Balkans Bosnie Kosovo

Un boss de la mafia balkanique arrêté

(BRUXELLES2) L’unité d’enquête pour le crime organisé d’EULEX au Kosovo a arrêté mardi (7 mai), le trafiquant Naser Kelmendi à Pristina (Kosovo). Cette arrestation a eu lieu sur la base d’un mandat d’arrêt émis par le procureur spécial EULEX et en se fondant sur une enquête du Bureau pour les enquêtes spéciales de la mission européenne. L’opération « a été conduite en coordination avec les procureurs locaux », précise-t-on à Eulex.

Naser Kelmendi est accusé de crime organisé et notamment de trafic de drogue. Il avait été arrêté dimanche (5 mai) avant d’être relâché puis de nouveau arrêté, moins de 48 heures après (mardi 7 mai). Il est considéré comme l’un des « boss » de la mafia locale et était notamment inscrit sur la liste des criminels internationaux les plus dangereux selon les États-Unis depuis 2012.

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Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Le général Shireff lors du VIP Day organisé au camp Butmir à Sarajevo avec les autorités bosniennes (Crédit : Eufor Althea)

(BRUXELLES2, exclusif) Le General Sir Richard Shirreff, commandant adjoint des forces alliées en Europe (OTAN) et également commandant des opérations d’Althea, semble avoir déparé. Apparemment décidé coute que coute à préserver un avenir d’une opération, condamnée à la fermeture. Il entend ainsi développer une nouvelle fonction de gestion des surplus d’armement et de munitions (Lire aussi : La mission Eufor Althea se cherche un nouveau débouché). Quitte à prendre quelques aises avec les procédures habituelles.

De nombreux Etats membres – on le sait – sont partisans d’une fermeture à terme de cette mission EUFOR qui, au plan militaire, n’a plus de nécessité. Mais cela n’a, selon nos informations, pas empêché le DSaceur de chercher à contourner cette opposition en obtenant, sur place, auprès de la “communauté internationale” présente sur place un assentiment. Un terme assez vague qui regroupe des ambassadeurs de plusieurs pays et des représentants d’organisations internationales comme l’OSCE et le PNUD.

Une quinzaine d’Etats membres ont clairement exprimé une position négative vis-à-vis de cette tentative de contournement de l’instance politique – le COPS – qui a normalement compétence pour orienter et définir les missions de gestion de crise. Le DSaceur n’en a apparemment pas tenu plus compte que son premier galon… Il a donné instruction à son commandant de force, le général autrichien Didier Heidecker, de faire une présentation “officielle” aux acteurs locaux le 11 avril dernier. Une protestation des ambassadeurs allemand et français en poste à Sarajevo n’y a rien fait.

L’affaire s’est envenimée quelques jours plus tard, quand un conseiller politique (POLAD) de nationalité française, s’est vu refusé l’accès au camp Butmir, le siège de EUFOR Althea. Le comportement du commandant d’opérations a donc fait monter la moutarde à plus d’un représentant militaire à Bruxelles. Et l’affaire prend un tour d’incident diplomatique rarissime dans les annales européennes…

COMMENTAIRE

On ne sait pas encore la décision que pourra prendre la Haute représentante de l’UE, qui a la responsabilité politique des opérations militaires. Dans un Etat membre, cette attitude d’insubordination a un nom… Et un tel comportement ne peut normalement être laissé sans sanction. Sanction qui devra être aussi diplomatique que possible, pour éviter tout froissement de susceptibilités, mais effective pour éviter que l’autorité, désormais amoindrie, du commandant d’opérations ne rejaillisse sur toute l’opération. Ses décisions pourraient, en effet, être infirmées.

Une faute grave

Dans l’Union européenne, le mandat d’une opération militaire – comme civile – est défini de façon assez étroite et soumis à un contrôle politique tant du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère que des ambassadeurs des Etats membres réunis au sein du COPS. Si une certaine appréciation de la conduite des opérations est laissée au commandant d’opération, celle-ci ne peut aller cependant jusqu’à réécrire le mandat et s’adjoindre des tâches qui ne sont pas prévues par celui-ci. Il est ainsi plutôt anormal qu’un commandant d’opérations prenne les marques internationales d’un mandat qui n’a pas reçu un aval – au moins tacite – de ses mandants. Ce contrôle politique, parfois précis, distingue d’ailleurs les opérations de l’UE de celles de l’OTAN, où le “Saceur” dispose parfois d’une plus large autonomie opérationnelle (ne serait-ce que par le fait qu’il obéit à deux lignes de commandement différentes, celle de l’OTAN et celle du Pentagone). Apparemment, le général britannique Schirref n’a pas vraiment compris qu’il se situait dans un autre cadre, ne travaillait ni pour le bd Leopold (comme DSaceur) ni pour Londres mais qu’il était sous l’autorité hiérarchique des “27″ (le Danemark ne participe pas aux opérations militaires) et du Rond Point Schuman. Et que la Bosnie-Herzégovine des années 2013 n’était pas l’Irak ou l’Irlande du nord des années 1990 !

L’avenir de la Bosnie-Herzégovine

Le commandant d’une opération en Bosnie doit avant tout être un “général diplomate” plutôt qu’un commandant au sens strict. L’adhésion effective de la Croatie le 1er juillet prochain, l’entrée de la Serbie dans le processus de négociation dans le même délai, sont des indicateurs précis, qu’une page de l’histoire se tourne dans ces régions. Donner à une force militaire multinationale dans un pays aussi proche que la Bosnie-Herzégovine – de nouvelles missions – pose d’ailleurs un problème général. Quel signe veut-on donner aux Bosniens ? à l’ensemble de la région ? Et au-delà, ne faudra-il pas demain déployer des forces multinationales pour désarmer la mafia en Sicile, les mouvements autonomistes en Corse, la corruption rampante en Bulgarie… la question mérite d’être posée. Et ce n’est sûrement pas à un général d’y répondre tout seul…

Un dispositif suranné

Plus généralement, cet “incident” pose le problème de l’avenir du dispositif “Berlin Plus” qui consiste à s’en remettre aux structures de l’OTAN pour des opérations européennes. Cette “dépendance” était nécessaire dans le début des années 2000. Car l’UE n’avait pas alors vraiment de structure et d’expérience de gestion de crises. Ce lien était même recherché. Car, dans les Balkans, il était impératif d’éviter toute divergence entre les deux organisations. Elle était, également, facilitée par la personnalité du Haut représentant de l’UE d’alors, J. Solana, qui avait été secrétaire général de l’OTAN et disposait au sein de celle-ci d’une certaine autorité morale. Aujourd’hui, presque dix ans après le transfert d’autorité de la SFOR (Otan) à EUFOR (UE), elle ne se justifie plus. Exactement pour les mêmes raisons ! L’UE a acquis une certaine expérience, une autonomie certaine et dispose désormais d’une structure adéquate de gestion des crises. Elle agit dans les Balkans en premier rang avec un dispositif puissant puisqu’il repose sur un bras politique (le processus d’adhésion à l’UE) et un bras financier (les programmes communautaires et de préadhésion), le dispositif militaire de stabilisation devenant ainsi de plus en plus accessoire et modique au fur et à mesure que les pays issus de l’ex-Yougoslavie entrent dans ce processus d’intégration.

Simplification nécessaire

Enfin, elle dispose d’une palette de commandants d’opération, expérimentés et diplomates, qui suffisent. L’expérience acquise incite ainsi à opter pour un dispositif simplifié de commandement. Pour une mission de taille réduite – comme l’est la mission EUFOR Althea aujourd’hui (moins de 600 hommes) – et dont le champ de la mission est bien circonscrit, à la fois géographiquement et fonctionnellement (soutien et formation à l’armée bosnienne), il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir deux généraux au commandement : un pour l’opération et un pour la force. Un seul suffit ! L’exemple des missions EUTM Somalia ou EUTM Mali qui n’ont qu’un commandant de mission qui rapporte directement devant le comité militaire plaide en faveur de cette simplification. Rationaliser la chaîne de commandement éviterait ainsi des complications non nécessaires.

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Un pas pour le Kosovo et pour la Serbie vers l’UE

Kosovo (crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) Après l’accord Belgrade-Pristina, la Commission européenne a recommandé aux ministres des Affaires européennes ce lundi (22 avril) à Luxembourg deux mesures : l’ouverture des négociations d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne – ce qui est le premier pas vers l’adhésion et devrait être approuvé par le Conseil européen en juin – et de négociations d’un accord de stabilisation et d’association (ASA *) avec le Kosovo permettant une plus forte coopération notamment sur les relations économiques et commerciales, sur la justice et les affaires intérieures (télécharger le Rapport de progrès sur le Kosovo). Le Kosovo s’est vu aussi ouvrir la participation à 22 programmes de l’Union européenne dont Galileo, le GMES et SESAR. Un memorandum d’accord doit encore être signé par les deux parties prochainement (télécharger la Proposition de la Commission).

Balkans occidentaux : success story

En octobre 2012, l’étude de faisabilité de la Commission sur le Kosovo avait été positif avec une condition : le bon déroulement des négociations avec la Serbie. Cet accord devra néanmoins respecter les différentes positions des Etats membres quant au statut du Kosovo. C’est pourquoi il est précisé que la signature de ce type d’accord ne constitue pas une reconnaissance du Kosovo comme Etat, ni par l’UE ni par les Etats membres.

(*) Un tel accord a déjà été établi avec l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, l’ex République Yougoslave de Macédoine, la Serbie et le Monténégro.

(avec Marine Formentini)

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Belgrade et Pristina scellent leur accord sur le nord du Kosovo

Belgrade et Pristina scellent leur accord sur le nord du Kosovo

Le Protocole d’Accord Belgrade-Pristina sur le nord du Kosovo paraphé (Crédit : B2 / EBS)

(BRUXELLES2) Le moment est “historique”. Ce mot est si souvent galvaudé qu’on n’ose l’utiliser. Mais c’est la réalité. Et pour le service diplomatique européen, sa chef, Catherine Ashton, et l’Union européenne, c’est incontestablement un succès. Belgrade et Pristina ont décidé de mettre fin à la guerre des mots et des pouvoirs, voire plus, qui les opposait depuis 2008 et la déclaration d’indépendance de l’ancienne province serbe, voire depuis 1999 où, sous protection de l’OTAN, le Kosovo avait obtenu une autonomie de fait de la Serbie.

Tout cela sous l’égide de négociations menées sous l’égide de Bruxelles, avec la complicité active de certaines capitales, notamment de Berlin ; en posant à l’été 2011, un réel ultimatum à Belgrade – avant toute décision sur le processus d’adhésion de la Serbie, celle-ci « doit démanteler les structures parallèles dans le nord du Kosovo » – la chancelière Angela Merkel a assurément mis la pression.

Si cet accord est respecté, c’est ainsi un des derniers points noirs de l’Europe – après le nord de l’Irlande et le pays basque – qui devrait être pacifié. Il restera encore la Transnistrie, l’Ossétie-Abkhazie et le Nagorno Karabakh. Mais cela est un peu plus loin…

Un conflit qui n’a pas été que verbal

Plusieurs personnes y ont perdu la vie. Citons (récemment) : un habitant albanais tué par un engin explosif en avril 2012 ; un Serbe pris à partie en novembre 2011 (lire : Incident grave au nord Kosovo, 1 mort, 3 blessés, Eulex enquête) ; un policier kosovar en juillet 2011 lors de l’attaque des postes frontières (lire : Flambée au nord du Kosovo) ; un policier ukrainien de la MINUK mort en mars 2008 lors d’affrontements violents entre des manifestants serbes et les forces internationales où de nombreux soldats de la KFOR furent également blessés (lire : 3 nouvelles condamnations au Kosovo du nord)

Cette signature est un poids en moins pour les deux parties comme pour les Européens

La déclaration de Catherine Ashton, un peu avant 17h, venue devant les portes du Service diplomatique européen (il n’y a pas de perron) annoncer que les négociations entre Belgrade et sont bel et bien « conclues » est donc un soulagement pour tout le monde. Le nord du Kosovo, peuplé en majorité de Serbes, restait en effet une épine dans le pied à la fois pour Pristina – qui ne pouvait assurer son autorité dans le nord – que de Belgrade – qui se voyait empêché de commencer sa route d’adhésion vers l’Union européenne – comme des Européens et de l’OTAN – qui devaient maintenir sur un petit territoire de km2 une présence militaire et policière importante face à une situation instable qui pouvait dégénérer à tout moment. Et lundi, les ministres des Affaires européennes des 27 pourraient ainsi donner leur feu vert de principe à l’entrée de la Serbie dans le processus d’adhésion à l’Union européenne.

Tout n’est cependant pas encore réglé

Il va falloir que chacun des Premiers ministres concernés aille soutenir devant ses supporters et son opinion publique qu’il n’a rien cédé et que l’accord est bon pour leur peuple. Certains détails doivent encore être précisés. Il faudra voir aussi comment le nord du Kosovo réagit à cet accord. De façon formelle, Hashim Thaci et Ivica Dacic se sont d’ailleurs bien gardés de signer l’accord en commun. Ni même de le signer tout court. Il s’agit bien d’un “paraphe”, de la fin d’une négociation, et non d’une signature en bonne et due forme. C’est d’ailleurs de façon séparée que le Kosovar et le Serbe sont venus “parapher”, dans une salle séparée, avec C. Ashton, ce protocole d’accord qui existe en deux exemplaires. Mais qu’importe. Comme l’a rappelé la Haute représentante de l’UE, « le texte a été paraphé par les deux Premiers ministres. Je tiens à les féliciter pour leur détermination durant ces mois, et le courage qu’ils ont montré. C’est très important, un signe pour s’éloigner du passé et pour tous deux se rapprocher étroitement de l’Europe ».

Les différentes dispositions de l’accord ainsi que le déplacement à l’OTAN sont détaillées pour les abonnés du Club de B2.

Lire aussi :

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Kosovo/Serbie: 12 heures de dialogue pour rien? (maj)

(crédit: EULEX Kosovo)

(BRUXELLES2) « Le fossé entre les deux parties est très étroit, mais profond ». Voilà ce qui ressort des douze heures de négociations conduites par la Haute représentante de l’UE Catherine Ashton, entre le chef du gouvernement serbe Ivica Dacic et le premier ministre kosovar Hashim Thaci. Cette huitième réunion « du dialogue pour la normalisation des relations entre Pristina (Kosovo) et Belgrade » et devait être la dernière du cycle. Mais la conclusion attendue n’a pas eu lieu…

Un accord qui se fait attendre

Comme l’a rappelé le chef du gouvernement serbe, à l’issue de la réunion, « Nous ne sommes pas parvenus à un accord ce soir » mais « nous avons encore du temps pour trouver une solution » Aucun accord n’a donc été conclu comme l’espérait la Haute représentante, Catherine Ashton. Mais « un certain nombre de propositions ont été mises sur la table » ; les responsables « vont maintenant rentrer dans leurs capitales et consulter leurs collègues et me feront savoir leurs décisions dans les jours à venir ».

Quelles divergences profondes?

Le point de blocage concerne la partie nord du Kosovo. Ce territoire, peuplé majoritairement de serbes, reste encore très autonome par rapport au pouvoir de Pristina (majorité albanaise) 5 ans après l’indépendance. Les autorités serbes demandent une plus grande autonomie de la région nord et la mise en place d’une « association » des municipalités qui disposeraient d’un pouvoir exécutif en matière de justice, de police et de sécurité. Ce qui pose par extension le devenir de la mission Eulex dans cette partie du pays. Les autorités du Kosovo craignent que cette autonomie glisse, à terme, vers une sécession de la partie nord. Elles demandent l’affirmation de l’autorité formelle de Pristina par la Serbie. La mise en place de cet accord est nécessaire aussi pour la Serbie car elle lui permettrait d’avancer vers l’ouverture de négociations d’adhésion.

(maj) Selon un diplomate proche des négociations, le point de blocage ne serait pas tellement autour de la création de l’association des municipalités. Le débat serait rude entre les deux parties à propos des pouvoirs (police, justice) qui seraient délivrés aux communes. En décembre 2012, le Conseil demandait la mise en place “d’une seule configuration institutionnelle et administrative fonctionnelle” dans le Nord du Kosovo afin d’éviter une superposition des prérogatives.

Un rapport sur ce dialogue devrait être remis au conseil des ministres des Affaires étrangères le 22 avril.

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3 nouvelles condamnations au Kosovo du nord

(crédits: EULEX Kosovo)

(BRUXELLES2) Un panel de 3 juges européens de la mission EULEX du tribunal de Mitrovica, dans le Nord du Kosovo. a condamné 3 personnes accusées d’avoir attaqué les locaux de la cour le 17 mars dernier.

Marijan Ilincic, Zoran Cavic et Dragan Milojevic ont été condamnés à des peines allant de 9 à 32 mois de prison. Trois autres accusés, Miodrag Ralic, Avni Krasniqi et Nebojsa Jovic ont été acquittés. Les évènements jugés remontent à mars 2008, lorsqu’une foule importante avait attaqué le tribunal du nord du Mitrovica, causant la mort d’un officier de police ukrainien de la Minuk (la mission internationale des nations-unies).

Ces nouvelles condamnations s’inscrivent dans l’effort « pour instaurer une véritable justice » dans une région qui reste encore très indépendante par rapport à Pristina dans un moment où les deux capitales – Belgrade et Pristina – peaufinent un accord visant à donner davantage d’autonomie de façon statutaire à cette région.

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La mission Eufor Althea se cherche un nouveau débouché

(crédit : Eufor Althea)

(BRUXELLES2) Eh oui ! Près de 20 ans après la signature des accords de Dayton, il y a toujours une présence militaire européenne en Bosnie-Herzégovine : la mission EUFOR Althea. A peine 600 hommes qui restent au camp Butmir, pour une utilité on ne peut plus limitée. Si ! Tout de même. Cela permet aux différents ministres de passer rendre visite à leurs troupes. C’est pas loin, pratique et pas dangereux (sauf accident de la route). Ils organisent aussi régulièrement des tournois de foot, notamment la “Eufor Cup“. Très utile sans doute. Mais pas vraiment à la hauteur ni d’un engagement militaire, ni de l’argent dépensé pour cela : 12,5 millions d’euros de coûts communs par an tout de même ! Soit le même montant qu’EUTM Mali ou EUTM Somalie et 50% de plus qu’Eunavfor Atalanta qui ont un tout autre fondement et une toute autre résonance…

Une nouvelle fonction : la récupération des armes en surplus

Histoire de justifier une présence, une nouvelle idée a été présentée par le chef de l’opération, le DSaceur de l’OTAN (*), Sir Richard Shirreff, au dernier Comité politique et de Sécurité (COPS) : développer au sein d’EUFOR Althea une nouvelle compétence et confier aux militaires du camp Butmir, une fonction de recherche et de récupération des munitions et des armes en surplus se trouvant dans le pays, afin de pourvoir à leur élimination. Un papier qui suscite quelque scepticisme. On le comprend…

Une mission qui n’a plus de motivation sauf quelques intérêts nationaux

La mission Eufor Althea aurait dû fermer déjà depuis il y a quelques années. Les rapports qui se succèdent sur la Bosnie-Herzégovine le disent sur tous les tons. Il reste, dans le pays, des tensions politiques, sociales, économiques, et même ethniques. Mais rien qui justifie plus qu’ailleurs une présence militaire étrangère permanente. Surtout à l’heure où les pays de la région s’intègrent peu à peu dans le panorama européen. La Croatie intègre le 1er juillet l’Union européenne – un pays avec lequel la Bosnie-Herzégovine a un peu plus de 900 km de frontières communes ! Les deux autres pays frontaliers sont sur la voie : le Monténégro est candidat à l’adhésion et le prochain sur la liste des pays à entrer dans l’UE (avec l’Islande éventuellement) tandis que la Serbie cherche à apaiser ses différents avec le Kosovo pour pouvoir, à son tour, prendre la marche de l’intégration européenne. Le danger vient davantage aujourd’hui de la crise financière et bancaire que d’un danger militaire.

Seulement certains Etats ne tiennent pas à cette fermeture : le Royaume-Uni notamment — pour qui c’est la dernière opération de type Berlin Plus — et les pays d’Europe centrale (Autriche, Roumanie, Slovaquie…) comme la Turquie — qui estiment que tout risque n’est pas vraiment écarté, et surtout qui entendent maintenir leur présence dans ce qui a constitué longtemps leur pré carré.

Commentaire : quel gaspillage

il y a aujourd’hui des enjeux de sécurité autrement plus prégnants et importants que la Bosnie-Herzégovine. Entretenir une force de 600 hommes, et des coûts communs conséquents, à l’heure des restrictions budgétaires, est une gabegie dont l’Europe n’a plus les moyens. Quand on connait les difficultés qu’il a fallu pour réunir les effectifs nécessaires pour assurer la “force protection” au Mali (il manquait 60 hommes !), on est dans l’inconséquence qui frôle l’irresponsabilité. A l’heure où l’on parle de réviser les missions européennes, de tirer le meilleur rapport qualité/cout des forces payées par l’Union européenne, ce gaspillage de moyens humains et financiers est totalement inexplicable et injustifiable…

Il est temps aujourd’hui de tirer les conséquences de certaines évolutions géopolitiques et de l’état des forces européennes. La mission EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine doit fermer. Une force de réserve maintenue à proximité (au cas où) — pourquoi pas au sein de Eulex au Kosovo ou dans les casernes en Autriche, en Croatie ou en Slovénie — peut suffire à répondre rapidement en cas de dégradation de la situation. S’il y a nécessité de récupérer les armes, c’est une action d’abord de l’Etat bosniaque aidé le cas échéant d’experts de forces de police, de douanes ou de justice – qui peuvent venir épauler la délégation de l’UE à Sarajevo – qui peuvent suffire.

(*) La mission EUFOR Althea est une mission “ancien modèle” sous Berlin Plus où l’UE bénéficie du “soutien” des structures de l’OTAN. C’est le commandant suprême adjoint des opérations en Europe qui en est le chef des opérations.

Lire :

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Une femme numéro 2 à Eulex Kosovo (Maj)

J. Vachter à son bureau à Pristina(BRUXELLES2) C’est une femme – une fois n’est pas coutume – qui a été nommée numéro 2 dans l’importante mission européenne “Etat de droit” (EULEX) déployée au Kosovo (environ 2200 personnels expatriés et locaux), ainsi que les lecteurs du Club le savent déjà.

Joëlle Vachter est colonelle de la Gendarmerie et a pris ses fonctions lundi (4 mars) comme adjointe auprès du chef de mission d’EULEX, l’Allemand Bernd Borchardt. Elle était en charge récemment de la sécurité des ambassades françaises au ministère des Affaires étrangères (2003-2006) avant d’aller au Royaume-Uni dans le cadre de la préparation des jeux olympiques de Londres 2012.

Saint-Cyrienne, elle est également diplômée en Droit et Administration publique de l’université Paris I Panthéon Sorbonne. Après six ans comme militaire, elle intègre la gendarmerie française où elle a servi durant 20 années. C’est une collectionneuse de Camel. Elle en a 260 sortes…

Sa première mission opérationnelle à l’étranger est en Albanie dans le cadre des MAPE (Multinational Advisory Police Element) de l’UEO (l’Union pour l’Europe occidentale). Ce qui est, en quelque sorte, la première mission de gestion de crise de l’Union européenne. Elle a ensuite travaillé trois ans au DPKO, le département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, comme officier d’Etat-Major, responsable du déploiement des SPU (Stability Police Unit) au Kosovo et dans l’Est Timor (1999-2002). Elle a été au Kosovo au sein de la Kfor comme chef du bataillon du maintien de l’ordre. Et en poste en Côte d’Ivoire, où elle dirigeait le dispositif de gendarmerie déployée au sein de la Force Licorne. Elle a également été en poste en Allemagne.

Commentaire : les femmes sont portions congrues à la tête des missions européennes de gestion de crises. A ma connaissance, J. Varcher sera donc la seule avec Sofie Mortier qui est chef de mission Adjoint de la mission EUPOL COPPS (mais celle-ci est de taille totalement différente). On pourra sans doute rétorquer que dans les Etats membres, « le nombre de femmes à des postes élevés est aussi rare ». C’est vrai mais cela évolue. On pourra sans doute expliquer que « la présence de femmes dans les missions à l’étranger sur des périodes longues (au moins 1 an) n’est pas évident ». Sans doute également. Il n’est cependant pas logique que dans la dizaine de missions européennes de gestion de crises, aucune femme ne soit à la tête d’une mission. Le 8 mars, date de la journée internationale des femmes, serait aussi l’occasion de le rappeler.

(Maj) Papier mis à jour avec la présence d’Eupol Copps.

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