Haut représentant

Pas de Battle group pour Haïti. Le baptême du feu de Catherine Ashton

(BRUXELLES2)
Réunion de crise aujourd’hui à la Commission européenne
. Comme tous les jours depuis mercredi, et le début de la mobilisation internationale face au séisme à Haïti, il y avait réunion de crise à la Commission européenne. Autour de la table: les principaux responsables de la gestion de crise: les humanitaires (Echo), les développement (DG dev), les sécurités civile (MIC DG Environnement), l’Etat major civil (CPCC Klompenhouwer) et militaire de l’UE (général Leakey), Etc.
Objectif : faire le point de la situation, recenser les moyens et activer si nécessaire d’autres (1). Cette réunion est cependant un peu plus solennelle que les précédentes puisqu’était
présente Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

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Dans tous les pays les réunions de crise se succèdent, ici Carme Chacon la ministre espagnole de la défense, en réunion avec les  responsables de l’Unité militaire d’urgence (UME) qui partent sur place. (crédit photo :
ministerio de Defensa) (2)


Pas de nécessité d’un battle group. « Pour l’instant — résume un des participants — nous en sommes plutôt aux moyens de l’aide  humanitaire (ECHO) et la  ensuite. L’option « Battlegroup » n’a pas été écartée. Mais elle n’est pas envisagée en l’état. Il en est de même d’une éventuelle mission de police ». Les conditions ne sont pas encore remplies (notamment l’invitation par l’Etat membre, préalable nécessaire à toute opération civile de défense).  « La priorité immédiate des opérations – explique-t-on à la Commission dans un communiqué à la presse – a été de livrer l’équipement nécessaire à l’enlèvement des débris, de répartir les équipes de recherche et de sauvetage ainsi que de fournir les secours d’urgence, l’eau, les hôpitaux de terrain, les tentes, les moyens de communication et les denrées alimentaires. » L’UE a cependant « indiqué également qu’elle est prête à apporter toute autre aide nécessaire dans d’autres secteurs. »
Une phrase, explique un proche du dossier, qui signifie que « toutes les autres options (comme les missions de défense) sont envisagées« . Mais à vrai dire, pour l’instant, l’attention de la diplomate en chef de l’UE se porte surtout sur la reconstruction. Catherine Ashton, qui répondait à la presse, hier, l’a d’ailleurs dit expressement l’aide européenne est menée « en étroite coordination avec les Nations-Unies. Et, pour l’instant, on ne nous a pas demandé de militaires sur place. ».

Priorité à la reconstruction. Lundi, est convoqué à Bruxelles, un conseil exceptionnel des ministres du Développement, pour faire le point sur les mesures à court terme. Cette réunion permettra, surtout d’envisager la deuxième phase : les efforts de reconstruction. Il sera présidé par Catherine Ashton (avec le concours du ministre Espagnole). Ce sera, en fait, son baptême du feu en quelque sorte en tant que président du Conseil des ministres. La Commission européenne sera représentée par Karel de Gucht, l’actuel commissaire au  Développement.  

Commentaire : le baptême du feu d’Ashton. Haïti est ainsi la première crise internationale où le nouveau dispositif de l’UE – voulu par les 27 et écrit dans le Traité de Lisbonne – se met en place. Les différents services de l’action extérieure (humanitaire, développement, militaire, gestion de crises) se réunissent et se coordonnent sous l’autorité d’une seule personne.

(1) Une équipe de coordination est présente à Haïti, composée de sept personnes (Un Français en chef d’équipe assisté d’un Italien, Espagnol, Autrichien, Estonien, Britannique et un officier de liaison de la MIC).
(2) Il n’y a pas de photos disponibles de la réunion européenne.

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La vision très british de Catherine Ashton sur la défense européenne

(BRUXELLES2) Si Catherine Ashton, la haute représentante aux Affaires étrangères, a globalement bien passé la rampe de son grand oral auprès des députés européens ; en revanche, sur l’Europe de la Défense, cela ressemble plutôt à un désastre. Le « net progrès« , constaté en général, ne l’est pas sur ce sujet. Un signe ?

A moins d’être un tory britannique, je n’ai trouvé aucun élu, spécialiste de ce dossier, qui n’ait pas été « étonné« , « déçu », « alarmé« , « catastrophé » par les réponses d’Ashton sur la question, son manque de connaissance et surtout d’appétence du sujet. En fait, à bien écouter Catherine Ashton, l’Europe de la Défense, ce sont avant tout les Etats-membres et, surtout, l’Otan et les Etats-Unis ! Une vision très british (1), en fait, de l’Europe de la Défense, qui ne me semble plus très adaptée aujourd’hui aux nouveaux enjeux mondiaux.

Une pensée guidée par le tropisme transatlantique. A plusieurs reprises, Catherine Ashton a ainsi mis en avant l’OTAN quand on lui parlait politique étrangère ou politique de sécurité et de défense commune. « L’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, le Moyen-Orient, la Somalie, le Yemen sont clairement mes top priorités » a-t-elle précisé. Un catalogue très américain peut-on juger. Ni le Congo, ni le Tchad ou le Soudan, ni la Géorgie ou la Transnistrie, pourtant enjeux tout aussi importants pour l’Europe, ne sont cités, etc. Et d’ajouter comme preuve de son activité : « J’ai participé à la réunion de l’Otan qui m’a permis de rencontrer Rasmussen. Je dois me rendre à Washington pour rencontrer Hillary Clinton » (une référence qu’elle reprend plusieurs fois). Quant à Richard Holbrooke (2), il semble être devenu son mentor : elle s’est entretenue « à plusieurs reprises » avec lui au téléphone. Ce tropisme otanien et américain peut se comprendre. Il fallait donner quelques gages aux opposants tories et Ukip qui l’accusaient d’être à la solde de Moscou pour avoir milité – il y a 28 ans ! – à la CND, une organisation contre le désarmement. Et, après tout, Ashton est britannique jusqu’au bout des ongles (3). Elle reste toujours convaincue de l’efficacité de l’intervention en Irak (et l’a affirmé). Mais cela ne justifie pas pour autant une espèce de prudence voire de méfiance vis-à-vis de l’Europe de la défense.

L’OTAN a réponse à tout, Ashton n’a réponse à rien …
Sur toutes sortes de questions, au lieu de mettre en avant les possibles développements de l’Europe de la défense, Catherine Ashton a paru promouvoir davantage la nécessité d’un « partenariat pragmatique (stratégique) avec l’OTAN » et la nécessité de renforcer le lien transatlantique. Ainsi à la question sur l’avenir de l’Agence européenne de défense et son rôle pour renforcer l’industrie européenne de défense, Catherine Ashton a répondu qu’il ne s’agissait pas de « retirer des tâches aux Etats membres ». Il y a également des compétences d’éducation et de recherche à la Commission européenne » a-t-elle ajouté. Et d’ajouter illico « qu’elle souhaitait développer des relations avec l’Otan et avec son secrétaire général pour voir comment aller de l’avant ». Ce n’était pas la question ! Sur l’existence d’un QG militaire européen ? cela a été encore plus clair: « elle n’en est pas convaincue ». Pourquoi ? La défense « c‘est aussi le travail des Etats membres ». Et de préciser ensuite, citant l’exemple de l’opération anti-piraterie Atalanta dans l’Océan indien, « le QG à Northwood fonctionne bien ». Sur l’opération de formation des soldats somalis, elle n’a pas voulu se prononcer, préférant expliquer qu’il fallait « développer le pays »…

Une inculture de défense
. En matière de politique de défense, l’audition d’Ashton a aussi été un festival d’inculture. Sur le Livre blanc sur la défense, elle a affirmé qu’elle n’était pas au courant et se renseignerait !. Idem pour la présence au Conseil de sécurité de l’ONU, « vous m’avez pris par surprise, je ne sais pas » argue-t-elle. « pour être sincère, depuis 5 semaines que je suis nommée, je n’y ai même pas pensée » Décoiffant ! Son questionneur, Mauro, un PPE Italien lui répond d’ailleurs, dans sa barbe : « la prochaine fois je vous demanderai le nom de votre coiffeur ! ». Sur la clause de solidarité et d’assistance mutuelle, pas de réponse
. Sur le rôle de l’UE en Transnistrie, l’extension du mandat de l’opération antipiraterie Atalanta à la pêche illégale, idem, elle ne répond pas. Etc…

Au final, on ne peut que partager ce sentiment de quelques députés : de « graves lacunes », voire une sérieuse « inquiétude » sur sa volonté
réelle d’avancer sur la PeSDC.

(1) Ce n’est pas un hasard si son chef de cabinet, James Morrison, est issu directement du Foreign office. Il a officé notamment à la Représentation permanente du Royaume-Uni à Bruxelles durant la dernière présidence britannique (2005) comme responsable du team présidence en charge des questions également de l’Asie, de l’ONU et du G8.

(2) Holbrooke, ambassadeur à l’ONU de 1999 à 2001, fut un des négociateurs du plan de paix de Dayton sur la Bosnie (1995). Il a été nommé par l’administration Obama, en janvier 2009, envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan
.

(3) Ce rôle est confié, noir sur blanc, au Haut représentant dans le Traité. Lire:
le rôle du Haut représentant, d’après le Traité de Lisbonne

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Les préceptes de Catherine Ashton en matière de politique étrangère


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(BRUXELLES2) Lors de son audition, Catherine Ashton, la haute représentante aux Affaires étrangères, a légèrement éclairci sa future politique à la tête du service d’action extérieure et comme coordinateur du pôle « extérieur » à la Commission. Elle y a été plus précise que sur la politique de défense.

Priorité n°1 : mettre sur pied le service extérieur

Une occasion unique en une génération. Le service extérieur n’est pas « un simple exercice bureaucratique » a-t-elle assuré. C’est « un outil qui rassemble tous les éléments de notre engagement – politique, économique et militaire – pour mettre en œuvre une stratégie cohérente« . Ce sera bien différent de ce que peuvent faire les ministères » a-t-elle estimé. Mais c’est « une occasion qui ne se présente qu’une fois en une génération » a-t-elle ajouté.

Un statut sui generis. « Nous avons deux options : au sein de la Commission, ou sui generis. Atitre personnel, je penche pour un statut « sui generis » ». Ce qui rejoint d’une certaine façon les opinions des eurodéputés. Le Parlement européen sera, de toute façon, consulté tout au long du processus, « avant la décision du Conseil en avril », a-t-elle précisé.

Total contrôle du Parlement sur le budget. Ashton a aussi rendu les armes au Parlement, estimant que le SEAE « ferait l’objet d’un droit de regard complet de la part du Parlement« .

Mais pas d’audition des ambassadeurs de l’UE par le Parlement. « Ambassadeurs ou chefs de délégation, appelez-les comme vous
voulez
»,
cela doit rester de ma compétence seule, a souligné Ashton. « Je ne suis pas convaincue par l’idée que des auditions doivent être organisées pour les plus hauts postes« , a-t-elle expliqué répondant ainsi à la libérale belge Annemie Neyts. « Ce qui est important, c’est d’avoir une procédure de nomination, transparente ».
NB : cette position est parfaitement légitime pour les
ambassadeurs ou chefs de délégation. Si le Parlement européen commence à organiser des auditions à chaque nomination d’ambassadeur, cela semble difficile à justifier, peu d’Etats européens procédant ainsi (aucun à ma connaissance). En revanche, pour les représentants spéciaux, qui sont comme leur nom l’indique « spéciaux », en nombre beaucoup plus restreint, et surtout dont la présence et le rôle sont définis par le Traité européen, l’audition par la commission compétente du Parlement
européen peut se justifier.


Mon rôle : discuter dans l’ombre

Fédérer, pas opposer. Au niveau de l’Union, Catherine Ashton définit ainsi son rôle : non « pas l’opposition. Mais plutôt fédérer les
énergies, les volontés pour travailler ensemble
».
 La recherche du résultat, du consensus, sont des mots qui reviennent souvent dans sa bouche de même que la discrétion, la discussion.

Discuter discrètement, leitmotiv. Manifestement Ashton préfère d’ailleurs l’ombre à la lumière. « Diplomatie tranquille, cela ne veut pas dire que je suis tranquille. Mais quand je discute avec des personnes discrètement, cela permet souvent d’atteindre mieux ses objectifs. Et cela permet à d’autres de prendre le crédit d’idées qui lui sont suggérées. Parfois sortir en public ne permet pas d’atteindre un résultat. Il faut trouver la démarche efficace selon le pays avec qui nous discutons. »

Commissaire et haut représentant, un distinguo subtil. « Je serai commissaire quand je viendrai vous présenter des dossiers de la Commission. Je serai le représentant du Conseil quand je viendrai rendre compte des débats au Conseil. » « Maintenant – a-t-elle reconnu – il faudra d’un point de vue logistique régler la question », reconnaissant ainsi que le distinguo n’était pas facile à opérer.

Conduire les autres commissaires dans le bon chemin. Le traité « est très clair« , Ashton a « autorité » sur les autres commissaires. « A moi
de créer le cadre stratégique, cela relève de ma compétence, et de demander à la Commission de me rejoindre
 » explique-t-elle. Pour autant l’autonomie de chacun sera préservée : « Je travaillerais avec un groupe de commissaires avec une division du travail claire qui mettrait notamment l’accent sur la mise en œuvre comme en matière de développement par exemple« .

Une diplomate unilingue


Au niveau linguistique, on a pu constaté que Catherine Ashton n’a fait aucun effort. Même pas un petit mot en Français, en Allemand, en Espagnol ou en Polonais. Rien Nada. Anglais, anglais, anglais, de bout en bout. Un « sérieux » problème pour un diplomate en chef, ont estimé, après coup, plusieurs députés. Mais aucun d’entre eux n’a eu la présence d’esprit de lui demander pourquoi…

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Audition d’Ashton. « L’Edith Piaf » de la Commission s’en sort honorablement…

(BRUXELLES2) Les coordinateurs « affaires étrangères » réunis autour du président de la commission des Affaires étrangères, Albertini, devraient, dans leur ensemble, décerner ce soir un « satisfecit » à Catherine Ashton, pressentie pour être la vice-présidente de la Commission chargée des Affaires étrangères (et Haut représentant aux Affaires étrangères). Les responsables des principaux groupes (PPE, PSE, Libéraux) sont d’accord sur ce point. Après son audition par le Parlement européen, ce lundi après-midi, la Britannique a rempli les critères suffisants et donné des gages sérieux pour ses nouvelles fonctions. Les sceptiques de Ashton sont minoritaires ou doivent se taire (solidarité de groupe oblige)…

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Honorable… sans mention. Lors de son audition Catherine Ashton sans être enthousiasmante n’a, en effet, commis aucun impair. Mieux ! Sur certains dossiers (Iran, Moyen-Orient, prévention des conflits, désarmement…), elle a montré qu’en quelques semaines (1), elle avait pu appréhender suffisamment le contenu de ceux-ci pour être assez crédible (post à suivre). Très tendue au départ, mélangeant ses papiers, oubliant des questions, ne sachant pas vers qui se tourner pour répondre, elle a pris peu à peu d’assurance, au point de se détendre dans la dernière heure de l’audition, et dans les dernières 15 minutes se laisser aller à plaisanter avec les eurodéputés, en se moquant un peu d’elle-même. « Je sais, ce n’est pas facile de répondre par oui ou non ». Je serai plus réservé voire très réservé sur son positionnement dans le domaine de l’Europe de la défense (lire plus loin : la vision très british de Catherine Ashton).

L’Edith Piaf de la Commission. En fait, le mérite de « la détente » revient à un de ses adversaires (les plus farouches ?), William Darmouth (Ukip) qui à la 148e minute lui demande (encore une fois !, le tory Charles Tannock lui avait déjà posé la question) de s’expliquer sur son passé de trésorière de Campagne contre le désarmement (CND), « 
non mentionné dans son CV officiel« . Il l’a accusé également de s’être lourdement trompé à l’époque (« avec vous l’Europe ne serait pas libre aujourd’hui« ) et de ne rien renier : « êtes-vous l’Edith Piaf de la Commission: nothing, nothing, nothing, i regret nothing ? Ou allez-vous reconnaître que vous vous êtes fourvoyés et vous excuser ? »… Et comme elle marquait un temps d’hésitation pour répondre, il voulut enfoncer le clou : « are you afraid ? »… Ce qui provoqua immédiatement la réprobation d’une partie de l’hémicycle… Catherine Ashton avait alors beau jeu de répondre que « chacun son opinion. C’est la  démocratie. C’est fantastique de voir des gens de 27 pays de toute l’Europe engagés dans le Parlement européen. C’est un grand choix de toute ma vie« . Ensuite, elle a répondu que  » sa vie était publique« , que si le CV ne mentionnait pas son passé au CND, c’était parce que cela ne lui semblait « pas significatif pour le poste qu’elle occupait« . Sur le fond, elle n’a pas voulu renier son engagement de l’époque : « un engagement en faveur de la paix. Je suis passionnément en faveur d’une Europe libre. (…) Quand j’étais jeune, j’étais engagé dans le désarmement. C’était un engagement en lien avec les mouvements de liberté de l’Europe. J’étais passionnément pour que l’Europe soit libre. »

Un résultat « honorable sans mentions ». A la fin de l’audition, nombreux ont été les députés à venir embrasser, serrer la main ou glisser un petit mot d’encouragement à la Baroness Ashton (aka Edith Piaf ?). Le plus dur semblait fait. Et dans son entourage, on a poussé un soupir de soulagement… A interroger les députés, ensuite dans les couloirs en dehors de la commission, cette impression plutôt positive s’est confirmée, sans être dythirambique : « Il y a un net progrès par rapport il y a cinq semaines, lors de sa première audition » ont expliqué plusieurs députés. « On sent qu’elle est plus à l’aise qu’elle maîtrise mieux ses dossiers » considère ainsi le Français Arnaud Danjean (UMP/PPE). Même s’il « lui reste une large marge de progrès » a lâché, un rien vachard, un de ses collègues de parti, tenu à la discipline du groupe. Certes « tout n’est pas satisfaisant » commente Franziska Brantner (Verts). Mais il semble bien que Catherine Ashton ait décroché des eurodéputés le « Fair average quality » comme l’explique le Roumain Ioan Mircea Pascu (S&D), vice-président de la commission des Affaires étrangères. Bien sûr, « il n’y a aucune raison d’être enthousiaste. Nous avons une personne nouvelle pour construire quelque chose de nouveau. Cela fait beaucoup » a expliqué l’Allemand Elmar Brok (CDU/PPE) qui sait cependant bien qu’« on ne peut pas se permettre une nouvelle crise (de la Commission) ! Alors… ».

La modestie récompensée. « Nous n’avons pas besoin d’une missionnaire » justifie la socialiste belge Véronique de Keyser (S&D).
« Nous en avons assez de ceux qui prennent des postures, montrent des biceps, mais ne font rien de plus » complète une autre. Catherine Ashton doit « évoluer dans un nouveau contexte, avec la présidence tournante, etc. qui l’oblige à être discrète », explique la libérale belge Annemie Neyts. Le positionnement de Catherine Ashton pour une « diplomatie tranquille » a apparement plu. Sa modestie affichée (« Je ne suis pas élu. Vous l’êtes ») ne l’a pas desservie. Bien au contraire! Son engagement de rester proche des précocupations du Parlement a ravi : « Vous avez tous posé des questions fort intéressantes mais peut-être pas obtenu toutes les réponses. Je ferais de mon mieux pour être disponible. Plus nous continuerons le dialogue, plus nous serons à même de résoudre les préoccupations qui nous occupent. »

AshtonHearing@PE100112

Une remarque sur cet exercice d’auditions.
1° C’est un exercice au demeurant rare au niveau national (du moins français) qu’il est très peu compris dans ses enjeux comme dans la valeur de son exercice par nombre de compatriotes.
2° Certains députés français n’ont d’ailleurs que peu compris leur exercice. Je citerai trois d’entre eux : Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) qui coprésidait la séance !, Vincent Peillon (Parti socialiste), Dominique Baudis (UMP) ont posé leur petite question, sont restés quelques minutes de plus, par politesse, puis s’en sont allés discrètement sans attendre la fin de l’audition (2).
3° Cet exercice reste pour l’instant peu satisfaisant à mon goût. En donnant très peu de temps aux questions et aux réponses, le Parlement européen voulait un exercice rythmé. C’est raté. Au contraire, on obtient un exercice totalement haché, où le commissaire a, à peine le temps de répondre à la question et pas de développer sa pensée.

NB : Sur la défense, lire : La vision très british de Catherine Ashton sur la défense européenne

(1) Une première audition, informelle, avait eu lieu le 2 décembre. Lire Ashton, nouvelle HR, apôtre de la démocratie tranquille… et du café de la Commission
(2) Heureusement quelques autres, comme Eva Joly (Verts) ou Arnaud Danjean (UMP), sont restés

Pour écouter l’audition…

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Catherine Ashton, guest star de ce blog…


Ashton@UE0912
(BRUXELLES2) Nécessairement, l’arrivée d’un nouveau Haut représentant aux Affaires étrangères, le second depuis la création de ce poste il y a dix ans, est un évènement, d’autant qu’il se se situe dans un cadre nouveau, avec un statut et des pouvoirs plus importants issus du Traité de Lisbonne.

Petit à petit, dans les premiers mois de 2010, Catherine Ashton va acquérir pleinement ses pouvoirs, d’abord en présidant le Conseil des Ministres des Affaires étrangères, et une fois confirmée par le Parlement européen (dès le mois de janvier), en faisant ses premiers  déplacements à l’étranger (janvier-février-mars), en faisant sa première proposition notable – sur le service extérieur – (d’ici le printemps), et en procédant aux premières nominations... Bref, les prochains mois, ce nom devrait revenir à de nombreuses reprises sur ce blog. Alors, pour mémoire, voici quelques uns des articles déjà parus sur ce blog (au cas où vous les auriez loupés , il est temps de réviser…)


La nomination du Haut représentant et ses premières passes d’armes:

- les contours du service extérieur – avec qui gouverne Miss Ashton (à paraître)

- Les réponses de Catherine Ashton au questionnaire du Parlement

- Où ira la nouvelle Haute représentante dans les prochains mois ? (exclusif)

- Catherine Ashton (HR) passera-t-elle les auditions sans casse ?

- Le déroulement du « Grand oral » de Catherine Ashton est fixé (11 janvier)

- Ashton : je veux une vraie diplomatie de l’UE avec des moyens
(audition dans le groupe Socialiste)

- Ashton, nouvelle HR, apôtre de la démocratie tranquille… et du café de la Commission (1ère audition au Parlement)

- Les réserves d’Elmar Brok (CDU/PPE) sur C. Ashton (exclusif)

- Les 12 travaux d’Hercule de C. Ashton (Haute représentante) pour la PeSDC (analyse)

- Le deuxième enterrement du ministre des Affaires étrangères (opinion)

- La Baroness Catherine Ashton sera le futur Haut Représentant (maj)

- Avant Catherine Ashton, Geoff Hoon était en piste (exclusif)


Le programme des présidences tournantes et le rôle du Haut représentant.

- le rôle du Haut représentant, d’après le Traité de Lisbonne

- Le prochain président du COPS sera espagnol

- Comment la présidence Espagnole va se coordonner avec Miss Ashton ?

- Les priorités du trio de présidences pour la PESD, éléments officiels

- Présidence espagnole 2010: priorités intéressantes pour la défense…

 

Autres informations :

- l’intervention de la Haute représentante signée dans le Figaro et la Stampa

- la page auditions du Parlement européen

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Les fonctions et pouvoirs du Haut représentant, d’après le Traité de Lisbonne

 (BRUXELLES2) Le « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » – selon sa nomination officielle (en abrégé le Haut représentant ou HR) – a trois Fonctions essentielles, définies par le traité :
- Il « conduit la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union. Il contribue par ses propositions à l’élaboration de cette politique et l’exécute en tant que mandataire du Conseil. Il agit de même pour la politique de sécurité et de défense commune » ;
- Il « préside le Conseil des affaires étrangères » ;
- Il « est l’un des vice-présidents de la Commission. Il veille à la cohérence de l’action extérieure de l’Union. Il est chargé, au sein de la Commission, des responsabilités qui incombent à cette dernière dans le domaine des relations extérieures et de la coordination des autres aspects de l’action extérieure de l’Union. Dans l’exercice de ces responsabilités au sein de la Commission, et pour ces seules  responsabilités, le haut représentant est soumis aux procédures qui régissent le fonctionnement de la Commission, dans la mesure où cela est compatible avec les paragraphes 2 et 3. » (Article 18-2, 3, 4 TUE).

 

Il « participe » aux travaux du Conseil européen, mais n’en est pas membre, contrairement au président de la Commission européenne (article 15 TUE).

 

De fait, son statut est complexe : il est membre de la Commission à part entière mais a un statut propre en dehors de celle-ci. Il a des fonctions multiples, qui lui sont propres, qu’il exerce en solo ou de façon « conjointe » à la Commission européenne. On peut classer ces différents pouvoirs en sept catégories : initiative, gardien des principes et acteur du consensus, exécution de la PESC, gestion de la PeSDC, chef du service diplomatique, représentation extérieure et action auprès des organisations internationales, information et consultation du Parlement européen.

 

1. Pouvoir d’initiative

Le HR « pour le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune, et la Commission, pour les autres domaines de l’action extérieure, peuvent présenter des propositions conjointes au Conseil. »  (article 22-2)

En tant que président du Conseil des affaires étrangères, le HR « contribue par ses propositions à l’élaboration de la politique étrangère et de sécurité commune ». (article 27-1)

Seul ou avec le soutien de la Commission, comme tout État membre, le HR « peut saisir le Conseil de toute question relevant de la politique étrangère et de sécurité commune et soumettre, respectivement, des initiatives ou des propositions au Conseil. » (article 30-1)

Convocation en urgence du Conseil. « Dans les cas exigeant une décision rapide, le haut représentant convoque, soit d’office, soit à la demande d’un État membre, dans un délai de quarante-huit heures ou, en cas de nécessité absolue, dans un délai plus bref, une réunion extraordinaire du Conseil. »  (article 30-2 TUE).

Mise en place du service diplomatique. « Le Conseil statue sur proposition du haut représentant, après consultation du Parlement européen et approbation de la Commission. »  (article 27-3 TUE)

Représentants spéciaux. Il propose au Conseil de « nommer un représentant spécial auquel est conféré un mandat en liaison avec des questions politiques particulières. Le représentant spécial exerce son mandat sous l’autorité du haut représentant. »  (article 33 TUE)

Avis du COPS. Il « peut demander au COPS un avis sur la situation internationale » (comme le Conseil ou le COPS).  (article 38 TUE)

Négociation d’accords internationaux. Le HR « lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union ». Le même processus se produit lorsqu’il y a suspension de l’accord. NB : le Parlement européen est « immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la procédure ». (article 218-3 TFUE)

Sanctions d’un État tiers. Le HR peut proposer, de façon conjointe avec la Commission « l’interruption ou la réduction, en tout ou en partie, des relations économiques et financières avec un ou plusieurs pays tiers ». (article 215-1 TFUE)

Clause de solidarité. « Les modalités de mise en œuvre par l’Union de la clause de solidarité sont définies par une décision adoptée par le Conseil, sur proposition conjointe » de la Commission et du haut représentant. (article 222 TFUE)

Période transitoire (déclaration 8). Le haut représentant doit « prendre, en consultation avec la présidence semestrielle suivante, les mesures concrètes nécessaires qui permettent une transition efficace des aspects matériels et organisationnels de l’exercice de la présidence du Conseil européen et du Conseil des affaires étrangères. »

NB : Les décisions au Conseil sont normalement adoptées à l’unanimité sauf dans pour les décisions d’application (article 31-2 TUE) :

- « décision qui définit une action ou une position de l’Union sur la base d’une décision du Conseil européen portant sur les intérêts et objectifs stratégiques de l’Union » ;

- « décision qui définit une action ou une position de l’Union sur proposition du haut représentant présentée à la suite d’une demande spécifique que le Conseil européen lui a adressée de sa propre initiative ou à l’initiative du haut représentant » ;

- « toute décision mettant en œuvre une décision qui définit une action ou une position de l’Union » ;

- nomination d’un représentant spécial.

 

2. Gardien des principes et acteur du consensus

« Les États membres appuient activement et sans réserve la politique extérieure et de sécurité de l’Union dans un esprit de loyauté et de solidarité mutuelle et respectent l’action de l’Union dans ce domaine. (Ils) œuvrent de concert au renforcement et au développement de leur solidarité politique mutuelle. Ils s’abstiennent de toute action contraire aux intérêts de l’Union ou susceptible de nuire à son efficacité en tant que force de cohésion dans les relations internationales. Le Conseil et le haut représentant veillent au respect
de ces principes
. »
(article 24-3 TUE)
« Le Conseil et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité veillent à l’unité, à la cohérence et à l’efficacité de l’action de l’Union. »
(article 26-2 TUE)

« Si un membre du Conseil déclare que, pour des raisons de politique nationale vitales et qu’il expose, il a l’intention de s’opposer à l’adoption d’une décision devant être prise à la majorité qualifiée, il n’est pas procédé au vote. Le haut représentant recherche, en étroite consultation avec l’État membre concerné, une solution acceptable pour celui-ci. En l’absence d’un résultat, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, peut demander que le Conseil européen soit saisi de la question en vue d’une décision à l’unanimité. » (article 31-2 TUE)

3. Pouvoir exécutif de la PESC

« La (politique étrangère et de sécurité commune) est définie et mise en oeuvre par le Conseil européen et le Conseil, qui statuent à l’unanimité, sauf dans les cas où les traités en disposent autrement. (…) Elle est exécutée par le haut représentant et par les États membres, conformément aux traités. » (article 24-1 TUE)

PESC. « La politique étrangère et de sécurité commune est exécutée par le haut représentant et par les États membres, en utilisant les moyens nationaux et ceux de l’Union. » (article 26-3 TUE)

Décision du Conseil et du Conseil européen. Le HR « assure la mise en œuvre des décisions adoptées par le Conseil européen et le
Conseil 
».
(article 27-1 TUE)

  Présidence du COPS et des groupes de travail. « La présidence du COPS est assurée par un représentant du haut représentant. » Idem
pour la présidence des organes préparatoires de la formation des affaires étrangères.
(déclaration 8)

4. Gestionnaire de la PeSDC

Coordination des opérations PeSDC. « Sous l’autorité du Conseil et en contact étroit et permanent avec le comité politique et de sécurité, (il) veille à la coordination des aspects civils et militaires de ces missions. » (article 43 TUE)

Mission menée par certains Etats membres. Les États membres concernés « en association avec le haut représentant, conviennent entre eux de la gestion de la mission. » (article 44-1 TUE)

Règles du fonds de lancement. Il propose au Conseil, qui l’adopte à la majorité qualifiée, « les décisions établissant: les modalités de
l’institution et du financement du fonds de lancement, notamment les montants financiers alloués au fonds; les modalités de gestion du fonds de lancement; les modalités de contrôle financier
. »

« Lorsque la mission envisagée, conformément à l’article 42, paragraphe 1, et à l’article 43, ne peut être mise à la charge du budget de l’Union, le Conseil autorise le haut représentant à utiliser ce fonds. Le haut représentant fait rapport au Conseil sur l’exécution de ce mandat. » (article 42 TUE)

NB : le fonds de lancement est destiné à financer des actions préparatoires des missions de défense.

Avis sur la coopération structurée permanente. « Les États membres souhaitant participer à la coopération structurée permanente, (…), notifient leur intention au Conseil et au haut représentant. » Le HR est aussi consulté sur la décision du Conseil d’établir la coopération structurée permanente. Il est tenu informé de toute adhésion ultérieure. (article 46 TUE)

Avis sur les coopérations renforcées. « La demande des États membres qui souhaitent instaurer entre eux une coopération renforcée dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune est adressée au Conseil. Elle est transmise au haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui donne son avis sur la cohérence de la coopération renforcée envisagée avec la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union, ainsi qu’à la Commission, qui donne son avis, notamment sur la cohérence de la coopération renforcée envisagée avec les autres politiques de l’Union. Elle est également transmise au Parlement européen pour  information ». (article 329-2 TFUE)

Toute demande d’adhésion ultérieure est également « notifiée » au haut représentant (article 331-2 TFUE).

 

5. Chef du Service diplomatique

Organisation. « Dans l’accomplissement de son mandat, le haut représentant s’appuie sur un service européen pour l’action extérieure. Ce service travaille en collaboration avec les services diplomatiques des États membres et est composé de fonctionnaires des services compétents du secrétariat général du Conseil et de la Commission ainsi que de personnel détaché des services diplomatiques nationaux. L’organisation et le fonctionnement du service européen pour l’action extérieure sont fixés par une décision du Conseil. » (article 27-3 TUE)

Autorité. « Les délégations de l’Union sont placées sous l’autorité du haut représentant. Elles agissent en étroite coopération avec les missions diplomatiques et consulaires des États membres. (article 221 TFUE)

Mise en place (Déclaration 15) « dès la signature du traité de Lisbonne, le secrétaire général du Conseil, Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, la Commission et les États membres devraient entamer les travaux préparatoires relatifs au Service européen pour l’action extérieure ».

 

6. Pouvoir de représentation et action auprès des Organisations internationales

De façon générale, le HR « représente l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune. Il conduit au nom de l’Union le dialogue politique avec les tiers et exprime la position de l’Union dans les organisations internationales et au sein des conférences internationales ». (article 27-2 TUE)

Coordination dans les organisations internationales. « Les États membres coordonnent leur action au sein des organisations internationales et lors des conférences internationales. Ils défendent dans ces enceintes les positions de l’Union. » C’est le haut représentant qui « assure l’organisation de cette coordination. » (article 34-1 TUE)

Présentation de la position de l’UE au Conseil de sécurité de l’ONU. « Lorsque l’Union a défini une position sur un thème à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies, les États membres qui y siègent demandent que le haut représentant soit invité à présenter la position de l’Union. » (article 34-2 TUE)

Gestion des accords avec les autres organisations. « L’Union établit toute coopération utile avec les organes des Nations unies et de leurs institutions spécialisées, le Conseil de l’Europe, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et l’Organisation de coopération et de développement économiques. L’Union assure, en outre, les liaisons opportunes avec d’autres organisations internationales. » C’est « le haut représentant et la Commission » qui sont « chargés de la mise en œuvre » de cet article. (article 220 TFUE)

 

7. Information ou consultation du Parlement européen

PESC. Il « consulte régulièrement le Parlement européen sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la politique étrangère et de sécurité commune et de la politique de sécurité et de défense commune et l’informe de l’évolution de ces politiques. Il veille à ce que les vues du Parlement européen soient dûment prises en considération. » (article 36 TUE)

Débat. Le Parlement européen peut adresser des questions ou formuler des recommandations à l’intention du Conseil et du haut représentant. Il procède deux fois par an à un débat sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune, y compris la politique de sécurité et de défense commune.

Coopérations renforcées. « La Commission et, le cas échéant, le haut représentant informent régulièrement le Parlement européen et le Conseil de l’évolution des coopérations renforcées. » (article 328-2 TFUE)


Statut

  1. Nomination. Le HR est nommé par le « Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, avec l’accord du président de la Commission. Le Conseil européen peut mettre fin à son mandat selon la même procédure. »  (article 18-1)
  2. Approbation du Parlement. Le HR est soumis, comme les autres membres de la Commission, « en tant que collège, à un vote d’approbation du Parlement européen ». (article 17-7 TUE)
  3. Démission. Le HR présente sa démission, conformément à la procédure prévue à l’article 18, paragraphe 1, si le président le lui
    demande 
    » « En cas de démission volontaire, de démission d’office ou de décès, (il) est remplacé, pour la durée du mandat restant à courir, conformément à l’article 18, paragraphe 1, du traité sur l’Union européenne. »
    (articles 17-6 TUE, 246 TFUE)
  4. Censure. En cas de motion de censure, le HR démissionne « des fonctions qu’il exerce au sein de la Commission » mais pas de celles qui lui sont propres (conduite de la PESC, présidence du Conseil des affaires étrangères…). (articles 17-8 TUE, 234 TFUE)
  5. Démission d’office. « Tout membre de la Commission, s’il ne remplit plus les conditions nécessaires à l’exercice de ses fonctions ou s’il a commis une faute grave, peut être déclaré démissionnaire par la Cour de justice, à la requête du Conseil, statuant à la majorité simple, ou de la Commission. » (article 247 TFUE)
  6. Rémunération. C’est le Conseil qui « fixe les traitements, indemnités et pensions » du haut représentant (comme du président du Conseil européen, du président de la Commission, des membres de la Commission, des présidents, des membres et des greffiers de la Cour de justice de l’Union européenne et du secrétaire général du Conseil). (article 243 TFUE)
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Où ira C. Ashton, Haut représentant, dans les prochains mois ? (exclusif)

(BRUXELLES2) Le programme des déplacements de la nouvelle Haute représentante aux affaires étrangères, Catherine Ashton, se précise. Même si l’actualité commandera tout autant l’agenda, plusieurs rendez-vous ont déjà été programmés (après son audition au Parlement européen).

La première visite programmée de Catherine Ashton à l’étranger sera ainsi pour la Bosnie-Herzégovine, dans la deuxième partie de janvier. Il s’agit d’aller voir, « bien entendu », les militaires de l’opération européenne « Althea » et les policiers de la Mission MPUE, mais aussi les autorités du pays, pour avoir une discussion « plus générale » sur la stabilisation du pays, explique-t-on à son cabinet. La seconde visite programmée, dans la foulée, sera pour le Proche-Orient, avec visite des deux interlocuteurs, Israël et Autorité palestinienne. La question
d’élargir à d’autres pays de la région semble, pour l’instant, abandonnée. Autre visite importante : à Washington, auprès de l’allié américain, avec une rencontre – en février peut-être – avec Hillary Clinton, avec qui Catherine Ashton a eu l’occasion de discuter, lors de la réunion des Ministres des affaires étrangères de l’OTAN, début décembre.

Durant ce premier semestre 2010, la Haute représentante devrait aussi se rendre en Afghanistan (la date exacte est gardée secrète pour des raisons de sécurité). Elle rendra aussi visite sur place aux Européens engagés dans la lutte anti-pirates (opération EUNAVFOR Atalanta). Une visite qui n’aura pas seulement pour but de voir sur place le travail des militaire mais sera sans doute élargie à une rencontre avec les autorités des pays de la région, comme Djibouti ou le Kenya. L’objectif étant notamment, explique un des proches de la Haute  représentante, de pouvoir remédier à un défaut essentiel de l’opération Atalanta: la traduction des pirates devant un juge. Pour éviter que se reproduise ce qui vient de se passer avec la frégate néerlandaise Evertsen (qui a du se résoudre à libérer au bout de deux semaines les 13 suspects qu’elle détenait).

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Comment la présidence Esp. va se coordonner avec Miss Ashton

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(BRUXELLES2) Dans cette période de transition, avec une présidence qui continue de tourner (les Espagnols au 1er janvier) et deux nouveaux leaders européens, qui ont un mandat fixe (le président du Conseil européen et la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères), toute la question est de savoir comment « tout cela » va s’organiser ?

Le ministre espagnol des Affaires étrangères était, vendredi, à Bruxelles pour présenter ses priorités devant la presse. Et, naturellement, je lui ai posé la question : Comment il comptait se coordonner avec la Haute représentante ? Est-ce que le Proche-Orient serait une région test ?

Le ministre espagnol à disposition de la Haute représentante
. Pour Moratinos, qui a rencontré, à deux reprises, Catherine Ashton, « on part d’un principe très simple. Le Ministre des affaires étrangères espagnol est, à la totale disponibilité, de Me Ashton. C’est elle qui a toute la capacité, tous les éléments (pour) déployer sa nouvelle fonction. Et le ministre espagnol peut être utile pour elle, dans des questions pour des raisons d’histoire, d’expérience, de proximité, on a une plus grande expérience, comme au Proche-Orient, en Amérique latine, en Afrique du nord ou en Méditerranée, où nous avons une possibilité d’apporter une certaine valeur ajoutée. Mais elle ne m’a pas délégué un dossier. C’est elle, la Haute représentante, et qui va exercer cette fonction. Mais on va faire ensemble pour que le Proche-Orient soit un élément essentiel de l’action extérieure de l’Union. Moi, modestement, je vais apporter ma modeste expérience dans la région. »

L’UE acteur majeur au Proche-Orient. L’Europe peut-elle avoir une politique autonome par rapport aux Etats-Unis ? « Ce n’est question de politique autonome ou de politique subordonnée » explique Moratinos. « La grande percée que l’on doit à Javier Solana et toute son
équipe est que, même si on considère que le Quartet n’a pas
toujours abouti à ce qu’on aurait souhaité, nous sommes arrivés à ce que les positions de l’UE, des Etats-Unis et des autres acteurs ne soient pas différents dans la substance. Nous avons des différences dans la tactique. Sur le fond, l’objectif, la façon d’arriver à des accords, nous n’avons pas de différence. Ce qu’il faut, c’est travailler ensemble. Car les deux parties ont besoin d’un nouvel engagement des deux acteurs principaux de la Communauté internationale, dont l’Union européenne. »

(crédit photo : Conseil de l’Union européenne)

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Les réponses de Catherine Ashton au questionnaire du Parlement

(BRUXELLES2) Comme de coutume, le Parlement européen a demandé à chaque commissaire de remplir un questionnaire écrit, qui sera diffusé à tous les députés avant les auditions. Voici les éléments de réponse de la Haute représentante aux affaires étrangères, Catherine Ashton. Son audition est prévue le 11 janvier (planning détaillé). Pas grand chose de vraiment transcendant. Mais utile tout
de même. Je le livre à votre sagacité … -:)

 

General competence

L’expérience de la négociation. « I have practical experience of European politics and negotiation both at the intergovernmental level and as Trade Commissioner. As Leader of the House of Lords, I steered the Lisbon Treaty through that House. My work as a UK Justice Minister in the Justice and Home Affairs Council included chairing that Council during the United Kingdom Presidency in 2005. As Trade Commissioner, I have built a strong relationship with strategic partners such as the US and China. This included chairing the
EU-China High Level Economic and Trade Dialogue together with Vice Premier Wang Qishan. I believe in cooperation at the global level to address global issues, and I have advocated EU leadership both in the G20 and in the WTO. I have initialled a ground-breaking trade agreement with South Korea; have advanced our partnerships with ACP countries, and have solved difficult trade disputes, such as the one on beef with the US

Le titre de Baroness : Ashton le garde. « As you are aware I am a life peer. I am not able to renounce my title of ‘Baroness’ as it is given to me for life. By virtue of my title, I have a place in the UK House of Lords. For the term of my mandate as Commissioner I have taken leave of absence from the Lords and have taken the necessary steps to ensure that there is no conflict between my status as Baroness and my duties as Commissioner. This means that, although I retain my title, I would not attend the House of Lords, nor take part in votes, give speeches there, or draw any allowances during the period of my mandate. »

Information du Parlement (mais pas plus ?). « The Lisbon Treaty is clear that I must keep you informed and that I will consult you on the basic choices we face on the Common Foreign and Security Policy. I believe this should include providing the Parliament with information on ongoing negotiations as well as on key issues/events and key relationships. (…) Close cooperation with the European Parliament would also mean participating regularly in Plenary sessions and making myself available in order to explain and report on what the European Union is doing and why in the Committees. »


Three main priorities ?

Service extérieur. « My first priority will be to build the European External Action Service as an efficient and coherent service that will be the pride of the Union and the envy of the rest of the world. I will draw on the talent that already exists in the European Commission and the Council Secretariat, and welcome new colleagues from our 27 Member States to join as well. (…) »

Action dans les zones de crises. « (…) We are already playing an important role in the Southern Caucasus. We can act jointly with the US in the Middle East, building on the Quartet activity. In Africa, the Union is already involved in many actions. For example, the Atalanta operation is perceived as a success story on which we can build a more comprehensive policy. The Afghan conflict has to be solved and the Union is committed, both with its military force but also by training police and building health and agricultural infrastructure. »

Partenaires stratégiques. « I will seek to reinforce our strong cooperation with strategic partners such as the United States, China, Russia, India, Brazil and Japan. (…) »


Specific legislative and non-legislative initiatives ?

Un paquet complet sur le futur service diplomatique. « I would prepare detailed proposals for the establishment of the European External Action Service (EEAS), so that the Council can take a decision by the end of April (NB : la date fixée par le Conseil européen). (…) I intend to produce a package that will include not only a draft Decision on the establishment of the EEAS but also the required amendments to the Financial Regulation and the Staff Regulations, as well as a draft amending budget for 2010, including amendments related to the setting up of the EEAS. »

« I would involve the European Parliament closely in this process, including in the course of the preparation of the proposals and look forward to consultation with the Parliament on the draft decision. » NB : le Parlement ne fera pas partie du Comité directeur du Service d’action extérieur.

Perspectives financières, of course. « As a Vice-President of the Commission, I will contribute to the preparation of the new Financial Framework. As part of this exercise, I will draw the lessons from the recent mid-term review of the financing instruments for external relations, as the current instruments expire in 2013. » NB : parions également que la commissaire, britannique, ne s’intéressera pas qu’aux instruments de la politique extérieure, mais également à la PAC, à la politique de cohésion, ainsi qu’au fameux « rabais ». Tout le monde a en mémoire les discussions, chaudes, de la négociation des perspectives financières 2007-2013, sous présidence de Tony Blair justement, dont C. Ashton était un ministre.

 

La prévention des crises « I also want to strengthen the early warning and crisis prevention capacities of the European Union by drawing on the expertise of NGOs, and use all the instruments available to strengthen the engagement of the European Union in countering chemical, biological, radiological and nuclear proliferation. » NB : Catherine Ashton a indiqué son intention, à quelques eurodéputés, de beaucoup discuter avec Dan Smith, actuel secrétaire général d’International Alert (une organisation qui travaille sur les questions de « peacebuilding ») qui fut son patron au CND, l’organisation qui militait pour le désarmement « quand j’avais 21 ans », a-t-elle précisé.

La révision des instruments de politique extérieure. « I intend to launch a review of external policy and of external action instruments in key areas. I intend to use such review to identify additional specific legislative and non legislative initiatives which will be required for the Union to achieve its objectives. »

Télécharger le texte complet des réponses

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Le déroulement du « Grand oral » de Catherine Ashton est fixé

(BRUXELLES2) Le grand oral de Catherine Asthon, le nouveau Haut représentant de l’UE aux affaires étrangères et à la politique de
sécurité, aura lieu le 11 janvier ( de 13h à 16h) au Parlement européen à Bruxelles. Trois heures durant lesquels les parlementaires vont pouvoir poser leurs questions et, surtout, obtenir des réponses. Une épreuve intense qui va voir se succéder questions et réponses, selon un rythme soutenu. Epreuve ultime également puisque de la réussite de cette audition et
de l’avis des parlementaires, dépendra la nomination définitive de Catherine Asthon, comme vice-présidente de la Commission, et donc comme Haut représentant (mêle si les grands groupes ne semblent pas décidé à en découdre). Le déroulement de l’audition a donc été fixé, au millimètre près, après plusieurs discussions. Le  déroulé se décompose en 6 rounds :• Après une courte introduction du président, Ashton aura 10 minutes pour se présenter. Viendront ensuite les questions des coordinateurs AFET. Ils auront 5 minutes sous la forme de Questions – Réponses avec droit de questions de suivi (1er round). Ce qui va donner un certain rythme à l’audition (1 minute pour la question, 2 pour la réponse, 1 pour la question de réplique, 1 pour la réponse de réplique). Les  présidents des sous-comités (défense, droits de l’homme) auront 3 minutes chacun (2e round).

• Le troisième round sera formé de neuf questions par bloc de 3 députés, chacun ayant 1 minute. Ils ne pourront poser qu’une question. Et Ashton ayant 3 minutes pour répondre, à chaque bloc.

• Quatrième round : Une nouvelle série des comités associés à l’audition (Développement, Commerce international, Affaires constitutionnelles, Contrôle budgétaire) viendra ensuite, sous la forme de questions – réponses.

• Cinquième round : la reprise de questions de députés : neuf blocs de questions en tout, selon le même principe qu’au début : bloc de 3 députés, à raison d’1 minute par question, Ashton ayant 3 minutes pour répondre à chaque bloc. Une séance particulièrement difficile car là peuvent se glisser des questions inattendues, moins contrôlées par les groupes.• Le round final permettra à chaque groupe de poser de nouvelles questions, chacun ayant 3 minutes (questions et réponses).


Ashton aura ensuite 10 minutes pour conclure. La conclusion finale appartenant au président Albertini (avec 4 minutes). En tout 3 heures d’audition, à un rythme plus que soutenu.
NB: Selon un premier décompte, il y aura 18 questions des chrétiens-démocrates (PPE), 12 de socialistes et démocrates (S&D), 6 de libéraux et démocrates (ALDE), 4 des Verts, 4 des Conservateurs (ECR), 3 de communistes et gauche alternative (GUE), 2 souverainistes (EFD), 2 des non-inscrits.

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Catherine Ashton (HR) passera-t-elle les auditions sans casse ?

(BRUXELLES2, de retour de Strasbourg) Les entretiens informels de la nouvelle Haute représentante aux affaires étrangères avec les parlementaires se sont succédé, en marge de la session plénière, ces derniers jours. Catherine Ashton a ainsi rencontré tous les groupes politiques: Socialistes, PPE, Libéraux, Verts, etc. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que, à écouter les uns et les autres, le résultat reste très mitigé. Même si dans sa famille politique, les socialistes, les critiques se font discrètes (lire le compte-rendu) – solidarité politique oblige -, quand les langues se délient, les critiques sont plus verves qu’ailleurs. « J’ai été effarée par son manque de connaissances du sujets » avoue une députée. « Elle a un manque de vision politique de ce que pourrait être la politique étrangère» balance un second. « Elle n’a aucun intérêt » cloue le troisième.

Certains députés (Libéraux, Verts) pointent aussi du doigt son refus d’annoncer sa politique en matière étrangère. Plusieurs groupes (Libéraux, Verts) avaient, en effet, demandé qu’elle présente un programme écrit, comme l’avait fait Barroso en septembre. Refus de  l’intéressée. A juste titre, défend Catherine Trauttmann (chef de la délégation des socialistes français) « Si elle arrivait en disant : j’ai une politique extérieure, elle se faisait « flinguer ». Il y a une part de prudence qui est indispensable. » Et d’ajouter : « Catherine Asthon n’est pas flamboyante c’est le moins qu’on puisse dire. Mais c’est quelqu’un qui travaille à bien repérer sa charge de travail. J’aime bien son honnêteté, qui consiste à dire qu’il y avait des personnes au moins aussi bien placées qu’elle, qu’elle avait fortement à travailler, qu’elle sera attendue sur les resultats ». De même son idée de concentrer la politique de l’UE sur les zones où il y a un consensus a été accueillie avec intérêt. Même si, du coup, elle oublie le rôle primordial du Haut représentant, qui est de rapprocher les positions des Etats membres, de réduire les différences sur les dossiers les plus difficiles, donc… pas les plus faciles !

La prudence de Catherine Ashton masque, en fait, mal de sérieuses failles. Parmi tous les députés que j’ai interrogés, de toutes familles politiques, le constat semble se résumer à un mot: « décevant ». Certains préconisent de lui laisser le temps, d’autres sont plus dubitatifs, quelques uns sont même définitifs dans leur jugement. Cela fait désormais un mois qu’elle a été nommée comme Haute représentante. « Le temps suffisant à un étudiant de réviser quelques fiches et d’enfiler autre choses que des banalités du genre : c’est un sujet important » explique un député. « Par rapport à l’audition du 2 décembre, elle n’a pas progressé » ajoute un second.


Petites bourdes entre amis…

Visite en Bosnie ou pas visite. Apparemment, Catherine Ashton a commencé à semer quelques bourdes. Un matin, ainsi, devant quelques députés, elle annonce qu’une de ses premières visites sera en Bosnie-Herzégovine. Elle annonce qu’elle craint le risque de guerre. Une erreur stratégique et tactique, connue de tous les spécialistes : si les tensions sont persistantes en Bosnie-Herzégovine, le risque de guerre est pour l’instant tenu (comme le montre les rapports des militaires européens d’Althea, lire le dernier rapport). Certains députés lui déconseillent de s’y rendre, expliquant qu’elle pourrait bien tomber dans un piège tendu par les Bosniaques, spécialistes des coups fourrés politiques. Quelques heures après, elle corrige le tir, dans un entretien avec d’autres députés… Il n’empêche le mal est fait. Les groupes politiques ne sont pas, en effet, vraiment étanches au Parlement: tout le monde parle avec tout le monde. Témoin : la conversation que nous avons eu entre quelques députés PPE et Verts au détour d’un couloir.

Priorités africaines. Autre lacune, pour l’Afrique, elle détaille 4 pays sur lesquelles elle veut se concentrer : le Congo, la Somalie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud. Intéressant, si les deux premiers pays sont une évidence de politique étrangère, on peut se demander pourquoi l’Afrique du Sud, qui n’est pas, automatiquement, une urgence en matière étrangère, alors que le Soudan et le Tchad (pourtant zone  chaude), la Guinée, voire le pourtour méditérranéen … ne sont pas mentionnés. Son idée de concentrer la politique étrangère de l’UE là où il y a des consensus est accueillie avec intérêt. Même si, du coup, elle laisse de coté une des fonctions initiales du Haut représentant : favoriser le consensus entre Etats membres sur les points difficiles.

Des ministres plénipotentiaires de l’UE. Au détour d’une audition, C. Ashton lance une idée, apparemment lumineuse : nommer des ministres des Affaires étrangères comme ses plénipotentiaires dans certaines régions du monde. « Pourquoi pas, par exemple, envoyer le ministre espagnol Moratinos qui connaît bien le Proche-Orient dans cette région » explique-t-elle. L’idée paraît séduisante. Mais elle recèle des dangers diplomatiques, comporte un sacré mélange des genres et est sinon contre la lettre au moins contre l’esprit du nouveau Traité. Une hérésie s’insurgent certains députés, comme Dany Cohn-Bendit. On va avoir un découpage par zone : l’Afrique aux uns, l’Inde aux autres. C’est à l’inverse même d’une politique étrangère européenne. Moratinos au Moyen-Orient pourrait difficilement se démarquer de sa fonction d’Espagnol pour porter le discours de tous les Européens sur un sujet pour le moins brûlant (cf. la discussion sur Jerusalem Est au dernier Conseil des Affaires étrangères, le 8 décembre). Ce serait également peu convenant vis-à-vis de la présidence tournante. De plus, cette fonction – qui représente de près à celle d’un représentant spécial – implique une certaine indépendance – ne pas avoir d’autres mandats – et du temps disponible – à quoi servirait un envoyé spécial par éclipses ? – ; ce que ne peut faire un homme politique engagé sur son terrain national.

Le « stering board » du service extérieur. Dernière annonce qui a semé un peu l’émoi parmi les députés : la mise en place d’un comité directeur pour le futur service extérieur qui comprendra des responsables de la Commission, du Conseil, des Etats membres. Et c’est tout : pas de membres du Parlement européen. Autant dire un casus belli.


L’organisation, point faible…

Dans ces « erreurs », mes interlocuteurs pointent trois problèmes. « C’est une personne qui n’a pas de background, pas d’administration. Comment voulez-vous qu’elle s’en sorte ? » explique un spécialiste Chrétien-démocrate des affaires étrangères. Ensuite, dans sa  gouvernance, elle a commis l’erreur tactique de s’entourer de son cabinet du Commerce. Des personnes habituées à travailler sur des dossiers de technique économique se sont ainsi retrouvées projetées dans un horizon diplomatique, où les enjeux sont autrement plus
diversifiés. « Ce n’est pas vraiment malin » commente un spécialiste de la politique étrangère. Ainsi quelle n’a pas été la surprise d’un membre du cabinet d’Ashton d’apprendre au décès d’un militaire en Bosnie-Herzégovine qu’il devait « gérer çà aussi ». Eh oui… Apparemment la nouvelle Haute représentante a aussi passé pas mal de temps à son organisation interne.

Les « Solana boys » laissés de coté. Enfin, sans doute le plus grave, elle n’a pas maintenu les liens que Solana avait su créer avec une série de représentants personnels, spécialistes d’un domaine. Si le dispositif Solana peut sembler un peu brouillon à quelqu’un qui arrive de la Commission – où c’est plus structuré et hiérarchisé -, ce dispositif avait un mérite : « faciliter la circulation des informations ». C’est cela l’essentiel de la diplomatie, et non le respect des procédures. Ainsi, les « représentants personnels » de Solana ne savent pas toujours s’ils seront des « représentants personnels » d’Ashton. Une erreur sans aucun doute. Ce type d’organisation est très utile témoigne un proche de ces représentants. « Cela permet de s’affranchir de la hiérarchie pour porter un sujet directement et rapidement à la connaissance du Haut représentant. »


Passera-t-elle les auditions ?

L’accord entre les groupes PPE – S&D ainsi que les libéraux semble tenir bon. Même si le Parlement semble à la recherche d’une victime expiatoire, au moins pour marquer son territorire. « On regarde qui va flancher, qui est bon, qui est le maillon faible de cette Commission. Mais cela se fera lors des auditions? Pas avant » explique Catherine Trautmann. Personne n’a vraiment envie d’enclencher les hostilités, alors que la Commission est en rythme provisoire, que le Parlement est en « panne législative ». Les Parlementaires ne sont plus, depuis nombreux mois, alimentés en travaux législatifs, sinon des projets secondaires ; et moulinent ainsi quelques rares projets, des questions orales et d’autres débats qui s’étirent en longueur. « Il faut en finir avec ces questions institutionnelles et passer aux choses sérieuses : la crise économique, nos rapports avec le reste du monde… » tonne l’un. Un sentiment partagé par nombre de députés européens. C’est, en fait, la seule chance de Catherine Ashton. Sans cela, ses soutiens seraient minoritaires. Dans les groupes Verts, Gue, PPE comme libéral, son passage n’a pas rencontré les suffrages des spécialistes « Affaires étrangères ». La politique est aussi affaire de chance…

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Ashton : je veux une vraie diplomatie de l’UE avec des moyens


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(BRUXELLES2) Hier soir, au Parlement européen à Strasbourg, à huis clos, Catherine Ashton, la Haute représentante était un peu chez elle, accueillie dans la salle des Socialistes & Démocrates (S&D), pour un échange de vues, à huis clos. Il est de tradition, en effet, que les  commissaires rencontrent leur famille politique en petit comité pour un dialogue « informel ». Ils font de même avec d’autres groupes  politiques ou les présidents des commissions intéressées. C’est ainsi une manière intelligente de préparer la future audition. La Haute représentante sera, en effet, la première des commissaires auditionnée par les commissions du Parlement européen (affaires extérieures, défense, développement). Ce sera le 11 janvier prochain. Il est aussi de tradition que le journaliste essaie d’en savoir plus, en planquant un peu. Ce que j’ai fait (à vrai dire j’étais un peu seul…).

Pour un vrai service diplomatique. Dans la salle, Catherine Ashton a ainsi expliqué son futur travail, comment elle entendait l’assumer, et ses différentes priorités. Rien de bien nouveau par rapport à la première audition le 2 décembre, de l’avis de tous les participants. Mais tout de même un dialogue d’une bonne heure, un peu plus pointu sur certains sujets. Ainsi sur l’Irak, Ashton n’a pas voulu se démarquer de la position de Tony Blair : « c’était simple, soit je quittais le gouvernement, soit je restais. En fait – a-t-elle ajouté – nous n’étions sans doute pas vraiment préparés à cette guerre ». Et nous n’avions pas toutes les informations en notre possession. Concernant les Etats-Unis, elle a rencontré récemment Hillary Clinton qui l’a félicité ; elle estime ainsi que les relations UE-USA pourraient être marquées par « moins d’opacité et davantage de confiance ». Ashton s’est montrée ainsi partisane d’une politique européenne qui puisse « ne pas dépendre tout le temps de la politique américaine ». En revanche, sur des questions délicates comme la Palestine, elle n’a pas voulu se prononcer et aller plus loin. Sa première priorité est de « mettre en place le service d’action extérieur ». Elle veut en faire un « vrai service, pour mener la diplomatie de l’Union » a-t-elle assuré, « avec les moyens budgétaires nécessaires, non pas pour remplacer la diplomatie des Etats membres mais pour y ajouter ». C’est sa première priorité. Et d’oser un trait d’humour : « On verra si j’arrive à passer la Noël », faisant allusion à son « full top agenda ». « J’ai au moins 500 rendez-vous de programmés dans l’année » a-t-elle expliqué. Elle a cependant demandé lors de son hearing, début janvier, d’avoir plus de temps pour répondre aux questions, pour ne pas être accusée par certains députés (notamment britanniques) de ne pas répondre aux questions.

Une voix féminine qui passe bien. Catherine Ashton que j’ai réussi à interroger à la sortie, environ 45 secondes, jusqu’à un garde du corps s’impose, n’a eu qu’un mot : « je suis très contente de faire ce job, je l’assume avec honnêteté ». Et effectivement, c’est le mot qui semble revenir dans la bouche de beaucoup de députés. Comme le précise la Portugaise Ana Gomes, « Ce que j’aime le plus chez elle, c’est son attitude ouverte, honnête. Elle est très consciente de ses capacités, ne prétend pas tout savoir ou vouloir nous tromper. C’est très important. Elle a une bonne approche générale, des questions stratégiques ». « Elle est carrée » a ajouté de son coté la Française Pervenche Bérès. « Qu’elle soit critiquée par les diplomates est plutôt pour moi une bonne chose » a expliqué son compatriote Kader Arif. « Avoir une voix socialiste dans la politique étrangère est importante. Mais ce qui me semble aussi important, c’est qu’il y a chez elle une volonté d’échanger avec les parlementaires, des qualités humaines, c’est important en matière politique ». « C‘est un produit pur du Civil service » complète le Roumain Ioan Mircea Pascu « Elle n’est pas brillante au sens où on l’entend d’habitude mais elle vraiment de bonnes dispositions. Elle pourra parfaitement mettre en place le service d’action extérieur ». Pour le travailliste britannique Cashman, « Elle a vraiment de bonnes connaissances, elle est enthousiaste. Et puis quelqu’un qui a pu négocier le Traité de Lisbonne face à la chambre des Lords ne peut pas vraiment être mauvaise » a-t-il assuré. Dans ce concert de propos plutôt louangeurs, quelques couacs quand même : « on n’apprend rien » dit l’un, « elle ne répond à aucune question – dit l’autre – c’est ch… ».Des propos négatifs très masculins surtout, peut-on remarquer…

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Ashton, nouvelle HR, apôtre de la démocratie tranquille… et du café de la Commission



(BRUXELLES2) Bien sûr, ce n’est qu’une première présentation. Bien sûr, Catherine Ashton n’a eu que deux jours pour se préparer. Bien sûr, toute son équipe n’est pas constituée, comme elle le dit elle-même : « Je n’ai pas de bureau, pas d’équipe, de cabinet, Je n’ai pas autre chose que moi. Ce n’est pas une excuse. C’est la réalité ». Mais tout de même, après le premier « échange de vues » entre la nouvelle diplomate en chef de l’UE et le Parlement européen, on reste un peu sur notre faim.

Certes le tempo donné par le président (PPE, Italie) n’a pas vraiment permis à l’intéressée d’entrer dans les détails. En lui limitant à quelques minutes chacune de ses interventions en réponse, il n’a pas permis d’approfondir les sujets. Mais il faut dire aussi que la commissaire n’a jamais pris tout le temps imparti, prétextant cette limite de temps pour survoler tous les « vrais » sujets de relations extérieures. L’audition s’est même terminée plusieurs minutes en avance sur l’horaire prévu… 

Certes les parlementaires, à vouloir balayer tout le champ des sujets, de la Colombie à la Bosnie, en passant par la Russie, l’Otan, la Somalie, le Honduras, etc. n’ont pas, eux-mêmes, facilité la consistance des réponses. Et, du coup, on est resté souvent à des banalités. De fait, Ashton avait bien appris ses « messages clés ». Elle est souvent restée le nez sur ses papiers – comme l’étudiante qui a toute une série d’anti-sèches au cas où – et les a restitués avec la conviction minimale pour que la plupart des parlementaires soient sinon heureux, du moins pas mécontents. De toute façon, les grands groupes du parlement (PPE, socialistes, libéraux) avaient annoncé la couleur : ils ne voulaient pas en découdre (voir ci-dessous). Cet échange de vues était donc un peu inutile. Il a eu, au moins, une vertu pour Ashton : permettre une répétition de la « vraie » audition qui devrait se tenir en janvier (le 11 janvier après-midi selon les premières informations). Un examen blanc en quelque sorte…


Une ambition : faire de la « démocratie tranquille »

 



Sa philosophie. En une phrase, Ashton a résumé comment elle voyait son travail: Je crois beaucoup à la « démocratie tranquille », il faut construire la confiance et travailler en commun, on peut travailler sous les projecteurs ou en coulisses. Nous avons (l’Europe) une  réputation dans le monde sur nos valeurs, nous sommes le plus grand fournisseur d’aide humanitaire, de projets. »

Grands dossiers : on verra. Mais, face aux grands dossiers qui se trouvent sur sa table – Iran, Russie, Géorgie, Bosnie… – pas ou peu de réponses. « Je n’ai pas le temps d’entrer dans le détail« , « J’attends la réunion… », « c’est important (ou) au coeur de mes préoccupations » ont été ses réponses favorites. Même sur l’Afghanistan, sujet du jour, elle n’a pas plus répondu. Quand j’ai pu l’approcher, à la sortie, je lui ai redemandé ce qu’elle pensait d’un « surge » civil de l’UE. la réponse a été : « On verra. Nous devons en discuter au Conseil »…

Somalie : important. Seul point où elle est allé un peu loin : la Somalie. « C’est important. Nous devons travailler avec l’Union Africaine. Il est important de stabiliser et sécuriser la Somalie. Il faut voir comment lancer et appuyer les initiatives de l’Union africaine sur le terrain ». Les initiés auront ainsi pu comprendre que l’opération de formation des soldats somaliens pourrait ainsi être la première « grande » décision en matière de PESD qu’Ashton prendra.

Autres points à signaler : sur l’Agence européenne de défense, à la question d’Arnaud Danjean (UMP) président de la sous-commission Défense, Ahston a convenu que « L’agence européenne de défense avait des succès. Mais qu’il y avait beaucoup de pain sur la planche. Et qu’il fallait resserrer la coopération. »

Au final, comme l’a, assez bien résumé, l’eurodéputée française Hélène Flautre (Verts) à la sortie de la réunion: « Mme Ashton est tout à fait compétente dans son rôle de diplomate, si diplomate et prudente qu’on ne connaît pas le fond de sa pensée ».


Une surprise politique

Là où Ashton a vraiment surpris positivement, c’est au plan politique. On sent là une certaine expérience des travées, des couloirs politiques qui est apparemment bien passée au niveau des parlementaires qui ont même applaudi à une ou deux reprises et souri à son humour un peu pincé. D’autant qu’elle a caressé les parlementaires dans le sens du poil, en soulignant, à plusieurs reprises, son désir « d’associer le Parlement européen à son travail », que rien ne serait décidé sans lui, etc… Toutes choses que les parlementaires adorent entendre. Elle a aussi répondu, sans trop de détours, à ses détracteurs sur son inexpérience, sa nationalité, son passé… devançant souvent ces questions un peu difficiles (1).

Expérience internationale. « J’imagine que ma nomination vous a fait comme une surprise. C’était aussi une surprise pour moi, mais une surprise bienvenue. Je n’ai jamais été quelqu’un qui a pris son travail de manière restreinte. J’ai 28 ans d’expérience de négociation et de défense (advocacy) de dossiers. J’espère qu’elle sera reconnue. »

Processus de nomination. « J’ai été nommée par 27 Etats membres, à l’unanimité. Ce n’est peut-être pas votre choix » répond-elle à un député (le tory britannique Charles Tannock). « Mais c’est le choix de tous les Etats-membres ». (…).

Britannique mais européenne. « Je ne suis pas une représentante du gouvernement britannique. Je l’ai déjà montré dans le passé au Commerce. Je suis proeuropéenne dans mon pays et très fière d’être reconnue comme telle » a-t-elle expliqué (ce qui est somme toute courageux car proclamer qu’on est européen quand on est britannique n’est pas automatiquement un compliment).

Passé. à la question, assez attendue, du député UKIP de permanence, David Campbell-Bannerman, elle l’a touché par un pupercut à  l’estomac (pas gentil, gentil, mais nous sommes en politique) : « Nous avons partagé, monsieur, verre de champagne à Genève, il y a quelques jours et vous avez pris soin de me prévenir de votre question. » Et toc ! Puis Ashton a attaqué la question de fond : « 1982, c’est loin. Je n’ai pas touché d’argent directement de partis communistes. J’ai fait toujours partie travailliste, et nous luttions avec des moyens démocratiques. (A la CND), c’est moi même qui ai procédé à l’audit des comptes. Nous étions jeunes. On ramassait de l’argent dans des sceaux au fur et à mesure lors des manifestations. Je ne peux pas donc dire d’où vient exactement l’argent qu’on prenait dans des sceaux ».

Commissaire avant tout

Mes collègues les commissaires. L’impression semble se confirmer… La Haute représentante a du mal à se faire à son nouveau rôle, indépendant, autonome. Elle est, avant tout, une commissaire aux relations extérieures, avec quelques outils en plus, mais n’entend pas vraiment déborder de ce rôle pour le moment. A plusieurs reprises (Moldavie, échange de données avec les USA…), elle a ainsi botté en touche et renvoyé ces sujets sur les autres commissaires. « Je dois en parler avec mes collègues » a été ainsi une de ses phrases clés.

Le café est meilleur à la Commission. Et si on avait un doute, elle l’a tranché, de façon définitive en désignant son siège. Je « siégerai à la
Commission européenne
» a-t-elle ainsi confirmé. « Je sais où se trouve le café, et comment fonctionne l’immeuble, et je pas le temps de réfléchir à des questions logistiques… » a-t-elle justifié en plaisantant.
« Je pourrais consacrer tout mon temps à des visites au Conseil et à des activités à l’extérieur de l’UE » a-t-elle ajouté.

Sous couvert de plaisanterie, elle répond ainsi à une question très stratégique. Commissaire, Catherine Ashton était, Commissaire, elle reste et restera (dans l’ombre du président de la Commission européenne). 


 

(couloirs parlementaires) Ashton, un atout dans la manche du PPE au cas où ?



Les groupes politiques ont refusé de formaliser un satisfecit quelconque à l’issue de cette réunion. La question a été évoquée apparemment sérieusement entre les
différents coordinateurs de groupe de la Commission Affaires étrangères du Parlement européen et entre présidents de groupe. Non que l’avis soit par trop négatif ou positif.

En fait, il s’agit plutôt d’une tactique de couloir. Les chrétiens-démocrates du PPE notamment craignent qu’en avalisant la socialiste Ashton, ils perdent toute
possibilité de prévenir un dommage sur un de « leurs » commissaires. Apparemment, ils craignent notamment des attaques sur la commissaire bulgare Jeleva (la gestion du ministère des Affaires
étrangères en Bulgarie est délicate et un ou deux vice-ministres sont menacés par des affaires). Ils gardent donc l’atout Ashton dans la manche. Un peu comme un « équilibre de la terreur » : si tu
menaces mon commissaire, je fais sauter le tien…

Comme me l’a résumé un député au sortir de la salle, « si on veut planter Ashton, on peut le faire quand on veut, c’est facile…« . Et, effectivement,
passés les commentaires aimables,  les eurodéputés spécialistes des affaires étrangères sont restés vraiment sur leur faim. « Si nous avions dû donné notre avis aujourd’hui, c’est clair,
elle ne passait pas
 » m’a confié un député.

(1) voir le Speech introductif d’Ashton

(crédit photo : © NGV)

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