Libye

A la chasse aux mines

(crédit : ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) La marine française a déployé un navire d’un nouveau type au large de la Libye. Le bâtiment base de plongeurs démineurs (BBPD) Achéron. Mission : évaluer les dégâts dans les différents libyens, notamment la présence d’engins explosifs. Une nécessité après 7 mois de conflits. Les plongeurs démineurs vont ainsi « pouvoir conduire des neutralisations d’engins explosifs en cas de nécessité » précise-t-on du côté de la marine. Une mission qui « se déroule en étroite coordination avec les autorités et la marine libyenne, en particulier avec les plongeurs démineurs libyens ». Les ports de Tripoli, Al Khoms et Misratah ont déjà été reconnus. Et les plongeurs de l’Achéron ont travaillé sur 6 épaves de bâtiments de guerre libyens et détruit plusieurs munitions qui présentaient un danger imminent. A Misratah, les plongeurs démineurs ont notamment neutralisé une mine marine que les forces du colonel Kadhafi avaient mouillée en avril dernier.

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Action de déminage en Libye

(BRUXELLES2) 500.000 euros ont été débloqués par la Commission européenne pour aider au déminage des munitions non explosées et engins explosifs improvisés. Ils seront donnés au groupe de déminage de Danish Refugee Council. Plusieurs équipes devraient être déployées rapidement – « dans les jours qui viennent » -  dans les régions de Syrte et Bani Walid qui ont fait l’objet de combats récemment.

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Cathy à Tripoli pour ouvrir la délégation de l’UE

(BRUXELLES2) Chut, c’est un secret… de Polichinelle. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, sera à Tripoli samedi (12 novembre). Quelques heures avant la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 (lundi 14 novembre), elle inaugurera notamment la délégation de l’Union européenne dans la capitale libyenne. Un acte hautement symbolique qui signifie pour l’UE le début d’un processus de normalisation après la mort du Colonel Kadhafi et l’arrivée d’un nouveau gouvernement. La délégation devrait être dirigée par James Moran, directeur pour l’Asie au service diplomatique européen (SEAE).

L’ouverture d’une délégation en Libye – la 136e – était prévue sur le planning de la Commission européenne dès 2010. Mais elle avait dû être reportée du fait du conflit civil. L’Union européenne avait ouvert, très vite, du côté des insurgés, à Benghazi, un office de liaison technique. Ce qui était une première, l’UE n’ayant jamais officialisé aussi haut des contacts avec un organisme en lutte contre le pouvoir légitimement reconnu.Plusieurs missions « exploratoires » se sont également rendus en Libye durant le récent conflit à la fois pour évaluer la situation humanitaire et sécuritaire, et aussi entretenir des contacts politiques tant avec les représentants de la Libye nouvelle qu’avec l’ancien pouvoir de Kadhafi.

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La fin sans gloire d’une opération

(BRUXELLES2) L’opération EUFOR Libya prendra fin jeudi (10 novembre). Suivant la proposition du commandant d’opération, les ambassadeurs du COPS ont agréé cette date qui signe la fin d’une « non-opération ». EUFOR Libya n’a jamais été déployée, sauf en théorie, par la mise en place d’un quartier opérationnel de commandement (OHQ) à Rome et la planification de possibles, éventuels, potentiels, déploiements, en soutien à une mission humanitaire de l’UE. Au final, les humanitaires se sont débrouillé autrement. Et cette opération a sombré corps et bien.

Quelques leçons à en tirer

Cette mise en place signe la démonstration, par l’absurde, de la situation dans laquelle est aujourd’hui la politique européenne de défense. La combinaison des faiblesses ne conduit pas à une grande ambition, au contraire. Seule une volonté politique, un peu audacieuse, qui se dégage des « petites ambitions » de chaque capitale peut servir l’Europe.

Pour mettre en place une planification opérationnelle, on en est en fait réduit à monter en puissance un quartier général dans une capitale ; quitte à ce que cette opération ne voit pas le jour. Avec un quartier général opérationnel au sein du service diplomatique, on aurait évité ce qui apparait aujourd’hui comme une capitulation en rase-campagne du rôle de force de l’Union européenne…, sans doute économisé quelques forces, et finalement bénéficié d’un retour d’expérience non négligeable. Car la planification d’une opération, même non lancée, peut bénéficier à la suivante.

Il faudra sans doute éviter à l’avenir de lier une opération militaire de soutien à la décision d’un bureau de l’ONU qui ne dépende pas du département des opérations de maintien de la paix. Les objectifs et les moyens sont différents. Et normalement l’Union européenne a les moyens politiques et juridiques de lancer, de manière autonome, une opération elle-même qui réponde aux objectifs d’une résolution des Nations-Unies, sans nécessiter un accord de plus.

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Libye : on rentre !

(crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Les 4 Mirage 2000N suivis des 3 Mirage 2000D basés à La Sude en Grèce ont rejoint le sol français aujourd’hui (26 octobre), annonce l’Etat-Major des armées françaises. Ils y étaient depuis le 6 mai pour les premiers, le 19 avril pour les seconds.

Redéploiement rapide

Décidé à la mort du colonel Kadhafi et la reprise de Syrte par les forces du gouvernement provisoire du CNT, le « redéploiement » est engagé depuis plusieurs jours déjà et se déroule de façon rapide.

Cela a commencé par les moyens maritimes. La TF 473 qui comprend l’état-major embarqué sur le BPC Tonnerre (qui avait relayé en septembre son sistership le BPC Mistral), le groupe aéromobile (hélicoptères Puma, Tigre et Gazelle) et le plot RESCO (reconnaissance), deux frégates (la frégate anti-sous-marine Montcalm et la frégate de défense aérienne Chevalier Paul) , un bâtiment de soutien et un sous-marin nucléaire d’attaque ont quitté la zone d’opérations le 22 octobre pour rallier Toulon où elle restent en « alerte ». Quelques moyens aériens ont suivi. 2 Mirage 2000D et les 4 Mirage F1 CR sont ainsi rentrés le 24 octobre.

Le détachement chasse de La Sude en Grèce compte encore 3 Mirage 2000D, précise-t-on à l’Etat-major des armées. A Sigonella, il reste 5 Rafale et un drone Harfang. Tandis que les avions de ravitaillement (C135F) et de reconnaissance (E3F) restent mobilisés mais à partir de France. Un batiment (l‘aviso Commandant Birot) demeure engagé au sein de la force navale de l’OTAN. Mais plus pour longtemps. Car l’heure est au repli général.

Mission accomplie

« C’est fini. Nous avons atteint nos objectifs » a estimé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur France-Inter aujourd’hui La fin des opérations a été fixée au 31 octobre par l’OTAN. Mais la réunion des ambassadeurs prévue aujourd’hui pour formaliser cette décision a dû être reportée à vendredi. Le CNT libyen souhaite en effet que l’OTAN prolonge sa mission. Ce qui n’est pas tout à fait le sentiment de plusieurs alliés. Alain Juppé l’a confirmé lors d’un point de presse. « La Libye est désormais libérée et nous nous en félicitons. L’opération militaire proprement dite touche à sa fin. Une phase de transition s’ouvre pendant laquelle nous allons nous concerter au sein des Nations unies ainsi qu’avec nos partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne et avec nos interlocuteurs du CNT, afin de répondre de manière appropriée à la demande de ces derniers. » La dernière idée soutenue est que le Qatar prenne la tête d’une coalition de bonnes volontés pour prendre le relais de l’OTAN sur place.

Un dispositif en alerte

En attendant, une partie du dispositif rentré en France reste cependant en alerte « au cas où » : la TF 473, avec son état-major, le BPC, le groupe aéromobile, un plot RESCO, deux frégates et un bâtiment de soutien ; deux détachement de Mirage (l’un de 2000D et l’autre de 2000N) ; et un Atlantique 2.

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Le Parlement européen inquiet de l’évolution libyenne

(BRUXELLES2) La déclaration du dirigeant libyen Mustafa Abdel Jalil considérant la charia comme source de droit comme la découverte les 53 corps de pro-Kadhafi trouvés à Syrte (exécutés estime l’ONG Human Right Watch) font jaser au niveau européen, en particulier au Parlement européen. L’eurodéputée Ana Gomes, membre de la commission des Affaires étrangères et rapporteure du Parlement sur la Libye a ainsi assez sèchement réagi.

« Cette position n’est pas fondée sur une prise de décision démocratique processus. Le rôle de la charia comme une source possible de la loi dans l’Etat libyen doit encore être débattu dans un processus de rédaction de la Constitution démocratique, au lieu d’être déterminé a priori par n’importe qui », a-t-elle souligné dans une déclaration publique. C’est pour les droits des femmes où elle est le plus inquiète. « La Libye libre doit respecter pleinement les droits humains, y compris les droits des femmes. Et il y a des interprétations de la charia qui contredisent clairement les droits humains et discriminer les femmes », poursuit-elle.

Si les déclarations ultérieures de Jalil — «les Libyens sont musulmans modérés » — ont pu rassurer, le Parlement européen n’en veut pas moins rester vigilant. «Nous serons attentifs à la situation des femmes libyennes, le suivi des développements concernant, par exemple, lois, mariage, divorce et héritage», a souligné Ana Gomes. Elle a également appelé le Conseil national de transition (CNT) à lancer une enquête sur les circonstances de la mort du colonel Kadhafi et de 53 de ses partisans à Syrte, à « mettre en mouvement un processus de réconciliation nationale » et « les mécanismes de justice transitionnelle ».

Le soutien de l’UE conditionné au respect des droits de l’homme

« L’UE pourrait jouer un rôle important en aidant les autorités libyennes intérimaires dans la construction d’une société démocratique et les institutions démocratiques, si elles le demandent », encore faut-il que « les droits de l’homme soient respectés ». « Les dirigeants de l’UE, s’ils tirent les leçons du printemps arabe, vont certainement s’abstenir de soutenir tout gouvernement qui viole les droits des femmes ou de ses propres obligations internationales, y compris les droits des prisonniers de guerre. »

Une condition posée par la Haute représentante dès la première information de la mort de Kadhafi. Lire : Mort de Kadhafi : l’UE salue la fin du despote, appelle à ne pas rater la réconciliation

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Les agents du BND avaient repéré la présence de Kadhafi

(BRUXELLES2) C’est le Spiegel qui le révèle. Pendant des semaines, le service fédéral de renseignement (BND) « savait exactement que l’ex dictateur-libyen Mouammar al-Kadhafi se trouvait dans sa ville natale de Syrte ». Le BND qui « a traditionnellement une source dense d’information au Moyen-Orient connaissait l’endroit où Kadhafi cachaient des rebelles ». « Les sources de sécurité ont cependant déclaré, qu’ils n’avaient pas de données géolocalisables permettant de conduire à une attaque ciblée sur Kadhafi ». Informations transmises aux homologues de l’OTAN selon l’hebdomadaire allemand. Dans un communiqué, le porte-parole du BND, a affirmé samedi, que « nous ne savions pas que Kadhafi venait de s’arrêter ce jour-là à Syrte ».

Nb : cela confirme les informations de la présence d’agents de renseignement non seulement britanniques ou français mais aussi italiens et allemands sur le terrain.

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Le rôle de l’OTAN dans l’attaque du convoi de Kadhafi

(BRUXELLES2) L’Alliance a dans son bulletin quotidien confirmé de façon détaillée avoir attaqué un convoi de nombreux véhicules, lourdement armé, mais dénié qu’elle savait que Kadhafi se trouvait à bord à ce moment là.

Une première frappe disperse le convoi

Jeudi, à environ 8h30 heure locale, un avion de l’OTAN a frappé « 11 véhicules militaires armés qui faisaient partie d’un groupe plus important d’environ 75 véhicules dans les environs de Syrte » précise ainsi l’Alliance dans son communiqué quotidien de ce jour. « Ces véhicules étaient en train de quitter Syrte à grande vitesse et ont tenté de forcer leur chemin autour de la périphérie de la ville. Les véhicules avaient, à bord, une quantité importante d’armes et de munitions ; ce qui pose une menace importante pour la population civile locale. » Les avions de l’OTAN sont alors intervenus et ont visé un premier véhicule, le premier de la colonne a été détruit. Ce qui est inévitable a suivi. Cela « a perturbé le convoi et a entraîné la dispersion des autres véhicules qui ont changé de direction ». Après cette première frappe, un groupe « d’environ 20 véhicules a continué à grande vitesse à avancer vers le sud, à l’ouest de Syrte, continuant à représenter une menace significative ».

Une deuxième frappe l’immobilise

L’OTAN a alors procédé à une seconde frappe permettant de détruire ou endommager une dizaine de véhicules pro-Kadhafi (ce que l’évaluation menée par l’Otan a révélé plus tard). « Au moment de l’intervention, l’OTAN ne savait pas que Kadhafi était dans le convoi » précise-t-on au siège de l’Alliance. Et « l’intervention de l’OTAN a été menée uniquement pour réduire la menace envers la population civile, comme l’exige le mandat de l’ONU. De façon générale, l’OTAN ne cible pas les individus. »

Aux combattants du CNT de prendre le relais

L’OTAN s’est refusé à indiquer la nationalité des avions ayant mené le raid. Mais c’est un secret de polichinelle. Un avion Français comme l’a confirmé hier le ministre de la Défense, Gérard Longuet. La suite de l’histoire, c’est Gérard Longuet qui la raconte. Le convoi du dictateur, « de plusieurs dizaines de véhicules (…) a été stoppé dans sa progression alors qu’il cherchait à fuir Syrte mais n’a pas été détruit par l’intervention française ». Des combattants du CNT sont alors intervenus et ont « sorti le colonel Kadhafi » de sa voiture.

Bien que l’OTAN se dédouane d’avoir su que Kadhafi était dans le convoi, on peut douter de cette « innocence ». Kadhafi et son clan étaient sinon une cible, du moins un objectif recherché par les forces du CNT et les forces internationales car ayant commis des crimes sur les civils et constituant une menace permanente contre eux. Un convoi de véhicules aussi lourdement armés fuyant Syrte ne pouvait appartenir à quelques civils « ordinaires ». Les sources qui ont dirigé les avions de l’OTAN vers la cible – qu’elles soient du CNT ou des Etats de la coalition sur place – le savaient pertinemment.

D’ailleurs la coordination OTAN – CNT – même si elle n’est pas officielle et passe par le biais des forces nationales des Etats membres de l’opération et non du commandement de l’OTAN – est aujourd’hui bien réelle. Elle a en effet été sensiblement améliorée depuis les « petits » cafouillages du début de l’opération. Et cette coopération a été effective et utile à plus d’une reprise, notamment pour le guidage des bombardements ou des assauts lors de la libération des villes.

En finir avec le régime Kadhafi était une nécessité pour les Libyens mais aussi pour la coalition qui ne souhaitait pas voir ce conflit traîner en longueur à la fois pour des raisons budgétaires, politiques et internationales. La « normalisation libyenne » est plus qu’aujourd’hui nécessaire à la stabilisation de toute la zone entre Maghreb, Afrique et Moyen Orient.

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Et maintenant, quid des opérations en Libye ? (maj)

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs à l’OTAN se pencheront demain (vendredi) sur l’avenir de l’opération « Unified Protector » au-dessus de la Libye. Sur la table : continue-t-on, ou non, l’opération ? Et comment la finir ?

Ne pas lever le pied trop tôt

La conquête de Syrte et la mort de Kadhafi ne signifient pas l’arrêt immédiat de la mission m’a affirmé un militaire d’un pays allié participant à la mission. « Il ne faut pas s’attendre à ce que l’on parte demain. Il faut attendre que les différents foyers (de violence) s’apaisent. » Chacun redoute en effet « quelques troubles » encore durant pendant quelque jours. La mission de l’OTAN ne sera donc pas formellement terminée, tant que l’ONU n’aura pas décidé en ce sens. Ce qui semble certain, c’est que les derniers évènements permettent une levée partielle du dispositif.

Fin de la mission OTAN le 31 octobre, force reste à la liberté

(Maj – ven 22h30) Le secrétaire général F.A. Rasmussen a confirmé vendredi à l’issue de la réunion avec les ambassadeurs que « la mission prendrait fin le 31 octobre ». « Cette décision sera formellement adoptée la semaine prochaine ». Cette sortie sera faite« de façon prudente et contrôlée. L’OTAN veut observer attentivement ce qui se passe et pouvoir réagir aussitôt en cas de problème. » Et d’ajouter : « Maintenant, c’est le moment pour le peuple libyen d’être fier et de construire le futur d’une nouvelle Libye libre, basée sur la démocratie, les droits de l’homme et les règles de droit. La liberté est la force la plus forte dans le monde. »

En attente d’une nouvelle résolution de l’ONU

Quant à l’avenir, tout dépendra du sens également de la nouvelle résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il n’est pas question pour l’instant de forces de maintien de la paix. Et les missions à venir seront davantage « civiles » comme l’a confirmé Pieter de Crem, le ministre belge de la Défense.

L’UE prête à l’assistance du contrôle des frontières

L’Union européenne devrait répéter, dimanche, lors de son sommet, sa disposition à aider la Libye dans la situation post-conflit. Plus concrètement, l’UE pourrait apporter sa contribution sur un point concret : le « contrôle » des frontières et non la « gestion » des frontières. La différence n’est pas que terminologique : dans un premier cas, il s’agit d’aider les Libyens à contrôler leurs frontières (passages d’hommes, de clandestins, d’armes, de terrorisme…) ; dans le second, il s’agit d’améliorer le fonctionnement des douanes (comme l’UE le fait en Ukraine ou Moldavie).

EUFOR Libya fermée

Quant à la mission EUFOR Libya (d’assistance humanitaire), elle devrait fermer sans tambour ni trompette. Les militaires de l’UE viennent de recommander la fermeture du quartier général d’opérations (OHQ) mis en place à Rome, qui n’a servi à pas grand chose sinon à planifier une mission type « désert des tartares » et boire quelques expressos… Les ambassadeurs du COPS ont approuvé cette fermeture. Mais c’est au conseil des ministres de l’UE de formellement avaliser cette décision. Ce devrait être chose faite lors d’un prochain conseil (pas automatiquement les ministres des Affaires étrangères), en point A (sans discussion)

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Mort de Kadhafi : l’UE salue la fin du despote, appelle à ne pas rater la réconciliation

(BRUXELLES2) La nouvelle est tombée sur les « téléscripteurs » en début d’après-midi. « Mouammar Kadhafi » a été capturé par les forces du CNT, puis Kadhafi est blessé et enfin (peu avant 15h) la confirmation de sa mort. Ce qui a suscité inévitablement un long soulagement largement perceptible dans plusieurs capitales européennes.

La fin d’une ère de despotisme

A Bruxelles, les premiers à réagir ont été Herman Van Rompuy et José-Manuel Barroso, les respectifs présidents du Conseil européen et de la Commission européenne. Cela « marque la fin d’une ère de despotisme et de répression durant laquelle le peuple libyen a souffert si longtemps. Aujourd’hui La Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouveau futur démocratique » ont-ils déclaré dans un texte commun. « Nous appelons le Conseil national de transition à poursuivre un processus de réconciliation aussi large que possible, qui s’adresse à tous les Libyens et permette une transition transparente, pacifique et démocratique dans le pays » ont-ils ajouté.

« Dix mois de sacrifices extraordinaires »

De son coté, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton a salué d’abord la victoire de la population libyenne. « La chute de Syrte marque la fin de l’ère Kadhafi. la Libye est maintenant sous le plein contrôle des forces du Conseil national de transition. Après dix mois de sacrifices extraordinaires, le peuple libyen peut dire avec fierté et confiance qu’ils se sont débarrassés d’un régime qui (les) terrorisait et opprimait depuis plus de 40 ans.  Ils peuvent maintenant regarder le futur » (…) Si les rapports sur la mort du Colonel Kadhafi (sont) confirmés, sa mort met fin à une tragique période pour les vies de nombre de Libyens. »

Sanctionner les crimes du passé c’est bien, se réconcilier demain c’est mieux

La Haute représentante a tenu cependant à souligner tous les défis que se présentent aujourd’hui au gouvernement libyen. « La Libye entre dans un processus de transition. Il est important que son leadership travaille à construire un futur démocratique pour le pays dans le plein respect des droits de l’homme. Tandis que les crimes du passé doivent être abordés; ses dirigeants doivent aussi chercher la voie d’une réconciliation nationale. »

L’UE présente à vos cotés, hier et aujourd’hui

Catherine Ashton a aussi voulu souligné l’engagement européen aux cotés des Libyens, hier, aujourd’hui et demain. « L’Union européenne a soutenu le peuple libyen durant toutes ces luttes. Nous avons été présents à Tripoli et Benghazi. Nou avons fourni une assistance humanitaire substantielle. Nous avons déjà soutenu la société civile et nous travaillons maintenant avec les partenaires internationaux pour répondre aux besoins post-conflit de la Libye. L’UE restera engagé de façon forte dans le futur. »

Commentaire : On ne peut être qu’étonné que dans un tel moment, assez solennel, les dirigeants européens cherchent encore à se démarquer en faisant chacun leur déclaration. Il est relativement peu fair play pour H. Van Rompuy et J.M. Barroso de griller ainsi la politesse à Catherine Ashton dont c’est plutôt la tâche en tant qu’Haute représentante d’assurer la voix de la représentation extérieure de l’UE. C’est un peu faire comme si le Traité de Lisbonne n’existait pas.

Je n’ai pas pour habitude de tresser des louanges à C. Ashton. Mais sur la question libyenne la Haute représentante a joué un jeu qui n’était pas facile dans un concert européen qui ressemblait parfois à une sombre cacophonie. Et le service diplomatique n’a pas démérité. Au contraire. La déclaration d’Ashton le prouve. Certes elle a mis quelques minutes de plus à me parvenir (c’est vrai). Mais elle est beaucoup plus intéressante, profonde et balancée que les 2 phrases à l’emporte-pièce de ses deux co-responsables masculins…

NB : on aurait pu souhaité que l’un et l’autre, quand ils étaient Premier ministre de la Belgique et du Portugal, aient tenu un langage aussi dur sur Kadhafi… Il est facile de dénoncer les despotes quand ceux-ci ont perdu le pouvoir et sont passés de vie à trépas. Il est moins facile de le faire quand ils sont bien vivants et en poste.

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Les premières leçons de l’opération en Libye selon l’Amiral Guillaud

Les premières leçons de l’opération en Libye selon l’Amiral Guillaud

(BRUXELLES2) Le chef d’état-major des armées françaises, l’amiral Edouard Guillaud, a commencé à tirer publiquement les leçons de l’opération en Libye. C’était devant l’Assemblée nationale les leçons de l’opération en Libye, début octobre.

les mécanos du BPC Tonnerre remontent les pales d'une Gazelle (crédit : DICOD/Ministère Français de la défense)

La « grande leçon » de l’intervention en Libye, c’est que « aucune armée, de l’air, de terre ou de mer, ne détient seule la capacité de résoudre une crise. C’est leur complémentarité et la combinaison de leurs moyens qui donne de l’efficacité à l’action militaire. C’est aussi leur niveau de préparation, d’entraînement et de réactivité qui permet d’agir vite et d’aller droit au but. Nous avons ainsi assisté au retour des opérations combinées, au sens où on l’entend depuis la Seconde Guerre mondiale, exigeant un mécanisme d’horlogerie que très peu de pays sont capables de réaliser. »

Autre « remarque » selon l’amiral Guillaud : « la réactivité de notre chaîne décisionnelle, pas seulement militaire, a représenté un atout dans la gestion de crises. En discutant avec mes homologues italien, britannique, allemand ou américain, je constate que nous avons atteint une forme d’équilibre que peu de démocraties ont trouvée. Cela donne au chef des armées une grande capacité d’action tout en renforçant le contrôle parlementaire de nos engagements extérieurs. » Autrement dit pour le chef d’Etat-Major, pas besoin de changer un système qui gagne et d’augmenter le contrôle parlementaire sur les opérations militaires.

Enfin, « il faut toujours se souvenir qu’une capacité ne se réduit jamais à des équipements. Elle s’adosse à une doctrine, à une organisation, à un soutien. Elle n’existe que parce que des soldats sont recrutés, formés et entraînés pour servir un système d’armes. » Et c’est au chef d’état-major des armées « de mettre en cohérence les différents piliers qui structurent une capacité ».

Le rôle des hélicoptères

L’engagement des hélicoptères de l’ALAT (l’aviation légère de l’armée de terre), très médiatisé, a été plutôt réduit en termes de nombre de sorties – une trentaine de raids – mais important en termes de destructions d’objectifs – 550 objectifs détruits. Les Français ont fait l’essentiel des frappes (90%), les 10 % restant étant effectués par les hélicoptères Apaches britanniques.

Coté aviation, les avions de l’armée de l’air et de la marine ont réalisé « environ 4 500 sorties, soit 20 000 heures de vol, représentant 25 % des sorties de la coalition, 35 % des missions offensives et 20 % des frappes avec plus de 750 objectifs militaires détruits ».

Coût de l’opération

Les surcoûts sont estimés – au 30 septembre selon l’amiral – « entre 330 et 350 millions d’euros, soit une estimation de l’ordre de 430 millions si l’opération est prolongée jusqu’au 31 décembre ». Un bilan auquel il faut ajouter certains coûts. Durant l’intervention, l’armée a « consommé 1 000 bombes, 600 missiles, 1 500 roquettes ». Conséquence, aujourd’hui, il faut « reconstituer certaines de nos capacités, avancer ou compléter des opérations de maintenance pour redonner du potentiel à nos matériels, rattraper un certain nombre de retards pris en matière de qualification des pilotes les plus jeunes ». NB : Ce coût n’est donc pas inclus dans la facture indiquée par l’amiral

Le coût des opérations extérieures en 2011, grévé par l’Afghanistan

Au final, pour 2011, l’ensemble des surcoûts des opérations extérieures pour la France « est ainsi évalué entre 1,2 et 1,3 milliard d’euros en 2011 ». Un débordement d’environ « 600 millions par rapport à l’enveloppe votée pour 2011 » (630 millions d’euros). Outre la Libye, c’est le coût de l’accroissement de la protection des forces déployées en Afghanistan qui explique cette augmentation qui serait encore supérieure si elle n’était compensé en partie « par une baisse des dépenses au Kosovo et pour Atalante ».

Dans le détail, sont dépensés : de 500 à 520 millions d’euros en Afghanistan, 430 millions en Libye, 90 millions pour le Tchad, un peu moins de 80 millions pour le Liban, 65 millions en Côte d’Ivoire, une trentaine de millions pour l’opération anti-piraterie Atalanta. Le reste des opérations coûte au total de l’ordre de 50 millions d’euros.

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Pourquoi la Pologne ne voulait pas intervenir en Libye

(crédit : armée polonaise)

(BRUXELLES2 à Varsovie) Les avions F-16 polonais sont restés au sol durant l’intervention en Libye. Pourquoi donc ? Alors que les préparatifs du sommet pour le partenariat oriental battent leur plein, j’ai posé à mon interlocuteur polonais du jour, qui travaille au ministère des Affaires étrangères cette question. Pourquoi les Polonais – pourtant habitués à des opérations robustes au sein de l’OTAN – n’ont pas voulu intervenir militairement en Libye ? La réponse est multiple comme dans toute option politique. La Pologne a « d’autres priorités et préférait intervenir par d’autres moyens » (Nb : diplomatiques) a répondu mon interlocuteur. Passée cette réponse assez officielle, viennent les autres raisons, plus profondes. Dans cette abstention militaire, il y a tout d’abord un fait. « Nous n’avons pas vraiment été consultés, au préalable. (…) Moins que pour l’intervention en Irak ». Ce n’est pas le seul facteur. Mais c’est un facteur important. Et le doigt est alors pointé sur la France surtout. Ensuite, il y a tout aussi incontestablement la « leçon de l’Irak. Nous n’avons pas vraiment eu les retombées espérées pour notre engagement. » La position d’abstention de l’Allemagne a également joué. Et faut-il ajouter, même si mon interlocuteur ne le mentionne pas, il y a le tour de vis budgétaire donné au budget polonais de la défense à l’heure où s’amorce une restructuration importante (la professionnalisation), tout comme l’engagement prenant en Afghanistan. Le décapitage du commandement de l’armée de l’air dans deux crashs successifs – celui du Casa 295 en janvier 2008 en Pologne et du Tupolev à Smolensk – n’a certainement pas aidé à contrecarrer ce positionnement politique.

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Avoir un retour d’expérience de l’opération en Libye

(BRUXELLES2 à Wroclaw) Parmi les sujets abordés lors du dîner des ministres de la Défense, a aussi émergé le fait que certaines lacunes méritaient d’être comblées. « Il faut faire l’inventaire de ce que nous savons faire, ou pas faire, ce que nous pouvons faire ou pas faire, et les moyens qui nous manquent » a expliqué Gérard Longuet. « Un retour d’expérience des 6 mois d’opération en Libye qui soit un diagnostic précis et puisse donner des solutions concrètes. » Travail qui pourrait être fait « par la présidence polonaise ». Français et Britanniques vont se rencontrer dès le 12 octobre prochain pour dresser un état des lieux à travers un retour d’expérience mutuelle. Les lacunes sont assez précisément identifiées : le ravitaillement, le renseignement, les munitions…

Un projet européen sur les munitions

On peut ajouter que l’Agence européenne de défense a commencé à travailler sur certains questions, notamment celles des munitions. Il s’agit d’étudier – selon nos informations – de quelle manière on peut avoir un partage de munitions, dites intelligentes (Nb : comme les bombes lasers qui ont manqué en Libye), par exemple pour mettre en commun certains stocks de réserve entre des pays qui utilisent les mêmes types de munitions ou s’assurer d’un approvisionnement rapide en cas de besoin.

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