Guinée-Bissau

Sanctions contre les dirigeants de Guinée-Bissau (Maj)

(B2) Les « 27″ ont approuvé aujourd’hui (3 mai) quelques mesures restrictives « ciblées » contre les auteurs du coup d’Etat en Guinée-Bissau. Six personnes « qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité de la Guinée-Bissau » ont ainsi mises sur liste noire avec interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et gel des avoirs. La décision sera effective, dès publication au journal officiel demain. « L’UE condamne fermement ce coup d’État et demande le retour immédiat à l’ordre» rappelle la Haute représentante dans un communiqué. NB : les ministres des Affaires étrangères s’étaient prononcés, le 23 avril, sur le principe de telles sanctions. Lire aussi : L’UE prête à imposer des sanctions contre les putschistes de Guinée-Bissau

(maj, vend. 4 mai) C’est en fait toute la tête du commandement militaire qui a assumé la responsabilité du coup d’État du 12 avril 2012 qui est placée ainsi sur liste noire, à commencer par le Général António INJAI,  le chef d’Etat-Major des forces armées ; le Général de division Mamadu TURE (alias N’Krumah), Chef d’état-major adjoint des forces armées ; le Général Augusto MÁRIO CÓ, Chef d’état-major de l’armée de terre ; le Général Estêvão NA MENA, le Chef d’état-major de la marine ; le Général de brigade Ibraima CAMARÁ, le Chef d’état-major des forces aériennes ; le Lieutenant-colonel Daba NAUALNA (alias Daba Na Walna), Porte-parole du « commandement militaire ». Télécharger le règlement publié au JO

PrintFriendlyFacebookShare

L’UE prête à imposer des sanctions contre les putschistes de Guinée-Bissau

(B2) Les ministres des 27 ont annoncé lundi (23 avril) être prêt à imposer des sanctions « contre les individus qui continuent à prendre part ou qui supportent des actions menaçant la paix, la sécurité et la stabilité en Guinée-Bissau ». Les ministres des affaires étrangères, réunis en Conseil à Luxembourg, « condamnent fortement » le coup d’état perpétré dans le pays le 12 avril dernier. Ils ne reconnaissent pas le « Gouvernement National de Transition » et demandent « le rétablissement immédiat du gouvernement légitime», la poursuite des élections qui avaient été interrompues et appellent à la libération des prisonniers politiques.

PrintFriendlyFacebookShare

EU SSR Guinée-Bissau: la mission prend fin prématurément

EussGuineeBissau.jpg(BRUXELLES2) Eh oui ! La décision de principe est acquise depuis la dernière réunion du COPS (1). La mission de l’UE de réforme des forces de sécurité en Guinée-Bissau va prendre officiellement fin à son terme provisoire du 30 septembre. Le CIVCOM (le comité chargé des aspects civils de la gestion des crises de l’UE) devrait plancher sur la question ce vendredi.

Une fin prématurée

Cette clôture de mission anticipée est liée aux évènements politiques et militaires dans cet Etat d’Afrique de l’Ouest, considéré au niveau international comme un narco-Etat. En avril, le chef d’Etat-major (José Zamora Induta) et le Premier ministre (Carlos Gomez Junior) avaient été arrêtés (2) par un groupe de mutins dirigés par le chef d’Etat-Major adjoint (Antonio Indjai) et soutenus par le chef de la marine, le contre-amiral Bubo Na Tchute. Un personnage trouble, soupçonné de couvrir une partie du trafic de cocaïne et d’un autre coup d’Etat (raté) en août 2008. Le Premier ministre avait été ensuite libéré mais placé en résidence surveillée (3).

L’UE avait alors mis un point d’interrogation à l’avenir de sa mission. La mission EU SSR n’avait ainsi été prolongée, fin mai, que de quatre mois. Et un nouveau chef de mission, un Colonel, nommé le 1er juillet, Fernando Afonso. La confirmation du nouveau chef d’Etat-Major et le passage de fait du gouvernement civil sous la coupe du commandement militaire, a sonné le glas de l’opération européenne ; l’UE décidant de mettre fin à sa coopération avec l’ancienne colonie portugaise (1).

Une première dans l’histoire de l’Europe de la défense

C’est la première fois dans la courte histoire de l’Europe de la Défense qu’une mission s’interrompt prématurément de la sorte. Et il y a un peu d’amertume parmi les officiers qui ont participé à cette mission, notamment pour le général Esteban Verástegui, qui a été son premier chef et n’a pas ménagé ses efforts (4), avec certains résultats commençaient à se faire sentir.

Aujourd’hui, il reste encore à préciser les modalités techniques et administratives de la fin de la mission (d’où l’objet de la réunion de vendredi, qui pourrait être suivie d’autres fin août ou début septembre, le cas échéant). Sur place, dans la capitale Bissau, ne demeurent plus que 4 officiers de l’UE.

(1) Lire : L’avenir de l’engagement européen en Guinée-Bissau discuté. Suspension de la mission EUSSR ?

(2) Un évènement qui s’ajoute à l’assassinat successif du précédent chef d’Etat-Major et du président de la République Vieira en 2009.

(3) Sans rire l’actuel président de la République, Malam Bacaï Sanha a qualifié ces arrestations « un accident tragique entre les chefs militaires des casernes qui a troublé le pays pendant quelques heures » (lire sur Afrik.com)

(4) Consulter son interview au démarrage de la mission : Mission Guinée-Bissau: « rebâtir de zéro » (Gén. Verástegui)

PrintFriendlyFacebookShare

L’avenir de l’engagement européen en Guinée-Bissau discuté. Suspension de la mission EUSSR ?

(B2) La nomination comme chef d’Etat-Major du Général Antonio Indjai – un des mutins d’avril – suscite l’inquiétude au plan européen. Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, exprime ainsi publiquement être préoccupée par le sort notamment de l’ancien chef d’Etat-Major, José Zamora Induta, actuellement détenu et sur l’impunité générale de certains mutins. Elle souligne que « la situation actuelle constitue une violation des engagements internationaux de la Guinée-BIssau de respecter les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit, éléments essentiels de l’accord de Cotonou ». Elle appelle aussi « à la révision des engagements généraux de l’Union européenne dans le pays ».

NB : Cette situation figure à l’ordre du jour du COPS vendredi. La question notamment de continuer la mission de la PeSDC destinée à soutenir la réforme de la sécurité (EUSSR Guinee-Bissau) est d’autant plus posée que les Etats-Unis ont souligné impossible de réformer les forces armées tant que des éléments soupçonnés de participer au trafic de drogue en seront responsables.

PrintFriendlyFacebookShare

La mission en Guinée-Bissau prolongée et reconfigurée

(BRUXELLES2) La mission de l’UE d’accompagnement à la réforme du secteur de la sécurité (EU SSR) en Guinée-Bissau devait se terminer le 31 mai. Mais les autorités nationales ont demandé à l’UE de maintenir leur mission. Une nouvelle mission, ou plutôt une nouvelle phase de la mission, va donc commencer début juin. Le COPS (comité politique et de sécurité) doit adopter cette disposition fin mars, en points de procédure (sans discussion), après l’avis positif rendu par le comité militaire, le 16.

Une mission d’experts. La mission de l’UE ne portera plus sur la préparation de la réforme de la sécurité (la Guinée Bissau doit adopter le paquet législatif concerné en mai au plus tard). La mission sera davantage centrée sur la mise en oeuvre de cette réforme dans tous les secteurs (armée, justice, police), sous tous les plans : formation, guidance, conseil… Mais il n’y a (toujours) pas de soutien opérationnel (dans les unités). Il s’agit davantage de conseiller les autorités du pays au niveau stratégique. C’est en fait une mission d’experts « pointus ». La mission EU SSR reste de petite taille : 22 internationaux + du staff local, soit environ l’équivalent de l’effectif actuel de 33 personnes.

Un focus sur le Crime organisé. La mission de l’UE travaillera de manière renforcée avec les Nations-Unies, qui a une mission sur place.
Elle va aussi développer une activité particulière sur le crime organisé et les trafics illégaux avec l’UNDOC (office des Nations-Unies sur les Drogues et le Crime), avec un soutien au bureau d’Interpol, en liaison avec Europol.

Calendrier de discussion. Concernant le calendrier d’adoption de la décision : après discussion dans le cadre du groupe Relex, et l’appel à contributions aux Etats membres (pour les troupes), la décision (ancienne action commune) devrait être adoptée d’ici fin avril. Quant au plan d’opération (OpPlan), il devrait être adopté fin mai. Ce qui lancera la nouvelle mission (*). Enfin, si le démarrage officiel est prévu le 1er juin, la présence du nouveau staff ne devrait commencer que début juillet. A noter qu’une conférence des donateurs pour la Guinée doit avoir lieu, à Bruxelles fin juin (les 22 et 23 juin ?), incluant tous les aspects et tous les partenaires de la sécurité (à confirmer).

(*)Il n’y a pas besoin de décision de lancement en matière civile, c’est l’adoption de l’OpPlan qui la lance

PrintFriendlyFacebookShare

L’embargo sur les armes pour la Guinée, détails

Le Conseil des ministres de l’UE va adopter, mardi, une décision d’embargo sur les armes à destination de la Guinée (comme déjà mentionné). En voici les détails.

Principe d’interdiction : « Sont interdits la vente et la fourniture à la Guinée ainsi que le transfert et l’exportation à destination de ce pays, par les ressortissants des États membres ou depuis le territoire des États membres, ou au moyen de navires ou d’aéronefs de leur pavillon, d’armements et de matériels connexes de quelque type que ce soit, y compris des armes et des munitions, des véhicules et des équipements militaires, des équipements paramilitaires et des pièces détachées pour les susdits, qu’ils proviennent ou non de leur  territoire. »

Trois exceptions sont prévues, essentiellement pour les opérations internationales, européennes et la protection du personnel :
- (opérations internationales ou europeénnes) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l’exportation d’équipements militaires non létaux destinés à des fins humanitaires ou de protection exclusivement, ou à des programmes des Nations unies, de l’Union européenne et de la Communauté concernant la mise en place des institutions, ou pour des opérations de gestion de crise de l’Union européenne et des Nations unies;»
- (protection du personnel européen) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l’exportation de véhicules non destinés au combat qui ont
été conçus pour offrir une protection balistique ou équipés de matériaux antibalistiques, aux seules fins de la protection du personnel de l’Union européenne et de ses États membres en République de Guinée; à condition que les exportations concernées aient été  préalablement approuvées par l’autorité compétente ».
- (gilets pare-balles pour les personnels expatriés, ONU, UE, Etats, médias, ONG). L’embargo « ne s’applique pas aux vêtements de protection, y compris les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République de Guinée pour leur
usage personnel exclusivement, par le personnel des Nations unies, le personnel de l’Union européenne, de la Communauté ou de ses États membres, les représentants des médias, personnel humanitaire, le personnel d’aide au développement et le personnel associé ».

PrintFriendlyFacebookShare

Embargo sur les armes édicté contre la Guinée, levé pour l’Ouzbékistan

(B2) Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE devrait prononcer, le 27 octobre, une première série de sanctions vis-à-vis de la Guinée où la situation sécuritaire se détériore. Les émeutes de septembre où 150 personnes avaient péries ont sonné l’alarme parmi les dirigeants européens. Ces sanctions seraient ciblées sur les membres de la junte au pouvoir (gels des avoirs et restriction des visas) et accompagné d’un embargo sur les armes. Il faut remarquer la rapidité avec lesquelles ce type de mesures a été prise. D’ordinaire, ce type de mesures est plus lente à entrer en action.

Par ailleurs, les 27 devraient lever les sanctions qui affectent l’Ouzbékistan (livraisons d’armes essentiellement – les autres mesures avaient été levées il y a un an). Les diplomates de l’UE estiment en effet que le pays a fait de nombreux efforts en matière de respect des droits de l’homme et de la démocratie. et que cela mérite un encouragement. Ces mesures avaient été mises en place après les émeutes de 2005 qui avaient fait plusieurs centaines de morts et le refus du gouvernement d’accepter une enquête internationale.

PrintFriendlyFacebookShare

Petit message de Guinée-Bissau après les troubles: on reste



Après le double assassinat du chef d’Etat major et
du présidence de la République de Guinée-Bissau, la petite mission civile PESD d’assistance à la réforme de sécurité (EU SSR)
reste sur place. Selon ses responsables, «la situation est tendue mais tenable. Et il n’y a pas nécessité pour l’instant d’évacuer les membres de la mission. Il y a risque d’Etat failli
(failed State). Mais nous ne sommes pas face à un nouveau coup d’Etat»
insiste mon interlocuteur.

«L’ordre constitutionnel est et a été respecté. Ce qu’il faut c’est maintenant continuer les engagements dans la région. Il est possible de continuer la
mission.»

PrintFriendlyFacebookShare