Service diplomatique

Le service diplomatique : un an mais pas encore toutes ses dents

(Bruxelles2, Bilan 2011) Le service diplomatique européen fête le 1er janvier sa première année d’existence. La naissance au forceps a laissé des traces. Mais le chemin vers une diplomatie européenne semble encore long.

NB : cet article est une version un peu plus longue que celle parue dans la Lettre de l’Expansion en primeur – lundi 19 décembre – © et citations de la Lettre  de l’expansion, obligatoire, même pour une courte citation

Une des principales innovations du Traité de Lisbonne, le service européen d’action extérieure (SEAE) est en place. Un petit miracle en soi. Mais il faudra plus que quelques mois pour arriver à un plein résultat. « C’est un travail de cinq à dix ans minimum » n’hésite pas à confier Pierre Vimont, le chef du SEAE et ancien chef de cabinet de Dominique de Villepin au Quai d’Orsay. « 30 ans même ». Les divergences restent grandes entre les Etats membres, la Commission européenne ou le Parlement européen sur ce que doit être la diplomatie européenne. Du côté de la Commission, on ressent le nouvel arrivant comme une « inflexion intergouvernementale » visant à limiter son pouvoir. Les Etats membres craignent, eux, un abandon de souveraineté. Crainte aiguisée par la diminution des moyens dans chaque pays. Les coupes budgétaires en cours conduisent, en effet, nombre de chancelleries à fermer consulats ou ambassades un peu partout dans le monde.

Une année de mise en place

La restructuration, la fusion de différentes administrations (Commission et Conseil), de différents corps (diplomates, techniciens, militaires et États membres), de différentes cultures en un seul… ne va pas aussi de soi. Une bonne partie de 2011 a été consacrée à des tâches administratives : mise au point de procédures, recrutement, organisation des bureaux, etc. Le recrutement de nouveaux collaborateurs a ainsi occupé pas mal de temps, sans oublier les départs et démissions… Le service a reçu « près de 9000 candidatures pour un total de 181 postes disponibles » témoigne David O’Sullivan, le directeur administratif du SEAE.

Un réseau sans égal

La grande force du service diplomatique européen repose cependant sur ses délégations. Il est présent dans 137 pays, en comptant les deux petits derniers (Libye, Sud-Soudan). Ce qui fait de l’Union européenne un des premiers réseaux diplomatiques dans le monde. Mais, entre gérer et contrôler l’attribution des fonds par la Commission – ce que faisaient les délégations de l’UE jusqu’à là – et produire une analyse politique et des rencontres de haut niveau, le propre d’une ambassade, il y a un pas. Pour renforcer ce volet politique, il faut recruter, mettre au point des procédures d’alerte, avoir des systèmes de transmission cryptés, concevoir des télégrammes diplomatiques types. Et, surtout, changer la culture et l’état d’esprit au quotidien. « Certaines délégations ont bien compris. Et nous recevons des télégrammes de haute qualité, chaque jour voire plusieurs fois par jour, dans d’autres, il y a encore… du travail » reconnaît un conseiller de la Haute représentante.

Un organigramme touffu

Le SEAE pêche toujours dans son organisation. Conçu de manière empirique, l’organigramme est devenu illisible. A côté de la structure hiérarchique classique (départements géographiques ou thématique), se sont greffés plusieurs services autonomes (audit, juridique, planification cellule politique…), sans compter les nombreux électrons libres (cf. encadré, ci-dessous). Un « board » est sensé coordonner l’ensemble. Quand tout le monde est là, « on peut arriver à 140 personnes, assistantes compris », commente un agent. Une véritable coopérative ouvrière autogérée. Un « joli foutoir » plutôt persifle un diplomate. D’autant que les courts-circuits sont nombreux. On perd « beaucoup de temps en interne », précise un autre. La circulation d’information entre le SEAE et les Etats membres et à l’intérieur du service reste encore un point faible. Les Etats du Benelux s’étaient plaint formellement à la Haute représentante de ne pas recevoir assez d’informations ; ce point a de nouveau été mis sur la table par la lettre des Douze ministres des Affaires étrangères.

Des relations délicates avec les autres acteurs

Le problème pour le service est de gérer ses relations avec les autres institutions. Le point le plus critique est avec la DG développement, placée sous l’autorité d’un autre commissaire, Andris Piebalgs, et en pleine réorganisation interne également. Selon l’accord signé au Parlement européen, le SEAE élabore les lignes générales des actions ; et c’est à la DG développement de les développer et de les appliquer. Dans les faits, les spécialistes du Développement ne veulent pas entendre parler d’une tutelle du SEAE et font à leur habitude. « Nous avons fait pendant des années sans le SEAE. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va changer. » est le sentiment généralement partagé chez les “DevCo” qui redoutent une mise sous tutelle des projets de développement dans des objectifs politiques plus flous. Une situation effectivement compliquée. Comme le résume un officiel : « On ne peut pas demander à la DevCo de n’être que les comptables des opérations que le SEAE engage. »

Les relations avec le service de Herman Van Rompuy ne sont pas toujours aisés également. Alors que le SEAE est sensé préparer les positions du président du Conseil européen, celui-ci dispose de son propre cabinet qui rédige leurs propres analyses. Et Van Rompuy est parfois ravi de damner le pion à la Haute représentante, notamment pour recevoir les personnalités étrangères, comme récemment avec Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne, ou Medvedev, le président russe. Le principe de “partage” est, en effet, que la Haute représentante reçoive les ministres des Affaires étrangères et le président du Conseil européen ou/et le président de la Commission européenne, les chefs d’Etat ou de gouvernement. Un principe beau sur le papier mais qui donne des effets négatifs ensuite sur le rôle du Haut représentant. Dans les zones de crise, en effet, il y a des discussions à mener directement avec le chef de l’exécutif et non seulement avec un ministre.

Un premier succès

Le nouveau SEAE compte cependant un premier succès à son actif : les Balkans. En réussissant à engager sous l’égide d’un diplomate britannique du service, Robert Cooper, des négociations directes entre la Serbie et le Kosovo, les Européens ont joué plutôt finement. « L’intégration des services a marché » commente un expert du dossier. Et le déploiement d’une mission de 2000 policiers, juges et douaniers dépendant directement du service diplomatique, a permis de disposer d’un relais sur le terrain. « Avoir une ligne directe entre le chef de mission et l’autorité politique est un atout » reconnaît un militaire.

Le big bang du déménagement

Le SEAE devrait emménager, dans les prochains mois dans un nouveau bâtiment, The Capitals, qui permettra de regrouper la plupart des services dans un seul lieu, alors qu’ils sont aujourd’hui dispersés sur plusieurs sites. Un « big bang » redouté mais aussi espéré. Le succès du service diplomatique dépend aujourd’hui de sa « capacité à faire travailler ensemble des personnels issus de cultures nationales et institutionnelles différentes » souligne un diplomate français. Ce qui constitue son handicap aujourd’hui – l’absence de culture commune – pourrait bien constituer sa force demain – en mixant différentes cultures.

Nicolas Gros-Verheyde

Les électrons libres. Le SEAE compte un certain nombre d’électrons « libres » recrutés intuitu personae. On trouve ainsi l’Espagnol Bernardino Leon, ancien proche conseiller de Zapatero, chargé de la démocratie dans le monde arabe, ou le Grec Alex Rondos, proche de G. Papandréou, qui vient d’être nommé pour la Corne de l’Afrique. La Haute représentante, Catherine Ashton, s’est ainsi fait la spécialité de récupérer, ou repêcher, des proches conseillers de dirigeants européens mis sur la touche. Elle dispose aussi du Britannique Robert Cooper, qui est son conseiller spécial, un des plus anciens du service extérieur européen puisqu’il est entré en 2002. Ou d’Agostino Miozzo, vieux routier de la protection civile italienne, chargé de coordonner la « réponse de crise ». Pour éviter la répétition du vide après le séisme d’Haïti.

Lire également : A vos cartons ! On déménage

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Trois ambassadeurs de l’UE nommés au Kosovo, Macédoine et Palestine

(BRUXELLES2) Trois nouveaux ambassadeurs vont prendre leurs fonctions à Pristina (Kosovo), Skopje (Fyrom/Macédoine) et Jerusalem (Cisjordanie, Gaza et Unrwa). Leur nomination vient d’être annoncée par la Haute représentante, par biais de communiqué. Trois nominations dans des zones sensibles qui vont à des nationaux de pays entrés au dernier élargissement (Slovénie, Estonie, Malte). Deux diplomates expérimentés… et un ministre des Affaires étrangères. Précisons que les terminologies des postes sont légèrement différents : délégation de l’UE en Fyrom, bureau de l’UE au Kosovo, représentation de l’UE en Palestine. Ceci étant la conséquence de la différence de statut de ces “pays” au niveau de l’Union européenne.

Kosovo : le Slovène Samuel Žbogar

Une nomination qui n’est pas anodine. Samuel Žbogar est l’actuel ministre des Affaires étrangères de Slovénie (depuis novembre 2008). Après les élections de décembre qui ont vu la victoire d’un nouveau parti, “Slovénie positive“, du maire de Ljubljana Zoran Janković, il quitte donc ce poste politique pour arriver au Kosovo, d’abord comme chef de la délégation de l’UE, puis pour coiffer la double casquette de représentant spécial de l’UE. Cette dernière nomination doit encore être confirmée dans les semaines à venir par une décision du Conseil de l’UE. Ce qui mettra fin ainsi au long intérim de Gentilini.

Né en 1962, diplômé de la faculté des sciences sociales et politiques de Ljubljana, il a été dans les corridors de plusieurs des évolutions de la Yougoslavie vers la marche vers l’Europe. Intégré au comité de la république slovène pour la coopération internationale en 1987, il est 3e secrétaire au département des pays du voisinage au ministère (fédéral) des affaires étrangères à Belgrade en 1990. En 1991, il devient, conseiller au (premier)ministère slovène des Affaires étrangères (Dimitrij Rupel) et participe comme secrétaire de la délégation slovène à la conférence internationale sur l’ex-Yougoslavie. Représentant permanent adjoint à la représentation permanente auprès des Nations-Unies à New York (1997-2001), aux cotés de Danilo Türk (l’actuel président de la république slovène), il siège au Conseil de sécurité à une époque cruciale pour le Kosovo (1998-1999). Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de 2001 à 2004 (auprès de Rupel qui est Ministre), il participe aux dernières négociations de l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne (UE) comme à l’OTAN. Signalons aussi qu’il a été chargé d’affaires à l’ambassade slovène de Pékin (1993-1995), directeur du département Afrique, Asie, Amérique latine et Pacifique au ministère à Ljubjlana (1995-1997) et ambassadeur auprès des Etats-Unis (2004-2008). Marié, père de trois enfants, il est polyglotte parlant l’anglais, l’italien, le français comme le serbe et le croate. Il adore la course de fond, indique sa biographie officielle. Il en aura bien besoin au Kosovo !

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•  Fyrom : l’Estonien Aivo Orav

Diplomate expérimenté, actuellement ambassadeur pour son pays en Turquie mais accrédité aussi pour l’Azerbaidjan, le Liban, la Syrie… et la Macédoine, il a fait toute sa carrière dans la toute jeune diplomatie estonienne.

Né en 1965 à Pärnu, diplômé de l’université de physique et chimie (1990) puis de l’école de diplomatie de Tallin (1992), Orav entre au ministère des affaires étrangères après l’indépendance en 1992. Il travaille d’abord à Vienne à la représentation permanente auprès de l’OSCE (1995-1998) puis au bureau des politiques et organisations internationales au ministère (1998-2000). Nommé ambassadeur en Pologne, (2000-2005), il couvre également la Bulgarie, la Roumanie et dans les derniers mois de son mandat la Macédoine. Il repart ensuite au ministère des Affaires comme directeur politique (2005-2008).

• Palestine : le Maltais John Gatt-Rutter est déjà sur place où il assure l’intérim de la délégation de l’UE, comme numéro 2.

Né en 1971, ayant fait ses études au Prior Park College, c’est un spécialiste du Moyen-Orient, ayant déjà travaillé sur cette question soit dans les institutions européennes (comme conseiller au Conseil sur le processus du Moyen-Orient), soit au ministère maltais des Affaires étrangères. Conseiller à la représentation permanente de Malte auprès de l’UE à Bruxelles, il avait été nommé en décembre 2010 président du groupe de travail Maghreb-Mashrek, avant de rejoindre la délégation en Palestine.

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A vos cartons ! On déménage

(BRUXELLES2) Ca y est ! Le service diplomatique européen a commencé à faire ses cartons pour emménager dans “son” nouveau siège. Mieux, certains sont déjà arrivés dans le nouveau bâtiment, The Capitals, situé en haut de la rue de la Loi, à deux pas du parc du Cinquantenaire.

Les premiers arrivés sont les services gérant les instruments de politique étrangère (FPI) – instrument de stabilité, diplomatie publique, budget, finances – qui sont placés sous l’autorité de Me Ashton mais restent statutairement liés à la Commission. Une nécessité. Le bail du bâtiment où se trouvait le FPI se terminant le 30 décembre, il fallait de toute façon déménager. Les autres services devraient suivre dès janvier. Le déménagement se fera service par service et devrait s’étaler plusieurs mois. Le temps que tous les travaux d’aménagement et de finition qui sont encore en cours dans le nouveau bâtiment soit terminé.

Une étape importante pour le service

“Le fait d’être tout ensemble dans le même bâtiment va être très certainement important” explique un haut responsable du SEAE, qui fait la comparaison avec ce qui se passe dans une fusion de sociétés. “Nous sommes engagés dans un processus de longue haleine. Cela prendra du temps. Mais être tous ensemble va certainement faciliter les choses”. Actuellement, les services sont ainsi situés sur 8 lieux différents, avec parfois des réseaux informatiques différents et des contraintes variables. Ce qui ne facilite pas une communication difficile.

Jusqu’à la couleur des meubles…

Ce déménagement a été suivi de près au cabinet de la Haute représentante. Depuis plusieurs mois que dure  la préparation, les plans ont maintes fois été remaniés pour tenir compte de différentes contraintes : nombre de personnes dans le service, organisation des services de façon verticale ou horizontale (c’est important :-) , circulation de l’information, humeurs des uns et des autres… sans oublier l’avis de la Haute représentante. Entre deux voyages et deux réunions ministérielles, Catherine Ashton a, en effet, porté une attention à la situation des différents bureaux, à la couleur des murs, des moquettes, aux meubles qui aménageront le nouvel intérieur. Primordial…

La Haute représentante aura en effet un bureau au 6e étage du bâtiment qui va devenir un nouveau symbole du pouvoir européen comme le 13e étage de la Commission l’est avec le bureau de José-Manuel Barroso. C’est là que siégeront les membres du “board” du service diplomatique. Mais la Haute représentante conservera un bureau à la Commission européenne, où continuera d’oeuvre son cabinet et ses portes-paroles, double casquette oblige.

 

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La lettre des Douze sur le service diplomatique européen. Que des “suggestions” !

(BRUXELLES2) On pouvait croire qu’avec les mois qui passent, le temps des “lettres” à Cathy Ashton paraissait loin.  On avait eu effectivement la lettre des pays Benelux sur le SEAE, celle sur le Moyen-Orient de B. Kouchner, la lettre des 3 du Triangle de Weimar (devenus 5 ensuite) sur la défense… Eh bien, non. Voici maintenant une lettre de douze ministres des Affaires étrangères destiné à présenter quelques « suggestions » pour « améliorer le fonctionnement du service diplomatique européen ». Les ministres français, allemand, polonais et italien l’ont signé ainsi que ceux du Benelux, ce qui est relativement peu étonnant. Moins courant, on trouve les signatures de tous les pays baltes et des Nordiques, sauf le Danemark.

Une lettre très politique

Cette lettre s’inscrit dans un processus d’évaluation plus général qui verra la Haute représentante présenter un rapport général d’ici la fin de l’année, suivie en 2013 d’une révision générale de la décision fixant l’organisation et le fonctionnement du SEAE. Ce mode d’expression est très politique. Car si ces lettres ne sont pas “ouvertes” officiellement, elles en ont presque le caractère car elles viennent rapidement aux oreilles journalistiques et tout de l’écriture au contenu suggèrent leur publication.

Cette lettre est très polie mais aussi très élaborée. Beaucoup de sujets sont abordés : le fonctionnement des délégations, le financement, les méthodes de recrutement, la coordination avec les Etats membres, la préparation des conseils de ministres. Elle donne quasiment une ligne directrice, visant soit à appuyer certaines réformes déjà engagées, soit à combler certaines lacunes récurrentes. Elle s’intéresse surtout aux procédures plutôt qu’au contenu produit. Et  constitue sans nul doute plutôt qu’une critique en bonne et due forme, un habile soutien à un renforcement et une organisation, un peu plus … “ordonnée” du SEAE…

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Un proche de Papandreou nommé représentant spécial pour la Corne de l’Afrique

(BRUXELLES2) Alexander Rondos, vient d’être nommé représentant spécial de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique, a confirmé aujourd’hui la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

Diplomate grec, né en Tanzanie, avec une « grande expérience des négociations diplomatiques dans le monde » – selon les termes du communiqué officiel, Rondos a tenu plusieurs postes de premier plan auprès du Premier ministre, au ministère grec des Affaires étrangères (notamment comme chef du service de coopération au développement international) ainsi qu’à la Banque mondiale. Selon nos informations, il est diplômé de Harvard et surtout connu pour avoir été un des proches conseillers de G. Papandreou (au ministère des affaires étrangères) jusqu’aux élections en 2004 s’impliquant largement dans les questions des Balkans. Il ainsi été un des premiers à rencontrer Vojislav Kostunica, en 2000, et entretenait des relations étroites avec le Premier ministre serbe Zoran Djindjic, assassiné en 2003. Il était en effet ambassadeur extraordinaire et envoyé spécial du ministre dans les Balkans, au Moyen-Orient et dans les situations d’urgence humanitaire.

Avant d’entrer au gouvernement, il a travaillé effectivement à la Banque mondiale et a consacré aussi une partie de sa vie à l’aide humanitaire et aux efforts de développement. En 1992, il a créé la première agence d’aide pour l’Eglise chrétienne orthodoxe, les œuvres chrétiennes orthodoxes, après avoir travaillé avec l’organisation Catholic Relief Services en Ethiopie, au Moyen-Orient et lors de différentes crises humanitaires. D’où lui vient cette connaissance de la Corne de l’Afrique.

Une région qui est « une priorité pour l’Union européenne » a assuré Catherine Ashton la Haute représentante dans un communiqué annonçant cette nomination. « La récente adoption d’un cadre stratégique pour la Corne de l’Afrique montre notre détermination pour faire ce que nous pouvons pour aider à réaliser la paix, la sécurité et le développement dans la région ».

The recent adoption of the strategic framework for the Horn of Africa shows our determination to do all we can to help achieve lasting peace, security and development in the region. This is a priority for the European Union.”

A ce poste il aura une vision large de la région qui va du Kenya à l’Erythrée en passant par l’Ouganda, l’Ethiopie, le Soudan et le Sud Soudan (en lien étroit avec l’autre représentant spécial de l’UE pour le Soudan). Mais il devra surtout se concentrer – selon les termes de son mandat – sur les questions de piraterie maritime et de la Somalie.

Lire également : L’UE va nommer un représentant spécial pour la Corne de l’Afrique. Le mandat

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Pedro Serrano, nouveau directeur Asie au service diplomatique ?

(crédit : Union européenne)

(BRUXELLES2) L’information n’est pas encore confirmée officiellement. Mais ce devrait être Pedro Serrano, actuel numéro 2 à New-York – et qui a longtemps fait l’intérim comme chef de délégation – qui prendrait le poste de directeur de l’Asie au service diplomatique européen (SEAE). Il remplacerait ainsi James Moran, parti en Libye ouvrir la délégation de l’UE et qui doit ensuite passer en Egypte, selon un schéma encore non confirmé.

Diplomate espagnol, durant 18 ans, il a servi au siège comme dans plusieurs ambassades (en Tanzanie, à Cuba, au consulat d’Espagne à Francfort) ainsi qu’à la représentation permanente auprès de l’UE à Bruxelles. Il entre dans les institutions européennes au début des années 2000, comme chef adjoint du cabinet de Javier Solana, alors secrétaire général du Conseil et Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE, et directeur à la direction de gestion de crises (DGE IX). En Juillet, 2007, il est nommé à New-York dirigeant l’Office de liaison du Conseil de l’UE auprès de l’ONU de juillet 2007 à janvier 2010. Date à laquelle il est intégré dans le service diplomatique, prenant alors l’intérim de la délégation de l’Union européenne en attendant la nomination d’un titulaire en la personne de Thomas Mayr-Harting.

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5 nouveaux ambassadeurs sur la carte diplomatique européenne

(BRUXELLES2, exclusif) Outre la nomination d’un représentant spécial pour le Moyen-Orient, plusieurs nominations d’ambassadeurs de l’Union européenne sont attendues dans les heures ou jours qui viennent. La plupart concernent des zones sensibles : l’Erythrée – pays enfermé sur lui-même, objet d’un embargo sur les armes – ; l’Egypte – pays en transition et bouilloire électorale ; le Sud-Soudan – nouvel Etat et nouveau venu sur la carte diplomatique européenne.

On peut remarquer que les Allemands – qu’ils proviennent d’Allemagne ou du service diplomatique européen – sont ainsi particulièrement bien servis. Ils l’avaient été beaucoup moins dans les précédentes nominations. Et Berlin avait un peu “râlé” et fait pression, selon ce que j’ai pu comprendre… Voici les noms qui pourraient être pressentis (à confirmer).

Egypte = James Moran (SEAE / britannique). Il n’aura que la frontière à franchir. Il avait été nommé – comme ce blog l’avait annoncé – à titre provisoire chef de la toute délégation de l’Union européenne en Libye.

Britannique, diplômé des universités de Keele, Harvard et Londres, James Moran est entré à la Commisson européenne en 1983. Il a servi dans plusieurs postes tant au siège que dans les délégations de l’UE en Ethiopie, Jamaïque et Jordanie – ces deux dernières de délégation – avant d’être le chef de l’unité Chine et Asie du Sud-Est à la Commission et de devenir en 2006 directeur pour l’Asie et la région pacifique. Poste qu’il occupait encore tout récemment avant de partir pour Tripoli, où il ne sera finalement resté que très peu de temps.

Erythrée = Marchel Gerrmann (Pays-Bas). Il est actuellement ambassadeur adjoint chargé des questions de développement faisant fonction d’ambassadeur des Pays-Bas au Zimbabwe.

Mali = Richard Zink (SEAE / Allemand). Chef de la délégation de l’UE au Congo (RDC) depuis 2007, où il assure notamment le rôle difficile de représentation au moment de la campagne électorale.

Précédemment, il était le directeur de l’Agence européenne pour la reconstruction des Balkans, poste qu’il a occupé de 2001 à 2007. Il a aussi été en poste au Nigeria, en Ethiopie en Afrique du sud, et chef de la délégation pour le Lesotho et Swaziland.

(crédit : blog svenburgsdorff2008)

Sud Soudan = Sven Kuhn von Burgsdorff (Commission européenne / Allemand) était à la DG développement de la Commission européenne, comme conseiller du directeur général. C’est un spécialiste du développement, depuis 20 ans au service de la Commission européenne. Né en 1958, diplômé de l’université Albert Ludwigs de Freiburg et de l’Institut allemand pour la politique du développement de Berlin, il commence en Afrique au Togo par un poste de conseiller économique au ministère togolais de la planification et des mines, envoyé par la coopération allemande (GTZ – 1988-1989) puis devient expert national détaché à la Commission européenne (1990), toujours au Togo, puis à Bruxelles chargé du desk Guinée-Bissau et Nigéria. Après un passage toujours à la coopération allemande comme conseiller politique (1991-1992), il repart en Afrique, au Mozambique pour la Commission européenne (1992-1996). En 1996, il devient chef de la section Phare (programme de coopération avec les pays d’Europe centrale et orientale) à Bratislava (Slovaquie), pour la Commission européenne, puis coordinateur “Croatie” à la DG Relex (2000), responsable du desk Cuba-Jamaique-Belize-Bahamas à la DG Développement (2001-2003), chargé d’affaires à la délégation de la Havane (Cuba, 2003-2007), avec quelques courts séjours à Haïti (2004) et en Nouvelle-Calédonie (2008). Il a fait son service militaire (deux ans) dans le 272e bataillon parachutiste (Fallschirmjägerbataillon 272) basé à Wildeshausen, dont il est sorti lieutenant de réserve.

Ouzbékistan = Norbert Jousten (SEAE / Belge). Aujourd’hui chef de délégation de l’UE au Kazakhstan (et pour le Turkménistan également). Né en 1947, il entre à la Commission européenne en 1980. Diplômé de l’Université de Liège (master en physique) et de l’Institut St-Louis, Bruxelles (diplôme supérieur de gestion), il a été poste au Luxembourg et à Vienne. En 2001-2004, il est le Chef de la Délégation de la Commission européenne à l’Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie à Kiev et de 2004-2008, le directeur exécutif de l’International Science and Technology Centre de Moscou.

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Une conférence des ambassadeurs dans la discrétion ?

(BRUXELLES2) Les quelque 136 chefs de délégation de l’Union européenne devraient se retrouver les 30 novembre et 1er décembre à Bruxelles pour ce qui devient une habitude, une conférence des ambassadeurs, à l’image de ce qui se déroule dans plusieurs pays. Mais pourtant rien ne filtre de cette réunion, notamment pour savoir si elle sera en partie ouverte à la presse.
On se souvient que l’année dernière, Catherine Ashton avait choisi le profil bas. La réunion s’était déroulée dans l’habituelle salle de presse. Mais les journalistes avaient soigneusement été priés d’aller voir ailleurs. Aucune information n’était disponible. Et les rares journalistes (comme B2) qui avaient tenté un retour avaient soigneusement été exfiltrés… (je dois l’avouer, j’avais trouvé un asile discret derrière une fine porte vitrée, avant d’être délogé par une visite surprise d’un responsable du porte-parole qui m’avait fait les gros yeux). Une bêtise…
Cette réunion est cependant hautement symbolique de l’efficacité européenne dans les différents pays du globe. L’UE peut se targuer d’avoir un réseau diplomatique aussi étendu que bien peu de pays peuvent aujourd’hui entretenir à eux tout seuls, étant présents dans un certain nombre de pays délaissés par nombre de capitales. Et nombre de ces chefs de délégation ont une connaissance du terrain, des explications sur la situation qui peuvent intéresser le public, la presse et démontrent toute l’utilité de la présence européenne dans le monde.
Lire aussi :
La dimension défense, la grande oubliée de la conférence des ambassadeurs de l’UE
Le programme des ambassadeurs de l’union européenne à Bruxelles

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