Un militaire du 1er spahis de Valence tué au Mali entre Gao et Menaka

(B2) Un soldat de la force Barkhane est décédé ce dimanche (2 novembre) au Mali. Le brigadier Ronan Pointeau du 1er régiment de Spahis de Valence se trouvait à bord d’un véhicule blindé léger, entre Gao et Menaka, assurant la protection d’un convoi, quand il a été « frappé par la déflagration d’un engin explosif » selon l’état-major des armées. L’explosion a été assez violente pour provoquer le retournement du véhicule. L’équipe médicale présente sur place « est aussitôt intervenue pour prendre en charge l’équipage du véhicule », tandis qu’un hélicoptère Tigre sécurisait la zone. Les blessés ont été évacués par un hélicoptère Caïman vers l’antenne chirurgicale de Gao. Mais le brigadier Ronan Pointeau n’a pu être sauvé, il est décédé de ses blessures. Les autres passagers du véhicule ont été pris en charge. « Leur état n’inspire pas d’inquiétude. »

(NGV)

2816 militaires espagnols et gardes civils déployés à l’étranger

(B2) Dans le dernier bilan dressé par le ministère de la Défense, 2.816 militaires et gardes civils sont déployés dans 16 opérations extérieures sous drapeau de l’Union européenne, de l’OTAN, de l’ONU ou à titre multilatéral

(crédit : Gouvernement espagnol)

Sous le drapeau de l’Union européenne, les Espagnols sont ainsi présents au Mali (EUTM Mali), en Somalie (EUTM Somalia), en République centrafricaine (EUTM RCA), en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea), sur les côtes somaliennes contre la piraterie (EUNAVFOR Atalanta) et en Méditerranée contre les trafics d’êtres humains (EUNAVFOR Med / Sophia).

Deux détachements d’appui aérien sont présents au Sénégal et au Gabon afin de soutenir l’opération française Barkhane dans la région du Sahel. Précisons aussi que la Guardia Civil espagnole a dirigé le projet GAR-SI Sahel de l’Union européenne avec pour objectif de créer des unités de gendarmerie dans les pays du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Tchad et Niger) et au Sénégal.

Sous drapeau de l’OTAN, l’Espagne fait partie d’un bataillon multinational en Lettonie au titre de la présence avancée renforcée à l’Est de l’Europe (EFP), contribue à la mission Resolute Support en Afghanistan, et maintient toujours une batterie Patriot en Turquie. Malgré les atermoiements, Madrid a en effet annoncé lors de la dernière réunion des ministres de la Défense de l’OTAN de maintenir cette présence. Au niveau maritime, l’Armada fournit un sous-marin à l’opération Sea Guardian en Méditerranée et une frégate est intégrée aux Forces navales permanentes alliées, dans l’Atlantique Nord. Engagés dans la coalition contre Daech, des militaires espagnols participent aussi à la formation des forces de sécurité irakiennes.

L’Espagne contribue également aux missions de l’ONU avec un important contingent de casques bleus au Liban (FINUL) et un groupe d’observateurs des accords de paix conclus avec les groupes armés rebelles en Colombie.

(NGV)

L’opération américaine dans le détroit d’Ormuz : un petit goût d’échec diplomatique

(B2) L’appel américain à mettre sur pied une coalition maritime dans le Golfe et le détroit d’Ormuz dirigée clairement contre l’Iran a fait plouf !

Le HMS Duncan de retour au pays après son opération nationale de protection (Crédit : UK Royal Navy)

Un enthousiasme modéré

Lancé en juillet dernier, cet appel n’avait pas vraiment suscité un enthousiasme folichon dès le début. C’est un euphémisme. Les Européens rechignaient à suivre les Américains, dans une tentative de déstabilisation supplémentaire de Téhéran. Washington qui a été frapper à la porte de Paris ou Berlin, Bruxelles et La Haye, Rome ou Madrid a essuyé partout des refus polis, mais fermes. Trois mois après, c’est un fait. Aucun pays ne s’est rué à suivre les Américains dans l’aventure, si ce ne sont les Britanniques après l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson. Et, encore, du bout des lèvres (1). Les Polonais ont dit réfléchir à un possible soutien. C’est faible…

Une perte d’influence ?

On peut même parler d’un échec certain. En 2003, l’Amérique de Georges W. Bush avait réussi à entraîner derrière elle une petite dizaine de pays européens, et non des moindres (Italie, Espagne, Pologne, Portugal, Danemark notamment), contre l’Irak de Saddam Hussein. Aujourd’hui, un silence poli répond à leurs demandes répétées. On pourrait y voir une perte d’influence américaine en Europe (2). Cela serait une conclusion sans doute hâtive.

La voie diplomatique plutôt que la provocation maritime

Trois causes à cet échec peuvent être discernées. Tout d’abord, le faible résultat de l’intervention de 2003 en Irak reste dans toutes les mémoires. Et, aujourd’hui, même les plus fidèles des fidèles, ne sont plus prêts de s’engager les yeux fermés dans une nouvelle aventure guerrière au Moyen-Orient sous conduite américaine. Ensuite, les errements de l’administration Trump ne prêtent pas à grande confiance. Sa persistance dans une politique de pression maximale sur Téhéran ne produit pas vraiment d’effet patent pour l’instant. Et les rétorsions contre des navires ou marins par l’Iran est toujours possible. Prudents, les Européens préfèrent utiliser la voie diplomatique, qui a montré dans le passé un certain succès. Ils l’ont dit de façon très nette, tous ensemble lors du gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, à Helsinki fin août (3).

Une politique de pression contre-productive

En poussant l’Iran dans ses retranchements, les États-Unis n’arrivent qu’à favoriser la radicalisation et à jeter dans les bras d’autres pays l’Iran. Dans ce qui était jusqu’à présent considéré comme une chasse gardée américaine — le Golfe et le Moyen-Orient —, les Américains ont perdu un allié précieux, les Européens, qui préfèrent désormais la neutralité, et ont ouvert largement les portes à leurs adversaires stratégiques : Russie et Chine. Bravo !

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Annoncée au plan politique, cet engagement reste limité. La Royal Navy préfère communiquer sur son opération nationale de protection des navires battant pavillon britannique.
  2. Les autres pays du Moyen-Orient (Qatar, Oman, Bahrein…) sont restés également très discrets dans leur soutien.
  3. Lire Les Européens mettent la pédale douce sur une opération à Ormuz : de l’échange d’informations plutôt que de l’escorte

Lire aussi dossier N°72. La crise dans le détroit d’Ormuz et le Golfe

En cas d’attaque cyber en opération, la France répliquera (Florence Parly)

(B2) Parmi les point clés du discours de Florence Parly à l’université d’été de la Défense, il faut souligner la capacité de cyberattaque en opération

Florence Parly à l’université d’été de la défense sur la BA d’Avord (© NGV / B2)

Une arme à part entière

« Nous sommes désormais prêts à employer l’arme cyber, en opérations extérieures, à des fins offensives » a déclaré la ministre française des armées sur la base aérienne d’Avord (près de Bourges) vendredi (13 septembre).

« Nous considérons désormais l’arme cyber comme une arme opérationnelle à part entière que nous emploierons isolément ou en appui de nos moyens conventionnels, pour en démultiplier les effets. »

Une riposte à un moment choisi

La ministre a détaillé les points de la doctrine française d’offensive cyber.

  1. Ce sera une riposte à une attaque ;
  2. Cette riposte ne sera pas systématique ;
  3. Elle aura lieu à moment choisi, donc pas uniquement sur le champ, mais avec un délai de latence ;
  4. Les moyens aussi de la riposte seront calibrés ;
  5. La neutralisation des moyens ‘ennemis’ comme des ‘effets’ de ces moyens feront partie de l’arsenal.

« En cas d’attaque cyber contre nos forces, nous nous réservons le droit de riposter, dans le respect du droit, par les moyens et au moment de notre choix. Nous nous réservons aussi, quel que soit l’assaillant, le droit de neutraliser les effets et les moyens numériques employés. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire: Nous avons besoin d’une industrie tournée vers l’Europe

Un groupe de forces spéciales européennes au sein de Barkhane. Cela avance lentement

(B2) Afin de compléter l’action de l’opération Barkhane au Sahel (Mali, Burkina Faso), les Français ont sollicité une dizaine de pays européens pour leur fournir quelques effectifs de forces spéciales. Mais les réponses tardent

Forces spéciales belges en entraînement au Sénégal (crédit : Mil.be / Archives B2)

Objectif : mentoring

L’objectif est d’avoir un groupe de quelques centaines de militaires capables de se déployer dans différents lieux du Mali pour accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées. Il s’agit de faire ce qu’on appelle dans le jargon opérationnel du ‘mentoring‘. Ce qui permettrait aux forces françaises de se concentrer sur d’autres zones géographiques, pour traquer les groupes armés terroristes.

Un appel lancé aux forces spéciales européennes

L’idée avait déjà été évoquée par la ministre Florence Parly devant les forces spéciales à Pau à la mi-juin. « Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui le fera ? » s’interrogeait-elle, évoquant « un projet qui consiste à fédérer des forces spéciales de différents pays afin de soutenir l’effort de nos forces spéciales, au Sahel par exemple ». Elle s’était montrée optimiste. « Les retours sont encourageants et j’ai bon espoir que ce projet pourra prospérer » disait-elle.

Silence radio sur les avancées

Depuis, on ne semble pas avoir avancé de façon décisive. Et, devant l’université d’été de la défense à Avord (près de Bourges), vendredi (13 septembre), la ministre s’est bien gardée d’évoquer ce sujet. Personne d’ailleurs ne se hasarde à avancer une date de mise en place de cette force. Des processus de consultation internes à chaque pays sont en cours, nous assure-t-on. Mais la situation politique instable dans plusieurs pays rend la chose très compliquée (1).

Plusieurs pays de l’IEI consultés

La liste des pays consultés elle-même reste secrète. « Inutile de mettre de la pression sur les pays concernés » précise-t-on de façon officielle. Mais, selon nos informations, les Pays-Bas et l’Estonie auraient été très concrètement sollicités pour fournir quelques dizaines de militaires chacun, ainsi que l’Espagne, le Danemark et le Royaume-Uni et d’autre pays participant à l’Initiative européenne d’intervention (IEI) (2). L’objectif étant de constituer une force de 400-450 personnes.

Un seuil minimal fixé à 200 personnes pour être efficace

En matière d’engagement concret, pour l’instant, on en semble cependant loin. Or, « pour avoir un réel effet, il faut avoir 200-250 personnes » a confié à B2 un haut gradé. En deçà, ce ne sera pas possible d’avoir une force spécialisée et autonome. La seule solution sera alors d’intégrer les contributions extérieures à la force Barkhane, comme c’est le cas actuellement pour la cinquantaine de soldats estoniens ou les hélicoptères britanniques.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Gouvernement en affaires courantes en Belgique, à la recherche d’une majorité en Espagne, issu d’un renversement d’alliance en Italie, en proie à des dissensions internes au Royaume-Uni ou avec un point d’interrogation en Allemagne. Sans compter les changements gouvernementaux à la suite d’élections générales, comme en Finlande ou en Estonie.
  2. NB : Officiellement cette idée n’est pas l’IEI. « Il ne faut pas associer à l’IEI ce qu’elle n’est pas », explique à B2 un très bon connaisseur du sujet. L’objectif de l’initiative, ce ne sont pas les opérations ou d’avoir une force opérationnelle, « mais l’anticipation, la réflexion stratégique, le partage d’analyses ».

La Roumanie paie cher son engagement en Afghanistan. L’ambassade attaquée à Kaboul

(B2) Coup sur coup, ces derniers jours les Roumains ont perdu plusieurs des leurs en Afghanistan dans deux attaques revendiquées par les talibans

(crédit : VOA)

Deux agents du ministère touchés

Un diplomate chargé de la sécurité de l’ambassade roumaine à Kaboul a été tué et un autre gravement blessé dans la nuit du 2 au 3 septembre. L’attaque de type ‘complexe’ a démarré vers 22h et s’est poursuivie une bonne partie de la nuit dans la zone où se trouve l’ambassade de Roumanie.  Au final 16 personnes sont décédées et 120 ont été blessées. Les affrontements entre les talibans et les forces de sécurité ont duré presque toute la nuit. Ce n’est qu’au matin, que la douzaine de diplomates encore dans l’ambassade a réussi à évacuer les lieux, selon hotnews citant des sources officielles.

L’ambassade roumaine ciblée

« Les attaquants ont ciblé l’ambassade », a indiqué la ministre des Affaires étrangères roumaine, Ramona Mănescu sur Radio Roumanie internationale. Celle-ci est presque complètement détruite aujourd’hui. « L’ambassade est détruite à 80% et est inutilisable » a affirmé la ministre à DC News. Les diplomates ont été transférés dans une zone sécurisée : dans une base de l’OTAN.

Nous resterons !

« Ce n’est pas la première fois que l’on assiste à de telles attaques » a ajouté Ramona Manescu. « C’est vrai que nous avons été épargnés jusqu’ici, mais d’autres objectifs civils ont été visés. C’est une raison de plus d’y rester. » La ministre roumaine s’est aussi entretenue par téléphone avec la Haute représentante de l’UE Federica Mogherini. « Nous avons souligné la nécessité de coordonner nos actions communes, de renforcer la coopération et de rester cohérent dans la promotion du dialogue et de la paix pour la stabilité de la région » raconte-t-elle sur twitter.

Un militaire de Resolute support touché

Quelques jours plus tard, un militaire roumain (le caporal Ciprian-Ștefan Polschi), qui participait à l’opération Resolute Support de l’OTAN, a perdu la vie jeudi (5 septembre) après l’explosion d’une voiture piégée dans le quartier protégé de Shash-Darak (près de la Zone verte) alors qu’il était au volant d’un véhicule de service. L’attentat qui a fait au total 10 morts et 42 blessés, a fait une autre victime parmi les troupes de l’OTAN : un Américain.

Un des gros participants à Resolute Support

La Roumanie fournit un des plus gros contingents européens de Resolute Support avec environ 760 soldats derrière la Géorgie (870 hommes), le Royaume-Uni (1100 hommes) et l’Allemagne (1300 hommes) ; les États-Unis fournissant la moitié (8475) des effectifs de la mission (17.150). Et 25 soldats roumains ont perdu la vie depuis le début de l’engagement en 2003, selon le site iscasualties.org compilant les données américaines.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Formation franco-britannique au Liberia

(B2) Un premier détachement d’instruction opérationnel (DIO) franco-britannique a formé une centaine de militaires libériens du 29 juillet au 9 août. Côté français, des sapeurs du 2ème régiment étranger de génie (2ème REG) ont encadré des formations sur la lutte contre les engins explosifs improvisés. Côté britannique, des fantassins du Duke of Lancaster’s Regiment ont partagé des savoir-faire propres à l’infanterie. Un détachement de l’armée de l’air espagnole a également contribué à la mission en fournissant un C-130 et son équipage qui se sont occupés du transport des hommes et du matériel.

Un officier britannique avec des soldats libériens. (crédit : EMA com)

Ces formations ont été dispensées au profit de la compagnie qui doit se déployer au Mali au mois de septembre en auto-relève, dans le cadre de l’opération de l’ONU dans ce pays. Les Français et les Britanniques ont complété la formation des militaires libériens avec des techniques bien spécifiques à la lutte contre le terrorisme. Les diplomates de ces deux pays ont rapporté devant la presse locale la satisfaction des formateurs européens, qui auraient témoigné d’un niveau de compétence satisfaisant pour ce déploiement. Ce sera la sixième rotation de militaires libériens au Mali depuis leur début de participation en 2013.

Les légionnaires déployés par la France appartiennent à l’unité de coopération régionale des éléments français au Sénégal (EFS). Son « pôle opérationnel de coopération » a vocation à fournir ce type de formations aux différents pays de la région.

(RM)

Le HMS Defender déployé dans le Golfe

(B2) La Royal Navy britannique a déployé un navire supplémentaire, le destroyer HMS Defender (D-36) dans le Golfe et le détroit d’Ormuz afin d’assurer la sécurité maritime des tankers et autres navires de commerce battant pavillon britannique. Concrètement il s’agit de répondre à de possibles menaces des gardiens de la révolution iraniens

(crédit : MOD Uk – Royal Navy – archives B2)

Le destroyer de type 45 a quitté Portsmouth le 12 août en compagnie du HMS Kent (F-78), une frégate de type 23, dont le déploiement était prévu. Sur place, ils viennent rejoindre et relayer une autre frégate, le HMS Montrose (F-236), déployée depuis plusieurs mois et qui a déjà effectué plus de 30 transits dans le détroit. Ils s’inscrivent « dans le cadre de la nouvelle structure de sécurité maritime internationale nouvellement créée », c’est-à-dire essentiellement dans le cadre de l’opération menée par les Américains dans la région.

« Ce déploiement garantira que le Royaume-Uni dispose de la flexibilité nécessaire pour engager de manière continue un navire dans la mission internationale » indique samedi (24 août) le ministère britannique de la Défense.

(NGV)

L’opération Kipion : la présence renforcée de la Royal Navy dans le Golfe. Le point

(B2) Le destroyer HMS Duncan, parti le 16 juillet d’Angleterre, a rejoint le Golfe dimanche (28 juillet). Il vient tout d’abord renforcer, puis relayer la frégate HMS Montrose, pour patrouiller dans le détroit d’Ormuz

Escorte du Stena Important par le HMS Montrose (crédit : Royal Navy UK / Crown)

35 navires marchands accompagnés

Durant ses quatre mois de présence, le HMS Montrose a effectué 20 escortes, accompagnant 35 navires marchands, parcourant ainsi 6200 miles nautiques. La frégate de type 23 fait une relâche opérationnelle, mais ne quitte pas définitivement la zone. Elle restera basée « dans le Moyen-Orient jusqu’à 2022 participant à l’effort de présence permanente britannique », indique la Royal Navy.

Deux autres déploiements prévus

Le navire ravitailleur RFA Wave Knight (A-389), avec 70 marins à bord, devrait aussi suivre le même chemin début août. Un déploiement de « routine », affirme-t-on au QG de la Royal Navy, car prévu de longue date. Une fonction vitale. Le ravitailleur apportant eau, nourriture et carburant aux navires en opération, leur évitant ainsi de faire escale ou de revenir dans un port ‘ami’. La frégate de type 23, HMS Kent, devrait suivre plus tard dans l’année, pour relayer le HMS Duncan.

Sur zone, des chasseurs de mines et un navire auxiliaire

Sur zone se trouvent déjà, dans le cadre d’un déploiement permanent (opération Kipion) dans la base navale de Bahrein : quatre chasseurs de mines, HMS Ledbury (M-30), HMS Blyth (M-111), HMS Brocklesby (M-33) et HMS Shoreham (M-112), ainsi qu’un navire auxiliaire de débarquement, le RFA Cardigan Bay (L-3009). Le tout étant commandé par le commodore Dean Bassett.

La participation à la CMF

Les navires de la Royal Navy contribuent tout particulièrement à la CMF, la composante maritime conjointe dirigée par les États-Unis, qui patrouille dans le Golfe et l’Océan indien afin d’assurer la sécurité maritime, au besoin de déminer ou dégager un chenal portuaire. Cette coalition a aussi pour objet d’affirmer une présence des Occidentaux dans une zone maritime considérée comme stratégique, très prisée également des Russes comme des Chinois ou… des Iraniens.

La clé du dispositif : le centre d’information à Bahreïn

Dernier point clé de la présence britannique dans la région, le UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), le centre nerveux de liaison de la marine britannique. Un canal d’information précieux entre les forces militaires et la marine marchande (britannique ou autre). Très prisé des opérateurs, il permet d’échanger des informations sur la sécurité dans la zone, les incidents (actes de piraterie, problèmes à bord, etc.).

Plusieurs soldats français et estoniens blessés à Gao lors d’une attaque suicide (V4)

(B2) Un véhicule piégé (VBIED) a explosé ce lundi (22 juillet) dans l’après midi à l’entrée de la base militaire française de Gao, faisant trois blessés parmi les militaires français et estoniens, a annoncé le porte-parole de l’état-major français des armées, le colonel Frédéric Barbry, à l’AFP

Soldats estoniens au Mali (crédit : Etat major des armées FR)

Une attaque kamikaze

Le VBIED (Vehicle Borne Improvised Explosive Devices) s’est « présenté à 15h45 locales à l’entrée de la partie française du camp de Gao » à l’entrée du camp de la force Barkhane qui abrite également de l’autre côté la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et les forces armées maliennes (Fama). L’attaque visait « initialement l’entrée de la partie du camp des Forces Armées maliennes, mais les assaillants se seraient rabattus sur l’entrée française, en raison des conditions de circulation » indique l’état-major français des armées.

Un véhicule peint aux couleurs de la Minusma

Deux personnes se trouvaient à bord du véhicule, qui était peint aux couleurs de la force des Nations unies, la MINUSMA. Le passager avait, lui, revêtu un uniforme s’apparentant à celui des forces armées maliennes. Il a été neutralisé par les militaires du camp, alors qu’il était sorti du véhicule pour utiliser une arme. Le conducteur est décédé lors de l’explosion.

Une douzaine de militaires blessés…

(Maj) En fait le bilan en nombre de blessés est supérieur à celui annoncé au départ par l’état-major français (trois blessés). Du côté estonien, on relève ainsi « six blessés estoniens, dont trois restent sous soins médicaux » comme l’a précisé le commandant des forces estoniennes Martin Herem lors d’une conférence de presse à Tallinn. « Environ le même nombre de Français ont été blessés. » Les blessés « ont immédiatement reçu les premiers soins, et leurs blessures ne sont pas graves » assure le ministère estonien de la Défense. Certains ont reçu des éclats ou souffrent de contusions, d’autres pourraient subir des troubles auditifs.

… et deux civils maliens

Deux civils maliens présents sur place ont également été blessés. pris en charge par l’antenne chirurgicale de Gao. L’un d’eux était encore en soin, mardi (23 juillet) dans l’après-midi, mais « son pronostic vital n’est pas engagé », précise l’état-major français. Deux soldats estoniens et un soldat français étaient encore soignés.

Conversation téléphonique

Les deux ministres de la Défense l’Estonien Jüri Luik et la Française Florence Parly se sont parlé lors d’un appel téléphonique mardi matin (23 juillet). Florence Parly a souligné « le comportement professionnel des forces de défense estoniennes lors de l’attaque », souhaitant un « prompt rétablissement » aux blessés. Un message similaire de Jüri Luik qui a ajouté : « Nous sommes fiers des membres des forces de défense estoniennes qui défendent la sécurité européenne au Mali. […] Il est dans notre intérêt de faire face aux menaces avec nos alliés, de comprendre les besoins les uns des autres et de renforcer nos alliés ».

Un détachement de 50 soldats

Une cinquantaine de soldats estoniens, issus essentiellement du Scout Battalion Estonia (l’unité de réaction rapide de la 1ère brigade d’infanterie estonienne), assurent depuis près d’un an (août 2018) la force de protection du camp de Gao. Ils sont relevés tous les quatre mois.

(NGV)

A Vehicle Borne Improvised Explosive Devices (VBIED) exploded on Monday (22 July) afternoon at the entrance to the French military base Gao, of the force Barkhane (Mali), causing three French and Estonians casualties, Colonel Frederic Barbry, spokesman of the French General Staff of Armed Forces, said.

Mis à jour mardi 23.7 11h30 (bilan coté estonien), 13h (précisions supplémentaires coté estonien), 18h (circonstances de l’attaque – précisions dans le titre – bilan revu)

Londres veut une force ‘européenne’ de protection maritime dans le Golfe. Les Français répondent présent

(B2) Le ministre britannique des Affaires étrangères Jérémy Hunt vient de l’annoncer, ce lundi (22 juillet). Le Royaume-Uni va lancer dans le Golfe une « force maritime conduite par les Européens » (European-led maritime) afin de protéger les navires traversant le détroit d’Ormuz contre d’éventuelles attaques ‘de piraterie’ (aka des forces iraniennes)

Le HMS Duncan va participer à la force européenne de protection dans le Golfe (crédit : Royal Navy – Archives B2 – juin 2019)

Une montée en puissance lente

La présence va être renforcée peu à peu. Aux côtés du HMS Montrose (F-236), une frégate de type 23 déjà sur place, la Royal Navy a envoyé sur place le HMS Duncan (D-37), un destroyer de Type 45 qui devrait être sur zone dans quelques jours, d’ici « le 29 juillet ». Ce sera la « première étape dans ce processus de montée en puissance ». Objectif : protéger les navires battant pavillon britannique (tankers pétroliers, transporteurs de gaz liquéfié, cargos…) naviguant dans le détroit d’Ormuz. Jérémy Hunt a tenu cependant à avertir que cet effort n’était pas militaire. « Nous faisons cela, non pour accroître la tension, mais parce que nous estimons que la liberté de navigation est importante. Ce que nous recherchons est la désescalade. »

Une force européenne, la France répondra présent

« La coalition proposée sera placée sous le leadership européen » a précisé Jérémy Hunt. Plusieurs pays ont été contactés pour participer à cette force, dont le format n’est pas précisé exactement. La France et l’Allemagne notamment a précisé le ministre britannique, ayant indiqué avoir parlé avec ses homologues Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas. Les Pays-Bas et la Norvège — deux pays avec une industrie pétrolière — auraient aussi été contactés selon nos informations. La France répondra présent. La ministre de la Défense française Florence Parly l’a assuré ce lundi après-midi après un entretien téléphonique avec son homologue britannique Penny Mordaunt. Il y a une « pleine solidarité » entre la France et le Royaume-Uni « alors qu’un pétrolier britannique est toujours retenu par l’Iran ». « La liberté de navigation dans le Golfe est un enjeu majeur de sécurité pour les Européens » a-t-elle indiqué. « Nous souhaitons travailler ensemble à la garantir. »

Une force bien distincte de l’effort américain

Cette force agira en coordination avec les autres forces, notamment américaines, présentes dans la zone. « On ne peut pas exclure les Américains. Nous agirons en coordination avec eux ils ont des moyens de ravitaillement en mer ou d’information » qui sont utiles à l’opération. Mais cette force sera bien distincte. Le chef de la diplomatie britannique a tenu cependant à le préciser devant la Chambre des communes, il ne s’agit pas pour les Britanniques de s’associer aux efforts américains en cours visant à briser l’Iran. « Cela ne fait pas partie de l’effort maximum des Américains sur l’Iran, car nous sommes engagés dans l’accord sur le nucléaire iranien. »

Des règles d’engagement élaborées

Les règles d’engagement sont en cours d’élaboration, mais le ministre n’a pas tenu devant la chambre à en donner tous les détails. Les navires marchands devront aussi faire un effort pour accroître leur sécurité. « On pourra pas assurer un risque zéro, mais on pourra le réduire. » Tous les navires battant pavillon britannique transitant par le détroit d’Ormuz devront ainsi communiquer la date de leur passage pour « nous permettre d’offrir la meilleure protection possible ». D’autres mesures pourraient aussi être nécessaires.

Un élément doublement stratégique

Ce lancement est intéressant. On avait connu des Britanniques beaucoup plus atlantiques et moins européens. Aussi quand Jérémy Hunt, un ministre tory bon teint, annonce une « European-led maritime force », menée en « coalition » (1) on se pince presque pour se dire qu’on ne rêve pas. Même le plus audacieux Européen n’aurait jamais imaginé une situation où Londres réclame une opération ‘européenne’ (lire article séparé)

Une campagne en cours

N’oublions pas cependant un élément principal : Jérémy Hunt est en campagne actuellement pour briguer le poste de chef du parti conservateur et dans le même temps celui de Premier ministre. Il a intérêt à la fois à durcir le ton, mais aussi à affirmer sa différence avec Boris Johnson sur un point essentiel : la coopération avec l’Europe. En défendant la mise en place d’une force européenne dans le détroit d’Ormuz, il affirme sa détermination. En la plaçant sous l’emblème de l’Europe, il affiche la nécessité d’avoir une approche plus mesurée qu’un hard deal. Car, dès aujourd’hui, les Britanniques peuvent avoir et auront besoin des Européens.

Un besoin d’Europe

Soyons clairs. Même dynamique, la flotte britannique ne suffira pas à assurer la protection des navires soit battant pavillon britannique, soit propriété ou armés par une compagnie britannique. Il faut une coalition d’Européens pour assurer une sécurisation du détroit. Au passage, cela permet à la marine britannique de retrouver un rôle et une mission de premier plan, depuis qu’elle ne participe plus ni à la force anti-piraterie de l’UE déployée dans l’Océan indien, ni dans les opérations en Méditerranée. Le QG d’opération de Northwood va pouvoir ainsi retrouver une vocation maritime qu’il avait perdue avec le départ de l’opération EUNAVFOR Atalanta pour un QG espagnol (pour cause de Brexit).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Un terme courant outre-Manche pour désigner les opérations de l’Union européenne sans mentionner celle-ci. En l’espèce, il n’est pas vraiment clair si le Royaume-uni veut placer cette force sous le commandement des structures européennes.

Article modifié en développant aspects de commentaires dans un article séparé