Piraterie

7 pirates jugés aux Seychelles après une tentative sur un thonier espagnol

(Crédit : Royal Navy, novembre 2011)

(BRUXELLES2) 7 suspects d’acte de piraterie vont être traduits devant les tribunaux des Seychelles. Ils avaient tenté la semaine dernière de prendre d’assaut un navire des pêcheurs basques espagnols basés aux Seychelles. L’archipel a accepté de traduire les suspects en vertu d’un accord de transfert existant avec le Royaume-Uni (signé depuis juillet 2009) parce qu’il y avait des « preuves manifestes » de l’implication d’une tentative d’attaque. Et surtout car des intérêts seychellois étaient indirectement en jeu. Les 7 suspects sont arrivés aux Seychelles, jeudi rapporte le quotidien La Nation.

Un navire de soutien des pêcheurs

L’Alakrantxu - de la compagnie Echebastar SLU basée à Bermeo - sert de navire de soutien et de maintenance pour les pêcheurs espagnols était en route vers les Seychelles, quand il avait été attaqué le 28 novembre dernier par deux bateaux pirates à environ 400 milles au nord des Seychelles. Il n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide d’un navire participant à l’opération Ocean Shield de l’OTAN qui se trouvait à proximité. En l’occurrence le navire britannique auxiliaire RFA Victoria. Aussitôt l’alerte reçue, l’hélicoptère Lynx a pris son envol et a rapidement parcouru la vingtaine de milles qui le séparait du lieu de l’attaque. Il a repéré les deux navires, un baleinier et un skiff. Et a pris en chasse le plus rapide, qui se déplaçait à environ 25 noeuds. Les avertissements et ordre de stopper n’ayant pas suffi, un tireur d’élite à bord de l’hélicoptère tiré un coup juste avant le bateau pour le stopper. Puis des marines se sont approchés des deux navires pour arrêter les suspects. 7 d’entre eux ont pu ainsi être appréhendés. Aucun blessé n’a été relevé des deux côtés précise la Royal Navy.

Si on se rappelle bien, l’Alakrantxu avait été le premier bateau à capter l’appel de détresse de l’Alakrana il y a plus deux ans lire : Premiers détails et photos sur la capture de l’Alakrana par les pirates. Il avait subi une attaque en mai dernier au large de la Tanzanie et n’avait dû alors son sort qu’à l’action des gardes privés. A noter que c’est le second transfert aux Seychelles dans l’année.

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Atalanta sauvée des eaux

(BRUXELLES2, exclusif) La conférence de génération de force de la mission anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) semble bien partie. Les différents représentants des ministères de la Défense sont réunis aujourd’hui (1er décembre) à Bruxelles pour planifier les forces (navires, avions, équipes embarquées…) qu’ils sont prêts à envoyer au large de la Somalie. Et l’optimisme est de rigueur, comme nous l’a confirmé un haut gradé.« Les annonces faites par les nations pour l’année prochaine sont rassurantes. Nous aurons entre 6 et 8 bateaux. Ce qui est le niveau nécessaire, pour pouvoir contenir. »

Les trois pays (Espagne, France, Allemagne) qui assurent une présence continue ont garanti leur engagement pour 2012. Mais d’autres pays, plus petits, apportent aussi une contribution non négligeable : le Luxembourg avec ses deux avions affrétés aux Seychelles, l’Estonie et Malte avec des équipes de protection embarquées. En 2012, la Belgique va engager un navire et une équipe de protection embarquée (sur le bateau français). Le Portugal pourrait le faire également.

Coté commandement, aussi tout est calé. Si le chef de l’opération reste britannique, le numéro 2 de l’opération sera désormais un officier supérieur Allemand pour six mois avant de passer le témoin à un Italien. Sur zone, le commandement va être confié aux Espagnols (jusqu’à avril). Puis les Français prendront le relais (jusqu’à août) et ensuite les Italiens.

Deux bateaux en décembre !

Le coup de sang du chef d’Etat-Major de l’UE, le Suédois H. Syren, a donc porté. Il est vrai que l’inquiétude était grande. Selon nos informations, le nombre de bateaux actuellement disponibles sur zone est « tombé à 3 début décembre et bientôt nous serons à 2 » m’a précisé un officier supérieur. Et dans les 2 autres opérations en coalition (CTF 151 et Ocean Shield OTAN), ce n’est pas mieux. En fait, ce sont « les Américains (qui) comblent les trous » faisant passer un ou plusieurs navires qui croisent ou sont là en permanence sous commandement multinational.

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Carré d’as, des pirates plus légères que requises

(B2) La cour d’assises des mineurs de Paris (*) a, finalement, rendu un verdict plutôt clément envers les six pirates du Carré d’As mercredi (30 novembre). Un des accusés, celui qui était chargé d’approvisionner les ravisseurs et leurs victimes, a été acquitté, les autres condamnés à des peines allant de quatre à huit ans de prison. L’avocat général avait réclamé des peines de 6 à 16 ans. Les jurés ont, apparemment tenus compte du fait que ces pirates n’étaient pas les organisateurs de l’acte ; celui-ci est apparemment un ancien douanier somalien, Youssouf Haji Shiré, qui n’a pas été arrêté. Leur situation humble, leur repentance, le fait que les victimes – les Delanne présents à l’audience – n’ont pas réclamé de peines trop hautes ont joué également dans l’avis rendu.

(*) Un des accusés était mineur au moment des faits.

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Atalanta prolongeable jusqu’en 2014. Chut… Ne le dites pas trop fort ! (Maj)

(BRUXELLES2) C’est en tout cas le souhait du général H. Syren, le chef d’Etat-Major de l’UE, et plus généralement des militaires européens. Avoir un feu vert politique pour prolonger l’opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta au-delà du terme actuel (décembre 2012), et pour deux ans supplémentaires, soit 2014, serait une bonne chose.

L’avantage est certain pour les militaires : pouvoir dès maintenant planifier les différentes rotations de commandements et d’équipages, de frégates, d’avions et de navires ravitailleurs. Un ensemble, somme toute complexe, à mettre en musique, surtout en période de restriction budgétaire où chacun compte ses sous. Cette prolongation anticipée aurait aussi un avantage : donner un signal politique de confiance dans l’opération, ce qui pourrait inciter certains pays à s’engager davantage.

Apparemment, ce point ne suscite pas de divergences politiques importantes autour de la table. La plupart des pays semblent partisan de maintenir une mission qui a prouvé son utilité, sur le terrain. La piraterie si elle ne diminue pas, est contenue. Et le rythme des captures de navires s’est largement atténué ces derniers mois. Mais il y a un « Mais », comme toujours au niveau européen. Le Bundestag allemand vient de reconduire l’opération pour 2012. Et il est délicat pour un ministre allemand d’annoncer une nouvelle prolongation sans passer par la voie parlementaire au préalable.

Une des solutions de compromis pourrait être alors de ne pas faire figurer la date de 2014 de façon précise et péremptoire mais d’en envisager la possibilité d’une manière ou d’une autre. La formalisation de la prolongation se ferait ensuite dans les mois suivants de 2012 (au printemps).

(Maj) Les conclusions adoptées le 1er décembre confirment en tout point la teneur de cet article. Malgré la volonté de plusieurs pays d’obtenir une confirmation éventuelle – l’Espagne ou la France par exemple -, les 27 ont convenu de « revenir au début 2012 sur la prolongation du mandat d’Eunavfor Atalanta jusqu’à fin 2014″. 

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L’équipe de protection embarquée de l’Amisom opérationnelle

(BRUXELLES2) Le commandant de l’opération anti-piraterie de l’UE peut être satisfait. Il compte une équipe de protection embarquée de plus. 24 soldats ougandais de l’AMISOM (la mission de l’Union africaine en Somalie) viennent en effet de terminer leur formation comme équipe de protection embarquée, annonce l’Etat-Major français. Une formation délivrée par les Français et Estoniens (*) à bord du Floréal, pour la partie théorie, et à bord du Petra 1, le navire civil assurant le ravitaillement de l’Amisom entre le port de Mombasa au Kenya et la capitale somalienne Mogadiscio, pour la partie pratique. Cette action va permettre aux Ougandais d’être autonomes dans la protection de leur navire et, ainsi, d’éviter de disperser des forces européennes qui pourront rester disponibles pour la protection d’autres navires. Les navires de l’Amisom resteront cependant sous une surveillance active des navires européens dont c’est la mission première, avec la protection des navires du PAM (le Programme alimentaire mondial).

A noter que le navire de l’Amisom avait déjà été l’objet d’attaques pirates qui avaient été repousées in extremis. Lire : Un navire de l’AMISOM attaqué par les pirates. Un cargo en bouclier

(*) L’Estonie a mis à disposition de la mission anti-piraterie de l’UE une équipe de protection embarquée « domiciliée » tantôt sur une frégate allemande, tantôt sur une frégate française. En dernier lieu, le Floréal.

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La mission de renforcement des capacités maritimes – quelques détails

(BRUXELLES2, Exclusif) La mise au point de la mission RMCB (renforcement des capacités maritimes régionales) continue d’avancer dans les groupes de travail. Même si les cailloux qui parsèment sa route ne sont pas tous enlevés. Et depuis mon dernier papier, les détails s’affinent…

Les différents groupes – politico-militaire (PMG), civil de gestion de crises (Civcom) – et l’Etat-Major ont, en effet, rendu leur avis. Le COPS – comité politique et de sécurité – en a discuté. Et le point devrait être inscrit à l’agenda du Coreper mardi, en espérant qu’il passe la rampe des ministres des Affaires étrangères, jeudi (1er décembre). Une dernière mission d’évaluation pourrait se rendre dans la région rapidement (sans doute d’ici janvier), afin de pouvoir mener à bien les derniers repérages et de pouvoir finaliser le concept d’opération (Conops). On espère arriver ainsi à une décision finale du Conseil des ministres au printemps pour un lancement avant l’été (en juin).

Civile avec expertise militaire

Cette mission sera une mission civile, financée donc par l’Union européenne – ce qui n’est pas un détail en ce moment -, mais une forte composante et expertise militaire. Elle fonctionnera en effet en lien très étroit avec d’un côté, l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta et, de l’autre, avec la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia). Les trois missions forment ainsi un « ensemble cohérent et intégré qui correspond à la stratégie cadre adoptée par les 27 pour la Corne de l’Afrique », précise-t-on au service diplomatique européen. Elles seront donc en « coordination étroite » entre elles et placées sous la « coordination stratégique » du futur représentant spécial pour la Corne de l’Afrique qui devrait être nommé rapidement (enfin dès qu’on pourra :-) ).

Durée : deux ans

La mission pourrait durer deux années ; renouvelable ou amendable éventuellement. Une première évaluation devrait en effet se dérouler à l’issue de la première année.

Basée en grande partie à Djibouti

La mission consistera essentiellement à former les différents personnels locaux (somaliens et de la région). Toute la difficulté est de savoir si elle pourra être réellement déployée en Somalie. En fait, la mission pourra être essentiellement localisée à Djibouti, au Centre de formation régionale (Djibouti Regional Training Center) qui vient tout juste d’être inauguré (début novembre). Ce centre pourrait d’ailleurs être renforcé par l’action de l’Union européenne. La mission comprendra aussi un important volet : fourniture d’équipements. La participation des Etats membres, voire de pays tiers, est là requise ; car le financement par l’Union européenne (notamment au travers de l’Instrument de stabilité, ne pourra pas suffire).

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La Grèce prépare l’arrivée de gardes privés armés sur ses navires

(BRUXELLES2) Le gouvernement grec prépare un projet de loi autorisant la présence de gardes armés à bord des navires marchands grecs. Le ministre de la Protection des citoyens, Christos Papoutsis a ainsi présenté, jeudi (24 novembre), à ses collègues du gouvernement un projet de loi en ce sens.

Selon ce projet, détaillé dans plusieurs journaux grecs, les propriétaire ou exploitant de navires au long cours (qui ne font pas de cabotage) pourront demander au ministère un permis permettant d’avoir une équipe de gardes privés armées (six au minimum) pour faire face aux attaques de piraterie. La mesure concernera donc à la fois les navires battant le pavillon grec comme ceux battant d’autres pavillons (de complaisance).

Le permis devra s’accompagner d’une analyse du risque et prendre en compte l’avis du capitaine du navire. L’autorisation durera six mois mais pourra être renouvelée. Elle sera automatiquement prolongée à son expiration si le navire est en route et, ce, jusqu’à son arrivée dans un port, pour débarquer les gardes privés et leurs équipements.

La société fournissant les gardes privés devrait être installée et exploitée légalement dans un État membre de l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Mais elle pourra également être établie et opérer légalement dans un autre État, notamment un pays qui participe à des actions internationales de lutte contre la piraterie.

Les gardes armés privés présents à bord resteront sous l’autorité du capitaine durant tout le trajet et ne pourront agir qu’avec son autorisation, en tenant compte des menaces de sécurité, en particulier si elle est imminente, selon une procédure prévue dans le plan de sûreté du navire. Les armes et munitions des gardes privés armés seront conservés à l’intérieur du navire dans une zone à accès réservé (n’y auront accès que le capitaine, ou son second, ainsi que le chef de gardes armés privés et les agents énumérés dans le permis). En dehors, des zones à haut risque de pirates, toute utilisation d’armes et de munitions sera interdite. Les gardes armés privés de ce droit ne seront pas membres de l’équipage du navire.

La fourniture de gardes armés privés ne doit pas cependant être un substitut pour ne pas prendre et appliquer les meilleures pratiques de sécurité, recommandées par l’Organisation maritime internationale, estime-t-on, cependant coté grec.

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9 arrestations au Puntland

(BRUXELLES2) La police du Puntland a arrêté samedi (26 novembre), dans le district de Eyl , 9 personnes suspectées d’être des pirates a annoncé un des responsables de la police de cette région autonome de Somalie, comme l’écrit Somalia Report. Mais le chef de ce groupe, dénommé Garaad, a réussi à échappé à la police. C’est ce groupe qui aurait été sur l’affaire du MV Blida, le navire algérien, récemment libéré contre une rançon.

Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (22 novembre)

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L’Allemagne croit en la mission anti-piraterie de l’UE

(BRUXELLES2) Le Bundestag (la chambre des députés allemande) débattait hier (23 novembre) à Berlin de la prolongation d’un an de la participation allemande à l’opération anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta). Une prolongation nécessaire car elle est un succès selon le secrétaire d’État parlementaire Thomas Kossendey : « Depuis que l’opération a commencé, en décembre 2008, tous les envois d’aide par le Programme alimentaire mondial (PAM) ont pu être faits en toute sécurité jusqu’à leur destination. »

Gros contributeur

Ces derniers mois, avec l’Espagne, l’Allemagne était – avec l’Espagne – le plus grand contributeur de troupes pour Atalanta, avec plus de 550 militaires allemands engagés et jusqu’à 2 frégates et un avion de patrouille maritime, sans oublier un commandement sur zone, précise le Ministre (qui ne mentionne pas la France dans cette liste et, pour cause, la France avait concentré ses moyens maritimes ailleurs… en Libye).

La Bundeswehr continuera de contribuer durant l’année 2012 avec une frégate, un avion de patrouille maritime (à partir de 2012) et un groupe de combat, a confirmé le ministère de la Défense allemand.  Le projet de prolongation prévoit (comme le projet initial) la possibilité d’engager jusqu’à 1400 hommes et femmes pour protéger les approvisionnements de secours pour la région et préserver les routes commerciales d’attaques.

Un engagement qui ne répond pas uniquement à des préoccupations humanitaires, c’est l’intérêt pour l’Allemagne en tant que puissance maritime. Sur les 25000 à 30000 navires qui traversent, chaque année, l’Océan indien, environ 3000 sont sous pavillon allemand.

Gardes privés, équipes embarquées et libérations à la chaine 

Le débat au Bundestag s’est fait sur le renforcement des mesures de sécurité tant pour protéger les navires marchands que pour lutter contre les pirates de façon plus efficace.

Sur la mise en place de services de sécurité privés, le secrétaire d’Etat a renvoyé la question sur ses homologues des Transports et de l’Intérieur, chargés « de clarifier le cadre juridique dans lequel ces services pourront être accomplis ». Et pour la présence de soldats allemands sur les navires, il avertit, ce n’est « pas possible si les navires ne naviguent pas sous pavillon allemand. Le droit international nous l’interdit. Nous avons besoin d’accord avec les États du pavillon. Ce qui n’est pas exactement facile ».

L’objectif premier d’Atalanta
n’est pas la chasse aux pirates

Le ministre a aussi répondu aux critiques, nombreuses en Allemagne, reprochant aux soldats de renvoyer les pirates appréhendés vers la Somalie. « Laissez-moi vous dire deux choses. Premièrement: l’objectif principal de l’Atalanta n’est pas la chasse aux pirates. Qui lit le mandat sait que c’est ainsi. (Deuxièmement) Nous avons changé les règles d’engagement. Nous pouvons intervenir de manière plus intensive. Mais quand il n’ya pas de plainte, ou de demandeur, nous ne trouverons aucun juge. Par conséquent, il n’est pas rare de devoir, sous la loi internationale, ramener (libérer) ceux qui ont été pris en flagrant délit. Nous n’avons pas un tribunal international compétent sur ces crimes. » (*)

(*) traduction maison, en espérant avoir été exact :-)

Télécharger le texte de Kossendey (en allemand) : docs de B2

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L’Espagne prend le commandement de l’opération antipiraterie européenne

(crédit : marine espagnole)

(BRUXELLES2) L’Allemagne qui assure le commandement de l’opération anti-piraterie sur zone dans l’Océan indien devrait passer le flambeau à l’Espagne le 6 décembre. Le navire de ravitaillement El Patino a quitté le port de Ferrol lundi pour rejoindre l’Océan indien. Placé sous le commandement du capitaine de frégate Enrique Cubeiro Cabello, ce navire comprend 215 militaires, dont une équipe de commandos marine pour l’abordage et l’assaut. Il dispose de 2 hélicoptères SH3D « Sea King et 4 bateaux semi-rigides, ainsi que d’un hôpital de bord. Il va servir jusqu’à avril 2012 de FHQ (quartier général de commandement de la force) à l’opération européenne anti-piraterie. C’est le Captain Jorge Ferreiroa Manso qui commandera sur zone les différents navires prenant le relais de son homologue allemand, le Rear Admiral Thomas E.P. Jugel. En avril 2012, ce devrait être à un Français de prendre son tour de « quart » de commandement.

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L’opération Eunavfor Atalanta en dessous de la ligne rouge début 2012

(BRUXELLES2) Le général suédois Håkan Syren, qui préside le comité militaire de l’UE, l’a confirmé aujourd’hui officiellement, à l’issue d’une réunion avec les autres chefs d’Etat-Major européen des « 27″. Les moyens affectés à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta sont au « niveau minimal en matière de navires et avions de patrouille maritime. (Mais) nous serons au-dessous de cette limite minimale (fixée à 4-6 navires présents sur zone), début 2012, essentiellement en janvier-février 2012. Nous serons sortis de la ligne rouge en mars », a expliqué le général répondant à une question d’une confrère d’Europapress. « La cause de cette faiblesse : l’économie (la situation économique). Bien sûr, il y a eu d’autres engagements comme en Libye. Mais en fait, en premier lieu, ce sont les conditions budgétaires qui dictent cette position » a-t-il complété.

Le niveau d’alerte est franchi

Ce n’est pas la première fois que le général alerte sur la nécessité d’avoir davantage de moyens affectés à l’opération européenne. Mais c’est la première fois qu’il donne des précisions chiffrées. Jusqu’ici du moins publiquement, il se contentait de dire « ca va à peu près ». Cet aveu confirme les différentes informations qui nous sont parvenues. On sait effectivement que les différentes conférences de génération de force n’ont pas montré l’enthousiasme à prendre les différents slots de présence dans l’Océan indien qu’elle avait rencontrée précédemment.

Peu d’Etat participent, souvent les mêmes

Les pays ne se bousculent pas au portillon. Et on retrouve toujours les mêmes : Français, Allemands et Espagnols essentiellement. Les Grecs et Italiens sont en prise à des difficultés financières. Les Danois ne participent pas aux opérations militaires européennes et mettent leurs moyens dans l’opération de l’OTAN. Les Britanniques qui participent à l’opération – avec leur quartier général à Northwood – montrent plus que de la mauvaise volonté à fournir des moyens navals. Quant aux différents pays d’Europe de l’Est, la Pologne en tête, ils ont choisi tout simplement de ne pas participer, ou si peu… (à l’exception notable de l’Estonie), même si de nombreux marins de leur nationalité servent sur des navires croisant dans l’Océan indien et en mer d’Arabie. 

Coté des pays extérieurs, la Norvège – qui a participé au début de l’opération – préfère mettre ses moyens dans l’opération Ocean Shield de l’OTAN. L’Ukraine – après maintes hésitations n’a pas confirmé son engagement – au-delà de quelques officiers. 

Chou blanc pour les équipes VPD

Faute de navires, le général Syren avait tenté au moins d’obtenir des pays qui ne fournissent pas de navires, de pouvoir engager quelques équipes de soldats, afin de servir d’équipes embarquées (VPD), très utiles surtout pour les navires du PAM (programme alimentaire mondial) ou de l’AMISOM, car ils permettent d’assurer une sécurité quasi-équivalente, avec largement de moyens. Là encore chou blanc. Seuls Malte et l’Estonie ont accepté actuellement des équipes. Les Maltais sont basés actuellement sur le navire néerlandais de ravitaillement HNLMS Zuiderkruis.

Des militaires de l’Amisom

Faute de solution européenne, on envisage coté militaire de pouvoir utiliser des militaires de l’Amisom qui seraient spécialement formés pour cela. « Accompagner des navires n’est pas très difficile pour des militaires. Il faut apprendre quelques notions de navigation. Et apprendre à tirer à bon escient » (en gros pas dans le tas) ; c’est-à-dire utilise la dissuasion plutôt que la neutralisation.  

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Dernières nouvelles de la piraterie (22 novembre)

(BRUXELLES2) Selon le dernier bilan établi par l’ONG Ecoterra, 28 navires marchands et 19 bateaux de plus petite taille étaient, le 20 novembre, aux mains des pirates qui détiennent toujours 482 otages. Un bilan légèrement moindre côté Eunavfor (qui ne comptabilise que les navires marchands) : 10 navires et 243 marins aux mains des pirates. L’activité de la piraterie ces derniers jours connait cependant un léger affaiblissement, selon les dernières notes quotidiennes de l’OTAN. Deux zones restent délicates : le détroit de Bab el Manded au nord, et celui du Mozambique au sud, où plusieurs skiffs pirates semblent opérer.  

Pool commun d’enquête « saxon »

Néerlandais et Allemands vont former une équipe conjointe d’enquête sur les faits de piraterie. La nouvelle a été annoncée par le parquet néerlandais jeudi (17 novembre). Cette équipe va se concentrer sur les ramifications criminelles de la piraterie, son financement, les négociateurs, les commanditaires de la piraterie. L’équipe va comprendre des policiers militaires et des enquêteurs de police, coté néerlandais, le service d’enquête du Land de Basse-Saxe et la police fédérale à Berlin, ainsi que des membres d’Eurojust et d’Europol. Pour les enquêteurs, il y a un certain de liens entre les différentes affaires de piraterie qu’il importe de remonter. 

Les marins algériens racontent leur captivité 

Les marins algériens du MV Blida qui viennent d’être libérés ont raconté leur calvaire à des confrères journalistes. « Au départ, nous avions peur d’un assaut meurtrier. Après, ils nous tuaient chaque jour psychologiquement », raconte Mohamed Aït Ramdane, le machiniste à l’AFP. Rester trois quatre jours sans manger, eau impropre à la consommation, battus le cas échéant, la détention par les pirates somaliens ressemble à tout sauf une partie de plaisir. Ils étaient très maigres, les yeux rouges, en pagnes ou en tenue militaire. « Le soir, les pirates mâchonnaient leur khat, buvant beaucoup de thé. Et ils étaient souvent ivres », racontent les marins. Le bateau changeait souvent de place. Leur libération, ils la doivent à l’argent versé. « Le jour de notre libération, le chef des pirates est venu avec près de 150 hommes. Un avion a parachuté un sac plein d’argent. (…) Le chef des pirates est monté sur la passerelle avec le commandant de bord ukrainien et tous deux ont compté l’argent ». 

Accident de la route en Somalie

En Somalie, cinq pirates ont été blessés, dont deux gravement, dans… un accident de la route, dimanche (20 novembre), selon Somalia report. Ils ont perdu le contrôle de leur Toyota Hilux 4X4. A bord, un chef pirate, Mohamed Aargooste, soupçonné d’être impliqué dans la capture du chimiquier grec Liquid Velvet. Les blessés ont été transportés au Yemen pour y être soignés selon les sources locales. 

Un garde privé britannique assassiné à La Réunion

Un garde privé britannique, Carl Davies, a été retrouvé mort à l’île de la Réunion, le 9 novembre. Un meurtre selon les premiers éléments de l’enquête comme l’a révélé une autopsie pratiquée jeudi 17 novembre. L’homme, âgé de 33 ans, ancien des forces spéciales, assurait la protection du navire Atlantic Rider a été violé et tué, blessé à la tête par une arme blanche. Une enquête a été déclenchée, confiée à la brigade criminelle de la sûreté départementale. 

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Les pirates doivent être poursuivis dit l’ONU. Vers un tribunal spécialisé

(crédit : marine allemande)

(BRUXELLES2) Passée à mon sens trop inaperçue, la résolution 2015 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la piraterie maritime mérite un détour attentif. Elle marque la volonté internationale d’endosser (au moins pour partie), les conclusions et les recommandations contenues dans le rapport rédigé par Jack Lang. Elle lance un ultime avertissement aux Etats – Somalie en premier lieu mais aussi les Etats européens – pour qu’ils se… « bougent les fesses » afin d’adopter la réglementation nécessaire pour poursuivre les pirates en justice. Un appel lancé à tous les Etats avec un délai limité. D’ici la fin de l’année, ils devront faire rapport à l’ONU sur les mesures prises.

Ce texte ne va pas cependant jusqu’à poser le cadre d’une nouvelle juridiction internationale contre la piraterie mais recommande. Mais il pose les bases nécessaires pour la mise en place d’instruments juridiques au plan interne : poursuite des complices, mise en commun des preuves… Et il précise la mise en place d’une juridiction somalienne sur le sol somalien ou hors sol.

Inquiétude sur le manque de poursuites des pirates …

Le Conseil de sécurité note que « le droit interne de certains États n’érige pas la piraterie en infraction ou ne contient pas les dispositions de procédure nécessaires pour engager efficacement des poursuites pénales contre les personnes soupçonnées de piraterie. » « En dépit des efforts déployés jusqu’à présent par les États (qui ont choisi de poursuivre les pirates, (…) le travail accompli reste insuffisant ». « Le fait de ne pas traduire en justice des personnes responsables d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes nuit à la lutte menée par la communauté internationale contre la piraterie » Et la résolution précise qu’« il importe, pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes, que les personnes soupçonnées de tels actes soient poursuivies au niveau national ».

Appel à tous les Etats, y compris ceux des victimes des actes de piraterie

C’est donc un véritable appel aux Etats, « à tous les Etats » concernés, que lance le Conseil de sécurité qu’il s’agisse des États du port et des États côtiers, mais aussi des « États de nationalité des victimes ou des auteurs d’actes de piraterie ou de vols à main armée et (des) États auxquels le droit international ou leur droit interne confère compétence », de poursuivre les pirates. Concrètement il s’agit de « coopérer en vue de déterminer lequel aura compétence et de prendre les mesures voulues d’enquête et de poursuite à l’encontre des auteurs d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, y compris quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite, conformément au droit international applicable,y compris le droit international des droits de l’homme ». (§5) Elle demande « d’ériger la piraterie en infraction dans leur droit interne » et « d’envisager favorablement de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie qui ont été appréhendées au large des côtes somaliennes » (§10) Et les appellent également « à mettre en commun les éléments de preuve et d’information en leur possession » (§10) Les Etats devront transmettre un rapport sur cette transposition d’ici la fin de l’année 2011.

La mauvaise volonté des autorités somaliennes

Le GFT (gouvernement fédéral de transition) comme les autorités régionales somaliennes doit « adopter une série complète de lois pour lutter contre la piraterie, notamment des lois prévoyant des poursuites contre ceux qui financent, planifient, organisent ou facilitent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement ». Cette loi devra embrasser non seulement la poursuite des pirates ou de leurs complices mais aussi « le transfèrement vers la Somalie des pirates poursuivis et condamnés ailleurs et l’incarcération des personnes reconnues coupables en Somalie » (§7) Un rapport devra être transmis à l’ONU d’ici la fin de l’année.

Vers une juridiction mixte

C’est la solution mixte d’une juridiction nationale, sur le sol somalien, ou en dehors, avec le soutien de la communauté internationale qui a été choisi. Mais le conseil de sécurité ne veut pas franchir le pas immédiatement. Elle recommande ainsi de « continuer d’étudier d’urgence (…) la possibilité de créer des juridictions spécialisées pour juger les personnes soupçonnées de piraterie en Somalie et dans d’autres États de la région, avec la participation et/ou l’assistance solides de la communauté internationale ». Mais la feuille de route est tracée. Le secrétaire général devra remettre d’ici le 25 janvier (trois mois). (§ 16)

Cette juridiction aura compétence pour juger non seulement les pirates présumés capturés en mer, mais aussi « quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite intentionnellement, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie qui planifient, organisent, facilitent ou financent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement » (§17).

En attendant, le secrétaire général est habilité à « apporter son aide de façon anticipée à la prise des prochaines mesures concrètes » (§14)

Prisons, experts internationaux, financements

Parallèlement l’effort pénitentiaire devra être poursuivi – il faut « appuyer la construction de prisons en Somalie et leur fonctionnement responsable » (§19). Et un nouvel appel est fait aux Etats pour qu’ils contribuent financièrement au fonds d’affectation spéciale ou, pratiquement, par « la mise à disposition d’experts internationaux, issus notamment de la diaspora somalienne, par détachement ou selon d’autres modalités ».

 

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