Industrie Marchés

Le contrôle à l’exportation des armes devient à moitié contraignant

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères a approuvé, le 8 décembre une position commune rendant contraignant le code de conduite de l’UE en matière d’exportation d’armements (comme je l’ai
détaillé dans un article déjà publié dans Europolitique). Une décision passée plutôt inaperçue – et peu mise en valeur par les autorités
politiques européennes – mais qui a une importance notable sur le futur.

On peut certes remarquer que le caractère « contraignant » de ces mesures repose encore en large partie sur la volonté propre de l’Etat membre (I.) et qu’aucune sanction communautaire n’existe en cas
de dérapage. Mais la série de critères mis en place (II.) est si restrictive et décyptive que la liste des pays où l’exportation d’armes est limitée ou sous surveillance devrait s’allonger si on
les applique réellement. A première vue, l’exportation vers des pays en conflit avec leurs voisins : la Russie, en Israël / Palestine, au Liban / Syrie, au Congo / Rwanda, devrait être interdite.
De même que les exportations vers la Chine, le Pakistan, … Bref le commerce d’équipements de sécurité et de défense subirait une belle chute. Un peu irréel non ?

NB : Cette décision entre dans le cadre de la négociation entre le Parlement européen et le Conseil des Ministres de l’UE sur la directive pour les transferts de technologies d’armements au sein de l’UE. On sait que le contrôle d’exportations (hors UE) était une
revendication du Parlement qui souhaitait l’inclure dans la directive.

I. La compétence de l’Etat membre avant tout, sans contrôle de la justice, vraiment ?

Le principe reste que chaque Etat membre évalue, « au cas par cas », les demandes d’exportation d’équipements, qu’ils s’agissent d’exportations « physiques » (matériels, licences…), du
courtage, du transit ou transbordement, des transferts intangibles de logiciels ou technologies (internet, téléphone…). La décision d’autoriser ou de refuser le transfert est laissée à
l’appréciation de chaque Etat membre.  Et c’est la législation des Etats qui « précise dans quel cas une autorisation d’exportation est requise ». Un Etat a toujours la possibilité de mener
une politique plus restrictive.

Le problème est que cette décision pour employer des mots forts « l’Etat membre… est refusée… quand … » – impliquant une obligation (le présent dans une décision juridique) reste du
domaine du 2e pilier (relations extérieures, défense) et non du 1er pilier (communautaire). Conséquence concrète : si un Etat ne respecte pas ces règles, il a peu de chances d’être tancé. La
Commission européenne ne peut normalement enclencher une procédure en manquement (amende à l’appui ensuite). La Cour de justice n’a pas compétence en matière d’interprétation… Enfin
normalement.

L’avenir. Il faut cependant se garder d’être pessimiste. La décision passée aujourd’hui est une « avancée certaine », comme le dit le ministère des Affaires étrangères. Et un autre pas
pourrait être franchi dans le futur… à Luxembourg. Il faudra être patient. Il faudra sans doute attendre entre 5 et 10 ans pour cela. Mais il y a des possibilités d’évolution.

Première possibilité d’évolution : la question préjudicielle. Si on raisonne selon la jurisprudence de la Cour, rien n’empêcherait celle-ci de se saisir de la question par un biais indirect
: la directive sur les transferts d’équipements militaires au sein de l’UE. Prenons un cas concret : un Etat A (membre de l’UE) transfère à un Etat B (membre de l’UE) des équipements. Pas de
problème. Mais ces équipements sont ensuite réexportés dans un pays douteux. Du moins dans un pays où l’Etat A aurait pu refuser l’exportation. Le certificat dont bénéficie la société – pour les
transferts de l’UE – est supprimé. Ou un concurrent porte plainte. Bref l’affaire arrive à la Cour de justice, qui est compétente, pour interpréter la directive – avec le dispositif de licences.
Mais il y a une question pour savoir si l’exportation était douteuse. Les juges auront deux choix alors. Soit arrêter leur raisonnement, et dire « nous ne sommes pas compétents ». Soit essayer de
saisir les conditions de l’exportation – liée à la question du certificat – et dans ce cas, ils se réfereront à cette décision qui vient d’être approuvée. Et tenteront d’en interpréter les
critères. Une option qui n’est pas improbable quand on observe la jurisprudence de la Cour depuis le début. Du coup, le dispositif pourrait glisser du 2e pilier au 1er pilier. Ce ne serait pas la
première fois.

Deuxième possibilité d’évolution : la compétence externe. La compétence de la Commission européenne sur la possibilité de proposer une nouvelle directive sur les exportations d’armes
pourrait suivre le même chemin. On sait que cette option – discutée au sein de la Commission – avait été rejetée, avant même la proposition de directive. Et est combattue par les Etats membres.
Soit cette option est entérinée par la Cour de justice. Mais on peut envisager un autre futur. La Cour de justice pourrait – suivant un raisonnement qu’elle a suivi dans le passé (sur le transport
par exemple) – considérer que la Commission ayant la compétence interne (sur le marché intérieur de l’UE) pourrait l’avoir également sur le plan externe (exportations hors UE). Cette voie est
beaucoup plus étroite que la précédente. Mais qui sait l’évolution dans le futur

Troisième possibilité d’évolution : les accords avec les pays tiers. Plusieurs dispositions peuvent être intégrées dans les accords (association, stabilisation…) signés avec les pays
tiers, ou le sont déjà, ceux-ci s’engageant à respecter les accords internationaux. C’est une autre voie pour l’élargissement de la compétence de la Cour comme de la Commission.

Les huit critères de l’exportation des armes

Les quatre premiers sont d’ordre « obligatoire » – l’autorisation d’exportation est refusée » — ; quatre le sont moins — il faut en « tenir compte ».

1° Respect des obligations et des engagements internationaux des Etats membres : embargos sur les armes décrétés par l’ONU, l’UE ou l’OSCE ; obligations découlant du traité de
non-prolifération des armes nucléaires, convention sur les armes biologiques et à toxines, convention sur les armes chimiques ; engagement de n’exporter aucun type de mine terrestre antipersonnel ;
autres engagements internationaux (Groupe Australie, Comité Zangger, Groupe des fournisseurs nucléaires, arrangement de Wassenaar, code de conduite de la Haye sur les missiles balistiques).

2° Respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international. Après avoir « évalué » l’attitude du pays, l’autorisation doit être refusée s’il existe un « risque manifeste »
d’usage pour « la répression interne » ou pour commettre des « violations graves du droit international humanitaire ». Une « prudence toute particulière » est recommandée dans les pays « où de
graves violations des droits de l’homme ont été constatées ».

Situation intérieure (existence de tensions ou de conflits armés). L’autorisation doit être refusée si elle est « susceptible de provoquer ou de prolonger des conflits armés ou d’aggraver
des tensions ou des conflits existants dans le pays de destination ».

Préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales. L’autorisation doit être refusée « s’il existe un risque manifeste que le destinataire envisagé utilise la
technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée de manière agressive contre un autre pays ou pour faire valoir par la force une revendication territoriale ».

Sécurité nationale des États membres et des territoires dont les relations extérieures relèvent de la responsabilité d’un État membre. Avant de délivrer l’autorisation, il faut évaluer le
risque de voir l’équipement concerné employé contre les forces « des Etats membres et celles de pays amis ou alliés ».

Comportement du pays acheteur au niveau international. On tient compte notamment de son attitude envers le terrorisme et la criminalité internationale et le respect des engagements
internationaux (non recours à la force, droit international humanitaire).

7° Existence d’un risque de détournement de la technologie ou des équipements militaires dans le pays acheteur ou de réexportation de ceux-ci dans des conditions non souhaitées.

Compatibilité des exportations de technologie ou d’équipements militaires avec la capacité technique et économique du pays destinataire, compte tenu du fait qu’il est souhaitable que les
États répondent à leurs besoins légitimes de sécurité et de défense en consacrant un minimum de ressources humaines et économiques aux armements.

A noter que même s’ils peuvent être « pris en compte », les incidences des exportations sur les intérêts économiques, sociaux, commerciaux et industriels ne peuvent « affecter l’application de ces
(huit) critères ».

Information entre Etats membres et rapport annuel

Une procédure d’information a été mise en place. Chaque Etat membre diffuse ainsi des précisions sur les autorisations d’exportation refusées, et les « motifs de refus ». S’il envisage de
donner une autorisation pour une « transaction globalement identique » à celle refusée par d’autres États membres au cours des trois dernières années, une procédure de consultation préalable est
mise en place : « avant » l’autorisation, l’Etat doit consulter les Etats ayant refusé. S’il décide néanmoins d’accorder l’autorisation, il les informe, « en fournissant une argumentation détaillée
».

Un rapport annuel. Chaque Etat membre publie, chaque année, un rapport précisant les conditions d’application de la décision européenne. Ces informations restent confidentielles. De façon
publique, en revanche, l’UE publie régulièrement un rapport de synthèse. Pour les spécialistes armements du GRIP, le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, c’est là où le
bat blesse. « Il est regrettable que les critères du Code n’aient pas été mieux explicités et que le contenu des rapports annuels des Etats ne soit pas uniformisé. Cela laisse une « trop grande
latitude aux Etats membres ».

Pour 0374:FR:PDF »>télécharger le dernier rapport annuel sur l’exportation des armements publié (dans le cadre
du code de conduire)

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Le Parlement européen adopte la directive transferts, le texte

Aujourd’hui il n’y avait pas vraiment de règles communes pour le transfert ou le transit des produits liés à la défense au sein de l’UE. Résultat chaque Etat faisait ce qu’il voulait. Il
était parfois aussi difficile de transférer des équipements – même simples – en Italie ou en Grèce, qu’au Vénézuela ou en Afrique du sud. Cette fragmentation était source de « lourdeurs
administratives » selon la Commission européenne et, surtout,
empêchait la création d’un véritable « marché des produits de défense européen », « entravait la
compétitivité internationale de l’industrie de défense ».
En effet, elles rendaient difficile » « l’établissement par les entreprises de défense européennes de chaînes d’approvisionnement
transnationales fiables et efficaces ».

 
Un projet de directive vient d’être adopté, aujourd’hui, par les députés lors de leur session plénière de Strasbourg, par une nette majorité : 545 voix pour, 66 contre et 44 abstentions. Le
résultat d’un savant compromis avec le Conseil et fait partie d’un « paquet » de deux textes (l’autre portant sur les marchés
publics de défense est encore en négociation). Les dispositions sur l’exportation ont été adoptés dans un instrument séparé, une position commune qui rend contraignant le code des exportations. Un
point très important.

La directive vise à créer un « système européen de licences uniforme et applicable sur tout le territoire de l’UE« . Néanmoins, « chaque Etat membre pourra
continuer à délivrer ses propres licences, mais dans le respect des règles communes » précise le Parlement européen. Il sera aussi « libre d’appliquer des sanctions si les conditions d’utilisation
d’une licence ne sont pas observées par celui qui l’a obtenue. »

Avec ce nouvel instrument, les Etats membres pourront avoir recours à trois types de licences pour autoriser les transferts de produits liés à la défense : des licences générales,
globales et individuelles. « Cela poussera les Etats membres à remplacer, autant que possible, leurs licences individuelles existantes par des licences générales et globales ». Un « point clé de la
proposition de la Commission est la certification des sociétés ». Les sociétés considérées comme fiables d’après le critère défini par la directive devraient avoir le droit de réaliser des
transferts de plusieurs produits liés à la défense dans une ou plusieurs catégories de destinataires établis dans un autre Etat membre. »Les licences individuelles devraient ainsi devenir une
exception et être limitées à des cas clairement justifiables ».

Pour lire les détails, voir
ici.

Pour télécharger le texte adopté

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Restructurer et regrouper l’industrie européenne, Hervé Morin


De passage à Northwood pour inaugurer l’OHQ de l’opération Atalanta et célébrer
les 10 ans de la déclaration franco-britannique de Saint-Malo, avec son homologue britannique, John Hutton, le ministre de la Défense français Hervé Morin a aussi (ré)affirmé sa volonté de
restructurer l’industrie de la défense, française et européenne. Il l’avait déjà expliqué en partie à Deauville. Là c’est encore plus précis…

Un screening de la situation. « J’ai demandé aux industriels français d’engager avec nos partenaires européens, des discussions. Et naturellement avec nos partenaires britanniques.
Notre partenaire industriel naturel est le Royaume-Uni ; la raison en est simple : tous deux, avons encore une industrie de la défense et consacrons de l’argent ; beaucoup de choses ont été faites
par le passé avec le Royaume-Uni (par exemple le Jaguar)

Un groupe de haut niveau va travailler sur ces questions, « faire une analyse précise des compétences et technologies, pour voir ce que les uns et autres pouvons mettre en commun. En
France, j’ai donné mandat à la DGA (délégation générale de l’armement) de faire ce travail.»
Le moment venu, le ministre n’exclut « comme l’a proposé Hutton de présider au niveau
ministériel ce groupe de haut niveau, afin de donner l’impulsion politique nécessaire
».

Arrêter les doublons d’abord, regrouper ensuite. « Je veux qu’on cesse d’avoir des bureaux d’études qui font dans tous nos pays la même chose. Je veux qu’on ait davantage de nouveaux
programme conjoints, et à court ou moyen terme amener à des regroupements – sous forme de joints venture ou autres.»
Et le ministre d’ajouter : « Si on ne fait pas cela, compte tenu de la
faiblesse du budget européen, dans quelques années, les Européens n’auront plus q’un seul fournisseur, un industriel américain. Et, malgré toute mon amitié pour les Etats-Unis, je n’ai pas envie
que l’industrie française, demain, disparaisse.»

Photo : Hervé Morin © NGV

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Le paquet « marchés publics de la défense » se débloque

L’examen du paquet défense se poursuit tant au Conseil qu’au Parlement européen. Proposé en décembre 2007, par la Commission européenne, le « paquet  » se compose de deux directives qui visent
à organiser et structurer le marché européen de Défense. Le premier texte fixe les règes des marchés publics de défense, le deuxième organise le transfert des biens de défense à l’intérieur de
l’UE. Et les négociateurs ont bon espoir de pouvoir boucler le dossier dans les jours qui viennent. Ce qui pourrait constituer un succès indéniable pour la Commission et les présidences slovène et
française qui ont suivi le dossier. Un an après la proposition, cela constitue aussi un record, pour un sujet de cette sensibilité.

L’insertion dans un secteur jusqu’à là fermé et opaque de règles de marché ne doit, en effet, pas être négligé. Les enjeux sont multiples. Tout d’abord, c’est « un pas incontestable vers le marché
intérieur pour un secteur qui, pour l’instant – il faut le reconnaître – échappait à l’économie normale » comme le confirme un expert du dossier. Ensuite, cela donne aux institutions communautaires
– la Commission européenne, pour les procédures en manquement, et la Cour de justice des CE, pour les arrêts – des armes juridiques supplémentaires pour intervenir, corriger les imperfections ou
divergences qui ne manqueront pas de naître dans l’application de la directive, et au besoin approfondir le marché. Enfin c’est donner à la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), le
complément économique et industriel qui lui manquait.

En effet, derrière l’objectif immédiat d’ouverture des marchés, se profile un autre enjeu à moyen terme : la création d’un vrai marché des industries européennes de défense et le renforcement de la
base industrielle et technologique de défense (BITD) qui est, pour l’instant, resté davantage un mot creux qu’une réalité concrète. Ainsi, au-delà de l’ouverture des marchés, ses promoteurs
escomptent qu’elle incitera encore davantage les industriels à effectuer des regroupements et la naissance d’une « vraie » industrie de défense européenne.

La longue route vers un compromis

Plusieurs trilogues informels ont eu lieu ces dernières semaines avec un objectif : permettre aux diplomates et aux eurodéputés de s’accorder sur les amendements nécessaires afin de
faciliter une adoption en une seule lecture.

Transferts de défense. Cet objectif est déjà atteint au moins pour un texte, celui sur les transferts de produits liés à la défense. Le Coreper doit donner son accord pour les amendements de
compromis le 5 décembre, sous forme d’une lettre adressée au Parlement, avalisant ainsi l’accord qui s’est produit lors d’un trilogue informel le 24 novembre dernier. Et si le Parlement européen
approuve intégralement cette position, lors de la plénière le 16 décembre prochain, la directive sera alors réputée adoptée. Ne restera alors plus au Conseil qu’à formaliser l’accord par une
adoption du texte en « point A » lors d’une prochaine réunion (plutôt début 2009).

Marchés publics. L’accord, en revanche, semblait plus difficile à atteindre sur le second texte, sur les marchés publics de défense. Un projet global de compromis a été transmis par la
présidence au Coreper fin novembre. Et un trilogue informel (Commission, Parlement européen, Conseil) se tenait le 3 décembre également. Une « clarification » a pu avoir lieu entre les différents
partenaires. Après des réunions techniques cette semaine, un dernier trilogue devrait avoir lieu mercredi 10 décembre, à un niveau plus représentatif (avec la présence de l’ambassadeur du Coreper),
pour tenter d’aboutir à un accord global. Le vote en plénière au Parlement européen étant prévu en janvier.

L’objectif de la présidence française de l’UE de boucler le dossier avant fin décembre pourra donc être, presque, atteint.

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La flotte présidentielle polonaise équipée d’Airbus ?

C’est en tout cas l’éventualité envisagée par nos confrères polonais de Dziennik qui prépare un contrat d’achat de trois avions pour une valeur de plus de 100 millions de Zlotys (plus de 25 millions d’euros). Et l’Airbus aurait de grandes chances de
l’emporter. Cette procédure avait été lancée il y a plusieurs mois déjà. Mais le gouvernement du libéral Tusk a décidé de l’accélérer après la panne de de deux avions présidentiels en Asie, le
président Kaczynski avait ainsi dû interrompre son programme de visites en Asie et annuler certaines rencontres. Les avions ont plus de 18 ans et leur conception remonte à 1968. « Une honte »
commente un responsable du bureau de la sécurité nationale. Pour aller plus vite, les Polonais pourraient demander au fournisseur de leur « prêter » un avion le temps que les autres leur soient
livrés. Le président Sarkozy avait promis à l’ancien premier ministre (frère de l’actuel président) Jaroslaw Kaczynski de faire tout son possible auprès d’Eads pour accélérer les choses. La
promesse était tombée … en même temps que le gouvernement 

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Un « aviateur » à la direction « Industrie Marché » de l’Agence de défense



Arturo Alfonso-Meiriño doit prendre, début janvier, le poste de directeur « Industrie et marché » à l’Agence européenne de défense. Il était jusqu’à présent le
numéro 2 dans cette direction aux cotés de Ulf Hammarström, qu’il remplacera désormais. C’est un spécialiste de l’aéronautique qui arrive à ce poste.

Un des négociateurs de l’A400M. Né en 1955, il sort diplomé de l’académie militaire espagnole aérienne en 1977 et est aussi diplomé en sciences économiques de l’université de Madrid en
1982. Outre ses diverses fonctions dans les forces aériennes espagnoles, il a été impliqué dans plusieurs programmes internationaux de coopération en matière de défense. Officier de liaison à
l’Us-Navy de Philadelphie, il assure la gestion financière et logistique du programme Hornet EF-18 espagnol. En 1992, il est nommé à l’agence de l’Otan chargée de la gestion du programme
Eurofighter et Typhoon (Netma) à Münich, comme spécialiste financier du programme Typhoon EF-2000. En 2000, il passe à Toulouse à l’Office du programme international intérimaire chargé de la
négociation du contrat de développement, de production et de soutien logisitique initial avec Airbus Industry pour la construction du futur avion militaire A400M, ensuite transféré à l’Occar où
il est responsable des aspects commerciaux et directeur-adjoint..

La direction « Industrie et marché » à l’Agence europénne de défense – établie à Bruxelles – est plutôt stratégique car elle travaille à créer un Marché européen des équipements de défense principalement à travers un régime
intergouvernemental de marchés publics et elle soutient la restructuration et le renforcement de ce qu’on appelle la  Base européenne industrielle et technologique de défense.

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Affaire Patria / Slovénie: les dirigeants à la case prison

L’ancien dirigeant de Patria, la firme finlandaise d’armements, Jorma Witakorpi devrait resté en prison accusé d’esprionnage industriel et fait de corruption aggravé, ainsi en a décidé jeudi le
tribunal d’Helsinki. Il avait été arrêté lundi dernier par le bureau national d’enquête (BNE). Même punition pour Veijo Varis, membre de l’équipe de direction de Patria (il était responsable du
département Land & Armement). Une équipe de police conjointe des polices finlandaises et slovènes ont travaillé ensemble. En effet, c’est pour la vente de véhicules blindés fabriqués par Patria
aux forces armées slovènes que l’affaire est née. Le dirigeant inculpé a toujours nié les faits. Et aucune trace d’une action illégale n’a pour l’instant été trouvée, indique le quotidien Helsingin
Sanomat. L’ancien Premier ministre slovène, Janez Jansa, avait également été mis en cause, comme un des destinataires possibles de l’argent, par une enquête de la télévision finlandaise. Mais il avait toujours nié ce fait. Le BNE mène toujours une enquête sur un autre cas de corruption
pour la vente d’artillerie en Egypte.

La livraison continue. Patria a cependant indiqué continuer à livre les blindés. Le premier des 130 véhicules a été livré en Slovénie vendredi. Et plusieurs autres devraient suivre d’ici la
fin de l’année. Pour l’instant, tant qu’il n’y a pas condamnation, le contrat (de 278 millions d’euros) reste valable. Cependant une clause « anti-corruption » a été insérée dans le contrat et permet
à la Slovénie de l’annuler en cas de jugement avéré. Une possibilité éventuelle car une partie des équipements est fabriquée en Slovénie…

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Armements. La liste de 1958 va être traduite dans toutes les langues

Depuis 1958, une liste des armes et munitions a été
définie qui permet aux Etats membres de ne pas appliquer les règles européennes (libre circulation des marchandises, marchés publics…) pour certains produits ou services d’intérêt national, par
application d’un article du Traité (aujourd’hui article 296),.
 
Cette liste n’a vraiment jamais été publiée, ni mise à jour, encore moins traduite dans les différentes langues de l’Union européenne, au fil de ses élargissements. Elle a simplement été inscrite
au procès-verbal du Conseil des Ministres de la CEE (doc. 368/58) dans les quatre langues officielles que comptait alors la Communauté économique européenne (à savoir l’allemand, le français,
l’italien et le néerlandais).

Mais elle retrouve aujourd’hui une actualité certaine c’est elle qui va déterminer le champ d’application de la future directive sur les marchés publics de défense présentée par la Commission
européenne en fin d’année 2007. Texte actuellement discuté par le pouvoir législatif européen (Parlement et Conseil de l’UE). « En vue de faciliter les négociations en cours sur (cette) proposition
de directive et assurer, dans tous les États membres, la sécurité juridique », il était donc nécessaire de la traduire dans les 23 langues officielles, explique un expert du dossier.

La procédure proposée est plutôt compliquée et tient davantage lieu des négociations internationales que d’une simple travail administratif de traduction. Ainsi, c’est le Comité des représentants
permanents (1ere partie – Coreper I) qui marque son accord pour que la traduction de la liste de 1958 dans toutes les langues officielles de la Communauté. « Une fois qu’elles seront disponibles,
toutes les versions linguistiques seront soumises aux juristes-linguistes pour qu’ils procèdent à la mise au point juridique requise » (ce qui est habituel). Et après examen par le Comité des
représentants permanents (2ème partie – Coreper II), le Conseil des Ministres approuvera, lors de l’une de ses prochaines sessions, l’ensemble des versions linguistiques de la liste de 1958. Ouf
!

Pourquoi une telle complexité ? Tout simplement car c’est le Coreper I (qui rassemble les ambassadeurs adjoints auprès de l’UE de chaque Etat membre) qui est responsable du marché intérieur et de
la négociation sur les marchés publics mais que c’est le Coreper II (qui rassemble les ambassadeurs des 27) qui est responsable des aspects « Affaires extérieures » ou « Défense ». Et que chacun tient
à garder ses compétences…

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Une belle livraison russe à la Grèce


La Grèce devrait signer un contrat de livraison de 420
véhicules de combat d’infanterie BMP-3M russes, selon un porte-parole de la société russe Rosoboronexport, alors que le 15e salon militaire Defendory 2008, se tient à Athènes.

« La rédaction de l’accord intergouvernemental et du contrat ad hoc est en cours », a-t-il indiqué à nos confrères de Ria Novosti. Les négociations avaient été entamées en décembre 2007, le
ministère grec de la Défense ayant donné son feu vert en début d’année.

Photo : Rosoboronexport

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Moscou veut renforcer ses liens d’armement avec New Delhi

(BRUXELLES2) La Russie a proposé à l’Inde de passer à une nouvelle étape, plutôt que d’acheter des équipements de les concevoir conjointement. Le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov a présenté, lundi, à son homologue Arackaparambil Kurian Antony le cadre de cette nouvelle coopération. D’après le gestionnaire d’une entreprise de défense russe, cité par le quotidien économique Vedomosti, cette coopération concernerait plusieurs projets : le développement d’un chasseur de cinquième génération sur la base du Sukhoi T-50, la conception d’un char et d’une frégate de nouvelle génération, d’un nouveau missile supersonique BrahMos-2, de même que d’un sous-marin nucléaire indien. Cette coopération sera titrée de l’expérience de l’entreprise russo-indienne BrahMos, qui a conçu un missile de croisière supersonique sur la base du missile russe Yakhont. Le montant du nouveau programme devrait au moins être égal à 10 milliards $ (c’est le montant de l’actuel programme 2001-2010 et il devrait déjà être atteint en matière de livraisons à la fin de l’année, 2008). Le lien avec l’Inde revêt « une importance vitale pour la Russie », précise Konstantin Makienko, expert du Centre d’analyse des stratégies et des technologies. « Presque tous les systèmes modernes que la Russie peut exporter aujourd’hui ont été développés dans le cadre de commandes indiennes au cours de ces dix dernières années », rappelle-t-il. Mais, « les ambitions de l’Inde s’étant accrues, il n’existe pas d’autre alternative que de passer à une conception conjointe ».

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Les Roumains hésitent (un peu) sur leur futur avion, F16 ou Gripen


La Roumanie va devoir remplacer ses bons vieux Mig 21, dont nous
avons pu voir un exemplaire lors du dernier défilé du 14 juillet. Les 48 avions de fabrication soviétique ont commencé à être
retirés du service. Et le gouvernement a mis 4,5 milliards d’euros sur la table pour les remplacer.

Le Conseil Suprême de Défense du Pays (CSAT) doit se prononcer, prochainement. Mais, comme l’a confié le secrétaire d’Etat à la Défense, Corneliu Dobritoiu, à certains quotidiens roumains, la
décision sera éminemment « politique ».

Sont en lice surtout deux avions (sur les cinq pressentis au départ) : le Falcon F-16 de l’américain Lockheed
Martin (qui aurait la préférence du président et des militaires, selon nos confrères de Cotidianul) et le Saab Gripen suédois (que préfère le Premier ministre). L’Eurofighter semble, pour l’instant, hors
course, son prix (60 milions d’euros) et son coût de fonctionnement semblent prohibitifs pour les Roumains.
 
Lockheed Martin argumente sur l’interopérabilité de son appareil F-16 avec le futur F-35 qui deviendra le standard de l’Otan. Un argument de vente – avec le prix – auxquels sont sensibles les
militaires roumains. Leur idée est en effet de n’acheter que 24 F-16 et de garder une partie du budget (4,5 milliards d’euros) pour acheter 24 autres avions F-35. Le Gripen a pour lui qu’il peut
être armé par un large éventail (américain, européen, israëlien…) y compris les missiles Matra (qui équipe déjà l’armée roumaine). De plus les Suédois auraient fait une offre de compensation
intégrale. Ils seraient prêts d’investir « 100% de la valeur du contrat » dans la construction d’une centrale électrique, recyclant les déchets ».

Europe ou USA, entre les deux le coeur de la Roumanie vacille…

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L’achat des hélicoptères Agusta au Danemark, « peu professionnel »?


« Peu professionnel ». C’est le terme employé par la Cour des comptes
danoise (Rigsrevisionen), dans un rapport publié mercredi, à propose de l’achat de 14 hélicoptères Agusta EH-101, SAR
(Search and recue), résultant d’un accord conclu en mai 1999. Une meilleure négociation était possible, estiment les auditeurs.

Une négociation mal menée
L’achat de ces matériels a coûté au total 3 milliards de couronnes danoises (env. 400 millions d’euros) mais n’a pas répondu à toutes les attentes. Manque de
documentation, faiblesse de la négociation, non prise en compte de certains risques, non inclusion de clauses de réparation ou réserves dans le contrat… la liste des imperfections paraît
justifier ce constat sévère.

Des hélicoptères plus chers et moins disponibles
Si le premier hélicoptère a été livré en 2005, le dernier n’a pu être livré qu’au début 2007, soit « 1 an de retard sur le plan prévisionnel de livraison » constate le rapport. Ils ont seulement pu
être opérationnels 30% du temps jusqu’à 2008 (50% à partir du début de cette année, grâce à un effort spécifique des militaires) ! Le taux de disponibilité de 80% et de 400 heures de vol par an
promis n’est ainsi pas respecté (mais il ne semble pas entouré de garanties suffisantes pour une revendication auprès du constructeur). A la demande de la défense Britannique, en manque
d’hélicoptères, six d’entre eux ont été transférés en Grande-Bretagne, ce qui fait que les besoins de transport (danois) ne pourront pas être assurés complètement d’ici 2010. Et pour assurer la
fonction « recherche et sauvetage », il a fallut recourir aux vieux hélicoptères S-61 Par ailleurs, le ministère n’a « vraiment évalué que les coûts d’acquisition et très peu les coûts de
fonctionnement ». Ainsi les coûts de maintenance ont explosé, le double de ce qui était prévu au départ.

Le ministre de la Défense a désormais deux mois pour répondre à ce rapport et indiquer comment éviter la répétition de telles erreurs en cascade, couteuses… Une nouvelle négociation avec le
fournisseur Agusta-Westland sur certaines garanties non respectées – avec réclamation financière à l’appui – est à l’étude.

Pour télécharger le rapport (en danois), cliquez ici

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affaire Patria: le torchon brûle entre Ljubljana et Helsinki


Au départ, en décembre 2006, c’était un simple contrat de livraison de véhicules blindés
8×8 AMV et de mortiers Nemo 120 mm par une firme finlandaise, Patria, à l’armée slovène. Un doute était bien survenu sur la limpidité
de l’affaire. Et une commission d’enquête s’était mise en place en Slovénie, en mars 2007, présidée par un membre de l’opposition.

L’affaire s’est compliquée quand la police finlandaise, saisie d’une plainte, commence d’enquêter sur des faits de corruption (aidées des polices autrichienne et slovène, pour les intermédiaires).
Et elle prend une tournure encore plus précise au printemps 2008 quand plusieurs employés de Patria sont d’abord entendus, puis l’un d’entre eux arrêté. En juillet, c’est carrément un dirigeant de
l’entreprise qui est incarcéré. Plutôt gênant pour une firme détenue en grande partie (à 3/4) par l’Etat finlandais. Une somme d’environ 21 millions d’euros selon les médias finlandais aurait été
utlisée pour diverses « commissions » dans les rangs slovènes.

Mais, aujourd’hui, cela dégénère en affaire d’Etat. Car le soupçon de corruption atteint désormais le sommet de l’Etat slovène. Une émission (Mot) sur la télévision finlandaise publique a
directement mis en cause le Premier ministre slovène, Janez Jansa qui il y a quelques mois encore assurait la présidence de l’Union européenne.

Démenti sec de l’entreprise (voir target="_blank">ici). Démenti plus courroucé de Ljubljana qui fait donner l’artillerie lourde : le ministre de la Défense, Erjavec, monte au créneau et menace de geler le contrat avec
l’entreprise finlandaise. Une session extraordinaire au Parlement slovène est consacrée au sujet. Et une note diplomatique a été remise à Helsinki lui demandant de bien vouloir intervenir auprès de
la Télévision (du plus pur style slovène, qui n’avait pas manqué d’utiliser de telles méthodes durant sa présidence). Il faut dire qu’on est en pleine campagne électorale (les élections ont lieu le 21 septembre). Et tous les coups semblent permis. Le Premier ministre, Jansa
(libéral de droite), à la tête d’une coalition de plusieurs partis, n’est pas sûr d’être reconduit.

Reportage de la télévision finlandaise

(Crédit photo : Patria)

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