Service diplomatique

Le verre à moitié plein

(BRUXELLES2 à Strasbourg) « Le verre est à moitié plein. Et quand je dis moitié plein, je ne dis pas moitié vide ». C’est ainsi que Elmar Brok, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, qualifie l’état du service diplomatique européen (SEAE), à l’occasion de l’exercice de « review », deux ans et demi après sa mise en place. « On ne peut pas s’attendre en deux ans et demi à avoir des résultats complets alors qu’il a fallu 300 ans pour faire le Foreign Office. Il faut prendre le côté positif de ce qui a été réalisé » souligne-t-il. Dans les Balkans, en Afghanistan, avec l’Iran, l’approche européenne a fait du bon travail ». Et de se porter en faux contre certaines critiques venues des Etats membres. « Ces critiques portent aussi sur leur souci de voir leurs droits préservés, d’être impliqués, d’avoir des fonctionnaires à eux dans le service. Elles ne cherchent pas des améliorations. »

Des améliorations…

Elmar Brok estime cependant nécessaire de « apporter des améliorations dans la structure, dans le choix des personnels, dans la structure dirigeante. Et le SEAE n’est pas encore aussi efficace qu’il devrait l’être. Entre la Commission et le SEAE, la coopération ne marche pas vraiment bien ». Ce constat ne s’arrête pas aux structures. En matière de politique de défense, cela patine… « Par exemple, pour le Mali, la décision d’agir a été reconnue en octobre. Mais ce n’est qu’en janvier que la décision a été prise. (…) Les battlegroups n’existent que sur le papier ! Le coopération structurée permanente n’est pas encore officialisée, etc. ».

Simplifier l’organigramme du SEAE

« Nous ne voulons pas que le Service soit une nouvelle institution, mais au service des autres institutions, dans un esprit communautaire. Pour nous, le Haut représentant est (avant tout) le vice-président de la Commission européenne, un commissaire chargé des questions des relations extérieures ».  a expliqué, l’Italien Roberto Gualtieri qui a corédigé le rapport (groupe S&D). « On ne veut pas tout chambouler ». Mais il y a certains points à changer, notamment dans l’organigramme du SEAE. « Il doit être simplifié. Il y a une duplication par exemple entre le secrétaire général exécutif (nb : Pierre Vimont) et le CEO (David O’Sullivan). »

Un numéro 2 pour la Haute représentante

Et vu la charge de travail qui incombe à la Haute représentante, il faut créer auprès d’elle (de lui) « un ou plusieurs adjoints », qui permettraient de prendre en charge certaines tâches ou de le représenter à l’extérieur par exemple. Ces adjoints pourraient être – ainsi que l’eurodéputé l’a précisé à B2 – être « soit des commissaires qui auraient, en plus, de leur fonction celle de haut représentant adjoint ; soit venant hors de la Commission ». Pour Elmar Brok, « avoir plus d’adjoints, cela permet de suivre tous les sujets à haut niveau. » Mais l’idée de déléguer à un ministre des Affaires étrangères (souvent de la présidence tournante), certaines tâches, ne recueille pas vraiment son assentiment. « Cela ne fonctionne pas vraiment. Un ministre ne peut pas vraiment être un adjoint. Il n’est pas impliqué dans tout le travail mené en amont.»

Les détails des propositions des députés ont été détaillées dans le Club

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Le nouveau chef de l’Etat-Major adoubé (maj)

Le nouveau chef de l’Etat-Major adoubé (maj)

Le patio du service diplomatique lors de la passation des commandements (© NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2) Le nouveau chef de l’Etat-Major de l’UE, le général autrichien Wolfgang Wosolsobe, est en place. Et personne… au sein du Service diplomatique européen (SEAE) ne peut plus l’ignorer. Et pour cause.

La cérémonie de passation des pouvoirs avec son prédécesseur, le général néerlandais Ton van Osch, organisée ce mardi (28 mai), s’est déroulée au vu et au su de tous. Le patio du SEAE – qui borde une bonne partie des bureaux du SEAE – n’avait d’ailleurs jamais connu une telle affluence… d’uniformes. Il ne manquait presque qu’un cheval blanc ou noir et l’adoubement par l’épée :-)

Tout un symbole…

Pour le service diplomatique européen, dont la grande majorité est du personnel civil, sans nécessairement d’ailleurs une tradition militaire, cette présence était une nouveauté (*). Et l’occasion de voir qu’il y a bien au sein du SEAE, aussi, des militaires (même s’ils ne sont pas dans le même bâtiment). Pour avoir parlé à plusieurs d’entre eux, les militaires n’étaient pas peu fiers de cette reconnaissance. Et pour ceux qui l’auraient oublié, la fanfare militaire belge (la Musique royale des Guides) a rappelé à chacun leur existence. Une fanfare, assez douée, il faut le dire, qui a interprété de manière enjouée, rendant au quatrième mouvement de la 9e Symphonie de Beethoven, son cachet dynamique et joyeux (par rapport aux interprétations souvent mollassonnes et un peu compassées), lui donnant presque un caractère de marche.

Un adoubement

Dans ce cérémonial, bien rôdé, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité est arrivée en présence des deux chefs, l’ancien et le nouveau. Dire qu’elle était enthousiaste serait un vain mot. Mais elle a fait le job. C. Ashton a reçu ainsi élégamment le discours d’adieu de l’un, le discours de bienvenue de l’autre. L’ensemble du « board » du SEAE, les différents directeurs et adjoints des structures de gestion de crises de l’UE (CPCC, CMPD, Crioc), les représentants militaires de toute l’UE et de l’OTAN étaient présents, ainsi que les chefs de mission/opération militaires de l’UE, étaient là. Voire même quelques « extérieurs »… On pouvait ainsi croiser des militaires chinois en grand uniforme.

La bonne place des militaires

En marge de l’évènement, le général a donné à quelques journalistes (dont B2), sa vision pour l’Etat-major européen. « Les grandes lignes vont rester les mêmes » a-t-il tenu à avertir. Pas de grand changement donc à attendre. Mais des inflexions tout de même. Car le général semble avoir des idées bien arrêtées sur certains sujets. Et son expérience antérieure – au sein de la représentation autrichienne à Bruxelles (lire aussi : Un Autrichien va prendre la tête de l’Etat-major UE en 2013) – fait qu’il a une bonne expérience à la fois des sujets mais aussi de la difficulté de la tâche. Wosolsobe a ainsi insisté sur deux points principaux. D’une part, il faut « trouver la bonne place des militaires » dans ce « service encore jeune » au sein de l’UE. Le général veut ainsi étendre l’expertise que l’EMUE fournit à un « spectre » plus large « de la prévention des conflits, la gestion de crise au state building et la gestion post-conflit ».

L’importance du dialogue avec les Etats

D’autre part, il faut bien garder à l’esprit « l‘importance » du dialogue avec les Etats-membres. « Nous sommes dans le SEAE et en même temps, nous aidons le Comité militaire en tant que point de dialogue avec les Etats-membres ». Cette place est « particulièrement importante dans le domaine militaire ». Car l’UE n’a pas de forces en propre, celles-ci dépendent de la bonne volonté et des capacités des Etats membres. « Peu importe ce que l’on envisage de faire comme actions, nous aurons besoin de puiser dans les capacités des Etats ». Il en va de même pour l’expertise. « Mon équipe est suffisante pour consolider un système d’expertise mais quand on approfondira on aura besoin des Etats.»

Voir jusqu’où avancer et avec quelle intensité

Le général a, enfin, insisté sur la nécessité d’avancer dans le pooling and sharing afin de « renforcer la culture commune », pas seulement pour faire des économies mais pour renforcer la « compréhension mutuelle ». Le Conseil européen sera le moment pour améliorer ces points et savoir « jusqu’où on peut aller et l’intensité avec lequel on peut avancer ». Concernant l’OTAN, « nous devons coopérer dans les domaines d’opérations à travers une approche globale.»

(Nicolas Gros-Verheyde avec Th. Le Bihan)

(*) C’est la première fois qu’une cérémonie avait été organisée, pour illustrer la passation de commandement de l’Etat-major de l’UE. Avant la création du SEAE, cette cérémonie était organisée, fort logiquement, au Justus Lipsius, le bâtiment du Conseil de l’UE.

 

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Caviarder les bios, une spécialité qui n’est pas que… cubaine

(BRUXELLES2) Je l’avais déjà remarqué à une ou deux reprises. Certains aspects des bios – résumés, distribuées à la presse des personnes nommées au service diplomatique européen étaient mentionnés, d’autres oubliés. La nomination de six nouveaux chefs de délégation de l’UE en est une illustration frappante (détails sur le Club). On apprend ainsi qu’Alberto Navarro a été nommé à la tête de la délégation de l’UE en république dominicaine.

On peut avoir l’impression qu’il n’a rien fait de fondamental, ni entre ces fonctions ; ni après. C’est une erreur. A. Navarro n’a pas été simplement le directeur d’ECHO, l’office européen d’aide humanitaire, et le chef de la délégation de la Commission européenne au Brésil. Il a été à un des plus hauts postes chez le Haut représentant et ministre.

L’oubli d’une période clé de la politique étrangère européenne

Après son poste à ECHO, A. Navarro a ainsi été le chef de cabinet du premier Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité, Javier Solana. A ce titre, il a réellement essuyé les plâtres. Et c’est sous son égide (et son impulsion) qu’est notamment créée la « policy unit » qui s’est ensuite développée et a constitué un des embryons du futur service diplomatique européen (SEAE). C’est aussi à cette époque qu’est négocié l’accord de Berlin Plus qui permettra à l’UE de lancer ses premières missions militaires en Macédoine / FYROM d’abord (opération Concordia) puis en Bosnie-Herzégovine (opération EUFOR Althea) en bénéficiant du support des structures de l’OTAN. Un accord important. Après son poste au Brésil, Alberto Navarro a aussi été secrétaire d’Etat aux Affaires européennes sous le Premier ministre Zapatero, durant 4 bonnes années. Tout cela n’est pas rien !

On mettra cela sur le compte de l’oubli sans doute, d’une phrase qui a sauté à l’impression ! (*) J’ai simplement du mal à croire à l’innocence du procédé que j’ai déjà constaté à d’autres occasions. D’autant que cette façon de réécrire l’histoire digne des meilleurs livres cubains se traduit également quand on écoute Lady Ashton, qui est, à l’entendre, la première Haute représentante et a tout bâti à partir de rien. La pôvre ! :-) Même l’hagiographie officielle de la Haute représentante reflète ce terme…

Ce n’est pas vraiment faux d’ailleurs. C. Ashton est effectivement la première à occuper le double poste de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et de Vice président de la Commission européenne créé par le Traité de Lisbonne. Mais ce n’est quand même pas tout à fait exact… Ce serait plus élégant (et exact) de dire qu’elle succède au poste de Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune / Secrétaire général du Conseil de l’UE créé par le Traité d’Amsterdam…

(*) Quand B2 a demandé les bios complètes, nous ne les avons jamais reçues ! Ceci explique sans doute cela. Heureusement, nous avons quelques archives …

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Et le nom du batiment du service diplomatique est…

(BRUXELLES2) Plus d’un an après sa mise en place, le bâtiment qui sert de siège au Service européen d’action extérieure (SEAE) n’a toujours pas de nom.

Au bar de l’hotel

A l’approche de la review du SEAE, qui a fait, l’objet d’une discussion entre ministres des Affaires étrangères, vendredi et samedi dernier à Dublin, la question de donner un nom au bâtiment a été abordée. Non pas lors de la séance plénière de travail le vendredi après-midi. Mais, semble-t-il, lors d’une séance assez informelle qui a rassemblé après le diner du soir, plusieurs des ministres – enfin ceux qui restaient (Laurent Fabius et William Hague étaient déjà partis apparemment) – au bar de l’Hotel Westbury Hotel à Dublin où la plupart des délégations logeaient.

Le « Douze »

L’actuel nom du bâtiment, The Capitals, nom de code donné par son propriétaire-constructeur, le groupe Axa, n’est pas trop parlant. Et le nommer le bâtiment du SEAE est un peu court. Deux noms se détachent pour le batiment : Schuman Square, qui est le lieu où donne l’entrée principale du Service, un peu à la manière des sièges des diplomaties nationales qui empruntent souvent leur « petit nom » de leur situation ou le « Douze » du nom du bus qui dessert directement l’aéroport et s’arrête juste en bas du Service. L’idée de le dénommer « Ashton’s Building », le nom de l’actuelle Haute représentante, a été un temps évoqué mais réfutée par l’intéressée. Il pourrait revenir le cas échéant. Pour l’atrium central du Service, il semblerait que le nom de « Mandela » pourrait être retenu qui a été préféré à celui de Tony Blair et de Carla Bruni.

Cafeteria Hugo Chavez

Chacun des ailes du Service recevrait le nom d’une capitale emblématique de l’action du service. Sarajevo, Kaboul, Téhéran, Mogadiscio sont ainsi cités. Les différentes salles de réunion porteraient le nom d’un écrivain européen contemporain – Vaclav Havel et Ibrahim Rugova sont cités – ou plus anciens comme « Voltaire » en hommage au philosophe français qui a voyagé à travers l’Europe et a été diplomate à son heure. Quant à la cafeteria, elle devrait porter le nom du président venezuelien décédé, Hugo Chavez ! Décision prise à l’unanimité. Mais peut-être était-ce dû à l’heure avancée…

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Le service diplomatique européen, un bébé qui ne demande qu’à grandir

Le service diplomatique européen, un bébé qui ne demande qu’à grandir

Le nouveau siège du Service diplomatique européen – à gauche(par Thierry Monasse, ce fidèle et talentueux photographe)

(BRUXELLES2 à Dublin) Le travail de révision des structures du SEAE est entamé. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont penchés sur le berceau du nouveau né : 2 ans et quelques mois déjà ! Et ont exprimé quelques idées pour l’aider à franchir ses premières rages de dents (un exposé détaillé des différents non paper remis à ce conseil figure dans le Club de B2). Des idées émises à la lueur de l’expérience acquise ou reprises des suggestions de départ qui n’avaient pas été retenues.

Un bébé de deux ans …

Il faut cependant se garder de prendre ces critiques au pied de la lettre. Les mêmes qui réclament aujourd’hui simplification et clarification (ministres des Etats membres, députés, experts…) sont ceux qui ont posé de multiples conditions, rendant l’édifice à bâtir, plus complexe et plus fragile, aujourd’hui. Certains pourraient avoir l’honnêteté de dire « nous nous sommes trompés ».

D’une certaine façon, cela me rappelle la conception de l’A400M où l’un veut un appareil qui permette le chargement avec une seule personne, l’autre un avion qui permet l’embarquement de forces spéciales, le troisième veut aller le plus loin possible et tous veulent que ce soit le moins cher possible et livré le plus rapidement possible. Pour le Service diplomatique européen, c’est un peu pareil.

Pour autant, il ne faut pas non plus se le cacher, il y a quelques problèmes, j’en évoquerai seulement quelques uns… Mais je me garderai également de ne pas rappeler – il faut le souligner – le service diplomatique européen reste une superbe machine, un moteur qui ne demande qu’à être performant pour peu qu’on le libère de certaines contraintes, un bébé qui ne demande qu’à grandir. Ne jetons donc pas le bébé de deux ans avec l’eau du bain !

Quelques propositions / retours d’expérience

Réorganiser le bazar

La structure du SEAE tient un peu du grand bazar qui résulte davantage d’un empilement de conditions posées par les uns et les autres (le Parlement européen, la Commission européenne, les Etats membres) auxquelles la Haute représentante n’a pas pu/pas su résistées. A cela se sont ajoutées des affinités, des recrutements personnels qui ont bousculé la structure du SEAE. La structure en haut de l’édifice doit donc être épurée et simplifiée.

• Le Haut représentant : des tâches à déléguer

De la même façon a beaucoup glosé sur la personnalité de C. Ashton. Inutile d’y revenir. Mais il y a un point qui doit faire l’objet d’une introspection. Le Haut représentant ne peut pas tout faire. Il/Elle doit déléguer. Est-ce à un haut représentant adjoint (comme l’envisage la Haute représentante elle-même) à un commissaire délégué à certaines politiques (par exemple pour le voisinage ou pour les questions de défense) ? Ou est-ce au niveau du secrétaire général et de ses adjoints qui doit exercer ce rôle ? Ou aux deux ? Peu importe. La Haute représentante n’a pas, par exemple, à intervenir sans cesse dans le recrutement de tous les diplomates. De même, elle ne peut pas, elle ne doit pas voir tous les courriers qui partent. Il y a du travail pour plusieurs personnes, à condition que la répartition des tâches soit fixée, de façon claire et précise. Et que la responsabilité soit pleine et entière.

• Les structures de la politique européenne de Défense : à ciseler

L’organisation des structures de gestion de crises – qui gèrent les opérations de défense commune – peut facilement être revue et doit être revue. Avec un responsable clairement identifié à sa tête, de niveau politique, apte à assurer une représentation au plus haut niveau, devant le Parlement européen voire au niveau ministériel. Et les structures ensuite doivent s’organiser de façon logique : planification stratégique, puis planification opérationnelle et commandement de l’opération. La notion de « prévention de crises » comme les instruments financiers – l’instrument de stabilité – doivent faire partie de cet ensemble.

• Des effectifs ou des gros salaires : il faut choisir

Le nombre de diplomates gagnant un salaire plus que 10.000 euros doit diminuer. Je sais : je ne vais pas me faire des amis. Mais il est impossible en ces temps de crise budgétaire de continuer à avoir une structure qui comprend un nombre important de personnels à des niveaux autour de 10.000 euros voire plus, alors qu’il manque cruellement de personnels à des niveaux intermédiaires ou subalternes. Ce personnel est tout aussi nécessaire. A enveloppe constante, le SEAE pourrait ainsi ouvrir de nouvelles délégations, combler ses manques de postes (qui ne sont pas dus à un défaut de candidatures mais à un défaut de recrutement) et être ainsi plus efficace pour un coût identique. Je ne crois pas que la valeur des personnalités se mesure au nombre de 000 qui figure sur leur fiche de paie.

• Le combat Commission/SEAE est dépassé : redéfinir les compétences

Là encore l’enchevêtrement des compétences nuit. La volonté de la Commission de ne pas se faire déposséder a joué. La réaction institutionnelle – presque physiologique – est assez normale. Mais la logique du Traité de Lisbonne était tout autre. On doit maintenant revenir aux prémices : réunion de l’ensemble des instruments extérieurs sous une seule autorité. Il ne peut pas y avoir d’un coté une personne qui définit une politique et de l’autre une personne qui dispose de l’instrument financier avec ses propres règles. Imaginez en France, Bercy décidant au jour le jour des attributions du budget de la Défense ou des Affaires étrangères.

Un formidable moteur sous le capot

Ce travail de révision va nécessairement pointer ce qui ne fonctionne pas. Il ne faut cependant pas oublier que l’UE dispose avec le SEAE d’un formidable moteur sous le capot. Celui-ci peut parfois avoir du mal à démarrer ou toussoter (comme un moteur quand il fait très froid) mais lancé à pleine puissance, il peut fonctionner avec efficacité.

Avec ses 140 délégations dans le monde, l’Europe dispose là d’un réseau d’autant plus irremplaçable que chaque Etat membre va être tenté de resserrer les rangs dans son réseau diplomatique. Qui aujourd’hui a une ambassade dans quasiment tous les pays africains, d’Amérique et d’Asie ? Qui dispose au sein de la même administration de militaires de haut niveau, de spécialistes de la logistique aéronautique comme de la connaissance la plus fine des mouvements djihadistes, des Balkans ou du nucléaire iranien… et des marchés publics ? Où croiser sous le même chapeau, dans le même bâtiment même, des mili(raire)s, des diplo(mate)s, des gestionnaires de projet.

Depuis quelques années, j’ai rencontré nombre d’entre eux, j’ai souvent été réjoui par leur talent, leurs connaissances dossiers, leur finesse d’approche. Ce moteur ne demande aujourd’hui à ce que l’on lui fasse passer une vitesse de plus, à être débridé. Mais ceci doit être fait en douceur. Le service diplomatique européen a besoin – comme pour toute structure humaine – d’un minimum de stabilité et de prévisibilité.

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Un agent de l’ambassade européenne en Syrie tué (maj)

(BRUXELLES2) Ahmad Shihadeh était employé à la délégation de l’Union européenne à Damas, en Syrie, à la section politique et à la section économique, depuis 2007. Il a été tué mardi (12 mars) durant une attaque de roquettes dans le quartier de Deraya, où il vivait alors « qu’il procurait une aide humanitaire à la population du quartier ». La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a adressé ses « plus sincères condoléances à sa famille, ses amis et ses collègues de la délégation », ajoutant « Ahmad était courage pour son courage et son altruisme». C’est le premier employé d’une délégation de l’Union européenne tué dans un conflit depuis la création du service diplomatique européen. Mais pas le premier des personnels européens tués en mission (lire aussi : *In Memoriam. Diplomates et militaires morts en mission CE / UE).

Un pacifiste actif, arrêté deux fois

Durant la fermeture temporaire de la Délégation en décembre 2012, Ahmad avait mis toute son énergie dans des causes humanitaires et pacifiques. Il s’était notamment impliqué dans l’aide humanitaire travaillant avec le conseil local de Deraya, dont il était un des membres fondateurs, selon les informations communiquées à B2 par ses proches. Il aidait également à concevoir et écrire pour un journal d’opposition de Deraya et avait une réputation de pacifisme actif durant la guerre de Syrie. Agé de 32 ans, il était « malgré son jeune âge déjà un grand homme », écrit un de ses collègues. « Pour moi, Ahmad était le type même de personnes qui représente la Nouvelle Syrie, prêt à aider les autres à apporter des changements sociaux et politiques pour une vie meilleure pour tous les Syriens ». Il avait été arrêté deux fois et avait passé sept mois en détention, sans aucune charge à son encontre.

Appel à cesser les violences

La Haute représentante en a profité pour lancer un appel « à toutes les parties pour prendre de façon urgente des mesures pour faire fin à la violence qui a causé la mort de 100.000 citoyens innocents et (pousser) plus d’un million de réfugiés à chercher asile dans les pays voisins »

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L’ambassadeur d’Israël convoqué à l’UE. Une première très discrète…

(BRUXELLES2) L’ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne, David Walzer, a été « convoqué » aujourd’hui (6 décembre) par le service diplomatique européen (SEAE). Il a été reçu ce matin par Pierre Vimont, le secrétaire général du SEAE, qui lui a exprimé « l’extrême préoccupation » de l’Union européenne sur la poursuite et l’expansion de la « colonisation ». Coté européen, on estime en effet comme C. Ashton, la Haute représentante, l’avait exprimé lundi (3 décembre) qu’une « telle expansion peut représenter une étape stratégique et saper les perspectives d’un Etat en Palestine contigu et viable avec Israël, avec Jérusalem comme capitale partagée entre eux ». L’Ue souhaiterait en effet que le gouvernement israélien « montre un engagement (plus déterminé) à la reprise rapide des négociations pour mettre fin au conflit et à l’occupation et en n’allant pas plus avant dans ces plans » de colonisation.

Une première très modérée

C’est la première fois que l’ambassadeur d’Israël est convoqué pour ce fait au Service diplomatique européen. Une pratique qui n’est pas isolée ; plusieurs Etats membres (France, Royaume-Uni, Suède, Danemark…) avaient déjà convoqué le représentant d’Israël dans leur pays. Ce qui, en termes diplomatiques, est un avertissement plus solennel qu’une simple déclaration. Des diplomates estiment en effet qu’Israël a, cette fois, franchi un pas qui entaille vraiment toute perspective d’un Etat palestinien et menace la paix.

Observons simplement que cette « convocation » n’a eu lieu qu’au niveau diplomatique – le plus élevé possible – et non au niveau politique (la Haute représentante se tenant à l’écart de cette procédure). Et qu’elle n’a suscité qu’une publication très limitée. Ce n’est que lors d’une question à un confrère (AFP) que la porte-parole de la Haute représentante a confirmé cette information. Ce qui témoigne d’un certain embarras de la structure européenne vis-à-vis de cette procédure. En effet, la publicité faite à la convocation d’un ambassadeur donne généralement la température du mécontentement. On peut dire, en l’occurrence, que l’Union européenne est modérément mécontente. Et, apparemment, coté israélien, on cherche à minorer cette « convocation » en la ramenant à un dialogue…

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Un dîner pour le Nobel. A votre bon coeur msieurs dames !

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères des « 27″ auront aussi leur « 10 décembre ». Dans cette journée mondiale des Droits de l’homme, les principaux dirigeants européens feront le voyage à Oslo pour aller recevoir le prix Nobel. José-Manuel Barroso et Herman Van Rompuy seront du voyage, ainsi que le président du Parlement européen et plusieurs dirigeants des 27 ont confirmé faire le déplacement notamment la chancelière allemande Angela Merkel ou le premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Pour fêter l’évènement, les ministres des Affaires étrangères ont donc décidé de terminer leur réunion par un diner dans le tout nouveau bâtiment du service diplomatique européen (SEAE), dénommé encore par son appellation commerciale « The Capitals ». La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, présidera aux festivités. Ce qui sera pour elle l’occasion de fêter ses trois années de service. Pour l’occasion, elle a décidé d’inaugurer un service d’assiettes offertes par la présidence hongroise de l’Union européenne. « J’ai encore une longue liste des choses qui manquent » a-t-elle lancé non sans humour aux ministres en forme de clin d’oeil envers des Etats membres qui sont de plus en plus pingres. Si vous avez de la vaisselle en trop, des ustensiles de cuisine, … n’hésitez donc pas, direction : rue de la Loi, à deux pas du parc du Cinquantenaire :-) Vous ferez des heureux ! Question sonorisation, pas de souci, la banque chinoise qui avait, un temps, songé à installer une agence dans ce bâtiment n’a peut-être pas retiré tous ses micros :-)

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