Armées européennes

1,3 milliard pour rénover les chasseurs Hornet finlandais



Les parlementaires finlandais
s’en étranglent encore… La remise à jour des avions de chasse Hornet devrait coûter – jusqu’en 2017 – « un peu plus d’un milliard d’euros » selon le ministre de la Défense. « 1,3 milliard d’euros
(missiles compris) » selon l’armée de l’air, cité par le Helsingin Sanomat. Rien d’extraordinaire, répond le ministère de la défense. C’était prévu…

La Finlande décide en 1992 de moderniser sa flotte aérienne et opte finalement pour 64 F/A 18 Hornet de fabrication américaine (Mac Donnel Douglas), achetés en 1995 (57 en version C – simple siège
– et 7 en version D – double siège) et reconfigurés localement. Coût : 3 milliards d’euros. Les avions ne sont pas équipés de certains équipements d’avionique, d’identification de cible et de
capacité d’attaque au sol (en fait il s’agit davantage de F18 – avions de combat aérien – que de F/A 18 – avions de combat et d’attaque). Ces avions sont en efet, avant tout, destinés à assurer la
défense du territoire, pour prévenir des incursions aériennes et donc aptes au combat aérien. La politique de non agressivité finlandaise, en vigueur au début des années 1990 (quand la première
décision d’achat avait été prise), vise à ne pas équiper ses forces armées de matériel offensif pouvant être perçu comme une « menace » par les Soviétiques.

Après l’éclatement de l’URSS, la vision finlandaise de la défense et la stratégie évolue. Des équipements sont nécessaires pour faire retrouver à ces engins leur capacité d’attaque.Une première
phase de rénovation (MLU1) – prévue dans le livre blanc national de 2001, est engagée, évaluée à 325 millions d’euros. Elle consiste à équiper les avions de nouveaux missiles Air-Air et de système
de visée plus performant. La deuxième rénovation (MLU2) – prévue dans le livre blanc national de 2004 – vise à les équiper d’une action air-sol. Celle-ci pourrait être de trois types, selon le
commandant de l’armée de l’air, le général-major Jarmo Lindberg, cité par le Helsingin Sanomat : des missiles JASSM – si les Américains acceptent de les fournir aux Finlandais * -, des bombes
AGM-154C JSOW, voire des bombes « intelligentes » type Boeing JDAM (de portée d’une vingtaine de kilomètres, guidées par GPS). Cette rénovation permettrait aux avions d’être au fonctionnement
au-delà de 2020. Autres détails sur le site du ministère finlandais de la défense.

* En février 2007, les Américains avaient refusé la livraison de ces missiles estimant que les avions devaient d’abord être modernisés.

(Photo : armée de l’air finlandaise)

PrintFriendlyFacebookShare

Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir ?

Les budgets militaires dans l’Union européenne seront-ils les premières victimes de la crise ? En tout cas, malgré les rappels à l’ordre du secrétaire général de
l’Otan à certaines de ses ouailles, certains Etats ont déjà annoncé revoir leurs prévisions de dépenses pour 2009. Voici quelques exemples…

En baisse

• En Irlande, le budget 2009 annoncé par le ministre Willy O’Dea le 13 octobre est un des plus « rudes » des dernières années. Il est en baisse, s’établissant à 817,5 millions d’euros (contre
840 millions en 2008) Il prévoit certaines fermetures de casernes comme Longford, Monaghan, Rockhill House dans le Letterkenny et Lifford Military Post, selon The Independent.

• En Roumanie, le ministre de la Défense Melescanu a précisé qu’en raison de la crise financière le budget militaire 2009 pourrait passer de 2,38% à 1,5% du PIB ! Et l’achat des avions de combat pourrait être reporté à l’année prochaine.

• En Slovaquie, le Premier ministre, Robert Fico (SMER) ne serait pas opposé à une réduction du budget de la Défense, prévu à hauteur de 1,03 milliard d’euros en 2009, selon la chaine
d’infos TA 3. En revanche, le parti national, SNS, de Jan Slota – qui fait partie de la coalition gouvernementale – souhaiterait le contraire : une rallonge devrait être accordée aux Forces armées,
selon lui en récupérant l’argent gagné de la vente des biens immobiliers excédentaires du ministère de la Défense.

• En Hongrie, le ministre de la défense, Imre Szekeres avait promis à Jaap de Hoop Scheffer, d’augmenter de 0,2 % annuellement la part du PIB consacrée à la défense sur les cinq prochaines
années. Cela signifait une hausse annuelle de 7 % des dépenses de défense pour l’année prochaine, pour atteindre un montant de 338,39 milliards de forints (1,358 milliards d’euros), soit1,17% du
PIB. Cela, c’était au moment du sommet de l’Otan dans la capitale hongroise, le 9 octobre. Aujourd’hui, après la tornade financière qui a secoué le pays, cet objectif va être revu.

A suivre…

En hausse

• En France, le budget « Défense » s’élève – selon le projet de loi de finances 2009 présenté par le gouverment – à 32 Milliards € (hors pensions), en augmentation de 1,6 milliard d’euros par
rapport à 2008 (soit + 5,4 %).

• Au Royaume-Uni, le budget 2008-2009 a été taillé à hauteur de 29,1 milliards de £ (environ 35,9 milliards d’euros), sans compter les éventuels suppléments votés en cours d’année (nb :
l’année budgétaire va de mars à mars).

Dans nombre de pays européens (France, Bulgarie, Irlande, Pologne, Royaume-Uni…), l’heure est aussi à la rationalisation des dépenses, la fermeture et le regroupement de bases ainsi que la vente
concomittante des biens publics est ainsi à l’ordre du jour pour pallier à ces problèmes budgétaires (garder les budgets défense en équilibre ou éviter des baisses plus fortes).

Pour comparaison,

– aux Etats-Unis, le budget militaire continue de galoper. Opérations en Irak et surtout en Afghanistan obligent. Selon le projet de budget 2009 – le dernier déposé par l’administration Bush
– le montant affecté est de 651 milliards de $, en augmentation de 68 milliards (contre 583 estimé en 2008 et 560 en 2007). Ce budget inclut ainsi plus de 100 milliards d’euros consacré à la « lutte
globale contre le terrorisme ». Depuis 2001, le budget ordinaire de la Défense (hors dépenses lutte terrorisme) a augmenté de 74% précise le Pentagone.

– en Russie, selon le projet de budget fédéral pour 2009-2011, le budget militaire augmentera de 45%, a expliqué le président du comité de la Douma pour la défense, Viktor Zavarzine à Ria
Novosti. En 2009, ainsi les dépenses militaires russes augmenteront de 25,7%. Le montant brut des dépenses militaires fixé à près de 1.277,5 milliards de roubles (36 milliards d’euros) reste
« relativement modeste » au regard des autres budgets européens. A une réserve près : il ne tient pas compte du budget de l’intérieur (certaines troupes d’élite dépendent du ministère de
l’intérieur).

PrintFriendlyFacebookShare

L’équipe de ministres de la Défense UK au complet

Après la nomination de John Hutton comme ministre de la défense, au Royaume-Uni, le ministère de la Défense a annoncé la
constitution complète du ministère, et notamment celle de la Baroness Taylor of Bolton.

Une pro Otan au poste de Ministre chargée des relations internationales de défense


• la Baroness Taylor of
Bolton, qui occupait le poste de Ministre pour le soutien et les équipements de Défense, passe en effet à une nouvelle fonction, ministre pour la défense et la sécurité internationale,
chargée des relations avec l’Otan, la Pesd et les autres sujets internationaux. Elle continuera à s’occuper des questions de défense à la chambre des Lords. Elle n’est pas spécialement connue pour
être un « pied tendre ». Elle était notamment plutôt considérée comme un des plus fermes tenants de l’intervention en Iraq.  Sa première déclaration ne témoigne pas d’une appétence spécifique
pour l’Europe de la Défense : « L’OTAN est la clé de la sécurité du Royaume-Uni et joue actuellement un rôle opérationnel essentiel en Afghanistan et ailleurs. Sa transformation et le développement
de la politique européenne de sécurité et  de défense sont d’une immense importance. » a-t-elle déclaré (en original cela donne : « I am delighted to have been offered this new and exciting
portfolio by the Prime Minister. NATO is key to the UK’s security and is currently playing an essential operational role in Afghanistan and elsewhere. Its transformation and the development of
European Security & Defence Policy are of immense importance »). Née le 2 juillet 1947 au Lancashire, elle a été élue dans la circonscription de Bolton Ouest. Elle était secrétaire privée de
Fred Mulley – qui a été secrétaire d’Etat à l’Education et la Science (1975-76) puis à la Défense (1976-77). Elle a été aussi « shadow » secrétaire d’Etat à l’Education. Elle a été aussi présidente
du comité de sécurité et de renseignement, chargé de surveiller le fonctionnement des services Mi5 et Mi6. (fiche Cv de la chambre des lords)

Quentin Davies (MP) devient le nouveau Ministre pour le soutien et les équipements de Défense.

Kevan Jones (MP) est le sous-secrétaire d’Etat pour les anciens combattants (les vétérans).

Bob Ainsworth reste ministre chargé des forces armées.

PrintFriendlyFacebookShare

L’Etat NL reconnait sa responsabilité pour l’usage du detergent PX10

Dans une lettre adressée à la Chambre basse des Pays-Bas, l’Etat a officiellement reconnu, dimanche, sa responsabilité dans la maladie d’un
ancien canonnier de la marine. Celui-ci avait été atteint de Leucémie après avoir
travaillé régulièrement avec un détergent
PX-10.
Il semble clair ainsi que d’autres soldats qui
ont des problèmes de santé dus à l’utilisation de solvants volatifs (produits contenant du benzène, toluène ou xylène) – plusieurs dizaines – pourraient être concernés, indique le ministère.

Les dossiers sont à l’étude. Cela concerne principalement des anciens employés chargés de l’entretien des armes, mais il y a aussi
d’anciens responsables de torpilles et aussi des
employés civils de la marine. La plupart du temps, le travail était effectué
« sans protection, de sorte que le contact avec la substance par les mains était courant ». Phénomène d’autre plus nocif pour la santé que
l’intervention se déroulait dans des atmosphères confinées
« non-ventilées, sur de petits espaces, en particulier sur les navires ».
Facteur aggravant, dans certains cas, les armureries servaient de lieux pour se restaurer ou dormir.
Depuis 1989, le PX-10 n’est plus
vraiment utilisé car il y a d’autres produits de substitution.

PrintFriendlyFacebookShare

John Hutton, nouveau ministre de la Défense UK


L’actuel ministre du Commerce, John Hutton, va devenir ministre de la
Défense dans le cadre d’un remaniement plus profond destiné à donner un second souffle au gouvernement de Gordon Brown. Il succède ainsi à Des Browne, dont la dernière apparition en public aura été
la réunion informelle des Ministres de la Défense à Deauville. Des Browne est ainsi dégagé du gouvernement (un poste de compensation lui sera offert). John Hutton sera remplacé à son poste par…
Peter Mandelson, l’actuel commissaire européen au Commerce qui quitte Bruxelles (après avoir été aux négociations de l’OMC sans y réussir vraiment d’ailleurs).

Député du Labour (le parti travailliste) depuis 1992, John Hutton est réputé proche de Tony Blair. Ministre de la santé sous Tony Blair, puis secrétaire d’Etat au Travail et aux pensions (quand
Plunkett démissionne), c’est un peu l’homme des missions difficiles. Outre les Affaires sociales, il s’est toujours un peu intéressé aux questions de sécurité et de défense, il a notamment siégé à
la commission « Affaires intérieures » et « Défense » de la chambre des communes. A son nouveau poste, il va devoir d’abord gérer une armée britannique, engagée sur deux terrains difficiles, Irak et
Afghanistan, et en proie à de solides difficultés financières et matérielles.

A suivre…

PrintFriendlyFacebookShare

La Suisse dans la PESD ? le « pavé » de l’ex-chef de l’armée suisse


L’ancien chef
d’Etat-Major de l’armée suisse, Christophe Keckeis, qui a quitté ses fonctions fin 2007, vient de jeter un pavé dans la mare de la politique de sécurité suisse. Ancien pilote (sur Mirage III au
départ), il fonce en piqué sur la défense suisse, trop sûre et trop repliée sur elle-même. C’est dans l’Hebdo ce jeudi, un excellent article de Pierre-André Stauffer, où il précise que la
défense suisse doit évoluer, arrêter de « vouloir faire tout elle-même » et se rapprocher nettement de l’Europe de défense.

Pour un accord bilatéral UE-Suisse sur la défense
«Alors que la Suisse conclut ou cherche à conclure des accords bilatéraux avec l’Union européenne sur à peu près tout, elle n’a pas le
culot d’en négocier pour sa sécurité.». « Ce qui m’intéresse dans l’UE, c’est qu’elle a un concept de défense », explique Keckeis. La solution la plus simple pour la Suisse – continue-t-il – serait
de trouver « une passerelle intelligente pour entrer à petits pas » dans cette Politique européenne de sécurité et de défense.
Ce qui n’est pas facile à faire, les partis politiques (UDC et socialiste) étant en chamaille, note le journaliste. Du coup, Christophe Keckeis indique, en deuxième choix, des «négociations
bilatérales avec un petit groupe de pays, nos voisins directs par exemple comme la France ou l’Allemagne, et autres partenaires de confiance…». La France a un petit faible chez lui. «Parce qu’elle
a quelque chose qui ressemble à la Suisse.» Elle ne veut pas se laisser «avaler par un grand machin américain ou britannique». Elle a une «attitude très critique à l’égard de l’OTAN, mais sainement
critique».

Investir dans la défense et les missions de paix…
Deuxième constat. Pour rester neutres, forts et exclusifs, il faudrait 4,8 milliards de francs par année, or on en est à 3,6. Nous sommes les plus faibles en Europe en termes de pourcentages de PIB
investis dans la sécurité du pays, c’est la honte », «la neutralité n’est pas une excuse pour ne rien foutre». Au contraire, la neutralité est «un avantage exclusif», un produit typiquement suisse,
«qui nous permet d’aller partout» assèle Keckeis, qui n’a assurément pas sa langue dans la poche. Or, la Suisse n’investit pas assez sur les missions de l’ONU. Les effectifs envoyés sont à 2%,
au-dessous des pays de l’Otan (2,7% alors qu’ils avaient promis 4%) et bien loin de l’Irlande dont le pourcentage, atteint 8,1% !

Ce qui suppose de revoir les conditions d’engagement à l’extérieur
L’ancien chef d’Etat-major critique ainsi les limites mises à l’engagement international par le Parlement national : pas plus de 220 hommes par an (250 dans les cas exceptionnels), «alors qu’il en
faudrait au moins 500». Et surtout,aucune mission où un soldat risquerait d’y laisser sa peau. Ce qui est une erreur : «Engager des soldats sans envisager qu’ils puissent être tués est une erreur
de principe». Il distingue bien ainsi le bourbier en Irak et les missions de paix. Le soldat qui «essaie de produire de la paix et qui tombe en faisant son boulot, c’est un peu comme le délégué du
CICR qui risque sa vie pour sauver celle des autres». !

Les six points forts de l’armée suisse en coopération internationale
Entre chefs d’armée, «on sait quels sont nos points forts et nos points faibles, rappelle Christophe Keckeis, qui
recevait régulièrement des coups de fil de ses homologues européens : «Mon gouvernement veut aller là ou là… Tu peux me filer un coup de main?». « j’ai toujours su ce que je pouvais proposer»,
commente-t-il, détaillant les six points forts de l’armée suisse:
1. La gestion de l’espace aérien, car la Suisse «a eu l’intelligence de gérer ensemble les espaces civils et militaires», alors qu’ailleurs c’est souvent la guéguerre entre les deux.
2. Le transport par hélicoptère.
3. La médecine.
4. La lutte contre les armes bactériologiques et chimiques, «car les terroristes ont compris que le procédé était meilleur marché qu’une bombe atomique».
5. Un savoir-faire dans la conduite, la programmation et la gestion.
6. Une capacité intellectuelle «extraordinaire» due au caractère milicien de l’armée (la fameuse armée de milice : conscription + rappel réguliert sous les drapeaux que Keckeis veut conserver).
«Nous sommes l’un des rares pays qui peuvent trouver quelqu’un pour travailler dans n’importe quel job.»

PrintFriendlyFacebookShare

Avion de chasse: les Pays-Bas ont-ils favorisé le F-35 ?


Le gouvernement des Pays-Bas aurait-il favorisé le projet américain d’avion de
chasse, Joint Strike Fighter (JSF), lors de la sélection dans les années 2000, en écartant sciemment les versions les plus récentes de ses
concurrents? Oui, selon les journalistes du NRC Handelsblad qui ont eu accès à certains documents confidentiels du Ministère de la Défense
néerlandais.

Quand le gouvernement se décide à investir 800 millions de dollars dans le programme de développement de cet avion – qui doit prendre le relais du F16 – il ne tient pas compte,en effet, de toutes
les informations des concurrents européens qui ont des modèles en développement plus modernes : ni de la version la plus avancée de l’Eurofighter – version 3 – ni de la toute dernière version de
l’avion français Rafale. Dans le tableau de comparaison, on voit bien que l’avion français Rafale tient la corde face au JSF, et même que sa version F4 le dépasse (voir le tableau ci-dessous).

Du coup, le gouvernement pouvait recommander tranquillement, le 13 février 2002, aux députés de la Deuxième Chambre qui devaient se prononcer sur l’investissement, que le rapport d’évaluation
montre que le projet JSF est « le plus efficace du point de vue opérationnel ».

Aujourd’hui, le gouvernement néerlandais doit se décider définitivement à acheter les appareils. Une enveloppe de 5,6 milliards d’euros est en jeu. Si l’Eurofighter et le Rafale ont jeté l’éponge,
il ne reste en piste que le suédois  Saab avec son Gripen nouvelle génération. Cette information tombe à pic pour le suédois qui vient d’obtenir un dernier délai (jusqu’au 30 septembre) pour
présenter des dernières informations à la deuxième chambre. Et le cabinet gouvernemental doit en effet décider de l’achat définitif du premier JSF en février prochain (voir l’article du
NRC Handelsblad)
.



Crédit Photo : JSF  – document NRC Handesblad

PrintFriendlyFacebookShare

L’armée britannique a de plus en plus de mal à recruter…

… C’est un rapport du très sérieux comité « défense » de la Chambre des Communes qui l’affirme. L’armée britannique a de plus en plus de mal à recruter et à conserver ces recrues. Le nombre de
personnes qualifiées rejoignant les militaires diminue. Le nombre de militaires rompant leur contrat avant terme augmente.

Le rythme des opérations en cause. Cette tendance n’est pas nouvelle. La différence est maintenant – note le rapport – que « nos forces armées fonctionnent à un tempo plus élevé que
jamais auparavant mais les engagements
(nb : en Irak et Afghanistan) dépassent les niveaux pour lesquels elles ont recrutées ». Ce qui met le personnel de service sous une pression
extrême et contribue à l’augmentation des démissions. Les points critiques où il manque du personnel augmentent, le rapport en dénombre 25. Les conditions de travail, l’impact du tempo opérationnel
(‘intervalle entre les opérations, etc.), l’absence de prévisibilité et le mauvais équilibre vie privée / vie professionnelle ont des « conséquences graves pour le personnel et leur famille », et
sont un facteur important dans la décision de départ anticipée.

Des mesures insuffisantes.
Si certaines mesures ont été présentées, pour améliorer la situation, la « situation de l’effectif ne s’améliore pas », s’inquiètent les députés. Ils recommandent
d’améliorer la situation du logement, de créer des ponts entre société militaire et civile par de meilleurs programmes de gestion de ressources humaines, de renforcer les équipes de recrutement et
les services sociaux des armées, de réorganiser la grille de salaires (télécharger le rapport).

PrintFriendlyFacebookShare

Les Nordiques se retirent de la Force de réaction rapide de l’ONU

Les pays Nordiques pourraient se retirer, d’un commun accord, de la Brigade de réaction rapide de l’ONU (ou SHIRBRIG comme Standby
High Readiness Brigade). C’est du moins ce qu’annoncent Finlandais et Norvégiens. La décision pourrait être effective d’ici novembre. Les pays nordiques n’ont pas assez de ressources disponibles et
ont d’autres engagements à tenir : avec l’Otan, en Afghanistan pour la Norvège, ou avec l’Union européenne, au Tchad notamment, pour la Finlande et la Suède.


Les Norvégiens sont parmi les fondateurs de ce groupe et ont mis à sa diposition une
unité d’hélicoptères à Rygge, près de Fredrikstad. Mais il n’a jamais été utilisé. En fait le Shirbrig n’a jamais atteint sa puissance maximale et n’a pas été utilisé comme prévu. Le chef
de la défense norvégien, le général Sverre Diesen a donc écrit une lettre au commandant du Shirbrirg, annonce le quotidien target="_blank">Aftenposten. La « Norvège ne contribuera plus au Shirbrig ». Et son existence
même doit être discutée. Ce n’est pas un désengagement de l’Onu, se justifie le secrétaire d’Etat au Ministère norvégien à la Défense, Barth Eide. « Nous travaillons
durement pour mettre en place certaines opérations, comme au Darfour. (…) Mais la Norvège n’a pas assez de capacité militaire pour contribuer plus que ce qui est déjà dans des opérations
internationales, comme celle menée en Afghanistan
« . Ce que confirme
le directeur général du ministère finlandais de la Défense Pauli Järvenpää, il ne s’agit « pas seulement de
nécessités pratiques ou d’une volonté politique, mais également de raisons financières »
.

Née d’une initiative danoise de 1994, l’unité multinationale est mise sur pied entre 1997 et 1999, et déclarée « disponible » pour une mission de l’organisation internationale le 1er janvier 2000.
Son mémorandum d’accord a été signé par 16 Etats et 7 autres sont « observateurs« . Basée à la caserne Hoevelte (Danemark), elle est actuellement dirigé par un officier polonais, le General
polonais Kochanowski. A l’origine, elle devait avoir 5500 hommes prêts à être déployés en urgence. Mais dans les faits, les troupes SHIRBRIG ont surtout été utilisées en Erythrée (UNMEE) avec un quartier-général, un bataillon d’infanterie et une
compagnie au QG déployés. Elle a participé à d’autres missions de l’Onu en Afrique – Côte d’Ivoire, Liberia, Soudan… – mais souvent à titre préparatoire et seulement avec quelques dizaines de
soldats.

PrintFriendlyFacebookShare

L’armée suisse, victime des Tiques… et prise dans la tourmente

… ce n’est pas une blague. Mais un communiqué très officiel de l’administration fédérale suisse qui l’affirme,
très sérieusement. Un groupement spécialisé dans la guerre électronique a subi une attaque de tiques qui ont décimé ses rangs. Laissons les Suisses raconter eux-mêmes :  « Pendant la nuit
du 2 au 3 juillet 2008, le groupe GE 3 des Forces aériennes (GE = guerre électronique) a effectué un exercice de bivouac avec 240 militaires  (mil) dans un bois situé dans la région d’Ossingen
(ZH). Au cours de cet exercice, qui était organisé dans le cadre de l’instruction générale de base, 48 militaires ont été victimes de piqûres de tiques, et cela malgré les mesures prophylactiques
qui avaient été prises. Un commandant de compagnie présent sur les lieux, médecin dans le civil, a apporté les premiers secours aux personnes atteintes. Les risques liés aux tiques avaient fait
l’objet d’une discussion avant l’exercice. Comme mesures prophylactiques, les militaires avaient reçu l’ordre de porter leurs vêtements soigneusement fermés et d’utiliser des insecticides. Les
personnes atteintes ont été placées sous observation médicale. » 
En fait, 70 militaires ont été atteints, comme on l’a appris un peu plus tard (2e communiqué). Et une enquête officielle « en complément de preuve » a été
diligentée par le commandant ad intérim des Forces aériennes suisses pour connaître les « circonstances exactes de l’exercice de bivouac » (3e communiqué).

Trêve de plaisanterie, les tiques – très actives dans nombre de régions européennes – peuvent transmettre plusieurs maladies, notamment la borréliose et une de ses variantes la maladie de Lyme. Et le risque doit être pris au sérieux. De là à
communiquer sur un incident de cette nature… En fait, l’armée suisse est actuellement traumatisée par un accident de canot sur la Kander qui a couté la vie à cinq de ses hommes le 12 juin dernier. Et ceci explique sans doute cette avalanche de communiqués. Le commandant de corps Walter
Knutti, le chef des Forces aériennes, avait remis sa démission, suite à cet accident.

Une armée prise dans la tourmente. Comme si cela ne suffisait pas, le chef d’Etat de l’armée suisse, Roland Nef, est pris à son tour, dans une tourmente plus… personnelle. Il n’aurait pas
déclaré lors de son recrutement être l’objet d’une plainte de son ex-compagne pour contrainte, et a été « suspendu jusqu’au 20 août » (date du prochain conseil fédéral) par le Conseiller fédéral
(ministre) en charge de la Défense, Samuel Schmid, personnage apparemment haut en couleur (lire l’article du Matin).

PrintFriendlyFacebookShare

Le général Camporini (Italie) sonne l’alarme: nos dépenses militaires sont au minimum!

Les dépenses militaires en Italie ne sont pas suffisantes, selon le chef d’Etat major italien, le général Vincenzo
Camporini
, qui pousse un cri d’alarme relaté par le quotidien italien (conservateur) Corriere Della Serra. « 

La situation, depuis des années critique, risque de s’aggraver ». Comme l’a indiqué le
ministre (de la Défense), Ignazio la Russa, un taux de « 1,25 % serait adapté ». (Or) Nous n’arrivons pas au 1 % minimal 
et avec le budget 2009 nous descendrons encore ».
Ironiquement, Camporini cite Douglas MacArthur, le général américain qui, après la reddition du Japon, soulignait que les dépenses militaires
de l’empire du Soleil levant ne devaient pas dépasser le 1 % du produit intérieur brut (PIB), seuil minimum de capacités défensives.

Autre problème, pour Camporini:« Nous consacrons 70% de nos ressources pour payer les traitements (du personnel), alors qu’en théorie, la répartition doit être 50% pour les personnels et
50 pour les exercices et investissements. Ce qui reste ne permet pas de se doter des moyens nécessaires et de préparer bien les hommes ».
target="_blank">

Avec des ressources aussi « limitées« , il faut donc cerner « nos priorités » indique le général qui met en avant : le développement des avions sans pilote (Uav) « utiles pour la
reconnaissance »
, le contrôle des mers « essentiel pas seulement pour contrer l’immigration clandestine mais aussi pour garantir les échanges commerciaux et empêcher le trafic d’armes »,
les véhicules terrestres type Lynx et les hélicoptères « dont dépend la mobilité souhaitée par l’Otan ».

Le général pointe aussi la faiblesse de l’engagement dans la recherche. « En dépensant 59 millions d’euro pa an nous sommes inexistants, là la France y consacre 700 millions
d’euros ».
Et il met en avant le nécessaire changement de mentalité qu’implique l’informatisation des unités. « La technologie et la distribution de l’information forcent à repenser la
hiérarchie. Les commandants devront accepter de laisser aux échelons inférieurs une certaine autonomie de décision »
. Si la « digitalisation » des unités est en cours, il faudra
« encore 6-7 ans pour avoir une brigade opérationnelle » selon lui.

PrintFriendlyFacebookShare

Touche européenne au défilé du 14 juillet, placé sous le sceau de l’ONU


Le défilé militaire français, le
14 juillet, s’est déroulé – cette année – sous le symbole des Nations-Unies et des forces de maintien de la paix, avec la participation de différentes forces européennes.

De façon symbolique, le défilé était ouvert par les Casques bleus. Et, le drapeau des Nations-Unies était porté par un Français accompagné d’un aviateur italien et un marin espagnol. Des forces
de 12 Etats membres
y ont participé :  3 Allemands, 10 Autrichiens, 4 Belges, 1 Chypriote, 7 Espagnols, 6 Britanniques, 3 Grecs, 1 Hongrois, 9 Italiens, 16 Polonais, 2 Portugais, 1 Slovène
(ainsi que 5 Croates). Ces bérets bleus sont actuellement déployés de Chypre, du Liban et du Golan (seuls peuvent en effet porter le béret bleu, selon le code des Nations-Unies, ceux qui sont en
poste ; suivaient d’ailleurs plusieurs Français en béret foncé, qui étaient déployés dans les mois précédents).

Une dizaine d’appareils de différents Etats membres participaient également au défilé :

9 avions européens : 1 Eurofighter 2000 espagnol et 1 italien (pour le ravitaillement en vol et la projection de puissance), 2 Mig – 1 MIG 29 Slovaque et 1 MIG21 roumain – 1 Gripen hongrois
(aux cotés des Mirage français), 3 Alpha Jet belges (en patrouille commune avec les Alphajet français), 1 Transall C160 allemand (aux cotés des Transall français pour la projection de forces). Et
deux hélicoptères européens : 1 cougar slovène, 1 tigre allemand.

A signaler également la participation de troupes françaises qui ont connu un engagement européen notable:
• le 21e Rima (infanterie de marine) qui était présent au Tchad le 1er février pour l’évacuation des citoyens européens, à N’Djamena, face à l’offensive des rebelles.
• Le 61e régiment d’artillerie, qui a déployé les Drones SDTI au Kosovo, pour surveiller les frontières du nouvel Etat, en février.
• Le 1er régiment de tirailleurs, qui a été le premier engagé au Liban en 1996.

(pour l’ordre du défilé, cliquez ici)

Crédit photo : (haut) CCH Fiard – DICOD – (bas) Tigre allemand

PrintFriendlyFacebookShare

Armée de métier en Pologne

La Pologne aura une armée de métier en 2010. C’est qu’a confirmé au quotidien polonais (libéral de gauche) « Gazeta Wyborcza », Bogdan Klich, ministre polonais de la Défense. Ce, sans
budget supplémentaire. Le budget de la défense est de 24,77 milliards de zlotys pour 2009 (7,4 millliards d’euros) et 26,8 milliards (8 milliards d’euros) en 2010 (soit 1,95% du PIB). Cette armée
de métier aura 120.000 soldats professionnels et une réserve de 30.000 hommes mobilisables en cas de crise ou de catastrophe naturelle. Comme dans plusieurs pays européens, des restructurations
sont à l’ordre du jour, avec fusion de plusieurs garnisons et vente de certains biens militaires. Signalons que le président Lech Kaczynski n’est pas vraiment d’accord sur cette réforme.

PrintFriendlyFacebookShare