Haut représentant

Le nouveau directeur de l’agence européenne de défense sera-t-il « Une » ?…

CF Arnould en compagnie de Sedivy et de Hoop Scheffer (crédit : Otan)

Si vous avez encore quelque espoir d’obtenir un poste de haut niveau dans le futur service diplomatique, scrutez les prochains jours et gardez votre ligne téléphonique ouverte ! Cathy Ashton, la haute représentante de l’UE, procède aux derniers entretiens d’embauche…

Pour l’Agence européenne de défense, la Haute représentante (HighRep) semble cependant avoir déjà une petite idée bien affirmée… Propulser l’actuelle chef de la structure de planification militaro-civile de crises (CMPD), Claude-France Arnould. La proposition formelle n’est pas encore faite. Mais elle ne suscite pas une approbation générale parmi les diplomates à Bruxelles.

Présente à Bruxelles depuis 2001, CF Arnould a cependant oeuvré pour la politique de défense depuis la création de la PESD, d’abord au sein de la direction Défense du Conseil de l’Union européenne puis à la tête de la nouvelle CMPD (1). Elle a l’avantage de bien connaître les arcanes de la défense européenne, tant à Bruxelles que dans les capitales. Française (2) et femme de surcroit (3), elle représente sans doute un compromis politique judicieux pour la Baroness qui peut ainsi apparaitre comme dégagée de l’emprise des capitales en nommant “sa” candidate, sans paraitre se soumettre à la France (qui avait un autre candidat). Au passage, elle lui permet d’assainir son organigramme. Les relations entre les deux femmes ne sont, en effet, pas au beau fixe. Ce n’est pas de notoriété publique mais c’est un secret de polichinelle. Cathy Ashton ne semble pas apprécier, de façon générale, ceux/celles qui ont été trop proches de son prédécesseur, Javier Solana.

Grincements de dents

Du côté des Etats membres, cette nomination fait cependant grincer des dents. Or, ce sont les Ministres de la Défense qui ont normalement le dernier mot pour l’Agence puisque c’est le comité directeur de l’Agence qui se prononce sur proposition du HighRep. Principal reproche fait à  CF Arnould : elle ne provient pas du sérail des directeurs d’industrie de la défense (il y a d’autres candidats issus de ce sérail). Et la France occupe déjà certains postes dans le domaine, stratégique de l’industrie de défense. Ainsi, de “l’autre coté” à l’OTAN, c’est le général Abrial qui est à la tête du Commandement “transformation” (SACT) de Norfolk et Patrick Auroy est secrétariat général adjoint chargé des investissements de défense). « Ca commence à faire beaucoup de Français » explique un diplomate, plutôt francophile par ailleurs. C’est aussi la méthode de Cathy Ashton qui semble mise en cause. « Quand Javier Solana avait pressenti un candidat pour l’agence européenne de défense, il consultait de façon informelle les Etats membres jusqu’à obtenir le consensus. Avec Cathy Ashton, nous sommes un peu mis devant le fait accompli ». Les Etats membres oseront-ils s’opposer à cette proposition ? On peut en douter.

D’autres postes en jeu

Car Cathy Ashton compte sur les autres nominations pour amadouer chacun. En évitant à chaque pays qui a présenté un candidat à l’Agence de défense de subir un camouflet. Le gouvernement finlandais s’affirme ainsi sûr de pouvoir obtenir le poste du SitCen (le centre de renseignement de l’UE) pour un des siens (4). Le gouvernement français a, pour l’instant, d’autres chats à fouetter. Entre l’accord de coopération de défense avec les Britanniques, le sommet de l’OTAN, la présidence du G20 et le remaniement interne, il y a peu de place pour d’autres manoeuvres bruxelloises, d’autant que les ministères hexagonaux se sont un peu ridiculisés en présentant chacun un candidat. Quant au pays de la Squadra Azura, qui commençait à désespérer de ne pouvoir placer un des siens à un poste de direction du service diplomatique, il pourrait obtenir un premier succès. C’est un Italien (5) qui devrait être nommé au poste de coordination des structures de réponse de crises, un poste nouvellement créé. Le problème est, en fait, ailleurs…

Qui prendra la tête de la CMPD ?

Resterait alors à remplacer CF Arnould à la tête de la CMPD. Et là, c’est une autre paire de manches. Un des candidats souvent cités dans les milieux bien informés est le Tchèque Sedivy, ancien secrétaire général adjoint de l’OTAN, qui ne recueille pas l’unanimité, loin de là, et ne semble pas le meilleur choix tant au point de vue professionnel (faible expérience de l’UE, des missions de défense européennes, …), que politique. La république Tchèque n’a jamais été un promoteur de la PeSDC, elle est même le cancre des 27 sur le sujet. « C’est le plus sûr moyen de donner un mauvais coup à l’Europe de la défense et de tuer la CMPD » résume un proche du dossier. Un point de vue qui semble partagé par plusieurs spécialistes. A suivre…

(1) Lire : Claude-France Arnould prend la tête de la nouvelle direction civilo-militaire de l’UE

(2) Selon un accord non écrit, si le premier directeur de l’agence européenne de défense était un Britannique, le second un Allemand, le troisième devait revenir à la France (un des trois plus gros contributeurs de l’industrie de défense, hier, le premier aujourd’hui).

(3) La Haute représentante a promis, notamment au Parlement européen, d’assurer un équilibre hommes – femmes dans la nomination aux plus hauts postes. Or la diplomatie brille dans de nombreux pays par une surreprésentation des hommes, qui frôle parfois un certain machisme… Et la candidate retenue est généralement bien appréciée des parlementaires européens.

(4) Lire : Un Finlandais va-t-il prendre la tête du SitCen ?

(5) Nom, biographie et commentaire. Lire ici

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Un Conseil des Affaires étrangères sans compte-rendu, conférence de presse annulée

(A Luxembourg) Etonnant ! Alors que l’Europe trouve enfin sa voix unique avec le service diplomatique, le Conseil des Affaires étrangères connait maintenant une absence de voix… La conférence de presse qui cloture traditionnellement chaque Conseil n’a pas eu lieu et permet à la presse de prendre connaissance des principales décisions comme de poser des questions a tout bonnement été supprimée ce 25 octobre à Luxembourg. La Haute représentante, Catherine Ashton, particulièrement de mauvaise humeur, n’a consenti qu’à répondre à quelques questions, à l’extérieur, dans le froid dans un “doorstep” qui est d’ordinaire la formule réservée à l’arrivée des personnalités et non au départ. Comme la présidence du Conseil est assurée par la Haute représentante et par personne d’autre, il n’y avait ainsi rien ou quasiment rien. C’est comme si les 27 ministres ne s’étaient pas réunis. Bernard Kouchner, le ministre français, a d’ailleurs suivi l’exemple donné “en haut” et s’est éclipsé sur la pointe des pieds, esquivant les journalistes, et leur envoyant simplement des “baisers”… de loin.

Pourquoi cette précipitation ? Certes le Conseil avait pris du retard. Mais on en a vu d’autres. En fait, la Haute représentante avait une “bonne” excuse. Elle devait aller assister à une séance solennelle de la Cour de justice européenne (qui siège à trois pas de la foire aux expositions lieu du Conseil des ministres à Luxembourg), pour prêter serment comme Commissaire européenne. Une formalité qu’elle n’avait pu réaliser jusqu’ici. « Une formule qui n’est pas obligatoire mais est devenue une tradition » comme l’a rappelé le président de la Cour, Vassilios Skouris. La prestation de serment en elle-meme n’a duré que quelques minutes. Mais Cathy Ashton a dû rester durant toute la séance qui a duré près d’une heure… Dure, la vie de Haute représentante / Vice présidente de la Commission européenne !

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Le chef du Service diplomatique nommé officiellement

Pierre Vimont et David O'Sullivan en réunion dans une des salles du conseil des ministres (© NGV)

(A Luxembourg) Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, n’a pas trainé ! Quelques jours à peine après l’adoption par le Parlement européen des derniers règlements nécessaires (1) à la mise en place du service européen d’action extérieure (alias le service diplomatique), et aussitôt ces règlements avalisés par les 27 ministres des Affaires européennes, réunis à Luxembourg, elle a annoncé, publiquement, les premiers noms du “top”. Aucune surprise de dernière minute. Ainsi qu’annoncé (2), c’est le Français Pierre Vimont qui prend la tête du service, au poste de “secrétaire général exécutif“. Et l’Irlandais O’Sullivan au poste de “Chief Operating Officer” (*).

NB : Les deux autres nominations de secrétaires généraux adjoints devraient suivre dans la semaine (sans doute mercredi). Il s’agit de l’Allemande Helga Schmidt et du Polonais Maciej Popowski (3).

«J’ai promis de nommer les plus brillants et avec Pierre Vimont et David O’Sullivan, j’ai fait exactement cela » a commenté Cathy Ashton. « Pierre est tenu en très haute estime par la communauté diplomatique et apportera une richesse de connaissances et d’expertise sur les questions de politique étrangère. David a servi avec la plus grande capacité dans la Commission européenne, tout comme une expérience diplomatique. Dans leurs rôles respectifs, ils contribueront à créer un service diplomatique européen dont la population européenne pourra être fière », a déclaré Catherine Ashton.

Ces mots ne sont pas volés. Avec ces deux diplomates de haut vol, et ceux/celles qui vont suivre (les deux secrétaires généraux adjoints puis les directeurs généraux), le service diplomatique a une tête, bien faite, bien équilibrée et qui dispose de nombreux appuis dans tous les rouages européens comme dans plusieurs Etats membres. Ce qui est essentiel…

(*) Je n’ai pas de traduction à proposer, en gros un secrétaire général au sens habituel du terme, c’est à dire un directeur “administratif” là ou le premier est essentiellement politique. Le Conseil utilise le terme de “Directeur général administratif”. Qui n’est pas une expression très heureuse. Je préférerai celle de “Secrétaire général administratif”. Et si on pouvait prendre une parabole, je pense que l’image la plus juste serait celle du DOS Disk Operating System, le logiciel qui permet à un ordinateur ou système informatique de fonctionner et de lire les programmes.

Lire également :

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Pour parcourir les 10 dernières années de politique étrangère de l’UE

Il existe aujourd’hui peu de livres, à jour, sur la politique étrangère de l’UE en français. En voici un, qui parcourt particulièrement le mandat de 10 ans de Javier Solana, le premier Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère. Un personnage attachant, pour qui l’a un peu fréquenté, qui a réussi à petits pas, à mettre en place à partir de rien, ou presque, une équipe, un Etat-Major militaire, puis un Etat-Major civil, et poser quelques actes de politique étrangère, notamment au Moyen-Orient, en Iran ou en Irak, et en Afrique. Les succès n’ont pas toujours été très visibiles. Les échecs ont été souvent commentés. Ce livre a l’avantage d’une présentation pédagogique. Il repart de la génèse – l’institution de la fonction, le choix de Solana, la mise en place des structures … – pour détailler ensuite son role : dans les opérations de gestion de crises (Concordia en Macédoine et Artémis au Congo, au début, etc…), dans la formulation d’un “socle doctrinal”, l’approbation d’une stratégie européenne de sécurité (qui parait banale quand on le lit aujourd’hui mais est un réel tour de force quand on voit l’époque de son approbation, en 2003, après le “schisme irakien” entre les Européens), et enfin son action sur le terrain de la diplomatie traditionnelle (Moyen-Orient ou Iran notamment).

L’auteur, Estelle Poidevin, ancienne journaliste, travaille aujourd’hui au bureau de la Commission européenne à Paris (au service politique). Et cet ouvrage est issu d’un mémoire de master “Pratiques et Recherches internationales” à Sciences Po Paris. NB : si tous les mémoires avaient cette tenue et cette richesse, les chercheurs ont intéret à chercher un emploi ailleurs -:)

• “L’Union européenne et la politique étrangère – Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune : moteur réel ou leadership par procuration (1999-2009) ?”, Estelle Poidevin, Editions L’Harmattan, 210 pages, 20 euros

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“The Capital” ! siège du futur service diplomatique de l’UE

Cette fois cela semble fait. Et la dernière “rumeur” semble la plus sérieuse. Ce ne sera donc pas au Charlemagne (que la Commission ne voulait pas l’abandonner), ni au Lex (que le Conseil ne voulait pas non plus abandonner), mais dans “The Capital” (je n’invente rien !) que Cathy Ashton, la Haute représentante, et le service diplomatique de l’UE vont s’installer. Il parait certain que le nom du siège pourrait cependant changer…

La Baronne rouge a trouvé où planter son drapeau bleu

Cet immeuble tout neuf, de 45.000 m2, est idéalement placé. Placé tout en haut de la rue de Loi (au 236), il possède deux autres entrées : rue de la Joyeuse entrée et rue Cortenbergh (à cinq pas de l’actuel Etat Major de l’UE et du comité militaire de l’UE). Utile pour les missi dominici du soir. Solennel, il possède une cour intérieure et un grand portail donnant sur le Rond-Point Schuman. Excellent pour recevoir les hôtes de marque. Délassant, il se situe en bordure du Parc du cinquantenaire (là ou Kadhafi a l’habitude de planter sa tente quand il passe à Bruxelles), qui abrite également la Grande mosquée de Bruxelles. De façon annexe, c’est un endroit idéal pour aller manger son sandwich de midi ou faire son footing d’entretien, ou s’entretenir discrètement. Enfin, détail qui a son importance, le bâtiment donne sur la bretelle de l’autoroute de Liège et de l’Allemagne qui permet d’accéder rapidement à l’aéroport. Montre en main, en 6 mns maxi, vous êtes à l’aéroport, garé devant le terminal d’embarquement. Pratique !

Possédé par Axa, il était jusqu’à présent vide, hormis quelques magasins (Exki, coiffeur et un restaurant à ouvrir…). La négociation a été un peu longue car il fallait attendre l’adoption par le Parlement européen des différents textes. Et, outre le prix (275 euros m2 / an prix affiché, le prix obtenu a été inférieur), il y avait quelques menus problèmes de sécurité à régler. Notamment la présence de magasins en rez-de-rue du bâtiment pouvaient poser problèmes. Ils pourraient être expulsés.

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Service diplomatique : feu vert du Parlement. La voie est libre…

Ouf ! Chez Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, on peut sabler le champagne. Le Parlement européen a, finalement approuvé, le 20 octobre, les deux règlements “statut du personnel” et “financier” nécessaires à la mise en place du service diplomatique. Une approbation prévisible ainsi que relaté sur Bruxelles2 (1). Les “choses sérieuses” vont pouvoir commencer. La nomination notamment du quatuor de direction devrait etre faite très rapidement, dans les jours à venir (2).

Une affaire réglée en six mois

Il aura, sans doute, fallu un peu plus de temps que prévu. Mais, honnêtement, dans un circuit législatif européen, voire même national, moins d’un an pour préparer, négocier et faire approuver une législation aussi importante, qui met en place une nouvelle institution européenne, ce n’est pas long. Et c’est même plutôt un record. Certes le Parlement européen n’a pas réussi à avoir le dernier mot. Mais en matière de politique étrangère, jusqu’ici, il n’avait pas le droit de regard (à part de grandes déclarations qui n’avaient pas d’importance). Mais il a réussi à mettre sa patte quelques points : l’équilibre géographique et hommes-femmes de recrutement, le controle budgétaire, .

La majorité a été large

Comme un seul homme pourrait-on dire, le Parlement a voté les règlements nécessaires au SEAE. La majorité est large et ne suscite aucune discussion : 578 voix pour, 39 contre et 28 abstentions pour le règlement « financier », 513 voix pour, 51 contre et 98 abstentions pour le règlement « personnel », par 608 voix pour, 41 contre et 11 abstentions pour le budget rectificatif 2010.

NB : ce blog suit l’évolution. A partir d’aujourd’hui, la rubrique “Haut représentant” se distingue de celle du “service diplomatique” qui aura sa propre existence désormais.

Les principaux points obtenus par le Parlement

L’équilibre géographique et hommes / femmes

Côté géographique, le personnel du SEAE devra comporter “une présence appropriée et significative de ressortissants de tous les Etats membres“. Afin d’assurer un équilibre entre les genres dans le nouveau service diplomatique, le texte précise aussi que des « mesures appropriées » seront prises pour promouvoir l’égalité des chances pour le sexe sous-représenté dans certains groupes de fonctions. Et à la mi-2013, la Haute représentante devra remettre un rapport pour vérifier la bonne application de ses clauses. Cette clause est accompagnée d’une déclaration qui décrit les mesures à prendre, comme l’échange de bonnes pratiques.

60% de diplomates européens

Lorsque le SEAE aura atteint sa pleine capacité, les fonctionnaires de l’UE devront représenter au moins 60% du personnel au niveau administrateur et au moins un tiers de l’ensemble du personnel du SEAE devrait provenir des services diplomatiques nationaux.

Recrutement ouvert en 2013 aux fonctionnaires du Parlement

Le Parlement a obtenu qu’à partir du 1er juillet 2013, le recrutement soit ouvert aux fonctionnaires des autres institutions européennes… donc du Parlement Européen (une clause cependant contestée par la Cour des comptes (3).

Relations avec les ambassadeurs de l’UE

Avant d’entrer en fonction, les ambassadeurs / chefs de délégation de l’UE “doivent parfaire une formation spécifique portant sur les tâches et les responsabilités des ordonnateurs et sur l’exécution du budget“. Les chefs de délégation “coopèrent pleinement” avec le Parlement, fournissent les informations supplémentaires nécessaires et il peut leur être demandé d’assister à des réunions des organes concernés, est-il précisé (essentiellement dans un considérant).

Un budget sous controle

Le budget du SEAE est identifié spécifiquement, par une section budgétaire propre, avec une structure budgétaire et un plan des effectifs. Il est soumis à l’accord du Parlement, qui le contrôle et vote la « décharge » à la fin de son exécution. La Commission reste en charge du budget de fonctionnement du service. Elle devra fournir au Parlement Européen et au Conseil, question de transparence, un « document de travail détaillé présentant toutes les dépenses administratives et opérationnelles relatives à l’action extérieure de l’UE, ainsi que le projet de budget de l’UE ». Elle reste comptable du budget et peut retirer la délégation de paiement donné à un chef de délégation.

Une réserve sur le budget 2011

Si le Parlement demande au Conseil d’adopter au plus vite le budget rectificatif 2011 pour que le service européen pour l’action extérieure « puisse commencer à fonctionner avec des moyens suffisants dès le tout début de 2011 », il a dans le meme temps décider de mettre sa menace à exécution et « de placer les crédits en réserve en attendant que la (Haute représentante) consulte les organes compétents du Parlement sur les priorités à poursuivre au moyen des ressources libérées par la fusion des structures actuelles de la Commission et du Conseil ». Une mesure sans conséquence si elle est levée dans le mois suivant (comme on s’y attend à Bruxelles).

A noter que par lettre rectificative de 2010, 170 nouveaux postes sont créés, répartis entre les délégations et le siège. Cout, y compris les dépenses de fonctionnement liées : 9,52 millions d’euros.

Lire également :

Les textes à télécharger

le Règlement Personnel

le Règlement Financier

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Le pouvoir d’influence de l’Europe, expliqué « pour les nuls », par Hillary Clinton

C’est Hillary Clinton qui est venue en personne dire tout le bien qu’elle pense de la politique étrangère de l’Union européenne, et de sa Haute représentante, Cathy Ashton. C’était à l’émission Record Europe de la chaine parlementaire de la BBC. Et les deux femmes étaient réunies sur le plateau, interrogée par notre confrère Shirin Wheeler.

« Oui maintenant j’ai quelqu’un au téléphone pour me dire : “What’s Europe thinking today” » explique la Secrétaire d’Etat US qui dresse un portrait élogieux de son homologue européenne. « J’ai trouvé quelqu’un qui a pris ce travail avec une énergie extraordinaire et je sais que c’est un énorme travail qu’elle a entrepris pour l’Union européenne ». Le fait d’être « deux femmes » a joué, estime–t–elle avec cette relation autant politique que personnelle. « Nous avons toutes deux été impliquées depuis longtemps dans la politique de nos pays respectifs. (…) Et c’est aussi, pour moi, un réel plaisir de pouvoir non seulement parler de choses sérieuses, mais aussi de nos enfants, des achats qu’on peut faire… ».

Une répartition du travail entre UE et Etats–Unis

Puis répondant à certaines critiques qui se sont exprimées notamment sur l’absence de Cathy Ashton à l’ouverture des négociations sur le Moyen–Orient (1), Hillary Clinton a tenu à mettre en avant la nécessité d’établir des priorités entre l’UE et les Etats–Unis. « Je crois qu’on peut dire, 24 heures par jour ne suffiraient pas à répondre à toutes les attentes, toutes les obligations, les demandes que chacun de nous peut recevoir. Nous devons donc établir des priorités. » « l’Union européenne et les États-Unis doivent se présenter en tant d’endroits différents. Et je pense donc que ce que Cathy et moi essayons de faire, c’est un travail de pionnier, quelque chose qui ressemble à une approche coopérative et même une division du travail. »

Le travail d’influence

S’appuyant sur la question du Moyen Orient, Hillary Clinton illustre ainsi cette division du travail entre l’UE et les USA. Elle commence tout de suite par démentir l’impression d’une faiblesse européenne et met sur la lumière sur un autre angle. « Je pense que c’est une perception erronée de croire que l’UE n’est pas en mesure d’exercer une influence » explique la Secrétaire d’Etat US. « Il y a tellement de travail à faire dans tous ces défis complexes de la politique étrangère – le renforcement de l’Autorité palestinienne, les relations que l’UE avec  le monde arabe, se faire l’avocat qu’une solution à deux Etats est dans le meilleur intérêt du peuple palestinien est une grande partie du contexte de négociation. Les États-Unis, dans nos efforts pour rapprocher les parties, jouent un rôle différent. »

« (…) je pense que l’analyse à somme nulle de la politique étrangère est vraiment dépassée. Nous n’avons plus ces questions linéaires où il était facile de décider. (…) Durant la guerre froide, il était très clair de savoir de quel côté nous étions et comment nous avons travaillé ensemble (…). Nous vivons dans un environnement beaucoup plus compliqué maintenant. Ce n’est pas que nos problèmes sont pires. (…) Mais ils sont différents. Et ils exigent une utilisation différente du hard power comme du soft power. Quand je suis devenu secrétaire d’État, je l’ai dit aux États-Unis allait commencer à utiliser le Smart power, qui est une combinaison de ces outils et de s’éloigner de ce genre d’analyse et de réaction du tout ou rien. Dans ce partenariat entre l’UE et les États-Unis, je pense il faudra un certain temps pour s’ajuster et dans les Etats membres nous avons tous encore notre rôle à jouer individuellement, bien sûr. Mais ce type de coopération est la seule réponse face à la complexité à laquelle nous nous sommes confrontés au 21e siècle. »

Pour écouter une partie de l’échange : BBC The Record Europe

Lire également :

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Nouveau coup de sang entre Cathy Ashton et le Parlement européen

L’audition par le Parlement européen du premier des ambassadeurs de l’UE nommés récemment (1) qui devait avoir lieu ce mardi, n’aura pas lieu. Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, en a décidé ainsi. « L’audition n’est pas annulée – a précisé la porte-parole à Bruxelles2. « Elles sont reportées simplement ». Raison officielle avancée chez Cathy Ashton : « toutes les formalités de recrutement (administratives, médical, …) ne sont pas terminées ». Cela c’est la première raison, l’autre raison, c’est que la Haute représentante ne souhaite pas que ces « auditions aient lieu en public mais à huis clos, conformément à l’accord conclu avec les parlementaires », les auditions précédentes (Uzackas, Vale de Almeida s’étaient effectivement déroulées à ” huis clos”. Chez Me Ashton, on craint comme les accréditations auprès des Etats tiers ne sont pas terminées, qu’elles soient compromises. « Ce sont des procédures diplomatiques ».

D’autre raisons expliquent également ce (nouveau) durcissement des rapports entre la Haute représentante et le Parlement européen, qui reste toujours bien décidé à mettre le « pied dans la porte » du service diplomatique, comme nous l’avons déjà écrit (2). Les parlementaires ont ainsi exprimé à plusieurs reprises leur mécontentement face à certains recrutements. Ils estiment que l’équilibre géographique, notamment, n’a pas été respecté. Ils ont joint le geste à la parole en insérant plusieurs projets d’amendement dans le règlement en cours d’adoption sur le personnel du service diplomatique (3).Autre geste de mauvaise humeur, dans l’examen du budget 2011 (4), qui commence d’être discuté aujourd’hui (en commission), comme du budget rectificatif 2010, les parlementaires envisagent de « mettre en réserve » les 118 postes du service diplomatique. Ils estiment n’avoir aucune information sur le profil des personnes recherchées, leur fonction et leur affectation (5).

Tout cela ne plait pas, mais pas du tout, à Cathy Ashton, qui a donc décidé de manifester, à son tour, sa mauvaise humeur.

Lire également :

(crédit photo : Parlement européen)

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