Stage « risques de conflit » pour les journalistes UE


Les armées françaises
organisent un stage pour les journalistes-reporters afin de les sensibiliser aux risques des zones de conflit. Dans le cadre de la présidence française de l’UE, celui-ci sera réservé aux
journalistes de l’UE (un par pays).

Du 7 au 12 décembre 2008, au centre national d’entraînement des commandos (CNEC), sur les sites de Mont-Louis et Collioure (Pyrénées orientales).

Objectif : que les journalistes bénéficient d’une meilleure prise en compte des risques, de meilleures connaissances également qui leur permettront de se protéger et de protéger leur équipe, tout
en ne faisant pas courir de risques inutiles aux militaires engagés sur le terrain.

(Photo : Dicod / Cnec)

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Exercice d’évacuation de ressortissants à défaut d’un concept commun

Les Ministres de la défense n’ont pas réussi à se mettre vraiment d’accord, le 10 novembre, sur un concept d’évacuation de ressortissants européens, en recourant à des moyens militaires. Si la
plupart des Etats sont d’accord  d’autres (comme l’Italie par exemple) ne semblent pas convaincus de la nécessité d’étudier un concept européen et de recourir de façon commune à des moyens
militaires.

L’idée est pourtant simple, comme l’a expliqué Hervé Morin lors du conseil des ministres de Défense de l’UE : « Dès qu’une crise est connue (naturelle ou humaine), il s’agit d’avoir une coordination
des moyens, des points de regroupement, et déterminer des pays pilotes en fonction du pays où a lieu la crise ». Ce afin « d’éviter tout retards et obstacles à évacuation ». L’Allemagne avait indiqué
à Deauville être prêt à jouer ce rôle pour l’Ouzbékistan et le Kirghistan.

Ce dispositif devrait être testé grandeur nature dans quelques jours. La France organisera ainsi le 1er au 5 décembre à Vouziers (Marne), un exercice de projection de base aérienne (Bapex), avec la
participation d’Européens, qui pourrait être l’occasion de tester le dispositif d’évacuation de ressortissants. Le scénario repose sur une catastrophe naturelle (tremblement de terre) dans un
contexte troublé (risques industriels, instabilité politique, risque terroriste)… avec la mise en place d’un Centre de regroupement et d’évacuation des ressortissants (CRER).

Pour suivre l’exercice, le blog Bapex en francais ou en anglais

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Un QG européen renforcé : ne dites plus « No », dites « yes, why not ».

L’idée était en l’air déjà depuis des années. Mais depuis des années, les Britanniques y étaient particulièrement réticents pour ne pas dire hostiles. En clair, c’était toujours « No, no et
encore no ». Le « vrai quartier-général militaire est à l’Otan », disaient-ils. « Inutile de recréer une autre structure ». « Cela ferait doublon ». Un propos qui trouvait des échos et des soutiens au
sein de plusieurs pays de l’Union européenne.

L’enthousiasme du début avait cédé le pas à la réticence. L’esprit de Saint-Malo en 1998 qui avait programmé ce renforcement était oublié. Même le projet
franco-belge-allemand présenté en 2003 (voir la déclaration de Bruxelles) avait
fait long feu. Les Allemands eux-mêmes n’y étaient plus très chauds (voir l’entretien avec Jung le ministre allemand).

Des conséquences négatives. Résultat : l’Etat-Major de l’Union européenne qui a été constitué n’était qu’un embryon de ce qui pouvait être fait. Il n’était pas de taille suffisante – 200
hommes en tout et pour tout, assistants et chauffeurs compris – pour en même temps planifier (préparer) une opération et la conduire (la diriger), sans compter tout le travail de préparation et de
veille politico-militaire pour le secrétariat général du Conseil. En effet, l’Etat-Major prépare et planifie les exercices, prépare et écrit les concepts d’opération de l’UE (c’est un peu le centre
de doctrine), assure une veille – permanente 24 heures sur 24 depuis cette année – Etc.

Sans avancée. L’année dernière, à l’instigation de la France essentiellement, une version allégée du Quartier-général avait été présentée. En renforçant uniquement la planification et en
abandonnant l’idée que ce QG conduirait les opérations. Ce qui est l’essentiel quand même car cela concerne l’anticipation des missions. Las. C’était encore trop pour les Britanniques !

L’opposition britannique vient de tomber. Sans coup férir. Comme l’avait expliqué à mi-mot le nouveau ministre de la Défense, John Hutton, il est temps pour le Royaume-Uni d’intégrer la PESD
(comme la France intègre l’Otan). Un tournant idéologique qui puise ses motivations dans une série de raisons (*). Le « papier »
que vient de présenter la présidence aux Britanniques – et qui vise à renforcer la planfiication – n’a pas rencontré « d’opposition de principe. Le Royaume-Uni est prêt à en discuter ». C’est un pas
inconstestable. Coté allemand, même sentiment d’ouverture apparemment. Les conséquences financières seront limitées. La question devrait être discutée et faire l’objet d’une déclaration lors du
Conseil européen, le 10 décembre.

La planification uniquement. Ne nous détrompons pas : ce n’est pas une révolution totale. Il ne s’agit pas d’un vrai Quartier-général européen de commandement des Européens. Du moins… pas
encore. Chacun des quartiers généraux nationaux qui peuvent servir pour une opération européenne ne sera pas supprimé. Il s’agit « simplement » d’étoffer l’Etat-Major en lui permettant de disposer de
davantage de planificateurs, pour mieux anticiper la gestion de crises, préparer en amont une opération et surtout mieux faire travailler ensemble civils et militaires. Comment cet apport de
personnel sera effectué – recrutement sec, redéploiement au sein de l’effectif du Conseil ou détachement de personnels d’Etats membres -, la question n’est pas encore tranchée et ce sera plutôt au
Haut représentant de l’UE, Javier Solana, et à son équipe de proposer des solutions. Il s’agit également de mieux faire travailler ensemble civils et militaires. En incorporant également d’autres
acteurs (Commission européenne, Onu…). 

C’est primordial. Les questions – face à une gestion de crises – sont parfois semblables. La préparation de l’opération en Géorgie l’a montré. Pour l’envoi de la mission civile,
l’Etat-Major militaire avait dû prêter temporairement certaines compétences à l’Etat-Major civil. Car concrètement dans une opération, qu’elle soit civile ou militaire, nombre de problèmes (et de
solutions) sont les mêmes: des questions de passage en douane de matériel  à la gestion de l’arrivée des personnels et matériels, par exemple, aux contacts diplomatiques et à l’appréciation de
la crise.

(*) A celle-ci il faut ajouter sans doute un échange très pratique de bons procédés entre Britanniques et Français dans le cadre de l’opération de l’Otan (Fias) en Afghanistan.

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La lente montée en puissance de la politique européenne de défense

Après l’échec de la Communauté européenne de Défense (CED), suite au rejet de la France en 1954, la politique étrangère est la grande absente des premières années de l’Europe et notamment du Traité
de Rome (1957). Elle ne revient à l’ordre du jour que timidement en juin 1970. Les Ministres des Affaires étrangères des Six proposent de développer la « Coopération Politique Européenne » (CPE).
Cette coopération progresse lentement : augmentation des réunions, réseau européen d’information diplomatique (COREU), etc. Mais elle reste très informelle. Il faut l’Acte unique, en 1986, et
le
Traité de Maastricht, en 1992, pour disposer d’une base juridique et institutionnelle a minima.

Ce n’est pas suffisant… Et les conflits en Yougoslavie dans la première moitié des années 1990 le démontrent. L’échec des Européens est patent (en Croatie et Bosnie particulièrement). Il servira
d’aiguillon pour toutes les réformes futures. En plein conflit, les ministres de l’UEO (Union pour l’Europe occidentale) définissent ainsi les contours de l’Europe de défense. Ce sont les «
missions de Petersberg », entérinées dans le Traité d’Amsterdam (1997). Ce traité crée la fonction de Haut représentant pour coordonner la politique étrangère et de sécurité commune. Poste assuré
depuis 1999, par l’ancien secrétaire général de l’Otan, l’espagnol Javier Solana.

C’est une initiative franco-britannique, à Saint-Malo (décembre 1998) qui lance vraiment l’Europe de la défense, en appelant à doter « l’Union d’une capacité autonome d’action, appuyée sur
des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser ». Ces objectifs sont repris par les 15 Chefs d’Etat et de gouvernement au Conseil européen de Cologne (juin 1999). Ils entérinent au
sommet de Helsinki (décembre 1999) le format d’une Force européenne de réaction rapide, « capable de déployer jusqu’à 60.000 hommes en 60 jours ».

Le Traité de Nice (2000) ajoute des structurelles décisionnelles, comme le Comité politique et de sécurité (COPS) – formé des ambassadeurs « sécurité » de l’UE – et le Comité militaire de
l’UE – formé des chefs d’Etat-Major ou leurs représentants. La politique européenne de défense est déclarée opérationnelle au sommet de Laeken-Bruxelles (2001). Une stratégie européenne et de
sécurité est définie (2003) dans un contexte de division européenne suite à l’intervention américaine en Irak. Un accord (dit « Berlin Plus ») est passé avec l’Otan pour recourir à ses moyens lors
d’une opération militaire (mars 2003). Et les premières opérations extérieures se déploient (Macédoine, Bosnie, Indonésie,
Congo…)

L’Agence européenne de Défense est créée (juillet 2004) avec pour mission de développer les coopérations industrielles et renforcer les capacités des différentes Etats-Membres. Elle anticipe
les dispositions du futur traité (Constitution ou Traité de Lisbonne). Un Etat-Major militaire de l’Union européenne est mis en place, doté en 2007 d’un centre d’opérations. Et un Etat-Major de
gestion de crises, le Centre de planification et de conduite des opérations civiles (CPCC), voit le jour en 2008.

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Les battlegroups – permanence au 2e semestre 2008

Conçus en 2004, après l’opération Artémis (au Congo), sur une initiative franco-britannique-allemande, les groupements tactiques 1500 (plus souvent dénommés Battlegroups) sont la « force
légère de réaction rapide » de l’UE. Forts d’au moins 1500 hommes, disposant d’appuis tactique et logistique (transport aérien…) pour être autonomes, ils doivent arriver sur le terrain au plus tard
15 jours après l’approbation du concept de gestion de crise (CMC). Ils peuvent assurer leur mission durant un à quatre mois.

Deux groupements GT1500 sont de permanence chaque semestre. Au deuxième semestre 2008, un groupe dirigé par l’Allemagne (+ France, Espagne, Belgique et Luxembourg, cinq pays qui forment
l’Eurocorps), et un autre par le Royaume-Uni sont de permanence. Au premier semestre 2009, deux groupes méditerranéen sont présents : le premier dirigé par l’Italie (+ Espagne, Portugal, Grèce) ;
le deuxième par la Grèce (+ Bulgarie, Chypre, Roumanie).

Au deuxième semestre 2008

Le Battlegroup au coeur allemand. Le Battlegroup « franco-allemand » comprend environ 2300 hommes – 1600 Allemands, 400 Français et 250 Belges, 40 Espagnols et 20 Luxembourgeois -
commandé par le chef de la Brigade franco-allemande, le général allemand Andreas Berg. Le coeur du Battlegroup est formé de plusieurs compagnies du bataillon de chasseurs de la Bundeswehr
(JgBtl292), qui intègre également une compagnie du 110e régiment français d’infanterie. S’y ajoutent des éléments du bataillon de commandement et de soutien (BCS – unité mixte franco-allemande), du
bataillon d’artillerie blindée 295 (PzArtBtl295) ainsi que du génie 550 (PzPiKp550) renforcés d’éléments belges, du 3e Régiment français de Hussards « Esterhazy » (*), chargé de l’éclairage. La
composante médicale du Battlegroup (Medevac) est fournie par les Belges, avec un détachement de quatre hélicoptères Agusta.

Le Battlegroup britannique est formé à partir de deux bataillons :
• Le 2e RRF (2e bataillon du Royal Regiment of Fusiliers) était de permanence du 1er juillet au 1er octobre. Jusqu’à récemment, ce bataillon était basé à Chypre et servait de bataillon de réserve
en Irak et en Afghanistan. En 2007, il a été déployé en Afghanistan par deux fois, la première avec deux compagnies, la deuxième avec une compagnie.
• C’est le 4 RIFLES (4e Bataillon « The Rifles ») qui est de permanence, du 1er octobre au 31 décembre 2008. Le 4e Rifles est basé à Bulford. Et son précédent engagement opérationnel a été en Irak
(en 2007).

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Le prince Harry veut devenir pilote d’hélicoptères


Est-ce un effet de l’initiative
franco-britannique pour renforcer la disponibilité des hélicoptères européens ? Ou un retour à la tradition ancestrale de la chevalerie, l’hélicoptère devenant le cheval moderne  ? En tout
cas, la famille royale a décidé de founir un de ses fils à cette mission.

Le prince Harry a, en effet, été entamé – apprend-ton du ministère de la défense britannique – le processus de sélection pour être pilote d’hélicoptère, après deux ans et demi au Household
Cavalry Regiment. S’il passe les tests, sa formation commencera en janvier 2009 et pourra durer jusqu’à deux ans et demi, sur des appareils de type Gazelle, Lynx ou Apache.

(Photo – ministère de la défense Uk – « le Prince Harry lors de sa mission en Afghanistan à Helmand »)

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Des hélicoptères polonais en formation « montagne » en Allemagne

target="_blank">Commune de la passion - le vol.Trois hélicoptères polonais – deux Mi 24 de combat (HINDS) et un Mi 8 (HIP) de transport – sont venus s’entraîner au vol de
montagne en Allemagne, dans les Alpes allemandes à Laupheim (Bade-Wurtemberg) du 6 au 10 octobre.

Un préliminaire à un déploiement de six mois en Afghanistan. « Le vol en montagne est compliqué par les obstacles naturels, et les brusques changements de vent », explique un des responsables du stage. « Les conditions de vent inhabituelles demandent aux pilotes une attention absolue.
(…) L’exploitation optimale du vent joue un grand rôle.  Mais il peut
aussi être un obstacle, voire mettre la vie en danger ».

Des pilotes tchèques étaient venus s’entraîner, de façon similaire en France, dans les Pyrénées, en septembre dans le cadre de
l’initiative franco-britannique pour améliorer la disponibilité des hélicoptères.

Photo : Bundeswehr

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Les Belges s’entraînent pour le Battle group 2009


Le régiment
belge des Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers de Bourg Léopold vient
de terminer son entraînement à  Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre, en vue d’intégrer le Battle Group de l’UE qui sera de permanence à partir du 1er juillet 2009, pour le 2e
semestre. Les Belges formeront alors avec les Français une force de 2300 militaires. Les belges assureront le commandement général, la protection des troupes et le soutien logistique (*).

Dans la base militaire britannique de Knook Camp, environ cinq cents militaires se sont entraînés – entre le 22 septembre et le 7 octobre – à l’attaque par pelotons et au tir, aux tirs d’armes à
longue portée, de mortiers et d’armes anti-char Milan, apprend-on de l’armée belge. Pour les fusiliers, le camp d’exercice de Cope Hill Down est la plus grande réplique de village en Europe et
constitue le lieu idéal pour s’exercer en milieu urbain (exercices MOUT). Le terrain d’exercice a offert aux chauffeurs des jeeps LMV (Light Multirole Vehicle) les conditions extrêmes pour tester
leurs véhicules.

(*) L’autre battle group de permanence, ce 2e semestre, sera formé par les Tchèques et Slovaques

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La 17e mécanisée polonaise se prépare pour le Battle group 2010

Les soldats de la 17e Brigade mécanisée « Wielkopolska »
(17WBZ) ont été sélectionnés pour servir au groupement tactique de l’UE (Battle group ou GT 1500) qui sera de permanence au premier
semestre 2010.
La Pologne servira de nation-cadre à cette force de réaction rapide légère de l’UE, avec
l’Allemagne, la
Slovaquie, la Lituanie et la Lettonie.

Le noyau du groupe sera composé de 800 soldats, un bataillon d’infanterie de
la 17e brigade mécanisée,
basé à Międzyrzeczu (Lubuskie), et équipé de 160 véhicules, dont 53 véhicules
blindés,  Rosomak. C’est une des unités les mieux équipées de
l’armée polonaise, selon un porte-parole.
La 17e est
ainsi (ou a été) présente sur la plupart des opérations extérieures où les Polonais ont été engagés (Afghanistan, Iraq, Tchad).

NB : le groupement tactique se compose d’environ 1500 hommes
capable de se déployer en 15 jours après la décision politique. Ils sont en mesure de mener des opérations d’un à trois mois.
Un autre battle group sera de permanence ce semestre, Royaume-Uni et Pays-Bas

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Une démonstration des matériels français aux Européens


La
démonstration inter-armes françaises se déroulait cette année devant un public exceptionnel, présidence française de l’UE oblige, les ambassadeurs au COPS – le Comité Politique et de Sécurité de
l’UE – et les représentants militaires (RepMil) des 27 Etats membres, ou presque, étaient présents dans les tribunes, dans le camp de Mourmelon.

Partis de Bruxelles, le 25 au petit matin, de l’aéroport militaire de Melsbroek, en Transall, les RepMil et Cops avaient d’abord pu voir, le matin, lors d’une présentation statique, effectuée à la
base aérienne de Reims, les différents modèles de l’armée française, les anciens – avions de transport C130 ou C160, ravitalleur C135, Mirage 2000 S ou 2000 N (nucléaire) et hélicoptère Gazelle
Viviane – et les plus récents – Rafale, Hélicoptère Caracal (version Resco – récupération secours) ou Tigre, char Leclerc, Vab Lynx – en compagnie de quelques matériels européens (notamment un
eurofighter allemand et un italien).

On pouvait y voir certains équipements ou unités utilisés lors d’opérations multinationales.

– le ravitailleur C135, rééquipé avec un kit d »évacuation sanitaire (dit Morphée), un format mis en place il y a deux ans. Basé à Istres, il a déjà servi deux fois en mode opérationnel au
Kosovo et en Afghanistan plus récemment. Il peut accueillir 12 blessés (dont 4 en soins intensifs, réanimation) ou alors 6 soins intensifs et 6 blessés moins lourds. Le matériel à bord équivaut à
ce qui peut se trouver dans un Smur, mais tout y est doublé – au cas où. Au besoin, on peut procéder à de petites interventions chirurgicales (cela s’est déjà produit). Un deuxième kit (fabrication
autrichienne) devrait arriver prochainement. Il se met en place dans ravitallleur en 24 heures mode constructeur (15 heures en accélérant les procédures).

– le Drone de renseignement au contact (Drac) : un petit matériel de 8 kg seulement, qui se monte aisément (15 minutes) et se transporte facilement (dans les caisses que vous voyez derrière,
qui pèsent avec l’informatique embarquée 25 kilos et peuvent se porter à dos). Il est assez petit : 3,4 mètres de long et 1,5 mètres de large. Doté d’un bimoteur électrique, il se lance à la main
(comme un matériel d’aéromodélisme) et atterit automatiquement. Il peut voler une heure environ, de jour comme de nuit. Il dispose d’un GPS, d’une centrale de navigation inertielle, d’un
magnétomètre, et d’un calculateur embarqué. Il permet de collecter des images, sans engager de capteur au sol et peut être utilisé même par des unités non spécialisées. Il est actuellement déployé
au Kosovo.



– les commandos Monfort. Basé à Lorient, c’est un des commandos d’élite de la marine, héritiers des premières forces françaises libres (au même titre que le commando . Leur spécialité
: l’appui aux moyens aériens, le sabotage, la destruction et la neutralisation. Il dispose de tireurs d’élite (snipers), pouvant être embarqués à bord d’hélicoptères, et de matériel plus lourd
(mortiers, missiles Milan antichar…) et de moyens lasers, pour permettre de guider les bombardements aériens ou terrestres. Il peut ainsi opérer « derrière les lignes ».
Il a notamment été déployé en Bosnie (pour la traque des criminels de guerre) ou pour l’évacuation de ressortissants français et européens au Yémen (1994) et au Sierra Leone (1997).



La démonstration « dynamique » a permis de voir tous ces éléments en action, sous plusieurs formes : interception d’avion, des passages à basse altitude « d’intimidation », démonstration d’évacuation
de ressortissants. L’exercice groupait non seulement les différents corps d’armée français mais aussi quelques moyens européens (allemand, belge, italien, suisse). Un regret simplement : la
participation un peu limitée à mon goût de moyens européens- vu l’assistance multinationale. La démonstration a trop tourné à la mise en valeur technique du matériel quà la démonstration de la
possibilité d’action. Mais les invités européens ont, a priori, apprécié.



Le retour avec un Transall décollant du champ d’herbes, moteurs tournants, valait cependant le détour. Surtout quand un parachutiste a fait irruption dans le bus pour donner, fermement, les
dernières consignes : enlevez les badges, pas de chapeaux ou casquettes, en rang par deux, personne n’a bronché… Et tout le monde s’est exécuté… enfin à peu près. Les diplomates – même
européens – ne sont pas plus disciplinés que les journalistes :-)



Crédit photos : NGV

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L’Europe privée d’exercice de gestion de crise

Prévu pour se tenir durant une dizaine de jours à partir du 29 septembre, l’exercice de gestion de crise européen « CME 08″ vient d’être annulé. Les structures de gestion de crise fonctionnent
actuellement « à flux tendus ». L’Etat major (militaire) de l’UE a dû « prêter » temporairement dix de ses personnels au CPCC – la Capacité de conduite et planification civile. En clair : l’Etat-major civil de gestion de crise. « Et il n’y a pas vraiment de temps disponible pour faire cet exercice, surtout au moment du plein
déploiement des observateurs en Géorgie » (la « full operation » doit être atteint

Celui-ci doit, en effet, faire face à deux grosses opérations : la montée en puissance de la mission Eulex au Kosovo, la mise en place en urgence de la mission EUMM en Géorgie alors que d’autres opérations comme Eupol en Afghanistan ou Eupol Cops en Palestine requièrent une attention
soutenue. Coté militaire, entre l’opération au Tchad et la planification d’une future opération en Somalie, on ne chôme donc pas
non plus. « L’exercice il est là tous les jours » explique-t-on à l’intérieur de ces structures.

Le scénario qui devait etre testé pour cet exercice restait un scénario d’Etat-major, sans déploiement de troupes : entre Bruxelles (niveau politique, et Etats-majors civil et militaire), les
différentes capitales des Etats membres, Paris (au Mont-Valérien, où était installé l’OHQ, le même qui sert pour l’opération Eufor Tchad Centrafrique), Torrejon (où est installé le centre
satellitaire de l’Union. L’objectif consistait à pouvoir mener en parallèle une opération militaire et une opération civile (type police et Etat de droit). Avec au passage le baptème du feu pour la
CPCC et son nouveau chef. Entretemps, le bapteme a lieu avec l’opération Géorgie…

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Défense: L’Europe ne coopère pas encore assez…

C’était au Parlement européen à une réunion de la sous-commission défense, jeudi dernier. Dans une conversation « aimable » sur les capacités de défense, quelques moments de franc parler valent le détour…

Une industrie trop fragmentée
« L’industrie européenne reste trop fragmentée, alors que nous assistons au développement de champions de taille mondiale » estime le spécialiste de la présidence française Jean-René Le Goff. « Cette concurrence n’existe pas seulement avec les Etats-Unis – où nous avons plutôt des coopérations. Nous assistons au développement très rapide de concurrents en Chine, en Inde, en Russie. »

Une coopération qui ne donne pas les fruits escomptés
« Les résultats de la coopération ne sont pas à la hauteur de ce qu’on espérait » précise ensuite le Français. « Les progrès sont minces. On ne fait pas de la coopération pour le plaisir. Ca doit être sous tendu par la recherche d’une meilleure efficacité. Nos efforts sont trop dispersés. La France a fait le choix d’un programme isolé. Je ne comparerais pas les malheurs du Rafale aux malheurs de l’Eurofgihter, ce sont des programmes couteux. Je suis sûr que si demain on avait un nouveau programme, on n’en aurait pas deux. Ce n’est plus possible. »

Un budget mal employé
« Ce n’est pas une question de montant » a renchéri Daniel Keohane, chercheur à l’Institut d’Etudes de sécurité de l’UE (l’agence de doctrine de l’Europe de la Défense). Le budget militaire n’est pas utilisé à bon escient. Nous gapillons souvent de l’argent sur des mêmes programmes. L’Europe a trois programmes « avions de chasse (Eurofighter, Rafale…) et une vingtaine de programmes de véhicules blindés. Est-ce vraiment nécessaire ?… Or le budget stagne. Et la demande de forces (employées à l’extérieur de l’UE) augmente.

L’Europe à la limite de ses forces
« Chaque année l’UE s’engage dans quatre opérations nouvelles, dont une militaire, sans compter les opérations Otan et Onu » précise Daniel Keohane. « Nous sommes prêts de la limite de 5%. Conséquence : une partie de nos budgets d’équipements est conacrée aux opérations. La difficulté est particulière au Royaume-Uni, où ces budgets souffrent d’une pénurie de 3 millions de £. Le phénomène n’est pas vraiment nouveau. La guerre au Kosovo avait déjà pointé de sérieuses lacunes en matière de capacités. » Recommandation de l’expert : il faut « mieux coopérer » sur les équipements, mais « aussi les formations » – cela coûte souvent deux fois plus cher que l’équipement – et sur les marchés publics. « L’expérience de l’article 296 n’a pas toujours été très heureuse« .

La discussion a aussi porté sur les futures directives en discussion. J’ai noté deux remarques intéressantes du représentants français

- sur le contrôle à l’exportation des armes et l’éventualité d’impliquer l’Agence européenne de Défense ? « On s’est posé la question. Pourquoi pas l’Agence ? Mais aujourd’hui, elle n’a pas les moyens de le faire. Peut on imaginer une agence plus développée, le faisant. L’agence a un avantage : avoir l’expertise technique et garantir l’indépendance. C’est peut-être une solution. Mais ce n’est pas mûr. Cela mérite réflexion. »

- sur l’insertion d’une « préférence communautaire » dans les marchés publics de défense : cette question pas tranchée, la Présidence de l’Union (française) et la France (en tant qu’Etat membre) n’ont pas la même position » a-t-il commenté en termes diplomatiques, précisant que « ce sujet risque de ne pas être consensuel au sein des Etats membres ». Et il y a des positions nationales différentes, influencées par l’industrie, qui elle même n’est pas une et divisible. Certains industriels sont favorables (à cette préférence communautaire), d’autres n’y sont pas. Cela dépend du type de business qu’ils développent et de l’ouverture du marché, qu’ils ont ou non avec les Usa ». En clair, le lobbying industriel joue à fond…

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Le Conseil recrute 37 planificateurs: plus que quelques jours

Le Conseil de l’Ue a lancé durant l’été plusieurs avis de concours. Il ne reste que quelques jours pour remplir l’attestation qui vous permettra de concourir. Le premier examen a lieu sur dossier.
Délai jusqu’au 19 septembre ! Les gagnants devront ensuite passer une épreuve orale.

Un concours concerne des planificateurs pour ses opérations PESD. Il y a deux types de postes : pour les deux, diplome d’études supérieures, connaissance approfondie des langues, etre national d’un
des 27 Etats membres et avis positif pour la sécurité:

– des Planificateurs stratégiques d’opérations et de missions de gestion de crise. On demande notamment 10  ans d’expérience professionnelle dans le domaine de la gestion de
crises ou de la défense, y compris une expérience professionnelle de la gestion de crises par des organisations internationales. Au moins trois années de cette expérience doivent porter sur la
planification au niveau politicostratégique, y compris les opérations multidimensionnelles et la planification de campagnes sur la base d’une expérience au sein d’une structure de planification
nationale ou internationale. (25 postes sont offerts)

– des Planificateurs confirmés de développement de capacités: militaires/civiles/spatiales. 10 ans d’expérience professionnelle dans un des domaines : un service de planification de la
défense au niveau national ou international, ou la planification de capacités civiles ou militaires au niveau national ou international [avoir exercé les fonctions de planificateur de la
coopération civilo-militaire (CIMIC) "serait un atout" dit-on], la conception et l’exploitation de systèmes d’information spatiaux ou spécialisés pour la sécurité (un diplôme d’études techniques ou
d’ingénieur serait un atout). (12 postes sont offerts)

L’autre concours vises à recruter des spécialistes de la sécurité des systèmes d’information, niveau administrateur très confirmé ou administrateur confirmé.

Renseignements pour ces concours, cliquez ici

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