A400M Avions Transport

L’Airbus A400M: la cause… les causes du retard (dossier)

Trois types de retard

Les retards de l’Airbus ne concernent pas un seul module mais plusieurs.

Le moteur et son système de contrôle informatique, le Fadec. C’est non seulement le système qui est en retard mais sa certification aux normes civiles.
Cette certification aurait dû avoir lieu fin octobre 2007, d’après le contrat passé entre Airbus military et les motoristes. Ceux-ci ont promis une livraison pour juin 2009. Mais selon EADS, cité
par le rapport du Sénat français, le retard prévisible serait donc plutôt de l’ordre de deux ans.

Les systèmes de navigation. Deux sont indispensables aux capacités opérationnelles de l’appareil : le Flight Management System (FMS fabriqué par Thales)
et le GPS Air Data Inertial Reference System (GADIRS fabriqué par Sagem). Les deux autres systèmes sont des atouts spécifiques à l’A400M : le Terrain-Reference Navigation System (TRN – Eads) et
le Terrain masking low level flight (TM-LLF – Eads).

La position du stabilisateur horizontal, la définition interne de la voilure et son dimensionnement doivent être revues, l’estimation de la masse de
l’avion étant (celle-ci est supérieure de 12 tonnes à vide à celle qui était prévue au départ).

La cause, les causes du retard ?

Pour discerner les causes du retard, il faut remonter au début du contrat et analyser toutes les causes. Comme l’expliquent les sénateurs français dans leur
rapport, les Etats ont fait un « pari risqué » : demander un avion entièrement nouveau, dans des délais très brefs, à des prix bas et sans prendre de responsabilité sur les risques
technologiques.

Au moment de la définition du contrat, les objectifs des Etats européens divergeaient. Pour les Britanniques, l’impératif était la livraison à temps,
ayant besoin d’une flotte nouvelle dès 2004. Ils ont ainsi mis la pression sur le calendrier. Pour les Allemands, le besoin était moins criant, mais par contre ils tenaient à un budget « très
encadré ». Ils ont cherché à faire baisser le prix. Les Espagnols désiraient « faire grandir leur industrie aéronautique ». Quant aux Français, ils tenaient un peu aux trois impératifs,
avec un aspect idéologique en plus, « faire avancer l’Europe de la Défense » et l’indépendance industrielle européenne, en ayant un maximum de « pays à bord ».

Une technologie faite d’innovations. Voulu comme un outil polyvalent, de longue distance (transport stratégique), pouvant se poser sur tous les terrains
(transport tactique) et pouvant emporter un gros volume, ses commanditaires ont, peut-être « chargé un peu la barque ». Ensuite, c’est un bijou technologique, comprenant de nombreuses
innovations, mais doté d’une une avionique complexe. Ce qui a un coût, en terme de délai. Chaque petit retard sur un nouvel élément s’additionne. Un risque augmenté par l’absence de programme
d’évaluation des risques technologiques ; les Etats auraient refusé de le financer, selon EADS.

Le calendrier serré au maximum paraît assez irréaliste. Alors qu’un programme d’avion de transport militaire se conçoit entre 10 et 15 ans, entre le début
du développement et la première livraison, pour l’A400M ce délai était de 6,5 ans ! Le retard pris n’est ni plus ni moins donc qu’un retour à la normale.

Le prix a été serré au maximum. Lors de la conclusion du contrat, le prix d’un A400M était estimé à la moitié d’un Boeing C-17 Globemaster, et à peine
plus cher que le Lockheed C130J de conception plus ancienne et deux fois moins grand. Un véritable défi, estime David Gould, chef adjoint de la « Defence Procurement Agency » britannique «
Nous essayons d’obtenir quelque chose qui soit entre l’Hercules et le C17 à un prix qui soit le plus proche de l’Hercules »

Le départ de deux Etats fondateurs. Le départ de l’Italie, d’abord, du Portugal ensuite, même s’ils n’ont pas compromis le programme, lui ont porté un
mauvais coup à la fois économique, obligeant à augmenter légèrement le coût des avions, et en terme d’images, donnant un mauvais signal à l’export.

6° Les erreurs de l’industriel. Airbus cherchait – sur le modèle de Boeing – à équilibrer sa production d’avions civils. Ainsi il a « sous-estimé l’ampleur
du défi. Il a pensé qu’un avion de transport militaire tactique équivalait qu’un avion de transport civil « peint en vert ». L’absence d’expérience des ingénieurs d’Airbus en matière
militaire – malgré la présence d’Alenia et de Casa – semble avoir pesé dans cette mauvaise perception. EADS n’a pas non plus mis toutes les chances de son côté ». Airbus Military responsable du
programme n’avait pas vraiment l’autorité hiérarchique sur l’ensemble des acteurs. Et la plupart des capacités avaient été mobilisées par le programme A380. « EADS s’est engagé à réaliser un
type d’avion qu’il n’avait jamais fait, sans se doter de la meilleure organisation pour le faire et tout en faisant autre chose
. » souligne le rapport du Sénat français.

7° L’absence de dialogue entre les Etats et l’industriel est pointé aussi du doigt. Aucun Etat n’a été désigné comme leader du programme. « Ce qui a privé
l’industriel d’un interlocuteur réactif et tendu le consortium difficilement gouvernable » explique le rapport du Sénat français. Quant à l’OCCAR, son rôle n’est pas en cause. Mais il n’a pas
d’autonomie de décision et doit se retourner vers les Etats à chaque problème. Ce qui ralentit encore plus le processus décisionnel.

8° La certification civile a été voulue par les commanditaires car elle est rendue obligatoire par les nouvelles normes européennes de circulation dans les
couloirs aériens. Mais elle est lourde car elle implique de fournir une documentation complète du système, qui doit être traçable. Aucun avion principal de transport militaire n’est actuellement
certifié, sauf le C130J – qui dispose d’un certificat partiel de la Federal Aviation Administration.


Haute technologie, trop haute technologie ?

L’Airbus est un avion innovant. Trop peut-être. Ses commanditaires et concepteurs ont sans doute vu un peu gros, incorporant de nombreuses innovations
technologiques.

Le moteur tout d’abord, spécialement développé pour l’appareil – 4 turbopropulseurs de grande puissance (11.000 chevaux chacun). Au départ, c’est le
motoriste nord-américain, Pratt et Whitney, qui avait été pressenti. Mais d’un commun accord, surtout franco-britannique, les Etats membres ont affiché la préférence pour une solution européenne,
dans « une optique de souveraineté ».

Les hélices, ensuite, avec un sens de rotation des deux moteurs inversé, une dérive réduite, ce qui permet une charge utile plus lourde ou une plus grande
distance franchissable pour une même quantité de carburant.

Le FADEC – système informatique qui contrôle les moteurs, des hélices – est particulièrement complexe. Il comprend 275.000 instructions là où un avion civil
A380 ou un avion de chasse comme le Rafale en comprend 90.000.

Il peut emporter deux fois plus de matériels que ses concurrents directs – le Transall C-160 ou le Lockheed C-130. Sa soute peut ainsi accueillir 9 palettes
militaires standard, ou 116 soldats avec leur équipement, ou 66 civières et une équipe médicale. Il peut surtout transporter un hélicoptère type NH90.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

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L’Airbus A400M: un projet en retard, les faits, les causes (dossier)




L’avion Airbus A400M a
pris du retard. Ce n’est plus un secret depuis plusieurs semaines. Entre trois et cinq ans, selon les sources. EADS a confirmé, début janvier, un retard « d’au moins 3 ans pour la première
livraison ». Cela signifie une livraison vers fin 2012 au lieu de 2009. Et encore s’agit-il du premier appareil. La production la première année est de l’ordre d’un ou deux appareils dans un
premier standard (sans certaines fonctions logicielles avancées), il faut compter en fait 2014-2015 pour une réelle livraison en série.

Dérapage des coûts

A ce dérapage du planning de livraison s’ajoute un dérapage budgétaire. Le surcoût pourrait avoisiner entre 2 et 5 milliards d’euros selon les sources. Un montant
démenti par la direction d’EADS. « Aucune indication ne peut être donnée à ce jour tant qu’un plan industriel engageant, incluant la disponibilité des systèmes, n’est pas stabilisé et que les
discussions avec l’organisation européenne de coopération en matière d’armement (OCCAR) ne sont pas achevées » Celle-ci aurait déjà provisionné un montant de 1,785 milliards d’euros dans ses
comptes.

A noter : Le programme représente entre 20 et 26 milliards d’euros selon la référence de prix examinée. Le prix de l’avion est, en effet, indexé selon une formule
de calcul, qui conduit à un ajustement du prix annuel de 2% en moyenne

Conséquences opérationnelles

Ce retard entraîne de sérieuses difficultés opérationnelles en France et au Royaume-Uni, particulièrement qui ont des appareils anciens et une tradition
d’engagement de haute intensité sur des terrains difficiles (Irak, Afghanistan, Afrique) mettant à rude épreuve leur flotte aérienne. Si la difficulté est assez relative pour le transport
stratégique (longue distance) car des solutions palliatives, bien qu’onéreuses, peuvent être trouvées (par exemple Antonov avec le contrat Salis, C17…), elle est plus critique pour le transport
tactique (sur le théâtre d’opération) car il n’y a pas d’autre avion disponible, mis à part le Lockheed C-130J (Hercules). Mais la conception est déjà ancienne, datant des années 1950-60, et sa
soute ne permet pas d’emporter les équipements modernes.

Conséquences contractuelles

Indemnité. En cas de retard excusable, le gouvernement commanditaire peut, pour chaque jour de retard, appliquer une astreinte de 0,02% du prix de base de
l’A400M. L’indemnité de retard est limité à un maximum de 6%, soit pour un prix fixe de 78,21 millions d’euros par machine (hors taxe et mise en service), environ 4,7 millions d’euros par
machine. Si certains Etats (la France par exemple) ont montré leur volonté d’abandonner leur droit à indemnité en échange de l’annonce d’un calendrier de livraison intangible et clair ; d’autres
sont moins flexibles. L’Allemagne, par exemple, « n’est pas prêt à abandonner son droit contractuel (à indemnisation) » comme l’a expliqué le gouvernement devant le Bundestag.

Rupture du contrat. Le retard est tel qu’il est devenu possible aujourd’hui aux Etats de pouvoir se retirer du programme, sans devoir payer un dédit. Le
contrat signé par l’OCCAR prévoit, en effet, que si le premier vol a un retard de plus de 14 mois, les Etats peuvent abandonner le programme en récupérant les sommes versées : le premier vol
ayant été prévu pour janvier 2008, cela signifie qu’une telle éventualité devient envisageable à compter d’avril 2009.

La rupture du contrat a cependant une conséquence directe sur l’économie du programme et les contreparties négociées par chaque État membre. En Allemagne, on estime
ainsi qu’environ 10 000 emplois dépendent du programme A400M: 3 300 emplois directs et 7 150 emplois indirects.

Mesures prises

Revue de programme. L’OCCAR a été chargé de réaliser une revue de programme – dont les premiers résultats devraient être connus en mars.

Moratoire. Un moratoire de trois mois a été proposé à EADS par les Ministres de la Défense des pays participant au programme, réunis en marge de la réunion
informelle, à Prague, le 12 mars. Objectif : permettre aux pays commanditaires d’engager des discussions avec le constructeur pour essayer de faire le point sur l’état du programme, ses
difficultés de mise en oeuvre et la question des éventuelles pénalités financières, dans un climat apaisé. Et reporter ainsi à la mi-juillet toute décision quant à la révision (ou la
dénonciation) du contrat. La situation commençait, en effet, à devenir critique : la volonté de réduire les commandes transpirait de plusieurs Etats membres (Royaume-Uni, Allemagne…). « Aucun
Etat ne prendra de décision sans avoir évoqué cette question avec les autres » a expliqué Hervé Morin, le ministre français de la Défense.

Positions face à la crise

Plusieurs solutions existent : abandonner certaines indemnités de retard ou revoir à la hausse le prix de l’appareil (pour faciliter le retour à l’équilibre
financier), revoir à la baisse certaines spécifications (pour accélérer la livraison), ou dénoncer le contrat et opter pour une autre alternative (à supposer qu’elle existe).

EADS considère, selon le rapport du Sénat français (1) que certaines spécifications doivent être revues, voire supprimées. L’industriel préconise ainsi de
revoir à la baisse le FMS. Quant aux deux systèmes spécifiques à l’A400M, le TRN et le TM-LLF, Ils sont « à ce jour techniquement irréalisables ; le premier pour des raisons de fiabilité
tenant notamment aux imperfections des capteurs, le second à cause d’une complexité incompatible avec la capacité de calcul à bord
». EADS plaide aussi pour une révision des modalités
d’indexation du prix de l’appareil qui pour ne pas perdre d’argent.

• La France est prête à « ne pas exiger certaines pénalités financières prévues dans le contrat. En échange, EADS doit s’engager sur un calendrier ferme
de livraison
», précisait Hervé Morin à Bruxelles le 2 décembre, lors d’une séance de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. « Il faut aussi revoir à la baisse
certaines spécificités. On a peut-être trop exigé. On a peut-être voulu faire un avion un peu trop compliqué. Les Etats majors n’ont pas été raisonnables. »
.

• L’Allemagne a « besoin de transparence » selon Franz-Josef Jung, le ministre de la Défense, qui s’exprimait à Prague le 12 mars. « Nous avons toujours
besoin de l’A400M pour ses forces armées » avait précisé quelques jours auparavant Thomas Raabe, porte-parole du ministère de la Défense. « Ce qui est important pour nous, c’est la date de
livraison, et pas le premier vol. Nous souhaitons de la transparence et de la clarté de la part de l’entreprise
». En fait, l’Allemagne n’est pas disposé à revoir le contrat. Que ce soit
pour certaines spécifications ou pour renoncer aux indemnisations, « le gouvernement n’est pas disposé à renoncer à son droit contractuel » a déclaré le gouvernement devant le
Bundestag.

• Le Royaume-Uni a évoqué publiquement la possibilité d’une solution alternative. Le ministre de la Défense de Gordon Brown, John Hutton, a expliqué devant
le Parlement en janvier : « Nous ne pouvons pas accepter un retard de 3 à 4 ans pour la livraison de cet avion. Cela imposerait une pression inutile et inacceptable sur nos matériels aériens
et, avec tous nos Etats partenaires, nous devons examiner vraiment très prudemment quelle est maintenant la bonne réponse à ce problème, alors que nous avancerons
» (*). Le rapport
de la Chambre des communes, sur les équipements militaires (2), se posait également la question s’il ne serait pas préférable « d’abandonner (le programme) et de prendre (d’autres) décisions
pour acheter ou louer d’autres avions afin de ne pas laisser un déficit de capacité dans le transport aérien se créer
».

• L’Espagne se montre surtout préoccupée par la préservation d’une industrie de Défense forte. « Nous souhaitons tous que l’industrie de défense
européenne pèse
» a souligné Carme Chacon, la Ministre de la Défense, le 12 mars. « Pour l’Espagne, une chose est claire, le renforcement de la défense européenne est fondamental
».

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

Pour aller plus loin:

(1)« L’Airbus A400M sur le chemin critique de l’Europe de la défense », rapport du Sénat
français
N°08-205 (février 2009).

(2) « Defence Equipment 2008 », rapport annuel de la commission de Défense de la Chambre des Communes (mars 2008),
télécharger

« Defence Equipment 2009 », rapport annuel de la commission de Défense de la Chambre des Communes (février 2009),

télécharger

(*) Hutton : We cannot accept a three to four year delay in the delivery of these aircraft. It is going to impose unnecessary and unacceptable strain on our air
assets and we, along with all of our partner nations, will have to consider very carefully indeed what the right response now to this problem is as we go forward

(crédit photo : EADS Airbus Military)

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L’Airbus A400M: un programme et un contrat à rebondissement (dossier)



Les prémices.
Chaque
armée réfléchit dans les années 1980 au remplacement de ses avions tactiques. Les C-160 Transall qui équipent les armées françaises et allemandes doivent être retirés dans les années 2010. Et les
Lockheed C-130 Hercules ensuite. Si la France et le Royaume-Uni semblent convaincus assez vite d’une solution européenne, c’est paradoxalement l’Allemagne qui traîne les pieds. Elle prône notamment
une autre solution, l’avion russo-ukrainien Antonov 70, pour des raisons à la fois budgétaire et politique. En mai 2000, le ministre de la Défense de l’époque, Rudolf Scharping, confirme le choix
de l’A400M, justifiant ce choix par la nécessité d’accorder « une priorité absolue à une solution commune européenne ». La décision britannique définitive du gouvernement Blair de préférer
l’Airbus à une solution américaine — l’ambassadeur US à Londres n’hésitera pas à se montrer « profondément déçu » de ce choix — emporte les dernières hésitations allemandes, allié à la
nécessité de réaffirmer la bonne entente avec la France.

Le SOP de 1997. En décembre 1997, la version définitive de la déclaration de principes ou « Statement of principles »
(SOP) est adoptée. Elle précise qu’il y aura un contrat à phase unique, c’est-à-dire ne distinguant pas développement et commercialisation (contrairement à ce qui est pratiqué généralement pour
les contrats militaires) ; les Etats ayant en mémoire certaines « mauvaises » expériences (Eurofighter, Asute, Nimrod AEW). Ce contrat sera passé avec un constructeur unique, pour un prix
identique pour tous les Etats. Une fois le contrat signé, aucun Etat ne pourra se désengager sans payer des dédits dissuasifs de manière à éviter toute remise en cause budgétaire.

De 291 avions, lors de la première déclaration d’intention (le SOP), le nombre d’avions tombe à 180 au dernier contrat signé en 2003, le nombre minimum estimé par
Airbus dès le début du programme pour commencer la production. A cela plusieurs causes, tout d’abord, une révision à la baisse des ambitions de départ de certains Etats (Allemagne, Royaume-Uni,
Espagne, Turquie) et le retrait du programme de deux Etats (Italie et Portugal) pour des raisons à la fois politiques et budgétaires.


Le contrat de 2001. Les ministres de la Défense des Etats européens participant à ce projet signent, lors du Salon
aéronautique du Bourget (près de Paris), le 19 juin 2001 un protocole d’accord pour la commande de 196 appareils.

Le contrat définitif avec le fournisseur, Airbus Military Company, filiale d’EADS, devait être signé le 16 novembre 2001, à l’occasion de l’inauguration de l’OCCAR
(Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) – transformée à cette date en Agence européenne d’armement – qui doit prendre en charge le déroulement du programme A400M. Mais le
gouvernement allemand repousse le délai, pour des raisons internes.

Finalement, c’est le 18 décembre 2001, que les ministres de la Défense des huit pays participants au programme. Mais dans un additif au contrat, l’Allemagne
s’engage à confirmer sa commande en obtenant l’aval du Bundestag d’ici au 31 janvier 2002.


Le retrait de l’Italie. Le retour de Silvio Berlusconi au pouvoir en Italie, en juin 2001, se veut l’affirmation d’une
nouvelle politique européenne de la péninsule, plus rétive aux projets européens. Il dit « non » au mandat d’arrêt européen, à l’agence alimentaire en Finlande et… à l’Airbus A400M. Le nouveau
ministre de la Défense Antonio Martino (numéro 2 de Forza Italia) explique, en octobre 2001, le refus de son pays de participer au projet. « Cet appareil ne sert pas l’aviation militaire ». Le
Premier ministre, Berlusconi dément qu’une décision est prise. Mais quelques semaines plus tard, le 20 décembre, Silvio Berlusconi confirme son opposition au projet A400M. « Il s’agit d’un projet
qui intéresse seulement l’industrie française et ceux qui le produisent » explique-t-il. L’Italie avait prévu de commander 16 exemplaires.


Les tergiversations allemandes : de 73 à 60 avions. Le gouvernement allemand a des difficultés à obtenir
l’accord du Bundestag pour le financement de sa commande de 73 appareils. Les partis d’opposition (Chrétiens démocrates de la CDU-CSU, libéraux du FDP, communistes du PDS) s’opposent au
programme. Même les Verts – membres de la coalition du chancelier Schröder – sont réticents.

Le 12 décembre 2001, le gouvernement trouve finalement un accord avec la Commission des finances du Bundestag sur le financement : 5,11 milliards d’euros devait
être inscrit au budget 2003 (tandis que 5,5 milliards d’euros ont été inscrits dans le budget 2002). Mais l’opposition parlementaire (CDU/CSU, FDP) intente un recours devant la Cour
Constitutionnelle. La Cour lui donne raison, fin janvier 2002 en estimant que le mode de financement retenu par le gouvernement viole la souveraineté parlementaire de l’Assemblée qui sera issue
des urnes à l’automne prochain. Le Bundestag finit par voter, le 22 mars 2002, la première tranche des appareils commandés par la Bundeswehr. La deuxième tranche est reportée après les
élections.

Début décembre 2002, le ministre de la Défense, Peter Struck, confirme officiellement que Berlin ne commande plus que 60 avions, crise économique oblige. Des coupes
« militairement responsables« , selon lui, la clé de l’avenir ne résidant pas dans la quantité achetée, mais dans la « coopération avec les partenaires européens et
américains
« .


© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

(crédit photo : EADS Airbus Military)

Le retrait du Portugal. Le Portugal (3 avions) se retire du programme en mai 2002. Le ministre portugais de la
défense, Paulo Portas, du nouveau gouvernement de centre droit (PSD-CSD) dirigé par José-Manuel Barroso, invoque des raisons financières. Ce retrait est entériné par la loi de programmation
militaire en février 2003. L’Airbus A400M est « si cher » qu’il était préférable d’acheter le C130J explique alors un porte-parole de la Défense. « Les concurrents américains nous
ont présenté une offre qui permet d’acheter le double des avions
». Mais les raisons sont plus politiques. Cette décision intervient en pleine polémique sur la guerre d’Irak alors que le
Portugal s’est rangé délibérément du côté américain et que la France et l’Allemagne sont hostiles à cette intervention. Pour le ministre portugais de la Défense, Paulo Portas, atlantiste déclaré,
ce geste est une manière de montrer la fidélité au gouvernement américain.


Les ventes à l’export. Un premier pas vers l’export de l’avion est franchi avec la signature d’une déclaration
d’intention d’achat avec l’Afrique du Sud, le 9 décembre 2004, confirmée en mars 2005 pour 8 avions. Le pays participant au programme pour une valeur de 750 millions d’euros.

Une déclaration d’intention est signée avec le Chili en juillet 2005 pour une livraison entre 2018 et 2022. Elle reste sans suite.

Un contrat est signé, le 8 décembre 2005, avec la Malaisie pour l’achat de quatre avions. Cet accord scelle également la participation industrielle malaisienne au
programme, pour un montant d’environ 200 millions d’euros. Les sous-traitants malaisiens effectuant le travail de conception et fabrication de certains éléments du fuselage de l’Airbus.

En janvier 2008, Airbus ne parvient pas à gagner un contrat au Canada. Le gouvernement canadien approuve l’achat de 17 C-130J au constructeur américain Lockheed
pour 4,9 milliards $ canadiens.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

Crédit photo : Eufor Tchad / Union européenne – Transall sur l’opération Eufor Tchad 2008 -

  • Commandes d’Airbus A400M

    Nombre de commandes

    SOP juin 1997

    Contrat 2001

    Contrat 2003

    Ventes export

    Allemagne

    75

    73

    60

     

    France

    50

    50

    50

     

    Royaume-Uni

    45

    25

    25

     

    Italie

    44 -> 16

    0

    0

     

    Espagne

    36

    27

    27

     

    Turquie

    20

    10

    10

     

    Belgique

    12

    7

    7

     

    Portugal

    9

    3

    0

     

    Luxembourg

    -

    1

    1

     

    Afrique du sud

     

     

     

    8

    Malaisie

     

     

     

    4

    Total

    291

    196

    180

    192

  • Calendrier de livraison (prévisionnel)
  • Le contrat prévoit des périodes de livraison étalées dans le temps.
  • France: octobre 2009 à mai 2019
  • Royaume-Uni: mars 2010 à avril 2015
  • Allemagne : à partir de novembre 2010
  • Espagne: Novembre 2011 à mai 2021
  • Turquie: décembre 2009 à février 2014
  • Belgique: Oct. 2018 à mai 2020
  • Luxembourg: octobre 2017
  • Afrique du Sud: de 2010 à 2012
  • Malaisie: pas de données connues

  • La société Airbus
  • Airbus crée le 25 janvier 1999, Airbus Military Company (AMC) – une société de droit français – pour répondre à la « request for proposal » (RFP) des
    Etats. Celle-ci devient, après le départ de l’Italie, Airbus Military SAS – société de droit français – et signe le premier contrat avec OCCAR (décembre 2001). Puis elle devient Airbus Military
    Sociedad Limitada (AMSL) – société de droit espagnol – qui signe le contrat définitif (mai 2003).
  • Actionnaires : Airbus (69,44%), EADS Casa (20,56%), le belge Flabel (4,44%) et le turc Turkish Aerospace Industries TAI (5,56%).

  • NB : Flabel est une société constituée par plusieurs industriels belges : 25% Sonaca, 25% Asco, 25% Barco, 17% Sabca, 8% Sabca Limburg

  • EADS est constitué en décembre 1998 sous forme de société de droit néerlandais. En juillet 2000, il absorbe le français « Aerospatiale Matra » (AMC),
    l’allemand « Daimler Aerospace » (DASA AG) et l’espagnol « Construcciones Aeronauticas » (CASA).
  • Actionnaires : l’allemand DASA (22,5%) ; le français Sogeade (25%) — société constituée à 60% par l’Etat français à travers la Sogepa et Lagardère (Desirade) — ;
    et l’espagnol Sepi (5,49%) —société holding de l’Etat espagnol — forment le pacte d’actionnaires (52,99%), le reste du capital étant flottant (47,01%). Environ 0,52% du capital est détenu par
    les salariés.
  • Principaux sous-contractants d’Airbus

  • • Le moteur : un consortium de motoristes, Europrop International (EPI), regroupant Snecma (groupe Safran), Rolls-Royce (Royaume-Uni / Allemagne), MTU
    (Allemagne) et ITP (Espagne).

  • • L’avionique : Thales (France) pour le système de gestion de vol (FMS), Sagem (groupe Safran – France) pour le GADIRS (système de localisation utilisant
    essentiellement le GPS et l’inertie), RDE (Allemagne) pour le système de contrôle de la soute (LMC), et EADS-DE (Allemagne) pour le DASS (système d’autoprotection de l’avion) et le M-MMS
    (système de gestion des missions militaires).
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Programme Airbus A400M : délibérément oui. Pour 4 raisons.



Le projet européen de
construire un nouvel avion militaire tous terrains, Airbus A400M, a pris du retard. Entre 3 à 5 ans. Un retard confirmé par Louis
Gallois
, le PDG d’EADS. Et la perte pour l’entreprise se chiffre déjà entre 2 et 3 milliards d’euros. Pour autant faut-il crier haro sur le patient malade ? Non ! Ce pour quatre raisons.
Premièrement, en pratique, qu’est-ce qu’un retard de 3 ou 4 ans pour un avion qui va durer près d’un demi-siècle et alors qu’aucune solution réellement alternative n’existe.
Deuxièmement, au niveau opérationnel, l’Airbus A400M donne une vraie autonomie et capacité d’action aux armées européennes pour intervenir sur presque tous les terrains, loin d’Europe.
Troisième raison, la réalité industrielle et économique. Le chiffre de 40 000 emplois – donné par EADS – donne la mesure du défi aujourd’hui en pleine crise économique et ses possibilités à
l’export demeurent intactes. Enfin, ce projet a des retombées technologiques qui vont irriguer, durant des années, la recherche et donner à l’Europe une vraie avance.
Alors, serrer les vis, renégocier certains aspects du contrat… Oui ! Abandonner ou remettre en cause ce programme. Non ! Ce serait une grossière erreur scientifique et commerciale comme économique
et stratégique. Bref, une erreur politique. L’Europe s’en mordra les doigts pour longtemps. Très longtemps…

NB : Nous publions aujourd’hui dans Europolitique un dossier complet de 8 pages sur ce projet : les retards, ses causes, les solutions, les positions des
Etats membres. Pour télécharger le dossier.

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Louis Gallois (EADS) confirme un retard de 3-5 ans pour l’A400M

Louis Gallois, le PDG d’EADS, est venu aujourd’hui (24 mars) à Bruxelles pour expliquer aux députés de l’Assemblée de l’Union européenne occidentale (UEO) la position
de sa société dans les retards de l’A400M. Très intéressant car il confirme certains postulats et avance des chiffres plus précis, en matière de retard, de pertes économiques et de la renégociation
en cours du contrat avec les Etats.

La cause du retard, avoir accepté un calendrier infaisable, avec une organisation et un contrat pas adaptés.


Elle est simple pour Louis Gallois : « EADS a sous-estimé la capacité et la complexité du programme. Nous avons accepté une livraison de l’avion en six
ans et demi. Alors qu’on ne connaît pas de programme de ce type livré en moins de 12 ans. Pour répondre à la demande de deux de nos clients Français et Britanniques, qui avaient des difficultés de
transport, nous avons accepté un calendrier exagérément ambitieux.
» Des discussions sont toujours en cours avec l’OCCAR. « Si nous livrions l’avion dans une amplitude de 10 ans,
nous serions encore la référence dans ce domaine.
» Soit si je calcule bien, un retard d’au minimum 3-4 ans voire un peu plus.

A cela s’est ajoutée, précise Louis Gallois, une «organisation exagérement complexe» chez EADS, avec un partage de fonctions entre Airbus et les opérateurs militaires. «Nous
avons réorganisé le programme sous tutelle exclusive Airbus, en créant business unit « Airbus military ». Cette organisation est désormais effective. »

Enfin, « notre entreprise a sous-évalué les ambitions et les enjeux. On a signé un contrat commercial, qui n’est pas forcément adapté à ce type d’avion, en assumant les risques, sans programme d’évaluation des risques, sans
prototype, en commençant de zéro
«Cela a été une erreur majeure de notre entreprise.» reconnaît Louis Gallois.
« Maintenant il faut revoir
le contrat de manière à revenir à la réalité : le calendrier, les standards nécessaires
».

Les conséquences : plus de 2 milliards d’euros de perte, sans compter les pénalités

«Le programme
coûte cher pour EADS
». Et Louis Gallois d’affirmer que « la perte programmée est supérieure à 2 milliards d’euros alors que le premier vol n’a pas eu lieu». Les pénalités que
pourraient devoir verser EADS s’élèvent, selon lui, à « 1,4 Milliards d’euros. Mais pour l’instant nous n’avons rien payé. Nous verserons cette pénalité quand les avions seront livrés. Ils sont
déjà provisionné dans nos comptes»
. A noter qu’une partie seulement des pénalités sont provisionnés dans les 2 milliards d’euros.

La résiliation du contrat ou la réduction des commandes est possible mais pas sans conséquences économiques…

 « Effectivement au 31 mars, si le premier vol n’a pas lieu – et il n’aura pas lieu -, par un consensus, les nations peuvent mettre un terme au contrat.
Et ensuite nous avons 60 jours pour rendre les 5,7 Milliards reçus au titre des fonds reçus pour la prélivraison des avions. » a
confirmé Gallois. Mais de préciser : « il faut un accord à l’unanimité. Nous n’en sommes pas dans la situation. » 
Mais, au détour d’une phrase
lâchée, Louis Gallois a clairement averti ses interlocuteurs : « Toute réduction de commandes ne sera pas sans effet. Tout d’abord, le prix ne pourra être le même. Et ensuite ce n’est pas sans
conséquences industrielles
». Autrement dit économiques… Environ 40 000 emplois dépendraient de ce programme chez Airbus et ses sous-traitants, selon un responsable d’EADS, dont un tiers en
France.

Et de préciser également – en cas de doute que le développement militaire est nécessaire pour l’équilibre d’Airbus : « L’ouverture sur le marché
militaire permet d’équilibrer par une activité plus régulière, une activité civile, plus cyclique »
.


Pour faire face au gap de transport, des solutions transitoires existent et EADS est prêt à les étudier
 
Comme certains Etats ont « évoqué une réduction de la cible, de la quantité commandée – a confirmé Louis Gallois -, pour dégager des
financements pour réduire le gap capacitaire et l’achat peut-être d’avions américains pour faire face à ce manque de capacités
, « EADS est prêt à regarder cette question » a-t-il
précisé. «Nous sommes conscients du retard», a-t-il ajouté. «Nous allons proposer à nos clients, particulièrement Français et Britannique, des solutions de transition pour faire face au gap
transitoire : des avions cargos légers, des A330 de transport (pour la longue distance), et la prolongation des capacités actuelles par travaux de maintenance
.» De là à payer pour cette
solution, il y a un pas que le président d’EADS s’est refusé à franchir. Quand je l’ai interrogé (entre l’ascenseur et sa voiture), pour savoir s’il allait payer à ses clients une location d’avions
C130, il a eu un sourire. « Je n’ai jamais dit çà. C’est vous qui le dites ».

Premier vol avant la fin de l’année.

« Le premier vol, je l’espère à la fin de l’année. Mais cela dépendra de la faisabilité du Fadec » (le système logiciel de contrôle du moteur).

Un avion remarquable technologiquement …

Louis
Gallois a tenu à défendre la technologie retenue pour l’A400M. «L’A400M est un avion unique, il sera encore au service en 2050, il faut donc qu’il soit au niveau technologique pour vivre 30-40
ans.
» Il combine dans un seul volume les fonctions d’un avion stratégique et tactique. «Il peut emporter 37 Tonnes en mission stratégique. Il a des fonctions analogues à celles d’un avion
moderne de chasse et a une complexité supérieure aux deux chasseurs européens les plus récents (Eurofighter et Rafale). Il aura une certification civile, ce qui est une première pour un avion
militaire. Cela représente une énorme contrainte technique. Mais c’est aussi une sécurité pour cet avion, car cela le protège de réglementations des années à venir qui peuvent conduire à
l’interdiction des avions militaires dans les couloirs aériens civils
» a-t-il ajouté. Enfin, le rapport coût performance est remarquable, c’est peu connu.

… qui n’a pas de concurrent et a un « vrai » avenir commercial

Aucun appareil de ce type n’est disponible sur le marché. Même de l’autre côté de l’Atlantique. « Les Américains ne développent pas d’avion
concurrent
» assure Louis Gallois. Au contraire. « Ils suivent de près notre programme et nous demandent de les tenir étroitement informés. Ils nous disent que cet avion les intéresse. Car
il vient combler un manque entre le C27 ou le C130
(plus petits) et le C17 ou le C5 (plus grand) ». Une fois dégagées des difficultés, et les premières livraisons actuelles,
l’A400M pourra s’attaquer au marché à l’export. Et il est « important ». Car il s’agit à terme de remplacer les quelque 3000 C130 actuellement en service.

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L’Airbus A400M n’est pas le seul en retard, le destroyer type 45 aussi



Le projet britannique visant à remployer les
destroyers de lutte antiaérienne, de type 42, a pris l’eau. Du moins, c’est ce que témoigne un rapport du National Audit Office (NAO), la Cour des comptes britannique, sur le futur destroyer type
45. Ce programme lancé dans les années 2000 alors que le Royaume-Uni avait décidé de se retirer du programme franco-italien, a pris plus de deux années de retard, et une sérieuse hausse de
budget.

Retard opérationnel. Les navires ne seront ainsi en service au plus tôt qu’entre décembre 2009 (date espérée par le Ministère) et novembre 2010, soit 36 mois de retard sur le planning
prévu. Mais, selon le ministère de la Défense britannique, la pleine capacité opérationnelle des navires ne sera pas atteinte avant le milieu de la prochaine
décennie. Le système anti-missiles PAAMS ne sera ainsi opérationnel à bord qu’à la mi-2011 et le système US de communications au combat « CEC » (Co-operative Engagement Capability) – qui permet de
donner une claire image de l’espace et améliorer la capacité d’entreprendre des opérations notamment en étroite coalition avec les Américains – ne le sera, lui, qu’en 2014.


30% de hausse. Le dérapage financier avoisine les 30 % du budget initial. Le coût actuel est de 6,46 milliards de £ contre un budget initial de 5 milliards (+1,5 Milliards £). Selon le
rapport (à télécharger ici), les problèmes proviennent
d’un excès d’optimisme sur ce qui pouvait être réalisé, des accords commerciaux inappropriés et une faible gestion de projet. Le contrat a d’ailleurs été renégocié, en 2007, avec l’industriel BAE
systems qui a fusionné avec VT (devenant BVT). Ce qui a permis de résoudre certains problèmes. A ce coût s’ajoute celui de l’extension des destroyers type 42 (195 millions de £), coût qui n’est pas
additionnel selon le ministère britannique car la Défense aurait dû assurer des coûts opérationnels pour les nouveaux destroyers. Mais le Ministère n’arrive pas à évaluer ces coûts avec certitude,
estiment les auditeurs.

Les destroyers type 45
ont plus de capacité de réponse simultanée face à une attaque de missiles et d’avions, ils peuvent opérer avec des hélicoptères Lynx, Merlin comme Chinook, disposent de
moteurs plus puissants… Ils peuvent être équipés aussi du nouvel système antimissile, développé en commun avec les Italiens et les Français (PAAMS).

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A Prague, les Ministres d’accord pour un moratoire de 3 mois pour l’Airbus A400M

Les ministres de la Défense participant au programme Airbus A400M, réunis en marge de la réunion informelle des Ministres de la défense, à Prague, le 12 mars, ont convenu de proposer un moratoire de trois mois à l’industriel EADS chargé de concevoir et fabriquer ce nouvel avion militaire européen.

Le programme a pris un tel retard — trois ans selon EADS à cinq ans selon d’autres sources — que certains Ministres avaient évoqué, plus ou moins officiellement, l’idée de se retirer du programme ou d’exiger de solides contreparties. Le contrat signé entre les Etats – via  l’Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) – et l’industriel permet en effet aux commanditaires de se retirer du programme au printemps 2009.

L’idée du moratoire consiste donc à permettre aux pays commanditaires d’engager des discussions avec le constructeur pour essayer de faire le point sur l’état du programme, ses difficultés de mise en oeuvre et la question des éventuelles pénalités financières, dans un climat apaisé.

Pour Hervé Morin, le ministre français de la Défense, cette idée d’un moratoire a été acceptée par les sept pays qui participent au programme. « Le principe (est)
que les nations reprennent la main avec dans les discussions », a-t-il expliqué. « Aucun Etat ne prendra de décision sans avoir évoqué cette question avec les autres », a-t-il ensuite ajouté. La Ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, a confirmé cette approche positive. « Nous souhaitons tous que l’industrie de défense pèse ». Pour le ministre allemand de la Défense, le contrat doit être respecté.

Ce sujet pourrait être évoqué, au moins de façon bilatérale, au sommet européen des 19 et 20 mars.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

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Quand J.M. Barroso lâchait l’Airbus A400M, par amitié…



C’était le 20 février 2003. Le Portugal dirigé alors
par le Premier ministre, José-Manuel Barroso (aujourd’hui président de la Commission européenne), fervent admirateur de Georges Bush, entérine dans une nouvelle loi de programmation militaire la
réorientation de certaines de ses dépenses, vers un programme d’achat plus conforme aux vues de l’allié américain. L
‘Airbus A400M – auquel le Portugal
participe depuis le début – est dans la ligne de mire. Le Portugal suspend l’achat (3 avions) et sa participation au programme.
Un mois plus tard à peine, les
Etats-Unis – aidés par certains de leurs alliés – déclenchent ce qu’on appelle la troisième guerre d’Irak.


L’objectif officiel est de diminuer les dépenses.
L’Airbus A400M est « si cher » qu’il est préférable d’acheter le Lockheed C130J (Super
Hercules) explique alors un porte-parole du Ministère de la Défense. « Les concurrents américains nous ont présenté une offre qui permet d’acheter le double des avions ».

On peut avoir un doute sur cette approche comptable. Car, en se retirant du programme, le Portugal renonce aussi aux contreparties pour sa petite industrie
aéronautique (dans le consortium Airbus A400M, les Portugais devaient concevoir le design du fuselage). Ce qu’il gagne en gain budgétaire, il le perd en perte industrielle. De plus, cette
réorientation s’accompagne d’achats de matériels,
comme des sous-marins, dont l’utilité immédiate paraît futile
si l’objectif est de redresser les comptes.

Les raisons de ce retrait sont plutôt très politiques.
Il s’agit surtout d’un geste permettant de montrer toute la
fidélité du nouveau gouvernement portugais à l’allié américain. Nous sommes alors en pleine crise irakienne qui provoque un schisme en Europe – non pas entre la vieille Europe et les nouveaux Etats
membres, ni entre les modernes et les conservateurs comme on l’a souvent dit, à tort -, mais entre les Atlantistes – adeptes d’une politique d’une grande puissance – et les partisans d’une
politique multinationale onusienne et européenne (1).
Dans les pays qui produisent l’A400M la division est nette : l’Espagne et le Royaume-Uni se sont rangés
dans le camp américain – rejoints par l’Italie et le Portugal – tandis que la France, l’Allemagne, la Belgique et même la Turquie ont marqué leurs réserves à cette intervention (lire Louis Michel à l’époque).
Les Américains ont d’ailleurs fait
pression sur les Italiens (avec succès – dès l’arrivée de Berlusconi au pouvoir, l’Italie se retire) comme sur les Britanniques pour qu’ils se retirent du programme (les Britanniques résisteront,
eux !). Ils tentent aussi de faire pression par tous moyens sur les Allemands et les Français.
Dans les motivations américaines, il n’y a, bien sûr, pas
uniquement que des raisons politiques mais bien entendu industrielles. C’est l’occasion pour certains proches de l’administration Bush… et de Lockheed d’éliminer un concurrent notable.


La décision portugaise de retrait du programme A400 est prise, en fait, dès les premiers jours du gouvernement de
coalition des droites
(PSD – CSD) en mai 2002. Le ministre portugais de la défense, Paulo Portas (un des leaders du CSD) est aussi un atlantiste invétéré. Il est assez proche de Bruce P.
Jackson, lobbyiste américain
très actif sur l’affaire irakienne, proche de Dick Cheney (2)… et vice-président de
Lockheed-Martin.
A la Wehrkunde (la conférence de la sécurité) de Münich début février 2003, les Etats-Unis cherchent à
isoler les Allemands et les Français. A la manoeuvre : le portugais Paulo Portas qui apostrophe le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dans les couloirs évoquant Münich, et
les dangers du pacifisme « dangereux en 1938, dangereux dans les années 1980« 
et… Bruce Jackson qui explique doctement
aux journalistes combien les Franco-Allemands sont isolés face aux 18 Etats qui ont signé pour une intervention en Irak (3
).

Alors… l’abandon de l’Airbus A400M par l’équipe Barroso-Porta : une simple motivation budgétaire, personne n’y croit vraiment… Mais pour Airbus, l’annulation des
commandes
italienne et portugaise (19 avions) est un coup dur et, même une perte sèche qu’on peut chiffrer à un peu plus de 2 milliards d’euros ! (ce qui
équivaut aux pertes actuelles !).


(1) Parmi les « nouveaux » : Chypre, Malte et la république Tchèque n’ont pas signé la lettre (le président Havel n’a en effet signé qu’à titre personnel, quelques jours
avant son départ du gouvernement, la lettre de
s 10). La Suède, la Finlande, l’Autriche (entrés dans l’UE en 1995) sont plus catégoriques et pour la poursuite
des inspections. Parmi les « anciens », l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Danemark sont pour le déclenchement de l’intervention US. On compte dans les deux camps des gouvernements
socio-démocrates (Royaume-Uni), voire même ex-communistes (Pologne), et libéraux ou chrétiens-démocrates.

(2) Ancien agent du renseignement militaire (jusqu’à 1990), il fut aussi actif en Bosnie et Croatie durant la guerre civile. Il travailla pour Lehman Brothers.
Puis il oeuvra ensuite pour l’intégation à l’OTAN des pays d’Europe de l’Est et des Balkans à la tête du « US Committee on NATO » jusqu’à 2002. Il convainca notamment la Pologne de s’équiper du
F16. Il réitéra ce type d’action de lobbying politique avec le « Committee of the Liberation of Iraq », cercle néoconservateur qui milita pour l’intervention en Irak et fut notamment sinon
l’inspirateur de
s lettres « des 8″ et « des 10″. Pour un aperçu plus
complet du personnage. Sacré BPJ

(3) Lire « Allies at War » de Phillip H. Gordon et Jeremy Shapiro

(Photo : Commission européenne)

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Berlin s’interroge sur l’avenir de l’Airbus A400M. Londres aussi!



C’est le Spiegel qui l’affirme. Tenant en cela des informations venant du ministère de la Défense allemand. Berlin réfléchirait à
interrompre sa participation au programme Airbus A400M.
Plus exactement, « Si Airbus n’indique pas rapidement quand et comment il pourra résoudre les
problèmes (techniques), le responsable des programme d’acquisition allemands,
Rüdiger Wolf, pourrait conseiller, au moment opportun, au ministre de la Défense Franz Josef Jung, de mettre fin au contrat », souligne le journal (1).

Une solution tout à fait plausible, au moins juridiquement. Le retrait du programme n’était en effet jusqu’ici pas possible (sauf à payer un dédit
important – ce qui suffisait à faire taire tout début de vélléité de quitter le programme). A partir d’avril, cela deviendra possible, puisque le contrat signé entre l’OCCAR – pour les Etats
participant – et l’industriel EADS permet de dénoncer le contrat et récupérer les sommes, en cas de retard de 14 mois sur le premier vol. Le premier vol aurait du avoir lieu en janvier 2008. Et
l’OCCAR n’attend pas de premier vol avant l’été 2009.

Une menace plus qu’une réalité. En avril 2009, une fenêtre sera donc ouverte. Fenêtre dans lequel pourrait s’engouffrer le ministre de la Défense allemand, d’après nos confrères allemands… Mais j’ai comme un doute
sur la possibilité de passage à l’acte, pour au moins trois raisons :

philosophique. Jusqu’à il y a peu, le gouvernement allemand estimait, devant le Bundestag, impossible de revoir ce contrat dans un sens ou un autre. Que ce soit pour certaines
spécifications ou pour renoncer aux indemnisations, « le gouvernement n’est disposé à renoncer à son droit contractuel » répondait le Ministère. En cela, l’Allemagne avait pour principe de dire « tout
le contrat, rien que le contrat » ou comme le veut la formule latine : « pacta sunt servanda« .
opérationnel, abandonner le programme veut dire trouver une autre solution. Et rapidement ! Il n’y en a pas 36000 sur le marché mais une : le bon vieux C130 relooké dans sa dernière
version le J. Mais ces machines ont un prix également. A la question posé par un parlementaire sur une solution intérimaire, le ministère de la Défense avait d’ailleurs répondu « Keine ». C’est
clair…
social et économique. D’après le gouvernement allemand lui-même, environ 10 000 emplois dépendent de ce programme : 3 300 emplois directs et 7 150 emplois indirects. La conjoncture n’est
peut-être pas idéale pour mettre ces personnes au chômage, même partiel… Surtout à quelques mois des élections générales (qui se tiennent en septembre)!

Un coup de négociation alors ? Pourquoi ce coup de sang allemand, ou cette petite fuite acerbe de l’administration de la défense. Sans doute parce qu’il s’agit de monter d’un cran la
position allemande dans les négociations entamées entre l’industriel, les Etats membres et OCCAR. Alors que celui-ci doit remettre une évaluation du programme et des solutions, il s’agit de
remettre les pendules à l’heure, en agitant une menace dissuasive, plus digne de la menace nucléaire, afin d’éviter que certaines solutions qui ne plaisent pas à Berlin ne s’échafaudent : notamment
une renonciation aux indemnités de retard (comme le demandent les Français) ou une augmentation du prix (comme le demande EADS).

Un autre coup de semonce, venu de Londres. Autrement plus conséquente me paraît être le coup de semonce venu de Londres, plus exactement de la commission de défense de la Chambre des
communes qui, dans son traditionnel rapport sur les équipements militaires, s’inquiète vertement du retard pris par le programme. Les députés britanniques s’interrogent notamment s’il ne serait pas
préférable « d’abandonner (le programme) et de prendre (d’autres) décisions pour acheter ou louer d’autres avions afin de ne pas laisser un déficit de capacité dans le transport aérien se
créer »
. Les Britanniques souffrant aujourd’hui d’une capacité aérienne critique, la question est autrement plus conséquente que pour les Allemands – même si la chambre des Communes a
d’ordinaire la dent dure pour tous les programmes y compris britanniques…

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La disponibilité des avions C-130 britanniques devient critique


Le rapport que vient de publier l’Office national d’audit britannique (NAO),
et remis à la Chambre des communes, outre-manche, est un sévère avertissement pour la Royal Air Force (RAF). La flotte des avions Hercules C-130
— qui assure les liaisons tactiques (sur le terrain) comme stratégique (base-terrain) — présente des « risques significatifs de disponibilité et de capacité ». Des risques aggravés si le nouvel
avion A400M continue d’accumuler des retards. La période critique se situe entre 2011 et 2013. Le rapport préconise donc certaines mesures à prendre rapidement d’autant que la « demande en
opération devrait rester à un niveau élevé ». A la lecture du rapport, on comprend mieux pourquoi il était totalement impossible aux Britanniques de fournir des capacités aériennes pour l’Eufor
Tchad et leur empressement à quitter l’Irak.

Depuis plusieurs années, le nombre d’avions disponibles diminue régulièrement, sous l’effet combiné du retrait programmé des Hercules C-130K (plus anciens, acquis en 1967), des pertes en
opérations (4 avions perdus entre 2005 et 2007, en Irak et Afghanistan) et de l’usure accélérée. Les Hercules C-130J (plus récents, datant de 1999), ne suffisent pas à compenser. De 51 avions en
2001, la flotte de la RAF est ainsi passée à 43 avions disponibles (24 C-130 J et 19 C-130K), et devrait atteindre 38 fin 2008 et 33 à l’horizon 2010 !
L’engagement des Hercules en Iraq et Afghanistan « excède ce qui était prévu » reconnaît le Département de la Défense britannique, La disponibilité en opération reste cependant élevée — 94% pour
les C-130K (contre 75% au Royaume-Uni) et 85% pour les C-130J (contre 72%) — grâce à l’engagement à 100% des personnels de maintenance et une certaine souplesse dans l’appréciation des défauts. «
Un avion déployé reste disponible avec un défaut mineur s’il n’est pas considéré comme posant un risque pour la sécurité » mentionne la NEO. Mais c’est au prix d’une usure accélérée des
matériels.

Les conditions d’emploi en opération diffèrent, en effet, de celles prévues lors de l’acquisition. Le nombre de sorties augmente, la durée de vol diminue. 70% des vols sont ainsi de courte
durée (moins de 2 heures) au lieu des 14% prévus et seulement 3% sont de longue durée (plus de cinq heures) au lieu des 28% comme anticipé. Ainsi, là où un vol, avant 2003, durait trois heures en
moyenne, il dure maintenant 1 heure 30. Le nombre de décollages et d’atterrissages a donc doublé. La charge augmente également : la flotte Hercules a emmené une moyenne de 123 tonnes de
marchandises par mois depuis juillet 2007 contre 21 tonnes par mois pour la même période à partir de juillet 2006.

Résultat. La fatigue des matériels et des pilotes.
L’usure des matériels est rapide, la fatigue se concentrant sur les ailes. Le coût de remise en état a d’ailleurs contraint le département de Défense à retirer 9 Hercules C-130K, plus tôt que
prévu. Sur les neuf restants après 2008, cinq d’entre eux ont leurs ailes centrales remplacées pour assurer leur capacité jusqu’à 2012 (coût 15,3 millions £). Sur les C-130J, certains travaux vont
être nécessaires à partir de 2012, pour leur permettre d’atteindre 2030. Les pilotes sont aussi soumis à rude épreuve. Là où un pilote vole 13 heures normalement, il vole 60 heures par mois en
moyenne en opération. Autre phénomène : le manque de pièces disponibles allonge les temps d’indisponibilité. En moyenne, un Hercules C-130J est indisponible 24 jours par an. Si la « cannibalisation
» — prise de pièces sur un matériel immobilisé — permet de pallier à certains défauts, elle a des inconvénients : heures de maintenance, pour prendre la pièce, remise en état… Le rapport pointe
aussi des défauts sévères sur les pièces : « l’interface entre le Département et les systèmes logiciel Lockheed Martin (le fournisseur) est pauvre ».

Conséquences. Certaines missions au Royaume-Uni — formation, transport non opérationnel —ne peuvent plus être assurées. Et le budget explose. Les coûts de fonctionnement et d’entretien de la
flotte des C-130 sont passés de 212 millions de £ (2002-2003) à 245 millions de £ (2007-2008), sur un coût global de transport de 983 millions £. Le recours à des moyens européens en pool est aussi
proche de la limite d’utilisation (voir encadré).

Mesures à prendre
Des décisions d’investissement ont été prises. Le Département a pris la décision d’équipement de deux C-17 supplémentaires (la RAF dispose aujourd’hui de 5 C-17 : un en propriété, quatre loués et
achetés en 2008). Solution utile en partie. Ces avions plus lourds, peuvent atterrir, en théorie, sur la piste de Camp Bastion dans le sud de l’Afghanistan. Mais pas ailleurs. Le département
souhaiterait aussi acquérir des C-130J (37 millions £).
D’autres solutions existent — location d’Hercules ou équivalents auprès d’autres nations ou affrètement d’avions — mais les coûts ou les restrictions d’emploi (charter) sont telles que « cette
option n’est pas toujours réaliste et abordable », souligne le rapport. Il préconise donc une série de mesures alternatives : améliorer la disponibilité des pièces détachées (+ 168 jours/avions par
an), augmenter le personnel de maintenance (+ 300 jours / avions par an), étudier la remise en état des C-130K ou des acquisitions (achat ou affrètement pour maintenir les bases outre-mer), et
diverses solutions techniques (nouvelle piste tous temps, amélioration du système de gestion du planning, évaluation du coût de changement des ailes,…) ainsi que l’achat de simulateurs de vols pour
la formation.

Explication – le pool des C-17. Les forces au sein de l’Otan ont mis au point un système, géré par le Centre de contrôle des mouvements Europe, fonctionnant comme une bourse entre 15 Pays
(Belgique, Canada, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Norvège, Slovénie, Espagne, Suède, Turquie, Royaume-Uni). Chaque nation participante dispose d’un crédit ou
débit jusqu’à 500 heures, d’heures de vol sur trois ans. L’unité est l’heure de vol d’Hercules (exemple : une heure de C-17 équivaut à 7 heures de vol d’un Hercules). Le Royaume-Uni qui a été un
contributeur net du système de crédit horaire, dans le passé (capacités de ravitaillement en vol ou de transport stratégique) utilise désormais plus d’heures qu’il ne fournit : 3407 heures
utilisées en 2007 contre 3162 heures, soit un solde négatif de 245 heures.

Crédit photos : Raf (Hercules J et K)

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L’Airbus A400M ne volera pas le 26 juin…



… Mais en été 2008. Le premier vol du nouvel
appareil militaire « tout terrain » européen produit par Airbus – destiné à prendre le relais des Transall et autres Hercules C130 – était bien prévu le 26 juin. Mais ce sera pour finir une petite
sortie en dehors des ateliers (Roll out en terminologie aéronautique) et non une sortie plus importante… Le vol premier aura lieu durant l’été. A suivre ! La première livraison opérationnelle est
prévue en 2010.

Environ 200 commandes ont déjà été passées pour l’appareil européen, essentiellement par les pays associés à l’OCCAR – l’Organisation Conjointe de
Coopération en Matière d’Armeme
nt : Allemagne (60), France (50), Espagne (27), Royaume-Uni (25), Turquie (10), Belgique (7), Luxembourg (1). Se sont ajoutés : l’Afrique du Sud (8), la
Malaisie (4)
© photo Airbus military

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