Notre Dame de Paris en feu. Les réactions affluent d’Europe et d’ailleurs

(B2) La cathédrale de Notre Dame de Paris a subi un violent incendie un peu avant 19h ce lundi (15 avril), détruisant une partie de la toiture et la flèche de la cathédrale.

Notre-Dame en feu (crédit : Ministère FR de l’Intérieur)

400 militaires de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) sont mobilisés. Deux hélicoptères, des drones pour guider les soldats du feu dans leurs opérations ont été mobilisés, ainsi que deux bateaux pompes pour fournir de l’eau. Un pompier a été sérieusement blessé. La préfecture de police a diffusé un premier reportage qui montre l’ampleur des dégâts et la mobilisation des pompiers.

Les réactions affluent de partout en Europe

« C’est avec une profonde tristesse que je suis les événements à Paris. Je suis peinée de voir ces terribles images de Notre-Dame, symbole de la France et de notre culture européenne, en flammes. Nos pensées vont à nos amis français. » Angela Merkel, chancelière allemande

« Un coup au cœur pour les Français et pour nous tous les Européens. » Giuseppe Conte, Premier ministre italien.

« La Finlande partage la tristesse face à ce terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame. Nos pensées sont avec la France et les Parisiens ce soir. » Sauli Niinistö, Prédident finlandais

« My thoughts are with the people of France tonight and with the emergency services who are fighting the terrible blaze at Notre-Dame cathedral. » Theresa May, Premier ministre britannique.

« L’incendie de Notre Dame est une catastrophe pour la France et pour l’Europe. Les flammes ravagent 850 ans d’histoire, d’architecture, de peinture et de sculpture. Cela va être difficile à oublier. La France peut compter sur nous pour récupérer la grandeur de son patrimoine. » Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol.

« Profondément triste par les nouvelles de l’incendie de Notre Dame. Il ne s’agit pas uniquement d’un désastre national pour la France, mais également d’une grave perte pour le patrimoine culturel mondial. » Alexis Tsipras, Premier ministre grec.

« La cathédrale en feu de Notre-Dame est un drame énorme pour l’Église et l’histoire européenne. […] La Pologne sait ce que signifie avoir perdu son patrimoine détruit par la conflagration. Nous avons reconstruit Varsovie des ruines par nous-mêmes. Reconstruisons ensemble la cathédrale de Notre-Dame en tant qu’Européens. C’est un grand symbole de Paris et de notre Europe. » Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais.

« Paris et la France durement touchés par un feu destructeur à Notre-Dame, l’un des bâtiments les plus emblématiques de notre continent. Cet incendie dévastateur se fait sentir dans toute l’Europe. All my strength to Paris tonight and everybody fighting at Notre-Dame cathedral. » Mark Rutte, Premier ministre néerlandais.

« Notre-Dame de Paris en feu, une immense émotion, Victor Hugo, une part de l’Histoire de France, de l’Europe. Mes pensées et mon soutien pour nos Amis français. » Charles Michel, Premier ministre belge.

« Quelle tristesse en voyant ce monument historique, symbole de Paris et de l’histoire de France partir en flammes devant mes yeux. » Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois.

« I am very saddened to see flames over Notre-Dame. This is a huge loss to the whole humanity. I pray the firefighters stop this disaster as soon as possible. » Peter Pellegrini, Premier ministre slovaque.

« My thoughts are with the French people and the whole Catholic world. It is terrible to witness 8 centuries of history destroyed in Notre-Dame Fire. The courage of all Parisian firefighters who are doing their best tonight to save this heritage will never be forgotten. » Boyko Borissov, Premier ministre bulgare.

« Unbelievable and shocking. We pray for Notre-Dame. » Dalia Grybauskaitė présidente lituanienne.

« All my strength to Paris tonight and everybody fighting at Notre-Dame cathedral. » Jüri Ratas, Premier ministre estonien.

« Je suis consterné les images de l’incendie violent qui ravage la cathédrale de Notre-Dame à Paris. Tristesse sans mesure devant la catastrophe qui frappe l’un des plus grands monuments de l’héritage culturel européen. J’exprime notre sympathie et le souhait de limiter les dégâts. » Nicos Anastasiades, président chypriote.

« France, Europe, humanity : all of us have lost a lot today. JM Notre-Dame. » Joseph Muscat, Premier ministre maltais.

« Notre Dame is one of the world’s great treasures, and we’re thinking of the people of France in your time of grief. It’s in our nature to mourn when we see history lost – but it’s also in our nature to rebuild for tomorrow, as strong as we can. » Barack Obama, ancien président américain

« Je suis minute par minute l’incendie dont Notre-Dame de Paris est la proie. Notre-Dame de Paris appartient à l’humanité toute entière. Quelle triste spectacle. Quelle horreur. Je partage l’émotion de la nation française qui est aussi la nôtre. » Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

« Notre-Dame fait partie du patrimoine européen, et même mondial. Quand elle souffre, nous souffrons tous. » Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne.

« Cela fait mal au cœur de regarder Notre-Dame en flammes. La Slovénie aidera au mieux Paris et la France à restaurer un monument de valeur universelle. » Miro Cerar, ministre slovène des Affaires étrangères.*

« Nous avons appris avec le plus grand regret la tragique nouvelle de l’incendie qui ravage la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Les images avec ce symbole de la culture européenne en proie aux flammes sont saisissantes. Nos pensées vont vers tous nos amis. » Teodor Melescanu, ministre roumain des Affaires étrangères.

« Notre-Dame de Paris fait partie de mon expérience personnelle, c’est un symbole de l’Europe et de notre histoire commune. Je partage la douleur de nos amis français en ce triste jour. Paris a survécu encore et encore à la guerre. » Josep Borrell Fontelles, ministre espagnol des Affaires étrangères.*

« Such shocking and sad images from Paris Notre-Dame. » Simon Coveney, ministre irlandais des Affaires étrangères

« Je pleure. C’est tellement terrible. J’y ai été la première fois à l’âge de 11 ans. Pour moi, c est Paris. Pensée pour les Catholiques, Parisiens, tous les Francais » Franziska Brantner, députée au Bundestag (Verts)

(NGV)

*Traduction par nos soins

(B2 Pro) Carnet (22.03.2019). Confidentiels (CBSD, Facilité de paix). Opérations (Bundeswehr Afghanistan). Défense (EDA financements, Filtrage des Investissements, Belgique retombées F-35, Allemagne critique US, QG multinational nord, Slovénie-Chine). Diplomatie (Karadzic condamnation, Venezuela opposant, USA Golan, Eau). Aides (Afghanistan). Sécurité (Cybersécurité conclusions, RescUE, Biens culturels terrorisme, Montenegro garde-frontières). Pouvoirs (France remaniement, Fidesz PPE, Pays-Bas Sénat). Élections 2019 (Sondages Parlement, Italie). A lire

(B2) Parus récemment : (blog) L’opération Redfold déclenchée au Royaume-Uni (blog) Les cours reprennent à Koulikoro Un Brexit repoussé de quelques semaines … Désinformation : les 28 demandent aux fournisseurs d’accès et réseaux sociaux d’être plus réac…

Opération neige en Allemagne et en Autriche

(B2) Les forces allemandes et autrichiennes sont engagées dans des opérations importantes, face aux abondantes chutes de neige ces derniers jours. Le ‘Schnee-Chaos’ comme on le nomme à Berlin

(crédit : Bundeswehr)

En Allemagne, l’alerte militaire de catastrophe (milKATAL) a été déclenchée. Les chutes de neige abondantes ont provoqué la fermeture de routes, l’isolation des villages et ont aggravé le danger d’avalanche, dans certaines régions de Bavière, du Bade-Wurtemberg et de Saxe. Près de 1500 soldats de différentes unités (en particulier de la 23e brigade de montagne ’23 Bayern’ étaient engagés dimanche (13 janvier) — 1219 déjà en action, 268 en préparation — selon les derniers chiffres de la Bundeswehr.

En Autriche, selon la Bundesheer, environ 900 soldats sont déployés dans six Länder, surtout dans le Land de Salzbourg. Objectif : dégager les routes, les accès, mais aussi les toits. La météo difficile n’a pas permis tous les jours d’effectuer des vols d’hélicoptères. Vendredi (11 janvier), 16 hélicoptères avaient pu prendre l’air, effectuant 27 vols pour des missions de reconnaissance,  de dynamitage en avalanche, de ravitaillement, ainsi que des évacuations.

(NGV)

L’hélico du PGHM en ‘appui patin’. Une prouesse ordinaire ?

(B2) L’hélicoptère du PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) de Chamonix a réalisé une petite prouesse, très remarquée sur les réseaux

L’hélico du PGHM en appui patin (crédit : Nicolas Derely)

L’opération de sécours d’un jeune de 19 ans, blessé au genou, lors d’une randonnée au col de l’Anterne, entre la vallée de Samoens et celle de Chamonix Mont Blanc, a tourné à la démonstration d’un savoir-faire technique indéniable.

Sauvetage au col d'Anterne : l'interview du pilote

A 2 200 mètres d'altitude, sur un terrain escarpé, le lieutenant Jean-François Martin du PGHM Chamonix Mont-Blanc n'avait aucune possibilité de se poser. Il a alors décidé de réaliser un "appui patin"… interview.En savoir + ➡ https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-savoie/chamonix/videos-sauvetage-impressionnant-du-pghm-chamonix-plus-2000-metres-altitude-1602859.html

Gepostet von France 3 Pays de la Loire am Mittwoch, 9. Januar 2019

Une manœuvre classique

Que de l’ordinaire à écouter le lieutenant Jean-François Martin, pilote de l’hélico du PGHM, qui s’est confié à nos confrères de France 3 : « On part de la position du stationnaire, donc on a la machine qui est à peu près à l’horizontale, et on vient poser un patin, tout simplement. »

Un principe : avoir une bonne vue des pâles

L’explication technique vaut le détour. « Il y a très peu d’appui en fait. La machine, elle, est sustentée par le rotor. Et voilà. On vient tangenter le sol avec l’atterrisseur. S’approcher d’un obstacle en général, que ce soit en ‘appui patin’, en treuillage, ou autre, ce n’est pas forcément dangereux en soi, du moment que l’aérologie le permet. Mais c’est surtout qu’il faut avoir une très bonne visualisation de son disque rotor, pour savoir exactement où passent nos pâles. »

Et si la pâle avait touché ? « Cela aurait peut-être altéré le bout de pâle, sûrement, mais ce n’aurait pas été jusqu’au crash… mais je ne suis pas curieux. »

(NGV)

Feux en Grèce, l’alerte européenne lancée

(B2) Les feux de forêts en Grèce notamment autour d’Athènes ont pris une tonalité grave, faisant plusieurs dizaines de morts. Les forces grecques semblent débordées. L’aide européenne se mobilise.

Le feu ravage les forêts grecques (Crédit : ECHO)

Un bilan dramatique

Le dernier bilan dressé ce mardi (24 juillet), a été revu à la hausse. Selon les pompiers grecs, au moins 74 personnes ont péri dans les incendies (dont plusieurs ont été retrouvées noyées en mer). Et 187 sont blessées — 164 adultes (dont 71 hospitalisés et 10 en réanimation) et 23 enfants —. Un bilan qui pourrait augmenter encore car plusieurs personnes auraient pu être fait prisonniers des flammes, et surtout des fumées.

Des secours par la mer

La garde côte grecque a été mobilisée, notamment autour de Rafina, seule possibilité pour les personnes cernées de fuir les incendies. 14 navires et un avion ont été mobilisés. « Plus de 700 personnes ont pu être rassemblées sur les rives et transportées par le biais jusqu’au port de Rafina », indique un communiqué de la garde-côte. Plusieurs personnes se sont noyées.

L’armée en renfort

Une équipe de recherche et de sauvetage, composée de 130 membres des forces armées et de pompiers, a patrouillé dans les zones les plus durement touchées de Voutsa, Mati et Rafina à la recherche de victimes, selon les pompiers.

Le plan ‘bleu’ déclenché

Dans la nuit de lundi (23 juillet), la Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile et demandé de l’aide à ses partenaires européens. Trois États membres ont déjà répondu : l’Espagne, Chypre et la Bulgarie, a confirmé le porte parole de la Commission européenne Carlos Martin Ruiz de Gordejuela lors du point de presse quotidien mardi (24 juillet). Le commissaire européen chargé de la protection civile, Christos Stylianides, va se rendre en Grèce, notamment dans le but de coordonner l’assistance européenne avec les autorités nationales. La Commission européenne reste en « contact permanent avec les autorités, au cas où il y ait d’autres demandes et besoins à remplir et pour coordonner les efforts de tous les États membres ».

Dans une lettre adressée au Premier ministre, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a réaffirmé que tout sera mis en œuvre pour soutenir la Grèce en ces temps difficiles.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Aurélie Pugnet st.)

Les feux font rage en Suède. Le plan bleu déclenché. Des canadairs français arrivent (V2)

(B2) Deux avions Canadairs CL415 et un Beech 200 de la sécurité civile française arrivent ce jeudi (19 juillet) en Suède afin de renforcer les moyens locaux engagés contre les importants feux de forêts. La Suède manque de moyens anti-incendies. Stockholm a décidé de déclencher le « plan bleu »

(crédit : SVT)

Situation critique, appel à l’aide

Stockholm a décidé de déclencher le mécanisme européen de protection civile. Des hélicoptères norvégiens sont déjà sur place depuis dimanche soir : deux d’entre eux à Älvdalen et Dalarna, deux à Bollnäs et deux à Örebro, selon la télévision suédoise. Deux bombardiers d’eaux italiens sont arrivés mercredi en renfort. Et les moyens français — deux Canadairs et un avion de reconnaissance — vont être à pied d’œuvre aujourd’hui. Ils seront basés à l’aéroport d’Örebro. Un renfort particulièrement « précieux » par MSB, l’agence suédoise de sécurité civile. Ces avions (comme leurs homologues italiens) peuvent emporter 6000 litres d’eau à chaque rotation. NB : Soit largement plus qu’un hélicoptère qui n’emporte que 500 litres à chaque rotation.

Renforts terrestres de quatre pays et aide satellitaire

D’autres renforts sont venus d’Allemagne (5 hélicoptères) et de Lituanie (1 hélicoptère), du Danemark (12 véhicules et 55 personnels) de Pologne (44 véhicules et 139 pompiers). Par ailleurs le satellite de reconnaissance terrestre Copernicus a été mis aussi à contribution pour fournir des cartes d’évaluation des dégâts dans les zones touchées.

Situation critique

La situation est critique depuis plusieurs jours dans plusieurs parties du pays au Jämtland, au Hälsingland et au Dalarna, au nord et au centre de la Suède. Devant l’avancée des flammes, des villages ont dû être évacués. Environ 75 foyers étaient recensés au début de semaine. « C’est une situation grave et le risque de feu de forêt est extrêmement important dans tout le pays », constate Jakob Wernerman, directeur des opérations de l’agence suédoise de protection civile MSB.

Un manque de moyens

Les Suédois n’ont pas vraiment d’équipement aérien anti-incendie à l’image des pays du Sud qui font face plus régulièrement à ce genre de menaces. La polémique commence d’ailleurs à enfler en Suède sur cette faiblesse. Les sept hélicoptères de la marine de type Agusta Westland AW139 notamment ne peuvent pas être employés, car ils n’ont pas le crochet nécessaire pour embarquer des ballons d’eau, selon une enquête de SVT, la télévision suédoise.

La solidarité européenne dans tous les sens

Commentaire : Curieux retournement de situation, également. La Suède (comme quelques autres pays du nord de l’Europe, Pays-Bas, Allemagne…) ont parfois rechigné à débloquer les moyens (financiers et matériels) ou renforcer les moyens permanents de protection civile — surtout défendus par les pays du sud : Italie, Grèce, … — qui en ressentaient le besoin (Lire : Protection civile, comment l’Europe a perdu une bataille). Et, aujourd’hui, ce sont les pays du sud qui sont appelés à la rescousse. Il est vrai que Stockholm dans la crise migratoire n’a pas mégoté sur son assistance, engageant ses garde-côtes notamment au large de la Grèce (lire notamment : Un garde-côte suédois blessé lors d’une opération de Frontex).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire notre fiche sur le mécanisme européen de protection civile

Lire aussi : Protection civile. Le système actuel est dépassé. La Commission propose d’aller de l’avant

Mis à jour le 22.7 avec les données d’autres pays contributeurs

Permanencier au SAMU, pas une sinecure. Témoignage… (V2)

(B2) L’affaire du SAMU de Strasbourg — la mort de Naomi Musenga, la veille du Nouvel an 2017 — doit être regardée à l’aune du travail réel d’un permanencier. Expérience…

Pour rappel, les faits : Naomi Musenga est morte, le 29 décembre 2017, quelques heures après avoir appelé les pompiers, le Samu de Strasbourg, se plaignant d’une voix faible de douleurs au ventre. L’affaire n’a vraiment pris de l’ampleur qu’après la révélation par le site d’information alsacien Heb’di de l’enregistrement audio, le 27 avril dernier.

Il y a quelques (nombreuses) années, j’ai travaillé comme permanencier dans un gros SAMU de région parisienne, la nuit (en remplacement). Le temps a passé depuis. Et chaque SAMU est différent. Mais les principaux ressorts et mécanismes de l’urgence restent identiques.

Le permanencier un simple opérateur téléphonique ?

Cette dénomination est réductrice. Le permanencier de SAMU (comme chez les pompiers) n’est pas un simple standardiste. Il participe de la chaîne médicale de secours, connait son monde sur le bout des doigts, est capable de donner quelques premiers conseils d’urgence, de prendre des décisions éventuellement graves. Il doit à chaque moment choisir : pour aller vite, envoyer le moyen adéquat, trouver au besoin les premiers mots pour rassurer, pour déstresser. Dans l’anonymat d’une ville, le standard du SAMU (comme des pompiers ou de la police) reste un des derniers lieux où recevoir de l’aide.

Tout appel doit être suivi au médecin comme l’indique un responsable hospitalier ?

Cela fait partie des lignes directrices. Mais c’est la théorie. Il s’avère en pratique que c’est la permanence qui doit faire le premier tri, et prend même les premières décisions si l’urgence est avérée ou qu’il n’y aucune urgence. C’est elle qui fait le premier tri. C’est une question de rapidité parfois. Perdre une minute de plus pour passer l’appel au médecin, alors qu’il y a réellement une urgence n’est pas vraiment nécessaire. C’est une question pratique aussi : avec plusieurs appels en même temps, le (ou les) médecin(s) régulateur(s) au bout du fil, il faut décider : envoyer le moyen adéquat, donner les premiers conseils, ou faire attendre une personne plusieurs minutes supplémentaires. C’est une question de discipline aussi. Celui/celle qui s’aviserait de déranger un médecin pour tout ou n’importe quoi se ferait rapidement rabrouer par un « tu me passes vraiment n’importe qui ». Avec un peu d’expérience, on discerne facilement, ce qui recèle de l’urgence. Le passage au médecin régulateur est alors seulement nécessaire pour confirmer une décision, pour donner les premiers conseils par téléphone, obligatoire quand il s’agit d’un conseil médical, ou pour discerner une situation confuse.

Comment cela se passe concrètement ?

Dans la pratique, selon la situation sur place, le médecin est juste à côté, ou séparé par une vitre. Un simple geste ou une écoute (par haut parleur) du médecin régulateur permet de valider une décision sans passer au médecin. Le travail du PARM s’effectue en équipe. Mais il doit aussi faire le tri, et répondre à tous les appels qui arrivent souvent par grappes. Il faut aller vite… et bien.

Tout appel doit-il être suivi d’un secours ?

Normalement, tout appel doit être suivi par une réponse, sauf quand il s’agit d’un appel manifestement bidon. C’est toute la difficulté du travail du PARM. Dans le doute, le principe est d’envoyer un moyen non médicalisé (secouristes, pompiers, police…) ou médicalisé légèrement (médecin de ville) au moins pour s’assurer qu’il n’y a rien. Il faut alors avoir quelqu’un sous la main et faire, parfois, un effort de conviction. Trouver une équipe n’est pas toujours évident, surtout si on est en période de jour férié ou de vacances et qu’on n’est pas sûr qu’il y ait une urgence. Tout repose alors sur la confiance et la force de conviction du PARM. Cela coûte cher. Mais c’est le prix d’éviter une erreur. C’est une question, économique, posée à la collectivité.

Est-ce au PARM de déclencher un secours ?

Oui. C’est au PARM de transmettre (par radio, téléphone, interphone…) l’appel au service concerné (ambulance privée, médecin de ville, SOS médecin, Pompiers, Secours en montagne…). Il ne peut se contenter de donner le téléphone de SOS médecins, il y a, là, une erreur de procédure certaine (1). Ce n’est que si manifestement l’appel ne concerne pas un secours médical qu’il peut se passer de cette obligation.

Peut-on couper une conversation ?

Théoriquement non. Il faut que la personne raccroche. Il m’est arrivé de tenir durant plusieurs minutes une conversation par un déséquilibré en apparence, qui menaçait de suicider. Un appel totalement bidon… mais peut-on vraiment savoir. Cela c’est la théorique. Mais quand vous avez pour la nième fois en plusieurs heures, des appels blagueurs, voire des insultes ou des personnes apparemment avinées, il n’est pas possible de tenir la règle théorique.

Y-a-t-il eu une erreur d’aiguillage ?

Apparemment oui. Mais il faudrait avoir tout l’appel, complet, et toute la séquence de secours, ainsi que le son de salle de régulation (normalement pris en compte également), les appels précédents et suivants avant de se prononcer et condamner (sans appel) l’opératrice.

Quelques questions

Un responsable ou des responsables ?

Incriminer la permanencière du SAMU — qui semble avoir commis une réelle erreur — c’est prendre simplement un bout de l’erreur et non toute l’erreur. En amont, il y a eu auparavant les pompiers qui étaient impliqués au premier abord, et n’ont pas pris la mesure de l’appel. Ils auraient tout aussi bien jaugé la situation et envoyé une équipe au moins pour voir. Il y a eu aussi le médecin régulateur, sous lequel l’autorité du PARM travaille, qui aurait pu aussi se saisir du cas, pour le jauger. Il y a enfin l’autorité hospitalière. Le principe d’une chaîne de secours est de ne pas laisser une personne seule décider, d’avoir des correctifs. En l’espèce, au-delà de la faute (éventuelle) du permanencier, il y a bel et bien un dysfonctionnement de toute la chaîne de secours.

Une négligence administrative ?

Pourquoi a-t-il fallu la révélation du son audio par un site d’information, le site alsacien Heb’di, pour qu’une enquête soit diligentée quelques mois après les évènements. Il y a là une affaire dans l’affaire. Les autorités administratives et hospitalières semblent avoir tenté de masquer l’affaire. Les cris d’orfraie des principaux responsables (la ministre de la santé, …) sont plutôt indécents dans ce cas.

Y-a-t-il assez de moyens ?

Pas automatiquement. Pour un gros département urbain, la nuit à l’époque nous étions deux, pour des gardes qui s’étiraient sur huit heures. Je ne suis pas sûr que la situation est grandement évoluée aujourd’hui. C’est manifestement insuffisant. La question des moyens des SAMU et services de secours ne doit pas être sous-estimée, même si dans cette affaire, elle ne semble pas vraiment en cause.

L’organisation ne doit-elle pas être revue ?

Même si la coordination est bonne au quotidien, de fait, deux systèmes de secours parallèles, l’un basé sur le système hospitalier (Samu), l’autre sur les secours d’urgence (Pompiers), ont été développés. Tous les deux faisant du secours aux personnes (les Pompiers ayant toute une série d’autres tâches). L’hexagone a-t-il toujours les moyens de maintenir ces deux systèmes ? Sans doute non. Le système de régulation médicale est-il nécessaire (en théorie) à chaque appel ? Est-il tenable au quotidien ? La question mérite d’être posée. Le dispositif des urgences hospitalières qui accueille le tout venant — de l’urgence la plus grave au malade qui n’a pu trouvé un médecin traitant — ne doit-il pas être renforcé, au besoin par une permanence de médecins de ville sur place, permettant d’écluser les ‘petites’ urgences. Toute une série de questions méritent réflexions…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) C’est le principe même du Centre 15 à la française de devoir rebasculer les appels vers le service compétent.

(2) Quand il y a deux, trois appels qui sonnent en même temps, il faut aller au plus vite. Alors oui, on doit alors au plus vite.

Crédit : secours d’urgence à Bruxelles (illustration © NGV / B2)

Mis à jour avec le § sur l’organisation