Multilayer 2012 : l’approche globale absolue (Markus Bentler)

(BRUXELLES2 à Postdam) Compte tenu des nombreux défis que cela représentait, le général allemand Markus Bentler, Commandant en chef des opérations, s’est dit particulièrement satisfait du déroulement de l’exercice Multilayer 2012. «Pour la première fois, nous avons, dans un exercice, l’engagement de tous les acteurs civils et militaires au sein d’un entrainement sur les trois niveaux : les autorités politiques à Bruxelles, notre quartier général des opérations ici à Potsdam et nos collègues italiens du quartier général secondaire à Brindisi. C’est également la première fois que l’on interagit avec la partie civile de la mission. Pour ainsi dire, l’approche globale absolue ! »

Utiliser les mêmes données mises à jour en temps réel

Pour une première, le travail qui a été effectué a tenu ses promesses. « Laissez moi vous dire que nous avons appris énormément des uns et des autres, nous avons vécu une magnifique expérience, optimisé nos procédures et développé de nombreuses nouvelles idées» avant d’ajouter « Ayant travaillé tous ensemble dans ce processus est, en soit, un vecteur de transparence. Utiliser les mêmes bases de données, mises à jour au même moment à Bruxelles, Potsdam et Brindisi ».

Une équipe multinationale

Bien que la partie stratégique militaire se soit passée en Allemagne et avec une équipe à large majorité allemande elle aussi, le Général a tenu à insister sur l’approche multinationale du quartier général. 16 nations ont travaillé ensemble, en anglais, à Potsdam. En tout 204 militaires avec 54 postes dévolus aux officiers des autres Etats membres (12 Autrichiens, 9 Italiens, 7 Polonais, 5 Français, 4 Tchèques, 3 Finlandais et 3 Hollandais, 2 Grecques, 2 Irlandais, 2 Suédois ainsi qu’un représentant de Belgique, de Bulgarie, de Chypre, de Hongrie et du Portugal).

La gestion européenne des crises fonctionne

«Multilayer 2012 représente une nouvelle impulsion pour les développements futurs de la Politique de Sécurité et de Défense Commune.» Les accords prévoient un exercice tous les ans, mais un «gros» tous les deux ans. Aucune information n’a été fournie pour l’instant sur la localisation de l’exercice 2013. Mais ce qui compte pour l’instant dans la bouche de Markus Bentler c’est que «nous avons démontré que la gestion européenne des crises fonctionne ».

(crédit : Commandement des opérations de gestion de crise de Ulm)

• La carrière de M. Bentler a débuté en 1972 dans l’infanterie allemande en tant que candidat officier. En 1989 à 1992, il est envoyé à l’ambassade de Berlin à Washington en tant qu’attaché militaire. A son retour il est nommé Commandant du bataillon d’infanterie mécanisée jusqu’en 1994. De décembre 2002 jusqu’en juillet 2003, il part pour la première fois au sein de la KFOR, la force de paix au Kosovo, et est assigné au quartier général de Prizren au poste de Commandant de la brigade de chasseurs alpins du sud-ouest.

PrintFriendlyFacebookShare
Le civilo-militaire clé de l’exercice Multilayer 2012

Le civilo-militaire clé de l’exercice Multilayer 2012

(BRUXELLES2 à Potsdam) Placé sous le signe de l’approche globale, l’exercice Multilayer 2012 – sur lequel B2 s’est rendu – a une originalité principale : faire la démonstration de l’approche globale. Il faut projeter sur la même planification à la fois le niveau politique, le commandement militaire stratégique et le niveau opérationnel (ce qui est assez classique) mais aussi inclure également tous les acteurs civils présents sur une véritable opération.

Un exercice aussi proche de la complexité de la réalité…

Tout cela au sein d’un scénario regroupant la quasi totalité des facteurs de crise. « C’est un exercice particulièrement complexe, probablement trop complexe » a avoué un diplomate européen. Mais aussi « c’est une révolution ! » a précisé Agostino Miozzo, directeur général du département «gestion de crise» du SEAE. Il faut «mettre en place toute notre capacité d’intervention et la capacités des Etats membres. C’est un exercice que l’on ne fait pas souvent». Mais « qui teste le travail que l’on fait tous les jours». On vise l’efficacité, éviter les duplications, les chevauchements de tâches, rationaliser les ressources, financières et humaines, optimiser la gestion du temps, tester les procédures internes. Tout planifier, mais tout planifier tous ensemble.

Deux quartiers généraux ont été mis à la disposition de l’exercice. L’un à Postdam en Allemagne pour ce qui concerne le niveau stratégique militaire (OHQ), et un autre à Brindisi en Italie pour le niveau opérationnel (FHQ). En tout 500 personnes sont impliquées : 400 militaires venant des 27 Etats membres et 100 civils, venus du service diplomatique, de la Commission, des organisations humanitaires (Le Comité International de Croix Rouge notamment), le bureau bruxellois de l’ONU, etc.

Deux cultures, un objectif

Coordonner les efforts militaires et civils est le défi majeur de l’exercice Multilayer 2012 (ou ML12). Lorsque l’on entend les uns et les autres reconnaître la différence de culture qui les sépare, on comprend mieux l’étendu de la complexité. Le problème jusqu’à présent, selon Hansjörg Haber, le commandant des opérations civiles de l’UE (CPCC), c’est qu’ «il y a beaucoup de «lessons learned papers» à Bruxelles mais aucune leçon n’a été réellement apprise».

De manière pratique, les civils sont présents lors des trois phases, phases qui correspondent chacune aux différents quartiers généraux. La prise de décision politique à Bruxelles, la traduction en décision stratégique militaire à Potsdam et la traduction en mise en application militaire à Brindisi.

(crédit : Commandement des opérations de gestion de crise de Ulm)

Les informations des civils, un atout crucial

C’est véritablement lors de la deuxième phase de l’exercice qu’entre en jeu la coopération. Afin d’évaluer la situation sur la zone de crise, le centre de commandement de Potsdam a mis en place un système plus automatique d’interaction. Les informations primaires, ce sont les civils sur place qui peuvent la fournir. Principalement la DG Aide Humanitaire & Protection Civile (ECHO) de la Commission.

L’UE ne met pas, en effet, en place une mission en réponse à une crise qui apparaît du jour au lendemain. Généralement la situation sur place est épineuse depuis plusieurs mois voire quelques années et ses symptômes sont apparents. En conséquence, on retrouve sur le terrain les “humanitaires” de la DG ECHO et ils y resteront encore après la fin de la mission. L’information qu’ils ont pu emmagasiner durant cette période est d’une aide cruciale pour les militaires afin qu’ils établissent les besoins réels de la mission. Florika Fink-Hooijer, directrice à la commission chargée de l’aide humanitaire, explique que son service apporte son appui et qu’en échange la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) prendra davantage en compte le droit et les principes humanitaires. C’est une procédure gagnant-gagnant. Même chose concernant la protection civile, si le Centre de suivi et d’Information (MIC) est demandé par l’un des Etats Membres, une équipe d’experts nationaux viendra sur place afin d’évaluer les besoins. Par exemple dans le cas du ML12, une équipe «est venue» afin d’évaluer les problèmes de pollution environnementale causés par le conflit et les conséquences sur la population.

La logistique militaire, un atout crucial pour les civils

Pour ce qui est de l’action de la CPCC, trois tâches leurs étaient confiées. La réorganisation des forces de police de l’Etat sécessionniste, de la sécurité de son aéroport international et de la sécurité de ses frontières. Coordination nécessaire car les frontières doivent être sécurisées de toute menace militaire par les soldats européens avant que puissent venir s’installer les forces de police de la mission civile. Ensuite nous explique t-on, les civils doivent compter, tout du moins au tout début, sur le soutien logistique de l’armée en ce qui concerne les ordinateurs, le logement, les tentes …etc, jusqu’à ce que la mission civile puisse couvrir par elle même tous ces aspects. Pour tout ce qui est du soutien médical également, les civils doivent pouvoir compter sur le corps de l’armée. «Logiquement, nous avons assez (de logistique médical) si l’armée est à nos côté» indique M. Haber. Enfin, afin de régler les questions de transport stratégique, c’est encore l’armée qui doit venir à l’aide des civils sur place. Pour le CPCC on se trouve ici, réellement dans une organisation séquentielle de la mission européenne. Les civils apportent leurs informations. Les militaires sécurisent. Les civils arrivent, entament leur mission. Les militaires fournissent le soutien logistique. Quoi qu’il en soit, toute cette coopération est basée sur un échange d’information en temps réel.

Une coopération non systématique 

On pourrait également imaginer un système plus normalisé par des procédures opérationnelles standards (SOP). Mais pour l’une des responsables des opérations civiles «we’re shooting at a moving target» autrement dit l’organisation du service de la «gestion des crise» est tellement en construction qu’il paraît inutile de construire des procédures standards pour le moment. D’autant plus qu’avec un personnel limité (60 personnes permanentes pour 10 missions à travers le monde) «nous ne pouvons pas diriger nos ressources sur de telles élaborations». 

Une coopération civilo-civile qui s’affine avec les années

La département civil des actions extérieures est également en contact rapproché avec les bureaux géographiques du SEAE et c’est avec eux qu’il convient le mieux d’organiser une stratégie européenne pour telle ou telle région ou zone de crise. Il est primordial d’être également en contact avec les délégations nationales, même si, arrivant en grand nombre, les missions européennes ont souvent tendance à voler la vedette aux diplomaties nationales déjà sur place, avoue la responsable du CPCC. Toute cette nébuleuse civile a profité de l’exercice afin de perfectionner ses contacts directs tant avec le commandement civil qu’avec le commandement militaire. Car au niveau civil on assure que la CPCC applique déjà l’approche globale depuis des années maintenant, selon Hansjörg Haber.

On touche à la fin de l’exercice

Ensuite, lors de la troisième et dernière phase des opérations, a Brindisi, les opérations ont réellement commencé ces derniers jours, maintenant que la stratégie militaire a été établie. A noter que les différents acteurs civils extérieurs à l’UE, c’est à dire le CICR, les organisations internationales ou encore les 23 pays tiers ont un statut d’observation seulement, puisque l’UE va y tester ses procédures.

(crédit : Commandement des opérations de gestion de crise de Ulm)

Lorsque l’on entend «nous avons vécu un déroulement beaucoup plus fluide que lors d’expériences précédentes» ou encore «C’est la première fois que je vois l’approche globale se réaliser» de la part de responsables militaires et civils, je ne pense pas qu’il soit trop risqué de parler de succès. Il semblerait qu’Hansjörg Haber reste cependant sur sa faim. Pour lui, le prochain exercice pourrait être pensé différemment afin d’intégrer davantage l’action civile. Un scénario moins ambitieux pour les militaires permettrait d’obtenir une coopération moins séquentielle et plus intégrée.

PrintFriendlyFacebookShare

Les Royal(es) encerclent la Corse

(crédit : Marine Nationale)

(BRUXELLES2) Intitulé «Corsican Lion», l’exercice militaire qui débute demain (17 octobre) mettra en scène les Marines française et britannique afin de mener une opération commune de “projection de force et de puissance”. La force expéditionnaire de la Royal Navy va retrouver les navires de “la Royale” au large de l’île de beauté.

De gros moyens

Coté français, on trouve le porte-avions Charles de Gaule et le BPC (bâtiment de projection et de commandement) Mistral, trois frégates dont le Chevalier Paul et le Jean de Vienne, ainsi que le pétrolier-ravitailleur Meuse, et un sous-marin nucléaire d’attaque. Du côté de la Royal Navy, c’est le TCD (transport de chalands de débarquement) HMS Bulwark, navire amiral, accompagné du porte-hélicoptères HMS Illustrious, du navire auxiliaire RFA Mounts Bay, des frégates HMS Montrose (F-236) et HMS Northumberland (F-238) ainsi que le roulier Hartland Point, un navire civil affrété par le ministère de la défense britannique pour le transport de matériels militaires. En tout, plusieurs milliers d’hommes seront de la partie.

Il faudra aussi compter sur les forces terrestres engagées, environ 360 hommes – 300 marsouins de la 9e BIMA (venant du 2e RIMA, du 6e régiment de génie et du 11e RAMA) et 60 britanniques des Royal Marines (du 45e commando group, 29e commando Royal Artillery…). Enfin, 21 aéronefs seront également là pour soutenir l’opération depuis les airs.

Opération dans la suite logique de la coopération franco-britannique

En plus de l’importance d’un entraînement commun afin de développer les procédures de commandement et d’optimiser le dialogue, le but de l’exercice est principalement de procéder à une opération amphibie appuyée par les moyens du groupe aéronaval. Le groupe aéronaval français CTG 473 intégrera l’une des frégates britanniques tandis que, de l’autre côté, le groupe royal CTG 323.01 intégrera le BPC Mistral. On compte pour cela sur le port de l’étang de Diane, à l’est de l’île et sur le village de combat de Frasseli au sud. Ce n’est pas la première fois que l’on organise une pareille intégration. Mais cela remonte déjà à quelques années, la dernière fois c’était dans les Balkans pour l’application de l’embargo contre l’ex-Yougoslavie. L’exercice qui durera ici jusqu’au 26 de ce mois participe à la mise en place de la future force expéditionnaire commune – ou Combined Joint Expeditionary Force (CJEF) en anglais. Cette force non-permanente doit à l’avenir être capable d’être projetée pour une opération conjointe. La coopération militaire entre Paris et Londres, c’est l’un des points forts des accords de défense bilatéraux de Lancaster House signés en 2010. D’autres exercices du genre sont prévus en 2013 et 2014 et devraient augmenter la complexité des opérations, comme l’a précisé un officier de la DICOD.

A noter que la plupart des appareils français se trouvaient d’ores et déjà sur place puisqu’ils reviennent tout juste d’un exercice militaire en Méditerranée, conjoint avec l’Italie cette fois. Batisé Levante, l’exercice a été «un succès à renouveler» selon le contre-amiral Jean-Baptiste Dupuis, commandant du groupe aéronaval.

PrintFriendlyFacebookShare

Satellites : la centrale d’achat européenne est née

(BRUXELLES2) C’est dans la joie et la bonne humeur que l’Agence Européenne de Défense (EDA) vient de signer un contrat avec Astrium afin de lancer la cellule européenne d’acquisition de services de communication par satellite – ou European Satellite Communications Procurement Cell (ESCPC) en anglais. Plusieurs ministères de la Défense vont ainsi mettre en commun, à partir d’aujourd’hui, leurs acquisitions de services de communications par satellite commercial. L’objectif est de combattre la fragmentation de la demande «afin de réduire les coûts (de plus ou moins 10%), de permettre un accès plus facile et d’améliorer l’efficacité des opérations» a précisé Claude-France Arnould, Directrice générale de l’Agence. Cinq pays ont déjà indiqué qu’ils participeraient à l’initiative (La France, l’Italie, la Pologne, la Roumanie et le Royaume-Uni). Mais l’Agence s’attend à ce que l’expérience prouve aux plus septiques que la manoeuvre ne compliquera pas tant les choses et permettra surtout des réductions budgétaires significatives. D’autant plus que malgré des situations financières publiques difficiles, la demande est en hausse. L’utilisation d’applications dévoreuses d’informations satellitaires devient de plus en plus courante lors d’opération militaires. Et on pense tout d’abord à un marché des drones grandissant. Le projet se veut également flexible. La cellule est à la disposition des Etats-membres et non à la disposition de l’Union. Ceux-ci peuvent ainsi décider d’utiliser la structure européenne aux fins qui leur conviennent, que ce soit au niveau national, en coopération bilatérale ou dans le cadre d’une opération de l’OTAN, et cela sur la base d’une facturation à l’usage. Principe de souveraineté oblige ! A noter que seuls les pays européens ou pays associés à l’Agence (tel que la Norvège ou la Suisse) pourront se joindre à la manoeuvre, laissant derrière eux le Danemark ou la Turquie par exemple.

Pour Astrium, c’est aussi une belle opportunité. La société européenne va devenir pour les trois prochaines années le guichet unique des Etats-Membres en matière de délivrance de satellites de communication. Et pour l’Europe, c’est un fournisseur de premier choix. «Nous connaissons le marché, ce qui est disponible, et à quel prix» a fait valoir Eric Béranger, PDG d’Astrium Services. Numéro un des compagnies spatiales européennes, elle pourra mettre son carnet d’adresse et toute son expertise technique et financière à la disposition des Etats, puisqu’elle compte entre autre aujourd’hui, parmi ses clients non-européens, les Etats-Unis, le Canada ou encore l’OTAN. L’initiative a également été bien accueillie par l’industrie des satellites de manière générale. «Les compagnies réalisent de plus en plus qu’un seul programme vaut mieux qu’aucun programme du tout», explique Claude-France Arnould.

Parallèlement, l’Agence Européenne de Défense propose le concept d’une Télécommunication Sécurisée par Satellite (SECTELSAT), une approche coopérative également inspirée de la méthode de Pooling & Sharing. Le principe consiste à mettre en commun les satellites de communication militaires nationaux. L’Allemagne (Satcom-BW), l’Espagne (SecomSat), la France (Cyracuse III), l’Italie (Sicral) et le Royaume-Uni (Skynet 5) vont ainsi partager leurs ressources militaires et mettront ces mêmes ressources à dispositions des Etats-membres ne disposant pas de ces capacités. Les mettant également à la disposition, par exemple, des missions européennes. Les leçons tirées des opérations anti-piraterie (Atalanta) ou EUFOR Tchad-République Centrafricaine ont montré le besoin d’une meilleure connectivité. Un milliard d’euros devrait ainsi pouvoir être économisé dans des investissements communs pour les années à venir. D’autant que les réseaux de satellites actuelles arriveront pour la plupart, à la fin de leurs vies entre 2020 et 2025, laissant un trou capacitaire qu’il faudra combler au gré des restrictions financières.

PrintFriendlyFacebookShare

Multilayer 2012…

BRUXELLES2) Lundi prochain (1er octobre), une nouvelle opération de crise va être lancée. Ou du moins étudiée. Enfin… en théorie. Car nous sommes en pleine fiction. C’est en effet l’exercice annuel de gestion de crises sur lesquels vont plancher les structures politiques et militaires de l’Union pendant tout le mois d’octobre (jusqu’au 26 octobre). C’est la septième fois que le Service Européen d’Action Extérieure (SEAE) organise un tel exercice. Mais c’est la première fois où tous les niveaux de décision et d’exécution sont réunis sous le même drapeau, dans le format “Traité de Lisbonne”.

Ainsi la Commission, le service diplomatique européen – et certaines délégations dans des pays tiers – le Conseil et les Etats membres seront de la partie afin d’étudier la situation entre «Nusia» et «Recuria», deux Etats fictifs qui font face à une situation d’après-conflit (et qui ressemblent à priori fortement à une situation actuelle en Afrique centrale). Des défis de délimitation de frontière, de sécurité au niveau des infrastructures, de déminage ou encore de piraterie maritime sont au programme. Le but est d’entraîner les différents acteurs, tant civils que militaires, à un exercice de gestion de crise de A à Z, et de vérifier du même pas, les faiblesses et les insuffisances actuelles.Tout en prenant en compte le contexte international : le Conseil de sécurité de l’ONU et des organisations régionales.

Le mécanisme européen de gestion de crise est en pleine réforme et l’exercice «Multilayer 2012» devrait permettre d’avancer sur l’efficacité organisationnelle de la Politique de Sécurité et de Défense Commune. Et c’est le directeur général du service de réponses aux crises au SEAE qui va chapeauter tout l’exercice.

PrintFriendlyFacebookShare

Vrombissement de pales au-dessus du plat pays. Green blade à la manoeuvre

(BRUXELLES2) Des hélicoptères européens vont voler ensemble au dessus du sol belge dans le cadre d’un exercice européen. Dénommée «Green Blade», la manoeuvre, entamée le 17 septembre, se terminera le 5 octobre à partir de la base aérienne de Kleine Brogel (Belgique). Au total 18 appareils italiens, belges et allemands s’entraineront ensemble, allant d’hélicoptères de transport CH47 aux engins utilitaires tels que l’A109 et l’UH-1D et en passant par l’hélicoptère d’attaque A129. Organisé par l’Agence Européenne de Défense (AED), Green Blade se déroule en coordination avec l’exercice international Pegasus. Ce dernier étant également organisé par les forces spéciales belges et dépendant d’une forte participation en hélicoptères. En tout, 800 personnes vont ainsi être mobilisées pour les deux exercices, rassemblant des militaires d’Italie, d’Allemagne, de Belgique, d’Autriche, du Luxembourg, d’Irlande et d’Espagne (et du Canada dans le cadre Pegasus).

Un programme bien chargé

«Afin de maximiser le réalisme de ces missions tests», les hélicoptères travailleront en concert avec d’autres moyens aériens tels que des AWACS, des F16, des C130 ainsi que des UAVs, dont le B-Hunter belge, qui «sera intégré dans le cadre de reconnaissance et de surveillance de cibles (…) ainsi qu’en surveillance lors de scénarios de récupération du personnel » indique-t-on à l’agence européenne de défense. La majorité des 65 missions devrait se dérouler en Belgique (côté flamand) autour de zones «peu habitées et géographiquement variées». Trois semaines d’entraînements en perspective donc, qui vont couvrir un large spectre d’activités militaires. Trois modules sont au programme. Les pilotes commenceront par des exercices de perfectionnement de combat et d’entraînement à l’intégration des forces, leur permettant de se familiariser avec l’espace aérien belge et ses règles propres, tout en accomplissant les exercices en complicité avec les autres unités (dont des vols en vision nocturne et au ras de terre). Le second module ne comprendra exclusivement que des exercices des forces spéciales (insertion/Extraction, Action Directe, Récupération du Personnel, Surveillance, Renseignement et Reconnaissance). Enfin, la troisième et dernière étape ressemblera de près à la deuxième mais se déroulera dans le sud-est du pays, sans en savoir plus quant à la location exacte.

Objectif : augmenter la déployabilité des forces

L’Agence Européenne de Défense espère, à travers ces quelques 650 heures de vol, améliorer les capacités de déployabilité de sa flotte d’hélicoptères. «Nous nous battons ensemble, et nous devons donc travailler ensemble, mettre nos ressources en commun» explique Peter Round, le directeur des capacités à l’Agence. Sans compter que peu de pays européens peuvent se permettre une opération de cette ampleur par leurs seuls moyens nationaux. «Un exercice tel que celui-ci est le meilleur moyen d’apporter un entrainement de haute qualité en ces temps difficile» s’explique M. Round.

Un des plus vieux programmes

«Green Blade» est le plus récent des exercices de l’Agence. Mais ce programme a démarré il y a trois ans déjà. De fait, c’est un des plus vieux programmes dans la lignée des initiatives “pooling and sharing” adoubées par les Ministres de la Défense à la réunion ministérielle de Gand. Depuis 2009, ainsi, 108 appareils ont participé à ces entraînements en France (Gap 2009), en Espagne (Logrono 2010), en Italie (Viterbo 2011) et au Portugal, cet été près de Porto. (Voir : C’est l’été, les pilotes européens s’entraînent). L’Agence organise également un programme visant à former des instructeurs «européens» ; placé sous les auspices du Royaume-Uni et de la Suède, le programme vise à harmoniser l’apprentissage des formateurs à travers l’UE.

PrintFriendlyFacebookShare

Rafale et Typhoon de concert en Ecosse

Le Flight Lieutenant Matt Johnstone et le commandant Marc-Antoine Gerard. Deux officiers, l'un de la Royal Air Force, l'autre de l'armée de l'Air française lors d'un vol commun en Ecosse (crédit : ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) Les pilotes français et britanniques ont battu l’air écossais, de concert, à bord d’un Rafale et d’un Typhoon volant de concert. C’était vendredi dernier dans l’ouest de l’Ecosse. Un vol symbolique. A l’arrière du Rafale B avait pris place le Vice-Marshal britannique Stuart Atha et, à bord du Typhoon T3, le commandant des forces aériennes françaises, le général Guillaume Gelée. Pendant le vol de 90 minutes, les deux avions ont volé à basse et moyenne altitude, afin de comparer leurs caractéristiques avant de se séparer pour montrer les officiers des différents systèmes de chaque type d’aéronef. Le vol a permis « aux deux officiers supérieurs de mieux comprendre les capacités de l’autre avion », explique-t-on côté anglais. Un des aspects de la coopération franco-britannique, qui vise à « mieux fonctionner ensemble, en maximisant l’effet des capacités militaires de chaque pays tout en économisant de l’argent ». « C’était une journée fantastique sur un avion fantastique » a expliqué le général Gelée. « Avec ces avions il sera difficile de battre nos deux armées de l’air. » Et son pilote, le commodore Gavin Parker d’ajouter : « Les coalitions ont toujours été très importantes pour les opérations aériennes militaires comme l’a démontré lors de la campagne en Libye l’année dernière. » Les armées ont convenu de continuer leurs échanges de pilote. Ainsi un pilote de Typhoon, Matt Johnstone, un pilote de Typhoon du 11e (Fighter) Squadron de la RAF de Coningsby va voler pendant deux ans à bord du Rafale dans le sud de la France. « J’ai été candidat » explique-t-il « C’est un privilège de piloter le Rafale. Mais ce sera aussi un défi que de voler sur un avion différent dans un pays différent. Cela va certainement élargir mes horizons à la fois comme pilote de chasse et comme officier. » Tandis que le 1er (Fighter) Squadron accueillera,  sur la base de Fife en Ecosse, un pilote français. Cette unité avait été dissoute en 2010 après le départ du dernier Harrier. Avec l’arrivée des Typhoon, elle est en passe de se reconstituer.

PrintFriendlyFacebookShare

Northwood prend la barre…

(BRUXELLES2) Le quartier général de Northwood (près de Londres) a pris le commandement des quatre groupes permanents de forces navales de l’OTAN. C’est-à-dire : les deux groupes permanents maritimes (SNMG 1 et 2), et les deux groupes de lutte anti-mines (SNMCMG). « Une importante étape — souligne le contre-amiral Ort, chef d’Etat-Major de Northwood —. Bien que ce ne soit qu’une parmi les nombreuses étapes du processus de réforme des structures de commandement de l’OTAN. Cela permettra d’augmenter la coordination de nos moyens ».

La réforme des commandements avait été initiée dans ses grands principes au sommet de l’Alliance à Lisbonne (novembre 2010) et ses détails approuvés par les ministres de la Défense en juin 2011. A terme, les responsabilités opérationnelles, jusqu’ici assurées par le commandement maritime de Naples et celui de Northwood, vont être regroupés dans un seul commandement maritime (MARCOM).

Northwood n’est pas encore tout à fait le seul QG maritime de l’organisation de l’Alliance atlantique. Le processus est en cours – précise-t-on à l’Alliance – et devrait se terminer en mars 2013. C’est Naples qui assurera jusqu’à là l’OpCon, le contrôle opérationnel, des forces de l’OTAN déployées en Méditerranée et en particulier de l’opération “Active Endeavour” (opération anti-terrorisme et surveillance de la Méditerranée). Le transfert de l’opération “Active Endeavour” de Naples à Northwood et la clôture de Naples devrait se faire le 28 mars 2013.

PrintFriendlyFacebookShare