Haut représentant

L’absence d’Afrique

(BRUXELLES2) Une partie de la Commission européenne est en déplacement aujourd’hui et demain à Addis Abeba pour une rencontre avec la commission de l’Union africaine. Avec un sujet essentiel sur la table : la paix et la sécurité en Afrique. Dans la délégation européenne, un absent, ou plutôt une absence, remarquable, Catherine Ashton, qui est pourtant la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la coordination de l’aide extérieure.

Question « d’emploi du temps » apparemment. L’intéressée a programmé un voyage en Chine et en Mongolie. Terre d’avenir s’il en est, et de contrastes, pourraient même ajouter les catalogues touristiques. Il n’empêche. C’est aussi sur le continent africain aujourd’hui où sont les principaux enjeux sécuritaires et de politique étrangère pour l’Union européenne. Apparemment, cette absence ne gêne pas vraiment grand monde au Berlaymont siège de la Commission européenne. « Mais le président de la Commission est là » m’a-t-on répondu. L’essentiel est sauf… Et peu importe que la nouvelle mouture de l’organisation européenne mise en place par le Traité de Lisbonne veuille que le vice-présidente / Haute représentante coordonne la politique extérieure de l’Union. C’est un détail sans doute…

En revanche quand la Suisse, pourtant associée étroitement à l’Union européenne par différents accords, et intégrée économiquement à l’UE, s’avise de ne pas respecter certaines règles en matière de libre circulation des travailleurs, qui réagit. La Haute représentante, C. Ashton. Cherchez l’erreur ! Non il n’y en a pas. Car la Haute représentante a également la Suisse dans son portfolio. Personne n’en a voulu apparemment.

La logique de l’absurde européen a encore frappé !

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Le faux scoop de la démission de Catherine Asthon

C. Ashton lors de l’entretien au Brussels Forum (crédit : German Marshall Fund of the USA)

(BRUXELLES2) Tirant parti d’une petite phrase de la Haute représentante lors du Brussels Forum, certains médias ont titré, rapidement, sur la démission de la Haute représentante. Il est certain que le départ de Catherine Ashton est attendu avec impatience dans plusieurs milieux. Mais la réalité est tout autre. Qu’a dit C. Ashton exactement lors de cette réunion, organisée par le German Marshall Fund, samedi ? « Il n’y a pas de possibilité d’avoir un deuxième terme. Et il y a besoin de quelqu’un d’autre ensuite. » Ce qui est vrai … Mais un peu faux également. Il n’y a rien dans le Traité qui interdit un second mandat pour le Haut représentant (seul le mandat du président du Conseil européen est limité à 5 ans).

La réalité : Londres ne le souhaite pas

Mais il y a un fait. Même si Catherine Ashton le souhaitait, elle aurait beaucoup de mal à être renouvelée. Cela tient à un principe basique : elle n’est pas de la même couleur que le gouvernement Conservateur / Libéral à Londres. Et elle est sans doute trop “européenne” pour David Cameron qui a annoncé un référendum sur l’appartenance de l’ile à l’Union européenne. De plus, il n’est pas évident que le gouvernement britannique souhaite renouveler l’expérience d’un portefeuille aux relations extérieures, préférant sans doute un portfolio à valeur plus économique. Enfin, il n’est pas sûr que les 27 souhaitent la renouveler.

Un boulot éreintant !

C. Ashton d’ailleurs ne le souhaite pas. « J’ai eu le grand privilège de servir dans ce rôle. Mais c’est très dur. Il y a beaucoup de voyages et nombre de fois où on se retrouve dans l’avion. Nous en avons parlé plusieurs fois avec ma chère amie Hillary Clinton. C’est exténuant. (…) Il y a sans doute des gens qui peuvent faire cela, ce que probablement je ne peux pas, aussi il est bon de passer la main ». Cela est sans doute plus vrai et réaliste.

Fin du mandat : fin octobre 2014

Sauf imprévu, la vice-présidente de la Commission s’en ira donc à l’issue de son mandat, à la fin octobre 2014. Le job actuel de Catherine Ashton recouvre en effet deux fonctions : celui de membre de la Commission et de Haut représentant qui font l’objet de deux décisions distinctes mais se terminent tous deux au même moment. Les calendriers sont donc de sortie. Le compte à rebours est enclenché. Car nombre des collègues de Lady Ashton sont également sur le départ : JM Barroso (portugais), Olli Rehn (finlandais), Joaquim Almunia (espagnol), Sefcovic (slovaque),
Lewandowski (polonais), Oettinger (allemand),… Beaucoup y pensent. Car, comme en témoigne le petit compteur mis en place à droite sur ce site, nous sommes à moins de 600 jours avant le terme du mandat…

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La Haute représentante fait-elle le job ?

(BRUXELLES2, humeur) Ce n’est pas la première fois que la Haute représentante, Catherine Ashton, rate son rendez-vous avec la presse. C’est vrai. Depuis trois ans, la Haute représentante trouve toujours une excellente excuse pour s’esquiver : la réunion a eu du retard, un rendez-vous important à tenir, un avion à prendre (des courses à faire peut-être ?)… Et hop, on interrompt la conférence de presse. Ce n’est pas le record cette fois. Mais 11 minutes c’est pas mal (*).

Le coulis de framboise …

C’est vrai l’apport de Catherine Ashton à la politique européenne n’est pas un sublime coulis de framboise sur une nuée de fruits frais… Pour avoir pu parcourir à l’occasion le “brief” (document résumant les questions en jeu) préparé par ses services, on peut dire qu’elle a l’art de faire d’un excellent foie gras, une épaisse bouillie pour chats. Mais là n’est pas la question. Son job est de présider la réunion des ministres des Affaires étrangères ET de venir rendre compte.

Une saine explication

La conférence de presse n’est donc pas une partie de plaisir ni une option mais une obligation attachée à la fonction. Ce compte-rendu de la réunion n’est pas destiné à satisfaire le plaisir ou l’ego des journalistes mais de permettre à travers eux, au public de prendre connaissance des décisions du Conseil. Une saine explication des méandres des décisions (ou des non décisions) est donc nécessaire. Surtout quand sont abordées, comme aujourd’hui, des questions aussi complexes que la levée de l’embargo sur les armes pour la Syrie, la stabilisation de la Somalie (le président était invité au déjeuner) ou le Mali.

Une faute professionnelle

On peut comprendre que la Haute représentante ait un agenda chargé. Dans ce cas, elle doit déléguer soit à un haut responsable du service diplomatique, soit à un autre ministre des Affaires étrangères, le soin de venir accomplir ce travail. Se limiter à répondre de façon lapidaire à trois questions (Reuters, El Arabyah, DPA) n’est donc pas une erreur mais une faute professionnelle. C’est comme l’étudiant qui ne répond qu’à trois questions sur dix à l’examen. Il est out …

Les 27 doivent être plus responsables

Le mandat de la Haute représentante arrive à échéance en novembre 2014. Mais déjà se pose la question de savoir qui va la remplacer. Les “27″ ne devront pas faire la même erreur que sur la nomination de C. Ashton en novembre 2009. Ils devront choisir soit un personnage politique d’expérience et qui a une certaine conscience de son travail (**). Ou à défaut de trouver la perle rare, il vaudrait mieux porter son dévolu sur un diplomate professionnel de haut niveau. Les ambitions que l’Union européenne affiche en matière extérieure ne permettent pas de supporter de renouveler cette erreur deux fois.

(*) J’ai parfois un peu l’impression de me répéter. Mais aussi la désagréable impression qu’en trois ans, la Haute représentante qui a cependant un salaire plus que décent – permettant de faire vivre 4 diplomates confortablement – prend des aises avec certaines pratiques qui mérite la répétition.
(**) Quand on voit comment le ministre malien des Affaires étrangères, T. Coulibaly, a assuré la même “prestation” devant les journalistes, répondant à nombre de questions, de façon souvent détaillée, ne perdant pas patience devant nos demandes (insistantes) d’explication, et continuant à répondre alors qu’une panne générale affectait le bâtiment, on se dit qu’effectivement l’Europe a encore beaucoup à apprendre.
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Lady Ashton ou la moins aimée des citoyens européens

(BRUXELLES2) 2/10. Voici la note attribuée au travail de Catherine Ashton lors d’une enquête réalisée par l’agence de communication Burson-Marsteller et le media en ligne EurActiv – 1 étant la plus mauvaise et 10 la meilleure. C’est peu, très peu. C’est d’ailleurs la plus mauvaise des notes moyennes attribuées aux principaux responsables politiques européens. Seul le président de la Commission, José-Manuel Barroso, la talonne de près avec son 2,5/10. De manière générale, c’est la Commission toute entière qui serait de moins en moins bien perçue par ses citoyens. La moitié des personnes interrogées ont donné une note de 3/10 à l’exécutif bruxellois. Honneur aux femmes pourtant puisque seules la Commissaire Georgieva chargée de l’aide humanitaire et de la gestion de crise et la Commissaire Kroes chargée de la stratégie numérique s’en sortent plutôt bien – vu la sévérité de la notation – avec respectivement 5,5/10 et 6/10…

Une tendance générale

Pour Karel Lannoo, directeur du Centre d’Etudes politiques européennes, think tank bruxellois, ces mauvais scores rentrent dans une tendance plus générale. «Regardez en Europe, qui fait mieux (que Barroso) ? La seule a être encore debout c’est Merkel. Et ces gens là ont plus de pouvoir.» explique t-il. Mais il doit admettre que les institutions européennes ont bien du mal à faire connaître et à faire apprécier leur travail. «Elle (Ashton) ne peut être tenue responsable que dans une certaines mesure. Le problème c’est que les Etats membres n’ont pas de volonté et que c’est elle qui prend les critiques.» Toujours selon M. Lannoo, le point positif du sondage est le fait que les discussions sur l’Europe prennent de plus en plus de place dans le débat public est pour lui, une preuve que le dialogue s’assainit.

Lire l’article complet sur Euractiv Télécharger l’étude

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La Haute représentante se défend (un peu) de vouloir écarter la presse des réunions

Le centre de conférence et de presse destiné à accueillir les réunions informelles sous la présidence chypriote à Nicosie (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Interrogé par les journalistes, lors du briefing quotidien, le porte-parole de Catherine Ashton s’est défendu aujourd’hui de vouloir écarter la presse de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Paphos (Chypre), début septembre, préférant la responsabilité du choix du lieu de la réunion comme les conditions de travail de la presse sur la présidence chypriote.

NB : Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, la réunion informelle se déroule à Paphos à l’autre bout de l’île alors que toutes les autres réunions informelles d’importance et le centre de presse ont été situés dans un lieu unique, à Nicosie, très bien équipé et facile d’accès.

Si « l’agenda de la réunion est élaboré par la Haute représentante et le Service européen d’action extérieure (…), la logistique et l ‘organisation de la réunion sont assurés par la présidente chypriote » a-t-il souligné, se dédouanant de vouloir “entraver le droit à l’information et le travail des correspondants européens” ainsi que s’est plainte officiellement l’association de la presse internationale (API) qui représente les journalistes auprès des institutions européennes (*).

« Les ministres et la Haute représentante seront disponibles au début de la réunion », a-t-il assuré, lors des “doorsteps” (ainsi qu’on les appelle en bon jargon européen). Et « une conférence de presse suivra après la réunion. (Tandis que) les portes-paroles disponibles durant la réunion. » Habilement, il a cependant esquivé la question de l’organisation loin de certains lieux, rappelant tout de même qu’un des objectifs de « ce gymnich est d’avoir une discussion à fond, informelle, entre les Ministres » des Affaires étrangères. Un demi-aveu… Pour écouter l’échange (il dure 5 mns), c’est ici

(*) L’API a passé un accord avec les services du Conseil – après une certaine présidence un peu chaotique (la française…) et le déplacement, un peu impromptu, pour ne pas dire cavalier, :-) de certaines sommets bilatéraux et réunions informelles. Ainsi il est prévu que les journalistes aient accès aux entrées des réunions informelles et disposent sur place (ou à proximité) d’une salle de travail, afin de faciliter l’envoi vers les rédactions (montage pour les médias audiovisuels, internet pour tous).

(maj 30 août) Finalement la presse a obtenu au dernier moment le respect de cet accord. La Haute représentante devra donc composer avec la presse. Le risque était qu’elle se retrouve à Nicosie, avec uniquement la presse chypriote sous un feu roulants de questions qui auraient sans doute porté essentiellement sur les relations avec la Turquie.

Lire aussi :

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Barroso grille la politesse à Lady Ashton. Pavane pour une absence ?

Barroso grille la politesse à Lady Ashton. Pavane pour une absence ?

(BRUXELLES2, commentaire) Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a (encore une fois) grillé la politesse à Lady Ashton, la Haute représentante, en recevant le Premier ministre du Niger et en annonçant le lancement de la mission PeSDC au Niger (lire : Barroso confirme le lancement de la mission au Niger fin juillet).

Si ce n’est pas très délicat dans le domaine du respect des compétences des différentes institutions — Catherine Ashton étant certes vice-présidente de la Commission chargée des relations extérieures mais aussi Haute représentante et en charge spécifiquement des missions de gestion de crises — on ne saurait totalement lui en faire grief. Pour au moins deux (bonnes) raisons…

Une marque de désintérêt ?

Mises à part quelques personnes, cette petite gué-guerre des institutions n’a qu’une importance toute relative et ne dépasse pas vraiment le carré autour des rues du rond-point Schuman. L’important n’est-il pas, en fait, d’avoir une voix européenne qui s’exprime, qui concrétise publiquement ce qui se prépare en coulisses ? N’est-il pas nécessaire d’avoir, à un moment donné, une voix politique qui s’exprime sur les sujets européens de gestion de crises ? N’est-ce pas d’ailleurs dans cet esprit qu’a été rédigé le Traité de Lisbonne. On pourrait ainsi dire : peu importe qui parle, du moment qu’il parle…

Ensuite, c’est maintenant un fait avéré, la Haute représentante de l’UE reste toujours particulièrement absente du terrain de la gestion de crises, particulièrement au plan militaire. Comme si elle avait un peu honte de ce pan tout entier de la politique européenne extérieure, la Haute représentante préfère les relations diplomatiques, la politique étrangère, qui se déroule dans les salons feutrés, à la gestion de crises qui oblige à s’exposer davantage et s’impliquer. Compter les marques de désintérêt public depuis sa nomination serait particulièrement fastidieux. Et je ne vous infligerai pas un tel pensum… :-) Ce désintérêt est attesté par la pratique de tous les jours : certains dossiers traînent au cabinet, l’impulsion politique manque souvent, la gestion de crises se conçoit que très, très lentement… Un peu à contrecoeur !

Un manque de visibilité particulièrement entretenu

Ainsi le lancement des futures missions – Eucap Nestor dans la Corne de l’Afrique, Niger, Sud Soudan – ne fait-il toujours l’objet que de la publicité et communication minimales. Sur la quinzaine de terrains où sont déployées les missions PeSDC, les informations remontent bien du terrain au siège (j’en suis le témoin) mais sont distillées au compte-goutte à la presse basée à Bruxelles. Les visites sur le terrain pour la presse européenne sont limitées au strict minimum (zéro en fait).

Quand ils passent à Bruxelles, les différents responsables de mission sont soigneusement ignorés de la presse non parce qu’elle le veut mais parce qu’on ne met pas la presse au courant. Et quand celle-ci souhaite des rencontres, les prétextes sont variables — problème d’agenda (l’excuse à 1 cent !), pas de communication prévue (un peu plus réaliste), ce n’est pas le moment… (Vous pouvez concourir aussi ! :-) — mais aboutissent au même. Des briefings sont désormais régulièrement organisés sur différents sujets tenant à la politique étrangère (ce qui est un progrès) mais généralement la presse en est avertie à la dernière minute quand on ne choisit pas d’en oublier la moitié. Ce qui en réduit la portée. Les données techniques – ce qu’on nomme les briefings “amont” – sur tout le travail effectué dans les structures de gestion de crises (planification, préparation, review, modification des mandats…) sont limitées.

En fait, il n’y a pas de politique proactive des différents responsables du SEAE ou du cabinet de la Haute représentante en direction des journalistes. Et c’est ainsi que nombre de journalistes (qui ne lisent pas, encore, ce blog :-) ) ont appris par la voie de J.-M. Barroso le lancement d’une mission au Niger ! Il ne faut pas s’étonner ou s’en offusquer. C’est le résultat d’un ensemble de facteurs

L’anglais langue officielle du SEAE

Dernier élément, qu’on ne peut passer sous silence. Les communiqués de la Haute représentante continuent d’être diffusés à 90% en anglais uniquement. Le français est certes utilisé mais avec un retard de quelques heures, au mieux !, quelques jours sinon, après ; soit largement hors du temps médiatique et politique. Dernier exemple en date, un communiqué sur les violences dans l’est du Congo, diffusé en anglais exclusivement (alors que le français est une langues officielles du Service diplomatique et encore la langue officielle du pays concerné). De fait, les règles européennes, et diplomatiques, sont bafouées régulièrement, officiellement par manque de moyens, en fait par manque de discipline et de volonté. La plupart des agents ayant l’obligation de parler français (et le parlant !)…

Précisons que la Haute représentante ne parle toujours qu’une seule langue : l’anglais. Cela peut paraître un détail. Mais c’est largement handicapant quand il s’agit de discuter avec des homologues, notamment en Afrique. Au contraire de certains commissaires qui ont fait un effort notable. Je citerai ainsi Olli Rehn, le commissaire à l’Economie, qui ne parlait que quelques mots de français il y a quelques années, mais a tenu à parler en français tout au long de son dernier point presse avec son homologue français, Pierre Moscovici. Je pourrais aussi citer le nom de Andris Piebalgs, le commissaire (letton) au développement, que j’ai surpris tout récemment en train de converser en français avec un alter ego africain. Il parait donc incompréhensible que ce qui est possible pour un Finlandais ou un Letton est impossible pour une Britannique Yes you can !

Des rencontres, rares, avec la presse

De façon générale, d’ailleurs, que ce soit en anglais ou en français, Lady Ashton reste toujours parcimonieuse de ses interventions dans les médias. Elle privilégie quelques médias “amis” comme la BBC ou Euronews. Mais se garde bien de s’exposer ailleurs. On a l’impression qu’elle se méfie de la presse. Ereintée dans plusieurs articles de presse et, régulièrement encore, on peut la comprendre… Mais la méfiance, la rancune, ne sont pas bonnes conseillères. Et ce n’est pas en jouant la citadelle assiégée que les relations vont s’améliorer… Au contraire ! Celle qui est aussi la vice-présidente de la Commission “descend” ainsi très rarement en salle de presse sur le podium et, encore moins, de façon impromptue alors que l’actualité de ces derniers mois pourrait l’exiger. C’est sans doute une mesure d’économie… pour son agenda (**). Mais aussi un moyen d’éviter tout dialogue en direct ou une question particulièrement incisive ou critique.

C’est dommage ! Car pour l’avoir entendu, à une ou l’autre reprise, notamment au Parlement européen, la Haute représentante semble à l’aise dans les joutes oratoires, au moins au niveau parlementaire… En fait, cette absence n’est pas préjudiciable vraiment à la presse – qui a d’autres sources d’information ! C’est surtout une sérieuse perte de puissance d’action pour la politique étrangère de l’Union européenne – la parole étant un élément-clé intrinsèquement lié à la diplomatie.

Débat entre experts

La visibilité (ou le manque de visibilité) des missions de la PeSDC a fait l’objet d’un débat récemment au CivCom, le comité qui regroupe les experts des 27 sur la gestion civile de crises. Il faudrait préciser que pour avoir une “visibilité”, il faudrait non seulement le pouvoir mais le vouloir. L’absence de visibilité paraît aujourd’hui bel et bien la conséquence de ce qu’il faut bien appeler une “politique de non-communication”. Se plaindre ensuite du désintérêt de la presse, c’est comme le commerçant qui se plaint de n’avoir pas de client mais ne lève son rideau que juste 5 minutes dans la journée… à l’heure de la sieste! Le manque de visibilité n’est plus alors une question de manque de personnel ou de compétences, il semble bien qu’au-delà, il y ait un manque de volonté politique, plus ou moins délibéré…

(*) Un argument tellement usé qu’il n’est plus crédible. Dernier exemple, la Haute représentante n’a ainsi pas profité de son séjour à Chicago au sommet de l’OTAN en mai, où sa présence était surtout symbolique, pour profiter de l’audience de plus d’un millier de journalistes rassemblés à cette occasion, pour faire un petit briefing/conférence, que cela soit de façon officielle ou officieuse, en grand ou petit cercle. Cela aurait été utile, notamment quand on parle d’Afghanistan, où l’engagement européen – que ce soit pour la mission de police ou au niveau financier – n’est pas négligeable. Pudeur ? Son alter ego à l’OTAN n’a pas ce préjugé et a profité des réunions de l’UE pour tenir une conférence de presse et donner quelques interviews. Plutôt intelligent!

NB : La pavane est une musique au rythme lent qui précède la “gaillarde” (selon ce qu’en dit le dictionnaire) …

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Un visiteur inconnu arrive ? “Robert, come with me” !

(BRUXELLES2) Qui n’a jamais eu un instant de doute pour identifier la tête d’un Premier ministre ou d’un chef d’Etat ? Qui ne s’est pas dit un jour en voyant trois personnes arriver, c’est qui le bon ? … Tous les journalistes et les responsables politiques ont d’ailleurs avant chaque sommet européen un petit “book” avec la tête de chacun des participants pour être sûr de les reconnaître. Mais, tout de même, on pouvait se dire : il y a les amateurs … et les professionnels !

“Je ne sais pas à quoi il ressemble”

Goutons ce moment savoureux, d’égarement, capturée par la caméra de South east europe, où la chef de la diplomatie européenne part accueillir, le président serbe, Tomislav Nikolic, pour la traditionnelle photo de serrage de main devant les deux drapeaux. Au tout dernier moment, elle se ravise, rajuste son écharpe (c’est important l’écharpe, son signe d’élégance particulier qui change à chaque rencontre) se tourne vers Robert l’apostrophe pour lui demander « Robert, viens avec moi, je ne sais pas à quoi il ressemble ». Il était moins une ! L’ascenseur est en passe d’arriver à l’étage, et ce serait vraiment bête de ne pas serrer la main du président en le confondant avec un garde du corps (remarquez qu’il y a de quoi confondre… -:). Avec l’aide de “Robert” (alias Robert Cooper, le conseiller et négociateur principal entre le Kosovo et la Serbie), tout devient alors possible et facile. Et C. Ashton tout sourire peut alors serrer longuement la main de Tomislav le président serbe qui a, juste, le temps de rajuster son costume.

Nb : On connaissait le sens de l’improvisation de la Haute représentante ; la caméra a ainsi capté ce que chacun peut vivre un jour dans son caractère “spontané”. On peut surtout, de façon plus profonde, s’interroger s’il est opportun de serrer aussi chaleureusement, aujourd’hui, la main d’un “négationniste” (nb : c’est bien comme cela qu’on appelle quelqu’un qui nie l’histoire !).

Merci à ma collègue Tanja d’avoir débusqué cette video et à l’expérience européenne (le blog de l’excellent JS Lefebvre d’Euractiv) où vous pouvez lire un commentaire … impertinent !

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Ashton new look (maj)

(BRUXELLES2) Les afficionados de Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE ont pu admirer lors du dernier conseil des Affaires étrangères, lundi à Luxembourg, sa nouvelle coiffure – plus moderne -, une tenue plus seyante et moderne – qui nous change des couleurs criardes, genre babacool des années 1960 (dixit un diplomate dont je tairais la nationalité par charité :-) ) – et une attitude beaucoup plus dynamique. Est-ce la perspective d’un voyage en Asie ? Avec le sommet de l’Asean à Brunei jeudi et vendredi, la Birmanie samedi à lundi avec notamment la rencontre avec l’opposante Aung San Suu Kyi, et la Thailande mardi. En tout cas, le changement était visible. Et il aurait été impardonnable pour B2 que nos lecteurs n’en soient pas avertis…

NB : certaines m’ont fait part de leurs commentaires déçus devant ce “post”, estimant qu’un homme n’aurait pas suscité un tel article. Je suis au regret de les détromper. Les temps changent ! Et si un jour un haut représentant (homme) vient en jean et cheveux longs, là où auparavant, il était en costumes trois pièces et cheveux courts, il est certain que B2 se sentira obligé de le commenter. Au mieux, mes lecteurs me rappelleront cet engagement. :-)
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