Industrie Marchés

Discussions toujours difficiles sur l’A400M, 7 solutions palliatives

Les discussions sur l’avenir de l’A400M restent « difficiles » et le sujet va être, à nouveau, abordé, entre les ministres de la défense concernés, en marge de de la
réunion ministérielle de l’OTAN, les 11 et 12 juin à Bruxelles. Lors d’une audition au Sénat français, le 12 mai, consacrée aux conséquences de la crise économique sur la défense, Hervé Morin n’a
pas câché un certain pessimisme et expliqué à quelles solutions la France pouvait recourir pour pallier le retard des A400M.

Le prix de l’avion augmentera si les Britanniques se retirent. Si les Etats se sont accordés en mars sur un moratoire de trois mois permettant d’ouvrir des discussions préliminaires,
les discussions continuent avec EADS. L’industriel « souligne l’augmentation du coût des facteurs due au retard du programme, et demande un partage des risques
financiers » a expliqué le Ministre. « A cela s’ajoute une augmentation du coût unitaire des appareils dans le cas où le Royaume-Uni se retirerait de ce programme » (option de plus en plus sérieuse vu
les sérieuses difficultés économiques et budgétaires auquel est confronté le Royaume, ce retrait pourrait d’ailleurs être partiel).


Sept solutions palliatives opérationnelles. En attendant la livraison de l’avion, la France examine des solutions
palliatives qui sont au nombre de sept a confirmé le ministre.
Certaines options nécessitent une certaine anticipation et un engagement plus important car
elles concernent l’achat de matériels solution 1 et 7), d’autres nécessitent une évolution industrielle importante (solutions 3 et 6). D’autres enfin semblent plus immédiatement faciles à mettre en
oeuvre (solutions 2, 4, 5 et 7).

Citons dans l’ordre où le ministre les a cités :
1) l’achat de C-17,
2) la location de C-17 à l’OTAN,
3) une anticipation du programme de l’avion multirôle de ravitaillement en vol et de transport (MRTT),
4) l’augmentation des heures d’Antonov loués dans le cadre du programme SALIS (solution intérimaire pour le transport aérien stratégique),
5) le recours accru aux CASA pour les transports inter-théâtres et l’entraînement des troupes parachutistes,
6) le renforcement de la voilure des TRANSALL les plus récents, grâce aux interventions des ateliers industriels aéronautiques (AIA),
7) le recours au C-130-J.
Certaines de ces « solutions » pourraient d’ailleurs être utilisées simultanément.

Le sort des sous-traitants fragilisés. Le délégué général de l’Armement (DGA) du ministère de la Défense, Laurent Collet-Billon, a pointé le doigt sur un problème souvent peu évoqué : la
situation des sous-traitants « qui assument sur leurs fonds propres une partie des risques liés au développement de sous-ensembles déjà fournis à EADS« . Il a ainsi souligné que les effets
négatifs de ce retard « apparaîtront au-delà de deux ans et affecteront l’ensemble de la chaîne de sous-traitance mais également les grands groupes, notamment Dassault et Thalès, qui font appel à
ces sous-traitants ». Selon lui, « les grandes sociétés ont tendance à capter les recettes et à sous-traiter les risques, ce qui fragilise d’autant ces PME ». L’Etat étudierait ainsi la possibilité
d’un soutien direct du développement technologique, qui « permettrait un versement rapide, en moins de trois mois, des sommes que l’Etat leur destine« .

(lire le compte rendu
intégral
)

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Les relations « privilégiées » de l’Italie avec Agusta sous surveillance

Les achats répétés – et sans appel d’offre – de l’Italie à son constructeur préféré d’hélicoptères (national) Agusta irritent quelque peu au Berlaymont, siège de la Commission européenne. Qui a décidé, mercredi (le même jour où Agusta et le ministère de la Défense italien annonçait un nouveau contrat (1), d’envoyer un « avis motivé » pour une affaire déjà ancienne (l’achat par l’Italie, toujours à Agusta, d’hélicoptères de sécurité civile). L’Italie risque gros. Elle a, en effet, déjà été condamnée, pour ce fait, par la CJCE en 2008 (arrêt C-337/05). Condamnation de principe (sans amende). Mais la Commission estime que le gouvernement n’a rien fait pour se conformer à l’arrêt. Si la Cour est de nouveau saisie, elle pourra, cette fois, infliger une amende.

La Commission exige des informations de l’Italie

Certes les autorités italiennes ont promis de ne plus recommencer … « Les contrats de fournitures attribués dans le cadre de cette pratique illégale ne peuvent faire l’objet d’un appel d’offres car ils sont presque entièrement exécutés« . (…) Pour « les achats futurs d’hélicoptères, (elles) se sont engagées à se conformer aux règles relatives aux marchés publics ». Mais la Commission, échaudée par des exemples passés, ne s’en laisse pas compter ! L’arrêt de la Cour « impose au moins à l’Italie de prendre les mesures appropriées pour veiller à ce que les règles de l’UE relatives aux marchés publics soient respectées à l’avenir et que la Commission soit régulièrement informée des procédures qui seront appliquées pour l’achat d’hélicoptères pendant une durée proportionnée à celle de la pratique illégale« . Or « (les autorités) n’ont fourni aucune information concernant les achats prévus ou envisagés, même à long terme« . La Commission considère que ces informations sont nécessaires pour s’assurer que la pratique illégale a cessé. Et a donc levé son baton blanc, en guise d’avertissement. Si dans les deux mois, l’Italie ne s’est pas conformée à ses injonctions, elle saisit de nouveau la Cour, avec cette fois amende (versée en une fois) et/ou astreinte (journalière) à la clé…

Quand l’Italie oublie ses obligations !

Selon mes informations, à ce jour, l’Italie n’a pas informé la Commission européenne du nouveau contrat signé avec Agusta. Même si celui-ci semble proprement militaire, on peut considérer qu’il entre dans le champ des obligations voulues par la Commission. Cette annonce peut sembler une provocation… En fait, il semblerait que cela ressemble davantage une astuce juridique. L’avis motivé donne le champ normalement du débat devant la Cour. En le publiant ce jour-là, on l’exclut donc naturellement du champ du débat… Au demeurant, l’Italie ne montre pas une parfaite bonne foi dans l’exécution des arrêts de la Cour. Et si procédure, il y a, cela pourrait donc se retourner contre la péninsule et ne pas inciter les juges à la clémence…

(1) L’Italie achète 16 hélicoptères Chinook ICH-47F à AgustaWestland

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L’Italie achète 16 hélicoptères Chinook ICH-47F à AgustaWestland

L’armée italienne vient d’acquérir 16 hélicoptères Chinook ICH-47F - de fabrication Boeing sous licence – auprès d’AgustaWestland (filiale du groupe italien d’aéronautique, Finmeccanica). Le contrat, qui porte également sur 4 appareils supplémentaires en option (16+4), est évalué à 900 millions d’euros selon le constructeur et inclut un soutien logistique durant cinq ans. « Le premier hélicoptère sera livré au cours de l’année 2013, la livraison des autres s’achèvera en 2017″, a indiqué de son côté le
ministère italien de la Défense, dans un communiqué. Ces hélicoptères seront intégrés au 1er régiment « Antares » basé à Viterbo et doivent remplacer d’autres hélicoptères Chinook (CH-47 C) dont certains sont en service depuis 30 ans.

Un effort de rénovation

L’armée italienne est engagée dans un effort notable de rénovation et remplacement de ses hélicoptères. Elle a ainsi commandé 60 hélicoptères NH90 TTH à AgustaWestland. Ceux-ci sont en cours de livraison. Et une rénovation et mise à jour des systèmes de visée des hélicoptères d’attaque multirôle AW129 est en cours.

AgustaWestland, a Finmeccanica company, had announced, today, that it has been awarded a contract for sixteen ICH-47F Chinook helicopters plus four options for the Italian Army by the General Directorate of Air Armaments (ARMAEREO). The contract value is approximately € 900 million and includes a five year logistic support service. The delivery of the first aircraft is planned for 2013 with final deliveries in 2017. The ICH-47Fs will be operated by the Italian Army Aviation 1st Regiment “Antares” based in Viterbo and will replace the 40 CH-47C Chinooks that have been in service since 1973.
AgustaWestland is currently continuing to deliver NH90 TTH helicopters to the Italian Army having started deliveries in December 2007. The service has ordered 60 NH90 TTH helicopters which will replace older models currently operated in various utility roles. AgustaWestland is also undertaking a targeting system upgrade for the Italian Army AW129 EES helicopter fleet.
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Le texte européen final sur les transferts de biens de défense

Voici le texte de la proposition de directive sur les transferts des biens de défense, qui crée les prémices d’un marché europén de défense, qui devrait être publié
au Journal officiel (télécharger ici). Il a été définitivement approuvé (en point A) par le conseil Agriculture le
23 avril. Un accord politique était intervenu à la fin de la présidence française, entre les Etats membres et finalisée avec l’opinion favorable du Parlement européen obtenue le 16 décembre 2008.
Le texte entretemps a dû être « peigné » par les juristes linguistes. Sur le second texte (marchés publics de défense) pour lequel l’accord avait été plus difficile à obtenir, ce travail n’est
apparemment pas terminé. Plus difficile, plus délicat d’harmoniser tous les amendements. L’accord formel ne pourrait ainsi être obtenu qu’en juillet, voire en septembre.

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L’Airbus A400M: les alternatives ? Keine ! (dossier)



L’Airbus 400M est, à la fois, un
appareil à la fois stratégique et tactique.

Le seul concurrent potentiel est (était) l’avion ukrainien, l’Antonov 70. Mais la première sortie en série est prévue seulement pour 2011, avec montée en
puissance de 2013 à 2022. Et de nombreux incidents techniques et commerciaux ont marqué sa production : collision en vol du premier prototype en 1995, atterrissage forcé du deuxième prototype en
2001, abandon du programme par les Russes (qui avaient commandé 164 avions).

La seule alternative « disponible » est donc d’avoir une flotte mixte : stratégique (composée par exemple de Boeing C-17 ou d’Antonov An 124, voire du futur avion
multirôle Airbus A330-220) et tactique (Lockheed C-130J). D’autres avions tactiques existent aussi sur le marché (Casa 235 ou Casa 295, Alienia C-27J…) mais ils ont une capacité d’emport beaucoup
plus limitée – au moins pour les matériels.

La solution mixte a un avantage : l’Antonov An 124 comme le C-17 permettent de transporter des matériels plus lourds ou volumineux (chars). Mais un grave
inconvénient : elle oblige à entretenir deux types d’avions différents, à former des pilotes sur deux avions et, surtout, en opérations oblige à une rupture de charge (transfert d’un avion ou un
autre qui oblige à avoir du personnel, du matériel et du temps disponible). Le prix d’achat de ce type de matériel n’est pas non plus négligeable et revient grosso modo au prix de l’Airbus A400M
pour des appareils de conception plus ancienne. A terme, elle est aussi plus onéreuse et moins opérationnelle.

Keine Alternativ ? Enfin, et ce n’est pas le moindre des enjeux, derrière le côté opérationnel, se profile l’enjeu stratégique industriel et l’enjeu
politique. Un nouvel avion permet de se positionner et de rester sur le marché, d’investir dans la recherche et technologie, qui peut servir à d’autres programmes, d’avoir un poids de décision
sur le programme. En achetant un appareil existant, ce poids diminue et l’investissement est en partie faits à « fonds perdus ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’interrogé par ses
parlementaires sur l’existence d’une solution alternative, le gouvernement allemand a répondu : « Keine » (aucune).

(photo : Wikipedia – l’Antonov 70)

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L’Airbus A400M: la cause… les causes du retard (dossier)

Trois types de retard

Les retards de l’Airbus ne concernent pas un seul module mais plusieurs.

Le moteur et son système de contrôle informatique, le Fadec. C’est non seulement le système qui est en retard mais sa certification aux normes civiles.
Cette certification aurait dû avoir lieu fin octobre 2007, d’après le contrat passé entre Airbus military et les motoristes. Ceux-ci ont promis une livraison pour juin 2009. Mais selon EADS, cité
par le rapport du Sénat français, le retard prévisible serait donc plutôt de l’ordre de deux ans.

Les systèmes de navigation. Deux sont indispensables aux capacités opérationnelles de l’appareil : le Flight Management System (FMS fabriqué par Thales)
et le GPS Air Data Inertial Reference System (GADIRS fabriqué par Sagem). Les deux autres systèmes sont des atouts spécifiques à l’A400M : le Terrain-Reference Navigation System (TRN – Eads) et
le Terrain masking low level flight (TM-LLF – Eads).

La position du stabilisateur horizontal, la définition interne de la voilure et son dimensionnement doivent être revues, l’estimation de la masse de
l’avion étant (celle-ci est supérieure de 12 tonnes à vide à celle qui était prévue au départ).

La cause, les causes du retard ?

Pour discerner les causes du retard, il faut remonter au début du contrat et analyser toutes les causes. Comme l’expliquent les sénateurs français dans leur
rapport, les Etats ont fait un « pari risqué » : demander un avion entièrement nouveau, dans des délais très brefs, à des prix bas et sans prendre de responsabilité sur les risques
technologiques.

Au moment de la définition du contrat, les objectifs des Etats européens divergeaient. Pour les Britanniques, l’impératif était la livraison à temps,
ayant besoin d’une flotte nouvelle dès 2004. Ils ont ainsi mis la pression sur le calendrier. Pour les Allemands, le besoin était moins criant, mais par contre ils tenaient à un budget « très
encadré ». Ils ont cherché à faire baisser le prix. Les Espagnols désiraient « faire grandir leur industrie aéronautique ». Quant aux Français, ils tenaient un peu aux trois impératifs,
avec un aspect idéologique en plus, « faire avancer l’Europe de la Défense » et l’indépendance industrielle européenne, en ayant un maximum de « pays à bord ».

Une technologie faite d’innovations. Voulu comme un outil polyvalent, de longue distance (transport stratégique), pouvant se poser sur tous les terrains
(transport tactique) et pouvant emporter un gros volume, ses commanditaires ont, peut-être « chargé un peu la barque ». Ensuite, c’est un bijou technologique, comprenant de nombreuses
innovations, mais doté d’une une avionique complexe. Ce qui a un coût, en terme de délai. Chaque petit retard sur un nouvel élément s’additionne. Un risque augmenté par l’absence de programme
d’évaluation des risques technologiques ; les Etats auraient refusé de le financer, selon EADS.

Le calendrier serré au maximum paraît assez irréaliste. Alors qu’un programme d’avion de transport militaire se conçoit entre 10 et 15 ans, entre le début
du développement et la première livraison, pour l’A400M ce délai était de 6,5 ans ! Le retard pris n’est ni plus ni moins donc qu’un retour à la normale.

Le prix a été serré au maximum. Lors de la conclusion du contrat, le prix d’un A400M était estimé à la moitié d’un Boeing C-17 Globemaster, et à peine
plus cher que le Lockheed C130J de conception plus ancienne et deux fois moins grand. Un véritable défi, estime David Gould, chef adjoint de la « Defence Procurement Agency » britannique «
Nous essayons d’obtenir quelque chose qui soit entre l’Hercules et le C17 à un prix qui soit le plus proche de l’Hercules »

Le départ de deux Etats fondateurs. Le départ de l’Italie, d’abord, du Portugal ensuite, même s’ils n’ont pas compromis le programme, lui ont porté un
mauvais coup à la fois économique, obligeant à augmenter légèrement le coût des avions, et en terme d’images, donnant un mauvais signal à l’export.

6° Les erreurs de l’industriel. Airbus cherchait – sur le modèle de Boeing – à équilibrer sa production d’avions civils. Ainsi il a « sous-estimé l’ampleur
du défi. Il a pensé qu’un avion de transport militaire tactique équivalait qu’un avion de transport civil « peint en vert ». L’absence d’expérience des ingénieurs d’Airbus en matière
militaire – malgré la présence d’Alenia et de Casa – semble avoir pesé dans cette mauvaise perception. EADS n’a pas non plus mis toutes les chances de son côté ». Airbus Military responsable du
programme n’avait pas vraiment l’autorité hiérarchique sur l’ensemble des acteurs. Et la plupart des capacités avaient été mobilisées par le programme A380. « EADS s’est engagé à réaliser un
type d’avion qu’il n’avait jamais fait, sans se doter de la meilleure organisation pour le faire et tout en faisant autre chose
. » souligne le rapport du Sénat français.

7° L’absence de dialogue entre les Etats et l’industriel est pointé aussi du doigt. Aucun Etat n’a été désigné comme leader du programme. « Ce qui a privé
l’industriel d’un interlocuteur réactif et tendu le consortium difficilement gouvernable » explique le rapport du Sénat français. Quant à l’OCCAR, son rôle n’est pas en cause. Mais il n’a pas
d’autonomie de décision et doit se retourner vers les Etats à chaque problème. Ce qui ralentit encore plus le processus décisionnel.

8° La certification civile a été voulue par les commanditaires car elle est rendue obligatoire par les nouvelles normes européennes de circulation dans les
couloirs aériens. Mais elle est lourde car elle implique de fournir une documentation complète du système, qui doit être traçable. Aucun avion principal de transport militaire n’est actuellement
certifié, sauf le C130J – qui dispose d’un certificat partiel de la Federal Aviation Administration.


Haute technologie, trop haute technologie ?

L’Airbus est un avion innovant. Trop peut-être. Ses commanditaires et concepteurs ont sans doute vu un peu gros, incorporant de nombreuses innovations
technologiques.

Le moteur tout d’abord, spécialement développé pour l’appareil – 4 turbopropulseurs de grande puissance (11.000 chevaux chacun). Au départ, c’est le
motoriste nord-américain, Pratt et Whitney, qui avait été pressenti. Mais d’un commun accord, surtout franco-britannique, les Etats membres ont affiché la préférence pour une solution européenne,
dans « une optique de souveraineté ».

Les hélices, ensuite, avec un sens de rotation des deux moteurs inversé, une dérive réduite, ce qui permet une charge utile plus lourde ou une plus grande
distance franchissable pour une même quantité de carburant.

Le FADEC – système informatique qui contrôle les moteurs, des hélices – est particulièrement complexe. Il comprend 275.000 instructions là où un avion civil
A380 ou un avion de chasse comme le Rafale en comprend 90.000.

Il peut emporter deux fois plus de matériels que ses concurrents directs – le Transall C-160 ou le Lockheed C-130. Sa soute peut ainsi accueillir 9 palettes
militaires standard, ou 116 soldats avec leur équipement, ou 66 civières et une équipe médicale. Il peut surtout transporter un hélicoptère type NH90.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

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L’Airbus A400M: un projet en retard, les faits, les causes (dossier)




L’avion Airbus A400M a
pris du retard. Ce n’est plus un secret depuis plusieurs semaines. Entre trois et cinq ans, selon les sources. EADS a confirmé, début janvier, un retard « d’au moins 3 ans pour la première
livraison ». Cela signifie une livraison vers fin 2012 au lieu de 2009. Et encore s’agit-il du premier appareil. La production la première année est de l’ordre d’un ou deux appareils dans un
premier standard (sans certaines fonctions logicielles avancées), il faut compter en fait 2014-2015 pour une réelle livraison en série.

Dérapage des coûts

A ce dérapage du planning de livraison s’ajoute un dérapage budgétaire. Le surcoût pourrait avoisiner entre 2 et 5 milliards d’euros selon les sources. Un montant
démenti par la direction d’EADS. « Aucune indication ne peut être donnée à ce jour tant qu’un plan industriel engageant, incluant la disponibilité des systèmes, n’est pas stabilisé et que les
discussions avec l’organisation européenne de coopération en matière d’armement (OCCAR) ne sont pas achevées » Celle-ci aurait déjà provisionné un montant de 1,785 milliards d’euros dans ses
comptes.

A noter : Le programme représente entre 20 et 26 milliards d’euros selon la référence de prix examinée. Le prix de l’avion est, en effet, indexé selon une formule
de calcul, qui conduit à un ajustement du prix annuel de 2% en moyenne

Conséquences opérationnelles

Ce retard entraîne de sérieuses difficultés opérationnelles en France et au Royaume-Uni, particulièrement qui ont des appareils anciens et une tradition
d’engagement de haute intensité sur des terrains difficiles (Irak, Afghanistan, Afrique) mettant à rude épreuve leur flotte aérienne. Si la difficulté est assez relative pour le transport
stratégique (longue distance) car des solutions palliatives, bien qu’onéreuses, peuvent être trouvées (par exemple Antonov avec le contrat Salis, C17…), elle est plus critique pour le transport
tactique (sur le théâtre d’opération) car il n’y a pas d’autre avion disponible, mis à part le Lockheed C-130J (Hercules). Mais la conception est déjà ancienne, datant des années 1950-60, et sa
soute ne permet pas d’emporter les équipements modernes.

Conséquences contractuelles

Indemnité. En cas de retard excusable, le gouvernement commanditaire peut, pour chaque jour de retard, appliquer une astreinte de 0,02% du prix de base de
l’A400M. L’indemnité de retard est limité à un maximum de 6%, soit pour un prix fixe de 78,21 millions d’euros par machine (hors taxe et mise en service), environ 4,7 millions d’euros par
machine. Si certains Etats (la France par exemple) ont montré leur volonté d’abandonner leur droit à indemnité en échange de l’annonce d’un calendrier de livraison intangible et clair ; d’autres
sont moins flexibles. L’Allemagne, par exemple, « n’est pas prêt à abandonner son droit contractuel (à indemnisation) » comme l’a expliqué le gouvernement devant le Bundestag.

Rupture du contrat. Le retard est tel qu’il est devenu possible aujourd’hui aux Etats de pouvoir se retirer du programme, sans devoir payer un dédit. Le
contrat signé par l’OCCAR prévoit, en effet, que si le premier vol a un retard de plus de 14 mois, les Etats peuvent abandonner le programme en récupérant les sommes versées : le premier vol
ayant été prévu pour janvier 2008, cela signifie qu’une telle éventualité devient envisageable à compter d’avril 2009.

La rupture du contrat a cependant une conséquence directe sur l’économie du programme et les contreparties négociées par chaque État membre. En Allemagne, on estime
ainsi qu’environ 10 000 emplois dépendent du programme A400M: 3 300 emplois directs et 7 150 emplois indirects.

Mesures prises

Revue de programme. L’OCCAR a été chargé de réaliser une revue de programme – dont les premiers résultats devraient être connus en mars.

Moratoire. Un moratoire de trois mois a été proposé à EADS par les Ministres de la Défense des pays participant au programme, réunis en marge de la réunion
informelle, à Prague, le 12 mars. Objectif : permettre aux pays commanditaires d’engager des discussions avec le constructeur pour essayer de faire le point sur l’état du programme, ses
difficultés de mise en oeuvre et la question des éventuelles pénalités financières, dans un climat apaisé. Et reporter ainsi à la mi-juillet toute décision quant à la révision (ou la
dénonciation) du contrat. La situation commençait, en effet, à devenir critique : la volonté de réduire les commandes transpirait de plusieurs Etats membres (Royaume-Uni, Allemagne…). « Aucun
Etat ne prendra de décision sans avoir évoqué cette question avec les autres » a expliqué Hervé Morin, le ministre français de la Défense.

Positions face à la crise

Plusieurs solutions existent : abandonner certaines indemnités de retard ou revoir à la hausse le prix de l’appareil (pour faciliter le retour à l’équilibre
financier), revoir à la baisse certaines spécifications (pour accélérer la livraison), ou dénoncer le contrat et opter pour une autre alternative (à supposer qu’elle existe).

EADS considère, selon le rapport du Sénat français (1) que certaines spécifications doivent être revues, voire supprimées. L’industriel préconise ainsi de
revoir à la baisse le FMS. Quant aux deux systèmes spécifiques à l’A400M, le TRN et le TM-LLF, Ils sont « à ce jour techniquement irréalisables ; le premier pour des raisons de fiabilité
tenant notamment aux imperfections des capteurs, le second à cause d’une complexité incompatible avec la capacité de calcul à bord
». EADS plaide aussi pour une révision des modalités
d’indexation du prix de l’appareil qui pour ne pas perdre d’argent.

• La France est prête à « ne pas exiger certaines pénalités financières prévues dans le contrat. En échange, EADS doit s’engager sur un calendrier ferme
de livraison
», précisait Hervé Morin à Bruxelles le 2 décembre, lors d’une séance de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. « Il faut aussi revoir à la baisse
certaines spécificités. On a peut-être trop exigé. On a peut-être voulu faire un avion un peu trop compliqué. Les Etats majors n’ont pas été raisonnables. »
.

• L’Allemagne a « besoin de transparence » selon Franz-Josef Jung, le ministre de la Défense, qui s’exprimait à Prague le 12 mars. « Nous avons toujours
besoin de l’A400M pour ses forces armées » avait précisé quelques jours auparavant Thomas Raabe, porte-parole du ministère de la Défense. « Ce qui est important pour nous, c’est la date de
livraison, et pas le premier vol. Nous souhaitons de la transparence et de la clarté de la part de l’entreprise
». En fait, l’Allemagne n’est pas disposé à revoir le contrat. Que ce soit
pour certaines spécifications ou pour renoncer aux indemnisations, « le gouvernement n’est pas disposé à renoncer à son droit contractuel » a déclaré le gouvernement devant le
Bundestag.

• Le Royaume-Uni a évoqué publiquement la possibilité d’une solution alternative. Le ministre de la Défense de Gordon Brown, John Hutton, a expliqué devant
le Parlement en janvier : « Nous ne pouvons pas accepter un retard de 3 à 4 ans pour la livraison de cet avion. Cela imposerait une pression inutile et inacceptable sur nos matériels aériens
et, avec tous nos Etats partenaires, nous devons examiner vraiment très prudemment quelle est maintenant la bonne réponse à ce problème, alors que nous avancerons
» (*). Le rapport
de la Chambre des communes, sur les équipements militaires (2), se posait également la question s’il ne serait pas préférable « d’abandonner (le programme) et de prendre (d’autres) décisions
pour acheter ou louer d’autres avions afin de ne pas laisser un déficit de capacité dans le transport aérien se créer
».

• L’Espagne se montre surtout préoccupée par la préservation d’une industrie de Défense forte. « Nous souhaitons tous que l’industrie de défense
européenne pèse
» a souligné Carme Chacon, la Ministre de la Défense, le 12 mars. « Pour l’Espagne, une chose est claire, le renforcement de la défense européenne est fondamental
».

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

Pour aller plus loin:

(1)« L’Airbus A400M sur le chemin critique de l’Europe de la défense », rapport du Sénat
français
N°08-205 (février 2009).

(2) « Defence Equipment 2008 », rapport annuel de la commission de Défense de la Chambre des Communes (mars 2008),
télécharger

« Defence Equipment 2009 », rapport annuel de la commission de Défense de la Chambre des Communes (février 2009),

télécharger

(*) Hutton : We cannot accept a three to four year delay in the delivery of these aircraft. It is going to impose unnecessary and unacceptable strain on our air
assets and we, along with all of our partner nations, will have to consider very carefully indeed what the right response now to this problem is as we go forward

(crédit photo : EADS Airbus Military)

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L’Airbus A400M: un programme et un contrat à rebondissement (dossier)



Les prémices.
Chaque
armée réfléchit dans les années 1980 au remplacement de ses avions tactiques. Les C-160 Transall qui équipent les armées françaises et allemandes doivent être retirés dans les années 2010. Et les
Lockheed C-130 Hercules ensuite. Si la France et le Royaume-Uni semblent convaincus assez vite d’une solution européenne, c’est paradoxalement l’Allemagne qui traîne les pieds. Elle prône notamment
une autre solution, l’avion russo-ukrainien Antonov 70, pour des raisons à la fois budgétaire et politique. En mai 2000, le ministre de la Défense de l’époque, Rudolf Scharping, confirme le choix
de l’A400M, justifiant ce choix par la nécessité d’accorder « une priorité absolue à une solution commune européenne ». La décision britannique définitive du gouvernement Blair de préférer
l’Airbus à une solution américaine — l’ambassadeur US à Londres n’hésitera pas à se montrer « profondément déçu » de ce choix — emporte les dernières hésitations allemandes, allié à la
nécessité de réaffirmer la bonne entente avec la France.

Le SOP de 1997. En décembre 1997, la version définitive de la déclaration de principes ou « Statement of principles »
(SOP) est adoptée. Elle précise qu’il y aura un contrat à phase unique, c’est-à-dire ne distinguant pas développement et commercialisation (contrairement à ce qui est pratiqué généralement pour
les contrats militaires) ; les Etats ayant en mémoire certaines « mauvaises » expériences (Eurofighter, Asute, Nimrod AEW). Ce contrat sera passé avec un constructeur unique, pour un prix
identique pour tous les Etats. Une fois le contrat signé, aucun Etat ne pourra se désengager sans payer des dédits dissuasifs de manière à éviter toute remise en cause budgétaire.

De 291 avions, lors de la première déclaration d’intention (le SOP), le nombre d’avions tombe à 180 au dernier contrat signé en 2003, le nombre minimum estimé par
Airbus dès le début du programme pour commencer la production. A cela plusieurs causes, tout d’abord, une révision à la baisse des ambitions de départ de certains Etats (Allemagne, Royaume-Uni,
Espagne, Turquie) et le retrait du programme de deux Etats (Italie et Portugal) pour des raisons à la fois politiques et budgétaires.


Le contrat de 2001. Les ministres de la Défense des Etats européens participant à ce projet signent, lors du Salon
aéronautique du Bourget (près de Paris), le 19 juin 2001 un protocole d’accord pour la commande de 196 appareils.

Le contrat définitif avec le fournisseur, Airbus Military Company, filiale d’EADS, devait être signé le 16 novembre 2001, à l’occasion de l’inauguration de l’OCCAR
(Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) – transformée à cette date en Agence européenne d’armement – qui doit prendre en charge le déroulement du programme A400M. Mais le
gouvernement allemand repousse le délai, pour des raisons internes.

Finalement, c’est le 18 décembre 2001, que les ministres de la Défense des huit pays participants au programme. Mais dans un additif au contrat, l’Allemagne
s’engage à confirmer sa commande en obtenant l’aval du Bundestag d’ici au 31 janvier 2002.


Le retrait de l’Italie. Le retour de Silvio Berlusconi au pouvoir en Italie, en juin 2001, se veut l’affirmation d’une
nouvelle politique européenne de la péninsule, plus rétive aux projets européens. Il dit « non » au mandat d’arrêt européen, à l’agence alimentaire en Finlande et… à l’Airbus A400M. Le nouveau
ministre de la Défense Antonio Martino (numéro 2 de Forza Italia) explique, en octobre 2001, le refus de son pays de participer au projet. « Cet appareil ne sert pas l’aviation militaire ». Le
Premier ministre, Berlusconi dément qu’une décision est prise. Mais quelques semaines plus tard, le 20 décembre, Silvio Berlusconi confirme son opposition au projet A400M. « Il s’agit d’un projet
qui intéresse seulement l’industrie française et ceux qui le produisent » explique-t-il. L’Italie avait prévu de commander 16 exemplaires.


Les tergiversations allemandes : de 73 à 60 avions. Le gouvernement allemand a des difficultés à obtenir
l’accord du Bundestag pour le financement de sa commande de 73 appareils. Les partis d’opposition (Chrétiens démocrates de la CDU-CSU, libéraux du FDP, communistes du PDS) s’opposent au
programme. Même les Verts – membres de la coalition du chancelier Schröder – sont réticents.

Le 12 décembre 2001, le gouvernement trouve finalement un accord avec la Commission des finances du Bundestag sur le financement : 5,11 milliards d’euros devait
être inscrit au budget 2003 (tandis que 5,5 milliards d’euros ont été inscrits dans le budget 2002). Mais l’opposition parlementaire (CDU/CSU, FDP) intente un recours devant la Cour
Constitutionnelle. La Cour lui donne raison, fin janvier 2002 en estimant que le mode de financement retenu par le gouvernement viole la souveraineté parlementaire de l’Assemblée qui sera issue
des urnes à l’automne prochain. Le Bundestag finit par voter, le 22 mars 2002, la première tranche des appareils commandés par la Bundeswehr. La deuxième tranche est reportée après les
élections.

Début décembre 2002, le ministre de la Défense, Peter Struck, confirme officiellement que Berlin ne commande plus que 60 avions, crise économique oblige. Des coupes
« militairement responsables« , selon lui, la clé de l’avenir ne résidant pas dans la quantité achetée, mais dans la « coopération avec les partenaires européens et
américains
« .


© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

(crédit photo : EADS Airbus Military)

Le retrait du Portugal. Le Portugal (3 avions) se retire du programme en mai 2002. Le ministre portugais de la
défense, Paulo Portas, du nouveau gouvernement de centre droit (PSD-CSD) dirigé par José-Manuel Barroso, invoque des raisons financières. Ce retrait est entériné par la loi de programmation
militaire en février 2003. L’Airbus A400M est « si cher » qu’il était préférable d’acheter le C130J explique alors un porte-parole de la Défense. « Les concurrents américains nous
ont présenté une offre qui permet d’acheter le double des avions
». Mais les raisons sont plus politiques. Cette décision intervient en pleine polémique sur la guerre d’Irak alors que le
Portugal s’est rangé délibérément du côté américain et que la France et l’Allemagne sont hostiles à cette intervention. Pour le ministre portugais de la Défense, Paulo Portas, atlantiste déclaré,
ce geste est une manière de montrer la fidélité au gouvernement américain.


Les ventes à l’export. Un premier pas vers l’export de l’avion est franchi avec la signature d’une déclaration
d’intention d’achat avec l’Afrique du Sud, le 9 décembre 2004, confirmée en mars 2005 pour 8 avions. Le pays participant au programme pour une valeur de 750 millions d’euros.

Une déclaration d’intention est signée avec le Chili en juillet 2005 pour une livraison entre 2018 et 2022. Elle reste sans suite.

Un contrat est signé, le 8 décembre 2005, avec la Malaisie pour l’achat de quatre avions. Cet accord scelle également la participation industrielle malaisienne au
programme, pour un montant d’environ 200 millions d’euros. Les sous-traitants malaisiens effectuant le travail de conception et fabrication de certains éléments du fuselage de l’Airbus.

En janvier 2008, Airbus ne parvient pas à gagner un contrat au Canada. Le gouvernement canadien approuve l’achat de 17 C-130J au constructeur américain Lockheed
pour 4,9 milliards $ canadiens.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

Crédit photo : Eufor Tchad / Union européenne – Transall sur l’opération Eufor Tchad 2008 -

  • Commandes d’Airbus A400M

    Nombre de commandes

    SOP juin 1997

    Contrat 2001

    Contrat 2003

    Ventes export

    Allemagne

    75

    73

    60

     

    France

    50

    50

    50

     

    Royaume-Uni

    45

    25

    25

     

    Italie

    44 -> 16

    0

    0

     

    Espagne

    36

    27

    27

     

    Turquie

    20

    10

    10

     

    Belgique

    12

    7

    7

     

    Portugal

    9

    3

    0

     

    Luxembourg

    -

    1

    1

     

    Afrique du sud

     

     

     

    8

    Malaisie

     

     

     

    4

    Total

    291

    196

    180

    192

  • Calendrier de livraison (prévisionnel)
  • Le contrat prévoit des périodes de livraison étalées dans le temps.
  • France: octobre 2009 à mai 2019
  • Royaume-Uni: mars 2010 à avril 2015
  • Allemagne : à partir de novembre 2010
  • Espagne: Novembre 2011 à mai 2021
  • Turquie: décembre 2009 à février 2014
  • Belgique: Oct. 2018 à mai 2020
  • Luxembourg: octobre 2017
  • Afrique du Sud: de 2010 à 2012
  • Malaisie: pas de données connues

  • La société Airbus
  • Airbus crée le 25 janvier 1999, Airbus Military Company (AMC) – une société de droit français – pour répondre à la « request for proposal » (RFP) des
    Etats. Celle-ci devient, après le départ de l’Italie, Airbus Military SAS – société de droit français – et signe le premier contrat avec OCCAR (décembre 2001). Puis elle devient Airbus Military
    Sociedad Limitada (AMSL) – société de droit espagnol – qui signe le contrat définitif (mai 2003).
  • Actionnaires : Airbus (69,44%), EADS Casa (20,56%), le belge Flabel (4,44%) et le turc Turkish Aerospace Industries TAI (5,56%).

  • NB : Flabel est une société constituée par plusieurs industriels belges : 25% Sonaca, 25% Asco, 25% Barco, 17% Sabca, 8% Sabca Limburg

  • EADS est constitué en décembre 1998 sous forme de société de droit néerlandais. En juillet 2000, il absorbe le français « Aerospatiale Matra » (AMC),
    l’allemand « Daimler Aerospace » (DASA AG) et l’espagnol « Construcciones Aeronauticas » (CASA).
  • Actionnaires : l’allemand DASA (22,5%) ; le français Sogeade (25%) — société constituée à 60% par l’Etat français à travers la Sogepa et Lagardère (Desirade) — ;
    et l’espagnol Sepi (5,49%) —société holding de l’Etat espagnol — forment le pacte d’actionnaires (52,99%), le reste du capital étant flottant (47,01%). Environ 0,52% du capital est détenu par
    les salariés.
  • Principaux sous-contractants d’Airbus

  • • Le moteur : un consortium de motoristes, Europrop International (EPI), regroupant Snecma (groupe Safran), Rolls-Royce (Royaume-Uni / Allemagne), MTU
    (Allemagne) et ITP (Espagne).

  • • L’avionique : Thales (France) pour le système de gestion de vol (FMS), Sagem (groupe Safran – France) pour le GADIRS (système de localisation utilisant
    essentiellement le GPS et l’inertie), RDE (Allemagne) pour le système de contrôle de la soute (LMC), et EADS-DE (Allemagne) pour le DASS (système d’autoprotection de l’avion) et le M-MMS
    (système de gestion des missions militaires).
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La Finlande préfère les missiles Us à l’offre franco-Italienne

Ca y est. C’est fait. Le ministère de la Défense finlandais l’a annoncé officiellement. Il va acquérir un système américano-norvégien de missiles et radars pour
renouveler son dispositif de défense aérienne – composé d’un système de fabrication russe, Buk, dont la fin est programmée pour 2016 – plutôt que son concurrent franco-italien.

Montant de la facture : 520 millions d’euros HT qui n’alourdit pas le budget de la défense, puisque 700 millions d’euros avaient déjà été budgétés, assure le ministre de la Défense, Jyri Hakamies,
à mes collègues du . C’est le plus gros achat pour la défense finlandaise, notent mes confrères, depuis
l’acquisition des F18 Hornet. Puisqu’une tranche de 120 millions d’euros supplémentaires d’achat de missiles est prévu pour la prochaine mandature électorale. Le contrat d’acquisition sera signé à
l’automne. Le système sera livré à partir de 2011. Et la mise en place opérationnelle avec la formation démarrera en 2012.

Un choix qui repose sur plusieurs raisons : 1°) la qualité de l’offre, matérielle et financière. 2°) la qualité des compensations offertes. 3° Le fait que
ce matériel est déjà utilisé par de nombreux pays de l’OTAN, notamment ses voisins nordiques (Norvège, Suède).


Ce qui a pesé…

La qualité de l’offre, matérielle et financière. Le chef de la défense finlandaise, l’amiral Juhani Kaskeala a le sens de la formule : « Nous avons acheté quatre Volvo au lieu d’une
seule Cadillac. Ainsi nous pouvons nous procurer plus de missiles que ce qui aurait été possible avec l’autre alternative
».

De solides compensations. Comme l’explique le ministre de la Défense, « les accords de compensation couvriront le prix d’acquisition. La moitié de la somme aboutira aux fabricants
finlandais et l’autre moitié sera compensée par la coopération industrielle internationale
». Patria fabriquera les châssis des fusées et Sisu Defense se chargera de la partie mobile du
système de missiles. Une compensation qui garantit le travail de 1000 personnes sur un an. En outre, les fabricants finlandais pourraient obtenir des perspectives d’exportation sur les pièces
détachées et la technologie liées au système NASAMS II. Insta DefSec (Insta Group) serait ainsi sur les rangs pour le centre de commandement tactique et les simulateurs.

Une offre compatible avec les autres pays nordiques et l’OTAN. Le système NASAMS II est, en effet, déjà utilisé en Norvège et aux Pays-Bas. Sa version précédente est en service en
Espagne et aux Etats-Unis. Et la Suède utilise un centre de commandement tactique du même fabricant. La Finlande se rapproche donc des standards de l’OTAN. Une décision très politique alors que
certains partis politiques finlandais désirent intégrer l’organisation euro-atlantique. Et, parallèlement, elle s’éloigne du standard russe, qui a longtemps été un fournisseur attitré de la
Finlande (non-alignement oblige). La modernisation des « Buk » aurait coûté moitié moins cher a confié, à mes collègues finlandais, l’inspecteur des services
aériens, le colonel Rauno Lankila.

Les Français ne sont pas tout à fait perdants. Dans la même décision, la défense finlandaise a indiqué vouloir renouveler et remettre à jour ses radars de moyenne portée, dont la technologie
date des années 1960, dixit le commandant de l’armée de l’air, le général-major Jarmo Lindberg. Cette fois en achetant… français! Ce serait en effet Thales-Raytheon qui emporterait le marché des
12 radars mobiles, pour 145 millions d’euros.

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La non-prolifération nucléaire à l’actualité du Parlement

Alors qu’un nouveau traité de non prolifération (TNP) est en gestation – la conférence chargée d’examiner le TNP se tiendra à NewYork en avril-mai 2010 et une
dernière réunion préparatoire a lieu du 4 au 15 mai 2009 – le Parlement européen devrait débattre (jeudi 23) et voter (vendredi 24), à Strasbourg, une résolution pour soutenir un processus de
désarmement aussi ambitieux que possible (télécharger le projet
de rapport ici
).

Période cruciale. Le moment est important car le processus de limitation des armes
nucléaires engagé en 1970 avec l’entrée en vigueur du Traité TNP s’est enrayé au fil des années.
Pour la rapporteure Angelika Beer (Die Grüne), « L’absence
de progrès des États dotés de l’arme nucléaire en ce qui concerne le respect de leurs obligations en matière de désarmement nucléaire hypothèque le traité et si ce problème n’est pas réglé comme il
convient, certains États pourraient se retirer du traité et se doter d’un potentiel nucléaire. »
Mais l’espoir de relancer
un nouveau processus n’est pas
mince. Un nouveau contexte favorable existe avec la rédaction par un groupe de juristes, porté par le Costa Rica d’un projet de convention, ambitieuse, et la nouvelle donne internationale portée
par
une nouvelle administration américaine, moins défavorable au désarmement nucléaire que la précédente. Ainsi, souligne-t-on au Parlement européen, « il existe de bonnes chances qu’un vaste programme de désarmement nucléaire soit favorablement
accueilli par le comité préparatoire TNP de 2009 et adopté lors de la conférence d’examen du TNP qui se tiendra en 2010″.


Le délitement du Traité TNP par les nouveaux Etats nucléaires. Depuis l’entrée en vigueur du traité (TNP), l’Inde, Israël et le Pakistan ne l’ont pas signé ni ratifié et
se sont dotés d’armes nucléaires, explique une note du Parlement européen. L’Inde et le Pakistan font valoir que le TNP est discriminatoire en ce sens qu’il interdit à tous les États parties,
hormis le groupe P5 (la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis), de posséder des armes nucléaires et qu’il exige de leur part, à l’exception du P5, qu’ils acceptent des
garanties en ce qui concerne leurs installations nucléaires. La Corée du Nord avait ratifié le traité mais a annoncé son retrait en 2003. L’Iran construit actuellement des
installations d’enrichissement de l’uranium qui lui permettraient de disposer d’un armement nucléaire dans le cas où le gouvernement de ce pays déciderait de se retirer du TNP et dénonceraient les
garanties actuelles qui ont été établies pour ces installations nucléaires. Plusieurs de ces pays (l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) sont favorables à un programme global et non
discriminatoire d’élimination des armes nucléaires par la voie d’une convention sur les armes nucléaires.

Le projet ambitieux de nouvelle Convention. Ce nouveau traité international serait plus ambitieux que les précédents. Il interdirait la mise au point, l’essai,
la fabrication, le stockage, le transfert, l’emploi ou la menace d’emploi d’armes nucléaires et assurerait leur élimination. Dans sa forme, il serait similaire aux conventions en vigueur qui
interdisent d’autres catégories d’armes, comme les armes biologiques, les armes chimiques, les mines antipersonnel et les armes à sous-munitions. Il obligerait les pays dotés d’armes nucléaires à
les éliminer par étapes successives : levée de l’état d’alerte, retrait des armes déployées, retrait des ogives nucléaires de leurs vecteurs, neutralisation des ogives par le retrait des charges et
placement des matières fissiles sous contrôle des Nations unies. Cette convention interdirait non seulement les armes nucléaires, mais aussi la production de matières fissiles pouvant être
utilisées pour fabriquer les armes nucléaires, à savoir l’uranium fortement enrichi et le plutonium séparé.

Point clé du dispositif, une agence de contrôle. Point fondamental du dispositif, cette convention établirait une agence chargée de veiller au respect des dispositions du traité par les
États parties. L’agence recevrait des rapports sur les progrès accomplis par les États dotés d’armes nucléaires, inspecterait les installations nucléaires, recueillerait des informations grâce à
des photographies par satellite et à la télédétection et surveillerait la production et le transfert de matières pouvant être utilisées dans la fabrication d’armes nucléaires.

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Les Tchèques achètent 4 Casa C295 d’Eads


La république Tchèque pourrait acquérir 4 avions Casa C-295 M du constructeur européen EADS pour
remplacer ses vieux avions de transport Antonov An26. La ministre de la Défense tchèque, Vlasta Parkanova, a soumis ce projet pour approbation au gouvernement (démissionnaire). Les avions devraient être livrés entre 2009 et 2011. L’objectif, est selon le porte-parole du ministère de la Défense, Andrei Cirtek, de « renforcer l’autonomie aérienne lors de missions humanitaires ou d’évacuations de citoyens étrangers » et la « capacité d’action des unités tchèques en opération à l’étranger« .

Un achat qui démontre aussi – outre les raisons financières – que les Tchèques ont un certain « pragmatisme européen », dans leurs achats et équipements militaires, sans doute largement plus affirmé que ne le laissent supposer leur option politique, qu’on peut qualifier de « très atlantiste ».

Selon EADS, en effet, le
C-295 peut assumer un grand nombre de missions assignées aux avions de transport plus lourds comme le C-130 Hercules, pour un coût très inférieur (un gain de plus d’un tiers par heure de vol selon le constructeur). Depuis le début de sa commercialisation en 2001, 66 unités ont été vendues – selon EADS – à neuf opérateurs basés en Espagne, en Pologne, en Jordanie, en Algérie, au Brésil, au Portugal, en Finlande et au Chili. 44 sont déjà opérationnels. Plutôt que le C-130, son vrai concurrent est d’ailleurs le C27J du consortium americano-italien Lockeed – Alenia. Un C-295 en service dans l’armée polonaise s’était écrasé, en janvier 2008, à l’atterrissage sur l’aéroport de Miroslawiec (nord-ouest de la Pologne), faisant 20 morts.

(mise à jour) A noter que le concurrent Alenia, évincé, qui voit ainsi lui échapper un contrat d’environ 1 million de couronnes tchèques pourrait porter plainte à Bruxelles auprès de l’autorité de concurrence. La signature du contrat quelques jours avant le départ de la Ministre est, en effet, critiquée dans certains milieux à Prague.

(photo : EADS)

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Programme Airbus A400M : délibérément oui. Pour 4 raisons.



Le projet européen de
construire un nouvel avion militaire tous terrains, Airbus A400M, a pris du retard. Entre 3 à 5 ans. Un retard confirmé par Louis
Gallois
, le PDG d’EADS. Et la perte pour l’entreprise se chiffre déjà entre 2 et 3 milliards d’euros. Pour autant faut-il crier haro sur le patient malade ? Non ! Ce pour quatre raisons.
Premièrement, en pratique, qu’est-ce qu’un retard de 3 ou 4 ans pour un avion qui va durer près d’un demi-siècle et alors qu’aucune solution réellement alternative n’existe.
Deuxièmement, au niveau opérationnel, l’Airbus A400M donne une vraie autonomie et capacité d’action aux armées européennes pour intervenir sur presque tous les terrains, loin d’Europe.
Troisième raison, la réalité industrielle et économique. Le chiffre de 40 000 emplois – donné par EADS – donne la mesure du défi aujourd’hui en pleine crise économique et ses possibilités à
l’export demeurent intactes. Enfin, ce projet a des retombées technologiques qui vont irriguer, durant des années, la recherche et donner à l’Europe une vraie avance.
Alors, serrer les vis, renégocier certains aspects du contrat… Oui ! Abandonner ou remettre en cause ce programme. Non ! Ce serait une grossière erreur scientifique et commerciale comme économique
et stratégique. Bref, une erreur politique. L’Europe s’en mordra les doigts pour longtemps. Très longtemps…

NB : Nous publions aujourd’hui dans Europolitique un dossier complet de 8 pages sur ce projet : les retards, ses causes, les solutions, les positions des
Etats membres. Pour télécharger le dossier.

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Louis Gallois (EADS) confirme un retard de 3-5 ans pour l’A400M

Louis Gallois, le PDG d’EADS, est venu aujourd’hui (24 mars) à Bruxelles pour expliquer aux députés de l’Assemblée de l’Union européenne occidentale (UEO) la position
de sa société dans les retards de l’A400M. Très intéressant car il confirme certains postulats et avance des chiffres plus précis, en matière de retard, de pertes économiques et de la renégociation
en cours du contrat avec les Etats.

La cause du retard, avoir accepté un calendrier infaisable, avec une organisation et un contrat pas adaptés.


Elle est simple pour Louis Gallois : « EADS a sous-estimé la capacité et la complexité du programme. Nous avons accepté une livraison de l’avion en six
ans et demi. Alors qu’on ne connaît pas de programme de ce type livré en moins de 12 ans. Pour répondre à la demande de deux de nos clients Français et Britanniques, qui avaient des difficultés de
transport, nous avons accepté un calendrier exagérément ambitieux.
» Des discussions sont toujours en cours avec l’OCCAR. « Si nous livrions l’avion dans une amplitude de 10 ans,
nous serions encore la référence dans ce domaine.
» Soit si je calcule bien, un retard d’au minimum 3-4 ans voire un peu plus.

A cela s’est ajoutée, précise Louis Gallois, une «organisation exagérement complexe» chez EADS, avec un partage de fonctions entre Airbus et les opérateurs militaires. «Nous
avons réorganisé le programme sous tutelle exclusive Airbus, en créant business unit « Airbus military ». Cette organisation est désormais effective. »

Enfin, « notre entreprise a sous-évalué les ambitions et les enjeux. On a signé un contrat commercial, qui n’est pas forcément adapté à ce type d’avion, en assumant les risques, sans programme d’évaluation des risques, sans
prototype, en commençant de zéro
«Cela a été une erreur majeure de notre entreprise.» reconnaît Louis Gallois.
« Maintenant il faut revoir
le contrat de manière à revenir à la réalité : le calendrier, les standards nécessaires
».

Les conséquences : plus de 2 milliards d’euros de perte, sans compter les pénalités

«Le programme
coûte cher pour EADS
». Et Louis Gallois d’affirmer que « la perte programmée est supérieure à 2 milliards d’euros alors que le premier vol n’a pas eu lieu». Les pénalités que
pourraient devoir verser EADS s’élèvent, selon lui, à « 1,4 Milliards d’euros. Mais pour l’instant nous n’avons rien payé. Nous verserons cette pénalité quand les avions seront livrés. Ils sont
déjà provisionné dans nos comptes»
. A noter qu’une partie seulement des pénalités sont provisionnés dans les 2 milliards d’euros.

La résiliation du contrat ou la réduction des commandes est possible mais pas sans conséquences économiques…

 « Effectivement au 31 mars, si le premier vol n’a pas lieu – et il n’aura pas lieu -, par un consensus, les nations peuvent mettre un terme au contrat.
Et ensuite nous avons 60 jours pour rendre les 5,7 Milliards reçus au titre des fonds reçus pour la prélivraison des avions. » a
confirmé Gallois. Mais de préciser : « il faut un accord à l’unanimité. Nous n’en sommes pas dans la situation. » 
Mais, au détour d’une phrase
lâchée, Louis Gallois a clairement averti ses interlocuteurs : « Toute réduction de commandes ne sera pas sans effet. Tout d’abord, le prix ne pourra être le même. Et ensuite ce n’est pas sans
conséquences industrielles
». Autrement dit économiques… Environ 40 000 emplois dépendraient de ce programme chez Airbus et ses sous-traitants, selon un responsable d’EADS, dont un tiers en
France.

Et de préciser également – en cas de doute que le développement militaire est nécessaire pour l’équilibre d’Airbus : « L’ouverture sur le marché
militaire permet d’équilibrer par une activité plus régulière, une activité civile, plus cyclique »
.


Pour faire face au gap de transport, des solutions transitoires existent et EADS est prêt à les étudier
 
Comme certains Etats ont « évoqué une réduction de la cible, de la quantité commandée – a confirmé Louis Gallois -, pour dégager des
financements pour réduire le gap capacitaire et l’achat peut-être d’avions américains pour faire face à ce manque de capacités
, « EADS est prêt à regarder cette question » a-t-il
précisé. «Nous sommes conscients du retard», a-t-il ajouté. «Nous allons proposer à nos clients, particulièrement Français et Britannique, des solutions de transition pour faire face au gap
transitoire : des avions cargos légers, des A330 de transport (pour la longue distance), et la prolongation des capacités actuelles par travaux de maintenance
.» De là à payer pour cette
solution, il y a un pas que le président d’EADS s’est refusé à franchir. Quand je l’ai interrogé (entre l’ascenseur et sa voiture), pour savoir s’il allait payer à ses clients une location d’avions
C130, il a eu un sourire. « Je n’ai jamais dit çà. C’est vous qui le dites ».

Premier vol avant la fin de l’année.

« Le premier vol, je l’espère à la fin de l’année. Mais cela dépendra de la faisabilité du Fadec » (le système logiciel de contrôle du moteur).

Un avion remarquable technologiquement …

Louis
Gallois a tenu à défendre la technologie retenue pour l’A400M. «L’A400M est un avion unique, il sera encore au service en 2050, il faut donc qu’il soit au niveau technologique pour vivre 30-40
ans.
» Il combine dans un seul volume les fonctions d’un avion stratégique et tactique. «Il peut emporter 37 Tonnes en mission stratégique. Il a des fonctions analogues à celles d’un avion
moderne de chasse et a une complexité supérieure aux deux chasseurs européens les plus récents (Eurofighter et Rafale). Il aura une certification civile, ce qui est une première pour un avion
militaire. Cela représente une énorme contrainte technique. Mais c’est aussi une sécurité pour cet avion, car cela le protège de réglementations des années à venir qui peuvent conduire à
l’interdiction des avions militaires dans les couloirs aériens civils
» a-t-il ajouté. Enfin, le rapport coût performance est remarquable, c’est peu connu.

… qui n’a pas de concurrent et a un « vrai » avenir commercial

Aucun appareil de ce type n’est disponible sur le marché. Même de l’autre côté de l’Atlantique. « Les Américains ne développent pas d’avion
concurrent
» assure Louis Gallois. Au contraire. « Ils suivent de près notre programme et nous demandent de les tenir étroitement informés. Ils nous disent que cet avion les intéresse. Car
il vient combler un manque entre le C27 ou le C130
(plus petits) et le C17 ou le C5 (plus grand) ». Une fois dégagées des difficultés, et les premières livraisons actuelles,
l’A400M pourra s’attaquer au marché à l’export. Et il est « important ». Car il s’agit à terme de remplacer les quelque 3000 C130 actuellement en service.

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