Protection Civile

L’attentat de Bombay montre la pertinence d’un schéma d’évacuation UE

Le récent attentat de Bombay est la preuve – ultime – que l’idée d’avoir un concept d’évacuation commun pour les ressortissants de l’UE est plus pertinent que jamais. Il ne s’agit pas d’avoir un
PC 24/24 à Bruxelles ni d’avoir une flotte commune prête à partir. Mais de coordonner les moyens, de déterminer, pays par pays, quel est l’Etat (ou les Etats) qui le plus à même de pouvoir
procéder à l’évacuation des ressortissants. Un peu comme la France l’avait fait au Tchad face à l’attaque rebelle en février dernier.

Nécessité physique et psychologique. L’exemple de l’attentat en Inde le montre bien. L’évacuation des ressortissants européens ne concerne pas seulement des pays « à risque » ou dénué de
structures d’accueil (hopital) ou des hypothèses très typiques (guerre internationale type Géorgie ou conflit civil type Tchad) mais peut aussi concerner des pays a priori stables et dotés de
structures – comme l’Inde – et tout type de catastrophe (naturelles, technologique) ou le terrorisme. Dans ce cas, il s’agit bien sûr de mettre « à l’abri » les ressortissants mais aussi de les
rassurer, « en les rapatriant » dans le pays d’origine (ou dans un pays plus sûr). Même si a priori ils pourraient rester sur place. Il s’agit parfois d’une opération tout autant psychologique
(rassurer les familles, l’opinion publique) que physique. Et de communication. Il est vrai que quand un citoyen voit arriver dans un pays meurtri par une catastrophe ou une attaque, un
représentant de « son » consulat ou d’un autre consultat européen. Immediatement « on » se sent rassuré. Mais celui-ci n’a, généralement, qu’une envie : quitter au plus vite ce « foutu » pays.

L’exemple de l’évacuation au Tchad – organisation centralisée ? Du 2 au 9 février 2008, les forces françaises présentes dans le pays (dans le cadre bilatéral « Epervier ») avaient
accueilli 1750 personnes  au camp « Kosseï », à l’aéroport N’Djamena, placé sous protection française. La plupart (1402) avaient été mis en sécurité à Libreville (Gabon), par 19 rotations
d’avions. Les évacués provenaient de 79 nationalités: 42% de Français, 15% environ de ressortissants européens (suisses, allemands, italiens, britanniques…). Plusieurs diplomates de pays tiers
(Chinois, Egyptiens, Russes) ont aussi été pris en charge. Une opération héliportée avait même dû être menée pour dégager des diplomates allemands et américains, bloqués dans leur ambassade. Le
cas du Tchad est très spécifique car l’évacuation s’est déroulée à la fois dans des « conditions idéales » – la France disposant sur place non seulement d’une base, à proximité de l’aéroport, mais
aussi d’un hopital et de moyens héliportés propres, était la seule de fait à pouvoir intervenir dans un contexte conflictuel de forte intensité – difficilement reproductibles dans un autre lieu.

L’exemple de la Géorgie – concertation des moyens ? Lors de la guerre en Géorgie au mois d’aout, aucune évacuation
centralisée n’avait été menée. Chaque pays ou groupe de pays s’était organisé comme bon lui semblait. Mais simplement une concertation des moyens. Si la France avait très vite envoyé sur Tbilissi
un avion militaire – qui avait pris en charge des citoyens d’autres nationalités – chaque Etat avait pratiqué sa propre politique. Les Pays-Bas (qui avaient sous leur coupe les citoyens belges)
avaient simplement affrété un bus vers l’Arménie, laissant ensuite chacun se débrouiller. Les Allemands avaient fait pareil Les Polonais (qui avaient pris en charge les Tchèques) avaient envoyé
un avion vers l’Arménie rapatrier leurs citoyens… Cela s’était bien passé. Mais de l’avis de certains évacués, ce n’était pas vraiment idéal. Cela avait été un peu le royaume de la débrouille.
La solution « française » – la plus directe – ayant été plus appréciée que le « largage » à Erevan…

Avion C-135 avec son module lits de réanimation (4 postes)

Moyens mobilisés pour l’Inde. « Un avion doit partir sous peu avec une équipe médicale et une équipe d’évacuation de la sécurité civile », a déclaré la ministre française de l’Intérieur,
Michèle Alliot-Marie, lors de la réunion des Ministres de l’Intérieur qui se tenait le 27 novembre à Bruxelles. L’Espagne devrait aussi faire de même, a annoncé son homologue espagnol.

Avancer vers une vraie coordination des moyens. La présidence française de l’UE a proposé, avant le dernier Conseil des ministres de la Défense, le 10 novembre, de développer un véritable
concept d’évacuation des citoyens de pays en crise, en recourant à des moyens militaires. Projet qui a suscité quelque réticences
de certains Etats membres
(l’Italie, les Pays-Bas notamment peu enclins à partager leurs moyens ou à recourir à des moyens militaires pour cela). C’est un concept plus souple qu’une
organisation centralisée (type Tchad) mais plus ferme qu’une simple concertation des moyens (type Géorgie). L’Etat-major de l’UE y travaille depuis plusieurs années déjà (voir le projet de concept). L’exemple de l’attentat en Inde et le prochain exercice de projection de base aérienne avec mise en place d’une
cellule d’évacuation de ressortissants (exercice Bapex) devrait peut-être convaincre les hésitants.


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Feux en Bulgarie: le mécanisme de sécurité civile activé


Deux avions bombardiers d’eau Canadair CL-415 de du 43e Groupe des Forces
Aériennes espagnoles ont rejoint la Bulgarie, le 9 septembre au soir, pour participer à l’extinction des incendies graves qui menacent le parc national de Rila, au sud du pays >.  Cet envoi a été fait en réponse à la demande effectuée par le Mécanisme de
l’Union Européenne
de Protection Civile (MIC). La France avait déjà envoyé le 8 septembre deux avions Canadair.  La lutte contre
les incendies est difficile. Les départs de feu se sont en effet déclarés à 1800 m d’altitude pour embraser une superficie de 130- 140 hectares dont 60% de forêts. Près de 250 pompiers ont été
mobilisés.

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Géorgie: l’aide humanitaire de la Ce = 21 millions d’euros

(Premier bilan provisoire)


En compilant les différentes annonces des Etats – à prendre avec
circonspection car les méthodes de comptage diffèrent -, l’Union européenne et ses Etats membres ont ou vont fournir environ 21 millions d’euros en aide humanitaire à la Géorgie – Ossétie, qui vont
en général à des agences humanitaires internationales… (à comparer aux 7 millions d’euros de l’aide officielle américaine). L’Onu et les agences internationales ont lancé, le 18 août, un appel de fonds pour une première aide d’urgence, à hauteur de 58,6 million de $
(environ 39 millions d’euros) pour venir en aide à 128.000 personnes, réfugiées ou déplacées.

Commission européenne
– 1 million d’euros (dim 10 août) + 5
millions d’euros (ven 22 août), géré
par Echo, l’Office européen d’aide humanitaire européen, destinée aux agences des Nations-Unies (PAM), au Comité international de
la Croix-Rouge (CICR) et aux Ongs européennes (une dizaine dont : Première Urgence, Danish Refugee Council, etc.). La deuxième tranche devrait particulièrement servir aux besoins de deuxième
urgence : déminage, aide alimentaire ou non-alimentaire d’urgence aux personnes déplacées ou retournées, protection et assistance psychologique aux victimes du conflit.

Etats membres de l’Union européenne (*)
– Belgique : 500.000 euros (13 août).
– Allemagne : 2 millions d’euros = 1 million pour moitié au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et à la Croix rouge ; l’autre million pour les ONGs allemandes travaillant dans la région (mar
19 août)
– Autriche : …
– Danemark : 400 000 euros
– Espagne : 500 000 euros au CICR (mar 12 août)
– Estonie : 168 200 euros (en nature)
– Finlande : 1 million euro (18 août)
– France : 1,4 million d’euros ( target="_blank">22 août), hors contributions des ONG, (200 000 euros pour le HCR et 100 000 euros pour le CICR, et les matériels livrés dans le cadre du mécanisme européen de sécurité civile).
– Grèce : 100 000 euros pour le HCR (13 août) pour le PAM
– Hongrie : …
– Irlande : 100 000 euros pour le CICR (13 août)
– Italie : 1,6 millions euros dont 200.000 euros pour le CICR + 460 000 en biens de première nécessité transportés par deux avions (jeu 14 août)
– Lituanie : 185 000 euros (en nature)
– Pays-Bas : 500 000 euros pour le CICR (12 août)
– Pologne : …
– Portugal : …
– Royaume-Uni : 2,5 millions d’euros, pour le CICR (ven 15 août)
– Slovaquie : 250 000 euros – 5,6 + 2 millions couronnes (13 et 24 août)
– Slovénie : 100 000 euros
– Suède : 2,7 millions d’euros
– Rép. Tchèque : le gouvernement a promis 6,5 millions d’euros mais la décision a été reporté ultérieurement (20 août) – non comptabilisé.

Pour le détail des matériels « secours d’urgence et sécurité civile », voir autre article

(*) Ce bilan prend en compte uniquement les aides gouvernementales ou assimliées (et non les ONGs). Il diffère légèrement de celui dressé par la Commission européenne, tout simplement car certains
Etats n’ont pas encore notifié à Echo toute leur aide. Voici le bilan de la Commission (27 août), il y avait : Sweden: €2.710.069; Germany: €1.681.125; Italy: €1.661.000 (incl. in kind aid worth
€661.000); France: €1.240.488 (incl. €940.488 in kind); Denmark: €402.247; Lithuania: €186.667 (in kind); Estonia: €168.205 (in kind); Ireland: €100.000; Slovenia: €100.000; Greece: €80.000; United
Kingdom: €63.415.

Autres Etats non UE
Etats-Unis : 250 000 $ au départ, porté progressivement à 10,7 millions de $ = 7 millions d’euros (le 22
août
), répartis ainsi : 5,85 M. Défense (y compris les avions), 2,85 M. Département Aide Europe, 2 M. UsAid).
Norvège : 1 million $ en aide humanitaire
Canada : 1 million $, dont la moitié pour le CICR
Russie :  22,1 millions $ = environ 15 millions euros pour les ressortissants russes.

Les vols « humanitaires »


L’office d’aide humanitaire des Nations-Unies (Ocha) avait recensé 70 vols (rapport de situation
20 août).
– 1er avion français (30 tonnes de fret), le 12 août (retour avec évacuation de ressortissants)
– 1er vol du HCR (jerrycans, couvertures et tentes), le 12 août, 2e vol, de Copenhague, le 13 août ;
– trois vols du PAM, le programme alimentaire mondial, le 13 août, financés par Echo, et le 15 août, financé par
UsAid.
– deux premiers avions de l’armée américaine C-17, les 13 et 14 août, suivi d’autres C-17 (venant de Ramstein, en Allemagne) et de C-9 de la Marine venant d’Italie.
– avion tchèque, Airbus A319, via Erevan, parti le 13
août
.
– avion polonais CASA-295 sur Erevan, le 14 aout
-
1er avion du CICR,venant de Amman (base logistique), le 15 août, suivi de 4
autres (en tout : 430 tonnes =5 000 colis de vivres et des secours non alimentaires, pour env. 25 000 personnes). etc.



Après les avions, les bateaux :
– PAM: un bateau (chargé de farine) est arrivé au port de Poti, le 19 août.
– Armée américaine : l’USS McFaul est parti de Souda Bay, en Crète, le 20 août, l’U.S. Coast Guard Cutter Dallas suit la semaine prochaine, l’USS Mount Whitney finit son chargement en Italie, à Gaeta (21 août).

(1) Certains prennent en compte uniquement l’aide cash, d’autres incluent l’aide en nature, voire le coût des avions ou des personnels envoyés). La date mentionnée est souvent celle de l’annonce…
mais pas automatiquement celle du déblocage.

Source infos : Ce, UsAid et Gvt, Onu, Ministères des affaires étrangères, Cicr

Crédit photo : ECHO/Daniela Cavini – Ministère de la défense tchèque – Us Navy

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Géorgie. L’aide européenne de sécurité civile se déploie

Aux cotés de l’aide humanitaire proprement dite, distribuée par l’Office d’aide humanitaire (Echo) – voir un récit de leur première
intervention -
, l’Europe a mis en oeuvre, depuis le 17 août, son mécanisme de veille et de coordination sécurité civile (MIC). Ce qui est assez nouveau dans de telles circonstances.


La France est le seul des grands
pays (avec la Pologne) à avoir prodiguer son aide par ce canal. Point de Britanniques ou d’Allemands, par exemple, dans ce dispositif par exemple. Mis à part l’Autriche, la Suède et la Grèce, ce
sont aussi les pays d’Europe centrale qui ont été les plus prompts à réagir, proximité géorgaphique et historique oblige. Ce qui démontre aussi qu’au-delà des mots, et des subsides européens, ces
pays savent retourner à d’autres la solidarité européenne dont ils sont bénéficiaires. Autre signe encourageant : la mise en place entre Français, Autrichiens et Slovaques d’un pool de transport,
un avion Dash 8 de la sécurité civile ayant fait escale dans la nuit du 21 au 22 à Vienne pour embarquer du matériel.

Voici le point sur l’aide « secours d’urgence »…

Une douzaine d’Etats membres actifs (1)
Autriche : kit d’urgence (qui couvrent le traitement médical de 10 000 personnes pour 3 mois), matériel de couchage (incl. 200 tentes,
1000 sacs de couchage, 3000 couvertures), équipement de lutte contre les feux (56 réservoirs d’eaux) – A noter que les Autrichiens ont été à l’initiative de la formation et de l’équipement des
forces de secours en montagne notamment géorgiennes (dans le cadre de l’OSCE).
• République tchèque : fournitures médicales (incl. 280 unités de plasma sanguins, plus de 4000 bandages and 1000 albumines humains).
Estonie : fournitures médicales (incl. 14700 bandages, 2460 antibiotiques, 3000 solutions d’infusion, équipement d’ambulance et 8000 kits de premier secours), équipement de secours et
recherche (Usar)
France : matériel de couchage (incl. 123 tentes, 4000 couvertures, 1400 lits), équipement de lutte anti incendie (220 tenues anti incendie).
 • Grèce : matériel de couchage (65 tentes and 270 couvertures), 10 tonnes de médicaments pour environ 500 personnes, matériel de purification d’eau.
Hongrie : fournitures médicales et équipement (aide acceptée au départ par la Géorgie mais plus nécessaire à ce stade).
Lituanie : 22 Tentes, assistance alimentaire, fournitures médicales (incl. 27.000 bandages).
Lettonie : fournitures médicales (incl. 18,000 Bandages, 4,000 produits sanguins et antibiotiques), alimentaires, matériel de couchage (52 tentes de différentes tailles, couvertures,
matelas).
Pologne : médicaments et matériel général d’assistance
Suède : équipement et fournitures médicales (incl. 5 respirateurs artificiels) 
Slovaquie: matériel de couchage (incl. 1000 sacs de couchage, 200 lits, 500 couvertures, etc), équipement divers (incl. vêtements)

(1) Source : Commission européenne, 21 août.
Crédit photo : ministère des affaires étrangères grec

Petits commentaires
L’ancien président lituanien, aujourd’hui eurodéputé et vice-président de la délégation Caucase, Vytautas Landesbergis, s’étonnait publiquement, mercredi, devant
les journalistes au Parlement européen, que les Américains soient là où les Européens ne faisaient rien. Cette longue liste est un singulier démenti. Tout comme la chronologie des faits : dès la
crise, la France, notamment (suivie de la Grèce), faisait poser deux avions à Tbilissi, de même que les organisations des
Nations-Unies, les Américains ont suivi ensuite. On peut difficilement s’expliquer comment Landesbergis, un homme pour qui j’ai de l’administration, pour avoir son rôle dans l’indépendance de son
pays, laisse parler un atlantisme aussi béat et fasse « plier » les faits à la cause qu’il défend.

On peut faire le reproche, en effet, à l’Union européenne de ne pas avoir davantage anticiper la crise au point de vue diplomatique et militaire (article à suivre). Mais pas d’avoir tardé au niveau
humanitaire ou de sécurité civile. On pourrait même dire que le problème de l’Europe, c’est que des années après les premières crises auxquelles elle a eu à faire face, en Yougoslavie notamment
(voir ma série entamée sur ce sujet), elle préfère toujours réagir avec ses outils humanitaires (qui sont assez performants)…
par timidité politique plutôt que par manque de moyens diplomatiques ou militaires.

Crédit photos : Ecasc, école d’application de la sécurité civile.

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Accident au K2 (Himalaya): le récit du drame par les Néerlandais

Sur la tragédie au K2, et les opérations de secours, les informations diffusées par l’Agence France Presse (AFP) ont été plutôt « hasardeuses » dans
les premiers jours – en étant gentils ! – , se contentant de bruits et de rumeurs, là où on avait des certitudes, annonçant un mort là où les gens étaient vivants et vice-versa, annonçant des
opérations de secours là où les personnes étaient déjà à l’abri au Camp de base, parlant de « personnes inexpérimentées » quand on a affaire à des alpinistes chevronnés (1), et mettant 24 heures à
corriger le tir (heureusement les depeches suivantes provenant de Rome ou de Grenoble ont été plus conformes à ce qu’on attend d’une agence de presse mondiale.

Voici un récit reconstitué à partir des données, de première main, celles de l’expédition
néerlandaise, Norit, de l’expédition
singapourienne, K2 « sans oxygène », de l’expédition italienne, du site des amis d’Hugues d’Aubarede, et des hélicoptères de l’armée pakistanaise, c’est un peu
clair…)



Ven 1er août :
l’alerte est donnée du coté de l’équipe Norit (les
nerlandais) à minuit (coté nerlandais, heure européenne) « la chute de gros morceaux de glace a détruit les cordes placées dans le Bottleneck »

Sam 2 août midi : Cas (néerlandais) et Pemba (népalais) sont au camp C4 (tout en haut, vers 8000 mètres), Mark (australien) aussi, ils remontent vers le Bottleneck pour porter secours. Deux
porteurs de haute altitude (HAP) remontent dans la voie pour venir en aide. Jelle (néerlandais) redescend vers le camp de base. Roeland (néerlandais) l’y attend. Du camp de base (vers 5000 mètres),
on aperçoit six personnes dans le Bottleneck. Sur demande du camp de base, l’équipe de grimpeurs de singapouriens qui est au C3 (vers 7000 mètres) prépare nourriture, oxygène et eaux pour les
autres grimpeurs et équipes de secours. Pas de nouvelles de Marco (italien) et Wilco (néerlandais). Aucune nouvelle de Hughes (français)
et Karim (porteur pakistanais), Gerard (irlandais) et Rolf (norvégien).

Sam 2 août soir : Cas et Pemba (équipe de secours) redescendent du C4 au C3. Marco a été trouvé et porté au C4 (avec oxygène et médicaments). Il est prévu pour redescendre avec porteurs le
lendemain. Cecilie (norvégienne) est descendue au C4. Mark en bonne santé au C2.  Pas de nouvelles de Wilco (les recherches continuent). Aucune nouvelle de Hughes (français) et Karim (porteur
pakistanais), Gerard (irlandais) et Rolf (norvégien).

Dim 3 août
: Cas et Pemba (équipe de secours) redescendent du C3, avec Wilco, qu’ils ont retrouvé, et Marco, puis au C2. Une équipe de grimpeurs part du camp de base au camp C1 avec de
l’équipement pour les rejoindre (avec un autre Néerlandais, Roeland). Un avion est affrété pour repérer les disparus mais il attend une éclaircie. Cecilie redescend au camp de base (voie des
Abruzzes), elle confirme la disparition de son mari Rolf.

Dim 3 août nuit : tous les néerlandais sont à l’abri au camp de base (voie Cessen).

Lun 4 août matin : Deux hélicoptères Ecureuil A350B de l’armée pakistanaise décollent de l’aéroport civilo-militaire de Skardu. Ils prennent en charge Wilco et Cas (néerlandais) et Nabeel
rapatriés vers l’hopital militaire de Skardu. Marco redescend du C2 au C1. Mais il n’est pas possible, vu les conditions météo, de faire une nouvelle navette héliportée (à partir du camp de base).
Roberto (italien) monte au Camp de base avancé pour accueillir Marco.



 Lun 4 août soir : Marco est au C1. Evacuation prévue à partir du Camp de base le 5 août.

(mise à jour des 6 et 7 août)

Mar 5 août : Marco arrive au camp de base. Mais les conditions météo ne permettent pas l’arrivée de l’hélicoptère.



Mer 6 août : Marco est récupéré au camp de base par un hélicoptère. Il semble sérieusement atteint de gelures et évacué vers l’hopital de Skardu. Un deuxième hélicoptère Mi17 est envoyé pour
aller récupérer l’équipe coréenne.

Crédit image: itinéraire (de Hugues d’Aubarede) – Marco Confortela (à Skardu) – hélicoptère Mi17 pakistanais

(mise à jour du 8 août)

(1) Le site k2climb.net (ExplorersWeb) a publié une enquête élaborée, qui mérite un
détour.  Elle démonte certaines déclarations du grimpeur suédois, Frederik Strang. Celui-là même qui avait déclaré que tous les alpinistes dans le bottleneck étaient morts (alors que Marco et
Wilco furent récupérés par la suite) ou que ceux-ci étaient inexpérimentés (propos repris par l’AFP a plusieurs reprises sans aucune vérification). L’alpiniste a non seulement failli au devoir de
solidarité en montagne mais a également nui au déroulement des secours et plongé plusieurs familles dans le doute. Le site « démonte » aussi de nombreux mensonges du grimpeur suédois sur ses
exploits, ce qui semble une spécialité: « Fredrik Strang’s major achievements according to his recent sponsor brochure are four 8000 meter summits and the Seven summit world speed record. In
reality he has one summit of Everest in a heavily supported and guided expedition. Dhaulagiri is unconfirmed and the rest plain incorrect. That’s it. Sweden might not be the best climbing nation in
the world, but rest assured they have quite a few climbers who can beat that. »

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Drame au K2: des hélicoptères pakistanais Ecureuil à la rescousse

Deux « Ecureuil » de l’armée pakistanaise, ou plutôt une société-filiale (voir ci-dessous), doivent se poser le 4 août, au camp de base (situé à près de 5000 mètres) du K2, la montagne la plus haute
du monde après l’Everest (8611 mètres), pour rapatrier dans la vallée et sur les hopitaux, des grimpeurs européens – néerlandais et italiens essentiellement, victimes d’une chute de Sérac, en haut
du « bottleneck », l’étroit couloir en forme de bouteille surmonté d’un énorme sérac qui précéde le sommet.



Certains d’entre eux seraient blessés, comme l’italien Marco Confortola qui souffre de fractures. D’autres comme les néerlandais Cas van de Gevel et Wilco van Rooijen souffrent de
gelures plus ou moins graves. Ils ont rejoint dimanche dans la journée le camp de base. Et un médecin américain, présent sur place, les a examinés et prodigué les premiers soins.

Opération de secours (mis à jour le 6 août à 17h)
(mis à jour le 4 août 9h00) : Deux hélicoptères Ecureuil ont décollé de l’aéroport de Skardu – qui abrite une base militaire de l’armée de l’air pakistanaise -
le 4 août
à 9H15 locales (5h15 heure européenne). Ils ont récupéré au camp de base les
néerlandais Cas van de Gevel, Wilco van Rooijen, et Nabeel. Ils devraient récupérer ensuite les Italiens Marco Confortola (qui descend du camp C3 au camp C2 comme l’a reperé le pilote de
l’hélicoptère qui a fait un survol de la zone) et Roberto Manni.
(mise à jour 4 août, 15h) Dans l’après-midi, Confortola est au camp C1, et doit arriver au camp de base avancé l’attendait Roberto Manni. Mais en raison des conditions météo, l’hélicoptère a
renoncé à aller le chercher le 4 août. Une nouvelle tentative devrait avoir lieu le 5 août. Les néerlandais
étaient évacués sur l’hopital militaire
de Skardu.
(mise à jour 5 août, 9h)
Confortola n’était pas encore au camp de base avancé. Les conditions météo sont mauvaises. L’hélicoptère est en stand bye. (miste à jour 5 août 17h) Confortola est arrivé au camp de base et finalement évacué sur Skardu le 6 août (mauvaises conditions météo le 5
août). Lire le
récit des Néerlandais.

Les informations données par les agences ont été confuses pendant un certain temps, mentionnant parmi les disparus un Néerlandais. Mais celui-ci est bien vivant, son team l’assure. De même, les Autrichiens Christian Stangl et Thomas Strausz -
dont on était sans nouvelles – seraient de retour au camp. Cette confusion est compréhensible. Plusieurs Européens – appartenant à des expéditions différentes (néerlandaise, italienne, serbe,
coréenne, singapourienne, américaine) sans compter les individuels – avaient, en effet, décidé de joindre leurs efforts pour
atteindre le sommet.

Le bilan aurait pu être plus lourd, côté français. Une équipe de trois alpinistes – de Grenoble et de Nice (Christian Trommsdorff, Yannick Graziani, Patrick Wagnon) était montée au camp de base
fin juillet mais avait décidé de ne pas gravir le K2 et était redescendu.

11 morts selon un dernier décompte
Une d

izaine de personnes (11 selon
un dernier décompte) auraient ainsi perdu la vie dans l’ascension du K2 ce week-end, dont : l’himalayiste français Hugues d’Aubarede
(61 ans, originaire de Lyon), et son guide-porteur, Karim, l’Irlandais Gerard Mc Donnell (38 ans, originaire de Kilcornan), le Norvégien Rolf Bae, ainsi que des grimpeurs d’autres continents (3
Coréens, 2 Népalais et 2 Pakistanais) dont certains l’ont été en tentant de porter secours. Un montagnard serbe, Dren Mandiç – appartenant à une target="_blank">cordée serbo-voivodine – a été tué dans une avalanche vendredi 1er aout (il était âgé de 32 ans et originaire de Subotica).

Contrairement à ce qu’a laissé entendre un alpiniste suédois, présent sur place, cité par l’agence AFP, la plupart de ces personnes étaient des montagnards chevronnés – ayant fait leurs armes en
Himalaya.

Le K2 est réputé comme une des montagnes les plus dangereuses, trois fois plus que l’Annapurna. Le problème avec le K2 explique le chroniqueur basque de l’Himalaya, Xavier Eguskitza est que «
si vous atteignez le sommet, vos chances de retour sont réduites de façon significative » (pour visionner la montée
de Karl Unterkircher).

Des hélicoptères qui frôlent quotidiennement les 6000 mètres


Askari aviation
est une
filiale de l’armée pakistanaise, spécialisée dans le secours et l’accompagnement de touristes. Elle est composée d’anciens pilotes militaires à la retraite et dispose d’hélicoptères – des Ecureuil
ou des Lama – spécialement équipés pour monter jusqu’à 6000 mètres. Ils sont ainsi intervenus à une hauteur d’environ 5750 pour récupérer quatre Autrichiens au Spantik.

 Le Lama (SA 315 B) est une Alouette II équipée d’un moteur surpuissant pour les hautes altitudes – une demande de l’Inde notamment -. Il a pu effectué en 1969 (!) des décollages et
atterrissages à 7500 m dans l’Himalaya avec deux hommes a bord et 120 kg de carburant. Il a atteint, le 21 juin 1972, une altitude record pour un hélicoptère de 12 442 m, avec au manche, le pilote
d’essai Jean Boulet (le Pakistan a bien entendu commandé cette machine).

L’Ecureuil (AS350 B3) a pris le relais (le Pakistan a été livré en 2006), ayant une vitesse ascentionnelle très rapide (9000 mètres en 9mn26). Il a réalisé également un record mondial de posé en allant, le 14 mai 2005, sur le toit du monde, l’Everest, au Népal, à 8848 mètres, avec le pilote
d’essai, Didier Delsalle. La température extérieure était de -36° !. L’essai a été renouvellé le lendemain.

Même si ces records ont pu être atteints, en règle générale, ces hélicoptères en mission de secours – qui nécessitent de mettre du poids supplémentaire, d’hélitreuiller, etc… – ne dépassent pas
5000 – 5500 mètres (6000 mètres maxi).

Crédit photos : Hugues d’Aubarede, Hélicoptère Lama, Posé de l’Hélicoptère Ecureuil à l’Everest (Eurocopter)

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L’évucuation des Européens de Bombay, le souk dénonce des eurodéputés


Président de la délégation de la commission du Parlement européen en Inde – qui
s’est retrouvée coindée à Bombay lors des attentats – le catalan espagnol Ignasi Guardans (qui appartient au groupe libéral et démocrate) garde un souvenir très particulier de la façon dont
l’évacuation des députés européens s’est déroulé. A lire la lettre qu’il vient d’envoyer à H.G. Pöttering, le président du Parlement européen. Le témoignage est assez effarant devant « le manque de
coordination » (pour être gentil) entre les différents consulats et amlbassades pour prendre en charge les ressortissants de l’UE pris dans une situation de crise. Et les parlementaires devraient
d’ailleurs poser une question orale sur ce sujet au Conseil (et à la présidence française).

Son récit vaut le coup d’être lu dans toutes ces circonvulations. Car comme le dit le député (traduction) : « Je suis convaincu qu’il y a des leçons à prendre de ce que nous avons été témoins et de
la façon dont cela doit être géré par les différents acteurs européens » (…) « ce que nous avons vécu a été aussi vécu par d’autres Européens – poursuit-il. Et cela montre comment il reste beaucoup
de travail pour faire que la citoyenneté européenne ne soit pas seulement un mot vide de sens, spécialement dans ces moments de crise dans un pays tiers où les citoyens européens pourraient
attendre davantage de l’Union européenne – que nous aimons et supportons ».

(le texte original est en anglais)

La différence entre la théorie et la pratique, le Consul allemand dit : « je ne prends que les Allemands ».
« A member of the EC delegation in Delhi and myself we assumed the
coordination with different European authorities to be evacuated from there and be taken together to a safer place. It was during those hours that the German Consul in Bombay showed us all how
different the EU theory and discourse can be from reality, when he came to the place we where sheltering in, repeating that sentence which I will never forget: “I will only take Germans”. And so he
did. »

Les Français offrent de prendre en charge la délégation
« Later on, immediately after sunrise, the Spanish Consul brought in two cars and brought those of us from the restaurant to a hotel lounge where they took care of us. At that time, the UK
Consul and the one from Hungary had also offered their support in different ways. Some hours later, we accepted the invitation of the French consulate to gather all at the Consul’s Residence. It
was there where the European Parliament Delegation was reunited, including those who had escaped from the Taj Mahal hotel, and those who had spent most of the night in the streets. We were later
joined by the French Ambassador and by the Head of the EC Delegation in Delhi. On Thursday night we all moved to the residence of an Indian businessman, who for the following 15 hours provided us
with rooms, food and even some basic clothes and hygienic stuff. »

… Mais la contradiction permanente règne! Et, sans passeport (perdu dans les évènements), pas de possibilité de s’échapper
« During all that time, a long line of contradictory information regarding our situation and how and when we would leave the country succeeded one to each other, depending on who would you talk
to. Most of us had no passport, so there was no way to take any commercial flight. And at that time we still believed it would be a good thing for all of us to stay and return together. An official
from the French Consulate informed us that they would provide us with a “laissez passer” and the exit visa delivered by the Indian authorities. On the basis of this promise of a common treatment of
our papers, members of the delegation, including myself, kindly said no to the offers of our respective consulates to provide us with travel documents. « 

Pour des raisons que je ne comprends pas, les laissez-passer promis n’arrivent pas
« Unfortunately, for reasons I still do not understand, that promise was never fulfilled. 24 hours later we had still not received any personal travel document. It is to be noted that even a
staff member of the Delegation, who has double French-German citizenship, was at that moment denied the right to receive French papers, on the bureaucratic argument that she had used her German
passport to enter the country. (Only many hours later, and some political pressure in Paris, the French consulate accepted to provide her with a French temporary passport). »

Le consul allemand atteint le summum de la bureaucratie : »venez déclarer la perte de votre passeport à la police ».
« All confidence lost in the french offers, each one rushed to contact their own national representation, some of which had also made an offer to provide papers for non-nationals. And within
hours we received very different documents: some got a full new valid passport, others a temporary one, others a laissez-passer with or without the Indian exit visa. Again, the German consul was
the one who gave the worst answer, in form (extremely impolite) and in substance to the requests received, complaining that this German-French national should have denounced the loss of her
passport in writing, and that she should personally go to the police if she wanted an exit visa. »

Réaction espagnole très rapide… mais avec un tout petit avion trop petit pour emmener tout le monde
« Some remarks regarding the evacuation itself. The Spanish Government made an offer from the very beginning to take us all on their plane. But they seriously miscalculated the number of Spanish
citizens they had to take care of, and they sent a very small plane. »

L’avion français prend du retard, l’ordre succède au contre-ordre…
« They then asked us to accept an offer from the French Government, which we did, and we all went to bed on Thursday believing what we had been told: that a French plane had left Paris hours ago
and would be taking us in the morning. On Friday morning we learnt that that again was not true, that a big plane from the Ministry of Defense was coming much later than expected, and that it would
only leave Mumbai after confirming that no French citizen was left, and not earlier than Saturday 3 am. It was then when several MEPs, who had their passports, some of them strongly upset,
organized their departure on their own and left in the following hours. The rest of us, now trying to clarify the situation of our documents, without which no commercial flight was possible, we
stayed together until late night. As you know, but that time the Parliament had assumed the organization of the departure of everybody and booked several places on a flight to Brussels. An
interpreter, a policy adviser and I we flew back in the French evacuation flight. »

Ma critique sur la présidence française: pas de transparence, pas d’information, ou des mauvaises informations…
« My criticism here is not on what the French presidency decided was
best for us and for their citizens. What was wrong in all this was that we were treated for many hours, in particular by the French Ambassador and the one official under him who was put in charge
of us, more or less as a group of helpless and irresponsible children who needed evacuation. No transparency, no information, even misinformation in some cases, no sharing of decisions, no
reasonable options made available to us. It all added stress to a group of serious and experienced persons already under strong emotional pressure without any personal belongings with them. This is
also something that could be seriously improved. »

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En Inde, mobilisation du mécanisme « protection civile » de l’UE

Suite aux attaques terroristes à Bombay en Inde, le mécanisme communautaire de protection civile a été activé permettant notamment à certains États membres de l’UE (France et Suède), ayant dépêché
un avion en Inde, d’évacuer des blessés d’autres nationalités (Royaume-Uni et Espagne), a précisé la Commission européenne dans un communiqué de presse.

Un avion suédois. Ainsi un avion de la SAS et l’équipe médicale de l’agence suédois des services de secours, mise à disposition par la Suède, a permis d’évacuer lundi sur Londres, cinq
blessés, dont deux sérieusement atteints et un souffrant de traumatismes psychologiques. Le plan suédois a été mobilisé pendant le week-end, en collaboration avec deux experts (de la France et la
Suède) engagé par le mécanisme communautaire de protection civile pour aider à la coordination de l’opération. Les fonctionnaires de la Commission de la délégation de la CE en Inde a facilité la
coopération entre les États membres »consulats à Mumbai pour aider à identifier les citoyens européens qui ont besoin d’évacuation médicale. Et les frais d’évacuation sanitaire ont été cofinancés
par le budget communautaire, selon les modalités d’un arrangement conclu en 2007.

Et un avion français. Quant à l’avion affrété par le gouvernement français, il a rapatrié sur Paris, samedi, 77 rescapés, dont 29 Français, 19 Italiens, 17 Espagnols, 5 Allemands, un
Polonais, un Grec, un Néerlandais, un Suisse, ainsi qu’un Kazakh, un Algérien et un Congolais (pour un bilan plus détaillé
de l’opération française). A noter que l’Autriche et la Grèce avaient également fait une offre de moyens, qui n’ont pas été utiles ensuite.

Bien mais peut mieux faire ? Il n’empêche – je réitère ma position précédente… -  ce mécanisme est loin d’être
suffisant. Il permet la transmission d’informations entre Etats mais pas une réelle « régulation de crise » et surtout l’anticipation nécessaire. Certains Etats membres semblaient, en effet, encore
réticents – avant la crise indienne – à approuver le concept commun d’évacuation des citoyens européens, en recourant au besoin à
des moyens militaires, préparé par l’Etat-Major de l’Union européenne. C’est-à-dire de déterminer – zone géographique par zone géographique – les moyens d’évacuation disponibles que peuvent mettre
en œuvre chaque Etat, et éventuellement la « nation-cadre » chargée de mener à bien l’opération.

Le principe d’un renforcement approuvé au Sommet européen ? Hervé Morin, le ministre de la défense français, l’a rappelé, mardi, devant les eurodéputés de la commission des affaires
étrangères du Parlement européen: « Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure. Mais de coordonner les centres de crises nationaux, le transport, l’échange et informations des plans
nationaux; et d’avoir une planification de l’évacuation : un point de contact par pays et un pays pilote par zone concernée. »
La présidence française espère ainsi aboutir à faire approuver le
principe d’un tel plan au prochain sommet européen…

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Feux en Grèce. Quand la sécurité civile européenne s’ébauche

(articles publié dans Maires de France et Ouest-France, 2007)

Beaulieu 5-9, dans la banlieue de Bruxelles, c’est le centre nerveux du « mécanisme européen de protection civile ». Un bien grand mot pour un bureau tout à fait ordinaire, où
officient des fonctionnaires un peu moins ordinaires. Ici règne le franc parler habituel des « opérationnels ». Ici, 24 heures sur 24, un pays européen en proie à une calamité à laquelle il ne peut
faire face (feux, inondations, pollution marine…) peut demander l’aide de ses homologues. Créée après une série de catastrophes à la fin des années 1990 – le naufrage de l’Erika, les violentes
tempêtes, la pollution industrielle du Danube -, la cellule de crise de l’Union européenne a pris le relais d’un système plus lâche d’information, mis en place dès 1991. Les attentats du World
trade center à New York servent de déclencheur. Il met en oeuvre le principe cher aux mousquetaires : « Un pour tous, Tous pour un ». Car l’Europe, quand on additionne ses pompiers, ses
matériels divers et variés et ses experts en tout genre, représente la première force d’intervention de sécurité civile au monde. La cellule européenne a vocation à intervenir sur tout type de
catastrophe d’origine naturelle, technologique, humaine survenant dans un pays européen, voire même dans un pays tiers lié par un accord avec l’Union européenne.

Un système opérationnel efficace

Cet été, quand l’appel de la Grèce pour les feux de forêt est tombé, il était déjà très tard. Les feux de forêt avaient pris une ampleur terrifiante. Heureusement, la réaction européenne a
été rapide. Moins de 24 heures après, deux Canadairs français, en provenance de Marseille étaient déjà sur zone, deux autres suivaient le lendemain. « Les meilleurs sont les Français »
assure-t-on, au niveau européen. « Ce sont les seuls qui peuvent larguer en volant à seulement 5 mètres de hauteur ». En tout une dizaine de Canadairs, cinq autres avions et près d’une vingtaine
d’hélicoptères provenant de 14 pays européens, de Norvège, d’Allemagne, de Serbie et même d’Israël ont volé vers la Grèce.

« La solidarité européenne a joué à plein » explique Hervé Martin, le chef de l’Unité « Protection civile » à la Commission européenne. Et ce n’est pas un vain mot. L’Italie, qui
avait des renforts français pour ses incendies, a accepté que ceux-ci soient déroutés sur les feux grecs. « C’est pire chez eux que chez nous » a justifié un responsable italien. « On n’a
jamais vu une telle situation
» confirme Hervé Martin. « Nous sommes d’ailleurs au bout des capacités européennes de Canadairs. Si un autre incendie se déclenche, nous serons démunis. Ou
alors il faudra priver la Grèce de moyens. Et c’est la deuxième fois depuis le début de l’été que cela se reproduit. Il faut donc réfléchir à d’autres moyens pour l’avenir
. » A défaut
d’acheter de nouveaux Canadairs, des avions australiens ou canadiens pourraient être prépositionnés en Europe l’été ou des moyens privés mis en astreinte. Mais cela coûte, un peu, cher.

Les Etats membres sont réticents à confier une nouvelle compétence à l’Europe… même s’ils sont bien contents d’appeler Bruxelles à la rescousse quand le feu brûle. «Le mécanisme de
protection civile européen a prouvé son utilité
» estime Stavros Dimas, le commissaire chargé de l’Environnement. « Mais il peut encore être amélioré. Nous avons pu aider, mais nous avons
aussi appris comment notre aide peut être améliorée. (…) Mais pour concrétiser ces plans, nous devrons disposer de ressources suffisantes
.» 

Des propositions des moyens

Une proposition en 2006. La Commission européenne a ainsi avancé, en 2006, une série de propositions visant à améliorer la capacité de réaction du mécanisme de protection civile de l’Union
européenne en cas de catastrophe naturelle ou écologique. Lorsque les moyens de transport nationaux font défaut, sont insuffisants ou inadéquats, la Commission propose donc de louer les moyens de
transport nécessaires. En cas de catastrophes simultanées ou à grande échelle, la Commission pourra aussi mobiliser des équipements supplémentaires, notamment des équipements logistiques de base et
en particulier du matériel de communication.

Un moyen d’information
La Commission a lancé sur son site internet, un bulletin quotidien appelé «MIC Daily» qui sert d’observatoire des catastrophes naturelles et humaines, en devenir ou en cours, dans le monde.
L’objectif est d’informer les décideurs et les centres de crises en Europe et à l’étranger. Le MIC Daily est relié à plus de 50 services d’alerte précoce et d’alerte en temps réel ainsi qu’à des
centaines de sources d’information à travers le monde. Il fournit à un aperçu des catastrophes principales (séismes, inondations, incendies de forêt, etc.), avec des liens hypertextes vers des
rapports détaillés, cartes, images satellitaires et analyses. Le grand public y a également accès. Les systèmes d’alerte précoce seront renforcés permettant d’intervenir plus rapidement, ainsi que
la coordination entre forces de protection civile.

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Feux de forêt en Grèce: « Beaulieu5-9″ répond… pour l’Europe

Beaulieu 5-9, dans la banlieue de Bruxelles, c’est le centre nerveux du « mécanisme européen de protection civile ». Un bien grand mot pour un bureau tout à fait ordinaire, où officient des
fonctionnaires un peu moins ordinaires, au franc parler habituel des « opérationnels ».

Quand l’appel de Grèce est tombé, vendredi à 16h, il était déjà très tard. Les feux de forêt avaient pris une ampleur terrifique. Heureusement, la réaction européenne a été rapide. Dès le
samedi midi, deux Canadairs français, en provenance de Marseille étaient sur zone, deux autres suivaient le lendemain. « Les meilleurs » assure-t-on, au niveau européen. « Ce sont les
seuls qui peuvent larguer à 5 mètres
». En tout une dizaine de Canadairs, 5 autres avions et près d’une vingtaine d’hélicoptères provenant de 14 pays européens, de Norvège, d’Allemagne, de
Serbie et même d’Israël ont volé vers la Grèce.

« La solidarité européenne a joué à plein » explique Hervé Martin, le chef de l’Unité « Protection civile » à la Commission européenne. Et ce n’est pas un vain mot. L’Italie qui
avait des renforts français pour ses incendies a accepté que ceux-ci soient déroutés sur les feux grecs. « C’est pire chez eux que chez nous » a justifié un responsable italien. « On n’a jamais
vu une telle situation
» confirme Hervé Martin. « Nous sommes d’ailleurs au bout des capacités européennes de Canadairs. Si un autre incendie se déclenche, nous serons démunis. Ou alors il
faudra priver la Grèce de moyens. Et c’est la deuxième fois depuis le début de l’été que cela se reproduit. Il faut donc réfléchir à d’autres moyens pour l’avenir
». A défaut d’acheter de
nouveaux Canadairs, des avions australiens ou canadiens pourraient être prépositionnés en Europe l’été ou des moyens privés mis en astreinte. Mais cela coûte, un peu, cher. Et les Etats membres
sont réticents à confier une nouvelle compétence à l’Europe… même s’ils sont bien contents d’appeler Bruxelles à la rescousse quand le feu brûle.
(article paru dans Ouest-France le 28 août 2007)

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Coordonner les moyens de protection civile, une vieille idée… toujours remise à plus tard!

(article publié dans Ouest-France 21 janvier 2005) Une simple note devrait être donc présentée ce lundi aux ministres des affaires étrangères qui doivent adopter un
plan d’action après le Tsunami.

Le souffle du tsunami retombé, l’élan européen pour coordonner les moyens de protection civile semble s’essouffler. Sauf surprise, les ministres devraient ainsi se
contenter, ce lundi, de belles phrases. Ce n’est pas la première une fois… La première résolution en la matière remonte à… 1991. Et ce n’est qu’après une conjonction d’accidents en 1999-2000 —
naufrage de l’Erika, tempêtes, tremblement de terre en Turquie… — qu’un semblant de coordination européenne voit le jour. Une petite cellule « protection civile » prend ses quartiers à la
Commission européenne (1). Une base de données répertoriant les moyens est mise en ligne. Quelques exercices en commun ont lieu. Michel Barnier, à l’époque commissaire à la politique régionale,
voit plus loin et se prononce (déjà !), pour « développer une capacité d’intervention européenne, qui s’appuierait sur les dispositifs nationaux existants et qui serait capable d’intervenir
de façon coordonnée
».

Tout est dit… Peu sera fait ! De nombreux Etats membres semblent réticents à lâcher une quelconque parcelle de pouvoir et… de budget (2). Et après les
attentats du 11 septembre 2001, la lutte antiterroriste occupe tous les esprits. Certes les incendies de forêts à l’été 2003 et, surtout l’attentat à Madrid en mars 2004, reposent l’urgence d’une
solution. Mais la rétention d’informations pour alimenter la base de données reste monnaie courante. La Commission Prodi propose bien aux Ministres un plan d’action précis. Avec les félicitations
des 25… Mais, toujours, sans suite concrète.

Les querelles de pouvoir minent, en fait, toute initiative. Entre institutions européennes tout d’abord mais aussi en leur sein (3). La Commission Barroso a ainsi été incapable, mercredi dernier, d’adopter une position commune sur le sujet, les commissaires se disputant le leadership du dossier. Et dans
certains pays, ce n’est pas mieux ! Chacun des acteurs concernés – Affaires étrangères, Intérieur, Santé, Environnement…— tente de sauvegarder son point de vue…

Que faudra-t-il pour que l’Europe se dote, enfin, d’une coordination de ses moyens de protection civile adaptée à son ambition ? Une nouvelle catastrophe majeure
?

Nicolas GROS-VERHEYDE.

(1) Non sans difficulté. Quelques jours avant le tsunami, le 21 décembre, les ministres renâclent à voter une augmentation de
budget pour la petite cellule de protection civile — 2 millions d’euros par an, une misère à l’échelle européenne.

(2) Ainsi, alors qu’un seul Etat avait signaler avoir des pompes à disposition. six tout d’un coup en mettront à
disposition
lors des inondations en 2003. Effet bénéfique mais sous la pression. D’ordinaire c’est plutôt la rétention
d’informations qui masque la collaboration inter-étatique.

(3) Au niveau européen, Conseil des Ministres et Commission européenne se disputent le leadership du dossier.
Et ces dissensions se répercutent à la Commission européenne. Celle-ci a été incapable de présenter une position commune aux ministres.

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Protection civile, comment l’Europe a perdu une bataille

(article rédigé en janvier 2005) Malgré de belles paroles, les Etats membres ont toujours été réticents à confier à l’Europe une parcelle d’efficacité en
matière de protection civile. Témoin de cette véritable « apathie », un sabre budgétaire s’est abattu en décembre dernier sur le seul budget de coopération en la matière. Allié au goupillon de la
lutte anti-terroriste, il a beaucoup fait pour geler le dossier.

20 % de moins pour le budget de protection civile
C’était le 20 décembre (2004). A Bruxelles, les ministres de l’environnement des 25 entérinaient sans discussion une décision préparée par leurs diplomates. L’objectif — consacrer le minimum du
minimum à la coopération en matière de protection civile — était atteint. Alors que la Commission proposait 2,4 millions d’euros par an  — – une misère au regard des budgets européens, 
0,002 % du budget de l’Union, vingt minutes à peine de primes agricoles !— quelques Etats emportés par une rage anti-dépenses, —l’Allemagne, les Pays-Bas particulièrement contrés mais très
mollement par la France et l’Espagne— décidaient de sabrer dans ce budget, que seule, en fait, l’Italie défendait. Résultat : 800.000 euros en moins, 20 % du budget alloué. Juste par principe ! Il
s’agissait de montrer les crocs face à la Commission européenne dans une discussion qui se déroulait en parallèle sur les perspectives financières pour 2007-2013… Quelques jours plus tard, les
mêmes s’enflammaient, faisaient de la surenchère aux dons, … Il est vrai qu’entre-temps, des vagues déferlantes avaient emporté près de 200.000 corps, quelque part en Asie. Et que dans cet
entredeux fêtes, les caméras étaient braquées sur les gouvernements, embarqués dans un vaste téléthon mondial.

Tout a été posé dès 1999-2000…
Malgré une résolution … datant de 1991 pour renforcer l’assistance mutuelle en cas de catastrophe naturelle ou technologique , les Etats ont en effet toujours été très réticents à lâcher une petite
parcelle de pouvoir, et de budget, en matière de protection civile.
Certes la nécessité d’aller plus loin en matière de protection civile a été soulignée dès les années 1999-2000. Le naufrage de l’Erika, le tremblement de terre en Turquie, les tempêtes, l’accident
d’une usine de feux d’artifice à Enschede aux Pays-Bas … mettent en lumière la nécessité d’agir. A la Commission européenne, un triumvirat composé de Prodi, Barnier et Wallström pousse alors en
avant. Il souligne , déjà !, « le manque de coordination des interventions dans les situations d’urgence et la nécessité » . Les Etats-membres, touchés chacun leur tour par une catastrophe, en
conviennent. Un programme de coopération est donc mis en place. Il comprend déjà toutes les idées, (ré)agitées ces derniers temps : le recensement préalable des équipes d’intervention « disponibles
dans des délais très courts », un programme de formation, des équipes communes d’évaluation et de coordination, un système de communication, etc. Michel Barnier, alors commissaire à la politique
régionale, voit même plus loin – sur ce point, il n’a jamais varié de conviction — et enfonce le clou « il faut développer de manière plus systématique une capacité d’intervention européenne pour
lutter contre les catastrophes, qui s’appuierait sur les dispositifs nationaux existants et qui serait capable d’intervenir de façon coordonnée ». Tout est dit… Peu sera fait !

mais ralentie et torpillée par l’obsession de la lutte antiterroriste …
Mais, avec les attentats de septembre 2001, les Etats ont la tête ailleurs. La lutte antiterroriste occupe tous les esprits. De précieux mois sont perdus. Un expert le confirme en termes fort
diplomatiques. « le momentum politique n’était pas là ». L’expédition anglo-américaine en Irak n’arrange rien. Le projet du « clan des 4 » (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg) d’une EU-Fast
déposée en novembre 2003 fait long feu. Britanniques et Espagnols sont, à l’époque, obsédés par l’idée de ne pas déposséder l’Otan de certaines capacités de la « gestion civile de crise ». Le
compromis est vite trouvé. Le projet d’une task force est enterrée.

Malgré de belles paroles, les Etats membres ont toujours été réticents à confier à l’Europe une parcelle d’efficacité en matière de protection civile. Témoin de cette véritable « apathie », un
sabre budgétaire s’est abattu en décembre dernier sur le seul budget de coopération en la matière. Allié au goupillon de la lutte anti-terroriste, il a beaucoup fait pour geler le dossier. 

… des querelles de pouvoir et de chapelle …
A cela s’ajoute des querelles de pouvoir. Entre Etats membres d’abord. Pour les uns la protection civile est du ressort de l’armée, pour d’autres, de la gestion civile des crises, donc du ministre
de l’intérieur, pour les troisièmes, de la santé et du secours d’urgence ou de la préservation de l’environnement.  Cette querelle se répercute naturellement au niveau européen. La protection
civile dépend, en effet, à la Commission  de la direction générale  « Environnement ». Pas très sérieux aux yeux des militaires ou sapeurs pompiers chargés en général de la sécurité
civile. Le haut représentant à la politique extérieure, Javier Solana, qui souhaiterait bien disposer de telles compétences, n’est pas le dernier à souffler les braises sur le feu. Au sein de la
Commission européenne, la querelle se fait jour entre les services de la justice et de l’environnement qui revendique chacun le leadership en matière de protection civile.

… les carences des Etats membres …
Les Etats font de la rétention d’information. La Commission reconnaît d’ailleurs, dans son rapport en mars 2004, « des carences en matière d’information ». « La base de données est actuellement
assez rudimentaire ». Exemple lors des inondations en France, « lorsque la France a récemment demandé des pompes en grande capacité, un seul pays avait enregistré dans la base de données des
équipes disposant de pompes et la capacité de ces pompes n’était pas précisée. Or la réponse à la demande d’aide a révélé que six pays participants disposaient de matériel répondant aux spécifiques
techniques ».

… et la fausse excuse des « bases juridiques » (1)
Ce n’est qu’après l’attentat de Madrid, en mars 2004, que l’idée d’un renforcement de la protection civile peut refaire surface. La Commission européenne présente rapidement ses propositions. Tout
simplement, car elles reprennent le projet ébauché en 1999-2000 . L’idée d’une « task force » reste taboue. « Nous n’avons pas de base juridique pour agir » avance un porte-parole de la Commission.
« Faux » répond un diplomate. Personne n’a apparemment songé à une idée émise par certains spécialistes, qui ne coûte rien et ne nécessite qu’une décision administrative. Rassembler physiquement en
un même lieu, la petite cellule de protection civile au service de l’Office européen d’aide humanitaire. Trop facile sans doute !

 Echo, l’exemple louable, à ne surtout pas suivre ?
Malgré tous les louanges qu’a reçu dernièrement, Echo, cet Office européen pour l’aide humanitaire souffre d’une tare indélébile aux yeux des gouvernements : il est bien trop autonome. Son budget
est débloquable rapidement.  Et s’il ne dispose pas de ses propres troupes, il se repose généralement sur  la Croix-rouge ou les ONGs, voire des organes des Nations-Unies à qui il
distribue , directement, ses subsides. Trop risqué. Ces « troupes » ne portent pas suffisamment haut le macaron national. Or n’est-ce pas ce qui compte  dans une intervention de cette nature ?
Le drapeau porté hors des frontières, de préférence devant les caméras….

(1) (mis à jour janvier 2010) Depuis le 1er décembre 2009 (avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne), il y a une base juridique pour agir (lire :
Une nouvelle compétence de gestion de crises pour l’UE: la protection
civile
). Et dans la structure de la nouvelle Commission 2010, la cellule de protection civile va être intégrée à ECHO (sous la responsabilité de la commissaire à l’aide humanitaire et la
réponse de crise qui aura donc les deux fonctions).

© NGV

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Face aux catastrophes naturelles, doter l’Europe d’une force de frappe

(article paru dans Ouest-France 2004).


Rassembler près d’une cinquantaine de ministres autour de la table, sur la
catastrophe asiatique. Tel était le symbole de solidarité, et le principal objectif, de la réunion extraordinaire des Ministres des affaires étrangères et de la santé, auxquels assistaient
plusieurs représentants des Nations-Unies (OMS, Unicef, Affaires humanitaires). Le « rôle central de l’ONU » a, bien évidemment, été mis en exergue. Et les 25 ont salué la volonté de la Commission
européenne de dégager 450 millions d’euros supplémentaires sur le budget communautaire, en majeure partie destinée à la réhabilitation. « Une phase cruciale » a souligné le commissaire
européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel. D’autres actions pourraient voir le jour, notamment pour venir en aide aux communautés de pêcheurs, fortement touchées. Les 25
encouragent enfin la mise en place d’une solidarité de proximité, des jumelages entre les régions, les villes, les hôpitaux, les écoles. Mais l’ambition européenne est aussi de mieux s’organiser
pour l’avenir. L’espagnol Javier Solana a ainsi été chargé de coordonner les moyens militaires d’intervention. Michel Barnier et Philippe Douste-Blazy, ont plaidé pour « une force
d’intervention rapide de protection civile
». « Il ne faut pas créer une nouvelle structure — explique Michel Barnier, ardent promoteur de cette idée depuis des années — mais
avoir à Bruxelles un petit Etat-major qui fasse la liaison entre les différentes forces de protection civile de chaque pays. Avec des secouristes entraînés à travailler ensemble et pouvant partir
dans les 48 heures. (…) Il faut aussi que l’on vérifie si nos côtes, en Méditerranée et en Atlantique, sont bien dotés d’un mécanisme d’alerte comme dans le Pacifique
» a-t-il ajouté. Puissent
ces idées être mises en pratique avant la prochaine catastrophe…

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