Pas de coup de feu à Koda ou aux alentours confirme EUMM Georgia

(B2) La mission d’observation européenne en Géorgie (EUMM Georgia) n’a pu confirmer les allégations de tir à Koda ou à proximité de Koda (mardi (5 novembre). EUMM a elle-même déclenché la hotline le lendemain, 6 novembre, pour essayer d’avoir des éclaircissements lorsque ces informations sont parues dans les médias ou dans des déclarations politiques. EUMM a effectué plusieurs patrouilles dans les environs du village de Koda le 5 novembre. Mais aucun observateur d’EUMM n’a confirmé que des coups de feu auraient été entendus, et aucune enquête de suivi menée auprès d’interlocuteurs locaux et des autorités géorgiennes, la mission n’a pu amener la moindre preuve.

(NGV)

 

(B2 Pro) Carnet (15.11.2019). PESC (Colonies Israël étiquetage et UE-USA. Biélorussie-MOE. Pacte civil PSDC). Défense (accord franco-allemand, coopération tchéco-slovaque. Belgique-ONG). Diplomatie (Syrie cessez-le-feu. Chypre négociations. Bolivie sortie de crise. Somalie soutien. Russie condamnations. UE-Indonésie. UE-Mexique. Turquie Journaliste). Aides (Sahel). Sécurité (Copernicus Royaume-Uni. Cyberattaque OVP. Asile et relocalisation audit). Pouvoirs (Russie Tusk-Macron. Égoïsmes nationaux – Schäuble. Pologne condamnation). Commission 2019-2024 (Deux feux verts. Commissaire roumaine. Commissaire britannique. Portfolios. Juncker raconte). People (Nikolay, Felke, Suardi, Seam, Buckley).

(B2) Parus récemment : Le Hongrois Olivér Várhelyi manque de vision claire. Il ne convainc pas le Parlement européen Grand oral réussi pour Thierry Breton. Ma boussole sera l’intérêt général européen Convention cyber : les industriels français doivent …

Les Danois se déploient au Mali : Minusma d’abord, puis Barkhane

(B2) Le Danemark a confirmé mardi (13 novembre) l’envoi d’un avion de transport C130J Hercules au Mali dans le cadre de la mission des casques bleus (MINUSMA). C’est le premier des trois déploiements prévus dans les mois à venir. Copenhague va fournir aussi des hélicos à l’opération Barkhane et une unité de renseignement pour la MINUSMA

L’avion Avion C130J Hercules des forces danoises a décollé aujourd’hui de Aalborg, direction : Bamako (crédit : MOD Danemark)

Basés à Bamako

65 soldats — pilotes, mécanos, personnel de soutien, interprètes — accompagnent l’avion ainsi qu’une unité médicale (médecins et infirmières) et une unité de sécurité chargée de garder le camp international, l’avion et les installations de maintenance, comme de sécuriser l’appareil lors de ses déplacements. Ils devraient être opérationnels à partir de la mi-novembre. Ils seront basés à l’aéroport international de Bamako, dans le camp international géré par la Norvège. Ce durant six mois.

Un aspect multirôle

Les pilotes danois assureront les vols intérieurs au Mali nécessaires à la MINUSMA, mais ils pourront aussi « exceptionnellement s’acquitter de tâches de transport pour le compte de la MINUSMA dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord » précise le ministère de la défense. L’appareil aura un aspect multirôle : transport des troupes, de matériel, rapatriement de malades et de blessés. Il est équipé pour pouvoir larguer du matériel en vol avec parachute, comme d’un dispositif d’aides à la recherche et au sauvetage et à la récupération d’images aériennes.

Une rotation assurée avec trois autres pays

Cette contribution de Copenhague s’inscrit dans le cadre d’un programme de rotation conclu avec la Belgique, la Norvège et le Portugal visant à fournir en permanence un avion de transport C-130 à la MINUSMA. Les Danois ont déjà été présents dans la MINUSMA en 2014 et 2017.

Deux autres contributions

Fin 2019, les forces armées vont envoyer deux hélicoptères de transport et environ 70 personnes au Mali pour soutenir l’opération Barkhane. Ils viendront compléter puis relayer les hélicoptères britanniques.

Début 2020, une dizaine de militaires vont également rejoindre la MINUSMA, pour former avec les Allemands une unité de renseignement allemande qui sera basée au grand camp de Gao de la force des Nations unies. Objectif : rassembler et analyser des informations sur la situation au Mali.

« Nous voulons soutenir la stabilité et la sécurité dans toute la région afin qu’elle ne soit pas sous le contrôle d’extrémistes et de trafiquants » a souligné la ministre de la Défense, Trine Bramsen.

(NGV)

Plusieurs pays européens s’engagent ou songent à s’engager au Mali (opération Takuba)

(B2 – exclusif) L’arrivée de forces spéciales européennes aux côtés des Français n’est plus pure prospective. Cela progresse concrètement. B2 en a eu confirmation, venant de plusieurs sources, et pas exclusivement françaises…

Les forces spéciales européennes pourraient être engagées aux côtés des forces maliennes, comme les soldats de Barkhane aujourd’hui (crédit : DICOD / EMA)

La participation estonienne en détail

D’après les informations de B2 puisées à bonne source, un point est déjà acquis : la participation des Estoniens. Le parlement estonien a donné son accord pour la présence renforcée dans les sables maliens. 40 hommes des forces spéciales seront présents à Gao en tandem avec les Français. L’Estonie n’a pas en effet les moyens d’opérer en solo. Et l’avantage c’est qu’ils peuvent mutualiser avec les autres troupes qu’ils mettent à disposition, un peu moins de 60, qui continueront de travailler avec Barkhane.

Des Tchèques

Autre présence attendue : celle des Tchèques. Cela peut être surprenant pour ceux qui ne connaissent pas l’engagement tchèque au Sahel. Mais Prague est très engagé au Mali. Leurs forces spéciales ont été présentes depuis le début, en protection de la mission de formation de l’UE (EUTM Mali) basée à Bamako. Ils ont su, avec un grand professionnalisme, assurer la défense contre une attaque terroriste à leur QG (lire : Le QG d’EUTM Mali attaqué à Bamako. Une cible nouvelle au Sahel : l’Europe) puis en intervenant, hors zone, pour contrer une attaque terroriste sur le campement (Lire : Européens (et Maliens) ont, bien, réagi). La diplomatie tchèque veut s’investir aussi dans la région et a même rouvert son ambassade dans la capitale malienne.

Les Nordiques bien présents

Les Norvégiens et Suédois devraient aussi être présents. Pour la Suède, ce serait un vrai retour en Afrique de leurs forces spéciales. Leur dernière participation des Suédois remonte à 2008 pour l’opération EUFOR Tchad. Le Danemark (voire les Pays-Bas) pourraient aussi répondre à l’appel. Copenhague a déjà décidé l’envoi de deux hélicoptères de transport Merlin EH-101, et du personnel adéquat (70 personnes et deux officiers d’état-major).

Les pays du sud également

Autre présence possible (non confirmée pour l’instant) : Espagne et Portugal. La présence espagnole serait assez logique. L’Espagne est très engagée dans la zone, et a souvent défendu, avec la France, une action plus ‘renforcée’ de l’Europe dans cette région. L’armée de l’air apporte depuis le début un soutien logistique aérien notable depuis le Sénégal avec un ou plusieurs C-130. Les militaires espagnols sont présents aussi à Koulikoro au centre de formation de l’armée malienne dans le cadre de la mission européenne EUTM Mali, assurant sa défense contre des attaques terroristes (lire : Des détails sur l’attaque du camp d’EUTM Mali à Koulikoro).

Madrid a été sollicité, mais n’a jusqu’à présent pas répondu de façon expresse positivement, selon nos informations. En cause : la situation politique qui empêche le gouvernement Sánchez, en affaires courantes, de s’engager dans une nouvelle opération. Les élections et la formation d’une nouvelle coalition pourraient peut-être débloquer le sujet.

Des Britanniques sous contrainte de personnel

Le Royaume-Uni est aussi dans la boucle. Londres pourrait envoyer des forces spéciales, mais elles sont actuellement prises sur d’autres terrains (Irak, Afghanistan, Nigeria…). « On ne communique jamais sur la présence de forces spéciales » a répondu une source de sa Royale Majesté interrogée par B2 qui n’a donc pas voulu « ni confirmer ni infirmer » cette information. La situation politique pré-électorale et la dissolution du Parlement expliquent aussi cette absence britannique.

Les Belges occupés au Niger

Les Belges, bons connaisseurs du terrain africain ont aussi été sollicités. Mais la situation d’un gouvernement en intérim empêche de vraiment répondre. C’est la version officielle (1). Dans la réalité, la Belgique est déjà bien occupée. Le gouvernement a donné son feu vert pour le déploiement d’une centaine d’hommes des forces spéciales du SOR (Special Operations Regiment, ex régiment para-commandos pour les connaisseurs) au Niger, afin d’aller former un bataillon de l’armée nationale, comme l’a confirmé Didier Reynders dernièrement (lire : Carnet 11.11.2019). Cela participe aussi à l’effort européen pour renforcer les troupes du G5 Sahel.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. En pratique, cette situation n’empêche pas de partir en opération. En 2011, le gouvernement de Yves Leterme, alors en affaires courantes, avait décidé l’intervention aérienne en Libye, avec l’assentiment de sa chambre des députés. Un assentiment obtenu à l’unanimité quasi-totale, majorité et opposition confondues, Verts y compris, comme me l’a rappelé un collègue de l’agence Belga, spécialiste des affaires militaires. Une seule voix manquait (celle de la droite populiste wallonne).

Le travail (difficile) des garde-côtes libyens filmé. Éprouvant, émouvant

(B2) Le travail des garde-côtes libyens est souvent décrié mais rarement connu. Une équipe de France 24 a réussi à embarquer, suivant un sauvetage de bout en bout. Un témoignage émouvant

(crédit : France 24)

C’est à 130 km des côtes libyennes que le navire des garde-côtes s’approche d’un radeau en déroute. Les 126 personnes à bord, des Soudanais en grande majorité, ont dérivé durant 18 heures. Les Libyens ont été avertis par les centre maltais et italien de secours (MRRC) (comme le veut la procédure internationale).

Le travail des garde-côtes

On reconnait des méthodes de secours éprouvées, dérivant des formations européennes (selon nous), visant à sécuriser la situation et ramener tout le monde à bord en sécurité. « Attache-bien le bateau. Ils vont tomber. Doucement, doucement. Chacun son tour. Les enfants d’abord ». Le capitaine du navire commande la manœuvre. Tout le monde est récupéré sain et sauf. Mais les conditions à bord restent sommaires : pas de gilets de sauvetage, pas de nourriture. Ce bateau des garde-côtes n’est d’ailleurs pas vraiment équipé pour assurer un sauvetage aussi important. Et, cependant, les garde-côtes font le travail régulièrement, intervenant parfois hors de la zone, « dans la zone SAR maltaise » indique la journaliste de France 24.

Des personnes en grande détresse

Le désarroi des migrants et réfugiés est clair. Après 18 heures en mer, ils s’imaginent être sauvés par une ONG. Quelle est leur déception quand ils découvrent être pris en charge par les Libyens. « Je ne veux pas retourner en Libye, je vous en supplie, amenez-moi en Italie » crie une jeune fille éplorée. Inutile de faire un interrogatoire supplémentaire. On comprend que c’est une question de survie. À mi-mot, elle confirmera aux reporters avoir été l’objet de violences sexuelles. « Son petit frère a été enlevé contre rançon. Son père a été battu, on lui a tiré dessus. On l’a extorqué, obligé de travailler de force sans être payé » raconte Julie Dungelhoeff.

Des Libyens débordés

De retour au port, l’accueil n’est pas vraiment à la hauteur. « Il y a plein de monde dans le centre, c’est plein » lâche un des responsables libyens. Hors caméra, le constat est encore plus terrible. « Qu’est-ce qu’on fait ? » s’interroge un agent libyen (du contrôle des migrations ?) à ses collègues, captés par une caméra discrète. « Personne ne veut d’eux, ni leurs ambassades ni les organisations internationales. » Les migrants seront embarquées sans ménagement dans un camion, direction un centre à Tripoli. Les coups pleuvent en général, témoigne un Tchadien. Devant les caméras, les Libyens n’osent pas.

Le sale boulot fait par les Libyens

On peut les incriminer, sans doute, les Libyens. Mais la réalité est que le Européens ferment les yeux, bien contents qu’ils bloquent tout départ. « L’Europe se débarrasse du sale boulot » comme le résume notre collègue de France 24.

(NGV)