Iran Irak

La mesure de rétorsion de l’Iran: un avertissement sans frais

(B2) La décision iranienne de stopper ses exportations de pétrole vers deux pays de l’Union européenne – Royaume-Uni et France – annoncée dimanche (19 février) par le porte-parole du ministère iranien du pétrole – ressemble plutôt à un coup d’épée dans l’eau. Le Royaume-Uni avait déjà cessé toute importation de brut iranien. Et, pour la France, ce pays ne représentait qu’une part limitée des importations (2,80% dans les premiers mois de 2011). Après les sanctions décidées par l’Union européenne, le 23 janvier, « les sociétés françaises ont déjà cessé leurs achats de pétrole iranien » a confirmé le quai d’Orsay, hier. L’Iran qui avait menacé de prendre, dès le lendemain, des mesures de rétorsion contre ses partenaires européens a donc gradué sa réplique au minimal, de façon à ne pas toucher ses partenaires essentiels (Grèce, Italie…) mais aussi son industrie pétrolière qui aurait sans doute des difficultés à trouver preneur sur le marché mondial immédiatement. Il s’agit donc là d’un avertissement sans frais.

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La mission Eujust Lex déployée dans tout l’Irak. Mais toujours pas d’accord Soma

(BRUXELLES2) La mission de formation judiciaire de l’UE « EUJUST Lex » est désormais déployée dans tout l’Irak. Mais les Européens n’ont toujours pas réussi à signer un accord général fixant le statut de la mission (SOMA) avec le gouvernement. « Cet accord sur l’immunité n’a pas été approuvé actuellement », a confirmé Hans-Jörg Haber, le commandant civil des opérations de l’UE lors d’une séance au Parlement européen à la sous-commission Défense jeudi dernier (9 février), expliquant que « Les Irakiens sont  tiennent à marquer leur souveraineté » comme ils l’ont fait avec la mission de l’OTAN en refusant de signer un accord SOMA. Mais, contrairement à l’OTAN, l’Union européenne n’a pas retiré sa mission. Au contraire, elle poursuit ses missions de formation ainsi que l’a expliqué Laszlo Huszar, le nouveau chef de mission aux eurodéputés.

La mission continue sans accord

Si les responsables de l’administration semblent enclins à conforter la présence européenne, il faut néanmoins en passer par l’accord des députés. Et ceux-ci sont « méfiants » par rapport à tout ce qui peut représenter une « Capitulation », héritage de l’empire ottoman, comme l’a expliqué à B2 un diplomate européen. Résultat, cela traîne. Coté européen, on avoue n’avoir aucune « date de prévue pour signer cet accord ». En attendant, c’est la débrouille. « Chacun fonctionne avec un passeport diplomatique national ou un passeport de service ». EUJUST Lex étant une mission non exécutive, c’est possible de fonctionner pendant quelques semaines sans Soma. Mais cela laisse un vide juridique en cas de problème. Et avoir un tel accord a des conséquences pratiques. « Cela facilite la vie, par exemple pour le passage de la zone verte vers le reste du pays, par exemple. Cela évite des complications et perdre du temps au point de passage notamment ».

Une Europe pas encore très visible mais mieux perçue que les Américains

Interrogé par les eurodéputés sur la perception par le peuple irakien, Haber a aussi expliqué que « nous devons rester modestes. C’est encore trop tôt pour parler d’une visibilité ». Ajoutant « Quand de vos chars blindés ou jeeps blindés vous faites une incursion hors zone verte, vous n’êtes pas perçus spécifiquement. Cela fait 8 ans que des les Irakiens, voient des gens derrière leurs vitres blindés. Nous ne sommes pas visibles en tant qu’Européens mais visibles en tant que visiteurs étrangers. » Ce qui semble sûr en revanche c’est que les Européens sont mieux perçus que d’autres. « Les fonctionnaires irakiens sont plus réceptifs (à la présence européenne). Nous sommes perçus différemment des Américains. » « Ce n’est pas de l’américanisme, mais simplement parce que (ceux-ci) sont là depuis trop longtemps. » tient cependant à préciser H. Haber qui n’a pas oublié les bases de son métier de diplomate… Les Européens ont cependant un « gros avantage » sur les Américains, précise-t-il, « nous sommes meilleurs pour entraîner la police spécialisée, sur les questions financières par exemple ».

Assurer le lien avec le judiciaire

C’est une des question qui « taraude » les Européens dans cette mission : « comment assurer le lien avec le judiciaire ». « Il faut améliorer l’interface entre forces ordre et magistrature, conscientiser la police sur place au besoin de laisser les juges faire le travail un moment donné. Et cela est particulièrement difficile. (…) Si on ne passe pas la main aux juges à un moment donné, la force est trop présente. Et c’est un défaut visible. » Une tâche donc nécessaire mais où les Européens, eux-mêmes, sont à la peine… faute de personnel. « Malheureusement, cela coûte très cher aux Etats membres de détacher sur place des magistrats de haut niveau qui pourraient assurer ce travail. (Ils) ne peuvent pas se défaire de personnel suffisant pour assurer la formation. » Quant à parler d’une stratégie de sortie, il est vraiment trop tôt, étant donné la courte existence de cette mission. Ce n’est très récemment que la décision de la déployer effectivement sur le terrain a été prise. Auparavant, la formation des policiers ou des juges était effectuée « off shore ».

La mission EUJust Lex est un des missions « discrètes » de l’Union européenne. Dirigée par le Hongroies Laszlo Huszar, elle a pour objectif de développer la justice pénale dans le cadre de l’Etat de droit. Elle emploie une cinquantaine de personnes et dispose d’un budget de 27,2 millions d’euros (de juillet 2011 à juin 2012). Elle est établie à Bagdad avec un bureau à Erbil (Kurdistan) et à Basra (sud de l’Irak).

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Les Pays-Bas prêts à aider les Américains à garder le détroit d’Ormuz ouvert

(B2) Le ministre de la Défense néerlandais, Hans Hillen, l’a confirmé au détour d’un couloir à Münich, « les Pays-Bas sont prêts, sur le principe, à aider les Etats-Unis en cas de blocus iranien du détroit d’Ormuz. » « Quand j’étais le mois dernier à Washington, les Américains m’ont interrogé pour savoir si nous serions prêts avec nos chasseurs à aider à maintenir ouvert le détroit d’Ormuz », raconte-t-il à nos confrères du NRC Handelsblad,. « J’ai dit oui en fait. Mais, en moi-même, je me grattais la tête tout de suite, parce que nous avons seulement six dragueurs de mines. Lorsque j’ai pris mes fonctions en tant que ministre, nous avons eu dix. Dans le cadre des réductions de la défense, quatre navires seront hors service. »

NB : l’art du politique étant de tout prévoir, les Américains ont commencé à consulter les différents alliés de façon concrète sur l’apport qu’ils pourraient apporter à une opération menée, en coalition, dans le Golfe. Mission à haut risque vu la présence iranienne, mais mission stratégique, car il s’agit de garder le robinet de pétrole du Golfe ouvert. La démonstration de force des six navires, américains essentiellement, aidé d’un Britannique et d’un Français, il y a quelques jours (lire : Le La Motte-Piquet dans le détroit d’Ormuz avec une task force américaine) n’était donc pas aussi fortuite que l’Etat-Major des armées a bien voulu l’affirmer.

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L’Iran veut prendre à revers l’UE. Un embargo réciproque ?

(B2) L’Iran devrait répliquer à l’Union européenne. L’ambassadeur danois à Téhéran – qui représente l’UE – avait été convoqué mardi au ministère des Affaires étrangères iranien.  « Il existe des forces qui au sein de l’UE cherchent à créer des tensions dans les relations avec la République Islamique d’Iran en suivant la politique américaine et adoptant une approche hostile» a expliqué le vice-ministre des Affaires étrangères Ali Asqar Khaji, selon l’agence de presse iranienne, Irna. L’Iran évoque aussi des mesures de rétorsion pour prendre à son propre piège l’Europe.

Embargo sur le pétrole

Le Parlement iranien compte débattre, dès ce dimanche, d’un projet de loi visant à interdire immédiatement toute exportation de pétrole vers l’Europe. Ce qui pourrait prendre de court les pays qui dépendent du pétrole iranien – notamment la Grèce, l’Italie et l’Espagne – et qui ont négocié avec leurs collègues européens un délai jusqu’au 1er juillet pour appliquer les contrats existants et trouver des alternatives.

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Iran : des sanctions très progressives sur le pétrole

(BRUXELLES2, analyse) La décision prise par les 27 hier (lundi 23 janvier) d’imposer un embargo pétrolier contre l’Iran doit être analysée au plus près. Pour être exact, il ne s’agit pas d’un embargo – comme on le mentionne souvent par commodité (y compris sur ce blog, -:)). L’embargo (contre les exportations pétrolières de l’Iran) est un acte de force et doit être autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ici, il s’agit d’une cessation des importations de pétrole iranien vers l’Union européenne, acte volontaire et décision autonome des Européens. Si cet exemple est suivi par d’autres, cela renforcera l’effet des sanctions. Mais il n’est nullement impératif pour les autres pays dans le monde.

Cette mesure entrera en vigueur de façon progressive au niveau de l’Union européenne. Les contrats existants peuvent être exécutés jusqu’au 1er juillet. Seuls les nouveaux contrats pour le pétrole, les produits pétroliers, et les produits pétrochimiques sont interdits. Mais toutes les dispositions pour appliquer cette mesure ne sont pas encore prises.

Zone grise pour l’application des mesures « pétrole »

Ainsi que l’a confié à B2, nous sommes actuellement dans une « zone grise » sur ces mesures « pétrole ». Si la décision des 27 a été publiée ce matin (24 janvier) au Journal officiel de l’Union européenne, il manque en effet  – au plan juridique – un élément essentiel au dispositif des sanctions : le règlement (*). Celui-ci doit encore être rédigé.

La différence entre ces deux textes est organique – l’un est rédigé par le service européen d’action extérieure pour le compte des 27, l’autre est rédigé par la Commission européenne. Mais elle réside surtout dans l’effet : la décision lie les Etats, n’a effet juridique que pour eux et ne lie pas (théoriquement) les entreprises et particuliers ; le règlement – qui exécute cette décision – a effet juridique pour tous. On a ainsi, peu ou prou, la même différence qu’il y a en France entre une loi et son décret ou arrêté.

C’est quand le règlement sera publié au JO (il faudra plusieurs jours, voire semaines), que la décision sera ainsi pleinement applicable pour les entreprises. En même temps, il serait très risqué aujourd’hui à une entreprise de conclure un nouveau contrat. Même s’il pourrait être juridiquement valable. Le transfert des fonds nécessaire à l’exécution de ce contrat – sauf s’il est d’un faible montant – nécessite en effet une autorisation qui a toutes les chances d’être refusée.

(*) Pour les sanctions pour la banque centrale ainsi que les listes noires, les textes sont parus (voir Le problème grec réglé, l’UE adopte les sanctions contre l’Iran)

L’effet des sanctions reste à mesurer

Quel est l’effet de ces sanctions peut-on se dire ? Il n’est pas radical. Ce n’est pas l’imposition de ces sanctions qui va faire faire changer d’avis tout de suite l’Iran sur la conduite de son programme nucléaire. Mais il peut sérieusement le retarder, à défaut de le compromettre totalement. Enfin, il peut inciter le pouvoir à revenir à la table de négociation, de façon plus ouverte. C’est le pari fait par les Européens.

Sera-t-il réussi ? Rien n’est moins sûr. On sait cependant que l’effet des sanctions sur un régime est lent. Et qu’il peut amener une radicalisation tout autant qu’un affaiblissement du pouvoir.

Que pouvait-on faire de plus ? Certains pays – la France particulièrement – militait pour des sanctions plus dures, une interdiction totale de tout commerce avec l’Iran. Ce qui avait le mérite de la simplicité, à la fois des mesures – le « commerce licite » demeure autorisé – et du message. C’est donc une option qui reste sur la table, pour « plus tard ».

Après cela ? Il ne restera plus que la force… Le déploiement de plusieurs navires de guerre à travers le détroit d’Ormuz pourrait laisser à penser que certains pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France) pourraient être prêts à cette hypothèse. Mais le blocage physique des exportations iraniennes de pétrole, par un arraisonnement des tankers, ne paraît possible qu’avec l’autorisation du Conseil de sécurité. Une hypothèse qui parait peu probable vu l’hostilité de la Chine et les réticences de la Russie…

Lire aussi :

Télécharger les textes : décision générale

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Le problème grec réglé, l’UE adopte les sanctions contre l’Iran (Maj)

(BRUXELLES2) Après une session des ambassadeurs des 27 (Coreper 2), lundi matin, destinée à régler les derniers points de divergence, les ministres ont approuvé ce matin (23 janvier) le dispositif de sanctions : 1. interdiction des importations de pétrole et de produits pétroliers, ainsi que des produits pétrochimiques (pour les nouveaux contrats, dès parution au Journal officiel ; pour les contrats existants à compter du 1er juillet) ; 2. gel des avoirs de la Banque centrale iranienne et d’autres institutions financières iraniennes ; 3. interdiction du commerce de l’or, des métaux précieux et des diamants avec les organes du pouvoir iranien ; 4. l’ajout de quelques noms à la « blacklist » de l’UE. (*)

Afin de pallier à la situation particulière de la Grèce – qui dépend pour partie de l’Iran pour son approvisionnement énergétique (la république Islamique lui octroie un crédit de 60 jours pour payer, appréciable !), une déclaration Commission/UE a été adopté indiquant que cette situation spécifique seront revues d’ici le conseil des Ministres des Affaires étrangères d’avril. Reste à savoir si ces sanctions seront suivies, comme c’est de coutume par les pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne, ou du voisinage. La position prise par la Turquie, notamment, sera regardée avec attention.

Application des mesures

(Maj.) Les mesures contre la Banque centrale iranienne et la banque Tejarat, dont les fonds sont gelés ainsi que certains mouvements de fond, sont applicables depuis le 24 janvier. Seul, en fait, le « commerce légitime » mais sous des « conditions strictes » pourra ainsi perdurer entre les pays membres de l’Union européenne et l’Iran. Pour la banque Tejarat, les transactions dûment autorisées par un Etat membre et effectuées en vertu d’un « contrat commercial spécifique » (= licite) bénéficient d’un délai de deux mois. A la différence des mesures « pétrole », le règlement fixant les conditions d’application de ces mesures est publié.

3 noms ajoutés sur les listes et 9 entités

(Maj.) De même, l’ajout de plusieurs noms sur la liste noire est d’application immédiate, le règlement étant également paru le 24 janvier. Sont concernés trois membres des Gardiens de la révolution (le commandant en second des Gardiens, le commandant de la force aérienne et le représentant du chef suprême) ainsi que neuf entités. Six entités sont concernées au tire du programme nucléaire ou de missiles ballistiques : les deux banques (banque centrale iranienne et Tejarat) déjà citées ci-dessus, une société écran utilisée par les gardes de la révolution (Tidewater), une société écran de Iran Aircraft Indus­tries (IACI) utilisée « aux fins d’activités clandes­tines en matière d’achat » nucléaire (Turbine Engineering Manufacturing (TEM), deux sociétés écran impliquées dans des « transferts d’armes illicites » à bord du MV Monchgorsk vers le Hamas (Sad Export Import Company, Rosmachin). Trois entités sont aussi mentionnées : une société impliquée dans « des transferts d’armements à destination de la Syrie » en violation d’une résolution de 2007 (Behnam Sahriyari Trading Company) et deux filiales de compagnies maritimes figurant déjà sur la liste noire (BIIS Maritime Limited, Darya Delalan Sefid Khazar Shipping Company).

Télécharger :

(*) Cet article a été séparé par commodité de son article d’origine sur la présence du La Motte-Piquet dans le détroit d’Ormuz. Il a été mis à jour avec les textes publiés au Journal officiel JOUE, le 24 janvier, en donnant différents détails sur les personnes concernées et l’application des mesures bancaires.

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Le La Motte-Piquet dans le détroit d’Ormuz avec une task force américaine

Le La Motte-Piquet dans le détroit d’Ormuz avec une task force américaine

(crédit : Lamotte Piquet / SIRPA Marine)

(BRUXELLES2) Alors que les Européens ont approuvé des sanctions financières et pétrolières contre l’Iran (lire : La Banque centrale iranienne dans le viseur des 27), une flotille composée de six navires de guerre, américains, britannique et … français, est entrée dans le Détroit d’Ormuz dans la nuit de dimanche (22 janvier).

Au centre du dispositif, le porte-avions USS Abraham Lincoln, capable d’embarquer jusqu’à 90 avions, accompagné du croiseur lance-missiles USS Cape Saint George, et de deux autres destroyers US. La frégate de Type 23 de la Royal Navy, HMS Argyll, les a rejoint, ainsi qu’un navire français, le La Motte-Piquet, selon nos informations. Objectif de ce déploiement : s’assurer que le détroit reste ouvert à la circulation internationale mai aussi d’adresser un signe clair à l’Iran. Les responsables militaires tentent d’atténuer cet effet. Ainsi le groupe est entré, de nuit, dans le détroit, et de façon discrète.

Laisser ouvert la circulation

La frégate anti-sous-marine qui est partie pour une mission de 4 mois dans l’Océan Indien et le Golfe, dans le cadre de la lutte anti-piraterie (Eunavfor Atalanta) et contre le terrorisme (Enduring Freedom) ne participe cependant pas à la task-force américaine ou un quelconque déploiement a tenu à préciser à B2 le porte-parole des armées françaises (DICOD). Pour le colonel Thierry Burkhard, en effet, le « Lamotte-Piquet a transité dans un cadre assez habituel dans cette zone arabo-persique. Et, il s’est naturellement coordonné avec les marines alliées, comme il le fait dans d’autres zones » . Une coordination nécessaire : la configuration des lieux et le déploiement dans une « bulle de sécurité » du groupe porte-avions oblige à une telle coordination. « Il ne faut pas y voir un signe ou une volonté de démontrer la force ». Le Lamotte-Piquet est présent « depuis 3-4 semaines, dans le cadre de la présence française dans la zone arabo-persique » a-t-il précisé. Une fois le détroit franchi, il « reprend sa mission (nationale). Même tonalité prudente à Londres où un porte-parole de la marine britannique assure que la Navy « a une constante présence dans la région, ce qui est une contribution à la sécurité dans la région ».

Double approche des Européens : sanctions et dialogue

Coté Affaires étrangères, le ton est un peu plus rude cependant. Toute tentative de l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz est  « illégale » et est condamné « à l’échec » a rappelé William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères à son arrivée à Bruxelles, avant le Conseil des ministres. Un propos qu’a tenu à nuancer sa compatriote, Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, qui a insisté sur la « double approche » de l’Union européenne : sanctions mais aussi dialogue. « La pression des sanctions est conçue pour faire en sorte que l’Iran prenne au sérieux notre proposition de se rencontrer et de négocier. Tout ce que j’ai dit ces dernières semaines témoigne de l’importance que nous attachons à ce qu’ils reviennent de revenir à la table des négociations et de discuter des questions que nous avons posé  à Istanbul il y a un an, voire mettre en avant leurs propres propositions. » L’Iran ne doit pas rater cette opportunité a-t-elle souligné. « pas seulement pour parler, mais pour régler les problèmes concrets. (…), une réunion est une opportunité et j’espère qu’ils vont la saisir. »

Sur les sanctions, lire également: Le problème grec réglé, l’UE adopte les sanctions contre l’Iran

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La Banque centrale iranienne dans le viseur des 27 (Maj2)

La Banque centrale iranienne dans le viseur des 27 (Maj2)

(BRUXELLES, exclusif) Les ambassadeurs de l’Union européenne se réunissent à nouveau – pour la dernière fois ? – avec le dossier des « sanctions iraniennes » sur leur table. Le mot sanctions doit, en effet, être indiqué avec un « S », au pluriel. Car il ne s’agit pas uniquement de mettre en place un embargo pétrolier – dont on a beaucoup parlé – mais aussi de sanctions financières. En visant la Banque centrale iranienne, les 27 frappent au coeur du régime islamique pouvant limiter ainsi sa capacité d’agir au niveau international, notamment sur les places financières pour l’achat de devises. Ces sanctions pourraient aggraver encore la chute du Rial iranien qui atteint sur le marché noir 18.000 rials pour 1 $, selon les agences.

Les 27 avaient déjà convenu le principe de ces sanctions en décembre dernier. Mais il reste encore quelques points en discussion, comme l’a confirmé un diplomate à B2 ce matin, même si les discussions ont bien avancées et les points de vues se sont rapprochés. Le compromis paraît donc à portée de main. L’objectif des diplomates européens est ainsi d’arriver à un accord total, ou quasi-total, avant la réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi 23 janvier.

Embargo pétrolier : une question de dates

Si l’embargo pétrolier paraît acquis pour le futur ainsi que les contrats en cours, c’est la date d’application de cette dernière qui suscite encore des discussions. La proposition évoquait la date du 1er juillet – date également retenue par les Américains – pour l’application aux contrats en cours. Mais cette date paraît trop proche pour plusieurs Etats qui dépendent du pétrole iranien. Et il n’y a « pas encore de consensus » explique à B2 un expert du dossier. La date de révision de la décision, un point plus technique mais tout aussi crucial, est aussi en discussion. La proposition évoquait la date du 1er mai, prévue pour évaluer si les pays dépendant du pétrole iranien avaient trouvé des alternatives ou si l’Iran avait fait des progrès…

Précisons que le pétrole n’est pas seulement concerné par cette décision mais également les produits pétrochimiques. En revanche, le gaz n’est pas concerné. Les exportations d’équipements ou les investissements dans les installations pétrolières ou gazières font déjà l’objet d’interdictions.

Le siège de la Banque centrale iranienne à Téhéran (crédit : Banque centrale)

Frapper au coeur de l’Etat iranien : les transactions de la Banque centrale

Les 27 veulent aussi frapper la Banque centrale iranienne en permettant le gel de ses avoirs et en partie de ses activités. Le gel de ses avoirs dans les banques européennes parait acquis : il obligera la Banque centrale iranienne à trouver d’autres banquiers. En revanche, le gel total des transactions (le paiement à la Banque centrale, les échanges) – parait exclu. Il faut préserver les « contrats commerciaux » qui demeurent « légitimes » estiment la plupart des Etats membres. La France serait, apparemment, selon nos informations, le dernier Etat à défendre encore cette option. Les 27 devraient donc adopter plutôt un gel partiel des transactions, « autorisées au cas par cas » pour les activités qui ne sont pas interdites par ailleurs, donc à condition de ne pas contribuer directement ou indirectement au programme nucléaire. Il reste à fixer l’étendue de cette mesure, et la procédure à suivre.

(Mis à jour, vendredi 20 janv. matin) La discussion entre ambassadeurs jeudi soir a été courte selon nos informations. L’accord sur la Banque centrale iranienne semble acquis, ainsi que l’a confirmé un haut diplomate européen. Quant à l’embargo pétrolier, c’est un « peu plus compliqué » non pas au point de vue politique mais technique, sur l’application de la mesure. La question du sort des contrats existants reste en débat mais pour un seul pays : la Grèce. Le pays demande une exception afin que les contrats en cours puissent perdurer « jusqu’au 1er octobre ». « Il s’agit surtout de rassurer la Grèce et de trouver une solution pour son cas » a précisé à B2 un expert du dossier. En clair, « de trouver une compensation ». Ce qui « prend un peu de temps. Il faut donc trouver pour lundi une solution », signale un diplomate européen. Les ambassadeurs se revoient le matin juste avant la réunion des ministres des Affaires étrangères. Les ministres des Affaires étrangères auront ensuite une session restreinte sur ce point.

Lire aussi :

Documents : télécharger la note de presse « background » du Conseil de l’UE sur l’Iran

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L’Iran : combien de divisions ? en pétrole

(BRUXELLES2) A l’heure où s’échafaude un nouveau train de sanctions contre l’Iran, avec embargo pétrolier à la clé, il est intéressant de voir combien pèse l’Iran dans la balance pétrolière mondiale et surtout dans la balance européenne. Un pays qui pèse son poids au niveau mondial : 4e producteur mondial de pétrole (le 2e de l’OPEP) avec 4,2 millions de barils produits par jour en 2010 (soit 203 millions de tonnes et 5,2% de la production mondiale) et 4e pays en terme de réserves de pétrole. Un pays qui n’est pas non plus négligeable pour l’Union européenne.

Tiraillé entre la consommation interne

Environ 2/3 de cette production est exportée (2,6 millions de barils par jour), la plupart vers l’Asie et le Pacifique. Ce qui en fait le 3e exportateur mondial. Une position qui n’a pas été atteinte malgré la stagnation de la production et l’augmentation de la consommation interne. Ses principaux acheteurs sont la Chine, le Japon et l’Inde. L’Union européenne est acheteur pour un 1/4 des exportations de pétrole environ. Pour comparer, la Libye produit 1,7 millions de barils par jour (soit 2% de la production mondiale), 90% de cette production était exportée, principalement vers l’Europe.

Mais l’Iran reste très dépendant du raffinage. Il ne dispose pas de grandes capacités en la matière. Ou celle-ci n’est pas de qualité suffisante. Il a ainsi importé environ 78.000 barils/ jour de gasoil raffiné en 2010, soit à peu près 70% du total de ses importations.

Un fournisseur de l’Europe pas négligeable

L’Iran n’est pas le premier fournisseur pour l’Europe. Mais il n’est pas négligeable non plus, surtout pour certains pays. C’est le 5e fournisseur après la Russie, la Norvège, la Libye et l’Arabie Saoudite, selon les statistiques européennes. Certains pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne sont dépendants du pétrole iranien ainsi que le montre le tableau statistique ci-dessous établi à partir de données mensuelles pour 2010. Par rapport à ce tableau, les premières données pour 2011 montrent un certain affaissement des importations de pétrole. La part du pétrole iranien a baissé à 4,7% du total des importations européennes. Et il n’y a plus que 8 pays à importer du pétrole de la république islamique ; 3 pays (Autriche, Portugal, Royaume-Uni) n’y ont plus eu recours.

SourceURL:file:///Users/nicolas/Documents/00%20iWhite%20Docs/Stat%20P%8EtroleIran%40E1112

État membre

Quantité (1000 T)

Part dans l’importation totale de pétrole iranien de l’UE

Part dans l’importation de pétrole du pays

Italie

10 143

33,80%

13,1 %

Espagne

7 671

25,30%

14,6 %

Grèce

2 845

9,40%

14,0 %

Autriche

653 (*)

2,20%

9,7 %

Belgique

3 016

9,90%

9,0 %

Pays-Bas

2 233

7,40%

4,4 %

France

1 764

5,80%

2,8 %

Rép. Tchèque

161

0,50%

2,1 %

Allemagne

1 499

4,90%

1,6 %

Portugal

168 (*)

0,60%

1,5 %

Royaume-Uni

87  (*)

0,30%

0,2 %

(*) chute des importations à 0 dans les cinq premiers mois de 2011

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Sanctions contre l’Iran : 500 noms déjà sur liste noire

Sanctions contre l’Iran : 500 noms déjà sur liste noire

(BRUXELLES2) Depuis 2007, l’Union européenne a adopté plusieurs séries de décisions visant à sanctionner l’Iran, d’abord en application de résolutions de l’ONU, puis de façon autonome, liées à la prolifération nucléaire, à la situation des droits de l’homme, à la poursuite du terrorisme ou encore pour leur implication dans la répression en Syrie.  En tout, près de 500 noms figurent ainsi sur la liste noire de l’UE (environ 1/4 de personnes physiques, et 3/4 d’entités) avec gel des avoirs et interdiction de visas. Voici un état des lieux réalisé à partir de données produites par le Service européen d’action extérieure, ainsi que par mes sources propres.

 

Mesures liées à la Non prolifération nucléaire Personnes concernées Références
Application des résolutions de l’ONU Gel des avoirs et interdiction de visas41 Personnes et 75 entités concernées  Résolutions ONU- 1737 (2006) ;- 1747 (2007) ;

- 1803 (2008) ;

- 1929 (2010)

Mesures autonomes de l’UE 35 personnes et 215 entités (y compris filiales) concernées22 personnes et 158 entités ont été ajoutées par la décision de décembre - Décision du 26 juillet 2010+ décision du 25 octobre 2010 ;+ décision du 23 mai 2011 ;

+ décision du 1er décembre 2011

Mesures liées à la situation des  Droits de l’homme Références
Application des résolutions de l’ONU (pas d’application)
Mesures autonomes de l’UE Gel des avoirs et interdiction de visas:61 personnes et 0 entités Décision du 12 Avril 11 + décision du 10 octobre 2011.
Autres
Mesures autonomes de l’UE 5 Iraniens associés aux gardes révolutionnaires sont listés dans une décision autonome de l’UE sanctionnant le régime pour terrorisme à la suite d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis.2 responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique; ainsi que le Corps lui-même le sont au titre de la répression de Syrie (décision du 23 août 2011). Décision du 21 octobre 2011Décision du 23 août 2011

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Iran : Pas d’option militaire en discussion du coté européen

(BRUXELLES2 à Copenhague) Planchant devant des journalistes européens à Copenhague, le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Soevndal, n’a pas caché sa « préoccupation » face au nucléaire iranien car il y a un risque d’un dérapage dans toute la région. Mais il a aussi exclu toute option militaire, comptant sur l’augmentation de la pression sur l’Iran pour reprendre les négociations.

L’option militaire contre-productive

« Nous ne travaillons pas sur l’option d’une intervention militaire » a expliqué Villy Soevndal. « Nous travaillons pour des sanctions plus fortes, si fortes que cela incite l’Iran à retourner à la table de négociation. Si vous travaillez sur des options militaires, vous fermez toutes les autres possibilités. » Les ministres des 27 se retrouvent, le 23 janvier, pour accentuer les sanctions sur l’Iran notamment en mettant en place un embargo pétrolier mais aussi des sanctions financières, contre le secteur bancaire.

Le danger d’un dérapage nucléaire

« Le gouvernement iranien doit évoluer sur des négociations sur son programme nucléaire, ouvrir ses sites à des inspections. » a-t-il précisé. « Le danger est que si l’Iran a l’arme, les autres pays de la région le voudront. Nous devons soutenir le projet d’un Moyen Orient dénucléarisé (sans armes nucléaires). »

Des remplaçants à l’Iran

La crainte que ces sanctions conduisent à un renchérissement des coûts du pétrole peut fortement être atténuée selon le Ministre danois par l’augmentation de la capacité pétrolière d’autres pays. Les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit) auraient « intérêt à augmenter leur production » a-t-il expliqué. Et « la Libye également pourrait être une source alternative complémentaire », a-t-il expliqué, le pays ayant commencé à rouvrir ses exploitations.

Dans cette situation a expliqué un haut diplomate danois à quelques journalistes (dont B2), « il y a deux possibilités : soit il y a une pression sur les prix du pétrole, et on pourrait alors facilement obtenir des sommets avec un prix à 200$ par baril ; soit les pays arabes compensent ». Apparemment, c’est cette seconde voie qui est non seulement recherchée mais possible. Ce qui n’est pas sans arrières-pensées. Ces pays (Arabie saoudite…) ont ainsi l’opportunité de « remplacer l’Iran comme fournisseur européen, de prendre des parts de marché ».

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Ouvrir une délégation à Téhéran serait certainement utile

(BRUXELLES2) Le fait de ne pas avoir de délégation européenne en Iran est un handicap a reconnu aujourd’hui, un haut responsable du service diplomatique (SEAE), devant quelques journalistes. Avec l’Iran, si on veut une bonne réaction, il faut avoir une stratégie à long terme mais aussi « pouvoir l’alimenter quotidiennement » a-t-il expliqué. Pour cela, « c’est toujours intéressant d’avoir une délégation sur place. Une ambassade permet d’avoir des informations directes. » Encore pour cela faut-il avoir une volonté politique et… des moyens. Or, ceux-ci sont, pour l’instant, limités. Le SEAE ne peut ouvrir vraiment de nouvelles délégations sans redéploiement d’autres postes. Une présence sur place sera d’autant plus utile, que « la lecture du pouvoir à Téhéran est extrêmement complexe. Entre les conservateurs, préconservateurs, modérés, radicaux…. si quelqu’un est capable de me dire ce qui se passe à l’intérieur de l’Iran, je lui offre un déjeuner » a-t-il conclu, avec un sourire.

A noter qu’en 2012, c’est toujours la présidence tournante – à savoir l’ambassadeur danois puis le chypriote – qui assurera dans le pays, la représentation de l’UE sur place.

Commentaire : même si ouvrir une délégation en Iran paraît difficile et complexe aujourd’hui pour l’UE, politiquement, au moment même où elle prépare de nouvelles sanctions, cette présence directe paraît d’autant plus nécessaire que les relations peuvent être parfois tendues. L’Iran est un acteur incontournable sur plusieurs sujets clés, non seulement au niveau de la prolifération nucléaire mais aussi pour l’Afghanistan, la Syrie, la situation interne en Irak, et le bassin arabique.

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Un cadeau de Noël iranien pour l’Arménie. Au programme la coopération énergétique

(BRUXELLES2) Alors que les Européens envisagent de renforcer les sanctions contre l’Iran, notamment sur le plan énergétique, à l’autre bout du continent, l’Arménie envisage plutôt le contraire.

Une série d’accords avec le soutien de l’Iran

Ainsi que le rapporte l’agence de presse nationale ARKA, les deux présidents, Sargsyan et Ahmadinejad ont décidé aujourd’hui (24 décembre) de renforcer leur coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie et de développer les flux commerciaux. D’ores et déjà ils ont décidé mettre en place un programme de construction d’un oléoduc, d’une voie de chemin de mer et d’une usine hydroélectrique située sur l’Arax en 2012. Des projets réalisés avec le soutien financier de l’Iran. Plusieurs autres accord intergouvernementaux ont été signés à cette occasion notamment en matière sociale, de protection de la nature.

Aux deux rateliers

On peut souligner que, parallèlement, l’Union européenne a décidé engagé pour la période 2011-2013 un effort supplémentaire en faveur des pays du voisinage notamment de l’Arménie, à hauteur de 157 millions d’euros selon des sources au Service diplomatique européen. Ce qui constitue  un doublement de la somme mise à disposition si on le compare avec les 98 millions d’euros disponibles pour la période précédente 2007-2010 (soit environ 50 millions d’euros par an sur 3 ans, d’un coté ; contre 25 millions d’euros par an, sur 4 ans, de l’autre). Le 20 décembre dernier, les 27 ont accepté d’ouvrir officiellement des négociations avec l’Arménie pour un accord de simplification des visas ; et le début des négociations d’un accord de libre-échange est toujours espéré rapidement à Erevan, qui joue aisément sur les deux tableaux : UE et Iran.

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