La nouvelle bataille d’Ulm. Les Allemands cherchent à fourguer leur FHQ (Maj)

(BRUXELLES2) Malgré les belles paroles sur la nécessaire solidarité, les Allemands – comme à peu près tous les autres pays – cherchent actuellement à communautariser leurs dépenses militaires qu’ils n’arrivent pas à justifier sur le plan interne. Ils avaient un temps penser à proposer leur quartier général d’Ulm comme un FHQ (quartier général de force) à l’Union européenne. Ils l’ont en fait proposé à l’OTAN dans le cadre des projets de Smart Défense. Une proposition qui embarrasse quelque peu au siège de l’Alliance. D’une part, elle intervient à un moment où l’organisation atlantique cherche plutôt à diminuer le nombre de quartiers généraux permanents. Sont ainsi sur la sellette le QG maritime italien, le commandement de Lisbonne, et en partie le commandement aérien d’Izmir (mais ce n’est pas fait)…

Et surtout, l’utilité d’un tel « machin » peut être discutée. Si l’intérêt d’un quartier-général d’opération permanent est incontestable, car il permet de planifier en continu et également de ne pas laisser perdre les compétences ; en revanche, un QG de force permanent apparaît plus hypothétique. Qu’y-a-t-il de commun entre un QG de force en Afghanistan (IFAS), au Liban (FINUL) ou une opération anti-piraterie (Eunavfor)… ? Pas grand chose. Quel est l’intérêt d’avoir un FHQ permanent ? Plutôt nul, selon des officiers bien au fait des opérations. Le FHQ s’adapte plutôt pour une opération et se configure conformément au terrain. A cela, s’ajoutent chez certains Alliés, la peur de dépendre du Bundestag pour l’engagement du FHQ en opérations, pour un oui ou pour un non. A quoi servirait alors un FHQ condamné à rester… à Ulm. :-)

(maj) Un diplomate allemand a tenu à apporter un démenti que je publie car il apporte un contre-point utile au débat. « « Ulm » est conçu comme un « Multinational Joint HQ », justement pour éviter une « bataille d’ownership » entre les deux organisations. « Ulm » pourrait être offert dans un cadre opérationnel OTAN ou UE. Mais « Ulm » n´appartiendra ni a l´OTAN ni à l’EU. » Ce lecteur conteste également tout sous-entendu économique. « Il serait certainement moins cher – et plus facile! – pour l´Allemagne d`entretenir « Ulm » à titre national. »

Lire aussi :

FacebookPrintShare

La Smart Défense, une pochette surprise, une illusion ! (De Maizière)

(B2) Dans une interview donnée au quotidien allemand Die Welt, Thomas De Maizière, le ministre allemand de la Défense, avertit de ne pas se faire trop d’illusion sur la Smart Défense, les projets de pooling and sharing de l’OTAN. « La Smart défense paraît à beaucoup comme une sorte de pochette surprise pour économiser de l’argent. C’est une illusion. Certains croient qu’ils auront alors une compétence gratuitement, qu’ils n’ont pas. D’autres se disent qu’ils vont recevoir l’argent des autres pour une compétence dont ils disposent. La vérité est la suivante: la Smart Défense ne permet pas d’économiser de l’argent, mais peut-être de réduire les dépenses futures. Donc, si j’ai un conseil, c’est celui là : tout essayer, mais tourner sa langue trois fois avant de faire de grandes annonces ! »

FacebookPrintShare

L’AGS, le super drone de l’OTAN

(BRUXELLES2 au siège de l’OTAN) La réunion de Bruxelles des ministres de la Défense de l’OTAN aura été l’occasion pour les Alliés de décider la mise en place du dispositif dénommé AGS comme Alliance Ground Surveillance, permettant d’améliorer la capacité de surveillance et de reconnaissance aérienne. Un instrument « essentiel pour les opérations du futur » comme le souligne un responsable de l’Alliance.

Un des plus gros projets d’infrastructure de l’Alliance

L’AGS sera constitué de 5 drones HALE (Haute altitude, longue distance) RQ-4B Global Hawk, commandés depuis la base aérienne de Sigonello. Y seront concentrés les moyens de reconnaissance, surveillance et renseignement (JISR) comme le centre de formation d’exploitation des données (Nb: Une sorte de compensation pour les Italiens qui vont perdre un des quartiers généraux).

Ce dispositif sera financé par 13 des 28 membres de l’Alliance qui cotiseront au pot (Etats-Unis, Allemagne et Italie, pour les principaux pays (*) Français et Britanniques ne participeront pas directement au financement du dispositif. « Nous offrirons de la contribution en matériel » a précisé Gérard Longuet. Il s’agit ainsi des dispositifs d’acquisition et de surveillance, produits par les drones français. Les Britanniques utiliseront le même mode de contribution. « C’est un peu comme pour le système Awacs -  précisé à B2 un expert du dossier - Français et Britanniques ont leur propre capacité d’Awacs qu’ils mettent à disposition de l’Alliance. » Quant à l’Espagne, elle financera uniquement à hauteur de sa quote-part générale dans l’Alliance.

Le coût total de l’opération devrait se monter à 4 milliards de $, « un des programmes les plus couteux jamais entrepris par l’Alliance et un des plus compliqués technologiquement » se réjouissait un responsable de l’OTAN…  il y a quelques années.

Un projet ancien

On pourrait croire que ce projet ressort d’une des leçons retenues de l’opération par la Libye (Unified Protector) ; les Alliés participant à l’opération n’avaient pas de système de reconnaissance et surveillance et ont dû se reposer sur les Américains. En fait, si ce projet vient combler un des lacunes constatées, il remonte au début des années 2000 suivant un besoin déjà constaté par la conférence des directeurs d’armement. Au terme de deux années de réunions, un premier contrat avait ainsi été signé en avril 2005 avec le consortium d’industriels – l’Américain Northop Grumman, des industriels européens  (EADS, Thales, Galileo Avionica et Indra) et canadiens (General Dynamics Canada), réunis au sein du groupement TIPS (Transatlantic Industrial Proposed Solution). Le memorandum de programme (PMoU comme Programme Memorandum of Understanding) avait été signé en septembre 2009 Plusieurs études avaient suivi, notamment en 2009.

(*) ainsi que la Bulgarie, République tchèque, Estonie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Roumanie, Slovaquie, Slovénie.

FacebookPrintShare

Durée et source du budget de l’OpsCenter en discussion

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs du COPS, le comité politique et de sécurité de l’UE, pourraient terminer aujourd’hui la discussion sur l’OpsCenter, le centre d’opérations de l’UE pour les opérations dans la Corne de l’Afrique dont les 27 ministres des Affaires étrangères ont décidé la mise en place. Deux points restent en discussion : la durée de la mise en action de l’OpsCenter, le budget ou plutôt la source du budget du centre d’opérations. Des points qui peuvent paraître techniques mais sont aussi très politiques.

Sur la durée de fonctionnement de l’OpsCenter, chacune des délégations autour de la table est bien d’accord pour que ce centre ne soit pas installé sur une base permanente mais bien lié à des opérations. Toute la discussion porte sur le renouvellement. Les Britanniques souhaitent une durée fixe, avec une décision de renouvellement comme pour chaque mission. Les Allemands soulignent que ce type de fonctionnement revient à remettre en question le devenir du centre, et le laisser à la merci d’une seule délégation (suivez leur regard…:-). Précisons que la décision fixant la mission de l’OpsCenter sera régulièrement réévaluée (tous les six mois), pour ajuster au besoin son fonctionnement.

Sur le budget, toute la question est de savoir qui va financer quoi.  Le personnel proviendra, en effet, à la fois de l’Etat-Major militaire, de l’élement de soutien d’EUTM et de l’équipe de liaison d’Eunavfor Atalanta déjà présents à Bruxelles et du personnel détaché de l’Etat membre. Selon le projet de décision qu’a pu lire B2 mentionne bien que les membres de l’Etat-Major militaire de l’Union européenne (EUMS) sont financés par son budget. Tandis que les experts détachés par les Etats membres sont pris en charge par ceux-ci. Restent les autres frais de fonctionnement qui seront pris en charge par chacune des missions européennes concernées (Eunavfor Atalanta, EUTM Somalia, RMCB/EUCAP Corne de l’Afrique), en application des règles financières adéquates. C’est ces derniers mots qui suscitent discussion. Que sont ces modalités adéquates ? Certains Etats – comme la France – souhaitent que ce soit le budget Athena qui y contribue. La plupart des autres pays ne le souhaitent pas, le budget Athena étant réservé aux opérations militaires… et sur contribution de chaque Etat membre (par quote-part du PIB).

Quant à la nomination du chef de l’OpsCenter, les candidatures courent jusqu’à lundi. Plusieurs pays devraient postuler, notamment plusieurs pays de Weimar + (France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie).

Lire aussi :

FacebookPrintShare

Un douzième projet pour l’Agence européenne de défense ?

(Crédit : ministère espagnol de la Défense)

(BRUXELLES2) Aux 11 projets de renforcement des capacités militaires, approuvés auConseil des ministres de la Défense, le 30 novembre pourrait bientôt s’en ajouter un autre : celui sur les IED – engins explosifs improvisés. Il aurait d’ailleurs pu être présenté lors de la réunion. Il était quasiment prêt. Et un pays, l’Espagne, était prêt à en assurer le leadership ; les Espagnols disposent en effet d’un centre d’excellence sur le sujet, agréé par l’OTAN. Seulement, la transition politique en cours à Madrid ne l’a pas permis.

Ainsi que l’a indiqué un connaisseur du sujet à B2, plusieurs sujets ont fait l’objet d’un accord entre l’ancien gouvernement (socialistes) et le nouveau (populaires), pour assurer une bonne transition. Mais pas la question de la défense européenne. Si sur la lutte anti-piraterie, Carme Chacon a pu ainsi annoncer à Bruxelles sa volonté de voir prolonger l’opération anti-piraterie Atalanta, point qui semble susciter (aujourd’hui) le consensus (ce n’était pas le cas quand le parti populaire était dans l’opposition), l’implication dans des projets industriels de défense n’ont pas fait encore d’un accord entre les différents protagonistes à Madrid. Il faudra encore donc attendre quelques semaines avant que le nouveau gouvernement annonce ses intentions.  

 Lire également : L’Europe muscle sa défense. 11 projets opérationnels. Liste et détails

FacebookPrintShare

Un seul battlegroup début 2012. La transformation des armées en objectif

(BRUXELLES2) Faute de volontaires, les « 27″ ont convenu de ne laisser qu’un seul groupement tactique (battlegroup) de permanence au premier semestre 2012. C’était dans l’air. C’est désormais officiellement inscrit, ainsi qu’en attestent les conclusions adoptées par les ministres des Affaires étrangères le 1er décembre. Les Français, Belges et Luxembourgeois de permanence durant les six prochains mois seront donc seuls…

L’objectif de transformation des armées à égalité avec l’objectif opérationnel

Les ministres de la Défense de l’Union européenne n’envisagent pas de revoir le « niveau d’ambition tel que défini dans le concept des battlegroups », qui prévoit notamment d’avoir deux groupes de permanence par semestre. Les groupements sont non seulement un élément opérationnel, ils contribuent « à l’interopérabilité entre Etats membres et reste un vecteur pour la transformation de nos forces armées vers des forces plus mobiles et plus rapidement déployables » est-il précision dans les conclusions adoptée le 1er décembre. On replace ainsi les battlegroups dans un concept plus d’entraînement des troupes et d’adaptation des armées que dans une perspective d’utilisation.

Un petit effort s’il vous plait

Les « 27″ ont cependant entendu souligner l’importance de faciliter leur utilisation dans des opérations. Ils ont ainsi demandé à chacun de faire un « effort supplémentaire » pour remédier à de telles lacunes dans le futur. Et ils se sont fixés une date limite, à la fin de l’année pour tenter d’aboutir à un accord sur le mécanisme Athena, qui permet de prendre en charge certains frais générés par les battlegroups.

Interaction civile

Suivant quelques idées en cours – et notamment la proposition polonaise et les travaux entrepris au sein du service diplomatique européen – les 27 ont aussi acté de la nécessité de renforcer l’interaction entre les battlegroups au niveau européen et les possibilités d’interconnexion avec des acteurs civils. La Haute représentante devra ainsi fournir un rapport sur ces sujets au premier semestre 2012.

Lire également :

FacebookPrintShare

L’Europe muscle sa défense. 11 projets opérationnels. Liste et détails

Claude France Arnould la directrice de l'agence en discussion avec son conseiller "pooling and sharing" (crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) Le Conseil d’administration (le board) de l’Agence européenne de défense – c’est-à-dire les 26 ministres de la Défense de l’Union européenne – ont approuvé mercredi une série de projets concrets. Une liste qui pourrait être complétée plus tard. Car d’autres projets sont encore dans les cartons, par exemple celui sur les engins explosifs artisanaux (IED), un programme que l’Espagne voulait promouvoir (le changement de gouvernement a empêché apparemment une prise de position officielle).

Tous les pays ne participeront pas à tous les projets. Mais « quasiment tous les pays ont indiqué leur intention de participer à au moins un des projets de l’Agence » a indiqué Claude-France Arnould la directrice exécutive de l’Agence. Un projet rassemble en général de 6 à 8 pays. On retrouve généralement la France et le Royaume-Uni. Mais d’autres pays, comme la Finlande par exemple, ont été très allants marquant leur intérêt pour plusieurs des projets et prenant le « lead » du projet de surveillance maritime.

Certains des projets sont déjà démarrés ou vont l’être incessamment avec des effets dès 2012 ou 2013. D’autres sont à plus long terme, avec des études préalables et des effets à l’horizon 2020. On peut remarquer que tous ont une dimension très pratique, avec une visée de retour sur investissement assez rapide, et une dimension plus programmatique, pour permettre une rationalisation des investissements dans le futur.

Lire également :

11 programmes pour le futur

1. La formation des pilotes d’hélicoptères

Un programme déjà démarré et qui « marche du feu de dieu » jurerait un officier. Les candidats se pressent à chaque session. Environ 150 équipages ont déjà été formés durant 3 ans à travers des exercices qui se sont tenus dans plusieurs pays (France, Italie, Espagne…), des cours spécialisés et des séminaires de retour d’expérience.

Lire aussi :

2. Le réseau de surveillance maritime

Projet déjà entamé, emmené par la Finlande. C’est une composante nécessaire de la capacité de reconnaissance. La production d’une vue globale de la situation maritime est en effet une condition clé à la fois pour la sécurité autour des pays de l’UE comme dans les opérations déployées. Il y a de plus une recherche de synergie complète entre militaires et civils. De six pays au départ, le projet regroupe désormais une quinzaine de pays (Belgique, Chypre, Allemagne, Grèce, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Suède, Royaume-Uni).

Lire aussi : Marsur, la smart interface qui remplace le « 22 à Asnières »

3. Formation et logistique navale

 Une première étude doit être réalisée rapidement (2012) pour déterminer quelles initiatives de partage ou de mutualisation peuvent être prises. Toutes les options sont ouvertes. La plus simple serait tout d’abord d’avoir un calendrier commun, mis à jour en permanence, permettant en un seul coup d’oeil à chacun des Etats-majors de la marine et à l’UE, de savoir pour certaines ressources clés (ravitailleurs, portes-avions…), les moments de disponibilité, de formation ou de rappel en maintenance. Et donc de coordonner ces opérations, afin d’avoir toujours une capacité disponible de façon opérationnelle au sein de l’UE. La formation maritime est aussi une marque d’intérêt de plusieurs Etats membres. Certains petits pays ont des capacités de niche. Et même les Etats qui n’ont pas de marine peuvent être intéressés. Ainsi selon nos informations, la Lettonie a offert de partager avec l’Autriche son école de plongée navale.

4. Hôpital de campagne déployable (Medical Field Hospitals)

C’est sans doute un des projets les plus opérationnels de la panoplie de l’Agence. Le soutien médical est un effet un élément clé pour les opérations de l’UE. On se souvient en effet que le soutien médical avait été un point délicat pour le déploiement des dernières opérations que ce soit au Tchad (Eufor) ou en Ouganda (Eutm Somalia), retardant le lancement de l’opération de quelques semaines. Ce projet est conduit par l’Italie avec la participation de 11 autres Etats (Autriche, Belgique, Chypre, République tchèque, France, Finlande, Hongrie, Irlande, Italie, Roumanie, Suède, Slovénie et peut-être les Pays-Bas). Il sera basé » sur une série de modules, interopérables, et compatibles avec les « normes OTAN », en cours d’actualisation. L’objectif est d’avoir une capacité déployable de Rôle 2 à l’horizon 2013-2014.

5. Ravitaillement en vol (Air to air refuelling)

Le Kosovo l’avait esquissé, la Libye l’a démontré. Le ravitaillement en vol est un point critique pour toute opération qui nécessite une présence aérienne. Il s’agit d’avoir une plate-forme aérienne, unique, qui puisse aussi bien ravitailler les avions de chasse que les UAV. Le moment est particulièrement crucial. On est à la charnière entre deux vagues d’équipement. Les avions servant dans la flotte sont vieillissants, les nouveaux sont commandés ou en commande mais ne sont pas encore arrivés. Une nette opportunité pour éviter de répéter les erreurs du passé. L’Europe possède aujourd’hui seulement 42 avions mais dispose de 10 types différents, tandis que les Etats-Unis ont 650 avions (15 fois plus !) mais de 4 types seulement. L’objectif est de ramener – à la faveur des nouveaux équipements – à 4 types seulement : MRTT 330, A400M, C130J et 767. « Si on rate cette opportunité » explique un spécialiste du dossier, « on repart pour 30-40 ans ». A court terme, l’objectif est aussi de faciliter le soutien à la flotte existante. La France a proposé sa base d’Istres, où pourrait être assuré une partie du soutien logistique.

6. Centrale d’achat pour les communications satellitaires (ESCPC)

Un projet qui va démarrer tout de suite également. La communication satellitaire (Satcom) est vitale pour la conduite des opérations – le C2 command and control – comme pour le renseignement et le ciblage – l’ISRT intelligence, surveillance, reconnaissance and targeting. L’opération en Libye l’a suffisamment montré. L’utilisation de plus en plus développée de drones sur le champ de bataille d’UAV rend complètement obligatoire cette capacité. Ce projet pilote est destiné à mutualiser toutes les demandes de créneaux satellitaires pour obtenir une réduction des fournisseurs de service. Il est basé sur le même principe que les centrales d’achat classiques, avec une obligation supplémentaire : la rapidité d’accès, la sécurité du service. « Les militaires sont un « petit » acheteur sur le marché où les gros consommateurs sont les télévisions, les sociétés de télécommunications… » a expliqué à B2, un expert de l’Agence. A l’arrivée, on estime que la baisse des coûts peut atteindre 10% minimum. Participent à ce projet Français, Britanniques, Polonais. C’est Astrium qui a été choisi comme broker (acheteur en gros) et qui va voir sur le marché ce qui est disponible. 

7. Futur système de communications satellitaires militaires

Même principe que pour les avions ravitailleurs. La prochaine génération de satellites militaires arrive. Aujourd’hui il existe cinq systèmes européens sur orbite, plusieurs d’entre eux ont une couverture limitée et leur remplacement est prévu entre 2020 et 2025. L’objectif est donc de commencer le développement de la future génération SatCom pour l’après 2020, en déterminant les besoins en capacités des utilisateurs des Etats membres et de l’UE, et en préparant le développement des technologies adaptées dans une perspective civilo-militaire.

8. Renseignement, Reconnaissance, Surveillance (ISR)

 De la surveillance au ciblage de précision, rien ne se fait plus sans un système d’ISR de haute précision. Mais cela a un coût conséquent.

9. Formation des pilotes

L’entraînement des pilotes de transport est si spécifique que peu de pays ont le centre de formation (et les simulateurs – qui coûtent cher – adéquat). Faute de centre, plusieurs pays envoient leurs pilotes aux Etats-Unis, or les places sont très limitées et le coût plus important. Ce projet est « piloté » par la France. Une première étude va être réalisée rapidement pour examiner les formations à développer et les conditions pour ceci.

Lire aussi : Pooling and sharing : la France propose une école du futur pour pilotes

10. Hub de transport européen (EATF)

Lire aussi : Signature de l’accord pour EATF, le ‘Star Alliance’ du transport militaire

11. Munitions intelligentes

Là encore, l’expérience libyenne a montré combien les munitions dites « intelligentes », de haute précision, à guidage laser, qui permettent d’atteindre leur cible sans dégât collatéral sont précieuses. Des munitions qui ont un coût certain. L’utilisation en rythme de combat épuise rapidement les stocks. Nombre de systèmes et de stockage de munitions peuvent rapidement devenir obsolètes, tant d’un point de vue opérationnel que de règles de sécurité. A court terme, une étude va être lancée (2012) et des projets de recherche & technologie pourraient être enclenchés avec un résultat à plus long terme (2020).

FacebookPrintShare

Accord sur le centre de commandement de l’UE, à l’arraché (maj2)

William Hague (Uk) à son arrivée au Conseil des ministres des Affaires étrangères, 1er décembre (Crédit : Thierry Monasse)

(BRUXELLES2 – Conseil des ministres de l’UE) Victoire ! C’est un peu le message d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères à sa sortie du Conseil des ministres des Affaires étrangères. Avant tout autre sujet, Juppé a tenu à dire aux journalistes (dont B2) qui l’attendaient  qu’il y avait un accord sur la PSDC (la politique de sécurité et de défense commune). « Un bon accord. On va lancer de nouvelles opérations (NB : pour le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, et pour soutenir la coopération régionale anti-terroriste au Sahel). Nous avons décidé d’activer le centre de commandement (OpsCenter) d’ici janvier pour nos opérations dans la Corne de l’Afrique. Et nous avons convenu de continuer à travailler à la planification d’une capacité permanente de conduite des opérations. La PSDC est relancée » a-t-il conclu.

Coté britannique, on est beaucoup circonspect et on avance une analyse contraire. L’idée d’un QG permanent est « abandonnée » a confié William Hague à quelques journalistes. « Ce n’est juste que la mise en place d’un centre existant, pour des actions civilo-militaires, sur une base ad hoc. Et il faut toujours l’unanimité pour décider de l’utiliser. Il n’y pas de changement ».

(mis à jour) Le texte des conclusions

Le texte des conclusions atteste de façon plus diplomatique cet accord mais en entérine les principaux points. « Le Conseil appelle à une utilisation optimale des structures existantes. Dans ce contexte, quand la nature de l’opération ne requiert pas un quartier-général national, le Conseil est prêt à activer sur une base ad hoc le centre d’opérations (NB : Ops Center) en accord avec ses termes de référence, pour une opération spécifique de la PSDC. Sur cette base, le Conseil est d’accord pour accélérer la planification de l’activation du centre d’opérations pour les opérations dans la Corne de l’Afrique, au plus tard au prochain Conseil des Affaires étrangères. » est-il précisé au point 32, selon la dernière version (en anglais) que B2 a pu obtenir. « Le Conseil est d’accord pour continuer à examiner l’efficacité de la performance de l’Union européenne dans la planification et la conduite des opérations civiles et militaires de la PSDC. Rappelant les principes d’unanimité et d’inclusivité sous-tendant la PSDC, le Conseil décidera sur les améliorations possibles sur ces bases, sans préjudice des Traités et à la lumière du rapport de la Haute représentante sur la PSDC de juillet 2011. » est-il précisé au point 33.

Cela signifie notamment que l’idée, un temps évoquée, par les « Weimar » d’une Coopération structurée permanente sur le sujet est abandonné. Une idée avancée en fait surtout comme moyen de pression comme nous l’ont confirmé plusieurs diplomates de différentes origines. Cela signifie aussi que les deux options évoquées par la Haute représentante en juillet – QG permanent ou amélioration du système existant – restent sur la table.

L’OpsCenter activé dès janvier, ce que cela signifie

Concrètement, le point crucial de l’accord est le centre de commandement (OpsCenter). Celui-ci devrait être activé d’ici janvier pour l’opération de formation des soldats somaliens (EUTM Somalia) qui est en cours en Ouganda mais aussi éventuellement pour l’opération RMCB. Une activation symbolique pour un centre qui n’avait jamais été activé depuis sa mise en place, en 2004.

Pour EUTM Somalia, cela ne signifie pas un transfert de quartier général ni d’effectif supplémentaire. Cette mission n’avait pour l’instant pas de quartier-général d’opération (OHQ). Le principe avait en effet été décidé à l’époque de ne pas avoir d’OHQ mais un simple commandement sur zone (FHQ) basé à Kampala, la capitale ougandaise, tandis que le centre de formation se situe à Bihanga (plus à l’ouest du pays).

Pour la mission RMCB, c’est un peu plus problématique, car c’est une opération civile mais avec beaucoup d’éléments militaires. La conduite des opérations civiles relève normalement aujourd’hui de la CPCC, la structure de gestion des opérations civiles du service diplomatique européen. Tandis que la planification est conduite par la CMPD. Et les termes de référence du centre d’opérations sont datées (d’avant le traité de Lisbonne).

Pour Eunavfor Atalanta, pas de changement, le quartier-général de Northwood (près de Londres) reste en fonction. Et l’OpsCenter ne sera pas activé. 

Feu vert à l’opération RMCB

L’opération de renforcement des capacités maritimes (RMCB) est déjà sur les rails. Un concept de gestion de crises (CMC) est prêt. Mais pour des raisons pratiques, il ne pouvait pas être adopté à ce Conseil. Ce qui a suscité un petit quiproquo entre les diplomates et les juristes. Ceux-ci arguant qu’on ne pouvait dans les conclusions indiquer qu’il était adopté s’il ne l’était pas. Il le sera très prochainement, soit en procédure écrite, soit en point A d’un prochain conseil.

Lire également :

Relance de la mission de soutien anti-terroriste au Sahel

Quant à l’opération de soutien régional au Sahel, contre le terrorisme d’Al Qaïda, elle est bien moins avancée. L’option d’une mission PeSDC un temps envisagée a été ensuite légèrement enterrée. Elle ressurgit aujourd’hui à la faveur d’une poussée de plusieurs Etats membres (et aussi il faut bien le reconnaître de la pression sur le terrain). Et c’est une bonne chose, selon moi. Certes, pour l’instant rien n’est prêt coté européen. Mais un rendez-vous est déjà pris, au 8 décembre prochain. Une première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de la région (les 4 initiateurs de cette coopération – Algérie, Mali, Niger, Mauritanie – + le Burkina-Faso, le Tchad, le Nigeria) et leurs homologues de l’Union européenne a lieu à Nouakchott.

Lire également : La mission PSDC pour le Sahel attendra encore bien un peu…

Commentaire : Une avancée non négligeable et nécessaire

Les « Weimar » ont donc obtenu des Britanniques qui s’opposaient à toute activation de cet OpsCenter une avancée. Avancée qui peut paraître bien petite au regard des enjeux mais qui constitue sur un dossier bloqué depuis des années un réel exploit. S’ils n’ont pas réussi à obtenir la mise en place du quartier général permanent (OHQ), ils ont aussi réussi à ne pas enterrer le projet, puisque le mandat a été donné à la Haute représentante de continuer le travail. Ils ont aussi réussi à dégager la voie à la mission de soutien aux capacités maritimes régionales (RMCB) qui était dans les cartons depuis plus de deux ans et à ressortir la mission Sahel de l’ornière où elle était tombée. Cela redonne ainsi un brin d’espoir par rapport à la tonalité, plutôt pessimiste des derniers mois.

Lire également :

FacebookPrintShare

La révision du mécanisme Athena échoue

(BRUXELLES2 – Conseil des ministres de la Défense) Il n’y aura pas d’avancée sur la révision du mécanisme Athena (*). Du moins, pas tout suite. Les ministres de la défense ont échoué à se mettre d’accord. Ce qui n’est pas vraiment une surprise. La discussion était déjà difficile dans les groupes de travail et au Coreper. L’enjeu n’était cependant pas grandiose : il s’agissait de pouvoir financer les frais de transport des groupements tactiques (battlegroups) vers le lieu des opérations. Mais plusieurs pays, le Royaume-Uni, était hostile à cette réforme. De façon très diplomatique, les 26 ont donc convenu de « charger les groupes de travail de continuer à discuter de la révision de (ce) mécanisme ». (**) Une formule qui cache mal un échec de la discussion.

(*) Ce mécanisme permet une mise en commun de certaines dépenses pour les opérations militaires de l’UE, qui sont financées selon une clé de répartition fixées en fonction du poids respectif économique des 26 Etats membres de l’Europe de la défense (le Danemark bénéficie d’un opt-out).

(**) The Council tasked its preparatory bodies to continue discussing a revised mechanism for financing the common costs of EU military operations (ATHENA mechanism).

FacebookPrintShare

Capacités de défense : l’Agence passe au concret

(BRUXELLES2) Le pooling and sharing, beau projet dont on carressait jusqu’ici les contours de manière littéraire. La réunion du conseil d’administration de l’Agence européenne de défense (EDA) – en format ministres – qui se déroule cet après-midi a été  l’occasion de passer au concret et de tester les différents ministres de leur volonté de s’engager sur des projets. L’enjeu de ce Conseil, comme l’explique Claude-France Arnoult, la directrice exécutive de l’Agence, dans un entretien avec B2, est « d’avoir des engagements des Etats membres sur des projets précis ». On n’est plus dans « les mots mais dans des actions concrètes, pour trouver des capacités qui manquent à nos opérations. » On a un « intérêt sans doute plus marqué aujourd’hui » qu’hier du fait des contraintes budgétaires. Onze projets ont été retenus, comme le soutien aux ravitailleurs, la formation des pilotes, le renseignement, les satellites, le soutien médical… (cf. papier à venir).

Une maturation assez rapide au rythme européen

C’est le résultat d’une évolution, d’une maturation assez rapide somme toute à l’échelle européenne, surtout dans un secteur sensible comme la Défense. « On est passé d’un concept général (à l’informelle de Gand), à un mandat de travail en mai.  Nous avons ensuite consulté les Etats membres, utilisé les connaissances et les rapports des experts de haut niveau qui (ont fait la tournée des capitales) et travaillé de manière confidentielle. Puis l’agence a procédé à une analyse interne et finalement retenu d’un commun accord avec les pays concernés les projets qui nous paraissaient mûrs. » Tous les pays ne participeront à tous les projets. C’est le principe du « libre choix » : chaque pays choisit dans la liste des projets retenus, ceux qu’il veut suivre et soutenir, voire conduire. Sur la plupart des projets, le principe d’un Etat pilote a été retenu. Mais le fait qu’il n’y en ait pas encore pour certains ne fait « tomber le projet ». Il suffit qu’il y ait des pays qui soient volontaires pour le mener.

Une sélection intelligente

Ce qui est intéressant est la manière dont cette sélection s’est faite. A l’Otan, on pourrait presque dire que c’est une « smart selection ». « Ce ne sont peut-être pas des projets de rêve mais des projets concrets. Nous avons retenu des projets sur lesquels les Etats sont prêts à s’engager (financièrement, humainement) et à mettre en oeuvre, des projets qui permettent de faire des économies », précise C.-F. Arnould. Ces projets ne vont pas en effet nécessiter d’investissement initial majeur. « Ce qui aurait pu être un obstacle aujourd’hui ». Mais ils vont « permettre à terme des économies de fonctionnement. C’est sur cela qu’on mise ». Nombre d’entre eux s’intègrent en effet dans un processus plus long : un besoin opérationnel immédiat est identifié – comme par exemple les services de communication sattellitaire – puis un besoin à plus long terme, plus lourd doit être étudiée – par exemple pour préparer la future génération des satellites.

L’Europe doit montrer qu’elle prend sa part du fardeau

Dans cette prise de conscience, et la recherche du concret, les derniers mots de Gates et les premiers de Panetta, l’ex et l’actuel Secrétaire d’Etat US à la Défense ont joué. « C’est indéniable. Mais ce ne sont pas que des mots là encore. Les Etats-Unis se sont engagés dans un processus de coupes budgétaires. Et ils ne l’arrêteront pas pour nous. » précise C.F- Arnould « Pour les aider, il faut leur montrer qu’on prend notre part du fardeau supplémentaire dans la défense européenne ». Cela sera utile « aussi pour démontrer au Congrès la nécessité de maintenir un effort sur l’Europe et de garder un intérêt en Europe » alors que tous les regards, coté américain, se tournent, vers l’Asie.

Des Américains intéressés par le travail de l’agence

Les Américains souhaitent participer de manière active aux activités de l’Agence. Ils pourraient être ainsi associés, ou plutôt « invités » à certaines réunions, d’ordre technique. A l’Agence, on estime intéressant de développer une relation particulière avec eux en particulière su les marchés et leur régulation. Ainsi les Américains devraient être présents au prochain comité des directeurs de l’armement, au printemps. Rencontre intéressante puisque les Etats-Unis sont en passe de réviser leur système Altar.

Pas de duplication avec l’OTAN

Point important, et sur lesquels ont insisté la plupart des ministres de la Défense, les projets de l’Agence européenne de défense ne sont pas les mêmes que ceux portés à l’OTAN. Là aussi la discussion a évolué, il y a encore quelques mois, certains se demandaient pourquoi faire au niveau de l’UE ce qu’on pourrait faire à l’OTAN. Aujourd’hui les pays « demandent une bonne coopération entre nos deux organisations. Et cela c’est un point sur lequel nous sommes très attentifs ». Et de préciser : « Ce qui se fera à l’Agence ne se fera pas à l’OTAN. Et vice-versa. On s’assurera que les projets que l’on mène bénéficie des travaux déjà engagés à l’OTAN ». C’est par exemple le cas pour le projet de soutien médical qui va bénéficier du processus engagé à l’OTAN sur la standardisation des différents modules, notamment pour s’assurer que les différents modules sont interchangeables.

Claude-France Arnould ne l’avouera pas. Geste élégant sans doute. La réalité oblige à dire – ainsi que nous l’a confié un expert national – que la machine de l’OTAN est un peu plus lourde et lente à se mettre en route. Et, c’est un paradoxe, elle est moins avancée dans les différents projets de « pooling and sharing » que l’agence européenne de Défense. De plus, elle n’a pas automatiquement l’habitude de mêler intérêts civils et militaires comme l’UE, ou de combiner capacités, industrie et réglementation. L’Agence bénéficie là de la multi-compétence de l’UE qui a la main sur les questions de commerce, de marché unique, d’ouverture des marchés. Il faut ajouter aussi que les projets adoptés aujourd’hui sontplutôt précis, rapides à mettre en place et à dégager des économies ou à renforcer l’efficacité à court ou moyen terme tandis que l’OTAN travaille parfois sur des projets de plus grande envergure qui nécessitent plus d’investissements.

FacebookPrintShare

Un cercle de bonnes pratiques pour ne pas économiser « bête »

(BRUXELLES2) La réunion des ministres de la Défense aujourd’hui devrait être l’occasion de mettre le doigt sur un problème sensible dans les différents pays : la peur de voir s’envoler les économies réalisés. Sur ce point, tous les ministres de la Défense sont sensiblement unanimes et tous aussi inquiets. A quoi bon faire des économies si tout repart dans le budget général ? De nombreux ministres militent donc pour qu’au moins une partie des économies réalisées soit réinvestie dans la défense. Et tous (ou presque) se heurtent à la volonté opposée de leur ministre des Finances qui voit cela d’un oeil pas automatiquement clément. Sur ce sujet, il est difficile de travailler à des décisions juridiques, « dures ». Tout est dans l’art et la manière. Avec souplesse et tact. Il n’est pas question de trop fâcher ses collègues de gouvernement, surtout les tout puissants ministres des Finances. L’Agence va donc déclencher un cercle « d’échanges de bonnes pratiques » sur les économies et les retours sur investissements. Eh oui !

Dans les différents pays, en effet, existent des procédures, souvent codifiées, qui permettent ou facilitent cette répartition. En France – et dans d’autres pays – existe ainsi la loi de programmation pluriannuelle qui permet de planifier les investissements sur plusieurs années, au besoin de les reporter si nécessaire, mais du coup de pas les perdre. Dans d’autres pays, existe un autre système de « retour sur service » : la Défense qui réalise une prestation, un service pour un autre ministère ou agent public se voit rémunéré pour service rendu (ou du moins voit son budget crédité de la somme. Il existe aussi le dispositif de génération de recettes par la revente de matériels anciens ou inutilisés, comme les frégates en Belgique ou les A400M en Allemagne.

Cet échange restera cependant « informel » entre les différents ministères. Et c’est l’Agence qui servira de plate-forme à celui-ci. Pour Claude-France Arnould, la directrice de l’Agence, « C’est l’intérêt de tous. Ca limitera les freins au pooling and sharing. Si les ministères de la Défense savent qu’ils perdent l’argent, ils sont très réticents à engendrer des économies, il y a une sorte de réaction défensive du corps. Au contraire, s’ils savent qu’ils peuvent récupérer une partie des économies réalisées, cela sera plus facile. Et ca facilitera le travail de tout le monde. »

La défense réinvente en quelque sorte l’intéressement…

FacebookPrintShare

La Lettonie pas partisane d’un OHQ européen

(BRUXELLES2) Le ministre de la Défense letton, Artis Pabriks, l’a répété avant la réunion des 27 ministres de la Défense, il n’est pas vraiment partisan de la mise en place d’un quartier général européen, ou plus exactement d’un centre de conduite opérationnel des missions militaires de l’UE. « Nous faisons un effort pour réduire les commandements au niveau national et de l’OTAN ; il n’y a aucune raison de créer un nouveau commandement au niveau de l’UE, surtout s’il nécessite un engagement financier important » a-t-il déclaré à nos collègues de Diena avant son départ pour Bruxelles. En revanche, il se montre plus enthousiasme à l’idée de renforcer les capacités européennes et notamment de développer la coopération régionale.

La Lettonie a ainsi entrepris un rapprochement avec l’Autriche. Le ministre de la Défense a notamment exprimé son intérêt pour pouvoir récupérer des matériels qui ne seraient plus employés par les Autrichiens, dans le cadre de la réorganisation de leurs forces armées (professionalisation), notamment en matière d’armement et d’équipement de l’infanterie. Il a également fait une offre de coopération en matière de formation, comme l’école de formation à la plongée ou le centre de formation sur les explosifs artisanaux (IED).

FacebookPrintShare

La Suisse se rapproche un peu plus de l’Agence européenne de défense

(crédit : Armasuisse)

(BRUXELLES2) Les 27 et la Suisse devraient approuver, le 30 novembre, un accord de coopération permettant à la confédération helvétique de participer aux travaux et aux projets de l’Agence européenne de défense. Il permettra à la Suisse de participer aux échanges d’information qui ont cours à l’agence (avec les mêmes obligations de confidentialité qui ont cours entre membres) et de décider, au cas par cas, de pouvoir participer aux différents projets développés.

Le gouvernement suisse était assez demandeur de cet accord. A Berne, on estime que cette participation permettra à la Suisse « d’asseoir sa position en tant que pôle de recherche et de technologie et serait très profitable pour son industrie de l’armement ». Elle correspond en outre à la volonté suisse de « renoncer à des développements autonomes, au profit de coopérations internationales, lorsque la Suisse peut réaliser de cette manière une optimalisation économique ou accéder à de nouvelles technologies ». Pour autant cette collaboration ne suscite pas en Suisse une unanimité. Le mandat de négociation élaboré en 2009 n’a ainsi pas été approuvé par tous les partis. Et ce n’est qu’à la chambre haute qu’une majorité a pu être obtenue.

L’Agence européenne de défense a déjà signé un tel accord de coopération avec la Norvège. Un autre reste toujours en discussion avec la Turquie, mais il est bloqué au niveau politique.

FacebookPrintShare