Piraterie

Le Lübeck force les pirates à abandonner un de leurs bateaux-mères

(Crédit : marine allemande)

(BRUXELLES2) La frégate allemande FGS Lübeck, engagée dans l’opération anti-piraterie de l’UE (EUNavfor Atalanta) n’a pas laissé de répit aux pirates qui avaient tenté de s’en prendre à un navire hauturier néerlandais MV Flintstone et réussi à libérer l’équipage (lire : Première épreuve du feu pour les VPD néerlandais).

Dès le 17 janvier, un dhow enregistré en Inde est repéré se dirigeant vers les côtes yéménites. Il a été utilisé, le matin même, comme bateau-mère par les pirates pour attaquer le MV Flintstone. Il n’y a pas de doute possible : le dhow est identifié, avec les skiffs à bord et du matériel de piraterie sur le pont. Par radio, l’équipage du Lubeck demande au dhow. Sans réaction. Idem pour les tirs d’avertissement.

Les Allemands passent alors à des tirs plus… précis. La proue du dhow est visée. Et l’hélicoptère de bord est utilisé pour neutraliser les skiffs. Davantage parait cependant difficile, précise-t-on à l’Etat-Major d’Atalanta, « les pirates menacent de s’en prendre à l’équipage et de faire feu si quiconque tentait de prendre le bateau ». Malgré tout, le Lübeck maintient la pression en restant à proximité. Onze personnes ont déjà été comptabilisés à bord du navire-mère. Le navire a quitté la direction de l’île de Socotra et se dirige désormais à vitesse réduite vers la côte somalienne. Il faut le bloquer…

Un tanker de renfort pour les pirates

Les pirates du dhow appellent alors en renfort le MV Enrico Ievoli, un tanker italien qu’ils avaient piraté en décembre dernier, avec 18 otages à bord. Dans la nuit du 19 au 20 Janvier, ils passent sur leur « bateau de soutien », transférant les blessés de l’attaque du Flintstone, abandonnent le dhow indien et prennent le cap de la Somalie. L’équipage du dhow indien (15 marins) est désormais libre ; et « en bonne santé » d’après les premières constatations du médecin de bord allemand.

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Les pirates du dhow iranien toujours à bord de l’Absalon

(BRUXELLES2) Les Seychelles ont refusé de prendre en charge les pirates arrêtés le 7 janvier par la frégate danoise Absalon près de la Somalie. Un responsable danois l’a confirmé à B2.

Un archipel qui ne veut pas prendre tous les pirates

Pour les Seychelles, ce refus n’est pas la marque d’un refus de s’engager dans la poursuite des pirates. Comme l’a rappelé, hier, le ministre des Affaires étrangères des Seychelles, Jean-Paul Adam, « les Seychelles ont pris leurs responsabilités dans la protection de la région de façon très sérieuse. Et nous détenons actuellement plus de 70 pirates (76 très exactement), qui représentent un large pourcentage du total des détenus dans nos prisons et sont une charge substantielle dans nos capacités judiciaires » ainsi que le relate le quotidien The Nation. « Nous saluons toutes les initiatives pour accélérer la création de prisons en Somalie selon les standards de l’ONU afin que nous puissions commencer le processus de transfert des prisonniers et leur permettre de purger leur peine en Somalie ». Il faut également que « d’autres partenaires s’engagent pour la poursuite des pirates » a-t-il expliqué. Pour les autorités des Seychelles, les pirates suspects retenus par les Danois n’entrent pas dans les critères des accords signés par l’archipel qui prévoient des critères de rattachement géographique : les suspects n’ont pas en effet été pris dans la zone économique exclusive des Seychelles, mais près des côtes somaliennes, et ils n’ont pas visé un ressortissant de l’archipel ni un de ses intérêts.

Pas de solution en vue ?

Faute de mieux, « les suspects restent détenus à bord de l’Absalon ». Le ministère des Affaires étrangères « étudie actuellement toutes les autres options » a précisé notre interlocuteur à Copenhague. De fait, trois solutions judiciaires paraissent praticables : le rapatriement au Danemark (au nom de la compétence universelle) c’est délicat ; l’Iran (Etat du pavillon du navire et des marins pris en otage) mais cela parait encore plus délicat ; la Somalie ou le Puntland en particulier (Etat d’origine des pirates) mais c’est difficile pour le Danemark sans avoir de garanties de jugement et d’emprisonnement. Si aucune solution n’est agréée, ne resterait alors que la libération pure et simple au bord des côtes somaliennes.

NB : La relève d’équipage, typique des Danois

L’Absalon faisait une halte dans l’archipel pour se réapprovisionner et opérer une relève d’équipage. Le Danemark a en effet pour principe de laisser le bateau opérationnel pour six mois mais d’effectuer une relève totale d’équipage, pratique courante dans les pays nordiques, moins dans les pays latins.  L’équipage descendant, sous les ordres du commandant Carsten Fjord Larsen, avait quitté le Danemark le 16 octobre ; l’équipage montant sous les ordres du  commandant Anders Friis restera jusqu’à avril 2012.

Lire : 2 bateaux-mères, indien et iranien, neutralisés par les forces de l’OTAN (Maj)
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Les Iraniens ont la cote dans l’Océan indien

(crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2) Depuis le regain de tension entre l’Iran et les occidentaux (Etats-Unis, Royaume-Uni…), le moindre fait et geste des différentes marines déployées dans l’Océan indien qui viennent au secours de marins iraniens, en perdition ou aux mains des pirates, est relaté. Les Américains avaient bruyamment assuré le sauvetage de marins iraniens aux mains des pirates, début janvier. Ainsi le navire amiral d’Eunavfor Atalanta, la mission européenne de lutte anti-piraterie est intervenu mardi (17 janvier), pour assister un dhow iranien qui avait signalé une panne de carburant au large des côtes somaliennes. Il avait été repéré par un avion de patrouille maritime danois (qui participe à l’opération de l’OTAN).

Une flotte très présente

Les marins iraniens et bateaux iraniens sont nombreux à naviguer dans cette zone de l’Océan indien, entre l’est (Iran, Pakistan…) et l’ouest (Somalie ou Kenya). Fatalement ils peuvent donc se retrouver aux mains des pirates ou en perdition. La marine iranienne est également présente à la fois pour protéger ses ressortissants mais aussi pour des questions stratégiques. Mais c’est la seule à ne pas être officiellement associée aux discussions entre les différentes marines impliquées dans la lutte anti-piraterie et qui se rencontrent régulièrement, à Bahrein en général, au sein du mécanisme Shade.

Des contacts sous la ligne de flottaison médiatique

Ce qui n’empêche pas des contacts entre les officiels iraniens, ainsi que l’a expliqué à B2 un diplomate danois, un pays engagé dans la lutte anti-piraterie. « Par exemple, quand la frégate danoise Absalon a permis la libération l’année dernière (nb : en mai) d’un dhow iranien (dénommé Jelbut 24), les pirates ont été arrêtés. Et il fallu ensuite rechercher les marins pris en otage pour recueillir leur témoignage dans le cadre du procès qui se déroulait au Kenya ». Les officiels danois ont ainsi pris contact, via leur ambassade à Téhéran, avec le ministère de l’Intérieur iranien afin de pouvoir retrouver les pêcheurs. Ce qui a été fait de façon efficace apparemment.

Lire également :

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Première épreuve du feu pour les VPD néerlandais

(crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) Embarqués à bord du Flintstone, les Marines néerlandais ont du répliquer aujourd’hui face à la menace immédiate d’une attaque pirates.

Il était autour de 18h (heure européenne) en mer d’Arabie quand un boutre suspect a été signalé. L’alarme a aussitôt été sonnée à bord du Flintstone, un navire hauturier (spécialisé dans l’enrochement pour l’exploitation pétrolière, etexploité par Tideway, filiale offshore du groupe belge de dragage DEME). Et l’équipage s’est retranché dans la citadelle (selon les usages en vigueur). Entretemps, le boutre avait mis un skiff à l’eau.

Un premier tir d’avertissement, par une fusée, n’a pas suffi à arrêter les assaillants. Ils ont armé leur RPG et l’ont orienté vers le navire. Les Marins ont alors répliqué. Selon la marine néerlandaise, il est possible que l’action ait fait des victimes parmi les pirates. Le navire a ensuite repris la route vers le Canal de Suez, sa destination finale étant Malte.

NB : C’est la première action significative des VPD néerlandais depuis la décision du gouvernement de la Haye de mettre à disposition des navires les plus sensibles, battant pavillon néerlandais, des équipes de protection embarquées composées de militaires (sur le modèle français) plutôt que d’autoriser des gardes armés privés.

Lire aussi : Davantage d’équipes de protection embarquées par les Pays-Bas en 2012

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Les forces du Puntland arrêtent 13 pirates

(B2) 13 pirates ont été arrêtés avec leur équipement (2 skiffs rapides) à Garacad par les forces du Puntland selon des informations recueillies par Somalia Report, le media en ligne. Ils « préparaient de nouvelles opérations pour capturer de nouveaux navires quand la police aidée de civils les ont arrêtés » a expliqué un des responsables locaux. Garacad est un « hub » pirates. C’est au large que sont détenus – selon notre confrère somalien – le MT Liquid Velvet, le MV Iceberg 1 et l’Enrico Ievoli.

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Un dhow pirates intercepté dans l’Océan indien (maj)

(BRUXELLES2) Le groupe de pirates suspects avait été repéré à bord de leur dhow par le navire américain USS Carney, jeudi (12 janvier). Le lendemain (13 janvier), aux premières lueurs du jour, le navire de soutien britannique, le RFA Fort Victoria, les a intercepté à l’aide de leur hélicoptère Lynx Mark 8 et des équipes d’abordage des Royal Marines. La fouille du dhow a permis de trouver des lanceurs RPG et des fusils automatiques. Les 13 suspects ont été ramenés sur le navire britannique pour examiner s’il y a suffisamment de preuves pour les traduire en justice. (Maj) Regardez le montage video fait par la marine britannique :

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Le Puntland demande à l’UE et l’OTAN : svp, aidez-vous à détruire les bases pirates

(BRUXELLES2) Selon des sources locales recueillies par l’excellent media en ligne Somalia Report, les pirates sont en passe de retourner dans leurs anciennes bases au Puntland et même de s’installer dans leurs nouvelles bases près de la mer rouge. Ils avaient fui ces zones début 2011. Ils reviennent aujourd’hui.

Les pirates se réinstallent près de la mer rouge, les militants d’El-Shabaab aussi

« Un nombre de pirates est arrivé avec bateaux et voitures et commencent à installer de nouvelles bases dans les régions de Bari et Karkar » a précisé le ministre du transport maritime et des ports du Puntland, Said Mohamed Raage, dans une interview à notre confrère somalien. Ils commencé « fin décembre. Et leur nombre grandit dans ces zones de jour en jour », à Qandala, Bargal, Rasa Bina, Murcanyo, Gesalay and Bacad iyo Xabo, notamment. Mais ce n’est pas tout, selon le ministre du Puntland arrivent aussi dans la zone un certain nombre de militants d’al-Shabaab, la milice islamiste, qui fuit le sud et les raids de l’armée kenyane. « Ils arrivent par bateaux rapides et ils se cachent maintenant dans les zones montagneuses de la côte ».

L’Union européenne et l’OTAN sollicitées

« Nous avons besoin de davantage d’aide des marines et des membres de la communauté internationale pour combattre la piraterie et notre nouvelle préoccupation contre le terrorisme » a expliqué le ministre. « Nous demandons l’aide de l’OTAN et d’Eunavfor (Nb : la mission européenne de lutte anti-piraterie) pour combattre les al-Shabaab. Nous avons besoin des forces de l’OTAN et d’Eunavfor pour nous aider à capturer tous les bateaux rapides qui viennent du sud de la Somalie. Nous avons pas en tant que tels assez de moyens pour contrôler toutes nos côtes. »

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Un Allemand numéro2 d’Eunavfor

(crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2) Le contre-amiral Rainer Endres a pris ses fonctions de numéro 2 de l’opération anti-piraterie de l’Union européenne (Eunavfor Atalanta) aux cotés de son homologue britannique, le contre-amiral Duncan L. Potts. Il prend le relais du Français Christian Canova, bien connu sur ce blog. Une expérience « gratifiante personnellement » a tenu à souligner ce dernier lors de son départ. « Nous avons réussi à maintenir à 100 % la protection des navires du PAM qui acheminent la nourriture pour les Somaliens. Nous avons continué à sécuriser le corridor de transit dans le golfe d’Aden et Atalanta a largement contribué à abaisser le taux de réussite des attaques ainsi que du nombre de navires et des otages détenus par les pirates ».

Lire aussi : Contre-amiral Canova : piraterie en baisse, rançons en hausse, action offensive

Le Contre-Amiral Endres a été commandant du FGS Thetis et officier principal sur le destroyer FGS Lutjens. Il a également servi comme assistant personnel du commandant de la 1ère escadrile de destroyer, a commandé le destroyer FGS Rommel et la 2e escadre de frégates basée à Wilhelmshaven et était jusqu’à présent, directeur du développement, formation et éducation à Rostock.  Il a aussi été chef de division au QG de la composante maritime de l’OTAN à Naples.

Rotations

Selon le principe fixé au début de l’opération, c’est un Britannique (Duncan L. Potts) qui commande l’opération tandis que son adjoint est nommé pour six mois, par rotation entre Français et Allemand en général. Le commandement sur zone est assuré par rotation entre les différents pays impliqués, par rotation tous les 4 mois. Actuellement c’est un Espagnol, avant de passer le relais à un Français.

Lire également : Un Britannique originaire de Malte à la tête d’Eunavfor prochainement

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Encore un Danois ! Cette fois à la tête de la CTF-151

(Crédit : US Ve Fleet / Lieutenant Gary H Turner Royal Navy)

(BRUXELLES2) La CTF 151, la coalition maritime contre la piraterie soutenue par les Américains, sera commandée par un Danois. Eh oui ! Les Danois sont partout ces temps-ci :-) . Le Commodore Aage Buur Jensen a ainsi pris le relais, le 12 janvier, du contre-amiral Kaleem Shaukat de la marine pakistanaise.

A bord d’un navire US

Le Commodore Jensen ne disposera cependant pas d’un navire national pour assurer son commandement ; il sera basé à bord du navire américain USS Halsey qui assure le rôle de navire-amiral. A sa prise de fonction, il n’a pas caché sa détermination à agir contre la piraterie « à 100% ». « Mon intention est de dissuader et désorganiser les groupes d’attaque pirates le plus tôt possible et à toute occasion et une approche (plus) flexible du commandement et de la coordination. »

Relations délicates entre marines Us et pakistanaises

Cette relève intervient alors que les relations entre les gouvernements américain et pakistanais sont entrées dans une phase délicate. Le vice-amiral américain Mark Fox, commandant de la Ve Flotte US, a donc bien soin de saluer « le remarque niveau d’engagement de la marine pakistanaise ». Tandis que le contre-amiral pakistanais soulignait « l’engagement (du Pakistan) pour la sécurité et la sûreté de la haute mer et la promesse d’honorer nos engagements internationaux, malgré tous les obstacles ». Les relations au sein de la région du Golfe sont primordiales, selon lui, pour lutter contre la piraterie. « Outre la campagne navale en mer, nous sommes restés engagés avec les pays régionaux à terre afin d’encourager leur participation et leur contribution à la campagne contre la piraterie, ainsi que le renforcement de leur capacité à faire face à la piraterie ».

Un parcours fourni

Agé de 56 ans (né en 1955), Aage Buur Jensen a rejoint la marine à l’âge de 20 ans. Après l’académie navale, il est incorporé dans l’unité sous-marine jusqu’à 1988. En 1989, il suit les cours à l’école britannique de Manadon (Royal Naval Engineering College) et devient commandant des forces spéciales en 1990. En 1995, il devient conseiller du ministre de la Défense, Hans Hækkerup (Social-démocrate) dans le gouvernement de Poul Nyrup Rasmussen (à ne pas confondre avec l’actuel secrétaire général de l’OTAN). En 1997, il rejoint l’OTAN à la Division « Joint Plans & Policy » au QG de l’Alliance à Stavanger en Norvège. Commandant du Trion, un patrouilleur océanique (entre 2000 et 2001), il revient à ses premières classes comme commandant de l’escadrille sous-marine. En 2004, il passe à l’Etat-Major : d’abord comme chef adjoint « Operations et ressources » à la Marine, puis au QG de défense comme chef Operations puis Concept et Developpement. Il est aujourd’hui commandant du Danish Task Group.

 Les Danois … partout

Le Royaume du Danemark est effectivement sur tous les fronts ces mois-ci. Il assure la présidence du Conseil de l’Union européenne. C’est l’ancien Premier ministre danois (A.F. Rasmussen) qui est à la tête de l’OTAN. Un diplomate danois conduit le groupe de travail « questions juridiques » du groupe de contact international sur la piraterie. Et c’est un Danois qui a été nommé à la tête du comité militaire de l’OTAN. Outre la CTF-151, la marine danoise est très active dans l’opération anti-piraterie avec l’Absalon qui assure une présence souvent offensive. Pas mal pour un « petit » pays de 5 millions d’habitants ! Sans oublier l’engagement militaire en Afghanistan, 750 militaires y servent dans la province disputée du Helmand aux cotés des Américains et Britanniques. Et ils ont toujours été aux avant-postes, prenant des risques importants. En dix ans d’engagement, les Danois ont ainsi perdu 42 de leurs hommes. Ce qui est le « score » le plus élevé de pertes de la coalition (plus que les Espagnols ou Polonais).

Lire également : Un Danois présidera le comite militaire de l’OTAN à partir de 2012

(Maj) Avec la présidence du comité militaire danois

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Les pirates attaquent… le navire amiral d’Eunavfor (maj)

(crédit : Eunavfor/ Marine Espagnole)

(BRUXELLES2) Le SPS Patino venait tout juste de terminer une escorte de navires transportant de l’aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM/WFP) pour la Somalie et quittait les alentours du port de Mogadiscio aux petites heures du matin (3h30), ce jeudi (12 janvier) quand il fut approché… par un skiff avec des pirates à bord. Les intéressés ne se contentèrent pas de l’approche du navire-amiral de l’opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Plutôt décidés et téméraires, ils ouvrirent le feu avec des armes à petit calibre et comptaient passer à l’abordage. Les militaires répliquèrent. Les pirates ne se laissèrent pas conter et continuèrent à tirer, obligeant l’équipage à « procéder à un tir de « neutralisation » », selon la version officielle délivrée par le ministère espagnol. Les pirates à bord du skiff commencèrent à s’éloigner. Il fallut alors recourir à l’hélicoptère du Patino pour poursuivre l’embarcation, réussir à les stopper, non sans force messages lancés par haut parleur et tir de semonce. Avant de se rendre, les occupants du skiff ont jeté par dessus-bord échelles, armes et barils de gazoil (c’est la coutume !). Un shéma résumant cette action est publié par nos confrères ElPais.

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1 mort, 5 blessés parmi les pirates

Au bilan, 5 des 6 attaquants ont été blessés et deux d’entre eux traités par l’équipe médicale du Patino, précise un communiqué d’Eunavfor. Tandis qu’un septième a été considéré comme décédé, étant passé par-dessus bord durant l’assaut (ou plus exactement sans doute durant l’échange de tirs). Aucun membre d’équipage du Patino a été blessé durant l’attaque.

Les six assaillants ont été mis aux arrêts sur le Patino. « Dès que nous recevrons les notifications pertinentes, nous agirons en conformité avec la procédure établie devant l’Audiencia Nacional », a précisé le ministère espagnol de la Défense.

(Maj.) Les suspects seront bien traduits en Espagne et vont y être transférés. L’Audiencia Nacional a confirmé qu’elle allait instruire une procédure judiciaire.

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La poursuite des pirates doit être débattue au niveau de l’UE, dit le Danemark

(BRUXELLES2, exclusif) La question de la poursuite en justice des pirates est un sujet qui préoccupe les Européens, et tout particulièrement les Danois, qui assurent, ce semestre, la présidence de l’Union européenne. Un officiel danois l’a confirmé à B2. Le gouvernement danois envisage ainsi de mettre ce sujet sur la table du Conseil des ministres de la Justice durant leur présidence.

Un double intérêt

Les Danois sont intéressés à plus d’un titre. D’une part, au niveau militaire, leur navire Absalon est régulièrement engagé dans les opérations anti-piraterie (au titre de l’OTAN) et a arrêté à de nombreuses reprises des suspects ou des pirates pris sur le fait avant de les libérer faute de pouvoir les poursuivre en justice. Encore récemment, il a appréhendé 25 suspects (lire : 2 bateaux-mères, indien et iranien, neutralisés par les forces de l’OTAN. D’autre part, c’est un diplomate danois, Thomas Winckler qui préside actuellement le groupe de travail « juridique » du groupe international de contact sur la piraterie.

Nombreux sujets à débattre

Plusieurs questions peuvent ainsi être mises en débat au niveau européen : la conformité des différentes lois nationales aux obligations internationales – un responsable danois du ministère de la Justice assure que, de son coté, la loi danoise est en conformité. Mais cela ne suffit pas. Il faut également des modalités pratiques de recueil et de transfert de preuves, de transfert comme la possibilité de poursuivre les complices ou ceux qui ont l’intention de commettre l’acte. Cependant, la solution préférée par nombre d’Européens est une solution locale, soit en revitalisant les accords passés avec plusieurs pays, soit en implantant une juridiction locale en Somalie ou dans un des pays avoisinants (comme le préconisait le rapport de Jack Lang). Les ministres pourraient ainsi se pencher sur les moyens d’accélérer la mise en place de cette solution et de lui apporter un soutien financier, en capacités humaines (experts, juges…), équipements ou matériels.

Lire également sur : les solutions juridiques face à la piraterie

Lire également : sur l’action opérationnelle de l’Absalon

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Le tanker utilisé comme bateau-mère par les pirates est neutralisé

Le Liquid Velvet (crédit : Ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) Faute de petit dhow, les pirates semblaient avoir sorti l’artillerie lourde. Le QG maritime de la coalition des forces anti-piraterie de l’OTAN avait d’ailleurs lancé l’alerte mardi. Le MT Liquid Velvet, un chimiquier grec capturé fin octobre, pourrait être utilisé comme bateau-mère. Il avait en effet quitté son ancrage des côtes somaliennes et se dirigeait vers l’Est. Un des derniers repérages effectuées par avion le donnait à 120 milles de la côte, à 10° Nord et 58° Est. Mardi soir (10 janvier), les forces de la coalition anti-piraterie annulaient leur alerte. La menace du MT Liquid Velvet a été écartée. Toute attaque à partir du tanker a été déjouée. L’intervention du RFA Fort Victoria, un navire de soutien britannique, qui fait partie de l’opération Ocean Shield de l’OTAN, a été déterminante. « Le RFA Victoria s’est approché sous couvert de l’obscurité » raconte Holly Watt qui est à bord du navire dans le Telegraph. « L’hélicoptère du Lynx a aussi été utilisé. Et il a forcé le Liquid Velvet à rebrousser chemin vers la Somalie ». Pour le Captain Gerry Northwood, chef du groupe britannique de lutte anti-piraterie : « Les pirates somaliens à bord du Mv Liquid Velvet auraient constitué une réelle menace pour la sécurité du transport maritime international dans l’océan Indien ».

(Mis à jour Jeudi 12, 9h, avec les détails sur l’opération du RFA Fort-Victoria)
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Les pirates « achètent » 2 otages de MSF aux Al-Shabaab

(BRUXELLES2) Les deux logisticiennes espagnoles de Médecins sans frontières, Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, qui avaient été enlevées en octobre dans un camp de réfugiés somaliens au nord du Kenya par des hommes d’Al Shabaab seraient désormais aux mains des pirates. Le groupe de Alweyne (Mohamed Abdi Hassan) les aurait « acquis » pour la somme de 200.000 $ (100.000$ chacune), révèle Somalia Report. Elles sont arrivées dimanche à Harardhere, un des principaux fiefs des pirates, à bord d’un hors bord. Les pirates ont démenti tout lien avec l’organisation islamique, soulignant que ce n’était qu’une question de « business » a raconté un pirate à nos confrères somaliens. « Les Al-Shabaab avaient besoin d’argent et n’avaient pas de moyen de négocier une rançon. Nous l’avons. C’est du business ». Les pirates détiendraient également trois autres otages occidentaux : la Britannique Judith Tebbutt, enlevée dans le complexe touristique de Lamu au Kenya en septembre 2011 ; le Danois Poul Thisted et l’Américaine Jessica Buchanan du groupe deminage de l’ONG danoise « Danish Refugee Council », enlevés en même temps qu’un Somalien à Galkayo dans le Galmudug, en octobre dernier.

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