de contribuer à la mission PSDC. »

Me la Baronne : bougez-vous les fesses !

Mais les ténors socialistes ne s’arrêtent pas là. Ils se montrent aussi sévères envers l’action de la Haute représentante, réclamant des actes. « Nous exigeons que le haut représentant pour la politique étrangère, la baronne Ashton vérifie d’urgence l’offre déclarée du gouvernement libyen de garantir l’accès aux travailleurs humanitaires dans les zones sous son contrôle, selon l’ONU. Nous réitérons notre appel à la baronne Ashton à prendre des initiatives concrètes pour un cessez-le-feu afin de réduire les souffrances de la population en Libye. L’UE doit jouer un rôle fort et direct en favorisant des des initiatives politiques dans cette direction. »

NB : On peut remarquer le ton plutôt dur des députés socialistes envers Catherine Ashton (ce qui est une première) et qui rejoint le propos de certains députés du PPE.

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