Haïti

Séisme à Haïti: Le navire de la marine néerlandaise Pelikaan, à quai

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(BRUXELLES2) Le navire de soutien de la marine néerlandaise, le HsMs Pelikaan, est maintenant à quai à Port-au-Prince. En fait, c’est le premier navire à accoster dans le port depuis le séisme qui a frappé Haïti.

Le séisme a dévasté la ville mais aussi touché de plein fouet le port qui était impraticable. Ce qui était un problème pour les opérations de secours. « Les navires sont nécessaires dans ce type de catastrophe pour acheminer l’aide humanitaire » explique un expert du dossier. Un avion ne peut en effet porter dans ses flancs que quelques dizaines tonnes de fret alors qu’un navire peut emporter plusieurs milliers de tonnes de marchandise (les Américains ont d’ailleurs mobilisé aussi leur marine marchande). (1)

Pour accoster les marins néerlandais ont d’ailleurs du sondé à plusieurs reprises le chenal et le dégager de tous les obstacles qui pouvaient menacer la sécurité des navires. Un travail réalisé grâce à la grue du Pelikaan. Et la marine néerlandaise a reçu mandat de l’Office de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) pour finir de dégager le port et permettre à d’autres navires d’accoster.

A signaler : un détachement de 45 Marines de la 32e compagnie d’infanterie de Marine d’Aruba, 6 militaires de la Milice d’Aruba et 2 gendarmes de la Maréchaussée, sont présents pour assurer la sécurité à la fois des marins mais aussi de l’équipe de secours et de recherche (USAR) déployée dans la ville.

(1) Pour donner un ordre d’idée, un seul navire bien chargé équivaut à tous les avions arrivés en un seul jour sur l’aéroport d’Haïti (qui a une capacité limitée: maximum 100 avions)

(crédit photo : marine néerlandaise)

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Séisme à Haïti: les défis logistiques mis en carte

(B2) Une intéressante carte vient d’être produite par l’office d’aide humanitaire de l’ONU décrivant les principaux défis auxquels doivent faire face les secours en Haïti et les réponses qui ont été (ou commencent à être) apportées. L’aéroport, petit a été endommagé par le séisme. Il est
repris en main par l’ONU et les Américains qui ont défini une politique de slots. Mais il reste une question d’entreposage. Le port de la capitale est hors service et sa remise en état prendra du temps, l’OCHA veut utiliser des ports alternatifs. Les routes sont encombrées et le risque d’insécurité y est présent, etc… A télécharger ici

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L’aide européenne à Haïti: les derniers chiffres

(BRUXELLES2) Depuis le début de la crise, la Commission européenne a fourni en aide d’urgence : 30 millions d’euros (Commission européenne) et les Etats membres ont contribué pour 92 millions d’euros. Répondant à l’appel d’urgence des Nations-Unies, l’UE a signalé sa volonté, lundi lors de la réunion spéciale des ministres des 27, de « continuer à fournir sa contribution face aux besoins émergents ». Concernant l’aide à la réhabilitation : l’UE verserait une aide préliminaire non-humanitaire de 107 millions d’euros (dont 20 millions proviennent de sommes réaffectées), ainsi qu’une aide à plus long terme de 200 millions qui sera précisée selon les fonds disponibles. « Ce point est à discuter avec le FED », a indiqué Karel de Gucht, le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, à l’issue du conseil. Soit au total de 229 millions d’€ déjà versés ou qui le seront rapidement, somme qui montera à 400 millions d’€ à terme.

 

Les zones touchées


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(1) Dont une partie avait déjà été programmée pour Haïti et a été reprogrammée.

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L’ONU demande l’aide logistique et militaire de l’Europe

(BRUXELLES2) Le comité de politique et de sécurité (COPS) de l’UE est réuni cet après-midi pour examiner la demande d’aide de l’ONU. Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU a en effet transmis oralement à la vice-première ministre espagnole, De La Vega, qui se trouvait à Port de Prince (Haïti) ce week-end des demandes de soutien sur 4 points.
• logistique navale – qui pourrait être réalisé par les Etats membres de l’UE présents à proximité (France avec Martinique-Guadeloupe, Espagne avec leur base « catastrophes » à Panama, Pays-Bas à partir de Curacao)
• protection et sécurisation : 140-150 gendarmes de la Force de gendarmerie européenne pourraient être envoyées. Mais ce pourrait être aussi une mission PESD ou une coalition de bonnes volontés. Cette fore pourrait partir rapidement « On attend la proposition formelle de l’ONU » m’a affirmé Miguel-Angel Moratinos, le ministre des Affaires étrangères espagnols.
• génie (ponts et chaussées) : une équipe espagnole est d’ores-et-déjà en alerte (m’a indiquée un diplomate espagnol).
• hélicoptères.

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Séisme à Haïti: le « surge » humanitaire américain


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(BRUXELLES2) Une fois n’est pas coutume. Je parlerai ici de forces américaines. Voici une liste reçue du Southern Command – qui est opérationnel pour Haïti – et résume l’effort militaire américain face au séisme qui touche l’Etat des CaraÏbes.

Les premiers arrivés ont été les gardes-côtes avec quatre navires et plusieurs avions – dont 7 C-130, 3 hélicoptères MH-60Jayhawk, 2
hélicoptères
MH-65 Dolphin et un Falcon HU-25.

Au 17 janvier, environ 5.000 militaires sont déjà arrivés, et 7.500 autres arriveront d’ici lundi (soit 12.500 hommes). 33 avions (dont un P3 orion pour la reconnaissance) et 30 hélicoptères sont déjà opérationnels, ainsi que 4 navires. Une dizaine d’autres doivent suivre.

Faut-il un autre commentaire ?

Forces déjà présentes à Haïti :
• 4 navires :
- frégate USS Underwood (FFG 36)
- destroyer USS Higgins (DDG 76)
- croiseur USS Normandy (CG 60)
- porte-avions USS Carl Vinson (CVN 70)
• Forces
- SOUTHCOM assessment /C2 team
- AF Special Ops personnel
- 4 U.S. Coast Guard cutters
- 700 hommes de la 82nd Airborne (en soutien à la Minustah)

Navires en route ou prêts au déploiement
- ravitailleur USNS Big Horn et bateau de sauvetage USNS Grasp (arrivée: dimanche 17)
- groupe amphibie : USS Bataan (LHD 5), USS Carter
Hall (LSD 50), USS Fort McHenry (LSD 43).
A bord, un corps expéditionnaire de 2.200 Marines avec 12 hélicoptères et poste médical avancé. (arrivée :
lundi 18)

- le croiseur USS Bunker Hill (CG 52). (arrivée : lundi 18)
- l’USS Gunston Hall
- le navire hopital USNS Comfort, avec une capacité de 1000 lits, des salles d’opérations, de radio, d’analyse médicale et 2 unités de production
d’oxygène (
arrivée: mercredi
20)

- navire océanographique USNS Henson (arrivée : mercredi 20)
- le cargo et roll-on/roll-off USNS 1ST LT Jack Lummus
- 2 USCG cutters
- 22nd MEU

Le brief du Lt- général Keen

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Séisme à Haïti. Retour des 1ères équipes de secours. Départ d’une équipe de sécurité (Maj)

Les 38 membres de équipes USAR (Urban Search and Rescue Team) belge et luxembourgeoise doivent rentrer ce soir par l’Airbus A330 de la défense belge (1). Selon les Nations-Unies, et les équipes elle-mêmes, vu les circonstances climatiques, il reste très très peu de chance de retrouver des survivants. « Les chances de réussite étaient devenues trop minces » explique la diplomatie belge.

La protection de l’hopital en question. Une partie de l’équipe B-Fast est restée sur place pour mettre en place l’hôpital de campagne. Celui-ci « est complètement opérationnel » assure-t-on coté belge. « Mais la sécurisation de cet hôpital n’est pas encore optimale ». Les diplomates ont demandé aux Nations-Unies d’assurer une protection, dans l’immédiat. Une équipe de sécurité belge devrait les relayer. « La Défense organise actuellement le départ urgent de cette équipe » assure-t-on du coté belge. 30 miliaires des forces spéciales et de protection VIP sont ainsi partis dimanche soir.

Commentaire. Certains estimaient que la présence d’un « battlegroup » européen n’était pas justifiée. La réalité sur le terrain et l’exemple américain, comme français (qui ont mis des équipes de gendarmes avec eux), et maintenant belge, montrerait plutôt le contraire. Dès lors on peut se poser une question : ce non-engagement n’est-il pas justifié plutôt pour des raisons plus internes aux Etats qui composent actuellement les battlegroups d’astreinte (raison politique ou tout simplement budgétaire) ? En tout cas, l’Europe de la Sécurité et de Défense a perdu là une sacrée occasion…

(1)22 de B-FAST et 16 pour le Luxembourg. L’avion ramène également 66 personnes rapatriées, essentiellement des Belges mais aussi quelques Européens et Africains (Français, Congolais, ).

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Quand la sécurité civile française devient un « partenaire » d’UsAid!

(BRUXELLES2) Une américaine, Sarla Chand, âgée de 66 ans, est tirée des décombres de l’Hotel Montana, le 14 janvier, par la sécurité civile française, sous les projecteurs des médias. L’interview a lieu sur « le brancard », micros et appareils photos tendus… Cette photo m’a été transmise par la marine américaine, avec cette légende : « Chand spend more than 50 hours in the debris before she was pulled to safety by relief workers from France who have partnered with U.S. Agency for International Development to support the massive relief efforts needed in the aftermath of Tuesday’s earthquake. » La sécurité civile devient ainsi un des partenaires d’Us Aid !

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Crédit photo : U.S. Navy photo by Petty Officer 1st Class Joshua Lee Kelsey


Une preuve de plus que si l’intervention « sécurité civile » des Etats a une visée certainement humanitaire, elle a aussi d’énormes arrières-pensées politiques (1). Outre des motivations très proprement internes à la politique américaine (faire oublier la faiblesse d’intervention lors du cyclone Katrina, donner un premier « vrai » succès international pour Obama), la massive intervention américaine est une manière, tout aussi stratégique, de marquer sa présence à Haïti, le seul Etat francophone des Caraïbes. Accessoirement, elle permet aussi à l’armée américaine de redorer son blason en faisant oublier les résultats très mitigés de l’intervention en Afghanistan. Mais voilà que ces satanés frenchies sont aussi de la partie. Car la France ne peut se désintéresser totalement de son ancienne colonie.


(1) Lire également :
La sécurité civile, la pièce manquante à l’UE – Puissance civile

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Séisme à Haïti: le rapatriement des Européens est entamé (maj N°2)


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(B2 / mis à jour dimanche 17 janvier, 20h) Le rapatriement des Européens est effectivement entamé.
C’est l’ambassade espagnole à Port au Prince (l’Espagne assure la présidence de l’UE) qui coordonne l’évacuation des Européens. Les Antilles françaises et néerlandaises servent en général de transit.

Au bilan : en plusieurs navettes, les Casa français ont ainsi déjà rapatrié (au 17 janvier) sur les Antilles : 371 personnes dont 44 blessés.

4 blessés ont été rapatriés sur l’aéroport d’Hato (Curacao, Antilles néerlandaises) par un avion d’Insel Air.

5 Néerlandais et 6 enfants adoptifs sont de retour à Eindhoven (Pays-Bas), le 17 janvier, par le KDC 10 des forces royales néerlandaises (photo: NL Luchtmacht).

L’Airbus de la défense belge a rapatrié à Bruxelles, le 17 janvier, 66 personnes (dont 40 Belges et 6 Européens).

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Séisme à Haïti: l’aide financière européenne = 42,5 millions €

(BRUXELLES2) Outre l’aide en secours (avions, équipes et matériel), les 27 pays de l’UE ont débloqué, globalement, un montant de 42,85 millions d’euros € (d’après un premier décompte). Nb : ceci concerne normalement l’aide publique (nationale) sans compter la contribution
publique locale et la mobilisation privée (entreprises et citoyens) qui est supérieure.

En détail:
- Union européenne : première aide d’urgence de 3 millions € (au titre de l’aide humanitaire versée à des ONGs), une aide plus importante pourrait être débloquée prochainement.
- Allemagne: 1,5 Millions €
- Autriche:
- Belgique :
- Chypre :
- Danemark :
- Espagne : 3 millions € (pour l’organisation panaméricaine de santé : 0,5 M pour la traumatologie, 0,5 M pour les médicaments, le reste pour des matériels de soins) lire
- Estonie : 60.000 €
- Finlande : 1,25 millions € (750.000 pour la croix-rouge finlandaise, 500.000 pour l’organisation de secours des églises, communiqué)
- France : 2 millions € (aide alimentaire pour le PAM – Programme alimentaire mondial),
- Grèce :
- Hongrie : …
- Irlande :
- Italie : 1 million € (répartis par moitié pour le PAM et Fédération de la croix-rouge).
- Lettonie :
- Lituanie :
10.000 €
- Malte :
- Pays-Bas : 6 millions €
- Pologne : 100.000 €
- Portugal : …
- République tchèque : 200.000 €
- Royaume-Uni: 6,87 millions € mais le Premier ministre a promis de donner l’équivalent de l’aide privée (environ 13 millions € selon la BBC)
- Slovaquie :
- Slovénie : 50.000 €
- Suède : 13,1 millions € (133 millions SEK)

Parmi les autres pays européens – candidats à l’adhésion ou membres de l’Espace économique européen, notons :
- Norvège : 1,3 millions
- Suisse : 2,7 millions
- Albanie : 50.000 €
- Croatie : 130.000 €
(1 million de kuna)
- Macédoine : 35.000 €
- Kosovo : 50.000 €

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Séisme à Haïti: l’aide européenne se coordonne (MAJ n°4)

(BRUXELLES2 / mis à jour samedi 16 janvier, 14h) Face au séisme (magnitude 7.0) qui a frappé Haïti mardi en fin d’après midi, la Commission européenne a déclenché ses deux instruments principaux d’aide : l’argent, les hommes et le matériel.

La coordination Des équipes de secours, de purification d’eau, des postes médicaux avancés et hôpitaux de campagne sont envoyées au titre de la sécurité civile. Un recensement détaillé a été réalisé par la cellule « Sécurité civile » de la Commission européenne, télécharger ici le dernier état à jour).

Une équipe de sept experts européens (6 des Etats membres – Français, Italien, Estonie, Britannique – et un officier de liaison de la  Commission) est partie, dans un avion de l’armée belge, afin de coordonner l’aide européenne, envoyée au titre de la sécurité civile.

Au bilan : un effort non négligeable mais dispersé

Globalement, selon mes compilations, l’effort (militaire et sécurité civile) des Etats membres de l’UE n’est pas négligeable. Malheureusement il est dispersé. Et ces données ne sont pas du tout compilées par l’UE. Ce qui laisse transparaître une impression de faiblesse. Surtout par rapport à l’effort américain intense et visible. Voici donc un aperçu globalisé de l’effort européen (UE + 27 Etats membres) :
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Le Batral François Garnier appareille des Antilles avec à son bord du matériel et des ambulances (crédit : Défense française / Dicod)

- 4 frégates : 2 française l’une partie des Antilles, l’autre de la cote africaine, 1 néerlandaise (partie de Curacao), 1 espagnole (en réserve en Amérique latine).
- 21 rotations d’avions pour amener de l’aide humanitaire et/ou des équipes de secours : 7 Espagnols (Boeing 707 militaire), 7 Français (Casa, Airbus A330, C-130 + 1 affrêté auprès d’une compagnie privée), 2 Italiens (C-130), 1 Polonais (avion présidentiel), 1 KDC-10 Néerlandais (sur Curacao), 1 Portugais (C-130), 1 Suédois (C-130), 1 Britannique (Boeing de British Airways) + 1 Islandais.

- 4 avions servent à l’évacuation des ressortissants européens : 1 Casa français, 1 Airbus Belge, 1 C-130 Portugais, 1 Islandais (*).

- Plus de 800 hommes (médecins, infirmiers, pompiers, sécurité civile, militaires, policiers) et au moins 40 chiens de recherche spécialement entraînés à la recherche en décombres.

Détail des équipes et moyens envoyées - état des lieux provisoire -

• La Belgique a envoyé, mercredi 13, son équipe B-Fast (intervention rapide en cas de catastrophe), composée d’une soixantaine de personnes = une équipe d’intervention médicale avec un hôpital de campagne (20 personnes), une équipe USAR (Urban Search and Rescue Team) de 33 personnes, avec quatre chiens pisteurs, une installation de purification de l’eau potable, avec deux accompagnateurs. Personnel est matériel seront transférés par un Airbus A330 de la Belgian Air Force.

• Le Luxembourg a envoyé une équipe de recherche des sections canines de la Croix- Rouge luxembourgeoise et de la Protection civile avec 7 chiens, du personnel et du matériel pour  localisation.

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L’équipe des sauveteurs luxembourgeois avant le départ (Ministère des Affaires étrangères LUX / Wort.lu)

• La France envoie près de 400 personnes personnes – dont 130 sauveteurs de la sécurité civile et des pompiers et 6 chiens spécialisés dans la recherche dans les décombres, médecins et 12 gendarmes. Un hôpital de campagne part jeudi avec l’Escrim (Elément de sécurité civile
rapide d’intervention médicale).


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Chargement d’un Casa en Martinique (crédit : Armée française / Dicod)

- L’aviation. Trois avions militaires de transport Casa sont partis, mercredi, de l’île de Martinique (avec 25 sapeurs-sauveteurs de la Sécurité civile, 18 gendarmes, 1 chien et plus de 3 tonnes de fret). Au voyage retour, ils rapatrient environ 91 Français qui étaient à Haïti. A cela s’ajoutent : un Airbus A310-300 militaire de l’escadron de transport Esterel (qui n’a pu atterrir à Haïti), et un avion de transport Hercules C-130.
- La marine envoie 2 batiments :
le Francis Garnier, depuis la Martinique, avec des moyens de terrassement et de déblaiement = 3 tractopelles et 2 mini pelleteuses, des véhicules de transport (camion de maintenance, 2 P4, un 4X4), une équipe médicale et une  ambulance, 700 tentes et du fret au profit de la Croix rouge, selon l’Etat-major des armées. Le BPC Sirocco qui part de la côte ouest-africaine, dispose de deux blocs chirurgicaux et 50 lits pour accueillir des blessés ainsi que 4 hélicoptères (2 Puma, 2 Gazelle).

L’Italie envoie un poste médical avancé (PMA) avec salle opératoire ainsi qu’une équipe de secours et de recherche urbaine (20 médecins, 2 pompiers, 12 équipe de coordination), projet dans le cadre d’un programme européen destiné à stimuler les capacités de protection civile. Ce serait la première fois que le « PISARTE » (équipe d’intervention d’urgence de Pise) serait déployé et les modules testés in situ. 2 avions sont mobilisés dont un C-130 des forces aériennes.

• L’Espagne a envoyé 7 avions chargés d’aide humanitaire et médicale vers Haïti. 2 à partir de Panama (où elle a un stock d’urgence), 3 à partir d’Espagne. Un sixième vol est parti avec une équipe de sauveteurs : 
une équipe de sauvetage de l’unité militaire d’urgence (composée de 40 membres) avec chiens de recherche et médecins part de la base de Torrejón de Ardoz (Madrid). L’UEM se compose de deux équipes de spécialistes en sauvetage formés, chacun d’eux, de neuf groupes de médecine militaire (avec un médecin, une infirmière et deux  ambulanciers), une équipe de radiodiffusion (un chef et cinq opérateurs transmissions) et une équipe logistique composés de quatre  membres. Le septième vol est à destination de Saint-Domingue, chargé fournitures médicales pour les hôpitaux et centres de santé (voisine d’Haïti, cet Etat subit en premier lieu le « rush » des Haïtiens blessés).

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Les hommes de l’UEM embarquent dans le Boeing des forces armées espagnoles (crédit : MDE)

• L’Allemagne envoie une équipe avec 4 experts et un module de purification d’eau (d’une capacité de 2 X 120.000 li / jour) (départ: 15 janvier).

• La Finlande envoie un camp de base léger (avec 4 hommes) et un module télécoms (avec 2 experts)

• L’Islande (*) a envoyé une équipe de secours de 37 personnes. Au retour l’avion a ramené des ressortissants européens (départ: 13 janvier).

• La Norvège (*) envoie un hôpital de campagne par l’intermédiaire de la Croix-Rouge (départ: 14 janvier).

• Les Pays-Bas envoient une équipe de secours et de recherche (63 personnes + 8 chiens). Un avion KDC 10 du 334e escadron aérien basé à Eindhoven est arrivé à Curacao. Il ne pouvait pas se poser à Port de Prince. Une partie du matériel a été transbordé sur de petits avions. Et le reste sera transporté par voie maritime. Un navire de soutien, le Hs Ms Pelikan part de Curacao (Antilles Néerlandaises) avec 77 hommes à bord (
44 Marines d’Aruba, 7 militaires de la milice Aruba, 24 marins et 2 hommes de la Marechaussée) et le matériel lourd. Arrivée: lundi.

HsPelikanHaiti-Nl100115.jpgLe
Pelikan au départ de Curacao (crédit: NL defensie)


• La Pologne envoie une équipe de recherche urbaine USAR de 63 hommes et 12 chiens, ainsi que 4 tonnes d’équipement (départ : 15 janvier)

• Le Portugal envoie un camp de base pour 400 personnes et le personnel de soutien nécessaire (10 personnes), une équipe médicale (8 personnes), une équipe de recherche et d’identification (DVI), une équipe de coordination.

• Le Royaume-Uni a envoyé une équipe de secours et de recherche (64 personnes) avec chiens de recherche et équipement (départ: 14 janvier).

• La Slovaquie envoie une équipe de secours (4 secouristes, 4 paramedics, 4 chiens), des tentes, des couvertures, sacs de couchages et lits de camps

La Suède a offert un poste médical avancé, des tentes, matériel de purification de l’eau et une assistance technique et équipe de soutien. Un camp de base de 200 places va être reconstitué pour les forces de l’ONU (dont le batiment s’est effrondré). Un C-130 part de la base d’Örebro. La Suède a indiqué également qu’elle pourrait utiliser des C-17 (de la flotte stratégique de l’OTAN – SAC). Communiqué du gouvernement (suédois).

• La république Tchèque pourrait envoyer des équipes de secouristes accompagnées de chiens

(*) Bien que ne faisant pas partie de l’UE, ce pays participe au mécanisme de protection civile

A suivre…

Commentaires:

L’utilité des militaires dans ce déploiement. Cette mobilisation démontre que le distinguo humanitaire – militaire qui a parfois une importance sur des terrains troublés n’a pas de raison d’être. Face à une catastrophe majeure, seuls la combinaison des moyens civils et militaires gouvernementaux et non gouvermentaux, permet rapidement d’atteindre un niveau adéquat de secours. Il est aussi important de remarquer que seuls les moyens militaires – avions de transport capables de se poser sur des terrains de fortune, hélicoptères, navires hopitaux de campagne – trouvent ici toute sa justification.

Les Américains en leader. L’Europe paraît cependant un peu faiblarde par rapport aux Américains qui envoient massivement matériel et hommes. 300 médics sont partis, plusieurs avions de transport MC-130H Combat Talons et C-130E Hercules de la 1st Special Operations Wing sont sur place. 2.000 hommes du 22e corps expéditionnaire des marines sont attendus ainsi que 3.500 hommes de la 82e Airborne Division (100 sont arrivés jeudi, 800 autres suivent vendredi), 12.00 hommes sont placés en alerte. L’US Navy envoie un porte-avions (USS Carl Vinson), un navire hopital (USNS Comfort) et 3 navires amphibies, soit 2000 hommes, Etc...

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Les hélicoptères des gardes-côtes américains étaient les premiers sur place pour rapatrier les blessés (crédit: Us Navy)


Mais où sont les battlegroups de l’UE ? Honnêtement ce serait une situation typique d’intervention du battle group : protection de certaines installations à risques, évacuation des ressortissants européens, soins, déploiement d’une unité de soins, transport et interventions dans des zones délicates… Simplement : ce type là d’intervention n’a pas été prévu. Alors je dirai : un peu de souplesse et d’audace, que diable ! Ce sont dans les situations exceptionnelles que l’on reconnaît les hommes et femmes d’action, pas dans les concepts conçus en chambre close. Il faudra d’ailleurs, un jour, oser revoir ce concept de battlegroup qui me semble, personnellement, un peu dépassé et pas assez modulaire.

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Séisme à Haïti: l’observation satellite, une aide précieuse. Les destructions sous-estimées


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(B2) Le dernier rapport de l’UNOSAT est plutôt pessimiste sur Haïti.
L’office satellitaire de l’organisation des Nations-Unies a établi plusieurs cartes notamment celles du regroupement spontané des victimes. Les ponts et les débris obstruant les routes ont été identifiés à partir des images GeoEye-1 acquises le 12 janvier 2010. Selon l’UNOSAT : « cette analyse préliminaire n’a pas été validée sur le terrain. Les dommages ont été probablement sous-estimés. » Télécharger la carte

Selon l’analyse du centre de recherches de la Commission européenne (JRC) : « More than 4000 physical structures were destroyed or damaged in Port-au-Prince, Haïti, by the magnitude 7 earthquake that struck the country on 12 January 2010. About 2000 residential buildings have partially or totally collapsed and the same number of buildings shows severe damage. A number of critical infrastructures such as government buildings, educational structures and hospitals have collapsed or are severely damaged. » (*)

(*) Je suis désolé de ne livrer qu’une version en anglais. Mais le commissaire Potocnik, chargé du dossier « Recherche » à la Commission, a décidé de ne communiquer qu’en anglais sur le séisme en Haïti (pays francophone cependant). Une version en français sera disponible lundi ou mardi ! m’a-t-on répondu.

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Pas de Battle group pour Haïti. Le baptême du feu de Catherine Ashton

(BRUXELLES2)
Réunion de crise aujourd’hui à la Commission européenne
. Comme tous les jours depuis mercredi, et le début de la mobilisation internationale face au séisme à Haïti, il y avait réunion de crise à la Commission européenne. Autour de la table: les principaux responsables de la gestion de crise: les humanitaires (Echo), les développement (DG dev), les sécurités civile (MIC DG Environnement), l’Etat major civil (CPCC Klompenhouwer) et militaire de l’UE (général Leakey), Etc.
Objectif : faire le point de la situation, recenser les moyens et activer si nécessaire d’autres (1). Cette réunion est cependant un peu plus solennelle que les précédentes puisqu’était
présente Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

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Dans tous les pays les réunions de crise se succèdent, ici Carme Chacon la ministre espagnole de la défense, en réunion avec les  responsables de l’Unité militaire d’urgence (UME) qui partent sur place. (crédit photo :
ministerio de Defensa) (2)


Pas de nécessité d’un battle group. « Pour l’instant — résume un des participants — nous en sommes plutôt aux moyens de l’aide  humanitaire (ECHO) et la  ensuite. L’option « Battlegroup » n’a pas été écartée. Mais elle n’est pas envisagée en l’état. Il en est de même d’une éventuelle mission de police ». Les conditions ne sont pas encore remplies (notamment l’invitation par l’Etat membre, préalable nécessaire à toute opération civile de défense).  « La priorité immédiate des opérations – explique-t-on à la Commission dans un communiqué à la presse – a été de livrer l’équipement nécessaire à l’enlèvement des débris, de répartir les équipes de recherche et de sauvetage ainsi que de fournir les secours d’urgence, l’eau, les hôpitaux de terrain, les tentes, les moyens de communication et les denrées alimentaires. » L’UE a cependant « indiqué également qu’elle est prête à apporter toute autre aide nécessaire dans d’autres secteurs. »
Une phrase, explique un proche du dossier, qui signifie que « toutes les autres options (comme les missions de défense) sont envisagées« . Mais à vrai dire, pour l’instant, l’attention de la diplomate en chef de l’UE se porte surtout sur la reconstruction. Catherine Ashton, qui répondait à la presse, hier, l’a d’ailleurs dit expressement l’aide européenne est menée « en étroite coordination avec les Nations-Unies. Et, pour l’instant, on ne nous a pas demandé de militaires sur place. ».

Priorité à la reconstruction. Lundi, est convoqué à Bruxelles, un conseil exceptionnel des ministres du Développement, pour faire le point sur les mesures à court terme. Cette réunion permettra, surtout d’envisager la deuxième phase : les efforts de reconstruction. Il sera présidé par Catherine Ashton (avec le concours du ministre Espagnole). Ce sera, en fait, son baptême du feu en quelque sorte en tant que président du Conseil des ministres. La Commission européenne sera représentée par Karel de Gucht, l’actuel commissaire au  Développement.  

Commentaire : le baptême du feu d’Ashton. Haïti est ainsi la première crise internationale où le nouveau dispositif de l’UE – voulu par les 27 et écrit dans le Traité de Lisbonne – se met en place. Les différents services de l’action extérieure (humanitaire, développement, militaire, gestion de crises) se réunissent et se coordonnent sous l’autorité d’une seule personne.

(1) Une équipe de coordination est présente à Haïti, composée de sept personnes (Un Français en chef d’équipe assisté d’un Italien, Espagnol, Autrichien, Estonien, Britannique et un officier de liaison de la MIC).
(2) Il n’y a pas de photos disponibles de la réunion européenne.

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Séisme à Haïti: Un battlegroup doit-il partir ? Faut-il nommer un envoyé spécial ?


HaitiRapatriementCasa2@Fr100115
(BRUXELLES2) Cela peut paraître incongru qu’un groupement tactique militaire parte dans une opération de catastrophe naturelle. Certains esthètes pourront m’assurer que cela ne ressort pas des missions type d’un battlegroup ? Oui sans doute. Mais il faut faire preuve de souplesse. C’est le sens des dernières décisions prises à la fin de présidence suédoise (lire :
Des battlegroups (un peu) plus souples d’emploi).

Il y a une situation très spécifique à Haïti. Avec le séisme, l’Etat est touché au coeur : plusieurs ministres sont morts, ainsi que de nombreux fonctionnaires ; des édifices publics se sont effrondrés à commencer par les hôpitaux. L’opération de secours et d’aide humanitaire devrait donc s’accompagner d’une mission de soutien à l’Etat (mission très proche d’une mission d’Etat de droit) et de soutien au maintien de l’ordre. Une mission limitée dans le temps (quelques semaines) et à portée d’avions (ce qui répond à certains des critères d’intervention d’un battle group). Une mission urgente ! A Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE aux affaires étrangères et à Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense, de faire preuve de décision.

Que pourrait faire un battlegroup de l’UE ? Faire de l’aide humanitaire directement n’est pas du ressort des militaires, mais il y a de nombreuses missions de soutien à accomplir. Le premier objectif du battlegroup pourrait être de mettre à disposition ses moyens aéroportés (avions, hélicoptères …) ainsi que médicaux (poste médical avancé…). Le deuxième sera de pouvoir assurer la protection des sauveteurs, ONGs, points de distribution, centres de soins et hôpitaux…  Dans une situation où les besoins primaires ne sont pas assurés et où l’ordre peut basculer dans le chaos en un rien de temps (Haïti n’a pas été épargné ces dernières années par les émeutes de la faim). Le troisième objectif sera de prêter assistance à l’Etat haïtien dans ses fonctions régaliennes. Enfin le battlegroup pourra assurer l’évacuation des Européens (ce qui est, là, une des fonctions structurelles d’un battlegroup)… Bref le travail ne manque pas.

Qui peut partir ? Ce semestre ce sont le battlegroup anglo-néerlandais et le battlegroup « central » (
Pologne, Allemagne, Lettonie, Lituanie,
Slovaquie
) qui sont de permanence. Mais auront-ils la volonté politique d’intervenir ? Et le sens de l’adaptation nécessaire ? Il faudra sans doute un peu d’innovation pour adapter dans l’urgence les missions du Battlegroup aux missions classiques…

Pourquoi partir ? Quand on voit la mobilisation américaine intense, les Européens ne peuvent rester les bras ballants avec leurs moyens classiques d’intervention (l’argent et le matériel). Il faut un corps constitué, organisé, prêt à intervenir, pour des missions mixtes entre le soutien aux actions humanitaires, le maintien de l’ordre et le soutien à l’Etat de droit. Les forces de l’ONU, un temps désorganisées, auront certainement besoin d’un renfort organisé et opérationnel rapidement, ce qui donne un cadre de légalité internationale à l’intervention du battlegroup. Le Traité de Lisbonne donne un nouveau cadre d’intervention : les clauses de solidarité, d’assistance mutuelles ainsi
qu’une nouvelle compétence : la sécurité civile à la Commission européenne. Last but not least, cette mission limitée dans le temps ne pèserait pas trop en termes de baisse de capacité (et au niveau budgétaire). Elle constituerait également pour Catherine Ashton la haute représentante, une opportunité de montrer ses réelles capacités.

Un envoyé spécial de l’UE ? Indépendamment de cet envoi de troupes, l’UE devrait, à mon sens, étudier également la nomination d’un envoyé spécial chargé de coordonner toute l’aide européenne à la fois au niveau humanitaire, mais aussi l’action politique, et le soutien à l’Etat haïtien.

(crédit photo : ministère français de la Défense/DICOD – rapatriement d’un blessé aux Antilles par un Casa de l’armée de l’air)

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