Défense UE

L’intérim de Beauvechain : mission accomplie

(BRUXELLES2) Ouf  ! peut-on se dire à Beauvechain. L’accueil d’une vingtaine d’avions gouvernementaux venus pour le Sommet européen sur cette base aérienne militaire, située à une quarantaine de km de Bruxelles, s’est déroulé « sans problème ». La grève générale en Belgique paralysait, en effet, le principal aéroport du pays, situé à Bruxelles, Zaventem ou Melsbroek (selon qu’on parle de l’aéroport civil ou militaire). Du coup, la seule solution pour permettre aux officiels d’arriver à temps à Bruxelles, sans trop de difficulté, a été de réquisitionner cette base militaire, d’ordinaire dévolue aux avions de chasse. « Malgré le fait que cet aérodrome ne dispose que d’une seule piste pour les décollages et les atterrissages, toute l’opération s’est déroulée sans aucun problème » explique un communiqué de la défense dressant le bilan de l’opération.

Au total, 20 avions transportant des délégations gouvernementales pour le sommet européen ont été déroutés vers cet aérodrome militaire. 17 appareils ont quitté la base aérienne de Beauvechain dès lundi (30 janvier) et les autres l’ont quitté ou la quitteront dans le courant de la journée de mardi (31 janvier). Les Chefs d’Etats – comme le Président français Sarkozy, le Premier Ministre britannique Cameron et la Chancelière Merkel – ont fait ensuite le trajet séparant Beauvechain et Bruxelles par la route.

Le contrôle du trafic aérien pour les arrivées et les départs a été assuré par la Défense. Pas moins de 200 militaires, basés à Beauvechain ou Melsbroek (Zaventem), ont été réquisitionnés pour assurer la sécurité, le contrôle du trafic aérien et le « handling » (assistance aéroportuaire).  Coût de l’opération : environ 100.000 Euros, comprenant la location de transports civils pour la mise en place du matériel, la location d’équipements supplémentaires (par exemple : les passerelles pour accéder aux avions), les prestations du personnel et l’appui médical. Ils « seront remboursés à la Défense ».

Lire aussi : Les militaires réquisitionnés pour le sommet européen (Maj)

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Les députés britanniques jugent « grotesques » les coupes dans les armées

(crédit : Royal Marine / UK Navy)

(BRUXELLES2) « Grotesque« , le jugement des députés britanniques de la commission Défense de la Chambre des Communes ne fait pas dans la dentelle quand il qualifie le chiffre de 40% de licenciements planifiés dans l’armée britannique. Le gouvernement a en effet programmé le licenciement de 11.000 personnes dans les trois armes et le départ – sur base volontaire ou non – de 15.000 civils. Pour James Arbuthnot, le président de la commission, cela « nécessite une sérieuse explication qui doit etre beaucoup plus convaincante que celles que nous avons entendu jusqu’ici. Regardons les domaines où les forces armées sont en sous-effectif. Pourquoi le ministère ne pourrait pas redéployer et former ces personnels qui font face à des licenciements, pour remplir les si nombreuses tâches où nous avons des lacunes, par exemples pour le soutien médical de combat ou le renseignement ».

Télécharger le rapport dans les docs de B2

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Durée et source du budget de l’OpsCenter en discussion

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs du COPS, le comité politique et de sécurité de l’UE, pourraient terminer aujourd’hui la discussion sur l’OpsCenter, le centre d’opérations de l’UE pour les opérations dans la Corne de l’Afrique dont les 27 ministres des Affaires étrangères ont décidé la mise en place. Deux points restent en discussion : la durée de la mise en action de l’OpsCenter, le budget ou plutôt la source du budget du centre d’opérations. Des points qui peuvent paraître techniques mais sont aussi très politiques.

Sur la durée de fonctionnement de l’OpsCenter, chacune des délégations autour de la table est bien d’accord pour que ce centre ne soit pas installé sur une base permanente mais bien lié à des opérations. Toute la discussion porte sur le renouvellement. Les Britanniques souhaitent une durée fixe, avec une décision de renouvellement comme pour chaque mission. Les Allemands soulignent que ce type de fonctionnement revient à remettre en question le devenir du centre, et le laisser à la merci d’une seule délégation (suivez leur regard…:-). Précisons que la décision fixant la mission de l’OpsCenter sera régulièrement réévaluée (tous les six mois), pour ajuster au besoin son fonctionnement.

Sur le budget, toute la question est de savoir qui va financer quoi.  Le personnel proviendra, en effet, à la fois de l’Etat-Major militaire, de l’élement de soutien d’EUTM et de l’équipe de liaison d’Eunavfor Atalanta déjà présents à Bruxelles et du personnel détaché de l’Etat membre. Selon le projet de décision qu’a pu lire B2 mentionne bien que les membres de l’Etat-Major militaire de l’Union européenne (EUMS) sont financés par son budget. Tandis que les experts détachés par les Etats membres sont pris en charge par ceux-ci. Restent les autres frais de fonctionnement qui seront pris en charge par chacune des missions européennes concernées (Eunavfor Atalanta, EUTM Somalia, RMCB/EUCAP Corne de l’Afrique), en application des règles financières adéquates. C’est ces derniers mots qui suscitent discussion. Que sont ces modalités adéquates ? Certains Etats – comme la France – souhaitent que ce soit le budget Athena qui y contribue. La plupart des autres pays ne le souhaitent pas, le budget Athena étant réservé aux opérations militaires… et sur contribution de chaque Etat membre (par quote-part du PIB).

Quant à la nomination du chef de l’OpsCenter, les candidatures courent jusqu’à lundi. Plusieurs pays devraient postuler, notamment plusieurs pays de Weimar + (France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie).

Lire aussi :

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L’oubli de l’Europe de la défense. Hollande proche du nul

L’oubli de l’Europe de la défense. Hollande proche du nul

Francois Hollande à l'émission "Des paroles et des Actes"

(BRUXELLES2) Singulier oubli. Dans ses « 60 propositions », François Hollande, le candidat socialiste à la Présidence de la République, a fait une impasse remarquable sur l’Europe de la Défense. Celui qui rappelle régulièrement sa ferveur européenne et avoir « appelé à voter pour la Constitution européenne » ne semble pas vraiment mettre au coeur de ses préoccupations internationales ce projet européen. La proposition « défense » est d’ailleurs la bonne dernière de ses propositions.

Si le candidat a montré au Bourget ou sur le plateau récemment de France Tv – à l’émission Des Paroles et Des Actes face à Alain Juppé, un certain brio, une présence et une étoffe de présidentiable, c’est indéniable, la faiblesse du projet socialiste en matière diplomatique et de défense est patent… et inquiétant.

Le projet socialiste met de coté l’Union pour la Méditerranée, projet sarkozien, aujourd’hui mort-né. Mais pour autant, il ne remet par l’Europe au coeur du projet avec les pays du Sud, c’est la France et elle seule qui est à l’oeuvre. Un peu léger !


C’est la proposition la plus novatrice du candidat Hollande en matière de défense, même si elle parait difficile à tenir. Plus aucune troupe française d’ici fin 2012, signifie engager dès maintenant un retrait accéléré. C’est un sévère coup de canif dans la solidarité entre alliés de l’OTAN. Quant au déclenchement de nouvelles négociations entre Israël et la Palestine (soulignons qu’on ne parle plus de Territoires occupés), c’est effectivement souhaitable. Mais on ne sait pas vraiment quelles initiatives pourraient être acceptables par les deux parties. Il serait, là aussi, souhaitable d’impliquer les autres pays de l’Union européenne. 

On peut remarquer que cette proposition n’est pas très éloignée de celle de Nicolas Sarkozy. Sauf à rétablir le service national, le lien armée-nation parait plutôt une notion politique d’apparence pour contrebalancer les paragraphes sur l’action contre le terrorisme ou la dissuasion nucléaire. L’ambition de limiter l’OTAN à la sécurité collective, elle ne signifie pas automatiquement une sécurité territoriale. Quand il y a une opération en Afghanistan, c’est bien au nom de la sécurité collective. Quand au rôle de l’Union européenne, pourtant au coeur de la clause de solidarité et de la clause de défense mutuelle présentes dans le Traité de Lisbonne, elle est totalement absente de cette proposition.

Télécharger sur le site de B2 les 60 propositions

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Petite ambition, petite mission

(BRUXELLES2, billet) La mission Sud Soudan à Juba dont les 27 ont approuvé le concept de gestion de crises (*) peut prêter à sourire. Il s’agit en effet de « renforcer la sécurité de l’aéroport international à Juba ». Et on peut se dire que pour ce type de mission qui relève davantage de la coopération technique, que d’une « réelle » mission de maintien de la paix, même soft, type « observation » ou « formation », ou de la gestion de crises, il n’y a pas vraiment besoin de tout le dispositif nécessaire aux opérations de l’Europe de la Défense. C’est un fait que personne ne cherche à contester aujourd’hui. A « petite ambition, petite mission », pourrait-on dire.

Une vertu : faire tourner la machine

La seule vertu de ce type de mission est de ne pas laisser l’instrument mis en place non sans difficulté dans le passé, inutilisé. C’est bien faible. Et on attend impatiemment que l’Union européenne traduise dans des faits plus tangibles son ambition affichée d’avoir une place dans le monde tout comme ses obligations internationales. Sinon la politique étrangère européenne risque bientôt de ne plus être qu’une machine à déclarations et à sanctions. C’est sans doute déjà un résultat. Mais ce n’est pas vraiment pour cela qu’on a mis en place toutes les dispositions et structures du Traité de Lisbonne.

(1) Lire : Le concept de gestion de crise de la mission à Juba approuvé

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L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

(BRUXELLES2, exclusif) Le centre opérationnel de l’UE (OpsCenter) n’est pas encore… opérationnel. Mais, histoire de faire avancer le « schmilblick », les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne adoptent ce lundi (23 janvier) les grands principes qui régiront le fonctionnement de l’OpsCenter. B2 a pu lire ses conclusions en avant-première. Et obtenir également d’autres détails sur la mise en place de ce premier centre de commandement des opérations militaires établi à Bruxelles. L’appel à candidature pour le chef de cet OpsCenter vient ainsi d’être lancé aujourd’hui vendredi (20 janvier), traduisant la volonté de la plupart des Etats membres d’aller assez vite sur ce dossier.

Coordination de trois opérations

Le centre aura pour vocation de coordonner toutes les opérations de la Corne de l’Afrique. Il s’agira donc non seulement de coordonner l’opération militaire de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia) et la future opération de renforcement des capacités maritimes des pays de la région de l’Océan indien et de l’Afrique de l’Est (EUCAP Corne de l’Afrique) mais aussi de s’occuper de l’opération de lutte anti-piraterie (EUNavfor Atalanta). La conduite simultanée de trois opérations requiert un « niveau renforcé de la coordination et l’interaction, notamment entre acteurs civils et militaires » précisent les conclusions du Conseil.

Un rôle variable selon les opérations

C’est pour EuCap où l’OpsCenter jouera le rôle principal : il fournira un « soutien direct » au commandant des opérations civiles pour la « planification opérationnelle comme pour la conduite de la mission ». Pour EUTM Somalia, il fournira un soutien au commandant de mission et renforcera la « coordination stratégique entre la mission et les autres actions » ; son rôle pourra aussi augmenter dans le cadre de la 3e phase d’EUTM (EUTM3) qui ne devrait pas commencer avant la fin de l’année. Pour l’opération Atalanta, l’Ops Center aura surtout comme mission de faciliter l’interaction ; il aura ainsi une fonction de super officier liaison.L’OpsCenter aura aussi des fonctions transversales : « renforcer les synergies civiles et militaires », assurer la liaison « entre les différentes missions/opérations et les structures (politico-diplomatiques) de Bruxelles ».

Dans ces différents rôles, le commandant du Centre aura un rattachement hiérarchique variable : il sera ainsi placé sous la responsabilité du commandant d’opération concerné : selon le cas, le chef d’EUTM Somalia (le colonel irlandais Michael Beary), le commandant d’Atalanta (le contre-amiral britannique Duncan L. Potts) ou le commandant des opérations civiles de l’UE (ou CPCC, le diplomate allemand Hansjörg Haber) pour la mission EUCAP.

Une décision encore « à écrire »

La décision fixant le fonctionnement, la chaîne hiérarchique et le commandant de l’OpsCenter doit encore être écrite. Elle n’a pas pu être préparée à temps pour le Conseil des Affaires étrangères pour différentes raisons, à la fois pratiques et de fond. Le fait que le conseil des Ministres ait été avancé d’une semaine et la monopolisation des diplomates « affaires extérieures » des 27 (groupe Relex) par le dossier iranien (voir ) a empêché d’avoir le texte prêt à temps. Il faut aussi remarquer que la première décision sur l’OpsCenter datait… Elle n’avait pas été mise à jour depuis la création de la CPCC – l’Etat-Major des opérations civiles de l’UE – et du SEAE – le service diplomatique européen. Un certain travail préparatoire, « plus complexe qu’il n’y parait de prime abord » comme le rapporte à B2 un expert des opérations de défense de l’UE, est donc nécessaire. Cette décision devrait être approuvée ultérieurement, au besoin par procédure écrite.

Le recrutement du commandant est lancé 

Les « 27″ (*) ont lancé aujourd’hui l’appel à candidature pour le chef de l’OpsCenter. La proposition initiale de voir le centre placé sous le commandement du chef d’Etat-Major de l’UE (actuellement le général Van Osch) a été refusée par la plupart des Etats membres qui préféraient désigner un commandant en leur sein. Les différentes candidatures seront examinées au sein du comité militaire de l’UE qui émettra ensuite une recommandation. Ce recrutement pourrait s’opérer rapidement ; l’avis du comité militaire est attendu pour début février.

Personnel mixte

L’OpsCenter devrait compter environ une trentaine de personnes selon nos informations. Certains agents proviendront de l’Etat-Major militaire de l’UE ou des Etats membres. Ceux-ci se sont engagés à mettre à disposition le personnel nécessaire pour cet OpsCenter, un peu comme ils le font pour la mise en place d’un quartier général d’opérations (OHQ). L’organisation de l’OpsCenter devrait d’ailleurs être similaire à un mini-OHQ, avec une répartition des postes en J1, J2, J3… Une fois proposé par leurs Etats membres, le personnel sera ensuite sélectionné par la voie des panels.

Localisé au sein de l’Etat-Major de l’UE

L’OpsCenter devrait être localisé au sein des structures de gestion de crise de l’UE, « au Cortenberg », colocalisé ainsi avec l’Etat-Major militaire et l’Etat-major civil (CPCC) de l’Union européenne. Le problème est de lui trouver « un peu de place » rapporte un expert du dossier. « La place dévolue à l’OpsCenter » – qui n’a pas été occupée durant des années de manière opérationnelle – est « aujourd’hui occupée par la Situation Room » du service diplomatique européen. Il faudra peut-être se serrer un peu…

(*) Précisons que le terme de 27 est choisi par commodité. Le Danemark ne participe pas à la planification et conduite des opérations militaires.  

Lire aussi :

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EULEX kosovo recrute pour sa task force spéciale d’enquête

(BRUXELLES2) La mission européenne au Kosovo recrute trois spécialistes pour la Special Investigative Task Force (chargée d’enquêter sur les trafics d’organe : un procureur chef adjoint (pour la Special Investigative Task Force), 1 interprète Albanais/English, 1 spécialiste des technologies de l’information (IT). Elle recherche également 1 Officier chargé de la planification des opérations de sécurité, et 3 officiers de sécurité de la mission au nord du Kosovo. Le recrutement a lieu par détachement d’agents des Etats membres ou simples contractuels. Date limite : 20 janvier 2012.

Pour en savoir plus :

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Une conférence sur la gestion de crises à Copenhague

(BRUXELLES2 à Copenhague) Opt-out ou pas, le Danemark s’intéresse à la gestion de crises à l’européenne. La preuve ? Elle organise une conférence consacrée à une approche globale face à la crise, le 28 février à Copenhague, conduite conjointement avec le think tank britannique ECFR (European Council on Foreign Relations). Le Traité de Lisbonne a placé la majorité des instruments de l’UE (prévention de crises, gestion de crises, développement post-conflit…) sous une même de commandement unique, en la personne du Haut représentant / Vice président de la Commission, comme le rappelle le fil conducteur de cette conférence. Ce qui permet vraiment à l’UE d’avoir une vraie approche globale sur les crises. Mais il faut encore passer à la pratique. Ce sera l’objectif de cette conférence : explorer les voies concrètes pour améliorer la capacité de l’Union européenne sur les crises, en ayant une meilleure compréhension des politiques et capacités des autres acteurs (ONU, OTAN, Union africaine, OSCE…) et en s’assurant que l’UE a les structures et processus internes corrects pour répondre à la crise de façon efficace.

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L’informelle défense organisée par Chypre ce semestre ?

L’informelle défense organisée par Chypre ce semestre ?

Le ministre Demetris Eliades a écrit à C. Ashton pour lui proposer la tenue d'une réunion informelle des ministres de la Défense (Credit : Gouvernement de Chypre

(BRUXELLES2, à Copenhague) La proposition vient d’être lancée : Chypre a proposé d’organiser à la place du Danemark la réunion informelle des ministres des la Défense. Le Danemark – qui bénéfice d’un opt-out en matière militaire – a en effet décider de ne pas organiser ce type de réunions. Ce qui est une première. Tous les regards se sont alors tournés vers la Haute représentante de l’UE qui, dans le cadre du Traité de Lisbonne, conduit la politique de sécurité. Mais, pour l’instant, la réponse reste très floue. « Nous voyons le sujet » m’a répondu, de façon elliptique, un de ses portes-paroles.
Chypre qui assure la présidence de l’UE au second semestre, a donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Le ministre chypriote de la Défense, Demetris Eliades, a adressé, début janvier, une lettre à Catherine Ashton, proposant donc d’organiser cette rencontre. Une lettre qui semble rencontrer le souhait de plusieurs Etats membres (*). Cette rencontre se déroulera précise la lettre selon « le format traditionnel », c’est-à-dire avec la présence d’un représentant de l’OTAN. Ce qui est pour Chypre une certaine avancée. La date n’est pas encore précisée. Elle sera fixée à une « date qui conviendra » à l’agenda de la Haute représentante. Ce qui semble probable, c’est que la réunion informelle des ministres ne précédera pas la réunion formelle mais la suivra. Vu le délai imparti, il parait difficile de respecter l’échéancier traditionnel. Cette proposition semble cependant mettre la Haute représentante dans l’embarras : en acceptant cette initiative, elle risque de se fâcher avec les Turcs alors que la collaboration avec Ankara est nécessaire sur quelques sujets délicats notamment l’Iran ou la Syrie.

Un moment politique

Les sujets ne manquent cependant pas en ce moment en matière de défense européenne qu’il s’agisse des problèmes de génération de force, des contraintes fiscales et économiques qui pèsent sur tous les budgets de défense, des projets de « pooling and sharing » lancés par l’agence européenne de défense (et ceux qui peuvent l’être) ou d’éventuelles nouvelles opérations (au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, en Libye, au Sud-Soudan)… Et tenir une réunion informelle dans les mois qui viennent ne serait pas de trop. Faire autrement, serait aussi un trop mauvais signe donné par la Haute représentante et un nouveau « loupé » dans le domaine de la Défense européenne. C’est un geste symbolique comme un acte politique. Si l’UE veut avoir un peu de leadership, elle ne peut s’épargner ce type de réunions ministérielles.

(*) Pas uniquement des pays qui ont signé la lettre de Weimar d’ailleurs… Les Pays-Bas ou la Suède sont aussi sensibles à ces réunions et en souhaitent la tenue.

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Et le Danemark réintègrera l’UE et sa politique de défense (Maj)

Et le Danemark réintègrera l’UE et sa politique de défense (Maj)

(BRUXELLES2 à Copenhague) Le ministre danois des Affaires européennes, Nicolai Wammen, l’a confirmé lors de son mot d’introduction aux journalistes européens en visite à Copenhague. Le gouvernement danois a bien l’intention de lever deux de ses trois opt-out existants : en matière de défense, d’une part ; de justice et d’affaires intérieures, d’autre part.

Réintégration totale de la défense européenne, partielle de la politique de justice/intérieur

Concernant la défense, le ministre l’a confirmé à B2, il s’agira d’une « levée totale de l’opt-out ». En clair, le Danemark réintègre totalement la politique européenne de défense et de sécurité commune en matière d’opérations militaires – qu’il s’agisse du processus de décision ou de son financement – ou de renforcement des capacités – notamment la participation à l’Agence européenne de défense. Une « vraie réintégration » – qui supposera donc d’intégrer des officiers danois dans les différentes structures de défense de l’Union européenne. Un peu à la manière dont la France a réintégré les structures de commandement de l’OTAN. La levée de cet opt-out est celle qui suscite le moins de discussion au sein des partis politiques danois, mis à part les eurosceptiques du Dansk Folkeparti (le parti du peuple danois) qui est « opposée à une armée européenne » et « vouloir préserver le fait que le parlement danois donne l’autorisation à l’envoi de troupes à l’étranger ». « Une question de responsabilité » selon la députée Pia Adelsteen (*). Ainsi que l’a souligné, le 10 janvier, Jens Joel, député social-démocrate, membre du comité des Affaires européennes du Parlement européen, il y a comme une « incohérence aujourd’hui. Pourquoi les Norvégiens – qui ne sont pas membres de l’Union européenne – peuvent participer à une opération anti-piraterie de l’UE et pas les Danois. Il faut corriger cela ».

Concernant la politique de justice et d’affaires étrangères, la levée de l’opt-out sera plus légère ; il s’agit de remplacer l’opt-out (dérogation totale) par un opt-in : le Danemark manifestant à chaque décision son souhait, ou non, d’y participer et d’accepter ses implications (selon le même statut qu’a l’Irlande ou le Royaume-Uni aujourd’hui).

Seul opt-out que le Danemark ne compte pas quitter : celui sur l’Euro. Il n’en est pas question, a précisé le ministre des Affaires européennes. « C’est le referendum improbable » a renchéri son collègue des Affaires étrangères. Même le parti socialiste libéral qui milite en faveur de l’Euro, a reconnu que rejoindre l’Euro n’était pas possible actuellement, a expliqué Sofie Carsten Nielsen du parti social-libéral (membre de la coalition au pouvoir).

Quand ? à la fin de la présidence

Rien n’a encore décidé sur quand exactement cela se passera et sous quelle forme – un ou deux référendums… Ce qui est sûr c’est que c’est un engagement qui figure dans le programme de la coalition social-libérale/social-démocrate/socialiste. Et que cette réintégration ne se déroulera pas durant la présidence danoise de l’UE qui a commencé depuis le 1er janvier et dure jusqu’au 30 juin 2012. « Si la présidence se déroule bien, et que nous sommes dans une bonne disposition au niveau européen, la levée des opt-out pourrait se produire dans la foulée de la présidence » a précisé à B2 un officiel danois.

(Maj : mardi 10 janvier avec les remarques des parlementaires du comité des Affaires européennes du Parlement danois)

(*) On peut souligner que la participation à la PeSDC n’empêche jamais une autorisation du parlement national. Les pratiques néerlandaise et allemande le prouvent.

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Le problème de l’Alliance, est européen et politique, dit le MinDéf britannique

Le problème de l’Alliance, est européen et politique, dit le MinDéf britannique

Les Britanniques constituent la seconde force engagée dans l'opération de l'ISAF en Afghanistan, le ministre de la Défense P. Hammond en visite

(BRUXELLES2) La leçon de l’inflexion stratégique américaine a été immédiatement tirée par le … ministre britannique de la Défense. Présent à Washington, le jour-même de la présentation par Barack Obama et Leon Panetta, Philip Hammond a tenu, le 5 janvier, dans un discours prononcé à l’Atlantic Council, à poser ses marques sur la réforme future de l’OTAN. Il explique aussi tout l’intérêt pour les Etats-Unis de garder un oeil sur l’Europe comme de continuer à investir dans l’Alliance Atlantique ; mais il engage aussi les Européens à faire, sans concession, leur examen de conscience, pour réformer le fonctionnement de l’OTAN. De quoi engager publiquement le débat pour le sommet de l’Alliance à Chicago.

Le Royaume-Uni, fille ainée de l’Alliance Atlantique

Le ministre a tout d’abord vigoureusement répété son attachement et sa croyance en l’avenir de l’Alliance atlantique. Son discours n’est pas pour rien intitulé « NATO the case for collective defence in 21st Century ». La « défense collective est la seule réponse pratique dans le monde où nous vivons » – explique-t-il – au moment où se posent des contraintes économiques et fiscales. Le fait que d’autres régions du monde voient leur puissance et leur influence augmenter est plutôt une raison de « renforcer l’Alliance Nord Atlantique que de l’affaiblir ». Et l’exemple de la Libye l’a prouvé, l’OTAN reste « le seul mécanisme de coordination réaliste » quand une action multinationale est requise. Faisant appel aux mannes de l’amitié anglo-américaine (de la Magna carta signée il y a 800 ans à Runnymede à la participation de Churchill à la conférence d’Arcadia en 1942), il a répété que la déclaration de Truman en 1949 — sur la sécurité et le bien-être de chacun (qui) dépend de la sécurité et du bien-être de tous — était toujours d’actualité « aujourd’hui » encore. Les intérêts communs l’emportent sur les quelques divergences, a-t-il affirmé. Et de citer la présence de la Royal Navy dans le Golfe d’Arabie pour garder et de l’intérêt britannique à voir sauvegarder les voies maritimes. L’occasion aussi de durcir le ton à l’égard de l’Iran – « toute tentative de fermer le détroit d’Hormuz serait illégale et condamnée à l’échec ». Mais l’essentiel n’est sans doute pas là.

Le problème est européen et politique, non pas américain et militaire

Le ministre britannique a reconnu sans ambages : oui il y a un problème européen dans l’Alliance. « Nous devons reconnaître que ce problème existe dans l’objectif de le résoudre ». Et toute une série de questions, soulevées déjà par Robert Gates et Leon Panetta, sur le futur de l’Alliance sont pertinentes, selon lui : « pourquoi l’Alliance doit lutter pour déployer des capacités alors qu’existent une force importante numériquement ? Voyons nous le début d’une alliance à deux vitesses avec certains alliés moins volontaires que d’autres pour participer aux opérations ? Et…  une question à 64.000 $ « combien de temps l’opinion publique de nos nations va investir proportionnellement plus dans la capacité de défense pour subventionner la défense de ceux qui investissent moins ». « C’est le problème des Européens, pas des Américains. C’est un problème politique, pas militaire » a-t-il asséné.

Revoir les procédures de l’Alliance

Ce n’est pas une « question d’argent », mais de « priorités », et de faire tomber des barrières. Reprenant une idée déjà développée à Gand par un de ses prédécesseurs, il défend l’idée d’un examen collectif, au sein de l’OTAN, « des réductions déjà planifiées, de leur impact sur les capacités actuelles et de voir comment ces capacités peuvent être soutenues ». Il faut aussi examiner comment les Alliés peuvent agir mieux ensemble pour les opérations hors article 5. Il semble étrange – souligne-t-il – que les nations qui ne font pas partie de l’OTAN peuvent utiliser le quartier général du Shape pour conduire des opérations de l’UE – dans un processus appellé Berlin Plus – alors que les Alliés de l’OTAN ne peuvent entreprendre de telles opérations s’il n’y a pas de consensus à 28. Enfin, il faut voir comment les non-membres peuvent contribuer aux opérations de l’OTAN. « Nous devons capitaliser les expériences de la Liby et l’Afghanistan qui ont montré combien de façon intelligente l’OTAN peut être utilisée pour incorporer les contributions extérieures ». Il défend, enfin, les différentes initiatives multilatérales : le nouveau groupe nordique des Nations – qui inclut outre le Royaume-Uni, les pays baltes et nordiques, l’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas – ; le traité franco-britannique ; les autres partenariats (le Royaume-Uni a signé 3 traités de défense, 26 protocoles (MoU Memorandums of Understanding) (*)

Le débat pour le prochain sommet de Chicago est engagé.

(*) On remarquera l’ordre dans lequel Philip Hammond place les différents partenariats…

Lire également :

télécharger le discours dans : Docs de B2

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Les Américains revoient leur stratégie. Pacifique toute…

Les Américains revoient leur stratégie. Pacifique toute…

(Crédit : DOD / Erin A. Kirk-Cuomo)

(BRUXELLES2) Diminution du budget de défense, révision des orientations, nouvelle stratégie militaire… l’évènement de la semaine aura été sans conteste l’annonce par le président américain en personne, Barack Obama, jeudi (5 janvier), de ses nouvelles orientations en matière de défense. Les Etats-Unis se trouvent en effet à un tournant stratégique. Ils mettent fin à des conflits engagés sous les précédentes législatures : retrait d’Irak, mort de Ben Laden, transfert entamé en Afghanistan, diminution des effectifs en Europe. La présence du président Obama le matin même de la présentation au Pentagone indique son implication dans ce processus de réforme ou, au minimum, qu’il en endosse toutes les implications au moment où s’amorce cette année électorale. « Cette stratégie est destinée à préserver le leadership mondial américain, à maintenir notre supériorité militaire et garder la foi dans nos troupes, les familles des militaires et les vétérans » a-t-il affirmé.

Régime slim fast pour les forces armées

La défense devra économiser 487 milliards de $ dans les dix ans à venir, soit un peu moins de 50 milliards $ par an jusqu’à l’exercice fiscal 2022 (37 milliards € au taux de change de 1 € pour 1,30 $). Le budget pour l’exercice fiscal 2013 devrait être présenté dans les semaines à venir.

Menaces : vers le Pacifique toute

Le terrorisme, l’Iran, la Corée du Nord, la Chine et le Moyen-Orient sont parmi les premières préoccupations de l’armée américaine a précisé le ministre de la Défense Leon Panetta dans une interview à la chaine publique PBS. La région « Asie Pacifique » est naturellement l’objet de toutes les attentions américains qui comptent mettre le paquet sur leur façade « est ». Les Américains entendent « maintenir une force présence maritime dans le Pacifique, maintenir une présence militaire en Corée du Sud, poursuivre la rotation des déploiements de Marines en Australie », mais surtout « examiner d’autres opportunités similaires pour renforcer notre présence (là-bas) et montrer que nous sommes une puissance du Pacifique ».

Une force plus rapide, plus agile

L’armée de demain devra être « flexible, adaptable, agile qui devrait faire face à une myriade de défis » a précisé Léon Panetta. Cette force sera « différente de la force de la guerre froide, de celle des années 1990 postérieures à la guerre froide ou de la force de ces dix dernières années engagée dans des conflits terrestres d’envergure ».

Cela signifie ne plus pouvoir être présent partout. « Quand vous êtes plus petit et plus allégé, vous ne pouvez avoir une large présence à travers le monde » a-t-il détaillé. « Une force plus petite efficace a besoin d’être mobilisable rapidement, disposer d’une technologie avancée, et pouvoir compter sur des partenaires ». Etre mobilisable suppose d’avoir de forts soutiens logistiques et une composante robuste de réserve. « Avoir des équipements technologiques suppose d’investir dans la recherche et l’innovation, ce qui a un coût, et les partenariats requièrent des efforts des autres nations, qui sont aussi sous la contrainte financière ». Il a tenu cependant à rassurer : les « Etats-Unis ont toujours les moyens de faire face à un plus d’un ennemi (à la fois) et de gagner ». Ils ne vont pas être sur un seul front. En Amérique latine et en Afrique, le ministre veut « utiliser des méthodes innovantes pour assurer une présence américaine. (…) Autant que possible nous développerons des approches peu couteuses et peu consommatrices en hommes, approche dite « low-cost » et « small-footprint » », un peu à la manière de ce qui se pratique en Ouganda-Somalie ou au Sahel.

Une opportunité stratégique de rééquilibrer les relations en Europe

L’Europe occupe juste un paragraphe dans le document d’orientation (*). Ce n’est pas que les Etats-Unis s’en désintéressent. L’Europe reste le « partenaire principal » dans la recherche d’une sécurité mondiale. Mais ce n’est plus un sujet de préoccupation principale. Même s’il reste « des défis de sécurité et des conflits non résolus en Europe et en Eurasia », le document prône donc une évolution. « Plusieurs pays européens sont devenus producteurs de sécurité plutôt que consommateurs. Combiné avec le retrait en Irak et en Afghanistan, cela crée une « opportunité stratégique pour rééquilibrer l’investissement militaire US en Europe, en centrant son attention plutôt que les conflits actuels sur les capacités futures ». Certes l’article 5 (clause de solidarité) reste d’application, et les Etats Unis promettent de « soutenir une capacité et une interopérabilité renforcée pour les opérations en coalition », un peu à la manière dont les Etats-Unis ont participé à l’opération de l’OTAN en Libye. Mais ils travailleront aussi avec les « alliés de l’OTAN pour développer le « pooling and sharing » et la spécialisation dans des capacités dont on a besoin au XXIe siècle ».

(*) « Europe is home to some of America’s most stalwart allies and partners, many of whom have sacrificed alongside U.S. forces in Afghanistan, Iraq, and elsewhere. Europe is our principal partner in seeking global and economic security, and will remain so for the foreseeable future. At the same time, security challenges and unresolved conflicts persist in parts of Europe and Eurasia, where the United States must continue to promote regional security and Euro-Atlantic integration. The United States has enduring interests in supporting peace and prosperity in Europe as well as bolstering the strength and vitality of NATO, which is critical to the security of Europe and beyond. Most European countries are now producers of security rather than consumers of it. Combined with the drawdown in Iraq and Afghanistan, this has created a strategic opportunity to rebalance the U.S. military investment in Europe, moving from a focus on current conflicts toward a focus on future capabilities. In keeping with this evolving strategic landscape, our posture in Europe must also evolve. As this occurs, the United States will maintain our Article 5 commitments to allied security and promote enhanced capacity and interoperability for coalition operations. In this resource-constrained era, we will also work with NATO allies to develop a “Smart Defense” approach to pool, share, and specialize capabilities as needed to meet 21st century challenges. In addition, our engagement with Russia remains important, and we will continue to build a closer relationship in areas of mutual interest and encourage it to be a contributor across a broad range of issues.

Strategic guidance dans: les Docs de B2

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Berlin veut fourguer ses Eurofighter. Pas tout de suite répond Sofia

(crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) La visite en Allemagne du Premier ministre bulgare Boïko Borissov, les 17 et 18 janvier prochains devrait être l’occasion de discuter de façon plus approfondie de l’acquisition par la Bulgarie de chasseurs Eurofighter d’occasion. Une commande qui pourrait porter sur huit appareils. L’Allemagne proposerait un package complet incluant la formation des pilotes bulgares, selon le quotidien bulgare Standart. Ces entretiens ont pour objet principal la crise financière mais aussi le remboursement par la Bulgarie du prêt contracté pour les nouvelles motrices Siemens.

Les surplus allemands vers l’Est

Cette revente d’appareils d’occasion par l’Allemagne ne serait pas isolée selon le quotidien économique Financial Times Deutschland qui a lancé l’information. Plusieurs autres pays d’Europe sont intéressés par l’acquisition d’un avion récent à un prix qui n’est pas prohibitif : la République tchèque, la Croatie, la Slovaquie ou la Roumanie. Un moyen pour la défense allemande de trouver de nouvelles ressources qu’elle ne peut plus trouver dans le budget fédéral, soit pour procéder à de nouvelles acquisitions (point qu’a démenti le ministère allemand de la défense, il n’est pas question de passer à la troisième tranche d’Eurofigther et d’acheter 37 appareils de plus), soit pour entretenir et moderniser les équipements existants.

Du beurre et de la culture plutôt que des armes

Le Premier ministre a cependant démenti cette assertion, mercredi dernier à Bourgas, ainsi que le rapporte l’agence bulgare Novinite : « Nous avons de bons appareils Mig, en excellente condition. Avec tout le respect que j’ai pour les industriels militaires, je préfère que nous investissions notre argent dans la science, la culture, l’éducation (NB : le premier ministre inaugurait un théâtre rénové). Une des principales discussions difficiles que j’aurai avec (la Chancelière) Merkel sera de lui expliquer que nous ne pouvons pas utiliser 150 millions d’euros pour payer ces chasseurs dans un temps de crise ». Ce que la presse bulgare résume en un slogan « selon le principe du « beurre plutôt que des armes ». L’appel d’offres prévu de longue date pour ces avions pourrait d’ailleurs être repoussé à 2013 comme l’a précisé récemment le ministre de la Défense, Anyu Angelov.

Une flotte à remplacer et des pressions multiples

La Bulgarie dispose aujourd’hui de Mig 29, un avion russe relativement récent, mais qui devrait être remplacé à l’horizon 2015. Dans son plan d’équipement, l’armée bulgare prévoyait de renouveler ses avions en s’équipant d’avions multi-rôles plus récents, et surtout interopérationnels avec ceux de l’OTAN. Plusieurs avions sont en lice : l’avion américain F-16 ou le F-18, le Suédois Gripen et l’Européen Eurofighter. Et les Américains, dans le passé, ne se sont pas privés – par la voie de leur ambassadeur sur place -, de faire pression sur les autorités bulgares pour les inciter à renoncer à l’acquisition de matériels européens, trop couteux selon eux, et à développer plutôt leur armée de terre et acheter moins cher… c’est-à-dire américain. Un télégramme de Wikileaks a révélé ainsi les démarches de l’ambassadeur américain à Sofia, John Beyrle (Pour ceux qui veulent aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez lire l’article en bulgare paru dans le Standart il y a un an ou en français l’analyse du journaliste Alexandre Levy sur l’achat des corvettes françaises).

Commentaires : Jusqu’à présent, la revente d’appareils d’occasion était le secteur favori des Américains qui permettaient ainsi de renouveler leur propre flotte et de garder à leur production nationale une certaine prééminence en Europe. La mise sur le marché par les Allemands d’un lot d’Eurofighter modernes pourrait conduire à un standard plus européen. On ne peut cependant s’empêcher d’apprécier le double langage non seulement des Américains mais aussi des Européens. D’un coté, nous avons une Angela Merkel inflexible sur les dettes, prête aux pires sanctions pour les Etats qui ne respectent pas l’orthodoxie budgétaire ; de l’autre, nous avons la chancelière allemande, beaucoup plus coulante, quand il s’agit d’écouler ses surplus militaires.

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