Armées européennes

Dans la cuve…

(BRUXELLES2 à Paris) « Anticiper, Planifier, Conduire« , la devise du Centre de planification et de conduite opérationnel (CPCO) n’est pas un vain mot. J’ai pu ainsi pénétrer dans ce lieu, situé fort discrètement au sous-sol du ministère de la Défense, bd Saint Germain à Paris.

L’ambiance « marine »

Dans la « cuve », au-dessous du niveau de la Seine, avec ses coursives et ses escaliers un peu étroits, l’ambiance ressemble étrangement à celle d’un sous-marin (en un peu plus grand tout de même). Parfois quand il fait humide et que l’eau de la seine monte, la réalité rejoint l’impression. Cela peut fuir et les bassines sont requises. S’il y a des militaires qui sont pressés et heureux de rejoindre le nouveau siège du ministère à Balard, ce sont bien les permanents du CPCO.

Dans la salle opérationnelle, le saint des saints, quelques tables, des postes par zone géographique : Afrique, Océan indien, Europe, Moyen-Orient… Derrière les ordinateurs, au fond de l’espace, sont accrochées au mur les antiques cartes papiers qui témoignent du passage à l’ère numérique. A l’étage, derrière des baies vitrées, les responsables de « quart ». Toujours l’ambiance « marine ».

De Tampa à Kaboul en passant par Paris

Dans la salle de réunion, plusieurs lignes affichent les heures des différents théâtres ou lieux où se trouvent les Français et Alliés : de Tampa à Kaboul en passant par Abidjan, N’Djamena, Pristina et Beyrouth… sans oublier Bamako qui s’est rajouté précédemment.

Près de 24.000 militaires sont actuellement prépositionnés, dans les bases de souveraineté ou zones de présence, ou dans les opérations extérieures (OPEX). Avec le retrait d’Afghanistan et l’opération au Mali, l’essentiel (environ 3/4) des troupes opèrent désormais en Afrique. Le CPCO suit également les forces déployées au niveau national. Elles ne sont pas négligeables : 2600 militaires déployées en mai 2013 (à compter à environ 1800 en 2008), essentiellement pour Vigipirate ou en soutien des forces civiles.

Une spécificité française : une ligne directe entre le Chef de l’Etat et le contrôle des forces

La spécificité française n’a pas « d’équivalent ailleurs » indique un officier. L’Allemagne et le Royaume-Uni, par exemple, n’ont pas ce type d’organisation où le chef d’Etat-Major est à la fois le conseiller militaire du Président et le chef des opérations.

Le Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA) garde toujours le contrôle de ses forces. Le commandement opérationnel (OpCon) est effectivement confié au commandant d’opération ou de la force de l’UE ou de l’OTAN. Mais il n’est que « délégué ». Le CEMA donne toujours des directives nationales. Il définit les règles d’emploi et d’engagement opérationnel.

Une répartition des tâches

Les hommes et femmes du CPCO sont réparties selon les missions (combat, contribution militaire aux actions de l’Etat et postures permanentes) et suivant les secteurs géographiques (National, Europe, Afrique, Monde). De façon classique, l’organisation du CPCO reproduit la répartition des tâches selon la « norme » OTAN : du J1 chargé des effectifs au J9 chargé du Cimic en passant par le J2 (Renseignements), le J3 (conduite), le J4 (logistique), le J5 (Planification), le J6 (Systèmes d’information et de communication ou SIC), le J7 (entrainement) et le J8 (finances). Un peu moins de 200 personnes travaillent ainsi au CPCO auxquels il faut ajouter une cinquantaine de militaires de la DRM (la direction du renseignement militaire) chargés du Renseignement (Rens’ pour les intimes) qui ont une double casquette (DRM et CPCO). « Ce qui permet des économies et évite les doublons ».

Conduire à chaud !

Ce que détestent les planificateurs, mais qu’adorent les opératifs, c’est la « conduite à chaud », quand la crise arrive et que rien n’est prévu. Cela a été le cas pour la prise d’otages du Ponant par exemple. « On a monté la cellule de crise, en quelques heures, en mettant toutes les compétences en interministérielle » raconte un officier. Il fallait conjuguer en effet les moyens des armées, de l’intérieur et des Affaires étrangères… Mais, passées les premières heures, l’impératif très vite est pour « avoir de l’eau sous quille » comme disent les marins sur l’opération. C’est la hantise des planif’ : « pouvoir anticiper les évènements, avoir du recul ». Les planificateurs passent dans une autre salle, avec l’objectif de « regagner du temps » et pouvoir « planifier à quelques heures d’abord, quelques jours ensuite » la suite des opérations.

Opération Serval en commandement

D’une certaine façon, l’opération Serval – au Mali – s’est déroulé selon ce principe. « On n’a pas eu le temps de tout planifier. Le concept d’origine « les Africains par eux-mêmes et la formation par l’Union européenne » n’était plus d’actualité » et jouable. Vu la montée en puissance rapide de l’opération, le CPCO a assuré également le « niveau opératif et stratégique » durant le premier mois de l’opération, jusqu’au 10 février et la mise en place d’un QG d’opération sur place (au Sénégal d’abord). Ce qui est plutôt exceptionnel. Le CPCO a reçu des renforts. Les « opérationnels » se sont réfugiés dans une des salles au sous-sol du CPCO. Une bien petite salle pour tenir jusqu’à 20 et 25 personnes – sans compter les « Rens » placés dans une pièce à côté. Mission : « recevoir les directives politiques et les transformer en ordre pour le théâtre » et répercuter à la chaîne politique ce qui se passe sur le terrain, en proposant des solutions. Ils ont ainsi assuré le commandement et le contrôle, notamment pour la détermination des cibles. Une question sensible qui était suivie en haut lieu. « Il nous est arrivé plusieurs fois d’aller chez le Président de la république pour préciser ou expliquer la question du ciblage. »

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Le Golan chauffe. Les Autrichiens décampent…

(crédit : armée autrichienne)

(BRUXELLES2) C’est une désertion en rase campagne. Il n’y a pas d’autre mot. Après quelques incidents à la frontière entre la Syrie et Israël, le gouvernement autrichien a décidé, sans coup férir, de rapatrier ses 376 soldats.

Le contingent autrichien de la mission des Nations-Unies (UNDOF) va en effet, être retiré du plateau du Golan. Décision annoncée par le chancelier Werner Faymann et le vice-chancelier Michael Spindelegger lors d’une déclaration commune jeudi (6 juin). Motif : la sécurité du personnel concerné « ne peut être garantie en raison de la situation actuelle ».  « Un maintien des soldats autrichiens plus longtemps n’est pas justifiable » a ajouté le ministre de la Défense Gerald Klug, selon le communiqué parvenu à B2.

Une menace inacceptable contre les soldats

Cette décision fait suite  à des combats qui ont opposé les forces rebelles et les forces gouvernementales ont cherché tour à tour à prendre contrôle d’un poste frontière. Des impacts d’obus ont été observés dans un camp de l’ONU à proximité, où logeaient les Autrichiens. Un soldat indien et un philippin ont été blessés. « La réputation de la mission de maintien de la paix n’est apparemment plus respectée par toutes les parties au conflit et la menace pour nos hommes et femmes atteint un niveau inacceptable » a précisé le ministre de la Défense. Les incidents récents montrent clairement quele ravitaillement de la mission de l’UNDOF « peut être interrompu à tout moment ». En outre, « la restriction permanente de circulation et la menace croissante pour les soldats rend la mise en œuvre du mandat de l’ONU pratiquement impossible ». Ce n’est pas le premier incident. Puisque des soldats autrichiens avaient été blessés lorsqu’ils roulaient en convoi, en février dernier.

Retrait progressif

Le retrait du contingent de l’armée de la zone d’opérations sera « effectué de façon ordonnée » précise-t-on à Vienne. Les contraintes de temps font actuellement l’objet de négociations spécifiques avec les Nations Unies. Comme l’a précisé le ministre Klug : « Nous n’allons pas retirer nos hommes et femmes tout de suite pour laisser à l’ONU, les autres pays contributeurs et Israël la possibilité de s’adapter aux nouvelles conditions. »

Est-ce la bonne décision ?

Mais est-ce la bonne décision, on peut en douter…   Que la situation soit instable, c’est un fait. Qu’il y ait des risques, c’est évident (sinon pourquoi employer des militaires). Que le mandat des forces de Nations-Unies fondé sur l’observation ne soit plus tout à fait adapté à la situation, c’est sans doute vrai. Mais l’intérêt d’une présence des Nations-Unies sur le plateau du Golan – une des plus anciennes missions de l’organisation – est plus que jamais justifié aujourd’hui. Et une force neutre d’observation et d’interposition est primordiale, aujourd’hui, dans la zone si on veut éviter que le conflit civil syrien ne se transforme, demain, dans un conflit régional aux conséquences imprévisibles. Alors… la bonne méthode est-elle de partir au premier coup de feu ?

Une décision totalement incompréhensible

Aux yeux d’observateurs extérieurs, comme je le suis, la décision du gouvernement autrichien est donc totalement incompréhensible, voire inconséquente. Les Autrichiens étaient présents dans la région depuis 1974. Le statut de neutralité de l’Autriche, sa proximité du monde arabe mais aussi d’Israël, son positionnement « très dur » contre la levée de l’embargo des armes en Syrie, la prédisposait à être plus que jamais une force d’interposition. Bref… tout les prédisposait plutôt à renforcer les positions.

A quoi sert l’armée ?

Le gouvernement de Vienne peut aujourd’hui légitimement se poser trois questions. Est-il prêt à assumer demain un dérapage dans la région dont il ne sera pas la cause mais un accélérateur ? Sa doctrine permanente d’un soutien aux Nations-Unies est-elle vraiment crédible aujourd’hui ? Le maintien d’une armée, d’équipements couteux comme les Eurofighter et autres outils blindés, est-il nécessaire si ses responsables ne sont pas prêts à accepter la moindre prise de risque ?

(*) Si un pays entretient une armée et des militaires, avec une discipline, des entrainements et des équipements, ce n’est pas juste pour faire « joli », planifier le possible et l’impossible, c’est pour assurer une prise de risque supérieure à celle que pourraient assumer des civils.

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Le marchand de 4 saisons

Le marchand de 4 saisons

(BRUXELLES2) La venue du président de la République française devant l’IHEDN était un exercice à la fois attendu et difficile. Après la publication du Livre Blanc et le déclenchement opération au Mali, il fallait à la fois rendre hommage au travail des militaires, les rassurer sur la détermination du gouvernement à maintenir un certain niveau d’ambition tout en restant conforme au principe de diminution budgétaire nécessaire à la réduction de la dette.

Exercice impossible qui a tourné davantage au syndrome de la marchande de 4 saisons qui vante sur le marché « ils sont beaux mes choux, mes carottes, mes tomates » mais, dans le même temps, affiche des prix exorbitants à faire fuir les clients.

A écouter François Hollande, on ne change pas en effet un iota à la doxa nucléaire — « 11% du budget annuel de la défense », on préserve les commandes d’équipements en cours, on garde la plus grande armée d’Europe, on maintient l’armée sur l’ensemble du territoire. Tout cela avec un budget qui, officiellement, reste au même niveau mais, dans les faits, diminue.

On garde tout !

Nous allons « engager les commandes des avions de transport A 400 M et de ravitaillement en vol MRTT, aux missiles anti-navires légers ou encore aux frégates multirôles FREMM et aux véhicules blindés VBMR » a indiqué le président français. Aucun programme lancé (Rafale, hélicoptères d’attaque Tigre et de transport NH-90, sous-marins Barracuda et le système Félin) « ne sera arrêté, à la fois, pour des raisons de capacité, d’efficacité, mais aussi (pour) préserver notre industrie de défense ». Les crédits consacrés au renseignement, à la police et à la justice seront « augmentés ». L’effort de recherche et de développement sera « maintenu à haut niveau ». La politique spatiale sera « relancée (…) avec les satellites d’observation MUSIS et d’interception électromagnétique CERES ». Etc.

L’armée présente partout sur le territoire

Une « attention particulière » sera portée pour « maintenir une présence partout sur le territoire et éviter des fermetures de site » tandis qu’en outre-mer, il faudra également « assurer notre présence ». Mais les effectifs du ministère seront « réduits de 24 000 hommes supplémentaires » – soit un peu moins de 10% de l’effectif — « pour atteindre de l’ordre de 250 000 personnels de la défense ». Cela suffira-t-il ?

Budget apparemment maintenu mais en baisse

Le budget restera au même niveau qu’en 2012, à 31,4 milliards d’euros (hors inflation, donc en diminution). Sur six ans, pour la période 2014-2019, le budget sera « de 179,2 milliards », soit moins de 30 milliards par an, une nette diminution.

Commentaire : Le dilemme est en effet grand : couper dans les programmes, c’est nécessairement diminuer des emplois de demain. Un A400M autant d’heures de travail pour les employés de Airbus ; diminuer les emprises territoriales, c’est compromettre l’équilibre de territoires souvent fragiles ; ne engager l’achat de certains moyens (renseignements, drones…) c’est compromettre la réactivité de demain et même d’aujourd’hui car les menaces sont toujours présentes. Quant à garder le nucléaire, dans ses 2 composantes, c’est absolument nécessaire pour la stature de la France, le président l’a rappelé…

Mais le gouvernement et les Français ne seraient-ils pas ainsi dans un leurre actif croyant que tout va continuer comme par le passé. Ainsi que me l’a signalé un ami britannique, le gouvernement Cameron a fait l’exact contraire. En arrivant, au pouvoir, il a édicté des coupes drastiques dans l’armée de Royale Majesté qui ont heurté mais paraissaient aujourd’hui bien utiles. La France tergiverse, lanterne, se disant qu’elle va peut-être arriver à passer l’été, puis l’hiver prochain et, à la faveur d’une croissance qui va revenir, pouvoir tenir toutes les ambitions affichées. On peut en douter…

Lire aussi : La sécurité de la France, c’est la sécurité de l’Europe… (Fr. Hollande)

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Restez stoiques, soyez héroiques … Teresa « only for you ».

© Reflex

(BRUXELLES2) Je dois le reconnaître la communication de plusieurs des armées européennes a du souci. En feuilletant le dernier Reflex – ou plutôt le dernier numéro spécial de cet hebdomadaire tchèque, qui est consacré à l’Afghanistan, et qui vient d’être diffusé par le ministère tchèque de la Défense à destination des militaires, je dois le reconnaitre, j’ai été indubitablement attiré par la page 12 et 13… (voir ci contre), qui n’a il est vrai pas besoin d’être grand féru des langues slaves pour être lue.

Immortalisée « only for you »

Pour tous ceux qui n’auraient qu’un tchèque rudimentaire (comme moi), voici quelques détails. Il ne s’agit pas du chef du détachement tchèque en Afghanistan. Non ! Mais de Teresa Voříškova, « immortalisée ‘rien que pour vous » comme le précise l’auteur du reportage à destination de ses lecteurs. Teresa est actrice et joue dans le film Všiváci du réalisateur Roman Kasparovsky qui sort en octobre dans les salles obscures et se déroule sur toile de fond afghane.

La preuve de l’héroisme

Raison pour lequel le reporter de « Reflex » l’a abordé – dans ce numéro spécial préparé avec l’Institut d’histoire militaire de Prague et et demandé de poser pour ses lecteurs. Mais il a décidé d’aller plus loin que la simple photo poster détachable et a voulu donner la parole à l’actrice de 23 ans sur le sens du mot Défense. « Je comprends le mot défense. Je vous admire pour cela. Vous avez volontairement décidé de nous défendre contre le terrorisme. (…) Nous pensons à vous. Vous êtes la preuve de l’héroïsme. »

Et comme la dernière page indique « Mali coming Soon », on attend avec impatience !

Télécharger Reflex 20130513

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Quand le QG de l’Otan devient un but de concours

(Crédit: OTAN)

(BRUXELLES2) Vous rêvez de visiter le quartier général (QG) de l’OTAN, de rencontrer des officiels et d’assister à une réunion de l’organisation ? Alors ce concours est fait pour vous. En effet, l’OTAN lance aujourd’hui (1er mai) un concours sur sa page Facebook. Le but est simple, après avoir « liker » / « aimer » la page officielle, vous devez poster une photo qui représente selon vous le mieux « la paix et la sécurité ». Le gagnant sera celui dont la photo aura était la mieux « aimée » et partagée. Donc… faites appel à vos amis. L’heureux élu pourra se rendre au QG à Bruxelles et être « le rédacteur médias sociaux de l’OTAN » pour la journée. Vous avez jusqu’au 15 juin prochain pour soumettre vos photos sur Facebook en étant le plus « créatif et original ». Si vous souhaitez participer, c’est par ici.

Alors à vos appareils et bonne chance.

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Les Mirage français prennent l’air, coté balte

Un Mirage F1 de la BA 118 arborant les couleurs de l’escadrille BR11 pour fêter ses 100 ans (crédit : Ministère de la Défense)

(BRUXELLES2) Quatre Mirage F1 CR de la base 118 de Mont de Marsan ont atterri ce vendredi (26 avril) sur la base aérienne de l’armée lituanienne à Šiauliai, signale le ministère lituanien de la Défense. Ils vont prendre à partir du 30 avril la surveillance aérienne sur les pays baltes, prenant ainsi le relais des avions danois. La surveillance des pays baltes est, en effet, assurée à tour de rôle par des pays membres de l’OTAN. C’est la quatrième fois que les Français prennent ainsi l’air… côté balte.

lire aussi : La mission de surveillance aérienne des pays baltes prolongée. Mais non sans peine…

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Port-Bouet, la base élastique en Afrique

(BRUXELLES2 à Abidjan) La Force Licorne existe depuis plus de dix ans maintenant. Et son emplacement dans la capitale Abidjan, près du port et de l’aéroport en fait un outil appréciable. Principal intérêt : outre sa localisation, elle peut monter vite en puissance, comme on l’a vu avec l’opération au Mali, où la base de Adibjan / Port Bouet a joué un rôle appréciable.

Trois fonctions principales

La Force Licorne a, en effet, trois fonctions. Trois sont « locales » : le soutien aux forces de l’ONU sur place (l’Onuci) qui malgré ses plus que 10.000 hommes est parfois à la peine (gentil euphémisme pour dire que son efficacité ne se mesure pas au nombre de 0 d’hommes), la coopération bilatérale pour reconstruire une armée ivoirienne qui en a bien besoin, et se tenir prêt en cas d’évacuation des ressortissants. Une est extérieure : l’intervention au profit d’autres théâtres ou régions.

Un format accordéon

Son format a, en effet, été variable au cours des années pouvant atteindre 4000 personnes. Aujourd’hui, on est plutôt dans la mise basse, avec environ 500 personnes, qui se répartissent en 1 Etat major et 2 éléments combattants — 1 escadron (de 100 militaires), 1 compagnie (100 militaires) — ainsi qu’une compagnie logistique. Un élément essentiel du dispositif en Côte d’ivoire car c’est celui qui accompagne la montée en puissance. On ne compte pas, ici, les éléments qui transitent à destination du Mali ou d’un autre pays d’Afrique.

Des éléments de mobilité

Coté mobilité, on va trouver 1 hélicoptère Fennec et 1 Transall C160 (qui est pour l’instant à Bamako), 6 engins à roues Sagaie (ERC 90) et 30 Blindés (surtout du VAB – véhicules avant blindés). Port Bouet est un « pôle stratégique » inestimable comme témoigne un de ses responsables. Avec ses 230 hectares, ses 8 plots hélico et son emprise à 1 km de l’aéroport et près du port en eau profonde, il permet des mouvements par les trois voies : terrestre, aérienne, maritime.

L’eau est un point essentiel. Abidjan est une ville lagunaire. « Celui qui tient les ponts tient la ville », précise notre officier. Les forces françaises disposent ainsi d’une équipe « lagune » avec pirogues et bateau motorisé. Ce qui permet d’avoir une liberté d’action et de pouvoir accéder aux ambassades et établissements scolaires qui se trouvent de l’autre côté, au nord de la ville.

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Les Français ne veulent pas d’une France manchote

(BRUXELLES2) « 90% des francais jugent que pour conserver son influence dans le monde, il est important ou primordial que la France reste une grande puissance militaire ». C’est ce qui ressort du sondage réalisé par l’Ifop pour le think-tank Synopia qui vient de publier une étude intéressante sur le sujet. On y apprend notamment que 58% des Français estiment « qu’au cours des dernières années, le rôle de la France dans le monde a diminué » et que 81% d’entre eux pensent que « l’ouverture d’un grand débat sur les moyens que la France doit consacrer à son influence est importante ou primordiale ».

Pour plus de détails sur l’étude complète et ce sondage voir Club de B2.

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