Industrie Marchés

L’A400M certifié

(crédit : Airbus military)

(BRUXELLES2) C’est un tampon qui vaut de l’or. Airbus Military – la firme qui fabrique l’A400M – a reçu ce mercredi (13 mars) la certification de type complet pour l’avion de transport militaire de nouvelle génération. Certificat délivré par Norbert Lohl au nom de l’agence européenne de sécurité aérienne (AESA). « Une étape cruciale vers la livraison du premier avion à l’armée de l’air française» précise l’industriel dans un communiqué. Cette attribution n’est pas tout à fait anodine. L’A400M est en effet le premier avion de transport militaire (au monde) à avoir été conçu et certifié selon les normes civiles depuis sa création.

Un gros défi … et quelques retards

Pour Cédric Gautier, chef militaire Airbus A400M du programme, cette certification de l’A400M aux normes civiles aussi bien que militaires a été « un énorme défi pour nous, nos fournisseurs et l’EASA elle-même ». Le mot “défi” n’est pas volé. L’obligation de certification “civile” a été une des causes du retard de l’avion (lire : L’Airbus A400M: la cause… les causes du retard (dossier). Mais demain ce pourrait être des causes du succès de l’avion. Ainsi que le prévoit C. Gautier « En fournissant un cadre solide pour la certification à des normes reconnues mondialement, nous en verrons des avantages importants. Et de nouveaux clients rejoindront le programme. » L’avion européen bénéficie, en effet, d’une avance sérieuse sur ses concurrents. Et les ventes à l’export vont pouvoir reprendre.

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Les Tigre allemands cloués au sol (Maj)

(Crédit : Bundeswehr/Trotzki)

(BRUXELLES2) Après le crash d’un hélicoptère de combat Tigre de la Bundeswehr lundi soir (4 mars) dans les Alpes bavaroises, tous les hélicoptères allemands de ce type ont été interdits de vols pour le moment annonce mon collègue T. Wielgod de Augengeradenaus. Le même principe de précaution s’applique aux 4 hélicoptères tigres en mission en Afghanistan, a indiqué le ministère allemand de la Défense mardi.

L’hélicoptère s’est crashé près de Ettal (district de Garmisch-Partenkirchen) vers 20h alors qu’il effectuait une mission d’entraînement en vol de montagne. Les deux pilotes – qui appartiennent au 36e régiment d’hélicoptères d’attaque de Fritzlar – ont été blessés mais ont pu quitté seuls l’engin. Ils sont hospitalisés à l’hôpital d’Ulm pour vérification. L’hélicoptère s’est embrasé et a été détruit. Les circonstances sont pour l’instant inconnues et une équipe d’enquêteurs est sur place, précise-t-on à la Bundeswehr.

L’appareil détruit était en configuration ASGARD (Afghanistan Stabilisation German Army Rapid Deployement). Ce qui rend la perte d’autant plus “grave” précise mon collègue Wielgold puisque l’armée allemande n’avait reçu que 7 appareils dans cette version renforcée (la livraison d’un huitième était prévue bientôt).

L’armée allemande disposait d’un parc de 29 hélicoptères de combat Tigre (28 engins dorénavant). Au total, elle devrait en compter 40. Ce qui est loin du chiffre prévu dans la commande initiale (80 engins), chiffre revu à la baisse en mai 2010, lors de la remise en cause de certains investissements, pour cause de restructuration et de serrage budgétaire.

Lire : Achtung ! Sparung, sparen

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L’Atlas A400M enthousiasme la BBC. Contrat pour une école de formation à Brize Norton (UK)

L’A400M en vol porte ouverte (crédit : BBC / B2)

(BRUXELLES2) Le ministère britannique de la Défense a conclu aujourd’hui (4 mars) un contrat avec Airbus Military et Thales UK avec pour objectif de préparer l’arrivée de l’A400M Atlas dans la Royal Air Force. Signé pour 18 ans, le contrat vise à fournir les services d’entraînement et de formation à l’A400M Atlas. Un montant de 300 millions de £ a été prévu pour cet investissement qui sera assuré essentiellement par A400M Training Services Ltd, société créée conjointement (joint venture) entre Airbus Military et Thales UK.

L’école d’entraînement sera construite sur la base de la RAF à Brize Norton, dans le Oxfordshire, où seront aussi basés les A400M. Elle devrait être terminée au printemps 2014. Elle permettra de former les équipages et personnels au sol au nouvel avion de transport de la RAF. Le contrat inclut ainsi la conception, la construction et la gestion d’une école d’entraînement pour l’A400M, comme l’installation et la maintenance de simulateurs de vol complet ainsi que l’équipement  de formation (Coût : 226 millions de £). Un autre contrat prévoit le développement, la fabrication et l’installation de systèmes de protection dans les environnements hostiles (Coût : 80 millions £).

Le Royaume-Uni a acheté 22 avions de transport A400M destinés à remplacer leur flotte de C130 Hercules. Le premier A400M britannique entrera en service dans le courant 2014. Un reporter de la BBC a pu monter dans l’avion en vol. Il en ressort plutôt enthousiaste. Comme le montre son interview avec le chef des pilotes d’essais, Ed Strongman. Jugez-en par son reportage ici

 

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50 ans en l’air, ensemble…

Deux Transall atterrissent au Bourget (crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Le 25 février 1963… un premier vol du Transall, l’avion franco-allemand prenait l’air. 55 minutes de vol à partir de l’aéroport de Melun-Villaroche, pour le C160 V1 aux mains du pilote d’essai Jean Lanvario. L’avion entrera ensuite dans l’armée de l’air (française) en 1967, remplaçant le Noratlas (ou Nord 2501). « Nul n’imaginait vraiment à l’époque que 50 ans après, il volerait toujours et servirait en opération » affirme un officier (amoureux de cet avion). Un propos que j’ai retrouvé chez nombre de pilotes qui ont pris les commandes de cet avion, plein de charme, malgré ses pannes de plus en plus nombreuses, l’âge venant. Et depuis, il a volé par tout temps, sur tous les terrains… Avec une préférence pour l’Afrique. Pour le 1er lieutenant Daniel Weiter, copilote sur cet avion. « C’est simple. Le Transall aime le climat chaud de l’Afrique ».

Vol anniversaire

Pour fêter cette longévité, un vol souvenir a pris l’air pour relier Saint Denis à La Réunion. Aux commandes un équipage de l’Air Transport Wing 61 (ATW61) qui a décollé de Penzing en Bavière sur un avion qui n’a pas 50 ans d’âge mais 42 ans ! Destination : Hyères pour charger un hélicoptère Panther destiné aux forces armées françaises de l’Océan indien. Un vol préparé et “taské” par EATC, le commandement européen du transport aérien.

Le vol a dû être modifié à la dernière minute. L’Autriche n’a pas accordé d’autorisation de survol. De sorte que le vol a dû être redirigé sur la Suisse. Sur place, l’équipe est rodée. Il ne faut que deux heures aux équipes françaises et allemande pour charger l’hélicoptère de 5 tonnes, ainsi que son rotor dans le Transall. Mais il ne reste plus beaucoup de place dans le Transall, toute la soute est occupée par l’engin. Ainsi qu’en témoigne un officier. « Les sièges sont très rares, et le personnel de soute a besoin de beaucoup d’imagination pour trouver une position confortable de couchage pendant le vol. »

La Crète, le Yemen, Djibouti, les Seychelles … et la Réunion

Première escale : l’île de Crète. Avec une dernière incertitude pour obtenir l’autorisation de survol du Yémen qui, finalement, est accordée. L’avion est ravitaillé, prêt au décollage. Et il reprend l’air le lendemain, direction : Djibouti. « Le vent est favorable. Et il est donc possible – après des calculs serrés de carburant de voler non-stop vers Djibouti sans avoir à faire le plein à Jeddah en Arabie Saoudite. » Le troisième jour de vol s’effectue en direction des Seychelles. Avec une arrivée… sous la pluie. Et désinfection obligatoire à l’arrivée. Comme tout avion, le Transall doit être désinfecté. Les agents de la santé publique investissent l’appareil et pulvérisent un désinfectant qui doit agir pendant dix minutes, toutes portes et fenêtres fermées. Le quatrième jour est le bon, avec l’arrivée à l’île de la Réunion après un total de 25 heures de vol.

Le déchargement de l’hélicoptère Panther ne prend même pas une heure. Pour le remonter et le rendre prêt au service, il faudra un peu plus de temps — deux jours entiers. Pendant ce temps, c’est un autre Panther qui est chargé pour être ramené en France. Quelques (inévitables) problèmes techniques retardent (un peu) le vol de retour. Ce Transall n’est plus tout jeune, 42 ans de service… Mais en 30 mns tout est réglé – affirme l’officier allemand – ravi de « la bonne coopération entre le mécanicien de vol allemand, le technicien de service et les évaluateurs français du C-160 ».

Le vol de retour s’effectue selon un trajet alternatif : « les Seychelles, la Somalie (avec les cabanes en tôle ondulée scintillantes de Mogadiscio), l’Ethiopie, Djibouti, l’Arabie Saoudite, l’Egypte — avec une vue fantastique sur la bande verte de la rivière du Nil qui traverse le désert brun du Sahara —, la Grèce, l’Italie et Hyères », décrit le lieutenant Weiter. « Moins d’une heure après l’atterrissage, l’hélicoptère a été déchargé avec l’aide du personnel français de transbordement de fret aérien ». Puis retour à la maison en Bavière, en attendant une autre mission…

NB : Pendant ce temps, les Transall français effectuent rotation sur rotation au Mali. Le vol de 11 jours du Transall allemand a ainsi dégagé d’une mission longue les avions français

Airstrip to the shore

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L’A400M dans la neige, avant la première livraison à l’armée française

Le Grizzly 5 à Iqaluit – Canada (crédit : Airbus military)

(BRUXELLES2) Avant la première livraison “client”, l’A400M (l’avion de transport militaire d’Airbus) est parti se mettre “au froid” pour une dernière série de tests d’endurance. Lieu choisi : Iqaluit, une des villes canadiennes, les plus au nord, au bord de l’Océan arctique et face au Groenland. Objectif : tester le système d’embarquement cargo et les moteurs. Test réussi – selon l’industriel européen – pour le Grizzly 5 (Msn6) à -32°.

Contrat d’assistance pour l’avion français

Dans la même semaine, l’OCCAR (Organisation Conjointe de Coopération en matière d’ARmement) – qui agissait au nom du ministère français de la Défense – et Airbus Military ont signé un premier contrat initial d’assistance (In-Service Support) pour les 18 premiers mois de service. Le premier avion doit être livré à l’Armée de l’air… avant l’été. Ce contrat prévoit un “service sur mesure” pour répondre aux besoins de l’Armée de l’Air française sur la base du contrat cadre conclu entre l’OCCAR (agissant pour le compte de la France, la Turquie, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Belgique et Luxembourg) et Airbus Military, pour le lancement de l’A400M, prévoyant le soutien logistique intégré (ILS) : documentation technique, équipement au sol, etc. Le contrat ISS prévoit en plus un appui industriel de maintenance, la gestion des pièces de rechange, un service “étendu” de réponse aux questions ; il devrait permettre également des opérations de vol, plus faciles (“smooth”), à partir de la base d’Orléans, où seront basés les premiers A400M. Pour la période suivante – après les 18 premiers mois -, tout n’est pas encore finalisé, les « négociations continuent » précise l’industriel…

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Les drones américains suspendus de vol à Djibouti

(BRUXELLES2, exclusif) La douzaine de drones américains (Reaper et Predator) présente au Camp Lemonnier de Djibouti est interdite de vol dans la petite république de la Corne. Les autorités locales ont pris cette décision après un incident qui est survenu dans la nuit de jeudi à vendredi. Un incident mécanique à l’atterrissage – un “posé dur” en jargon aéronautique – a légèrement fracassé le RQ 1 (Predator). Mais surtout il a causé l’immobilisation de l’unique piste de l’aéroport international, qui est à double usage, civil et militaire. CE qui a retardé notamment le vol d’Air France. Un officier US interrogé par B2 a confirmé à m-mots cet incident sans trop vouloir s’étendre. Plutôt que ‘une interdiction de vol par les autorités locales, il préfère parler d’une mesure de précaution, classique en cas d’accident, le temps d’éclairer les circonstances du crash, et d’apporter des mesures supplémentaires de sécurité.

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“Future Land Systems”. Le véhicule du futur étudié à l’agence européenne de défense

(BRUXELLES2) L’Agence Européenne de Défense (AED) vient de présenter, jeudi (6 décembre), à ses Etats-membres et aux différentes parties prenantes sa dernière étude sur les futurs systèmes terrestres de défense. Baptisée “Future Land Systems” et réalisée grâce à 17 entreprises européennes*, l’étude devrait permettre à l’agence de mettre en place un plan d’action afin de permettre à la base industrielle et technologique européenne de défense (EDTIB) de satisfaire les besoins capacitaires des armées européennes en systèmes terrestres jusqu’en 2035. Le document est maintenant dans les mains des 27 Etats partenaires de l’agence (27 – Danemark + Norvège). Et on attend un accord sur une version finale du rapport fin janvier. Après quoi, la feuille de route pourra commencer à être appliquée. Chapeautée par BAE Systems, celle-ci sera accompagnée d’un plan de mise en pratique avec les zones prioritaires pour le court, moyen et surtout long terme, ainsi qu’une liste de projets pilotes potentiels qui pourraient débuter dès l’accord final du rapport.

Pourquoi les systèmes terrestres ? 

L’une des points essentiels de la stratégie de l’EDTIB est de déterminer quelles sont les capacités industrielles spécifiques qui doivent être préservées et développées. Les systèmes terrestres de défense représentent environ 25% du secteur de la défense et sont les systèmes les plus déployés lors d’opérations militaires européennes ou internationales. Le besoin pour plus d’interopérabilité entre les systèmes européens a donc été un facteur décisif pour cette initiative, explique l’Agence. En outre, la technologie européenne en matière terrestre est loin d’être à la peine, mais comme partout, des problèmes de chevauchements de technologies et de redondances minent petit à petit un secteur touché par les coupes budgétaires.

(*) dont BAE systems, Cassidian, Diehl BGT Systems, Expal, General Dynamics European Land Systems, IVECO Defense Vehicules, Krauss-Maffei Wegmann, Mashall Land Systems, MBDA, Thales, Safran, Saab, Rheinmetall Defense, Patria, OTO Melara, Nexter, Navantia.

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