Service diplomatique

Hommes et femmes dans le SEAE, une étude

(B2) Les ressortissants de certains Etats membres sont surreprésentés parmi les chefs de délégations de l’UE, tandis que ceux d’autres États membres ne sont pas représentés du tout, ou sous-représentées. Dans le même temps les femmes ne représentent encore que moins de 20% de tous les chefs de délégations de l’UE. Cette étude rédigée par Paul Ivan pour le CEPS (« A European External Action Service of the whole Union? Geographical and gender balance among the heads of EU delegations ») offre un aperçu de la répartition géographique et par sexe du personnel au niveau des chefs des délégations de l’UE (chefs de délégation). A télécharger ici

 

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Deux nouveaux ambassadeurs de l’UE à Tripoli et à Port au Prince

(BRUXELLES2) La Haute représentante a nommé deux nouveaux ambassadeurs de l’Union européenne, l’un à Tripoli (Libye), le Slovaque Peter Zsoldos, l’autre à Port au Prince (Haïti), l’Espagnol Javier Niño Perez.

Peter Zsoldos était jusqu’à peu ambassadeur de Slovaquie en Egypte, il a fait une bonne de sa carrière au ministère slovaque des Affaires étrangères, notamment comme chef du cabinet du ministre, mais ce n’est pas la première fois qu’il pose le pied en Libye. Né en novembre 1952, diplômé en philosophie de l’université Comenius de Bratislava et de l’Université de La Havane (Cuba), il parle couramment l’arabe comme l’espagnol et le hongrois ou l’anglais. Il a d’abord travaillé au département relations internationales du ministère de la Santé. A ce titre, il passe plusieurs années comme économiste à la polyclinique de Misrata (Libye). En 1991, il intègre ce qui est encore le ministère fédéral des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, notamment comme directeur adjoint au département ONG, puis passe au ministère slovaque des Affaires étrangères, en 1993. Il sera notamment ambassadeur au Portugal (1993-1997, directeur adjoint au département protocole (1997), chef de la division Amérique latine (1998), directeur du département de l’OTAN (1999), puis ambassadeur aux Emirats Arabes Unis (2000-2004), avant de prendre la direction du cabinet du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (2004-2006), comme adjoint ensuite (2007), le temps d’arriver à l’ambassade du Caire.

Javier Niño Perez était jusqu’ici Chargé d’Affaires de la délégation de l’UE à Cuba. Il fait une bonne partie de sa carrière à la Commission européenne, à la DG Relex et dans les délégations. Diplômé de l’Université de Valladolid (Espagne), ainsi que du collège de Bruges et de l’Université libre de Bruxelles (ULB), il a rejoint la Commission en 1994, après avoir travaillé dans le domaine de la coopération au développement.

Au sein de la DG Relex il a été notamment été en charge des questions politiques des pays ACP ainsi que de la prévention au conflit et la gestion de crises, donc spécialisé sur les questions de PESD (politique européenne de sécurité et de défense).

 

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Le Danois Søvndal en doublure de Ashton

(B2) C’est le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Søvndal, qui présidera le 8e conseil d’association et de stabilisation avec la république de l’ARYM/FYROM (l’ex-république yougoslave de Macédoine), le 23 janvier, au nom de l’Union européenne, à la place de la Haute représentante, Catherine Ashton. Une modalité qui permet à Catherine Ashton de libérer un peu de temps sur son agenda. Mais également pour le ministre des Affaires étrangères de la présidence tournante de l’UE de ne pas être réduite à une portion congrue. C’est le résultat d’un accord intervenu à Copenhague entre la Haute représentante et le gouvernement danois.

Lire aussi : Le monde change vite, l’Europe risque de perdre de l’influence, avertit le Mae danois

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Comment 27 consulats danois ont été rayés de la carte ….

Comment 27 consulats danois ont été rayés de la carte ….

(BRUXELLES2 à Copenhague) En quelques semaines, le Danemark a perdu 27 points consulaires dans le monde réparties dans plusieurs régions du monde (*). L’Allemagne, la Finlande et la France ont en effet annulé les accords qu’ils avaient avec le Royaume pour traiter les demandes de visas. En pleine présidence danoise, cela fait « tâche ». La nouvelle ministre de la Justice Morten Bødskov a promis de régulariser rapidement le problème qui remonte à la pratique suivie par l’ancien gouvernement, comme l’explique l’hebdomadaire danois CopenhagenPost.

A cause de Schengen

Cette situation anachronique semble, en effet, la conséquence de la politique de durcissement de l’immigration voulue par le précédent gouvernement (conservateur-centre droit) qui a, apparemment, froissé nombre de ses partenaires. Le Danemark qui n’a pas de représentation dans tous les pays a, en effet, passé des accords avec plusieurs pays européens pour qu’il assure à sa place et sur place les demandes de visas pour le Royaume. L’année dernière, le ministre de l’immigration a ainsi exigé de ses partenaires qu’ils fassent suivre les demandes de visas à la police danoise pour examen spécifique par rapport aux règles nationales de sécurité. En pratique, cependant, cela contrevenait légèrement aux règles fixées dans les accords de Schengen. Mais surtout, cela alourdissait concrètement les tâches des agents consulaires des pays européens qui travaillaient pour le compte du Danemark.

La réaction n’a pas tardé. L’Allemagne et la Finlande d’abord ont refusé cette nouvelle procédure. Et l’accord a été annulé par le gouvernement danois. La France a également demandé l’annulation de l’accord. Comme l’explique Eric Bosc, porte-parole du Quai d’Orsay dans le quotidien Politiken. « Nos amis danois ne voulaient pas nous laisser prendre des décisions. Ils demandaient de leur transmettre les dossiers avant décision. Cette procédure est vraiment trop difficile à suivre pour nous ».

Remédier rapidement au problème

Une situation catastrophique au niveau politique pour le nouveau gouvernement danois qui doit assurer, ce semestre, la présidence de l’Union européenne. Et qui pose nombre de difficultés aux différents partenaires du Danemark dans les pays concernés, au plan économique comme touristique.  Certes la liste des pays concernés ne compte pas de « grands pays » (*). Mais cela prive néanmoins le Danemark de sérieux moyens dans des zones sensibles au plan économique (Qatar, Bahrain, Pérou, Tunisie…) comme politique ou humanitaire (Libye, Tunisie, Nigeria, Belarus…).

La ministre de la Justice, Morten Bødskov, a ainsi promis de résoudre ce problème « techniquement » rapidement. Les accords anciens pourraient être rétablis. Ce qui devrait prendre encore quelques semaines ou mois.

(*) Ces postes sont réparties dans plusieurs zones géographiques : Caraïbes (République dominicaine, Haïti, Sainte-Lucie) – Amérique du Sud (Paraguay, Pérou) – Afrique (Botswana, Cameroun, Tchad, République Centrafricaine, Libye, Mauritanie, Namibie, Nigeria, Tunisie) – Moyen-Orient (Bahreïn, Qatar, Yémen) – Océan Indien (Maurice, Seychelles) – ex républiques soviétiques et Asie centrale (Arménie, Bélarus, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan et Mongolie) et Chypre.
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Le monde change vite, l’Europe risque de perdre de l’influence, avertit le Mae danois

(BRUXELLES2 à Copenhague) Le Service diplomatique européen (SEAE) a « fait des progrès. Il est plus fort hier qu’aujourd’hui. » a tenu à expliquer devant la presse mercredi (13 janvier), le ministre danois des Affaires étrangères Villy Soevndal, interrogé par plusieurs journalistes sur l'évolution du SEAE. Certes, il y a des critiques a-t-il reconnu. « Rome ne s’est pas fait en un jour ». Il a tenu ainsi à relativiser la lettre de douze collègues ministres des Affaires étrangères (Une lettre que le Danemark n'a pas signée, présidence oblige). Cette « lettre est une bonne occasion pour permettre d'avoir plus».

Attention à la perte d'influence

Le ministre lance un avertissement aux Européens de prendre garde à ne pas perdre trop de temps. « Le monde change rapidement. Il y a eu peu de périodes dans l’histoire de l'Union européenne où nous avons eu autant de crises en même temps. » « Le risque est réel pour l’Europe de perdre du pouvoir, de l'influence, que d’autres prennent sa place. » a-t-il ajouté. « Nous voyons émerger de nouveaux pouvoirs en Asie. C'est très important que l’Europe soit présente dans plusieurs pays, parle d’une seule voix, et gagne de l’influence. »

Une seule voix plus forte, l'intérêt du Danemark

« Le Danemark est un petit pays, nous avons un très fort intérêt à ce que l’UE parle d’une seule voix, plus forte » a-t-il ajouté. Mais il remarque aussi les réticences de certains Etats. « Le SEAE ne peut pas être plus fort si les Etats membres ne veulent pas qu’il soit fort. » « Nous soutenons le travail de la Haute représentante » a-t-il précisé.

Le Danemark en soutien "avisé" de la Haute représentante

La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères était d'ailleurs arrivée mardi soir pour une série d'entretien, notamment avec le ministre danois. C'était la première visite au Danemark de Catherine Ashton en tant que Haut représentant. L'occasion pour la présidence danoise de voir comment le travail pouvait se dérouler durant son semestre de présidence. « J'ai expliqué à C. Ashton, que la présidence danoise serait une présidence soutien au service de la politique étrangère commune pour contribuer au renforcement de la voix de l'UE » a détaillé Villy Soevndal après la réunion. Diverses questions de politique étrangère ont ainsi été abordées notamment la position européenne en Iran, en Syrie ; sujets délicats sur lesquels il peut être nécessaire d'accorder les violons. L'Afrique du nord, la question des droits de l'homme et de la démocratie figurent, en effet, parmi les priorités de la politique danoise, comme me l'a expliqué un diplomate danois. 

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Des diplomates européens fidèles au poste

(BRUXELLES2, exclusif) C’est un aspect méconnu du nouveau service diplomatique européen. Mais il y a aujourd’hui dans les « ambassades » de l’Union européenne, la création d’une mentalité de gestion de crises, plutôt inédite dans l’organisation européenne jusqu’ici (exceptée chez les experts d’ECHO – l’office d’aide humanitaire). En cas de crise, catastrophe naturelle, industrielle, de troubles ou de guerre, l’objectif est dorénavant que l’ambassade européenne reste ouverte un minimum. Un vrai changement « de mentalités » comme l’a expliqué à Bruxelles2 un haut responsable du SEAE. « En cas de crise, on demande maintenant à nos ambassadeurs de rester au maximum sur le terrain, comme on peut le demander dans un Etat membre avec un diplomate national. Ils acceptent la plupart du temps sans problème. »

Un règlement hérité du passé

Seul hic : le règlement du personnel ne le prévoit pas. Mieux, il prévoit le contraire. Hérité de la Commission, il oblige l’institution à assurer la protection de ses agents et préconise davantage la mise à l’abri au moindre évènement. Auparavant, « la consigne était « quand il y avait des troubles ou un conflit, de partir » » relate notre interlocuteur. « La période de troubles n’est jamais bonne pour faire du commerce ou mener des projets de développement. Aujourd’hui, nous disons, et demandons, le contraire. »

Le volontarisme des ambassadeurs de l’UE

Cela s’est ainsi passé en Côte d’Ivoire, où l’ambassadeur est resté au maximum, ou, plus récemment au Yemen, non sans vrais risques d’ailleurs. Il y a eu « des moments très difficiles » raconte un diplomate à B2, avec des « tirs durant plusieurs jours autour de la mission ». Au Japon, après la catastrophe de Fukushima, et alors que l’on ne savait pas vraiment ce qui se passait en matière de radiation, il y a eu un « vent de panique » dans les représentations diplomatiques. « Beaucoup d’ambassades tergiversaient pour rester dans la capitale et certains envisageaient ou avaient même déjà plié bagage pour aller à Kyoto. L’ambassadeur européen est resté sur place et a fédéré les ambassadeurs européens pour rester sur place ». Une présence ressentie très positivement par les autorités du pays : l’UE a marqué un point à ce moment au Japon.

Quelques difficultés

Cette attitude ne va pas susciter quelque critiques et difficultés. A la Commission, quelques uns ont exigé que les responsables du SEAE « s’engagent personnellement s’il y avait le moindre problème sur le terrain. » Et même au service diplomatique européen, on veut rester assez discrets sur les conditions parfois dangereuses dans lesquelles évoluent les diplomates européens new look « pour éviter tout problème » avec ceux d’en face… :-)

NB : Il faut préciser également que le SEAE n’avait jusqu’ici pas la possibilité d’avoir ses propres règles internes… Car il n’avait tout simplement pas d’instance de négociation pour cela. comité du personnel. Après moults discussions internes, un comité du personnel a été élu (des discussions avaient eu lieu pour savoir s’il fallait deux comités – un pour le siège et un pour les délégations – ou un seul, c’est cette dernière solution qui a finalement prévalu). Les élections ont eu lieu à la fin de l’année dernière. Et la première réunion est prévue ces jours-ci. Ainsi que le précise un spécialiste de ses questions au SEAE, « nous allons maintenant pouvoir commencer à mettre en place notre propre règlement du personnel. Ce qui devrait nous faciliter la tâche ».

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Le service diplomatique se défend et avance ses success story

Le général Van Osh commandant l'Etat-Major de l'UE, Hakan Syren, le président du comité militaire de l'UE et Agostino Miozzo, le directeur du département Réponse de crises entourant Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE(crédit

(BRUXELLES2) Immanquablement le service diplomatique européen (SEAE) reste sur la défensive. C’est l’impression qu’on peut avoir en discutant avec divers responsables européens ces derniers temps. Le bilan tiré, à l’occasion de sa première année d’activité, par un haut responsable du SEAE n’a pas manqué de satisfaire à cet exercice de style, qui est, convenons-en, difficile. Comment ne pas nier, en effet, les difficultés auxquels se heurte le Service dans son quotidien. C‘est « un véritable tour de force que nous devons accomplir. Il faudra plusieurs années avant de créer un service unifié, original, il faut trouver de nouvelles pratiques, de nouvelles voies d’approches… Cela prendra du temps. » explique un haut responsable du SEAE lors d’une discussion informelle avec plusieurs journalistes. Dans ce contexte, la lettre des 12 ministres des Affaires étrangères a « davantage été perçue une contribution, un soutien à notre position qu’à une critique. Les observations des 12 sont des observations que nous avons déjà pris en compte, dans notre démarche », a-t-il précisé.

Des relations complexes avec la Commission

Quant aux relations avec la Commission européenne, détaille notre interlocuteur « je ne crois pas qu’on puisse parler d’hostilité. Sur plusieurs aspects du dossier, nous sommes dans une période de transition où chacun doit trouver une manière de travailler ensemble ». « Il y a des problèmes certes, notamment en matière de gestion des ressources humaines, de circuit budgétaire. C’est un circuit compliqué notamment pour nos chefs de délégation. Mais nous essayons d’y remédier. » Il a cependant reconnu que le bilan variait selon les directions. « Il y a toute une série de DG (directions générales) avec qui nous travaillons très bien. Avec d’autres, c’est plus difficile. » Il faut bien voir – explique-t-il – que pour la Commission européenne, c’est un traumatisme. « Voir partir une DG entière (la DG Relex) et une bonne partie d’une autre (DG Devco), ce n’est jamais très facile. Quand on fait le même type de réforme dans les Etats membres, çà s’est toujours fait non sans difficultés et cela a toujours nécessité une période d’adaptation. Ça ne se fait pas trait de plume. Il faut du temps et trouver les bonnes méthodes de coordination ».

Le besoin d’une vision plus stratégique

Un des points sur lequel on doit bouger - a reconnu le haut diplomate européen est notre « vision stratégique, une vision qui dépasse le conseil des Affaires étrangères suivant. Les ministres ont besoin de cela. Nous devons avancer là dessus ; Ce n’est pas une tâche facile. Comment avoir une vision stratégique sur le printemps arabe, quand il y a une évolution jour par jour. (…) Mais nous relevons ce défi. » a-t-il ajouté.

La gestion de crises, une success story

Pour notre interlocuteur, la gestion de crises est une « success story » du nouveau service diplomatique. Un point souvent passé inaperçu et qui « mérite d’être relevé » selon lui. « Ce n’était pas dans la tradition de la Commission européenne de gérer la crise. Quand il y avait une crise, la délégation gérait les projets de développement attendait que la crise se passe. (…) Nous avons invité les différentes DG (home…). Cela n’allait pas de soi. Mais au bout de 8-9 mois, nous avons trouvé le rythme. Il y a de nouvelles méthodes de travail et d’habitudes qui se prennent ». Ce n’était pas « évident » ainsi que l’a confié à B2, un haut responsable du SEAE. Il y un vrai « changement de mentalités » à accomplir. Et également des règlements qu’il faut changer… (lire: Des diplomates européens fidèles au poste).

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