Drones

Des drones européens… Oui mais quels drones ? Et avec qui ?

Des drones européens… Oui mais quels drones ? Et avec qui ?

L’évolution des générations de drones aux USA. Et en Europe ?

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Qu’ont fait les Européens durant ces dix ou vingt dernières années ? C’est en gros la question que le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, a posée publiquement, hier soir, au Parlement européen.

Un appel aux Européens à réagir

Il n’existe pas de drones français (et européens) sur le marché capables de voler longtemps et haut (HALE ou MALE comme haute altitude ou moyenne altitude). « Alors que l’Europe a des capacités avioniques importantes, pourquoi faut-il aller acheter des drones aux Américains et en Israël ? Comment se fait-il qu’on n’a pas été capable de faire (un drone) alors qu’il y a des industriels capables de faire ? » L’achat français de deux drones sur étagère se trouve ainsi justifié, selon lui. Il faut trouver une réponse « immédiate » à un « vide sécuritaire » en achetant soit aux Etats-Unis « avec qui les discussions avancent plutôt bien », soit aussi « peut-être Israël ». Mais cela « ne doit pas empêcher qu’on ait une discussion (entre européens) pour concevoir un drone  à l’horizon 2020 ». Et de lancer un appel. « Il faut que les pays qui ont besoin de capacités se déclarent et que les industriels puissent mettre en œuvre un processus technologique européen ? »

Des capacités mais pas de drones

Commentaire. Là effectivement réside le problème. Les Européens sont bien arrivés à produire simultanément trois modèles d’avions de chasse modernes (Eurofighter, Gripen, Rafale), voire 4 si on inclut le programme américain d’avion F-35 ou JSF qui a pompé les ressources R&D de plusieurs pays (Pays-Bas, Danemark, Norvège…). Ces avions ne trouvent pas suffisamment de clients, aujourd’hui, pour atteindre un seuil de rentabilité satisfaisant. Et le prix unitaire s’est renchéri. On atteint même le seuil de saturation en matière d’offre. Alors que, dans le même temps, sur le marché des drones, rien ou presque. Pourtant l’utilité du drone en opération a déjà été prouvée. Et le marché paraît prometteur tant au plan militaire que civil.

Gouvernements comme industriels se sont contentés d’un status quo satisfaisant mais destructeur. Chacun a espéré l’autre. Les industriels ont attendu la définition du besoin (comme l’a expliqué lundi Eric Trappier de Dassault) et… la commande. Les gouvernements attendaient un produit miracle. Et souvent chacun a joué perso, espérant pouvoir tirer son épingle du jeu. Il serait donc temps de se réveiller. Et les apôtres du tout national revenir à la réalité. La France ne peut plus, toute seule, faire les investissements nécessaires. Le Royaume-Uni et l’Allemagne, non plus ! Berlin vient de le prouver en renonçant au projet Euro Hawk (visant à européaniser le Global Hawk).

Il serait peut-être utile d’aboutir à la création d’un « Airbus du drone » regroupant les industriels volontaires sur ce domaine et capable d’occuper tous les segments du drone — du tactique au stratégique en passant par le combat le cas échéant —. Mais cette décision ne peut être prise par les seuls ministres de la Défense. Elle doit être prise au plus haut niveau, par les Chefs d’Etat et de gouvernement. En attendant, il sera nécessaire d’adopter un plan d’équipement « d’urgence » coordonné, et conséquent, avec ce projet européen. Faute de quoi, il faudra se résoudre à acheter Américain ou Israélien demain, Chinois ou Indien après-demain…

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Les drones américains suspendus de vol à Djibouti

(BRUXELLES2, exclusif) La douzaine de drones américains (Reaper et Predator) présente au Camp Lemonnier de Djibouti est interdite de vol dans la petite république de la Corne. Les autorités locales ont pris cette décision après un incident qui est survenu dans la nuit de jeudi à vendredi. Un incident mécanique à l’atterrissage – un « posé dur » en jargon aéronautique – a légèrement fracassé le RQ 1 (Predator). Mais surtout il a causé l’immobilisation de l’unique piste de l’aéroport international, qui est à double usage, civil et militaire. CE qui a retardé notamment le vol d’Air France. Un officier US interrogé par B2 a confirmé à m-mots cet incident sans trop vouloir s’étendre. Plutôt que ‘une interdiction de vol par les autorités locales, il préfère parler d’une mesure de précaution, classique en cas d’accident, le temps d’éclairer les circonstances du crash, et d’apporter des mesures supplémentaires de sécurité.

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Le Neuron se fait son premier vol

Le Neuron en préparation du premier vol (© Dassault Aviation - Ph. Stroppa)

(BRUXELLES2) C’était à Istres aujourd’hui (1er décembre) dans le sud de la France. Tout seul (ou presque), le Neuron a fait son premier vol. Ce démonstrateur de drone de combat furtif est en effet piloté à terre. Ce sont les équipes de Dassault Aviation, qui tenaient le manche, sous l’oeil attentif des experts techniques de la DGA qui assuraient le contrôle de l’espace aérien (histoire que rien ne vienne gâcher ou retarder ce vol). Entamé en 2003, notifié en 2006, ce programme devrait préparer le terrain à un drone de combat ou futur avion de chasse à l’horizon 2030.

La campagne d’essais démarre

Ce vol est une « étape majeure » estime-t-on à la DGA car cela ouvre la voie aux campagnes d’essais en vol du démonstrateur en Italie, en Suède et en France. Ces essais ont pour objectif de démontrer les qualités de vol de la plate forme, mais aussi d’en évaluer la furtivité et les aptitudes au combat. Le drone doit, en effet, être capable d’exécuter une mission air-sol, basée sur la détection, la localisation et la reconnaissance de cibles au sol, de façon autonome, c’est-à-dire en rectifiant au besoin sa position ; puis de réaliser un tir à partir d’une soute interne, dans des délais de réactivité très courts. Le démonstrateur permet aussi d’évaluer de la détectabilité d’une plate-forme furtive face à des menaces sol et air, tant dans le domaine de la signature radar, que dans celui de la signature infrarouge. Long de 9 m, avec une envergure de 12 m, d’un poids total de 7 tonnes, le Neuron peut atteindre une vitesse maximale de 980 km / heure proche du Mach 1 (1220 km/h).

Programme européen

Entamé en 2003, le Neuron est un programme mené en coopération européenne, avec 5 autres pays (Italie, Suède, Espagne, Grèce, Suisse) mais sous forte impulsion française. C’est la DGA qui gère le projet et est l’agence d’exécution unique. Tandis que Dassault Aviation, en tant que maître d’œuvre unique, est responsable de l’exécution du contrat principal. « L’objectif de ce projet n’est pas de créer de nouvelles capacités technologiques en Europe, mais de tirer le meilleur bénéfice des niches existantes» estime-t-on chez Dassault.

Répartition des tâches

Le constructeur français est responsable de la conception générale et de l’architecture du système, des commandes de vol, des dispositifs furtifs, de l’assemblage final, de l’intégration des systèmes, ainsi que des essais au sol et en vol. L’italien Alenia Aermacchi contribue au projet avec un concept novateur de soute interne d’armements (dite « Smart Integrated Weapon Bay » – SIWB), un capteur interne EO/IR, les portes de soute et leur mécanisme d’ouverture, ainsi que le système électrique de la plate-forme, et l’anémométrie. Le suédois SAAB a en charge de la conception du fuselage principal, des trappes de train, de l’avionique, ainsi que du système carburant. L’euro-espagnol (EADS-CASA) apporte son expérience pour les ailes, le segment sol, et l’intégration de la liaison de données. Le Grec Hellenic Aerospace Industry (HAI) est responsable de la section arrière du fuselage, de la tuyère, ainsi que de la fourniture de racks du « banc d’intégration global ». Tandis que le Suisse RUAG prend en charge les essais de soufflerie basse vitesse, et les interfaces entre la plate-forme et les armements. Notons qu’il n’y a pas de britannique dans ce projet, BAE Systems développe en effet un système concurrent, le Taranis.

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Et voilà… le drone anti-pirates (maj)

(crédit : ONR / Marine US)

(BRUXELLES2) La chasse aux pirates somaliens et autres donne des ailes aux chercheurs. La marine américaine vient ainsi d’annoncer avoir terminer les premiers essais sur un système embarqué à bord d’un hélicoptère sans pilote spécialement dédié à cette action. Les algorithmes ont « été testés avec succès dans les systèmes basés à terre contre les navires en mer ». Les essais grandeur nature commenceront cet été au large de la Californie, selon l’Agence de recherche de la marine US (*). L’exploitation opérationnelle n’est pas encore précisée.

Ce MMMS – comme Multi-Mode Sensor Seeker – sera capable de distinguer les petits bateaux de pirates d’autres navires. Il est équipé d’un ensemble de caméras haute définition, de capteurs infrarouges et laser radar (LADAR), et d’un logiciel de reconnaissance automatique de cibles, le tout placé sur un hélicoptère robotisé appelé Fire Scout. A l’aide d’algorithmes de reconnaissance de cibles, Fire Scout va exploiter les données collectées en 3D par le LADAR, en comparant les images recueillies à des modèles de navires ou des schémas stockés dans la mémoire du système.

« Les données en 3D vous donnent une longueur d’avance sur l’identification des cibles », explique Dean Cook, chercheur du programme MMSS du Centre de recherche sur l’armement pour l’aéronavale (NAWCWD). « Les caméras infrarouges et autres produisent des photos 2D, et les objets peuvent être difficiles à identifier automatiquement. Avec les données LADAR, chaque pixel correspond à un point 3D dans l’espace, l’algorithme de reconnaissance automatique de cible permet de calculer les dimensions d’un objet et de les comparer à celles d’une base de données.  »

L’objectif de cet engin : décharger les marins d’une tâche fastidieuse. « Les marins qui contrôlent les systèmes de surveillance automatique peuvent devenir surchargés de données, à force de passer au crible des heures durant des vidéo en continu la recherche d’un seul navire », justifie Ken Heeke, chargé du programme de la guerre navale de l’Agence de recherche de la marine (ONR). « Le logiciel de reconnaissance automatique de cible donne à Fire Scout la capacité de distinguer les bateaux cibles dans les eaux côtières encombrées en utilisant LADAR, et il envoie cette information à des opérateurs humains, qui peuvent ensuite analyser ces navires avec une image 3D. »

* Le logiciel a été intégré dans une tourelle BRITE Star II par une équipe de chercheurs du NAWCWD, de l’université d’Utah et de Raytheon, FLIR Systems, BAE Systems, pour les essais en vol à bord d’un hélicoptère d’essai « habité ». L’évaluation de vol sera effectué contre des groupes d’environ sept petits bateaux dans un espace maritime réservé à l’armée.

(MAJ) Précisons que les 14 hélicoptères Fire Scout de la marine américaine sont aujourd’hui assignés au sol après deux accidents survenus coup sur coup. Le premier a eu lieu au large des côtes africaines, le 30 mars dernier, alors qu’un MQ-8B Fire Scout opérait au large de l’USS Simpson, de retour d’une mission de surveillance maritime. Ce qui était en cause était le système UCARS – dispositif nécessaire à l’appontage. Malgré plusieurs essais, l’hélicoptère a dû atterrir (amerrir plutôt) à distance du navire, où il a été récupéré plus tard par l’équipage. Plus récemment, le 6 avril, un Fire Scout opérant dans le nord de l’Afghanistan s’est craché lors d’une mission de surveillance de routine, pour une cause « inconnue ». « Les procédures opérationnelles et de performance du système sont soumises à révision » précise un communiqué de la marine.

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Trois mini-drones déployés par l’ONU pour les secours d’urgence

(B2) L’office satellitaire des Nations-Unies (UNOSAT) l’a confirmé la semaine dernière. Il va acquérir trois drones pour ses opérations de secours d’urgence ou civiles. Le premier arrivera d’ici fin 2011, commandé à la firme suisse Swinglet CAM, le second est commandé pour 2012 tandis que l’achat d’un troisième est planifié pour 2013. Ils pourront être utilisés par exemple sur une zone très limitée pour recueillir certaines images,  au plus près du terrain, mais aussi pour permettre le déploiement des secours, par exemple pour installer un relais « internet sans fil » et créer ainsi une zone Wifi que pourraient utiliser les équipes de secours. Résultat de plus d’une année de recherche et de tests expérimentaux, ces mini-drones sont assez différents des drones utilisés par les militaires (Predator ou autres). Ils sont très légers – moins d’un kilogramme – et de petite taille – 80 cms. Ils ne peuvent rester en l’air que 30 minutes et sont donc plutôt prévus pour recueillir des images ou évoluer sur une petite zone. Une idée pour les Européens ?…

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Le programme de drone Mâle ouvert aux Européens?

(B2) Le projet de drone à longue endurance (MALE) projeté entre Français et Britanniques devrait associer d’autres partenaires européens a expliqué Gérard Longuet, le ministre français de la Défense, lors d’une entrevue avec les journalistes de l’aéronautique

« Je pense que ce projet franco-britannique doit accepter l’idée que (…) nous sommes engagés dans la construction européenne et nous ne pouvons pas ignorer délibérément des pays qui font encore des efforts de défense et qui ont des capacités industrielles », explique-t-il, ainsi que le rapporte Usine Nouvelle.

On sait que Français et Britanniques étaient opposés sur la nature de l’appel d’offres à passer : européen pour les Français et mondial pour les Britanniques.

Lire: Longuet veut ouvrir le projet des drones MALE à d’autres industriels – Aéronautique.

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Un projet de drone maritime anti-mines à l’étude

Les ministres de la Défense de l’UE ont lancé, jeudi, un nouveau programme de recherche pour l’Agence européenne de défense d’un drone naval dédié à la lutte anti-mines (UMS).

Onze pays vont participer (et contribuer) au programme : la Belgique, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède, ainsi que la Norvège. Budget : 53 millions d’euros. Concrètement ce programme va financer des études avant commercialisation (de-risking), des démonstrateurs et la recherche et technologie, pour préparer la mise en place opérationnelle de cette technologie prévue pour 2018.

Un programme important dans cette période de restriction budgétaire et sur lequel l’Agence compte pour « redorer » son blason et apparaître comme une force de proposition concrète.

Les mines mais pas seulement…

Ce programme sera principalement concentré sur le déminage (détection, neutralisation…) mais il pourrait aussi avoir d’autres applications comme la protection des ports ou la guerre anti-sous-marine. Il aborde également certaines questions qui peuvent avoir un impact « transversal », sur d’autres projets comme les communications sous-marines, l’amélioration de l’autonomie des drones, la coordination, des interfaces et des normes, et même la sécurité et la réglementation pour les  véhicules maritimes sans pilote.

Un groupe de 100 experts mobilisé

Ce programme va impliquer une large palette de laboratoires, universités et industries sans compter les marines concernés. Un réseau d’une centaine d’experts a été constitué et sera un peu le « forum » de discussion du programme. Et un groupe « systems-integration » a été créé pour coordonner le programme et examiner les autres sujets de recherche futurs (lancement et récupération des drones, torpille, approvisionnement énergétique).

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