Libye

La mission européenne en Libye d’assistance à la sécurité. Il faut aller vite (Ana Gomes)

un check point en Libye lors de la visite de la délégation du parlement européen (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Ana Gomes, qui a participé à la visite des « Cinq » en Libye, que j’ai rencontrée dans les couloirs du Parlement européen abonde dans le sens d’Arnaud Danjean sur la nécessité d’aider « très vite » les Libyens à restructurer leur force de sécurité (lire : De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?).

Les milices, un facteur de sécurité

Il existe des plans pour avoir une police de 25.000 hommes et une armée de 25.000 hommes également. « c‘est bien ». Mais cela prendra du temps. Il faut agir maintenant » explique-t-elle. Quant à supprimer les milices, ce n’est tout simplement pas possible. « Les milices armées sont aujourd’hui le seul facteur de sécurité. Cela peut apparaître paradoxal. Mais c’est la réalité. En même temps, ces mêmes milices peuvent aussi être sources d’insécurité, tout simplement car elles sont elles-mêmes insécurisées sur leur avenir ; elles ne sont pas toutes payées. Etc »

Les Libyens demandeurs

Pour l’eurodéputée portugaise socialiste, il est donc plus qu’urgent d’aider les Libyens à construire leur propre force de sécurité. « Ils ont besoin de nous. Ce n’est pas comme les Egyptiens, les Libyens nous le demandent. Nous ne pouvons avoir des missions qui se rendent sur le terrain puis rentrent. Je viens de l’expliquer à Pierre Vimont (Nb : le responsable du service diplomatique européen). Il faut avoir des gens sur place. Des spécialistes qui, dans chaque administration – là où le veulent les Libyens -, constituent des « task forces » pour structurer ces forces de sécurité, entraîner les hommes. Il faut le faire de façon rapide. » Catherine Ashton, la Haute représentante, doit prendre une initiative forte sur le sujet, et rapidement.

Non à la fermeture du bureau de Benghazi

L’eurodéputée souligne enfin combien ce serait une « bêtise de fermer le bureau de liaison technique à Benghazi. » L’homme qui le dirige a acquis une véritable expertise. « Il a tissé des liens, connait tout le monde » dans cette Libye nouvelle.

Lire également : Le chef de bureau de liaison à Benghazi nommé

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De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

visite en Libye, 13 février 2012 (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) A quelques jours de la célébration du premier anniversaire de la « révolution libyenne » (le 17 février), une mission du Parlement européen était en Libye durant plusieurs jours.

Une visite très instructive pour les cinq eurodéputés de la sous-commission Défense (*) qui ont pu rencontré les principaux responsables politiques du pays : le Président du Conseil National de Transition, Abdul Jalil, puis le Premier Ministre et les principaux membres du gouvernement libyen, ainsi que le chef d’Etat major de la nouvelle armée libyenne. La mission ne s’est pas contentée d’aller à Tripoli. La délégation s’est également rendue à Benghazi, lieu d’origine de la rébellion, pour rencontrer les chefs tribaux & membres du CNT. Et, en début de mission, des entretiens ont eu lieu avec les acteurs internationaux ainsi que les « brigades » de Zintan & Misrata.

A son retour de mission, B2 a pu s’entretenir – d’abord par téléphone puis de visu – avec Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense, qui a bien voulu nous confier ses impressions, sur ce qu’il a vu sur place, « impressions globalement partagées par les autres membres de la délégation », précise-t-il.  L’eurodéputé soutient également pour une présence plus développée de l’Union européenne dans le pays, notamment au plan de l’assistance aux réformes de sécurité, à la démocratie et à la santé.

La situation sécuritaire, maitrisable – la démocratie, un défi culturel

Pas de chaos, mais un risque futur

Concernant la sécurité, « Je n’ai pas trouvé le chaos décrit parfois. On n’est pas réveillé toutes les nuits par des tirs de katiouchas ou de kalachnikovs » a expliqué l’eurodéputé à B2. Certes « Les Katibas quadrillent le terrain. Et aucune ne veut désarmer avant l’autre, sans d’avoir des garanties de transition politique. On se retrouve donc plutôt avec une juxtaposition de milices armées qui tirent leur légitimité des combats et se partagent le terrain. Mais on assiste peu de clashs entre elles, peu d’affrontements. Il y a beaucoup de sensationnalisme. » « Cela peut arriver bien sûr. La situation n’est pas satisfaisante sur la sécurité intégrée, l’armée et la police partent de zéro. C’est tout le défi de réintégrer ces ‘katibas’ dans les structures régulières. »

Pour une situation post-conflit, c’est raisonnable

L’eurodéputé – qui en a vu d’autres -, relativise d’ailleurs l’effet de désordre parfois décrit. « Par rapport à d’autres situations post-conflit, au chaos qu’on a trouvé en 2001 et qu’on trouve toujours en Afghanistan, ou au Kosovo, en 1999, après le retrait des Serbes, on est en Libye dans le domaine du raisonnable. »

Son atout, sa richesse

Et, puis, la Libye a un énorme atout. « C’est un pays riche. Et çà se sent. Même si cette richesse est mal répartie, surtout en matière d’infrastructures. Ainsi si Tripoli et sa région sont assez bien dotées en eau et électricité, l’Est du pays avec Benghazi, l’est moins. (…) C’est un grand pays géographiquement avec peu d’habitants. »

Le déficit de culture démocratique

En revanche, sur le plan démocratique, nous sommes face à un problème vraiment culturel. « Il n’y a jamais eu en Libye d’élections, même factices. Il y a un manque ce qu’est un débat démocratique, une campagne électorale. Deux générations de Libyens ne savent même pas ce que c’est que mettre un bulletin dans une urne. » Malgré, tout, il y a une société civile vivante. Beaucoup de gens sont engagés, il y a des médias. On sent une effervescence mais aussi une absence de savoir faire qui reste criant. Il y a une grande soif de liberté. Mais ils ne sont pas habitués humainement à cela » « Comment faire fructifier cette liberté retrouvée, ce besoin démocratique, c’est toute l’ampleur de ce défi. »

L’influence islamiste, réelle mais difficile à saisir

C’est un défi, reconnait Arnaud Danjean. « Saisir la réelle influence islamiste » est une difficulté. Car « Beaucoup avancent masqués » Cette influence existe sans nul doute ; mais peut-être pas là où on le pense. « Il faut relativiser la puissance des Islamistes et leur influence. Ainsi l’influence de Abdelhakim Belhadj à Tripoli est sans doute surestimée. Toutes les autres milices nous disent que ce n’est pas un problème. Et qu’on peut « en finir » avec lui rapidement si nécessaire. »

En revanche, il est plus inquiet sur l’est du pays. « Benghazi est, sans doute, plus islamiste (NB : par tradition). C’est d’ailleurs un paradoxe. Car c’est de là où tout est parti. Et on y sent un bouillonnement libéral ». Attention cependant « Il y a un ressentiment à Benghazi, qui voient les Européens quitter la ville pour Tripoli, et redoutent d’être marginalisés dans l’avenir comme ils l’avaient déjà été dans le passé sous Kadhafi. Il faut faire attention à ne pas laisser développer une amertume. (Sinon) les islamistes pourraient rafler la mise ».

Ce que peut faire l’UE : les cinq recommandations des eurodéputés

(crédit : PE / Arnaud Danjean)

Les eurodéputés comptent écrire à la Haute représentante, Catherine Ashton, pour lui demander d’agir de façon plus déterminée et d’accélérer la réflexion sur ce qui peut être fait aujourd’hui en Libye. La plus urgente des tâches est la mise en place d’une mission légère de démobilisation et réintégration pour la police et l’armée (DDR) comme de structuration des administrations de sécurité (SSR). « C’est maintenant qu’il faut accompagner la transition en Libye, au niveau démocratique et de la sécurité. On a été très présent lors de la crise ouverte. Maintenant que cette crise étant moins présente, il serait abberrant de ne pas être présent ». Mais il y a d’autres tâches également à effectuer, notamment au plan démocratique et de la société civile

1. Mission d’assistance à la démobilisation et à la structuration administrative (DDR/SSR).

« La juxtaposition de katibas peut dégénérer. Même si elle n’est que potentielle, la menace demeure. Il nous semble urgent, d’aider les Libyens dans la transition. » Une mission européenne devrait assister les Libyens dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) – « même si c’est une DDR atypique » - de réforme des structures de sécurité (SSR), et « surtout les aide à structurer leur administration ». Le tout pour répondre à l’hiatus libyen « On a des gens plutôt bien qualifiés au niveau politique supérieur — le chef d’Eat major sait de quoi il parle, le Vice Premier ministre est très bon — des gars sur le terrain motivés. Mais il n’y a pas d’administration, pas d’échelon intermédiaire. Jusqu’à présent, tout était centré autour de la personne de Kadhafi, il n’y avait pas d’administration. C’est çà qu’il faut reconstruire. C’est un défi. (…) Il y a un véritable besoin d’une force de police, cohérente, structurée, loyale, étatisée. » 

Cette mission européenne pourrait être légère : « une quarantaine de personnes au plus, des civils de bon niveau, des experts en matière de police ou d’administration (des préfets par exemple). Il n’y a pas besoin de beaucoup de personnel. » Et d’ailleurs, une bonne partie de l’assistance pourrait se dérouler hors de Libye. « Certains Etats pourraient contribuer en accueillant dans leur académie policière et militaire de quelques cadres libyens ou en envoyant des formateurs ». Mais pour les eurodéputés, cela doit être une « mission de la PSDC » (la politique européenne commune de sécurité et de défense commune). « Il faut avoir un pilotage politique fort et une certaine cohésion que seule apporte une mission PSDC ».

L’eurodéputé avertit. « Il n’y aura pas de boots on the ground. » C’est un point fondamental pour les Libyens, il importe de « veiller à bien préserver la souveraineté des Libyens. Les Libyens sont très soucieux (sur ce point). Il y a une grande susceptibilité dans l’appropriation du processus. On ne peut rien faire sans qu’ils ne nous le demandent expressément. Il faut être très attentif à cela. »

2. La gestion des frontières

Décidée à la conférence de Paris – où les Européens se sont vus confier par la communauté internationale et l’ONU cette fonction – la mission avance « lentement ». « Un processus « très lent », à la fois du fait des Européens et des Libyens. Des premières missions d’évaluation et d’expertise « sont sur le terrain actuellement ». Mais le résultat ne sera pas connu « avant mai ». Et on ne peut espérer un démarrage de la mission « avant juillet » (NB : en étant très optimistes). « C’est un enjeu très lourd. » Il faut « accélérer le mouvement » soulignent les eurodéputés.

3. Un consulat européen à Benghazi.

« Au niveau des Etats membres et du service diplomatique, il faut réfléchir à maintenir une présence européenne, que ce soit par quelques Etats ou de manière multilatérale. Le bureau technique de l’Union européenne a fait un excellent travail. Pourquoi ne pas transformer cet essai en créant une structure regroupant les diplomates européens et des Etats membres, dans un consulat européen à Benghazi pour la zone Schengen. » C’est un geste politique mais répond aussi à un besoin très concret. « Pour les habitants de Benghazi, c’est compliqué et couteux d’aller à Tripoli pour obtenir un visa vers les pays européens. »

4. Assistance démocratique et électorale

Il faut assister et encourager la société civile vers la démocratie Les élections sont prévues pour juin. « Quatre mois cela peut paraître court. Mais on est actuellement dans un vacuum démocratique. Peut-on tenir longtemps sans une légitimité démocratique. Il faut un processus de légitimation démocratique rapidement. » Les Libyens sont « d’accord sur cette mission. Ils veulent même qu’elle soit installée très tôt, très en amont, pour assister le débat démocratique et aider à la culture démocratique ».

5. La santé

Il y a eu « énormément de blessés. Et des villes comme Misrata ont juste 30 lits d’hôpitaux. » Du coup, se développe en Libye, « une contrebande d’exportation médicale » « Beaucoup de Libyens nouent avec des pays européens des accords. Tout çà n’est pas centralisé et donne lieu à un certain trafic. » Il faut donc mettre un peu d’ordre. Il y a sans doute aussi « une aide d’urgence à accorder. Et des infrastructures dans le secteur hospitalier à développer. »

(*) La délégation était composée de A. Danjean (PPE, France, président de la sous-commission défense), A. Gomes (S&D, Portugal, rapporteur « Libye »), Jelko Kacin (ALDE, Slovénie), Pier Antonio Panzeri (S&D, Délégation UE-Magreb),  José Ignacio Salafranca (PPE, Espagne, coordinateur PPE aux Affaires étrangères).

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Une mission de la sous commission Défense en Libye

(B2) Plusieurs eurodéputés de la sous-commission défense du Parlement européen terminent aujourd’hui une mission d’information en Libye. Conduite par Arnaud Danjean, le président de la sous-commission, elle comprenait également Ana Gomes, rapporteure du Parlement sur la Libye. Elle a pu s’entretenir samedi avec les principaux responsables du pays : le President du Conseil National de Transition, Abdul Jalil, puis le Premier Ministre et les principaux membres du gouvernement libyen. La veille, des entretiens avaient eu lieu avec les acteurs internationaux ainsi que les « brigades » de Zintan & Misrata. Elle s’est ensuite rendue à Benghazi, dimanche et lundi, les chefs tribaux & membres du CNT.

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La facture de l’opération en Libye pour la Belgique : 44 millions d’euros (Maj2)

(crédit : ministère belge de la Défense)

(B2) L’opération en Libye a coûté près de 44 millions € à la Belgique selon le ministre de la Défense, Pieter De Crem, dont 32,3 millions net, pris en charge par le budget de la Défense.

Le premier chiffre, en brut, se rapporte au coût total de l’opération. Mais il faut déduire de ce chiffre le coût normal qu’auraient coûté les mêmes militaires et moyens s’ils n’avaient pas été employés. Le second chiffre, en « net », indique donc le surcoût réel pour la Défense de l’opération. Le réel coût de l’opération.

Le ministre a fourni des chiffres détaillés dans une réponse à un sénateur du N-VA, Karl Vanlouwe, comme le rapporte nos confrères de l’agence Belga.

La facture belge est décomposée ainsi :

- un détachement de six avions bombardiers F16 + personnel (pilotes, techniciens, autres) basés à Araxos en Grèce = 36,4 millions € (dont 31,5 net) ;
- le dragueur de mines Narcis, relevé ensuite par le Lobelia, pour les missions de – surveillance en mer = 7,3 millions € (dont 495 000 net) ;
- un détachement au sein de l’état-major maritime = 26 000 € net ;
- militaires au détachement AWACS = 306 000 € net.

473 Bombes

(Maj) Selon les informations communiquées par le ministère de la Défense à B2, les avions F-16 belges ont lâché 473 bombes lors de 615 sorties, totalisant en tout 2516 heures de vol. Et selon un officier belge, les forces tricolores (noir, jaune, rouge) totalisent un des meilleurs scores de tirs au but parmi les Alliés. Les F-16 ont ainsi largué 133 bombes laser GBU 10-12, 151 bombes Gps GBU-38, 11 bombes Laser GBU-2, 147 bombes GBU-31 v1 et 31 bombes GPS GBU-31 v3.

La prise en charge du coût de ces 473 bombes à guidage de précision (laser ou GPS) est comprise dans ces chiffres selon un responsable de la défense qui s’est cependant refusé à en communiquer le coût. Selon les estimations de B2, il faut compter, au bas mot, 7 millions d’euros, selon le type de bombe et de guidage.

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Le rôle de l’OP4 dans l’opération libyenne

(BRUXELLES2 au siège de l’OTAN) L’OP4, ce n’est pas une nouvelle loge italienne, ni un nouveau code d’une opération. C’est tout simplement le groupe des huit pays — Belgique, Canada, Danemark, France, Italie, Norvège, Royaume-Uni, Etats-Unis — qui ont mené les frappes sur la Libye. Un nom hérité tout simplement du paragraphe (OP4) de la résolution 1973  des Nations Unis. Et un point souvent peu expliqué dans la façon dont les opérations ont été menées sur la Libye à l’Alliance. En se réunissant plusieurs fois par semaines, ce sous groupe du NAC (NB : emmené par les Britanniques et les Français) permettait de préparer les Conseils, « en ménageant les sensibilités variées des 28 », explique un officier à B2, mais surtout en constituant la masse critique indispensable pour obtenir l’effet d’entrainement nécessaire et des décisions. Et apparemment, cela n’a pas été sans difficultés, car certaines divergences étaient bien réelles autour de la table, notamment entre Européens et Américains que cela soit sur les outils – l’emploi des hélicoptères, le soutien naval de bombardement (NGS) – ; la tactique — « surge » contre « sustain » — la communication stratégique. Malgré tout ce dispositif pourrait devenir un modèle pour les opérations futures de l’Alliance, permettant de combiner souplesse d’utilisation et cohésion de l’Alliance. Un modèle d’autant plus nécessaire que les Etats-Unis se désengagent du sol européen.

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L’UE exige que les responsables de torture en Libye soient poursuivis

(B2) Il a fallu plusieurs jours pour que l’Union européenne réagisse aux accusations de violation des droits humains faites notamment par Médecins sans frontières à Misrata en Libye (leur communiqué du 26 janvier). Elle l’a fait hier (31 janvier) par la voie de la Haute représentante de l’UE – plutôt que par un communiqué des 27, ce qui aurait été plus fort, mais semble-t-il impossible à atteindre. Quelques mots, quelques phrases qui balancent entre préoccupation — « L’UE est vivement préoccupée par les informations selon lesquelles des détenus seraient torturés et maltraités à Misrata »… — et satisfaction de voir les autorités libyennes prendre en compte les demandes européennes — « Je me félicite que les autorités libyennes aient annoncé aujourd’hui l’adoption de mesures destinées à régler bon nombre des problèmes qui se posent dans ce contexte », explique Catherine Ashton, dans le texte diffusé à la presse. « J’ai la conviction que le gouvernement libyen appliquera rapidement ces mesures afin de garantir la protection de ce groupe très vulnérable de personnes. L’UE est disposée à prêter assistance aux autorités libyennes pour soutenir leurs efforts visant à faire respecter les droits de l’homme, les valeurs démocratiques et l’État de droit ». La demande européenne peut être résumée en trois points : (1) « Il est essentiel que les droits de toutes les personnes détenues en Libye soient pleinement respectés conformément aux normes internationales » ; (2) « que les autorités accélèrent le processus visant à placer sous leur contrôle l’ensemble des lieux de détention » ; (3) « que les allégations de violations des droits des détenus fassent l’objet d’une enquête approfondie, impartiale et effective. Les personnes qui seraient responsables de violations devraient être traduites en justice. » 

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La position de la Russie sur la Syrie, l’Iran et le printemps arabe

La position de la Russie sur la Syrie, l’Iran et le printemps arabe

(BRUXELLES2) La Russie paraît peu sensible, en ce moment, à certains arguments des Occidentaux sur la situation au Moyen-Orient. Et, apparemment, ce n’est pas près de changer, à écouter Dimitri Rogozine. Passé au gouvernement, comme vice-Premier ministre à l’industrie de défense, celui-ci avait tenu à faire ses adieux à la presse en tant qu’ambassadeur de l’OTAN, il y a quelques jours déjà. Une manière de redire sa position sur différents sujets. Avec un même leitmotiv : n’espérez pas de la Russie qu’elle se range, comme un petit toutou, à l’avis des Occidentaux systématiquement. Au contraire. La Russie a sa position qu’elle estime justifiée au regard du droit international. Sa lecture du printemps arabe, de ce qui passe en Syrie ou en Iran pourra apparaître peut-être cynique, impitoyable mais peut-être aussi réaliste après tout. Dans tous les cas, elle vaut un peu d’attention. Car la Russie ne paraît pas prête d’oublier la dérive libyenne de l’action menée par l’OTAN sous couvert de résolution internationale.

Des violations de droits de l’homme en Syrie ne légitiment pas l’intervention « Oui. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il y a des preuves de graves violations de Droits de l’homme en Syrie. » souligne Rogozine. « Mais cela ne donne pas le droit d’avoir à des actions sélectives, des actions isolées. Si quelque chose se passe avec des meurtres, des viols, des tortures…des atteintes des pressions physiques contre les gens, cela ne signifie pas que la Russie doive suivre la voie (de l’intervention) en Libye. Dans une guerre civile, il n’y a pas de loi, il y a des violations des droits de l’homme. Car c’est une guerre entre frères, c’est grave. »

Pas d’action en Syrie sans enquête sur ce qui s’est passé en Libye. « Il n’y a pas de doute que tout renforcement de l’action sans l’ONU doit s’accompagner d’une enquête en Libye. On ne peut pas aller plus loin sans cela. » a-t-il répété à plusieurs reprises.

L’action de l’OTAN en Libye a dépassé le cadre de la résolution de l’ONU.  « Vous ne pouvez pas prendre part dans un conflit civil. Il y a une obligation de respecter les résolutions du Conseil de sécurité. Au lieu de cela, on a vu les forces de l’OTAN prendre parti en faveur d’une partie. Quand on dit qu’il y a une « No fly zone », c’est qu’il n’y a aucun avion qui circule. Mais quand il y a des bombardements, une campagne aérienne … », ce n’est pas respecter la résolution de l’ONU, estime-t-il.

Le printemps arabe ? « Le printemps arabe n’a pas donné la démocratie. C’est le contre-pouvoir d’islamisme et fondamentalisme qui l’a emporté. Et rien d’autre. Le résultat des élections de l’Egypte ou de la Tunisie en est la directe conséquence. Et vous avez des membres d’Al Qaida, tout près, dans la cuisine de l’Europe, qui peuvent recruter et agir.  »

L’Iran notre voisin, toute atteinte menace notre sécurité. Rogozine commence par un petit rappel géographique « Pour les Américains, l’Iran, c’est loin, un voisin de l’autre côté du globe. Pour nous, lIran, c’est notre voisin. Il est tout proche du Caucase. » Et d’avertir : « Si les Américains entreprennent une action, cela menace directement notre sécurité. C’est de la responsabilité des Etats-Unis » d’éviter cela. De façon plus générale, la Russie souhaite avec les autres pays en responsabilité atomique, « une vaste politique pour examiner comment (tous) les pays développent une industrie nucléaire civile, et éviter leur utilisation à des fins militaires. Cela concerne tout le monde. Il faut plus de contrôle sur l’exportation des armements ». Mais contrebalance-t-il aussitôt « tout pays a le droit d’avoir ce qu’il désire pour avoir une situation confortable (sous entendu une énergie nucléaire), y compris l’Iran ». « La crise de l’Iran doit être résolue par tous conjointement », conclut-il, et non pas de façon multilatérale par quelques uns.

L’Europe ? Quant à l’Europe elle doit être elle-même. « L’Europe doit être guidée par ses intérêts. Non par d’autres (sous entendu américains). (…) L’OTAN n’est pas l’URSS si je ne fais pas d’erreur. » Une manière de souligner l’emprise trop américaine, à son goût, sur l’Alliance Atlantique.

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Une mission européenne en Libye : quand il neigera sur Tripoli ?

(BRUXELLES2) Après plusieurs missions d’évaluations, l’Union européenne attend de ses interlocuteurs libyens qu’ils formalisent les demandes d’assistance par exemple en matière de gestion des frontières ou de formation de la police. L’autre condition posée par les Européens est de disposer du rapport d’évaluation des Nations-Unies et de coordonner étroitement ses actions avec les partenaires internationaux. Les Européens devant alors s’occuper des « niches » restantes. Autant de conditions qui rendent difficiles, en l’état, d’aller davantage de l’avant pour mettre sur pied une mission PeSDC. Sauf surprise, au conseil des Affaires étrangères et de la Défense, il ne faudra donc pas attendre d’avancées de ce coté-là.

(Maj) Pour tenter de débloquer le sujet, les 27 ont convenu lors du Conseil des ministres du 1er décembre, de fixer une date - « début 2012 » – pour fixer les « options à une possible mission PSDC », qui seraient centrées sur « la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières », dans le plein « respect du principe d’appropriation par les Libyens et en coopération avec l’ONU ».

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A la chasse aux mines

(crédit : ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) La marine française a déployé un navire d’un nouveau type au large de la Libye. Le bâtiment base de plongeurs démineurs (BBPD) Achéron. Mission : évaluer les dégâts dans les différents libyens, notamment la présence d’engins explosifs. Une nécessité après 7 mois de conflits. Les plongeurs démineurs vont ainsi « pouvoir conduire des neutralisations d’engins explosifs en cas de nécessité » précise-t-on du côté de la marine. Une mission qui « se déroule en étroite coordination avec les autorités et la marine libyenne, en particulier avec les plongeurs démineurs libyens ». Les ports de Tripoli, Al Khoms et Misratah ont déjà été reconnus. Et les plongeurs de l’Achéron ont travaillé sur 6 épaves de bâtiments de guerre libyens et détruit plusieurs munitions qui présentaient un danger imminent. A Misratah, les plongeurs démineurs ont notamment neutralisé une mine marine que les forces du colonel Kadhafi avaient mouillée en avril dernier.

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Action de déminage en Libye

(BRUXELLES2) 500.000 euros ont été débloqués par la Commission européenne pour aider au déminage des munitions non explosées et engins explosifs improvisés. Ils seront donnés au groupe de déminage de Danish Refugee Council. Plusieurs équipes devraient être déployées rapidement – « dans les jours qui viennent » -  dans les régions de Syrte et Bani Walid qui ont fait l’objet de combats récemment.

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Cathy à Tripoli pour ouvrir la délégation de l’UE

(BRUXELLES2) Chut, c’est un secret… de Polichinelle. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, sera à Tripoli samedi (12 novembre). Quelques heures avant la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 (lundi 14 novembre), elle inaugurera notamment la délégation de l’Union européenne dans la capitale libyenne. Un acte hautement symbolique qui signifie pour l’UE le début d’un processus de normalisation après la mort du Colonel Kadhafi et l’arrivée d’un nouveau gouvernement. La délégation devrait être dirigée par James Moran, directeur pour l’Asie au service diplomatique européen (SEAE).

L’ouverture d’une délégation en Libye – la 136e – était prévue sur le planning de la Commission européenne dès 2010. Mais elle avait dû être reportée du fait du conflit civil. L’Union européenne avait ouvert, très vite, du côté des insurgés, à Benghazi, un office de liaison technique. Ce qui était une première, l’UE n’ayant jamais officialisé aussi haut des contacts avec un organisme en lutte contre le pouvoir légitimement reconnu.Plusieurs missions « exploratoires » se sont également rendus en Libye durant le récent conflit à la fois pour évaluer la situation humanitaire et sécuritaire, et aussi entretenir des contacts politiques tant avec les représentants de la Libye nouvelle qu’avec l’ancien pouvoir de Kadhafi.

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La fin sans gloire d’une opération

(BRUXELLES2) L’opération EUFOR Libya prendra fin jeudi (10 novembre). Suivant la proposition du commandant d’opération, les ambassadeurs du COPS ont agréé cette date qui signe la fin d’une « non-opération ». EUFOR Libya n’a jamais été déployée, sauf en théorie, par la mise en place d’un quartier opérationnel de commandement (OHQ) à Rome et la planification de possibles, éventuels, potentiels, déploiements, en soutien à une mission humanitaire de l’UE. Au final, les humanitaires se sont débrouillé autrement. Et cette opération a sombré corps et bien.

Quelques leçons à en tirer

Cette mise en place signe la démonstration, par l’absurde, de la situation dans laquelle est aujourd’hui la politique européenne de défense. La combinaison des faiblesses ne conduit pas à une grande ambition, au contraire. Seule une volonté politique, un peu audacieuse, qui se dégage des « petites ambitions » de chaque capitale peut servir l’Europe.

Pour mettre en place une planification opérationnelle, on en est en fait réduit à monter en puissance un quartier général dans une capitale ; quitte à ce que cette opération ne voit pas le jour. Avec un quartier général opérationnel au sein du service diplomatique, on aurait évité ce qui apparait aujourd’hui comme une capitulation en rase-campagne du rôle de force de l’Union européenne…, sans doute économisé quelques forces, et finalement bénéficié d’un retour d’expérience non négligeable. Car la planification d’une opération, même non lancée, peut bénéficier à la suivante.

Il faudra sans doute éviter à l’avenir de lier une opération militaire de soutien à la décision d’un bureau de l’ONU qui ne dépende pas du département des opérations de maintien de la paix. Les objectifs et les moyens sont différents. Et normalement l’Union européenne a les moyens politiques et juridiques de lancer, de manière autonome, une opération elle-même qui réponde aux objectifs d’une résolution des Nations-Unies, sans nécessiter un accord de plus.

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Libye : on rentre !

(crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Les 4 Mirage 2000N suivis des 3 Mirage 2000D basés à La Sude en Grèce ont rejoint le sol français aujourd’hui (26 octobre), annonce l’Etat-Major des armées françaises. Ils y étaient depuis le 6 mai pour les premiers, le 19 avril pour les seconds.

Redéploiement rapide

Décidé à la mort du colonel Kadhafi et la reprise de Syrte par les forces du gouvernement provisoire du CNT, le « redéploiement » est engagé depuis plusieurs jours déjà et se déroule de façon rapide.

Cela a commencé par les moyens maritimes. La TF 473 qui comprend l’état-major embarqué sur le BPC Tonnerre (qui avait relayé en septembre son sistership le BPC Mistral), le groupe aéromobile (hélicoptères Puma, Tigre et Gazelle) et le plot RESCO (reconnaissance), deux frégates (la frégate anti-sous-marine Montcalm et la frégate de défense aérienne Chevalier Paul) , un bâtiment de soutien et un sous-marin nucléaire d’attaque ont quitté la zone d’opérations le 22 octobre pour rallier Toulon où elle restent en « alerte ». Quelques moyens aériens ont suivi. 2 Mirage 2000D et les 4 Mirage F1 CR sont ainsi rentrés le 24 octobre.

Le détachement chasse de La Sude en Grèce compte encore 3 Mirage 2000D, précise-t-on à l’Etat-major des armées. A Sigonella, il reste 5 Rafale et un drone Harfang. Tandis que les avions de ravitaillement (C135F) et de reconnaissance (E3F) restent mobilisés mais à partir de France. Un batiment (l‘aviso Commandant Birot) demeure engagé au sein de la force navale de l’OTAN. Mais plus pour longtemps. Car l’heure est au repli général.

Mission accomplie

« C’est fini. Nous avons atteint nos objectifs » a estimé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur France-Inter aujourd’hui La fin des opérations a été fixée au 31 octobre par l’OTAN. Mais la réunion des ambassadeurs prévue aujourd’hui pour formaliser cette décision a dû être reportée à vendredi. Le CNT libyen souhaite en effet que l’OTAN prolonge sa mission. Ce qui n’est pas tout à fait le sentiment de plusieurs alliés. Alain Juppé l’a confirmé lors d’un point de presse. « La Libye est désormais libérée et nous nous en félicitons. L’opération militaire proprement dite touche à sa fin. Une phase de transition s’ouvre pendant laquelle nous allons nous concerter au sein des Nations unies ainsi qu’avec nos partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne et avec nos interlocuteurs du CNT, afin de répondre de manière appropriée à la demande de ces derniers. » La dernière idée soutenue est que le Qatar prenne la tête d’une coalition de bonnes volontés pour prendre le relais de l’OTAN sur place.

Un dispositif en alerte

En attendant, une partie du dispositif rentré en France reste cependant en alerte « au cas où » : la TF 473, avec son état-major, le BPC, le groupe aéromobile, un plot RESCO, deux frégates et un bâtiment de soutien ; deux détachement de Mirage (l’un de 2000D et l’autre de 2000N) ; et un Atlantique 2.

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