Operations

L’armée syrienne doit se retirer des villes assiégées (C. Ashton)

(B2) Après la mort de la journaliste du Sunday Times, Marie Colvin, et du photographe français, Rémi Ochlik, et d’autres victimes civiles, dans le même secteur où était mort hier le journaliste syrien indépendant, Ramy al-Sayed, la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a tenu à exprimer, dans une déclaration communiquée à la presse sa consternation « sur la situation en Syrie, et en particulier dans la ville de Homs, où le régime continue sa répression brutale et les attaques contre la population civile. »« L’escalade de la violence dans le pays doit être immédiatement s’arrêter » a-t-elle ajouté. Et « la liberté d’expression doit être garantie et la presse autorisée à s’acquitter de son rôle vital de fournir une information indépendante sur les événements en Syrie sans craindre la violence ou la répression. »

C. Ashton a aussi appelé « l’armée syrienne à mettre immédiatement fin aux tueries et se retirer des villes assiégées. Les autorités syriennes doivent permettre un accès complet et sans entrave du personnel humanitaire des organisations internationales humanitaires pour la délivrance rapide de l’aide humanitaire aux personnes en ayant besoin. » Nb : Un langage relativement ferme et plutôt inhabituel dans la bouche de la diplomate en chef de l’UE.

Lire également :

FacebookPrintShare

De nouvelles sanctions sur la Syrie, moins importantes que prévues ?

(BRUXELLES2) Les 27 ambassadeurs du Comité politique et de sécurité n’ont, finalement, pas réussi à se mettre d’accord sur toute la palette de sanctions prévues contre la Syrie. Les ambassadeurs du Coreper doivent encore se prononcer sur la question ce jeudi (23 février). Entre les deux, les évènements à Homs, notamment avec la mort de deux journalistes — un Français et une Américaine travaillant un quotidien britannique — pourraient changer la donne et conduire à durcir le ton, en particulier à Paris comme à Londres.

Les 27 ministres des Affaires étrangères devraient déjà lundi (27 février) bien prendre la décision de geler les avoirs de la Banque centrale syrienne et d’interdire les transactions sur l’or, les métaux précieux et les diamants que l’institution officielle mène sur les marchés mondiaux. Cette interdiction engloberait – si j’ai bien compris :-) – les transactions menées directement ou par un intermédiaire (ce qui est souvent le cas) mais pas les transactions privées. Parallèlement, la « liste noire » de l’Union européenne devrait s’enrichir de 7 nouveaux noms, qui se verraient interdire de visas et de gels des avoirs.

Embargo sur le fret aérien

Ils devraient aussi interdire le fret aérien, en provenance de Syrie, s’il est assuré par des compagnies syriennes et à destination de l’Union européenne. Le transit de passagers restera possible, en revanche (par fret, on entend les marchandises. Il suffirait alors que l’avion comporte des passagers pour ne pas être interdit, mais pourra-t-il alors débarquer sa marchandise…). Cette mesure n’est cependant pas accompagnée de mesures de force – interdiction de survol, faute de résolution des Nations-Unies en ce sens.

Pas d’interdiction des phosphates

En revanche, l’interdiction de l’importation de minerais de phosphates syriens s’est heurtée à la réalité économique. La Syrie figure dans le top 10 des producteurs de phosphates. Et plusieurs pays européens dépendent de ces importations sans alternative immédiate possible. La Grèce notamment a demandé que soit retirée cette mesure.

Lire également :

FacebookPrintShare

Les Polonais prolongent en Afghanistan

(crédit : ministère polonais de la Défense)

(B2) Le gouvernement polonais en a décidé ainsi. Il souhaite prolonger la mission du contingent militaire polonais en Afghanistan et a adressé la demande formelle au président. L’engagement actuel se terminait le 13 avril, l’objectif est de la prolonger jusqu’au 13 octobre. Le contingent aura une taille sensiblement équivalente, avec un maximum de 2500 soldats, et une réserve disponible en Pologne de 200 personnels, mobilisables si nécessaire, selon l’agence polonaise PAP qui donne l’information. Coût de l’engagement supplémentaire : 503 millions de zlotys (environ 123 millions d’euros).

Le contingent polonais est basé dans la province de Ghazni, avec notamment la protection de la route Kaboul-Kandahar et Ghazni. A l’automne, le ministère polonais de la Défense devrait décider la réduction du contingent, suivant en cela le mouvement général déclenché par les Américains de retrait des forces d’Afghanistan, qui doit être achevé d’ici à 2014. Les forces de combat devraient progressivement diminuer jusqu’à ne compter qu’environ 1000 personnes.

FacebookPrintShare

L’accès au nord du Kosovo, un gros problème pour la mission EULEX

(crédit : Eulex)

(BRUXELLES2) Que ce soit en matière de police, de justice ou de surveillance des frontières, la mise en place des barrages sur les routes au nord du Kosovo a considérablement gêné les activités de la mission européenne « Etat de droit » (Eulex) au nord du Kosovo et tout espoir de normalisation rapide. « Les barrages routiers érigés dans l’ensemble du nord du Kosovo depuis juillet 2011 continuent à empêcher les membres d’EULEX de se rendre par la route dans le nord du territoire, ce qui compromet la capacité de la Mission de faire appliquer la loi au nord de l’Ibër/Ibar » écrit Xavier Bout de Marnhac, le chef de la mission Eulex, dans un rapport remis au Secrétaire général de l’ONU fin janvier. Un constat également partagé par le chef de la MINUK et Ban Ki Moon lui-même dans son rapport au Conseil de sécurité.

Barrages sur les routes, frontières inutilisées et routes de contournement

A la fin de l’année 2010, « les Serbes du nord du Kosovo ont maintenu et renforcé les barrières qu’ils avaient disposées aux postes frontière 1 et 31, et mis en place de nouvelles barrières le long d’autres routes afin de protester contre la présence d’agents des douanes et de membres de la police des frontières du Kosovo ». Ils ont également « amélioré les routes de contournement qui sont de plus en plus fréquemment utilisées par les véhicules ». La KFOR en a fermé certaines et en surveille d’autres destinées aux véhicules de moins de 3,5 tonnes. Mais, « en raison de la nature montagneuse du terrain, elle n’est pas en mesure de surveiller toutes les routes et tous les points de passage non autorisés. »

Diminution des activités de police et de justice

Ces barrages ont un effet très concret sur les activités européennes de rétablissement de l’Etat de droit. « Les activités de supervision, d’encadrement et de conseil de la Mission (EULEX) à l’endroit de la police du Kosovo au nord de l’Ibër/Ibar ont notablement diminué, car la police d’EULEX n’a pas pu se rendre auprès de ses homologues locaux du fait des restrictions mises à sa liberté de mouvement. Cette diminution des relations entre EULEX et les responsables policiers du Kosovo compromet des relations professionnelles pourtant essentielles. »

Face à la « difficulté de se déplacer de la Mission dans le nord du Kosovo, il a fallu diminuer considérablement le nombre de procès se déroulant au tribunal de district de Mitrovica. La Mission a finalement épuisé toutes les possibilités d’acheminer le personnel judiciaire jusqu’au tribunal, ce qui a amené à retarder plusieurs procès inscrits au rôle. » Dans ces conditions, l’accès à la justice, dans le nord du Kosovo, est « pratiquement réduit à rien ».

Lire également :

FacebookPrintShare

Plus de 8000 tués, dont plus de 500 enfants, en Syrie

(BRUXELLES2) 8317 personnes, dont 559 enfants, ont été tuées en Syrie, depuis le début des violences il y a un an en mars 2011, selon l’office satellitaire de l’ONU (UNSOSAT) qui diffuse de nouvelles données. La plupart des personnes tuées sont des hommes (7499) et l’ont été à Homs (près de 3000 personnes tuées) et Hama (plus de 1000 tués). Ces chiffres sont issus de « sources publiques », avertit cependant l’organisation internationale et « n’ont pas été vérifiées sur le terrain ».

Télécharger la carte complète

FacebookPrintShare

Ukraine et Moldavie ouvrent un poste-frontière commun

Le poste commun sera géré selon les normes européennes (Crédit : EUBAM Moldova Ukraine)

(BRUXELLES2) Le poste-frontière de Briceni-Rossoshany – entre Moldavie et Ukraine – sera, à partir d’aujourd’hui (22 février), géré en commun par les gardes frontières et douanes des deux pays, selon les normes européennes (type Schengen) ! Ce projet-pilote est le premier du genre, initié et soutenu par les douaniers de la mission européenne EUBAM (assistance à la gestion des frontières) déployée en Moldavie et en Ukraine.

La phase-test va durer six mois. Au cours de ces six mois, l’entrée et le contrôle de sortie sera menée sur le territoire de l’Ukraine, à Rossoshany. Et les procédures de la garde-frontière et les services douaniers de la Moldavie et l’Ukraine seront unifiés, simplifiée et optimisée. Les auteurs de ce projet espèrent que le temps nécessaire pour traverser la frontière pour les voyageurs et les marchandises sera « considérablement réduit », avec une utilisation « plus efficace » des ressources humaines et techniques, éviter les duplications.

Pour en arriver là, il fallu plusieurs années de travail aux experts deux pays réunis dans un groupe de travail mené par EUBAM. Un protocole JoBCP avait été signé par les services des gardes-frontières et des douanes des deux pays, en décembre 2011 ; et le document final opérationnel le 7 Février. Si l’expérience s’avère positive, l’expérience pourrait étendue à d’autres postes entre les deux pays.

FacebookPrintShare
L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule (maj)

L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule (maj)

La reconquête de l'université de Mogadiscio par les soldats ougandais (crédit : AMISOM)

(BRUXELLES2) L’Union européenne a déjà fourni 325 millions d’euros pour soutenir la force de l’Union africaine pour la Somalie (Amisom), depuis 2007, selon les chiffres fournis par un expert européen avant la conférence pour la Somalie à Londres. Ce montant s’est accéléré dans les derniers mois. En 2011 ont été versés plus de 100 millions d’euros. Et 67 millions ont été engagés jusqu’à juillet 2012. ce n’est pas la seule aide européenne à la Somalie : l’UE a ainsi versé depuis 2008, 500 millions d’euros pour des projets visant à soutenir le développement (éducation, gouvernance, économie) et 210 millions d’euros en aide humanitaire.

Une contribution essentielle pour payer les salaires et la logistique

L’effort est conséquent ! L’Europe verse ainsi environ 10 millions d’euros par mois désormais à l’Union africaine pour l’Amisom (environ 130 millions d’euros). « C’est important car cela crée un cadre propice au développement » explique un officiel européen. Cette contribution de l’UE permet d’assurer les salaires des troupes, la logistique (transport, bâtiment, communications) et le soutien médical. Mais pas les « équipements et les armes fournis par les Américains », a confirmé un diplomate européen à B2.

Et cette somme pourrait augmenter dans l’avenir. José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne l’a confirmé officiellement lors de son point de presse avec le Premier ministre somalien aujourd’hui (mardi 21 février). « L’UE se tient prête à mobiliser des ressources supplémentaires afin de permettre une augmentation du nombre de troupes ». Mais l’UE ne veut plus continuer payer toute seule. « Notre effort ne couvre qu’une partie des besoins accrus ; j’appelle les autres donateurs et la communauté internationale à intensifier leur aide » a précisé J.M. Barroso. Si les chiffres sont confirmés, cela pourrait représenter environ une augmentation de 50% des subsides pour l’UE. La Commission souhaiterait, en particulier, que les pays arabes mettent un peu plus au pot. « Ce sera le message que nous voulons porter à Londres » a précisé un expert du dossier à B2.

(maj) Selon les informations communiquées à B2, cette augmentation se heurte à une difficulté interne à l’Union européenne. Les fonds disponibles au titre de la Facilité de paix pour l’Afrique – qui sert à financer l’Amisom – ne suffiraient pas à eux seuls. Et il faudrait puiser dans d’autres lignes du Fonds européen de développement. C’est la proposition de la Commission européenne. Or, ce fonds n’est pas « communautarisé » (il n’est pas inclus dans le budget communautaire). Et certains Etats membres sont réticents à cette ponction. Ils refusent également que l’Union s’engage de façon ferme à la conférence de Londres, jeudi.

L’heure à l’optimisme mais…

Cette conférence de Londres s’ouvre sur une note d’optimisme. « Nous passons d’une ère de non droit et d’extrémisme à une ère de paix et stabilité » a déclaré, Abdiweli Mohamed Ali, le Premier ministre somalien, à l’issue de sa rencontre à la Commission européenne. Optimisme rendu possible par les batailles gagnées sur le terrain. Sous le poids conjugué de l’offensive des Kenyans au Sud, de l’Ethiopie à l’Ouest, et des contingents burundais, djiboutiens et ougandais de l’AMISOM, renforcés par les premiers soldats somaliens entraînés et formés par l’Union européenne, les forces d’Al Shabab ont dû reculé d’abord de Mogadiscio puis de plusieurs villes du pays. Les Kenyans visent maintenant Kismayo, le poumon portuaire des Al Shabab, tandis que les Ethiopiens aidés de forces somaliennes visent le district de Yeed, porte névralgique pour libérer les régions de Bay et Bakool.

« Les forces d’Al Shabab semblent être en retraite » se réjouit un diplomate européen. Constat plus mesuré cependant pour des responsables de l’aide humanitaire européenne qui soulignent que nombre de populations restent encore « sous le contrôle des Al Shabab » et qu’il existe encore « plusieurs problèmes d’accès pour l’aide humanitaire » dans plusieurs endroits du pays. D’ailleurs, l’idée de lancer un processus de DDR – désarmement, démobilisation, réintégration – qui est souvent le signe d’un apaisement de la situation pour les combattants des milices islamistes, apparaît vraiment prématurée aux yeux des observateurs. « Ce n’est pas encore le moment. Cela viendra un jour j’en suis sûr » a concédé à B2 un haut diplomate européen.

La nouvelle AMISOM, augmentée des contingents kenyans

Carte de la Somalie avec les secteurs de la nouvelle Amisom (crédit : ONU / B2)

Selon le projet préparé par le secrétariat général de l’ONU et l’Union africaine, le plafond des effectifs de l’AMISOM devraient augmenter passant de 12.000 (*) à 17.331 hommes. Le plan de l’ONU prévoit également le déploiement de 260 policiers et de 2 unités de police constituées (FPU), chargées du maintien de l’ordre, comprenant chacune 140 personnes.

Cette augmentation serait notamment obtenue en incorporant les contingents kenyans déjà présents dans le sud du pays et menant actuellement l’offensive contre les Al Shabab. Une décision est attendue au Conseil de sécurité sur le sujet. La discussion est en cours à New-York notamment entre responsables européens et internationaux pour financer cette augmentation.

La répartition des troupes se ferait alors de la manière suivante :

  • Secteur 1 : Banadir    (Mogadiscio)    et    Shabelle    moyen    et    inférieur : contingents burundais et ougandais, effectif actuel (9 500 hommes).
  • Secteur 2 : Djouba moyen et inférieur (Kismayo) : contingent kenyan, transféré sous le commandement de l’AMISOM (4 700 hommes).
  • Secteur 3 : Gedo,    Bay    et    Bakool    (Baidoa)    et    partie    occidentale    de l’Hiraan : reste des contingents burundais et ougandais (2 500 hommes)
  • Secteur 4 : Galgudud, Mudug et une partie de la région de l’Hiraan (Beledweyne) : contingent djiboutien (1 000 hommes).

Selon le plan des Nations-Unies, l’AMISOM devrait également être renforcée par certains moyens notamment au niveau aérien (hélicoptères) et maritimes (navires).

(*) Un chiffre qui n’est pas encore atteint, il serait plutôt aux alentours légèrement inférieur 10.000 hommes.

Quelques questions délicates demeurent

Il reste encore nombre de sujets délicats pour la communauté internationale. Premier des sujets « délicats », le statut du Somaliland. Cette région du nord de la Somalie, assez stable et épargnée par les derniers troubles, a proclamé son indépendance et n’a pas participé à la dernière conférence de Garowe II qui a entériné un processus destinée à conforter le gouvernement fédéral : mise en place d’une assemblée constituante – désignée par les « ainés » – et d’une chambre haute, représentant les clans et régions, désignation d’un nouveau gouvernement qui remplacera le gouvernement de transition d’ici août. « C’est au peuple de Somalie de décider. » précise prudemment un diplomate européen. « Nous suivons la position de l’Union africaine » ajoute-t-il. « Si la structuration du gouvernement de la Somalie et son financement deviennent efficaces, la donne pourrait être différente » suggère-t-il cependant. Autre sujet délicat : que faire avec l’Ethiopie ? Celle-ci mène une offensive décisive, et possède des troupes bien entraînées. Mais elle ne semble pas intégrée dans la future Amisom. Troisième sujet : la possible levée de l’embargo sur les armes sur la Somalie. Demandée essentiellement par les autorités du Puntland, elle se heurte à nombre de difficultés. Ce point-là n’a, officiellement, pas été discuté entre Européens et Somaliens. « Le moment ne semble pas vraiment mûr » a expliqué à B2 un diplomate européen. Le Puntland est trop engagé dans des querelles de frontière, notamment avec le Somaliland, dans une zone stratégique où existent de nombreux champs potentiels de pétrole.

Lire également :

FacebookPrintShare

Le CICR réclame un cessez-le-feu en Syrie. Georgieva demande à ne pas politiser de l’aide

(BRUXELLES2) Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR​​) a appelé aujourd’hui (21 février) « les autorités syriennes et tous les autres acteurs impliqués dans les violences en cours » à mettre en œuvre un cessez-le-feu d’au moins deux heures, tous les jours dans toutes les zones touchées, afin de permettre la livraison de l’aide humanitaire. « La situation actuelle exige une décision immédiate pour mettre en œuvre une pause humanitaire dans les combats», explique Jakob Kellenberger, le président du CICR. « A Homs et dans d’autres zones touchées, des familles entières ont été bloquées pendant des jours dans leurs maisons, incapables de sortir pour chercher du pain, d’autres aliments ou l’eau, ou pour obtenir des soins médicaux. » Cette pause de deux heures par jour dans les combats permettrait au « personnel du CICR et aux volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien d’avoir assez de temps pour fournir de l’aide et évacuer les blessés et les malades. (*) » De son coté, la commissaire européenne à l’Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a lancé un appel à ne pas politiser l’aide. « Les conditions continuent de se détériorer » (en Syrie). Et dans plusieurs villes, « les personnes souffrent de violences ». « J’en appelle au gouvernement syrien pour aider la population. Et j’en appelle à toutes les parties de respecter la neutralité des travailleurs humanitaires. L’assistance humanitaire doit atteindre toute la population et ne doit en aucun cas être politisée. » a-t-elle déclaré.

(*) Depuis le 11 Février, le Croissant Rouge arabe syrien et les équipes du CICR ont réussi à entrer dans les villes de Homs, Bludan, Al Zabadani et Madaya (Rural Damas) à fournir une assistance humanitaire aux populations vulnérables .

FacebookPrintShare

La Serbie dans l’Europe. Oui elle le mérite, selon Alain Juppé

(B2) Dans un entretien avec le quotidien serbe « Večernje Novosti », Alain Juppé a estimé que la « Serbie mérite de franchir une nouvelle étape vers l’Union européenne ». Le pays « a accompli de nombreux progrès en matière de réformes politiques, de coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, de dialogue avec le Kosovo ». Il a cependant estimé que quelques progrès doivent être faits sur la gestion des frontières. « Il est essentiel qu’un signal clair soit donné sur la mise en œuvre de la gestion intégrée des frontières d’ici le Conseil du 28 février. Il est par ailleurs important que la mission EULEX puisse exercer librement son mandat au nord du Kosovo » a-t-il ajouté.

FacebookPrintShare

La mesure de rétorsion de l’Iran: un avertissement sans frais

(B2) La décision iranienne de stopper ses exportations de pétrole vers deux pays de l’Union européenne – Royaume-Uni et France – annoncée dimanche (19 février) par le porte-parole du ministère iranien du pétrole – ressemble plutôt à un coup d’épée dans l’eau. Le Royaume-Uni avait déjà cessé toute importation de brut iranien. Et, pour la France, ce pays ne représentait qu’une part limitée des importations (2,80% dans les premiers mois de 2011). Après les sanctions décidées par l’Union européenne, le 23 janvier, « les sociétés françaises ont déjà cessé leurs achats de pétrole iranien » a confirmé le quai d’Orsay, hier. L’Iran qui avait menacé de prendre, dès le lendemain, des mesures de rétorsion contre ses partenaires européens a donc gradué sa réplique au minimal, de façon à ne pas toucher ses partenaires essentiels (Grèce, Italie…) mais aussi son industrie pétrolière qui aurait sans doute des difficultés à trouver preneur sur le marché mondial immédiatement. Il s’agit donc là d’un avertissement sans frais.

FacebookPrintShare
Au Kosovo, il est temps de passer à une logique « Commission » (X. Bout de Marnhac)

Au Kosovo, il est temps de passer à une logique « Commission » (X. Bout de Marnhac)

(BRUXELLES2, entretien, Exclusif) Xavier Bout de Marnhac, un ancien général français, dirige depuis presqu’un an et demi la mission européenne « Etat de droit » déployée au Kosovo. La plus importante mission civile que l’UE ait jamais déployée (près de 3000 hommes, policiers, magistrats, douaniers). Le moment est crucial, à la fois sur le terrain car les tensions sont toujours persistantes. Et, également, car les Européens ont engagé une révision (review) de la mission pour la recentrer sur certaines tâches primordiales et assurer la transition de certaines de ces missions aux autorités locales de Pristina, près de quatre ans après la déclaration d’indépendance et le début de cette mission (en 2008). Cet entretien a été aussi l’occasion de tirer les leçons de la présence européenne au Kosovo – « on ne peut relâcher la vigilance à aucun moment » – ; sur le travail judiciaire – important mais le temps de la justice n’est pas le temps médiatique ou politique – ou l’enquête « Marty » – qui avance lentement mais sûrement.

On ne peut relâcher la vigilance, à aucun moment

Quelles sont les leçons que vous tirez de votre présence au Kosovo ?

X. B. M. – La première leçon, c’est qu’on ne peut relâcher la vigilance, à aucun moment. Depuis ma prise de fonction, j’ai vécu dans la gestion de crises en permanence. Nous avons eu la démission du président, suivies des élections. Nous avons conduit la plus grosse opération de maintien de l’Etat de droit avec la Kfor ; 650 personnes déployées sur le terrain pour faire des perquisitions judiciaires qu’on pourrait appeler de routine. Et, depuis l’été, on est dans la crise.

La situation peut-elle se calmer ?

X. B. M. – Ça ne se calmera pas tant qu’il y n’y aura pas une solution politique. Cela a été une grosse erreur collective de croire que les choses se tassant, le niveau de perturbation restant plat, on pouvait penser à une sortie de crise. Les sujets de fond ne sont pas réglés et ne le sont pas toujours. Et çà devrait rester tendu un moment encore. Le calendrier régional n’est pas favorable : on entre dans les élections en Serbie, et il faudra ensuite peut-être du temps pour former un gouvernement de coalition. Puis, nous aurons les présidentielles serbes et sans doute des élections générales au Kosovo. On est donc parti pour une année politique chargée. On peut faire certains reproches à la mission ; mais ce n’est pas notre job de faire avancer le règlement politique.

Ces reprises de violence ne semblent pas tout à fait spontanées ?

X. B. M. – C’est typique. Chaque fois que s’ouvrent des tentatives de négociation, il y a accroissement des violences. Il y a des gens qui ont un intérêt à favoriser le désaccord.

La dynamique de l’élargissement qui pourrait s’enclencher avec la reconnaissance du statut de pays candidat à la Serbie fin février peut-il jouer pour calmer les esprits ?

X. B. M. – Je ne crois pas. Ce serait plutôt le contraire. Au Nord du Kosovo, ils ne sont pas dans cette logique et redoutent plutôt le rapprochement de la Serbie avec l’Union européenne. Ils craignent de faire les frais d’un deal politique général. Ça ne les calmera donc pas.

Comment se passe la situation aux frontières ?

X. B. M. – Nous sommes présents aux postes frontières avec les douaniers kosovars. Le poste est ouvert. Mais personne ne circule car les routes sont bloquées, de part et d’autres. Il y a des barrages des deux côtés, côté serbe également. On essaie d’inciter Belgrade à jouer le jeu et faire pression pour que ces barrages sont levés.

L’accord signé par Pristina et Belgrade peut-il débloquer la situation ?

X. B. M. – Pas nécessairement. On va se retrouver avec la question : comment les douaniers locaux rejoignent régulièrement les postes-frontières. Pour l’instant, ils ne peuvent pas utiliser les routes. Nous sommes obligés de les amener sur place par hélicoptère.

On enquête sur des dossiers très sensibles

Sur le volet justice de la mission, où en êtes-vous ?

X. B. M. – On a avancé. 1750 dossiers ont été traités par les procureurs européens, dont plus de 300 sont encore en cours (*). Nous avons rendu près de 280 jugements prononcées directement par les instances Eulex (panel mixte ou majoritaires). Et les sentences ont été lourdes : 18 ans pour un procès de crime de guerre (aff. Bllaca contre F. Gashi), 15 ans pour le procès de traite d’êtres humains (aff. rivière Tisza)…. On enquête sur des dossiers très sensibles – de crimes de guerre, de trafic d’êtres humains, de corruption – comme le dossier Medicus (une affaire de trafic d’organes), des crimes de guerre impliquant l’ancien ministre des Transports, une enquête de corruption impliquant l’ancien ministre des Retour.

Où en est l’enquête spéciale sur le rapport Marty ?

X. B. M. – Elle se met en place doucement. Il y a tout un travail législatif préalable à faire pour la fluidité des enquêtes, le recueil de preuves. Mais ça se présente bien. Je suis confiant sur le processus. La législation en Albanie doit être adaptée pour pouvoir agir. (De façon générale), on va utiliser un peu les mêmes mécanismes que le tribunal pénal international. Les éléments d’enquête préliminaire ont été recueillis par la task force. D’ici la fin de l’année, on devrait en savoir plus, par exemple sur les poursuites. Mais n’espérez pas un résultat tout de suite. On cherche, on recueille des preuves. Je veux rester très prudent sur les délais.

Vous paraissez fort prudent ?

X. B. M. – C’est une des leçons que j’ai retenues dans cette mission : le rythme de la justice n’est pas le rythme de la politique et des médias. La mission a trop pris d’engagement sur les délais dans le passé, qui n’étaient pas réalistes. Ça a été mal vécu, en termes de perception de la mission. Il faut se rappeler que même dans nos pays, c’est long ; en France, il nous a fallu tout de même 40 ans pour juger Bousquet et Papon.

La revue de la mission est engagée, mise en oeuvre à compter de juin

Vous vous êtes entretenus avec les ambassadeurs du COPS pour présenter les grands axes de la révision de la mission. Quel est votre point de vue ?

X. B. M. – Je milite pour « passer d’une logique de mission à une logique de la Commission européenne ». Utiliser de plus en plus les outils habituels a deux avantages : faciliter la transition, et ramener le Kosovo dans un cadre similaire à celui des autres pays de la région. C’est une certaine forme de normalisation de la relation des institutions européennes. Un peu comme on l’a fait en ex république yougoslave de Macédoine. L’Albanie, la Serbie, le Monténégro fonctionnent déjà avec la Commission européenne comme unique contact.

Quels sont les grands axes de cette review ?

X. B. M. – La tendance est de transférer toutes les activités où on estime que les institutions locales sont en mesure de prendre le relais. Nous allons alléger la présence au sud du pays, notamment au niveau de l’assistance à la police, car on a atteint les objectifs principaux. On garde une capacité de conseil au niveau gouvernement central et quelques équipes mobiles d’assistance. Au Nord, on maintient l’objectif, en fonction de la libre circulation qu’on peut obtenir, qui n’est pas très grande aujourd’hui. Mais on essaie de l’améliorer. La libre circulation, ce n’est pas une fin en soi mais elle permet de mettre en place toute la mission État de droit.

La taille de la mission va donc aussi diminuer ?

X. B. M. – Oui sans doute. De quel volume ? Cela reste encore à définir. Certains États militent pour une révision ambitieuse (c’est-à-dire une baisse de 30 à 40% des effectifs). D’autres sont plus prudents. Cela reflète un contexte régional différent. La pression économique et budgétaire joue également, on ne peut pas le nier. Ce sera donc aux États de décider avec tous ces éléments. Pour ma part, je milite pour une approche ambitieuse ; les institutions locales auront ainsi plus de marge d’agir.

Combien de personnes disposera alors la mission reformatée ?

X. B. M. – Difficile de le dire précisément aujourd’hui. Il faut bien voir que nous sommes au début du processus. Dans un premier temps, on définit les principaux objectifs de la mission. Dans un second temps, on va définir les fonctions à remplir. Enfin, on précisera le personnel nécessaire.

On ne renonce pas au mandat exécutif, une spécificité de la mission

Va-t-on revoir le mandat exécutif ?

X. B. M. – On ne renonce pas au mandat exécutif. Nous n’avons pas l’intention de renoncer à ce qui fait la spécificité de cette mission. Tout le monde est d’accord sur ce point. En matière d’enquête, d’arrestation, de passage au tribunal, de jugement, les Européens gardent la main. En mettant le focus sur quatre sujets en particulier : la lutte contre le crime organisé, les crimes de guerre, la corruption ainsi que la protection des témoins.

Vous gardez donc également des unités de police constituées (FPU). Elles sont toujours utiles ?

X. B. M. – Oui. C’est nécessaire. On l’a bien vu en janvier ; durant trois week-ends de suite, notre FPU a été engagée au sud, en soutien de l’unité de la police du Kosovo (NB : la visite de Tadic au monastère, puis les manifestations du mouvement Vedense). C’est le seul bâton un peu musclé que je peux utiliser. C’est aussi notre seul lien avec les forces militaires de la KFOR. Certes l’OTAN a gelé la baisse de ses effectifs. Mais jusqu’à quand…

La mission ne dispose plus qu’une unité FPU cependant ?

X. B. M. – Mis à part quelques effectifs français et italiens, je n’ai en effet plus qu’une FPU à disposition (NB : les Polonais). On est vraiment au-dessous du minimum. C’est très court, dans le Nord mais aussi au Sud du pays. Il y a quelques idées en l’air (en matière de financement notamment…). Mais je n’attends pas de miracle. La plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a.

(*) Dans le détail, 76 procès en cours et 20 verdicts sur les crimes de guerre, 68 procès en cours et 31 verdicts sur la corruption, 27 procès en cours et 15 verdicts sur le crime organisé.

Lire également :

FacebookPrintShare

Ecrasante majorité pour condamner le régime syrien et ses violences. 12 contre

(crédit : ONU)

(BRUXELLES2) La résolution votée aujourd’hui (17 février) par l’Assemblée générale de l’ONU sur la Syrie est sans doute non contraignante mais écrasante. C’est en effet à une majorité sans appel de 137 votes en faveur, 12 votes contre et 17 abstentions (*), que la communauté internationale a condamné « la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes. » Cette résolution ressemble de près à celle que la Russie et la Chine avaient rejetée, le 4 février, lors de la réunion du Conseil de sécurité. Mais elle n’appelle pas au déploiement d’une force d’interposition.

Tous les pays européens ont voté pour la résolution. Plusieurs pays n’ont pas participé au vote. Les « Douze » pays qui ont voté contre, ne sont pas tous très recommandables. Outre le principal intéressé – la Syrie – et ses deux alliés – la Russie et la Chine – , on trouve la Bolivie, le Belarus, Cuba, l’Equateur, l’Iran, le Nicaragua, la Corée du Nord, le Venezuela, le Zimbabwe. Et les Dix-Sept qui se sont abstenus sont… :  l’Algérie, l’Angola, l’Arménie, Fidji, le Cameroun, les Comores, le Liban, le Myanmar, la Namibie, le Népal, le Sri Lanka, St Vincent, le Surinam, la Tanzanie, Tuvalu, l’Ouganda et le Vietnam. C’est relativement peu et est le signe d’une incontestable défaite pour les Russes et Chinois, qui n’ont pas réussi à rassembler d’autres poids lourds des pays émergents autour d’eux, contrairement à l’action en Libye.

La fin des violences et l’accès humanitaire

La résolution exige que, sans plus tarder, « le gouvernement syrien fasse cesser toutes les violences et protège sa population; libère toutes les personnes qui ont été détenues arbitrairement en rapport avec les récents incidents; retire toutes les forces armées et militaires syriennes des villes et agglomérations et les fasse réintégrer leur caserne d’origine; garantisse la liberté de manifester pacifiquement. » Elle « engage les autorités syriennes à autoriser les secours humanitaires à apporter en toute sécurité et en toute liberté une aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin. »

Processus démocratique

La résolution demande que soit engagé « un processus politique sans exclusive qui soit dirigé par les Syriens et qui se déroule dans un climat exempt de violence, de peur, d’intimidation et d’extrémisme afin de répondre concrètement aux aspirations et aux préoccupations légitimes du peuple syrien. » La résolution soutient sans réserve « la décision prise par la Ligue des États arabes le 22 janvier 2012 visant à faciliter une transition politique dirigée par les Syriens vers un système politique démocratique et pluraliste ».

Un envoyé spécial « bons offices »

Parmi les moyens concrètement envisagés, l’assemblée générale demande au Secrétaire général de nommer un envoyé spécial et d’apporter « une assistance technique et matérielle » aux efforts de la Ligue arabe. Un rapport devra être remis dans les 15 jours sur l’application de ces mesures par Ban Ki Moon, précise la résolution.

Texte de la résolution et feuille de vote dans les docs de B2

FacebookPrintShare

La mission européenne en Libye d’assistance à la sécurité. Il faut aller vite (Ana Gomes)

un check point en Libye lors de la visite de la délégation du parlement européen (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Ana Gomes, qui a participé à la visite des « Cinq » en Libye, que j’ai rencontrée dans les couloirs du Parlement européen abonde dans le sens d’Arnaud Danjean sur la nécessité d’aider « très vite » les Libyens à restructurer leur force de sécurité (lire : De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?).

Les milices, un facteur de sécurité

Il existe des plans pour avoir une police de 25.000 hommes et une armée de 25.000 hommes également. « c‘est bien ». Mais cela prendra du temps. Il faut agir maintenant » explique-t-elle. Quant à supprimer les milices, ce n’est tout simplement pas possible. « Les milices armées sont aujourd’hui le seul facteur de sécurité. Cela peut apparaître paradoxal. Mais c’est la réalité. En même temps, ces mêmes milices peuvent aussi être sources d’insécurité, tout simplement car elles sont elles-mêmes insécurisées sur leur avenir ; elles ne sont pas toutes payées. Etc »

Les Libyens demandeurs

Pour l’eurodéputée portugaise socialiste, il est donc plus qu’urgent d’aider les Libyens à construire leur propre force de sécurité. « Ils ont besoin de nous. Ce n’est pas comme les Egyptiens, les Libyens nous le demandent. Nous ne pouvons avoir des missions qui se rendent sur le terrain puis rentrent. Je viens de l’expliquer à Pierre Vimont (Nb : le responsable du service diplomatique européen). Il faut avoir des gens sur place. Des spécialistes qui, dans chaque administration – là où le veulent les Libyens -, constituent des « task forces » pour structurer ces forces de sécurité, entraîner les hommes. Il faut le faire de façon rapide. » Catherine Ashton, la Haute représentante, doit prendre une initiative forte sur le sujet, et rapidement.

Non à la fermeture du bureau de Benghazi

L’eurodéputée souligne enfin combien ce serait une « bêtise de fermer le bureau de liaison technique à Benghazi. » L’homme qui le dirige a acquis une véritable expertise. « Il a tissé des liens, connait tout le monde » dans cette Libye nouvelle.

Lire également : Le chef de bureau de liaison à Benghazi nommé

FacebookPrintShare