Défense UE

Le bouclier antimissile US est-il compatible avec les règles CE ?


L’installation du
bouclier antimissile en Pologne et république Tchèque va donner lieu à de multiples accords annexes. Outre l’aspect purement politique ou militaire, il faut, en effet, fixer le statut des
personnels et des matériels qui viennent des USA essentiellement (donc hors de l’UE), d’un point de vue des responsabilités mais aussi social ou fiscal, c’est l’accord « SOFA » qui régit ce type de
questions normalement. Il faut aussi prévoir les modalités d’installation des bases, notamment la propriété, leur financement – et les contrats que cela va générer… On peut s’interroger de savoir
si cet ensemble de contrats, purement économiques, est soumis d’une part au droit communautaire, et d’autre part s’il le respecte.

Deux points, à mon avis, peuvent poser problème, au moins susciter une interrogation, au regard du droit communautaire.

Au niveau fiscal. C’est le respect des règles de TVA (seule taxe réellement harmonisée) qui peut poser problème. On sait que cette question a été une des plus difficile à résoudre entre
Tchèques et Américains (1). La directive de 2006 (dernière version en vigueur) prévoit dans son article 151 une exonération globale (2) pour tous les équipements des Etats membres de l’Otan
« lorsque ces forces sont affectées à l’effort commun de défense ». C’est çà le hic peut-être. Qu’est-ce qu’un « effort commun de défense » ? Et dans quelle mesure le bouclier antimissile – projet
américain et non de l’Otan – remplit cette condition ? On peut avoir une approche large de l’exonération : « effort commun », c’est l’effort des deux ou trois pays concernés. Ou une approche stricte
: « effort commun » = effort qui bénéficie à tout le monde (dans le cadre de l’Alliance atlantique). Dans ce cas, l’exonération de l’article 151 ne s’applique pas. Remarquons… que la règle
habituelle, en matière d’exonération de TVA, est que toute exonération s’apprécie « strictement » (3).

Au niveau des marchés publics. Pour tout ce qui concerne les installations strictement militaires, il ne peut y avoir de doute. Tant au regard de la législation actuelle sur les marchés
publics que même sur celle à venir (réforme des directives en cours), il n’y a pas d’application des règles communautaires. En revanche, concernant toutes les installations autour : construction de
la base, fourniture d’équipements divers – qui ne sont pas strictement militaires en soi – par exemple pour les aménagements nécessaires (travaux publics, routes, défrichement…), la question
reste posée. Faut-il respecter les règles européennes de non-discrimination et de transparence des marchés publics, voire passer un appel d’offre européen en bonne forme ? Trois faits
supplémentaires attestent de la pertinence de cette question, aujourd’hui plus qu’hier : 1° la Commission européenne a entamé un mouvement de libéralisation des marchés publics militaires – non
strictement stratégiques ; 2° dans un exemple tout récent – pour Eufor Tchad -, un marché public européen a été passé pour la fourniture de ciment et béton ; on ne comprendrait pas qu’un marché
public doive être passé à l’extérieur de l’Ue et pas à l’intérieur ; 3° les Tchèques ont mis en place un consortium d’entreprises, tchèques bien entendu, qui devraient bénéficier des marchés ainsi
générés – ce qui est déjà une discrimination pour les autres entreprises.

J’ai posé la question à la Commission européenne. Et les réponses ne devraient pas tarder ! A suivre donc…

Deux autres questions peuvent être soulevées :

l’usage des fonds structurels européens. Même si ceux-ci ne vont pas financer directement les équipements militaires, ils vont pouvoir être utilisés pour toutes les autres installations,
les voies d’accès par exemple, le développement des villages et villes autour de la base. Les Tchèques ont ainsi mis en place il y a un an un plan de 37 millions d’euros pour Brdy – où sera établi
le radar – et des communes alentour, avec la mise en place d’une commission pour le développement de Brdy et l’engagement ministériel (comme le prouve le compte-rendu du conseil des ministres tchèque du 5 septembre 2007). Quant aux Polonais, la ville de Slupsk est des quatorze zones économiques spéciales que compte le pays – bénéficiant d’une attention spéciale en matière de fonds
structurels. Cette question ne pose – à mon sens – problème que si les règles tenant aux fonds structurels ne sont pas respectées.

– l’accord de coopération scientifique et industriel signé par les Américains et qui donne une priorité aux entreprises tchèques peut aussi poser interrogation au regard de la
non-discrimination avec les autres Européens.

* * *

(1) L’accord de protection des troupes américaines Sofa doit intervenir le 28 août.

(2) Article 151 directive 2006/112 du 28 novembre 2006 : « 1. Les États membres exonèrent les opérations suivantes : (…) c) les livraisons de biens et les prestations de services effectuées
dans les États membres parties au traité de l’Atlantique Nord et destinées aux forces armées des autres États parties à ce traité pour l’usage de ces forces ou de l’élément civil qui les
accompagne, ou pour l’approvisionnement de leurs mess ou cantines lorsque ces forces sont affectées à l’effort commun de défense; » (nb : un point d) reprend la même disposition quand il s’agit
d’une livraison dans un autre Etat membre pour les besoins d’un Etat non membre). (…) 2. Dans les cas où les biens ne sont pas expédiés ou transportés en dehors de l’État membre où la livraison
de ces biens est effectuée, de même que pour les prestations de services, le bénéfice de l’exonération peut être accordé selon une procédure de remboursement de la TVA. »

(3) La jurisprudence de la Cour est constante sur ce point : voir notamment arrêts du 26 juin 1990, Velker International Oil Company (C-185/89) ou du 12 septembre 2000, Commission/ Royaume-Uni
(C-359/97) etc…

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Budget 2008 de politique extérieure. Quelques chiffres

En 2008, dans le budget communautaire, la lligne sur la politique extérieure est dotée de 7,3 milliards d’euros répartis comme suit:
– Instrument d’aide de préadhésion (IAP) = 1,44 millions (19,7 %)
– Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) = 1,56 millions (21,4 %)
– Instrument de coopération au développement (ICD) = 2,25 millions (30,8 %)
– Instrument pour les pays industrialisés (IPI) = 25,17 millions (0,3 %)
Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) = 147,21
millions (2,0 %)

- Instrument de stabilité = 179,09 millions (2,4 %)
– Instrument relatif à la coopération en matière de sûreté
nucléaire (ICSN) = 72 52 millions (1,0 %)
– Aide humanitaire = 751 27 millions (10,3 %)
– Assistance macroéconomique = 152 millions (2,1 %)

- Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) = 285,25 millions (3,9 %)
– Réserve pour aides d’urgence = 239,22 millions (3,3 %)
– Autres actions et programmes (y compris les agences décentralisées) = 201,44 millions (2,8 %)

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Défense européenne. La « planification » stratégique, comment çà marche?

(BRUXELLES2) Le Comité militaire de l’UE (la plus haute instance militaire de l’UE – qui regroupe les chefs d’Etat-major des 26 Etats membres) vient de remettre à jour son concept de planification militaire, stratégique et politique (EU Concept for Military Planning at the Political and Strategic level). L’aspect un peu rebutant de ce document, qui mentionne une quantité de sigles et de procédures (les militaires les adorent -:)  ne doit pas leurrer.

Un travail hautement politique

Ce document (comme les autres concepts miitaires) recèle une dimension politique, sous-jacente, plus importante qu’il n’y paraît. Dans un contexte, où les militaires européens sont exposés directement, pour des missions qui ne relèvent pas automatiquement de la sécurité immédiate des frontières – prévention ou maintien de la paix pour le compte des Nations-Unies -, il s’agit de fixer la doctrine de coopération entre les Etats membres de l’UE pour la préparation de leurs opérations militaires à l’extérieur. Il reflète aussi l’originalité de l’intervention militaire de l’UE, qui englobe une large palette d’instruments (politique, diplomatique, économique, humanitaire et militaire).

Mesures « post-Wiesbaden »
Ce travail de mise à jour intervient aussi à un moment charnière. Cinq ans après l’opération Artémis au Congo (première d’importance pour l’UE) et la mise en place de la première « stratégie européenne de sécurité et de défense », il intervient en prélude, à la remise à jour de cette stratégie, programmée pour la fin 2008. Concrètement, il tient compte de la possibilité d’anticipation des crises et s’inscrit dans le cadre des mesures décidées au Conseil informel de Wiesbaden, sous présidence allemande, les 1er et 2 mars 2007 (mesures dénommées « post-Wiesbaden ») et au moment où de nouvelles zones d’action se profilent.

La planification est conduite à quatre niveaux, du plus haut niveau (institutions de l’UE) au plus près du terrain (niveau tactique) – dans les commandements des composantes de la force -, en passant par le niveau stratégique (le quartier général d’opération OHQ) et le niveau opérationnel (Quartier général de la force FHQ).

La planification comporte traditionnellement trois phases : préparer les options, envisager toutes les alternatives et conduire les plans finaux. L’essentiel de cette tâche revient à l’Etat major de l’UE. Il travaille de façon continue, « par anticipation pour informer les décideurs politiques et leur permettre de prendre les décisions nécessaires pour entamer la planification réelle le plus tôt possible ». Cette planification anticipée est « essentielle pour réduire le temps de réponse de l’UE à la crise ». Elle peut être « générique » (opération où tous les facteurs ne sont pas complètement identifiés) ou « éventuelle » (tous les facteurs d’une opération ont été identifiés). Dans ce dernier cas, cela inclut une indication des ressources nécessaires et les options de déploiement envisagées. La planification intervient aussi en « réponse à la crise, en avance ou concomitamment au processus de décision politique ».

Un processus qui démarre dès qu’une crise est identifiée

Ce processus commence « aussitôt qu’une crise émergente est identifié par l’UE au niveau politique ». Il conduit généralement à l’élaboration de trois documents par l’Etat major de l’UE.

1) Le « Concept de gestion de crise » (CMC) est le document cadre conceptuel décrivant l’approche générale de l’UE dans la gestion d’une crise particulière. Dès qu’il est adopté, le COPS donne une instruction à l’Etat-Major pour étudier les options stratégiques militaires (MSO directive).

2) Les « Options stratégiques militaires » (MSO) envisagent des actions militaires précises et les ressources nécessaires, ce qui inclut également une évaluation de la faisabilité et des risques. Elles doivent aussi inclure l’objectif visé, la stratégie de sortie de crise, les objectifs d’engagement militaire et le degré d’emploi de la force. Le Conseil détermine alors une option et décide le déclenchement d’une opération (adoption d’une Action commune).

3) « L’Instruction militaire initiale » (IMD) fournit – sur la base de l’option choisie par le Conseil – une description claire des objectifs politiques et militaires et la mission assignée aux militaires pour remplir ces objectifs. Elle inclut également certaines limitations politiques que le commandant d’opération devra prendre en compte lorsqu’il rédigera le Concept d’opération (Conops) et la déclaration provisoire de besoins (PSOR), comme le Plan d’opération (OpPlan) et les règles d’engagement (ROEREQ).

Cet enchaînement, précise le document, doit davantage être regardé « comme un idéal que comme obligatoire. En pratique, due à la contrainte du temps ou des évènements, les étapes peuvent être sautées ». Une certaine « dose de flexibilité et de pragmatisme » doit être appliquée tout au long du processus.

La planification militaire au niveau politique et stratégique ne cesse pas avec la publication de l’Instruction. L’Etat-Major de l’UE fournit un soutien de planification pour l’opération dans le but de garantir une « transition en douceur » du processus de planification, des niveaux politique et stratégique au niveau militaire. Et quand l’opération est lancée, il faut « continuer de suivre l’environnement stratégique et de fournir des analyses et évaluations ».

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Leçons du conflit Géorgien pour l’Europe de la Défense. 1ère Esquisse

1° L’Europe de la défense (PESD) : un galon de plus ? Dans l’affaire géorgienne, l’Otan est apparue, ici, discréditée. Trop partiale, reflétant trop le point de vue américain. L’exemple
théorique, jusqu’ici, cité dans plusieurs séminaires sur la défense est devenu réalité, dans le conflit russo-géorgien : 1) l’Onu est paralysée son fonctionnement intergouvernemental et
multinational et l’antagonisme russo-américain (comme un retour au scénario classique de la guerre froide); 2) l’Otan est neutralisée par son statut de quasi-belligérant ; 3) Les autres
organisations régionales (Osce, Conseil de l’Europe…) n’ont pas de moyens d’intervention autre que la parole ou le droit (donc pas de moyens militaires). Seule reste ainsi en scène l’Union
européenne dont l’absence de pensée unique en matière de politique étrangère – si souvent décriée- est ici un gage de sa capacité à intervenir. Non pas parce qu’elle est neutre – une organisation
politique n’est pas neutre -, mais parce qu’elle se doit d’être impartiale, du fait de ces différences de sensibilité internes. Une Union qui a prouvé dans le passé cependant qu’elle avait quelques
capacités (même si elles sont limitées) d’intervention militaire (Tchad), militaro-civile (Kosovo) ou de surveillance des frontières (Transnistrie-Moldavie-Ukraine). Ce qu’on appelle la politique européenne de défense et de sécurité (PESD). Du coup, les priorités de la
présidence française en matière de défense (lire interview de H. Morin) retrouvent quelque lustre, notamment celui de renforcer
les capacités de planification de l’Etat-Major de l’UE. NB : on peut remarquer, avec un peu d’ironie, que parmi ceux qui réclament à corps et à cri une force de maintien de la paix, plus militaire,
figure un des pays les moins enclins à soutenir l’Europe de la défense  (les Britanniques) ou ceux qui ont très peu de moyens à fournir (les Baltes).

2° L’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’Otan : pas pour demain ?
Deux points de vue peuvent s’opposer. Soit on justifie – a priori – l’utilité plus que jamais de faire adhérer ces deux
pays à l’Otan, le plus rapidement possible, pour les protéger d’une nouvelle « agression » russe. Soit au contraire, c’est le réal politisme qui parle. « Il faut comprendre que sur ce continent,
il y a nous et la Russie »
expliquait à son entrée au Conseil des Ministres exceptionnel du 13 août, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, évoquant ainsi publiquement ce que
chacun pense tout bas : un partage des zones d’influence. Tendance : L’Otan étant un organisme où l’unanimité est nécessaire pour une adhésion, la deuxième option semble plus réaliste.

3° Le bouclier antimissile : à compléter d’urgence ? C’est sans doute la conséquence la plus rapide. Là aussi deux points de vue peuvent s’opposer. D’un coté, on peut dire que l’utilité du
bouclier anti-missile est plus que jamais importante aujourd’hui, non pas dans sa version « protection contre l’Iran » mais « protection contre le voisin russe ». Polonais et Américains ont intérêt à
faire taire leurs divergences. D’autant plus rapidement que les élections approchent aux Etats-Unis et qu’un changement de majorité pourrait amener un changement de priorité. De l’autre, on
pourrait dire : ne fachons pas nos amis russes, une fois de plus, et abandonnons ce projet. Tendance : le bouclier antimissile étant un projet uniquement américain, où la décision n’est pas
multilatérale, mais bilatérale, c’est la première option qui semble plus plausible. Un point de vue qui semble se vérifier sur le terrain (voir autre article).

Autre conséquence, l’augmentation des budgets militaires. Déjà les Russes ont indiqué que ce budget devrait être revu à la hausse. Plusieurs milliards de roubles, selon le quotidien
Vedomosti. Il faut prévoir l’achat de drones – dont l’armée russe manque – et de missiles Topol pour assurer son autonomie stratégique. Le conflit avec la Géorgie a montré combien les Géorgiens
avaient un meilleur armement selon les Russes. Rien que l’équipementet la modernisation des troupes présentes dans le Caucase couterait 1,382 milliard d’euros. Tendance : de cette nouvelle relance
de la course aux armements, il n’est pas sûr que les Américains sortent vainqueurs, comme ils en étaient sortis de la précédente.

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Polonais et Américains d’accord sur le bouclier antimissile

Le conflit en Ossétie-Géorgie aura au moins fait un heureux : le bouclier antimissile américain. Il pourra bien se déployer en Pologne (un premier accord ayant été obtenu avec la république Tchèque en juillet). Après plusieurs tergiversations, et
des négociations qui ont connu des hauts et des bas durant plusieurs mois, les Etats-Unis ont finalement accepté d’installer une
batterie de missiles à moyenne portée « Patriot », comme le demandaient les Polonais, et de participer à la modernisation de leur armée. Une batterie serait installée rapidement – prise en charge
par les Américains. Plusieurs autres (on parle de cinq au total) seraient installées dans un second temps. La question du financement de cette deuxième phase ne semble pas claire, les Polonais
pouvant en prendre en charge une partie.



L’objectif est
cette fois très clair
: il s’agit – comme l’explique un expert américain du MIT dans la presse polonaise – aussi de pouvoir détruire des missiles russe. Le sous-secrétaire d’Etat américain
chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale, John Rood, était à Varsovie, mercredi, pour finaliser
l’accord directement avec le ministre des Affaires étrangères polonais Radoslaw Sikorski – le vice-ministre Waszczykowski, chargé auparavant des négociations, ayant été révoqué car jugé notamment
trop proche du président Lech Kaczyński.

Coté russe, on réfléchit à la réplique. Sont évoquées, dans la presse russe, par exemple un déploiement de missiles russes Iskander en Biélorussie, voire à Kalilingrad. Une escalade assez
dangereuse. L’ambassadeur de la Russie à l’Otan, Vladimir Rogozine que j’avais rencontré au printemps avait été très clair quand je l’avais interrogé sur la question. Avec son franc-parler et son
coté provocateur nationaliste qui le caractérisent, il avait expliqué : s’il est installé, « nous devrons installer à notre tour un dispositif contre ces systèmes antimissiles. Nous n’aurions
aucun problème pour tirer sur la République tchèque et Pologne ».
Et de préciser, là directement en français (la conversation avait lieu par l’intermédiaire d’un interprète russe de
l’ambassade), … au cas où j’aurais mal compris… : « d’abord tirer et attaquer. Tout ce système américain est une provocation. C’est un projet idiot. »

(Crédit photo : Us dpt of State)

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Tchèques en entraînement dans les Pyrénées


Avant de partir en Afghanistan l’année prochaine, les pilotes tchèques vont
suivre un entraînement de vol en haute montagne dans les Pyrénées françaises du 1er au 12 septembre. Environ 70 personnes – ce qui représente environ huit équipages – participeront à l’entraînement
dans les Pyrénées. Ils devraient voler à une altitude de 2000 mètres, ce qui correspond aux conditions afghannes.

Les cinq appareils Mi-171, utilisés en Afghanistan, sont actuellement en rénovation / réparation à Prague par la société d’entretien des aérien de Malesice, LOM (Letecke Opravny Malesice). Ces
appareils avaient été acquis avec le remboursement de la dette russe et nécessitent d’être modernisés avec des équipements pare-balles, de protection électronique et de détection des missiles.

Plusieurs pilotes d’hélicoptères s’étaient plaint récemment, par lettre au Ministre de la Défense, selon l’hebdomadaire Respekt, du caractère
obsolète de leurs matériels et leur insuffisante préparation pour les missions afghanes.

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L’armée britannique a de plus en plus de mal à recruter…

… C’est un rapport du très sérieux comité « défense » de la Chambre des Communes qui l’affirme. L’armée britannique a de plus en plus de mal à recruter et à conserver ces recrues. Le nombre de
personnes qualifiées rejoignant les militaires diminue. Le nombre de militaires rompant leur contrat avant terme augmente.

Le rythme des opérations en cause. Cette tendance n’est pas nouvelle. La différence est maintenant – note le rapport – que « nos forces armées fonctionnent à un tempo plus élevé que
jamais auparavant mais les engagements
(nb : en Irak et Afghanistan) dépassent les niveaux pour lesquels elles ont recrutées ». Ce qui met le personnel de service sous une pression
extrême et contribue à l’augmentation des démissions. Les points critiques où il manque du personnel augmentent, le rapport en dénombre 25. Les conditions de travail, l’impact du tempo opérationnel
(‘intervalle entre les opérations, etc.), l’absence de prévisibilité et le mauvais équilibre vie privée / vie professionnelle ont des « conséquences graves pour le personnel et leur famille », et
sont un facteur important dans la décision de départ anticipée.

Des mesures insuffisantes.
Si certaines mesures ont été présentées, pour améliorer la situation, la « situation de l’effectif ne s’améliore pas », s’inquiètent les députés. Ils recommandent
d’améliorer la situation du logement, de créer des ponts entre société militaire et civile par de meilleurs programmes de gestion de ressources humaines, de renforcer les équipes de recrutement et
les services sociaux des armées, de réorganiser la grille de salaires (télécharger le rapport).

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Eulex Kosovo recrute, les autres missions européennes aussi…



La mission européenne Eulex Kosovo a lancé un cinquième appel à contribution pour du personnel et offre plus de 350 postes. Eulex recrute surtout des officiers de
police (227 postes dont 4 chefs de station), des gardes-frontières (70 postes offerts dont 4 chefs de poste) qui seront affectés à Gate 1 et Gate 31 (au nord-Kosovo avec la Serbie) et des
enquêteurs (une trentaine). Mais il y a des postes plus spécialisés : médecin anesthésiste ou urgentiste, spécialistes de système d’information. Inutile de préciser qu’une expérience dans ces
domaines est exigé, sans compter les conditions de sécurité. Pour la description des postes offerts (liste à télécharger). Date limite : 15 septembre 2008.


La target="_blank">Mission EU SSR Guinée-Bissau recrute également deux conseillers militaires (conditions à
télécharger) Date limite : 8 septembre 2008.



La Mission Eujust en Iraq recrute un assistant administratif et un spécialiste des systèmes
d’information (liste à télécharger). Date limite : 22 août 2008.

Pas de recrutement annoncé à la mission Eupol en Afghanistan comme la mission Eupol en Palestine, de même qu’à Eubam Rafah (là c’est
normal, la mission est suspendue).



Les Missions Eupol en Bosnie comme Eupol Congo viennent de recruter mais c’est trop tard. Dates limites : 22 ou 10 juillet
2008. Vous pouvez toujours aller voir. On ne sait jamais.

NB : Le propre des missions civiles de l’Union européenne est d’être assumé et financé par le budget de l’Union européenne. Les recrutements dépendent généralement du chef de mission.

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Déclaration de Petersberg (UEO). Bonn – 19 juin 1992

Déclaration de Petersberg : Conseil de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), Bonn, 19 juin 1992

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des Etats membres de l’UEO se sont réunis à Bonn le 19 juin 1992 et ont rendu publique la déclaration de Petersberg qui comprend les trois
parties suivantes :

> I. Sur l’UEO et la sécurité européenne.
> II. Sur le renforcement du rôle opérationnel de l’UEO.
> III. Sur les relations entre l’UEO et les autres Etats européens membres de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique.

I. SUR L’UEO ET LA SÉCURITÉ EUROPÉENNE

Développements dans le domaine de la sécurité en Europe, du désarmement et de la limitation des armements.

1. Les ministres ont évoqué les changements marquants survenus en Europe dans le domaine de la sécurité depuis leur dernière réunion ordinaire, en novembre 1991. Ils ont souligné l’importance
d’un renforcement du rôle et des institutions de la CSCE pour la paix et la sécurité en Europe. Ils se réjouissent à la perspective des décisions qui seront prises à Helsinki concernant
l’ouverture de nouvelles négociations sur les mesures de limitation des armements et de désarmement ainsi que l’intensification des consultations régulières et de la coopération sur les questions
de sécurité. Compte tenu de l’établissement d’un nouveau forum de la CSCE pour la coopération en matière de sécurité, ils ont estimé d’importance primordiale les décisions visant au renforcement
des moyens de la CSCE pour la prévention des conflits, la gestion des crises et le règlement pacifique des différends. Ils sont favorables à la proposition en cours de discussion à la réunion de
suivi d’Helsinki, visant à ce que la CSCE adopte le statut d’accord régional, aux termes du chapitre VIII de la Charte des Nations unies. Les ministres ont estimé que la CSCE devrait avoir le
pouvoir de lancer et de mener des opérations de maintien de la paix sous sa propre responsabilité.

2. Alors que l’UEO développe ses capacités opérationnelles conformément à la Déclaration de Maastricht, nous nous déclarons prêts à soutenir, au cas par cas et conformément à nos propres
procédures, la mise en ouvre efficace des mesures de prévention des conflits et de gestion des crises, et notamment les activités de maintien de la paix de la CSCE ou du Conseil de Sécurité des
Nations unies. Ceci se fera sans préjudice des contributions que d’autres pays participant à la CSCE et d’autres organisations pourraient apporter à ces activités.

3. Les ministres se sont félicités des décisions prises par le Conseil de la CSCE à Berlin et à Prague concernant les relations entre la CSCE et d’autres organisations européennes et
transatlantiques se renforçant mutuellement, y compris l’UEO. Ils ont déclaré que l’UEO est, en liaison avec l’Union européenne, prête à participer pleinement à la construction d’une architecture
européenne de sécurité. Ils ont de même réaffirmé leur conviction que l’Alliance atlantique constitue l’une des bases indispensables de la sécurité de l’Europe. Ils ont favorablement accueilli le
processus de réforme en cours à l’OTAN qui vise à établir un nouveau partenariat transatlantique solide.

4. Les ministres se sont réjouis de l’accord conclu à la Conférence extraordinaire sur les FCE tenue à Oslo le 5 juin 1992, permettant l’entrée en vigueur du Traité FCE, qui a été et qui demeure
un important objectif de leur politique en matière de limitation des armements. Sa mise en ouvre effective et intégrale accroîtra la stabilité et ouvrira la voie en Europe à un nouvel ordre de
sécurité basé sur la coopération. Les ministres invitent les nouveaux États parties à ce traité à assurer sa ratification d’ici au sommet d’Helsinki de la CSCE. Ils attachent une grande
importance à la conclusion en temps utile pour ce sommet d’un accord sur la limitation des effectifs des forces terrestres et aériennes (FCE, I bis) et à la mise en ouvre du Traité  » Ciel ouvert
« . Les ministres ont réaffirmé leur volonté de voir l’accord  » Ciel ouvert  » entrer en vigueur à bref délai et ont invité d’autres États de la CSCE à adhérer au Traité conformément à ses
dispositions.

5. Les ministres se sont félicités des mesures récemment prises par les États concernés pour permettre l’entrée en vigueur du Traité START et de l’important accord sur les nouvelles réductions
d’armements stratégiques auquel sont parvenus les États-Unis et la Russie le 17 juin 1992 à Washington.

6. Les ministres ont rappelé que la présence de forces étrangères sur le territoire d’un Etat souverain exige le consentement explicite de cet État. Ils ont souligné qu’il était important
d’établir rapidement, dans le cadre des négociations en cours, des calendriers pour le retrait des troupes étrangères des Etats baltes.

7. Les ministres ont exprimé leur conviction qu’une Convention sur les armes chimiques peut être conclue dans les prochains mois. Ils sont convaincus que cette convention peut jouer un rôle
important et ouvrir la voie au plan mondial à une limitation multilatérale des armements, et demandent à tous les États membres de la Conférence du désarmement d’apporter leur soutien au
consensus qui se dégage. Ils réitèrent leur détermination d’être parmi les premiers signataires de cette Convention et demandent à tous les autres pays de les suivre dans cette voie.

8. Les États membres de l’UEO réaffirment leur résolution de contribuer plus avant à l’établissement d’un nouvel ordre de paix en Europe qui, conformément à la Charte de Paris, sera fondé sur la
coopération. Les ministres ont souligné à cet égard la contribution précieuse du COCONA. C’est dans le même esprit que l’UEO a invité les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de
huit États d’Europe centrale à une réunion ministérielle extraordinaire qui doit se tenir ce jour. L’UEO et les pays invités entendent renforcer la consultation et la coopération dans le cadre de
la nouvelle structure européenne de sécurité.

Mise en œuvre de la déclaration de Maastricht

9. Les ministres ont souligné l’importance fondamentale du Traité sur l’Union européenne et attendent avec intérêt la poursuite de l’élaboration de la politique étrangère et de sécurité commune
lors du Conseil européen de Lisbonne. Ils ont examiné les progrès réalisés pour développer le rôle de l’UEO en tant que composante de défense de l’Union européenne et comme moyen de renforcer le
pilier européen de l’Alliance atlantique, conformément à la Déclaration adoptée par les États membres de l’UEO en décembre 1991 lors du Conseil européen de Maastricht.

10. Les ministres ont réaffirmé l’importance pour l’UEO d’instaurer d’étroites relations de travail avec l’Union européenne et l’Alliance atlantique, conformément à la Déclaration de Maastricht
de l’UEO. Ils ont adopté un rapport sur les mesures pratiques nécessaires à leur développement. Ils ont invité le Conseil permanent à proposer au Conseil des Douze et au Conseil de l’Atlantique
Nord des mesures concrètes visant à faciliter la mise en place d’une étroite coopération entre les secrétariats respectifs.

1l. Les ministres ont entendu un rapport du Secrétaire général sur les progrès accomplis en vue du transfert du Conseil et du Secrétariat général de l’UEO de Londres à Bruxelles. Ils ont chargé
le Conseil permanent et le Secrétaire général de prendre les dispositions nécessaires pour que le transfert puisse être effectué au plus tard en janvier 1993.

12. Les ministres ont entendu un rapport du Chef d’état-major des armées allemand sur les réunions des Chefs d’état-major des armées. Les ministres ont décidé que les Chefs d’état-major des
armées se réuniraient deux fois par an avant les Conseils des ministres ordinaires, et de façon ad hoc chaque fois que cela sera nécessaire. Les ministres sont également convenus qu’à la suite du
transfert du Conseil et du Secrétariat à Bruxelles, les délégations nationales pourront être renforcées par des délégués militaires qui devront mettre au point et soumettre des avis au Conseil,
communiquer à la cellule de planification le point de vue des Chefs d’état-major des armées et suivre l’aspect militaire de ses travaux.

13. Les ministres de l’UEO se sont félicités de la décision prise par les ministres de la Défense du GEIP, réunis à Oslo le 6 mars 1992, d’analyser le rôle futur du GEIP dans la nouvelle
architecture de sécurité européenne. Il s’agit là d’une évolution favorable qui correspond pleinement à l’objectif fixé par les États membres de l’UEO à Maastricht d’étudier plus avant une
coopération renforcée en matière d’armement, en vue de créer une agence européenne des armements de l’UEO. Les ministres de l’UEO proposent que des experts des pays membres de l’UEO et du GEIP
étudient minutieusement cette problématique et effectuent un premier examen du rôle et des fonctions d’une éventuelle agence européenne des armements, et qu’un rapport soit soumis pour
examen.

14. Les ministres de l’UEO ont favorablement accueilli la décision prise le 25 mai 1992 à Bruxelles par les ministres de la Défense de l’Eurogroupe, d’étudier la possibilité, entre autres options
et si les conditions requises sont satisfaites, de transférer à l’UEO, en tout ou en partie, les fonctions actuelles de l’Eurogroupe pour lesquelles il existe encore un besoin.

15. Les ministres ont noté avec satisfaction les progrès considérables qui ont été accomplis en ce qui concerne la mise en place du Centre satellitaire expérimental de l’UEO à Torrejon (Espagne),
témoignage concret du renforcement du rôle opérationnel de l’UEO, et se sont réjouis à la perspective de l’inauguration officielle qui aura lieu dans le courant de l’année. Ils ont également noté
que le contrat pour l’étude de faisabilité du système principal a été octroyé à un consortium d’entreprises des États membres de l’UEO dirigé par une entreprise allemande.

Activités des groupes de travail

16. S’agissant de la vérification, les ministres ont noté avec satisfaction que des règles de fonctionnement ont été établies au sein de l’UEO pour les équipes multinationales FCE, et qu’elles
ont été ensuite adoptées par l’Alliance.
Il s’agit là du premier exemple, depuis la Déclaration de Maastricht, de l’introduction de positions conjointes concertées au sein de l’UEO dans le processus de consultation de l’Alliance.

17. Notant les progrès accomplis jusqu’ici, les ministres ont donné leur accord de principe pour que soit menée une étude de faisabilité visant à déterminer le moyen le plus économique de mettre
en ouvre le Traité  » Ciel ouvert  » dans le cadre de la coopération entre les Etats membres. Ils ont chargé le groupe d’experts de déterminer les points de départ de l’étude, de définir les
options méritant un examen plus approfondi et d’étudier la question des coûts, afin de pouvoir décider, lors de leur prochaine réunion ordinaire, qu’il convient de poursuivre l’étude. Ils ont
souligné que l’UEO est disposée à coopérer ultérieurement avec des tiers, et à cet égard, se sont félicités des contacts qui ont été noués avec d’autres alliés européens, ainsi qu’avec la
Fédération de Russie. Ils sont convenus que des experts devront étudier la possibilité d’une coopération intensifiée avec la Fédération de Russie qui pourrait inclure une étude de faisabilité
conjointe et/ou un survol d’essai.

18. Les ministres ont réaffirmé l’importance des travaux du sous-groupe Méditerranée sur la sécurité en Méditerranée. Ils ont donné mandat à l’UEO d’instaurer progressivement un dialogue avec les
pays du Maghreb, compte tenu de l’évolution de la situation politique dans ces pays comme dans la région.
Institut d’études de sécurité de l’UEO

19. Les ministres ont pris note avec satisfaction des activités de l’Institut d’études de sécurité de l’UEO à Paris. Ses publications, séminaires et colloques ont beaucoup contribué à une
meilleure compréhension de l’évolution en cours de l’identité européenne de sécurité et au renforcement des relations entre l’UEO et d’autres pays européens.

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II. SUR LE RENFORCEMENT DU ROLE OPÉRATIONNEL DE L’UEO

1. Conformément à la décision de développer l’UEO en tant que composante de défense de l’Union européenne et comme moyen de renforcer le pilier européen de l’Alliance atlantique figurant dans la
Déclaration des États membres de l’UEO rendue publique à Maastricht le 10 décembre 1991, les États membres de l’UEO ont poursuivi l’examen et la définition des missions, structures et moyens
appropriés, couvrant en particulier une cellule de planification de l’UEO et des unités militaires relevant de l’UEO, afin de renforcer son rôle opérationnel.

2. Les États membres déclarent qu’ils sont prêts à mettre à la disposition de l’UEO des unités militaires provenant de tout l’éventail de leurs forces conventionnelles en vue de missions
militaires qui seraient menées sous l’autorité de l’UEO.

3. Toute décision de recourir aux unités militaires relevant de l’UEO sera prise par le Conseil de l’UEO conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies. La décision de participer à
des opérations spécifiques restera du ressort national et sera prise par les États membres conformément à leurs Constitutions spécifiques.

4. Outre une contribution à la défense commune dans le cadre de l’application de l’article 5 du Traité de Washington et de l’article V du Traité de Bruxelles modifié, les unités militaires des
États membres de l’UEO, agissant sous l’autorité de l’UEO, pourraient être utilisées pour :
– des missions humanitaires ou d’évacuation de ressortissants ;
– des missions de maintien de la paix ;
– des missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris des opérations de rétablissement de la paix.

5. La planification et l’exécution de ces missions seront pleinement compatibles avec les dispositions militaires nécessaires pour assurer la défense collective de tous les alliés.

6. Les unités militaires proviendront des forces des États membres de l’UEO, y compris des forces ayant des missions OTAN dans ce cas, après consultation avec l’OTAN – et seront organisées sur
une base multinationale et interarmées.

7. Tous les États membres de l’UEO désigneront sous peu les unités militaires et les états-majors qu’ils seraient prêts à mettre à la disposition de l’UEO pour ses diverses missions éventuelles.
Lorsque des formations multinationales tirées des forces des pays membres de l’UEO existent déjà ou sont prévues, ces unités pourraient être mises à disposition pour emploi sous l’égide de l’UEO,
avec l’accord de tous les pays participants.

8. Les États membres de l’UEO se proposent de mettre sur pied et d’organiser l’entraînement des capacités appropriées qui permettront le déploiement terrestre, maritime ou aérien des unités
militaires de l’UEO en vue d’accomplir ces missions.

9. Une cellule de planification sera mise en place le 1er octobre 1992, sous réserve des considérations pratiques; elle relèvera du Conseil. Elle sera implantée avec le Secrétariat général dans
un immeuble approprié à Bruxelles. Le Conseil a nommé aujourd’hui le général Caltabiano (de l’armée de l’air italienne) au poste de Directeur. La cellule sera chargée :
– de préparer des plans de circonstance pour l’emploi de forces sous l’égide de l’UEO ;
– de préparer des recommandations pour les dispositions nécessaires en matière de commandement, de conduite des opérations de transmissions, y compris les instructions permanentes pour les
états-majors qui pourraient être choisis ;
– d’établir un inventaire actualisé des forces et des groupes de forces susceptibles d’être affectés à l’UEO pour des opérations spécifiques.

10. Le Conseil des ministres a approuvé le mandat de la cellule de planification.

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III. SUR LES RELATIONS ENTRE L’UEO ET LES AUTRES ÉTATS EUROPÉENS MEMBRES DE L’UNION EUROPÉENNE OU DE L’ALLIANCE ATLANTIQUE

A – Suite à la déclaration rendue publique le 10 décembre 1991 à Maastricht, avec le Traité sur l’Union européenne, les ministres de l’UEO ont rappelé les principes fondamentaux sur lesquels
devront être fondées les relations entre les États membres et les Etats membres associés de l’UEO :
– Règlement par des moyens pacifiques de leurs différends mutuels, conformément aux obligations découlant du Traité de Bruxelles modifié, du Traité de l’Atlantique Nord et de la Charte des
Nations unies, aux engagements pris aux termes de l’Acte final d’Helsinki et de la Charte de Paris, ainsi qu’aux autres principes et règles de droit international généralement reconnus ;
– Abstention du recours à la menace ou à l’emploi de la force, dans leurs relations mutuelles, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies.
Ils ont aussi souligné que les garanties de sécurité et les engagements de défense contenus dans les traités qui lient les États membres au sein de l’Union de l’Europe occidentale et qui les
lient au sein de l’Alliance Atlantique se renforcent mutuellement et ne sauraient être invoqués par ceux qui souscrivent à la partie III de la Déclaration de Petersberg dans les différends
survenant entre les États membres de l’une ou l’autre des deux organisations.

B – Dans leur déclaration de Maastricht du 10 décembre 1991, les États membres de l’UEO ont proposé que les États qui sont membres de l’Union européenne soient invités à adhérer à l’UEO aux
conditions qui seront convenues conformément à l’article XI du Traité de Bruxelles modifié, ou à devenir observateurs s’ils le souhaitent.
Simultanément, les autres États européens membres de l’OTAN sont invités à devenir membres associés de l’UEO d’une manière qui leur permette de participer pleinement aux activités de l’UEO.
Conformément à la partie III de la Déclaration de Petersberg, les ministres ont décidé qu’il convient, en formulant l’invitation adressée aux pays souhaitant devenir membres de plein droit,
observateurs ou membres associés, de préciser les points suivants :

Membres

Les États membres de l’Union européenne qui ont accepté l’invitation à adhérer à l’UEO s’engagent :
– à respecter, conformément aux principes et aux valeurs auxquels adhèrent tous les États membres de l’UEO, le Traité de Bruxelles de 1948 modifié le 23 octobre 1954, ses protocoles et textes
associés, et les accords conclus par les États membres en vertu des dispositions dudit Traité;
– à prendre acte en les approuvant des accords, décisions et règlements adoptés conformément aux dispositions dudit Traité et des déclarations adoptées à partir de celle de Rome du 27 octobre
1984:
– à développer l’UEO en tant que composante de défense de l’Union européenne et comme moyen de renforcer le pilier européen de l’Alliance Atlantique, conformément à l’engagement pris le 10
décembre 1991 dans la déclaration sur le rôle de l’UEO et sur ses relations avec l’Union européenne et avec l’Alliance Atlantique, jointe au Traité sur l’Union européenne et
– à accepter dans son intégralité la teneur de la partie III de la Déclaration de Petersberg qui formera un élément du Protocole d’adhésion.

Observateurs

Les États membres de l’Union européenne qui ont accepté l’invitation à devenir observateurs :
– pourront bien que n’étant pas parties au Traité de Bruxelles modifié assister aux réunions du Conseil de l’UEO sous réserve des dispositions prévues à l’article VIII du Traité de Bruxelles
modifié; à la demande de la majorité des États membres ou de la moitié des États membres dont la Présidence, la présence aux réunions du Conseil pourra être limitée aux membres de plein
droit;
– pourront être invités aux réunions des groupes de travail;
– pourront être invités, sur demande, à prendre la parole;
– auront les mêmes droits et responsabilités que les membres de plein droit pour les fonctions relevant d’instances et d’institutions auxquelles ils appartiennent déjà et qui seraient transférées
à l’UEO.

Membres associés

Les autres États européens membres de l’Alliance Atlantique qui ont accepté l’invitation à devenir membres associés, pourront, bien que n’étant pas parties au Traité de Bruxelles modifié,
participer
pleinement aux réunions du Conseil de l’UEO – sous réserve des dispositions prévues à l’article VIII du Traité de Bruxelles modifié – de ses groupes de travail et des organismes subsidiaires,
compte tenu des dispositions suivantes :
– à la demande de la majorité des Etats membres ou de la moitié des Etats membres dont la Présidence, cette participation pourra être limitée aux membres de plein droit;
– ils auront la possibilité d’être associés à la cellule de planification par une procédure de liaison permanente;
– ils auront les mêmes droits et responsabilités que les membres de plein droit pour les fonctions relevant d’instances et d’institutions auxquelles ils appartiennent déjà et qui seraient
transférées à l’UEO
– ils auront droit à la parole mais ne pourront pas bloquer une décision faisant l’objet d’un consensus entre les États membres;
– ils pourront s’associer aux décisions prises par les États membres; ils pourront participer à leur mise en ouvre à moins de décision contraire prise par la majorité des Etats membres ou par la
moitié des Etats membres dont la Présidence;
– ils participeront sur la même base que les membres de plein droit, aux opérations militaires de l’UEO pour lesquelles ils engagent des forces;
– ils accepteront dans son intégralité la section A de la partie III de la Déclaration de Petersberg qui formera un élément du document d’association;
– ils seront raccordés au système de télécommunications (WEUCOM) des États membres pour les messages relatifs aux réunions et activités auxquelles ils participent;
– ils seront invités à rapporter une contribution financière aux budgets de l’Organisation.

Activités spatiales

Pour des raisons pratiques, les activités spatiales demeureront restreintes aux membres actuels jusqu’à la fin de la période expérimentale concernant le centre satellitaire se terminant en 1995.
Pendant cette phase, les nouveaux membres et les membres associés seront tenus informés des activités spatiales de l’UEO. Des dispositions appropriées seront prises pour permettre aux membres
associés de participer aux activités spatiales ultérieures au moment où seront adoptées les décisions relatives à la poursuite de ces activités.

Mandat

C – Les ministres ont chargé le Conseil permanent de prendre des dispositions pour entamer les discussions avec les États concernés.
Les ministres ont confirmé leur souhait de conclure les accords nécessaires avant le 31 décembre 1992.

Source : ministère des Affaires étrangères, Documents d’actualité internationale, n° 18, La Documentation française, 15 septembre 1992, pp. 359-363.

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Les Nordiques se retirent de la Force de réaction rapide de l’ONU

Les pays Nordiques pourraient se retirer, d’un commun accord, de la Brigade de réaction rapide de l’ONU (ou SHIRBRIG comme Standby
High Readiness Brigade). C’est du moins ce qu’annoncent Finlandais et Norvégiens. La décision pourrait être effective d’ici novembre. Les pays nordiques n’ont pas assez de ressources disponibles et
ont d’autres engagements à tenir : avec l’Otan, en Afghanistan pour la Norvège, ou avec l’Union européenne, au Tchad notamment, pour la Finlande et la Suède.


Les Norvégiens sont parmi les fondateurs de ce groupe et ont mis à sa diposition une
unité d’hélicoptères à Rygge, près de Fredrikstad. Mais il n’a jamais été utilisé. En fait le Shirbrig n’a jamais atteint sa puissance maximale et n’a pas été utilisé comme prévu. Le chef
de la défense norvégien, le général Sverre Diesen a donc écrit une lettre au commandant du Shirbrirg, annonce le quotidien target="_blank">Aftenposten. La « Norvège ne contribuera plus au Shirbrig ». Et son existence
même doit être discutée. Ce n’est pas un désengagement de l’Onu, se justifie le secrétaire d’Etat au Ministère norvégien à la Défense, Barth Eide. « Nous travaillons
durement pour mettre en place certaines opérations, comme au Darfour. (…) Mais la Norvège n’a pas assez de capacité militaire pour contribuer plus que ce qui est déjà dans des opérations
internationales, comme celle menée en Afghanistan
« . Ce que confirme
le directeur général du ministère finlandais de la Défense Pauli Järvenpää, il ne s’agit « pas seulement de
nécessités pratiques ou d’une volonté politique, mais également de raisons financières »
.

Née d’une initiative danoise de 1994, l’unité multinationale est mise sur pied entre 1997 et 1999, et déclarée « disponible » pour une mission de l’organisation internationale le 1er janvier 2000.
Son mémorandum d’accord a été signé par 16 Etats et 7 autres sont « observateurs« . Basée à la caserne Hoevelte (Danemark), elle est actuellement dirigé par un officier polonais, le General
polonais Kochanowski. A l’origine, elle devait avoir 5500 hommes prêts à être déployés en urgence. Mais dans les faits, les troupes SHIRBRIG ont surtout été utilisées en Erythrée (UNMEE) avec un quartier-général, un bataillon d’infanterie et une
compagnie au QG déployés. Elle a participé à d’autres missions de l’Onu en Afrique – Côte d’Ivoire, Liberia, Soudan… – mais souvent à titre préparatoire et seulement avec quelques dizaines de
soldats.

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Prévoir les opérations futures : les « concepts » de l’Etat-major

Plusieurs concepts militaires viennent d’être remis à jour par l’Etat major de l’Union européenne (EMUE) et approuvés par le comité militaire de l’UE (l’instance suprême militaire de l’UE). Un
travail classique, effectué régulièrement, qui mérite une attention… en 2008, plus que jamais. Si certains documents sont très techniques, d’autres sont en effet plus stratégiques, particulièrement
ceux concernant la « planification militaire » et la « génération de force ».

Une histoire de concepts
Ces « concepts » ont été élaborés par l’Etat-major de l’UE dès 2000 et surtout après l’opération militaire au Congo en 2003. Certains viennent d’être remis
à jour en juin 2008 (voir *) : planification militaire aux niveaux politique et stratégique (25 septembre 2001 *), génération de force (26 septembre 2002 *), réaction rapide militaire (24 janvier 2003), transport et mouvements stratégique (16 février
2006*), nation cadre (25 juillet 2002), planification globale (3 novembre 2005), soutien à l’Etat d’accueil lors des opérations de gestion de crises (15 juin 2006), soutien logistique (*),
réception, stockage, transfert et intégration RSOM&I (20 septembre 2006 *), Battlegroups – groupements tactiques (5 octobre 2006), soutien médical et de santé (juillet 2007), réaction rapide
maritime (15 novembre 2007), réaction rapide aérienne (21 décembre 2007), information militaire (février 2008), contrôle et commandement militaire (16 juin 2008), information géospatiale (*). Le
travail de remise à jour de ces concepts doit continuer durant toute l’année 2008.

Trois zones possibles d’action future
Si de nouveaux engagements de troupes européennes ne sont pas programmés, de nouvelles zones sont suivies de très près, selon nos informations, par l’Etat-major, au titre de l’anticipation de
crises : Moyen-Orient (notamment si un plan de paix s’affirme entre Palestine et Israël), Irak (si les troupes américaines se désengagent), dans la zone ex-soviétique (Abkhazie-Géorgie par exemple
; si une décrispation russe se produit) et l’Afrique, la zone d’opération « naturelle » de l’UE et où de nombreux conflits sont sous-jacents.

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Défense européenne: comment se passe la « génération de forces » ?

Le processus de « génération de forces » est celui qui permet à l’Union européenne de réunir les forces nécessaires auprès des Etats membres pour l’envoi d’une opération militaire à l’extérieur de
l’UE. Sans « offres significatives des Etats membres, une opération ne peut être lancée ». De même les limitations imposées par les nations participantes à leur engagement militaire « peut aussi
mettre en danger le lancement de l’opération (comme) le succès de l’opération ».

Qui initie le processus ?
Si c’est normalement au Commandant d’opération (OpCdr) de fournir le degré de détail nécessaire pour la génération de force à travers le Concept d’opération (Conops) et le Plan
d’opération (OpPlan), l’Etat major de l’UE fournit une estimation initiale des capacités requises. Si une réaction rapide est nécessaire, la désignation rapide du Commandant d’opération et
l’activation simultanée des Quartiers généraux de force, sur le terrain (FHQ) et de l’opération (OHQ), l’identification des structures de commandement et des capacités requises permet « d’accélérer
le processus ». Les mécanismes prévus dans les concepts de réactions rapides, aérienne et maritime, peuvent servir de cadre pour la création de forces additionnelles. De même, les «
Battlegroups » en alerte peuvent en bénéficier pour l’identification des équipements et capacités nécessaires.

Le processus de génération de comprend trois phases: l’identification, l’activation, le déploiement.

1) La phase d’identification doit commencer le plus tôt possible. Durant la préparation du concept de gestion de crise (CMC), des réunions de contribution indicative, conduites par
l’Etat-Major, peuvent donner aux Etats membres une indication anticipée des moyens requis, sur la base de premières évaluations militaires et d’analyses.
• Les engagements pris lors de ces réunions ne sont pas obligatoires. Dans tous les cas, les Etats membres doivent fournir des indications avant que le Conseil ne sélectionne une option stratégique
militaire (MSO). Les consultations avec les Etats tiers doivent aussi intervenir à ce stade pour les informer des intentions de l’Union européenne.
• Les Etats participants doivent indiquer le plus tôt possible toutes les restrictions d’emploi. Un « nombre significatif de limitations pourrait en effet entraîner l’augmentation de la taille de
la force requise ». Toute demande d’engagement rapide d’éléments de force – par exemple la reconnaissance et le renseignement (Istar), la cellule civilo-militaire (Cimic), l’action « psychologique
» (PsyOps ou propagande) – nécessite des consultations préalables avec les Etats membres. Ce travail sera pris en compte ensuite par le Commandant d’opération pour l’élaboration du Conops.

2) La phase d’activation. Dès l’approbation du Conops, et sur la base d’une déclaration provisoire de besoins (PSOR), le commandant d’opération entame l’activation de la force. Ce
processus démarre « aussitôt que possible et peut être conduit simultanément avec les étapes finales de la phase (précédente) d’identification ». Un tableau récapitule les spécificités requises,
leur  lieu d’implantation, la taille de l’unité, leur armement, leur durée d’engagement et le commandement. Pour cela, il fait suivre aux Etats concernés un message d’alerte d’activation
EU Actwarn») Ce message donne les dates clés, en particulier pour les conférences de génération de force. Les Etats membres doivent répondre à ce message en faisant une offre informelle,
incluant leur intention de prendre un rôle leader dans une zone. Le rôle des conférences de génération – présidées par le commandant d’opération – consiste ensuite à confirmer le niveau et les
spécificités des contributions nationales.
• Le commandant d’opération active alors un deuxième message « d’activation des demandes » (« EU Actreq ») avec toutes les données nécessaires sur les forces engagées (géographique,
logistique, agenda, règles d’engagement), message auxquels les Etats membres doivent répondre, cette fois, par des engagements « formels », dans ce qu’on appelle le message de préparation de force
EU Forceprep »). Si nécessaire, le Commandant d’opération peut conduire une série de « conférences d’équilibrage de forces » pour combler certains manques ou obtenir des engagements
supplémentaires.
• Dès que le commandant d’opération estime que ses besoins sont remplis, ou que les manques existants ne sont pas critiques pour l’exécution de la mission, il publie la « liste des forces de
l’UE
», ce qui confirme les engagements des Etats participants. Cette liste est incluse dans le Plan d’opération. L’approbation de l’Oplan par le Conseil autorise le Commandant d’opération à
donner l’ordre d’activation (« EU Actord »)
• Si les offres ne satisfont pas à ce qui est nécessaire, le commandant d’opération en fait rapport au Cops. De même s’il ne s’estime pas en position de remplir sa mission.
Durant toute cette phase, l’activation et la mise en place « simultanée » des quartiers généraux d’opération (OHQ) et de force (FHQ) est une « priorité ».

3) La phase de déploiement. Initiée par l’ordre d’activation, cette phase inclut le rassemblement des forces, leur déploiement et également le transfert d’autorité des Etats membres vers le
commandant d’opération. C’est, en effet, un des atouts des opérations militaires de l’UE : les forces engagées ne sont plus soumises à l’autorité de leurs Etats membres mais de l’UE (sauf
exceptions dûment fixées lors des ces phases préalables). Ce transfert constitue «l’étape finale» du processus de génération de forces.

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L’armée suisse, victime des Tiques… et prise dans la tourmente

… ce n’est pas une blague. Mais un communiqué très officiel de l’administration fédérale suisse qui l’affirme,
très sérieusement. Un groupement spécialisé dans la guerre électronique a subi une attaque de tiques qui ont décimé ses rangs. Laissons les Suisses raconter eux-mêmes :  « Pendant la nuit
du 2 au 3 juillet 2008, le groupe GE 3 des Forces aériennes (GE = guerre électronique) a effectué un exercice de bivouac avec 240 militaires  (mil) dans un bois situé dans la région d’Ossingen
(ZH). Au cours de cet exercice, qui était organisé dans le cadre de l’instruction générale de base, 48 militaires ont été victimes de piqûres de tiques, et cela malgré les mesures prophylactiques
qui avaient été prises. Un commandant de compagnie présent sur les lieux, médecin dans le civil, a apporté les premiers secours aux personnes atteintes. Les risques liés aux tiques avaient fait
l’objet d’une discussion avant l’exercice. Comme mesures prophylactiques, les militaires avaient reçu l’ordre de porter leurs vêtements soigneusement fermés et d’utiliser des insecticides. Les
personnes atteintes ont été placées sous observation médicale. » 
En fait, 70 militaires ont été atteints, comme on l’a appris un peu plus tard (2e communiqué). Et une enquête officielle « en complément de preuve » a été
diligentée par le commandant ad intérim des Forces aériennes suisses pour connaître les « circonstances exactes de l’exercice de bivouac » (3e communiqué).

Trêve de plaisanterie, les tiques – très actives dans nombre de régions européennes – peuvent transmettre plusieurs maladies, notamment la borréliose et une de ses variantes la maladie de Lyme. Et le risque doit être pris au sérieux. De là à
communiquer sur un incident de cette nature… En fait, l’armée suisse est actuellement traumatisée par un accident de canot sur la Kander qui a couté la vie à cinq de ses hommes le 12 juin dernier. Et ceci explique sans doute cette avalanche de communiqués. Le commandant de corps Walter
Knutti, le chef des Forces aériennes, avait remis sa démission, suite à cet accident.

Une armée prise dans la tourmente. Comme si cela ne suffisait pas, le chef d’Etat de l’armée suisse, Roland Nef, est pris à son tour, dans une tourmente plus… personnelle. Il n’aurait pas
déclaré lors de son recrutement être l’objet d’une plainte de son ex-compagne pour contrainte, et a été « suspendu jusqu’au 20 août » (date du prochain conseil fédéral) par le Conseiller fédéral
(ministre) en charge de la Défense, Samuel Schmid, personnage apparemment haut en couleur (lire l’article du Matin).

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