L’accès au nord du Kosovo, un gros problème pour la mission EULEX
(BRUXELLES2) Que ce soit en matière de police, de justice ou de surveillance des frontières, la mise en place des barrages sur les routes au nord du Kosovo a considérablement gêné les activités de la mission européenne « Etat de droit » (Eulex) au nord du Kosovo et tout espoir de normalisation rapide. « Les barrages routiers érigés dans l’ensemble du nord du Kosovo depuis juillet 2011 continuent à empêcher les membres d’EULEX de se rendre par la route dans le nord du territoire, ce qui compromet la capacité de la Mission de faire appliquer la loi au nord de l’Ibër/Ibar » écrit Xavier Bout de Marnhac, le chef de la mission Eulex, dans un rapport remis au Secrétaire général de l’ONU fin janvier. Un constat également partagé par le chef de la MINUK et Ban Ki Moon lui-même dans son rapport au Conseil de sécurité.
Barrages sur les routes, frontières inutilisées et routes de contournement
A la fin de l’année 2010, « les Serbes du nord du Kosovo ont maintenu et renforcé les barrières qu’ils avaient disposées aux postes frontière 1 et 31, et mis en place de nouvelles barrières le long d’autres routes afin de protester contre la présence d’agents des douanes et de membres de la police des frontières du Kosovo ». Ils ont également « amélioré les routes de contournement qui sont de plus en plus fréquemment utilisées par les véhicules ». La KFOR en a fermé certaines et en surveille d’autres destinées aux véhicules de moins de 3,5 tonnes. Mais, « en raison de la nature montagneuse du terrain, elle n’est pas en mesure de surveiller toutes les routes et tous les points de passage non autorisés. »
Diminution des activités de police et de justice
Ces barrages ont un effet très concret sur les activités européennes de rétablissement de l’Etat de droit. « Les activités de supervision, d’encadrement et de conseil de la Mission (EULEX) à l’endroit de la police du Kosovo au nord de l’Ibër/Ibar ont notablement diminué, car la police d’EULEX n’a pas pu se rendre auprès de ses homologues locaux du fait des restrictions mises à sa liberté de mouvement. Cette diminution des relations entre EULEX et les responsables policiers du Kosovo compromet des relations professionnelles pourtant essentielles. »
Face à la « difficulté de se déplacer de la Mission dans le nord du Kosovo, il a fallu diminuer considérablement le nombre de procès se déroulant au tribunal de district de Mitrovica. La Mission a finalement épuisé toutes les possibilités d’acheminer le personnel judiciaire jusqu’au tribunal, ce qui a amené à retarder plusieurs procès inscrits au rôle. » Dans ces conditions, l’accès à la justice, dans le nord du Kosovo, est « pratiquement réduit à rien ».
Lire également :








