A400M Avions Transport

Du Rafale aux drones, Dassault perd des soutiens…

(crédit : ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Infoutu de vendre le merveilleux avion à l’export alors que les Européens arrivent à placer l’Eurofighter et les Suédois le Gripen (en Suisse), Dassault peut se faire un peu de mourron. Car les soutiens nationaux commencent à être moins enthousiastes, que ce soit pour la fabrication du Rafale ou son option d’importer un drone israélien.

La chaîne du Rafale interrompue en 2018 s’il ne trouve pas de client à l’export

Cela a été sensible lors de la dernière intervention du ministre de la Défense, Gérard Longuet, sur LCP-FranceInfo-LeMonde, le 7 décembre. Le ministre a eu cette phrase qui en dit long sur une certaine confusion. « Si Dassault ne vend pas son appareil à l’étranger, la chaîne sera arrêtée » non pas en 2013 car il reste des commandes à assurer pour l’armée française mais en « 2018 ». Tout ne sera pas perdu pour l’industriel cependant a tenu à rassurer le ministre. Car dans le prix d’un avion « l’achat représente un tiers et la vie deux tiers. Lorsqu’on a un Rafale, sur sa durée de vie, on paiera deux fois le prix normal. Donc l’industrie sera servie. » a-t-il expliqué avant de défendre « Le Rafale est un avion réellement polyvalent qui permet le combat aérien, surveillance, frappes au sol. » Et s’il ne se vend pas c’est peut-être tout simplement une question de « savoir où on place son ambition » a-t-il ajouté.

La bataille des drones

Mais l’attaque majeure est venue du Sénat qui a choisi de frapper … au portefeuille. Dans son rapport sur le budget 2012, voté début décembre, le Sénat a, en effet, revu le choix effectué par le ministère de la Défense. Une révision effectuée – faut-il préciser – de façon non partisane puisque l’amendement a été proposé par des députés PS (Daniel Reiner), comme UMP (Xavier Pintat). Il a estimé qu’en comparant le projet de drone israélien Heron TP fabriqué par IAI et adapté par Dassault et celui du drone amériain Reaper, il y avait matière plutôt à opter pour le second, ce à la fois pour des raisons économiques que militaires.

Le drone Heron TP d’IAI (promu par Dassault) est un drone de surveillance produit à 7 exemplaires, qui n’est pas encore opérationnel dans l’armée israélienne. Pour le rendre apte au combat, il faudrait aussi modifier la liaison satellitaire (satcom) qui le relie au segment sol. La francisation, effectuée par Dassault, revient à 370 millions d’euros pour sept véhicules aériens et deux stations sol, maintien en conditions opérationnelles compris pour dix ans et francisation incluse. Mais ce drone ne pourrait pas être disponible « dans le meilleur des cas », pas avant 2015, voire après. Il est « 30 % plus cher, 20 % moins performant » a reconnu lui-même le ministre de la Défense Gérard Longuet lors des auditions.

Le drone Reaper de l’industriel américain General Atomics, « produit à plus de 150 exemplaires,  est un drone de maraudage et de combat ». Son coût est de 209 millions d’euros. Avec la francisation qui peut être effectuée par EADS, on arrive à « un coût total à 297 millions d’euros pour sept véhicules aériens et deux stations sol, maintien en conditions opérationnelles compris pour dix ans. Et sa disponibilité pourrait être un peu plus rapide : entre deux ou trois ans » selon que l’on « francise » ou non l’appareil.

Le choix du Sénat

Entre les deux programmes, il n’y a pas photo selon le Sénat. L’option du ministère de la Défense choisir le drone Héron TP, sans appel d’offres, est « difficile à comprendre : elle est financièrement désavantageuse, militairement contestable et industriellement hasardeuse, puisque selon l’offre de mai 2011 la Société Dassault ne serait responsable outre l’intégration de la satcom et des capteurs supplémentaires, que de l’importation, de la certification et des essais en vol. En outre, elle ne permettrait de satisfaire le besoin opérationnel qu’après la fin du contrat de maintien en conditions opérationnelles du drone Harfang, engendrant de ce fait une rupture capacitaire. » Du coup le Sénat a voté à la majorité de ses membres une coupe de 80 millions d’euros, laissant sur le programme 146, 289 millions d’euros pour acheter le drone Reaper (209 millions d’euros) et traiter les obsolescences du drone Harfang (29 millions d’euros). Les 80 millions d’euros économisés ne seront pas perdus pour la défense, ils seront affectés au programme de drone du futur.

Le mauvais choix du gouvernement

Non contents d’avoir opérés cette recomposition, les principaux artisans de cet amendement, UMP comme PS, cosignent un article publié dans le Monde aujourd’hui, intitulé « le mauvais choix du gouvernement », les sénateurs descendent en flamme le drone Heron. « Il est grand, lent et vulnérable face à des conditions météorologiques dégradées. Il a été conçu pour évoluer au-dessus du territoire réduit d’Israël afin d’écouter et d’observer à ses frontières. Il n’est pas armé et ne pourra jamais emporter un armement polyvalent en raison de son architecture. Enfin, il est produit à moins d’une dizaine d’exemplaires et n’est technologiquement pas abouti. »…

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Dassault : la défaite du « faire tout seul » ?

Crédit : ministère français de la Défense

(BRUXELLES2, réaction) L’exclusion du Rafale du marché à conclure (60 appareils) aux Emirats, et la réintroduction de son concurrent européen Eurofighter par « surprise » fera encore couler beaucoup d’encre. La décision de Dubai de considérer le proposition de l’industriel français comme « non compétitive et irréalisable » sème l’embarras, tout comme celle du Brésil qui semble s’éloigner du Rafale. Pas seulement car il met au tapis notre production nationale, toujours infoutuede trouver un seul client à l’étranger. Cette fois le Rafale ne perd pas face à la force de frappe américaine et ses F-16, F/A-18 voire F-22… américains. Il perd face à un concurrent européen, l’Eurofighter Typhoon, que les Français ne se privent pas régulièrement de dénigrer comme n’étant pas très performant. Seulement, il se vend.

L’argument du « made in France » et du désavantage compétitif $/euro ne parait pas très crédible. On peut se poser la question de savoir si un avion construit en coopération entre « petits » Etats (*) n’a pas plus de chance de se vendre, de résister aux différentiels de marchés qu’un avion construit, et utilisé, solo. Tout simplement car les efforts se combinent. Pour vendre l’Eurofighter, on trouve certes les Britanniques mais aussi les Italiens, les Espagnols ou les Allemands. Tous ont un intérêt à promouvoir « leur » avion sur le Rafale. La France a-t-elle vraiment aujourd’hui, et demain plus encore, les moyens de maintenir un industriel d’aviation de chasse, autonome, déconnecté du marché ?

(*) La plupart des pays européens, séparément, deviennent des « petits » sur le marché mondial

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Le contrat définitif pour les A400M signé à Séville jeudi

Le Prince de Galles aux commandes de l'A400M (crédit : Airbus military)

(BRUXELLES2) L’avenant au contrat des avions A400M va être signé, jeudi (7 avril) à Madrid, entre le président d’Airbus Military, Domingo Urena, et le représentant de l’OCCAR (l’Organisme européen de gestion des programmes d’armement * qui représente les intérêts des nations participant au projet), Patrick Bellouard. La ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon participera à l’événement ainsi que des représentants des gouvernements des pays participant au programme A400M, précise-t-on du coté espagnol. C’est la fin d’une saga qui a duré plus de deux ans, avec divers rebondissements et tensions entre le constructeur et ses clients mais aussi entre partenaires (notamment entre Français et Allemands) sur le partage de la « douloureuse » résultant du retard d’Airbus military à livrer la machine et des coûts supplémentaires techniques.

L’A400M semble aussi sortir du trou noir. Il continue ses vols d’essai – avec 4 appareils différents – a passé, avec succès le 24 mars, selon un communiqué d’Airbus, le VMU (velocity minimum unstick) c’est-à-dire la vitesse minimum de décollage. Test obligatoire avant de commencer maintenant les vols en mode « civil ». Quant à ses qualités à l’exportation, elles restent intactes, l’A400M n’ayant pas de concurrent disponible à l’horizon des années 2020. L’échec de l’offre d’Airbus sur les ravitailleurs US ne signifie pas une fermeture totale du marché US (même si certains analystes l’ont interprété ainsi) ; au contraire, paradoxalement, il pourrait davantage ouvrir la voie à l’A400M que si la firme européenne avait emporté le marché.

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(*) Organisation Conjointe de Coopération en matière d’ARmement

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L’Eurofighter Typhoon : tellement plus beau, mais tellement plus cher !

Voilà un rapport qui mériterait d’être affiché et distribué largement dans la maison « Dassault ». Le concurrent européen, l’Eurofighter (alias « Typhoon » outre-Manche), a subi une attaque en piqué du National Audit Office (la Cour des comptes britannique). Un rapport remis, mercredi au parlement, qui pointe plusieurs défauts du projet : le dérapage des coûts, comme le retard à atteindre la pleine capacité en avion multirôle sont particulièrement mis en exergue.

Les coûts dérapent

C’est le principal reproche. Le coût du projet Typhoon a considérablement augmenté. En dépit de la décision du ministère de réduire la commande de 72 aéronefs (la commande initiale est ainsi passée de 232 à 160), les coût de développement et de production des avions ont augmenté de 20%, portant la facture à £ 20,2 milliards £. Soit une « augmentation de 75% du coût unitaire de chaque avion », pointe le NAO. Quant au coût de l’appui de chaque appareil, il a également augmenté d’un tiers. Lorsque l’avion quittera le service, selon l’évaluation du Ministère, il aura coûté finalement 37 milliards £ au budget de la Couronne.

La transformation en multi-rôle coûte en temps et en argent

L’avion avait été conçu principalement pour répondre à un rôle de combat air-air, mais, avec le « changement de l’environnement opérationnel« , il a été décidé de faire une mise à niveau pour disposer d’un avion entièrement multi-rôle qui puisse mener à la fois des missions air-air et d’attaque au sol. Cette « mise à niveau » a coûté au ministère de la Défense britannique « un total de 564 millions £ ». Et un retard opérationnel. « Si le Typhoon peut actuellement effectuer d’importantes tâches opérationnelles, sa pleine capacité multi-rôle ne sera pas disponible avant un certain nombre d’années. (…) Il est peu probable qu’il soit l’avion de prédilection pour la plupart des missions d’attaque au sol avant 2018 » souligne le rapport. NB : il y a actuellement 70 avions Typhoon en service au Royaume-Uni.

Mauvaise prévision du ministère et mauvaise coordination entre les partenaires

La cause de ce dérapage selon le NAO est multiple. Tout d’abord, une base de départ un peu trop « optimiste » (un classique des marchés de défense). Puis le projet a souffert de différentes décisions pour essayer d’équilibrer le budget de la Défense (un autre classique). Enfin le ministère n’a pas su prévoir quel niveau de coût le projet allait atteindre. « Rien de tout cela ne suggère une bonne maîtrise des coûts, d’avoir eu à l’esprit le bon usage de l’argent public » assène Amyas Morse, directeur du National Audit Office (*). Au surplus, il existe différents problèmes avec des pièces de rechange et le soutien, ce qui fait que Royal Air Force ne peut voler avec le Typhoon autant qu’elle l’avait prévu. Le rapport remarque également que les objectifs des quatre pays partenaires du projet (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni) n’étaient pas totalement alignés et que le processus de prise de décision trop lent.

(*) None of this suggests good cost control, a key determinant of value for money

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L’A400M a passé 4 jours au frigo, dans le nord polaire

L’A400M a testé le grand nord en allant durant 4 jours se confronter au froid polaire, à Kiruna, petite ville de la Laponie suédoise.  Le « Grizzly » n’a jamais aussi bien porté son surnom.

Autre essai qui vient de se terminer : le premier essai de ravitaillement en vol a eu lieu à Toulouse, le 15 février. L’A400M s’est arrimé pour le transfert de carburant à un Vickers VC-10 de la Royal Air Force. Il s’agit d’un essai à blanc, sans transfert de carburant, précise le constructeur.

(crédit photo : Airbus military)

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L’A400M franchit sa millième heure d’essai

Crédit : Airbus Military

Et de mille ! L’avion militaire d’Airbus, l’A400M, franchira demain le cap de la 1000e heure d’essai. Qui l’aurait cru! Il y a deux ans à peine, on enterrait l’avion européen, incapable de voler. Aujourd’hui, ce cap, symbolique, mais aussi technique est franchi. Certes il reste encore 2700 heures d’essai à assurer par les 5 avions tests pour avoir la certification et pouvoir faire la première livraison de l’avion produit en série (en tout 3700 heures sont nécessaires), mais ce sont les premières heures en général qui sont délicates. Pour fêter l’évènement, la ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, va embarquer demain à bord de l’A400M. Depuis le premier vol, en décembre 2009, les heures s’accumulent et devraient s’accélérer sur les deux pistes principales d’essai à Séville et Toulouse, pour pouvoir tenir le délai de livraison en 2012.

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L’Allemagne approuve le contrat des A400M mais revend certains appareils

L'A400M en test à Dresde en janvier 2011 (Crédit : Airbus military)

L’Allemagne respectera bien l’accord conclu à l’automne entre les 7 partenaires de l’A400M, l’avion militaire européen. Mais elle ne recevra finalement que 40 avions au lieu de 53 comme prévus. C’est ce qu’a annoncé le rapporteur du budget au Bundestag, Jürgen Koppelin (1), qui appartient au parti libéral (FDP) membre de la coalition gouvernementale.

13 appareils revendus

Selon l’accord entre les Etats fabricants, l’Allemagne a commandé 53 appareils. La différence entre la commande originale et les déclarations du député allemand porte sur 13 appareils. Ces 13 appareils resteront commandés mais devront être revendus par Airbus Military. Les conditions de cette revente restent floues pour l’instant.

Cette « astuce » politique et économique permet surtout au gouvernement allemand de respecter l’accord entre les pays fabricants (qui permettait une baisse de la commande mais uniquement de 10% des appareils commandés initialement) et de diminuer ses engagements budgétaires pour les années à venir ainsi que de respecter l’avis de la Cour fédérale qui n’avait approuvé l’achat ferme que de 40 appareils et de vaincre un Bundestag plutôt réticent à respecter un tel volume de dépenses.

Le coût pour l’Allemagne des 53 appareils se monte en effet à 8,3 milliards d’euros auquel s’ajoute un prêt remboursable de 500 millions d’euros (sur un prêt total de 1,5 milliards d’euros). L’Allemagne qui sera livrée fin 2013, début 2014 pour son premier avion ne pourra de toute façon pas penser économiser de l’argent avant 2016 a estimé Koppelin.

L’Allemagne perd sa place de premier client de l’A400M

Ce n’est pas la première fois que la chambre des députés rabote la commande. Au départ, l’Allemagne avait commandé 93 avions (sous le gouvernement Schroder). Commande réduite ensuite à 60 avions. Les dernières évolutions, avec le retard, avait conduit l’Allemagne à réduire encore sa commande à 53 avions. On croyait ce chiffre stable. Mais c’était sans compter sur la volonté, notamment du partenaire FDP de la coalition, de voir le budget fédéral contenu dans une limite plus étroite. Les partisans de la restriction budgétaire l’ont emporté. Maintenant il ne s’agit plus que de 40 avions. L’Allemagne cède ainsi la place de premier client de l’Airbus militaire et passe derrière la France (qui maintient sa commande 50 avions).

Comment revendre les avions : problème…

Cette nouvelle ne réjouira qu’à moitié le constructeur européen. Certes l’accord allemand enlève du pied une sérieuse épine. Jusqu’au dernier moment il restait un doute sur l’exécution de cet accord outre-Rhin. Mais elle lui en rajoute une : comment revendre ses appareils et à qui ? (la négociation entamée avec les Chinois, intéressés un moment par l’avion, n’a pas abouti).

Les tests de fatigue commencés à Dresde

Une nouvelle qui coïncide avec le lancement en Allemagne, à Dresde, d’une nouvelle série de tests destinée à éprouver la résistance de l’A400M à toutes les intempéries. Durant une période initiale de 4 semaines, 24 heures sur 24, l’avion va ainsi être soumis à toutes sortes d’épreuves permettant de simuler jusqu’à 160 vols dans une seule journée. Une épreuve nécessaire pour recevoir la certification de l’agence européenne de sécurité aérienne (EASA) qui requiert la simulation de 25.000 vols.

(1) Voir la déclaration du député sur le site de Augengeradeaus

Lire également :

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La fin du calvaire pour l’A400M. Première livraison prévue en 2013

Les sept partenaires de l’avion de transport militaire Airbus A400M (1) ont signé, aujourd’hui, à Toulouse un nouveau contrat qui reprenant les termes de l’accord prévu en mars dernier (1), règle trois éléments principaux : le partage de la hausse des prix, un nouveau calendrier d’échelonnement de paiements des clients et un mécanisme permettant la livraison de différentes versions en phases successives. Reste à négocier le schéma des aides à l’export, qui « devraient être finalisées d’ici la fin de l’année » précise l’industriel.

Commandes réduites de 10 avions au total

Il aura fallu plusieurs mois de négociations, et quelques éclats de voix, entre les Etats membres et l’industriel Airbus Military pour arriver à cet accord qui se fait, avec des « pertes » limitées. Seuls deux pays baissent leur commande d’avions : 3 en moins pour le Royaume-Uni (22 contre 25) et 7 en moins pour l’Allemagne (53 contre 60), ce qui reste dans les marges d’un maximum de 1/10e de diminution des commandes qui avait agréé par les partenaires à Palma de Mallorque (2). Ce qui fait un total de 170 avions commandés fermes au lieu de 180 … l’honneur est sauf. Les deux pays concernés gardent la possibilité d’une option d’achat des avions non achetés.

Livraison du premier avion pour l’armée de l’air française : Mars 2013, pour la Luftwaffe : Novembre 2014. Trois avions sont actuellement en test et accumulent, semaine après semaine les heures de vols. Pour Domingo Ureña-Raso, Directeur général d’Airbus Military : « Le programme d’essais en vol de l’A400M progresse à bon rythme et démontre la qualité intrinsèque du produit. Nous sommes très satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici et nous apprêtons désormais à lancer la production en série d’ici la fin de l’année ».

Bonne nouvelle et gros sous

Un accord salué comme il se doit en France et en Espagne qui ont largement poussé à cet accord. « « C’est une très, très bonne nouvelle » a déclaré le ministre français de la Défense, Hervé Morin en direct de Toulouse. « L’A400M est un programme emblématique que l’Europe ne pouvait abandonner. Faire cela aurait signifier pour l’Europe vouloir être dépendant des Etats-Unis au 21e siècle » a-t-il ajouté. Maintenant « Le contrat vient d’être finalisé. Il reste à engager le processus de ratification nationale dans les sept pays ». Ce qui suppose notamment un vote par le Bundestag allemand. « De cette manière, nos soldats peuvent se déployer plus vite, en moins de temps et avec de meilleurs équipements, où que vous dans tous les endroits ou le gouvernement estime opportun de les envoyer » a ajouté le secrétaire d’Etat espagnol, Constantino Méndez.

Coté allemand, on est moins dithyrambique. Cité par la presse allemande, le ministre zu Gutenberg se rappelle l’âpreté des discussions et la dureté du ton. Et au ministère de la Défense, à Berlin et Bonn, on préfère argumenter gros sous : « Grâce à ces mesures, la part allemande de la hausse des prix d’environ 670 millions € compensée. Alors qu’à l’origine, le surcoût aurait dû être de un milliard d’euros ». Explication : le programme Airbus A400M était prévu à l’origine pour couter 20 milliards d’euros. Le surcout a été estimé par l’industriel à 5,2 milliards, sur lequel les Etats clients ont accepté de payer 3,5 milliards d’euros. Toute la difficulté a été de partager cette somme. Au final, la France devrait acquitter une facture de 8,4 milliards d’euros pour 50 avions. Soit un coût d’environ 168 millions d’euros l’unité (coût de développement inclus).

Tous les articles A400M de B2

(1) Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg et Turquie.

(2) A cela, il faut ajouter la perte d’un client, l’Afrique du Sud qui a préféré annuler sa commande. Lire Coup dur pour Airbus, l’Afrique du sud annule sa commande d’A400M
Mais la Malaisie maintient sa commande.

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Toucher l’Airbus A400M, en vrai, c’est possible…

(A la base aérienne d’Istres) Aux universités d’été de la Défense – qui se déroulent lundi et mardi – dans le sud de la France, l’invité-vedette de l’exposition « statique » était incontestablement l’Airbus A400M, massif, bas sur roues et reconnaissable, entre milles par ses hélices.

Crédit : NGV / Bruxelles2

Les principaux responsables, nationaux et européens (comme le président de la commission défense de l’Assemblée nationale, Guy Teissier, ou la chef de la CMPD, Claude-France Arnould) ont ainsi voir de leurs propres yeux, toucher la carcasse, s’asseoir dans le siège du pilote de l’avion de transport européen, tout neuf, sentant encore bon le plastique et la tôle flambants neuves.

Crédit : NGV / Bruxelles2

« Un avion dérivé de l’A380 auquel on a ajouté de nombreuses fonctions militaires » explique Michel Cagneux, un des pilotes d’essai de l’avion européen. « Par exemple, nous avons demandé à pouvoir d’avoir une vision à l’extérieur ». D’où ce petit écran translucide qui permet aux pilotes de suivre la route en même temps que d’observer au dehors. J’ai pu aussi m’asseoir dans ces sièges, c’est impressionnant.

Crédit : NGV / Bruxelles2

Le cockpit sera équipé de fonctions « vie » avec deux couchettes et cuisine, permettant à l’équipage de rester plusieurs jours dans l’avion. Quant à la soute, elle pourra accueillir 30 tonnes de fret. Mais, pour l’instant, elle est bourrée de dispositifs électroniques permettant de finaliser les tests. « Attention aux fils »…

Crédit : NGV / Bruxelles2
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L’A400M sort du tunnel: termes de l’accord et « nuages » futurs

(BRUXELLES2/ Synthèse) Les Etats membres et EADS sont tombés, à peu près d’accord, sur les termes de ce qu’il faut bien appeler un « nouveau contrat » pour l’A400M.

Une discussion qui laissera des traces

Fin des rounds de négociation

L’accord final entrevu à Palma de Majorque (1) s’est donc concrétisé à Berlin, le 5 mars, lors d’une réunion entre secrétaires d’Etat et les directeurs généraux d’armement des 7 pays partenaires du programme (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg, Turquie). Et d’autres réunions ne sont plus nécessaires. L’accord ne sera cependant entériné que d’ici plusieurs semaines, un nouveau contrat doit maintenant être écrit et vérifié, ligne par ligne, ce qui prendra encore 2 ou 3 mois.

Aprêté de la discussion

Les discussions ont été « très, très dures jusqu’au bout » comme l’a résumé, devant la presse à Berlin, le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Gutenberg, qualifiant les méthodes du groupe industriel aéronautique de « chantage ». Il faut « tirer les leçons » pour le futur, a précisé, plus soft, son homologue français Hervé Morin, qui tenait une conférence de presse à Paris lundi.

Une surveillance accrue

Les Etats se sont, en effet, juré que l’on ne les y reprendrait plus… Le déroulement du programme A400M sera dorénavant suivi, par les clients « de façon renforcée » a précisé Hervé Morin. Autrement dit : plus question de découvrir au dernier moment, des ardoises supplémentaires ou de retards… De façon plus générale, a précisé le ministre français de la Défense, il faut « réfléchir aux phases amont des programmes militaires, éviter un empilement de demandes et des besoins, renforcer la maitrise d’ouvrage et disposer d’éléments de reporting réguliers et détaillés des industriels, même lorsque ceux-ci sont engagés dans des contrats au forfait ».

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Les termes de l’accord

Plusieurs concessions

Les clients (Etats) donnent 2 milliards d’euros de plus, au prorata de leur engagement de départ. Montant qui peut être payé en cash ou au moyen de la diminution des commandes. Mais ils se sont engagés à ne pas baisser leur carnet de commande actuel (180 avions) de plus de 10 avions (détails ci-dessous). Les Etats renoncent à leurs indemnités de retard (ce qui n’est pas rien = 1,2 milliards d’euros).

Un système de crédits d’exportation

Les Etats consentent également, hors contrat,  1,5 milliards d’euros d’avances, remboursables sur les exportations; EADS espère vendre 200 à 300 de plus que ceux qui ont déjà été vendus (soit 400 à 500). Une somme répartie également, plus ou moins proportionnellement : 400 millions pour la France, 250 pour l’Espagne, etc… C’est ce dernier point qui a nécessité le plus de négociation au niveau technique, l’Allemagne refusant, sur le fond, de passer à la caisse (un contrat est un contrat) et, sur la forme, toute aide d’Etat. Finalement, la formule trouvée est « Export Levy Facilities », une formule de crédits à l’exportation qui n’est pas assimilée à une aide d’Etat et devrait passer la barre de l’OMC (ce n’est pas le moment pour EADS de se payer une plainte d’un concurrent devant l’organisation de Genève).

Détails à « affiner »

Un dernier point reste encore à préciser : la question de la prise en charge de la hausse des salaires et du coût des matières premières. EADS demande que le taux de la clause de progression passe de 2% à 3%. Ce qui représente un demi-milliard d’euros tout de même. Il faut aussi préciser comment sera assuré le « maintien en condition opérationnelle (MCO) » par l’industriel une fois les avions livrés (et à quel coût).

Capacités techniques en baisse

Certaines des capacités techniques complexes ne seront pas développées tout de suite, notamment la capacité automatique de l’avion à suivre les contours du terrain à très basse altitude pour éviter les radars ennemis (utile pour les opérations commandos surtout). Capacité exigée surtout du client allemand. « On se demande bien pourquoi » ironise un haut responsable français du ministère de la défense (faisant référence sans doute à l’absence d’engagement trop offensif des militaires allemands en Afghanistan notamment). Il y aura ainsi 4 standards qui seront échelonnés suivant la sortie en production : le SOC (capacité transport), SOC1 (+ capacité de larguage), SOC2 (+ ravitaillement en vol), SOC3 (+ les fonctions de navigation évoluée). La remise à jour des appareils déjà livrés sans les fonctions adéquates sera effectuée par l’industriel à ses frais devrait-il être précisé. L’avion perd aussi un peu d’embonpoint : environ 500 kgs (sur différents postes).

Calendrier de livraison revu

Le planning de livraison des avions a été revu, avec un retard de 4-5 ans. Au lieu de 2009 pour le premier A400M en service, l’armée de l’air française et la RAF britannique pourraient toucher leur premier A400M en 2013 (trois ans après le premier vol) qui s’étalerait jusqu’à 2024 (7 avions 2014, 25 fin 2020 et le dernier en 2004), la Luftwaffe allemande en 2014. Il faudra encore attendre quelques mois supplémentaires pour qu’ils soient opérationnels.

Coût de la facture

EADS prend à sa charge 1,8 milliard d’euros ce qui, ajoutés aux 2,5 milliards d’euros déjà provisionnés par l’industriel totalisent une perte comptable de 4,3 milliards d’euros. Au total (clients + industriel), le programme de 20 milliards d’euros au départ atteint désormais 27,7 milliards d’euros (+ 7,7 milliards, soit + 38%). Le cabinet d’audit PriceWaterCoopershouse (PWC) avait évalué le montant nécessaire pour mener le programme au bout (sans renier aucune capacité technique) à 31,3 milliards d’euros.

Mesures palliatives

Pour pallier le retard, la France a décidé plusieurs mesures. Au niveau tactique, elle va prolonger ces C-160 Transall de 2015 à 2018 (environ 100 millions d’euros) avec une remise en état opérationnel. Elle va acquérir également 8 Casa C235. Au niveau stratégique, le contrat Salis va être prolongé après 2010. Ce qui sera opéré, du moins dans l’immédiat, « sans changement de la loi de programmation militaire » précise-t-on à Paris (les dépenses supplémentaires venant remplacer des dépenses d’achat d’A400M qui ne viendront que plus tard). Mais globalement, cela implique une certaine addition supplémentaire (pour les générations futures). Au regard des retombées sociales et industrielles, cela reste cependant limité.

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L’hypothèse d’une réduction des commandes d’A400M de l’Allemagne est désormais publiquement envisagée

L’emploi a pesé dans la balance

Ce projet est fondamental pour nombre de pays pas simplement en termes stratégiques. Le programme occupe déjà environ 14.000 emplois — dont 6.000 en Allemagne — et devrait en générer 40.000 à terme, d’ici 2013, dont 12.000 en France et 10.000 en Allemagne.

Accord parlementaire requis

Cet accord doit encore passer la rampe de certains parlements nationaux. Sujet délicat, particulièrement en Allemagne, où le Bundestag a toujours été très sensible aux questions budgétaires. Le responsable du budget du FDP Jürgen Koppelin (le parti libéral allié du gouvernement à la CDU-CSU et dont est membre le ministre de la Défense zu Gutenberg) a dit que le « ministère de la défense devait s’expliquer … sur ce fardeau supplémentaire presque impossible à justifier au niveau budgétaire ». Et son homologue des Verts, Alexander Bonde, a dit que l’accord n’était « pas acceptable » (2). Ainsi l’hypothèse d’une réduction des commandes allemandes de l’avion militaire est désormais publiquement envisagée. L’Airbus A400M n’en a peut-être pas fini avec les rebondissements (3).

  • Etat des commandes. L’Allemagne a commandé 60 appareils, la France = 50 (inchangé), l’Espagne = 27 (inchangé), le Royaume-Uni = 25 au départ (22 selon le
    nouveau contrat), la Turquie = 10, la Belgique = 7 (inchangé) et le Luxembourg 1 (inchangé). A cela s’ajoute la Malaisie qui a commandé 4 appareils (en échange de quelques retombées industrielles). En revanche, l’Afrique du Sud a abandonné sa commande de 8 appareils (4).


(1)
Les « derniers détails » à régler pour l’Airbus A400M
(2) Die Grünen sont dans l’opposition aujourd’hui. Mais ils ont toujours été contre le projet d’A400M, même quand ils étaient au gouvernement
(3) L’Airbus A400M: un programme et un contrat à rebondissement (dossier)
(4) Coup dur pour Airbus, l’Afrique du sud annule sa commande d’A400M

(mise à jour : lundi 17h)

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Les « derniers détails » à régler pour l’Airbus A400M (maj)

CarmeChaconMinDéfens@Esp100225(A Palma de Majorque) Les 7 Etats partenaires de l’Airbus A400M ont reçu hier soir une lettre signée d’EADS acceptant en grande partie le « deal financier » conclu et
donnant une tonalité plus optimiste. Nous sommes dans « le processus final de décision » explique son signataire. Mais il reste des « détails limités » à régler. De quoi réjouir
Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense, qui de façon un peu anticipée, au début de la réunion annonçait un « accord de principe » des 7 ministres avec « quelques détails
techniques » à résoudre (lire ici).

Une petite étape. La déclaration finale qui doit être signée par les 6 ministres de l’UE présents (ainsi que le ministre turc) et publiée dans quelques minutes souligne « le
progrès significatif réalisé durant les négociations avec l’industriel
. La lettre d’EADS doit (maintenant) être évaluée. Nous espérons que cela aidera à atteindre un accord
». Ajoutant (ce qui reprend la déclaration déjà faite à Istanbul) « L’A400M est le programme le plus ambitieux, il représente une étape importante de la
base technologique européenne et une amélioration significative pour la politique de défense et de sécurité commune »
.


Prudence d’autres partenaires. Le Ministre français de la défense, Hervé Morin (que nous avons pu
rencontré ce matin avec quelques collègues journalistes), se voulait cependant plus prudent, parlant d’une étape de plus. « Nous avançons pas à pas. On n’est pas encore au stade conclusif.
Mais, au moins, cela permet de rouvrir la discussion au niveau des directeurs d’armement qui étaient bloquées depuis plusieurs semaines. »
Entretemps, le porte-parole du ministère de la
défense français, donnant un ton plus optimiste, a confirmé que la prochaine réunion, fixée au 8 mars, pourrait être une réunion conclusive.  Du coté allemand, britannique, comme belge, on
se montre cependant plus dubitatif, estimant que nombre de sujets restaient encore à régler.

Les points en discussion

Pas de réduction substantielle du programme. EADS veut que les Etats partenaires s’engagent pour ne pas réduire de façon substantielle l’enveloppe du programme. Le Royaume-Uni
a déjà annoncé qu’il diminuait sa commande de 3 avions, passant ainsi de 25 à 22. « Si on en reste à ce chiffre, cela ne pose pas de problème. Si l’on continue sur cette pente, cela est
dommageable au programme, selon EADS
» a précisé un expert ministériel.

Révision de certaines spécifications. EADS voudrait revoir certaines spécifications, notamment celle permettant le suivi du terrain à basse altitude (*) .

La répartition et le statut des avances remboursables. « La France est prête à prendre sa part et payer 400 millions d’euros » sur le 1,5 milliard d’euros, a confirmé
Hervé Morin. « Ce sont des avances à l’export. Je crois réellement aux capacités à l’exportation de cet avion. Il n’est pas plus cher que le C130J, il permet plus d’emport, il a une capacité
autant tactique que stratégique
. » Les autres pays n’ont pas, pour l’instant, indiqué le montant qu’ils étaient à prendre en charge. Pour les Espagnols, la répartition de cette avance doit
être conforme aux commandes passées « sinon il faudrait revoir la répartition industrielle du programme ». Une petite pique qui paraissait adressée aux collègues allemands, qui semblent
avoir des difficultés à passer à la caisse, mais était surtout destinée aux cousins anglais. Le réel problème semble, en fait, britannique sur la
question. Selon les explications d’un proche du dossier (non-britannique), le Royaume-Uni voudrait, avant de s’engager sur un montant, bien préciser que cette avance remboursable… sera
remboursée, avec des intérêts au besoin. A Londres, on craint que cette avance reste éternelle : on voudrait définir donc une date et surtout une clause d’intérêt pour ce prêt.

(1) L’A400M dispose de deux atouts spécifiques : le
Terrain-Reference Navigation System
(TRN – Eads) et le
Terrain masking low level flight
(TM-LLF – Eads).

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Airbus A400M : la dernière main à un accord… final ? (maj)


Image 5
(A Palma de Majorque, mis à jour
19h) Accord, ou pas accord, sur l’A400M ? La partie de poker continue entre les Etats partenaires du futur avion de transport militaire européen et l’industriel EADS.

Enthousiasme espagnol. Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense qui préside la réunion informelle des ministres de la Défense de l’UE, l’a annoncé, dès le début de la réunion, lors
d’un mini-point de presse. « Nous avons un accord de principe entre les pays partenaires et EADS. (…) Les détails techniques seront réglés demain » lors d’une réunion au petit
matin. En fait d’accord, il semble bien que cela soit plus flou. En tout cas, il est très difficile d’avoir une idée précise de l’accord. D’autant que certaines délégations ne semblent pas partager
l’enthousiasme de la ministre espagnole.

Berlin reste intransigeant. J’ai pu avec quelques collègues allemands, m’entretenir avec le secrétaire d’Etat parlementaire allemand à la Défense, Christian Schmidt, dans les couloirs du Conseil. Et la position de Berlin
semble claire… et inchangée : 2 milliards d’euros d’argent frais et 1,5 milliards d’avances remboursables gagées sur les exportations (NB : sans compter l’abandon des pénalités de retard). Pas un
sou de plus.
Autrement dit, à EADS de faire un effort supplémentaire. « Pacta sunt servanda »
explique-t-il.
Sur les 5,5 milliards manquants au programme, EADS aurait proposé 800 millions d’euros. Reste donc à trouver 900 millions d’euros.

Les termes de la discussion. Comme le précise un expert militaire du dossier « On est à 3,5 milliards. Et il faut aller à 4,4 milliards. On n’est pas très loin ». En fait, ce que
semblent attendre les Ministres, c’est d’abord une réponse claire d’EADS à leur proposition. Sur la possibilité de faire un petit effort supplémentaire — la part d’avances remboursables étant,
éventuellement passer à 2 milliards d’euros, augmentation supportée par 2 Etats (France & Espagne) — cela semble difficile en l’état. Selon un autre proche du dossier, on n’a pas encore tout
réglé (entre Etats partenaires) : « Pour les 2 milliards d’euros, on a une répartition au prorata du nombre de commandes ou alors au moyen d’une diminution des commandes. Mais pour le 1,5
milliard d’avances remboursables, rien n’est fixé
». La nuit portera-t-elle conseil. Et sera-t-elle la dernière passée au chevet de l’A400M, les esprits
étaient plutôt pessimistes, mercredi soir, après un début de journée plus optimiste.


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L’A400M invité surprise de l’informelle défense à Palma

Une dernière réunion entre les partenaires de l’avion militaire européen, Airbus A400M, aura lieu en marge de la réunion informelle des ministres de la Défense de
l’Union européenne, à Palma de Majorque (Baléares), les 24 et 25 février. Objectif tenter de définir un accord supplémentaire pour permettre la poursuite du programme, la dernière offre des Etats participants n’étant pas accueillie totalement favorablement par
l’industriel, EADS.

Cette réunion aura un intérêt notable non seulement par les sujets mis officiellement à l’ordre du jour mais aussi par les rencontres qu’elle permettra.

Le tour des opérations et la crise économique. Classiquement, la réunion des ministres de la Défense est l’occasion de faire le tour des missions militaires déployées sur le terrain :
l’opération anti-pirates EUNAVFOR Atalanta et la future mission de formation des forces de sécurité somaliennes EUTM Somalia, la transformation de la mission Althea en Bosnie-Herzégovine en une
mission de formation et de conseils auprès des forces armées bosniaques; et la progression de l’action EUCO-Haïti de coordination de l’aide d’urgence après le tremblement de terre en Haïti (article
à venir). Elle est aussi l’occasion de faire le tour des capacités (les Headline goals), question aujourd’hui plus cruciale que jamais avec la crise économique et budgétaire qui frappe tous les
Etats européens, en particulier la Grèce, l’Espagne et le Portugal mais aussi le Royaume-Uni.

Capacité de réaction rapide. La présidence espagnole veut mettre le focus sur quelques sujets, en particulier : renforcer les capacités
européennes de réaction immédiate dans la gestion de tous les types de crises, y compris les catastrophes naturelles, promouvoir
des programmes européens de formation et d’échange dans le domaine militaire et mieux coordonner les ressources militaires et civiles afin de répondre plus efficacement aux nouveaux
risques.

Coopération 5+5. Cette réunion sera aussi l’occasion de faire le point des coopérations
régionales, avec la Méditerranée comme avec l’OTAN.
Ainsi une réunion sera organisée avec les partenaires méditerranéens de l’initiative 5+5 sur
la coopération sur la sécurité dans la région euro-méditerranéenne, un « truc » qui n’a jamais vraiment fonctionné. Il sera savoureux cependant de voir ce que le
ministre de la Défense libyen a à dire aux Européens, après la suspension de l’octroi de visas aux citoyens de Schengen (suite au litige libyen-suisse mettant en cause notamment un fils de
Kadhafi).

Le secrétaire général de l’OTAN. Une autre réunion portera sur le partenariat stratégique avec l’OTAN, avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen. Réunion rituelle qui prendra un double intérêt particulier : d’une part, avec la crise politique aux Pays-Bas justement sur la crise afghane et
alors que l’offensive de Marjah est en développement ; d’autre part, avec la déclaration belge prônant un retrait de toutes les
armes américaines nucléaires du territoire européen (lire :
Us (Nuclear) Go home ?).

Quant à la Haute représentante de l’UE, sa présence sera en… pointillé. Lire ici.

Télécharger la fiche photos des
ministres présents

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