Grève de la SNCF. A quoi avez-vous droit ?

(B2) Un règlement européen prévoit des règles assez avantageuses pour le consommateur. Des avantages que la SNCF « oublie » souvent d’appliquer comme d’informer le voyageur

A quoi avez-vous droit en tant que passager ?

Vous avez « le choix » entre trois possibilités :

  • Soit le remboursement intégral du billet.
  • Soit la poursuite du voyage ou un réacheminement vers la destination finale, « dans des conditions de transport comparables et dans les meilleurs délais ».
  • Soit « la poursuite du voyage ou un réacheminement vers la destination finale, à une date ultérieure, à leur convenance ».

La SNCF ne peut pas imposer un choix. C’est au passager de prendre la formule qui l’arrange.

Quand cette règle s’applique ?

Lorsqu’on peut « raisonnablement s’attendre » à ce qu’un train arrive « avec plus de 60 minutes de retard à la destination finale prévue dans le contrat de transport », un voyageurs a « immédiatement » droit à cette possibilité. Ce que prévoit le règlement européen du 23 octobre 2007.

A quels voyages s’applique cette règle ?

A tous les trajets, intérieurs ou internationaux, sauf les trajets régionaux ou urbains.

La grève n’annule-t-il pas l’exercice de vos droits ?

Non. La grève n’est pas un cas de force majeure pour la SNCF. Elle n’est ni extérieure à l’entreprise ni imprévisible. Aucune excuse…

A quel tarif pourrez-vous être remboursé ?

Le prix du billet, « au tarif auquel il a été acheté ». Cela concerne non seulement la partie non effectuée du voyage, mais aussi la partie déjà effectuée « si le voyage ne présente plus aucun intérêt par rapport au plan de voyage initial des voyageurs », et même « s’il y a lieu, un voyage de retour jusqu’au point de départ initial dans les meilleurs délais ».

En espèces ou bons de voyage ?

Le remboursement « peut » être payé sous la forme de bons et/ou d’autres services « si les conditions sont souples ». Mais elle doit être payée en espèces « à la demande du voyageur ». Le remboursement doit avoir lieu dans le mois qui suit la demande d’indemnisation.

La SNCF peut-elle vous imposer un surcoût sur le nouveau billet ?

Normalement non. On parle de conditions de transport comparables.

Peut-elle considérer qu’un trajet en bus est équivalent à un trajet en train ?

Question de point de vue. Mais il est difficile de défendre que c’est un trajet comparable tant en durée que de conditions de confort.

Avez-vous droit à une indemnité supplémentaire ?

Oui, si vous n’avez pas demandé le remboursement. Cette indemnité est de droit même si vous avez été réacheminé. Aucune exception n’est admise, même la force majeure ! La Cour de justice européenne l’a dit clairement le 26 septembre 2013 (affaire C-509-11). Son montant varie en fonction du retard : 25 % du prix du billet payé en cas de retard entre 60 et 119 minutes ; 50 % de ce prix en cas de retard de 2 heures ou plus.

Et en cas de correspondance loupée sur Thalys ou Eurostar ?

Si vous avez acheté les billets sur le site de Oui.sncf ou en gare, c’est avec la SNCF qu’a été conclu le contrat de transport. « A elle d’assumer indemnisation et remboursement des billets ». Dixit la direction de Thalys à Bruxelles…

La SNCF refuse, que faire ?

Gardez des traces (mails, twitter…), écrivez au médiateur de la SNCF, ou saisissez le centre européen des consommateurs ou une association de consommateur (Que Choisir ou 60 millions de consommateurs) ou la direction de la concurrence et de la consommation.

Comment devez-vous être informé ?

C’est une obligation. La SNCF doit rendre publique, « par des moyens appropriés et avant leur mise en œuvre », les décisions d’interrompre des services.

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : Contactée par plusieurs moyens (twitter et mail), la SNCF n’a pas souhaité s’exprimer sinon en renvoyant sur son site qui ne précise aucunement ces règles.

Article publié dans une première version pour Sud Ouest et complété

Es war einmal in Deutschland (Bye bye germany)

(B2) Dans le Berlin d’après guerre, David Bermann et quelques amis juifs n’ont qu’une envie : vivre — Hitler est mort mais nous sommes vivants » dit David à ses amis — ; fuir le pays — Ils veulent immigrer en Amérique ; s’enrichir — pour avoir suffisamment d’argent pour vivre outre Atlantique.

Ils trouvent un moyen rapide pour se faire de l’argent : vendre du linge de maison, le double, le triple, du prix réel (au mieux)… en utilisant toutes les ficelles du commerce à domicile : conviction, séduction, réduction …

Tout va bien jusqu’à ce que les services de renseignement américains mettent la main sur David (Moritz Bleibtreu), le soupçonnant de ne pas avoir vraiment raconté toute la vérité, de ne pas avoir été interné et d’être en fait un agent du régime nazi. L’agente US Sara Simon (Antje Traue) le passe au grill, se pinçant les lèvres pour ne pas céder à la séduction de son client et ne pas rire aux blagues de son « client ».

— Comment êtes-vous arrivés au camp de Sachsausen ?

— Je suis arrivé en limousine avec chauffeur.

L’humour, grinçant, marque ce film, de Sam Garbarski, présenté en avant-première au Festival de Berlin 2017, Prix du Public au Festival international du film norvégien de Haugesund. On surfe entre la tragédie de l’horreur des camps nazis et le rire d’une bande de joyeux écumeurs de portefeuilles.

Toute la complexité de l’époque surgit cependant au hasard de cet interrogatoire qui rythme le film. La version de départ se trouve ébranlée par les faits amenés par l’enquêtrice américaine, au point qu’on a quelques doutes sur la version du principal acteur du film.

(NGV)

Sortie : sur les toiles en Belgique, prochainement en France

Red Sparrow, le moineau russe passe à l’action

(B2) Dominika Egorova, une jeune ballerine russe voit sa carrière interrompue suite à un accident. Son oncle Ivan, soucieux de son avenir…, la recrute pour les services secrets russes. Elle devient un « moineau », éduquée à la dure, dans l’école publique IV, une école spéciale des services et entraînée à faire de la manipulation psychologique.

Sa mission principale : démasquer le traitre qui, au sein du gouvernement russe, révèle des secrets d’État aux Américains. Elle est chargée d’approcher l’officier traitant américain, qui a quitté Moscou précipitamment pour Budapest et sa piscine olympique qui sert de lieu d’échange. A coups d’intox réciproques et de courses-poursuites amoureuses, dans la capitale hongroise, à Vienne ou à Londres, on ne sait qui de Jennifer Lawrence (alias Dominika Egorova) et Joel Edgerton (alias Nate Nash) manipule qui.

Dans les coulisses, l’acteur belge Matthias Schoenaerts (alias Ivan Egorov, l’oncle légèrement vicieux) et la Britannique Charlotte Rampling, excellente dans le rôle de la Matron, la directrice de l’école d’espionnage, jouent merveilleusement leur rôle de tireurs de ficelles. Mais celles-ci, parfois, leur échappent. Même la fin, digne des plus beaux échanges d’espions, laisse planer le doute sur le sens de la manipulation.

Retour à la réalité

Un excellent thriller sur fond géopolitique, tiré du roman éponyme de Jason Matthews, lui-même un ancien agent de la CIA, où on se demande souvent quelle est la part de réalité et de fiction. A l’heure où le Royaume-Uni renoue, dans une ambiance de guerre froide, avec la (tentative) d’assassinat de Sergueï Skripal (1), on se demande si cette réalité… n’est pas la suite du film.

Sortie : le 21 mars en France, déjà sur les toiles en Belgique…

(1) Cet ex-espion russe, qui avait fait défection, et était passé au service de Sa Gracieuse Majesté, avait été libéré en 2010, se trouvait dans un état critique ainsi que sa fille Yulia venue lui rendre après avoir été empoisonné, dimanche dernier (4 mars), par un agent innervant tellement puissant qu’il a aussi atteint le policier venu leur porter secours. Deux réunions successives en format ‘Cobra’ du gouvernement ont eu lieu. Et le gouvernement promet de porter l’affaire devant l’Alliance atlantique.

Un monde plus dangereux ? Guerre et paix. Chasseurs alpins. A lire

(B2) Quelques livres pour agrémenter votre fin d’année

Notre monde est-il plus dangereux ?

Plusieurs chercheurs, auteurs, journalistes se sont rassemblés sous la houlette de Sonia Le Gouriellec, chercheuse à l’IRSEM, pour produire ce petit opuscule paru chez Armand Colin. Ils abordent plusieurs thématiques : Les terroristes sont-ils des barbares, fous et idiots ? Israël est-il un modèle de sécurité à suivre ? Une guerre peut-elle éclater en mer de Chine du Sud ou entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ? Doit-on craindre une guerre de civilisations ? Notre politique étrangère est-elle dominée par les États-Unis ? Etc.

  • Ed. Armand Colin, septembre 2017, 160 pages, 12,90 €

Dictionnaire de la guerre et de la paix

Regroupant plus de 300 entrées et faisant appel à plus de 200 contributeurs – universitaires, militaires, acteurs de la société civile –, ce dictionnaire entend offrir une série de repères indispensables pour analyser ces enjeux de notre temps, avec un double objectif : constituer un ouvrage de référence en langue française sur les questions stratégiques et contribuer à la consolidation des études sur la guerre et la paix dans le monde francophone. Sous la houlette du général Benoît Durieux, ancien directeur du centre des hautes études militaires (CHEM), est commandant de la 6e brigade légère blindée, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) et Frédéric Ramel, professeur des universités à Sciences Po Paris, chercheur au CERI-CNRS.

  • Presses universitaires de France (PUF), collection Quadrige dicos poche, octobre 2017, 1560 pages, 39 €

« Soldat de Montagne »

Les Troupes de Montagne fêtent en 2018 leurs 130 ans.  Ce livre, richement illustré, paru dans la collection ‘Beaux livres’ se veut un hommage aux 6500 alpins de la 27e brigade d’infanterie de montagne (BIM).

Entraîné en montagne, envoyé en opérations extérieures, le soldat de montagne est un combattant très particulier. Liés par l’idée forte d’un « esprit de cordée », ils prouvent qu’un milieu exigeant comme la montagne renforce leurs compétences de soldats. Leur résistance, leur efficacité, leurs performances sont reconnues et utilisées partout dans le monde, notamment dans les montagnes afghanes hier et dans le désert malien aujourd’hui.

  • Ed. Glénat, collection « Beaux Livres », parution janvier 2018, 192 pages, 35 €

(NGV)

Uber perd devant la Cour européenne. Un juste rappel à l’état de droit…

Uber veut toujours attirer de nouveaux chauffeurs (crédit : site web Uber)

(B2) La Cour de justice européenne vient ce mardi (20 décembre) de trancher une question essentielle. Uber a-t-il raison quand il prétend ne pas être un service de transport ou de taxi, mais une simple ‘appli’ téléphonique ou internet et donc, ne pas être tenu de respecter la législation sur les taxis ?

Un acte de concurrence déloyale ?

Tout part, d’un recours de l’association professionnelle de chauffeurs de taxi de Barcelone qui porte plainte devant le tribunal de commerce de Barcelone. Ces Catalans estiment que les pratiques de Uber dans leur ville, constituent « des pratiques trompeuses et des actes de concurrence déloyale » ; Uber utilisant des chauffeurs non professionnels sans disposer des licences et des agréments prévus pour les taxis. Uber bien sûr le contraire, estimant n’être qu’une plate-forme électronique, qui ne fait qu’exercer son droit à la libre prestation de services garantie dans toute l’Union européenne et ne peut être soumise en fait qu’à la directive sur le commerce électronique.

La Grande Chambre de la Cour saisie

Bref, les avocats du géant américain s’appuyaient sur une législation européenne pour contrecarrer une obligation nationale ou locale. Les juges européens ont, donc, fort logiquement été saisis, pour avis. Et leur jugement est intéressant à plus d’un titre. Car la question à propos de la légalité du fonctionnement d’Uber se pose dans plusieurs pays européens : en France, au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne… C’est aussi logiquement que les juges européens se sont réunis dans une des formations les plus solennelles de la Cour de justice : la Grande Chambre.

Un raisonnement en trois temps

Les juges européens sont partis de la réalité des services fournis par Uber, les qualifiant à chaque étape, pour permettre ainsi d’arriver à une conclusion : Uber est avant tout un service de transport et non pas un service internet.

Premièrement, le service fourni « ne se résume pas à un service d’intermédiation consistant à mettre en relation, au moyen d’une application pour téléphone intelligent, un chauffeur non professionnel utilisant son propre véhicule et une personne qui souhaite effectuer un déplacement urbain ». Il « crée en même temps une offre de services de transport urbain, qu’il rend accessible notamment par des outils informatiques et dont il organise le fonctionnement général en faveur des personnes désireuses de recourir à cette offre aux fins d’un déplacement urbain ».

Deuxièmement, l’application fournie par Uber est « indispensable tant pour les chauffeurs que pour les personnes désireuses d’effectuer un déplacement urbain » relève la Cour.

Troisièmement, Uber « exerce une influence décisive sur les conditions de la prestation des chauffeurs ».

Tous ces éléments prouvent, selon la Cour que « ce service d’intermédiation » doit être considéré comme faisant « partie intégrante d’un service global dont l’élément principal est un service de transport ». Il répond ainsi à la qualification « non pas de service de la société de l’information », mais de « service dans le domaine des transports ».

Conclusion : force est à la loi locale

Précision supplémentaire de la Cour européenne, les services de transport urbain non collectif ainsi que les services qui leur sont indissociablement liés ( comme celui fourni par Uber), « n’ont pas donné lieu à l’adoption de règles sur le fondement de cette politique » au niveau européen. Cela signifie que « en l’état actuel du droit de l’Union », ce sont « aux États membres de réglementer les conditions de prestation de tels services ». Ils peuvent le faire, à une condition essentielle : respecter « les règles générales du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ».

Commentaire : une issue logique face à une tentation de saper les fondements de l’État de droit

Cette solution est assez logique et le constat du droit rejoint le constat de la réalité pratiqué tous les jours par le consommateur. Uber fait bien du taxi et non de la fourniture d’un service internet. Ce serait fallacieux de prétendre le contraire. Le géant américain qui avait tenté de contourner les règles habituelles du marché, en s’inventant un ‘hors sol’ juridique bien à lui, doit revenir sur terre.

Son application, en soi révolutionnaire, est intéressante. Sa critique du marché des taxis (sclérosé souvent) peut être entendue. Prétendre que de ce simple fait, on n’est tenu de ne respecter aucune loi (ni sociale ni fiscale ni administrative) revient à contester plusieurs des principes fondamentaux dans lequel est bâti la société européenne.

La position d’Uber est interpellante. L’ambition de cette société (comme celle d’Amazon ou de Google) n’est pas, en effet, simplement de fournir un service, « pour le bien du consommateur », voire de se faire « une petite » place et « un peu » de profit. Il est réellement de casser un marché, de proposer un modèle, de s’assurer une position dominante et, ainsi, ensuite de pouvoir le régenter. Au-delà de la question économique pure, il s’agit bel et bien d’une remise en cause de l’État de droit, et de la démocratie — qui prévoit une loi, équitable, applicable pour tous (grands ou petits) – et de l’économie de marché régulée, toutes valeurs européennes, que veut combattre Uber.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger l’arrêt de la Cour

Les agriculteurs ne paieront pas pour le Brexit (Phil Hogan)

(B2) Irlandais de nationalité, Phil Hogan, l’actuel commissaire européen chargé de l’Agriculture veut entamer dès aujourd’hui le chantier de la future PAC. Une réforme qui vise à redonner aux États une certaine marge de décision et qui intervient en plein débat financier sur l’après Brexit.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan © NGV / B2

Le Royaume-Uni s’en va, et l’Europe doit faire face à de nouveaux défis, qui va payer la note au final, les agriculteurs ?

Qui parle de diminuer le budget ? Je n’ai rien entendu de la sorte pour le prochain cadre financier (NB : pour 2021 – 2027). Les États membres, la France, ont une option : augmenter leur contribution. Si les pays veulent soutenir une politique agricole commune forte, ou d’autres politiques, ils sont libres de le faire. La Commission fait une proposition. Mais c’est ensuite à eux et au Parlement européen de décider. Il y a d’autres ressources possibles : des taxes sur l’énergie ou le carbone, le marché des émissions, comme le montre un rapport de Mario Monti.

Vous préparez la prochaine réforme de la PAC. On va enlever le C dans la politique commune craignent certains ?

Non. C’est important de conserver la politique agricole commune, la PAC. C’est un grand succès. Nous avons pu créer beaucoup d’emplois, assurer des exportations. Nous avons toute une série de règles communes pour aider les agriculteurs en difficulté. Il n’est pas question de supprimer la PAC. Je veux construire l’agriculture de 2030, qui ait de meilleurs résultats, soit plus verte, remplisse nos objectifs de changement climatique, avec des règles simplifiées et plus flexible.

La flexibilité, ce n’est pas chacun ses règles ?

Non. Notre politique aujourd’hui est trop complexe. Les agriculteurs ne sont pas contents, les États non plus. Il faut évoluer. Il faut une agriculture plus environnementale. Mais ce ne peut pas être les mêmes politiques en Finlande, en Grèce ou en France. Nous allons donc fixer des objectifs généraux à atteindre, des objectifs communs. Ensuite chaque pays sera libre de déterminer, dans un plan qu’il nous communiquera, comment il compte les atteindre.

Vous avez entamez une réforme du bio, est-ce vraiment une bonne réforme ?

Nous avons décidé de réviser ces règles face à plusieurs scandales, notamment l’importation de produits non biologiques qui mettaient en cause toute la filière. Le niveau de contrôle était insuffisant, les règles aussi. Nous avons donc tenté d’avoir des mesures plus fortes, d’harmoniser les règles en étendant la définition des produits biologiques dans un certain nombre de zones. Pour nous, cela a été une bonne opportunité de mettre des normes biologiques partout au même niveau, y compris pour les produits importés. Nous voulons réduire les résidus de pesticides dans les produits biologiques. C’est un secteur important pour l’agriculture. Et en forte croissance. C’est ce que les consommateurs veulent.

Comment allez-vous assurer le contrôle ?

Nous avons aujourd’hui des technologies, comme les satellites, permettant d’assurer le contrôle sans paperasse. Si les objectifs ne sont pas appliqués, nous récupérerons l‘argent qui n’aura pas été bien versé. On pourra aussi suspendre les paiements.

Avant la PAC, le glyphosate. Vous avez proposé de reconduire l’autorisation de ce pesticide pour cinq ans, décision approuvée par les États membres. Une bonne option ?

J’adorerais une agriculture du futur, sans pesticide et sans produit chimique. Bien sûr ! Mais ce n’est pas une option réaliste aujourd’hui. Nous avons décidé de réautoriser le glyphosate pour cinq ans, car cette mesure a été approuvée par deux agences scientifiques indépendantes — l’EFSA (l’Agence européenne pour les produits alimentaires) et l’Agence européenne pour les produits chimiques…

Le président français Emmanuel Macron a, pourtant, annoncé son intention de mettre fin, dans les trois ans…

C’est un objectif vraiment très ambitieux. Si un État veut aller plus vite, il a parfaitement le choix de le faire. Ce qui est important, c’est d’avoir un produit efficace, alternatif au glyphosate, dans les jardins comme pour toutes les cultures.

Finalement, whisky ou vin ?

Je vous l’avoue, je préfère le vin rouge (et la bière). J’aime bien le Château Barton par exemple…

 

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde, à Bruxelles)

interview réalisée en tête-à-tête dans le bureau du commissaire à Bruxelles. Version enrichie et complétée d’une interview parue dans Sud-Ouest le décembre

Qui figure sur la liste noire des compagnies aériennes dangereuses

(B2) La Commission européenne a modifié, légèrement, le 30 novembre, sa liste noire de compagnies aériennes interdite de vols.

Quels sont les changements ?

Une compagnie, Avior Airlines, certifiée au Venezuela, a été ajoutée à la liste « parce qu’elle n’a pas remédié à des manquements en matière de sécurité que l’Agence européenne de la sécurité aérienne avait décelés au cours de l’évaluation de sa demande d’autorisation d’exploitant de pays tiers ».

Au contraire, Mustique Airways et Aviation Company Urga, certifiées respectivement à Saint-Vincent-et-les-Grenadines et en Ukraine, ont « enregistré des progrès en matière de sécurité depuis leur ajout à la liste des compagnies interdites dans l’UE en mai 2017. Ces progrès permettent à présent de les retirer de la liste ».

Combien de compagnies figurent sur la liste noire ?

178 compagnies aériennes au total font désormais l’objet d’une interdiction d’exploitation dans l’Union européenne : 172 compagnies aériennes certifiées dans 16 pays, en raison d’un manque de surveillance en matière de sécurité de la part des autorités de l’aviation de ces pays ; six compagnies,  en raison de préoccupations en matière de sécurité concernant les compagnies elles-mêmes: Avior Airlines (Venezuela), Iran Aseman Airlines (Iran), Iraqi Airways (Iraq), Blue Wing Airlines (Suriname), Med-View Airlines (Nigeria) et Air Zimbabwe (Zimbabwe).

Six autres compagnies font l’objet de restrictions d’exploitation et ne peuvent effectuer de vols à destination de l’UE que si elles utilisent des types d’aéronefs particuliers: Afrijet et Nouvelle Air Affaires SN2AG (Gabon), Air Koryo (République populaire démocratique de Corée), Air Service Comores (Comores), Iran Air (Iran) et TAAG Angola Airlines (Angola).

Comment est établi cet avis ?

La mise à jour de la liste est fondée sur l’avis unanime des experts en matière de sécurité aérienne des États membres, réunis du 13 au 15 novembre au sein du Comité de la sécurité aérienne de l’UE. Un comité présidé par la Commission européenne, assistée de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).

Quel est l’objectif de cette liste ?

La liste des compagnies aériennes interdites dans l’UE n’a « pas uniquement pour objet de maintenir des niveaux de sécurité élevés dans l’UE, elle contribue également à aider les compagnies aériennes et les pays concernés à améliorer leurs niveaux de sécurité dans le but ultime de ne plus figurer sur la liste » souligne-t-on à la Commission.

Comment savoir si une compagnie est ‘blacklistée’ ?

Pour savoir si une compagnie, sur laquelle vous allez voler, figure sur la liste noire, consultez la base de données de la Commission

(NGV)

Discussion au coin du feu au Club royal des guides sur la PSDC

(B2) Ce jeudi 12 octobre, B2 vous donne rendez-vous au Club Royal des Guides, 32 rue d’Arlon, Bruxelles (à deux pas du Parlement européen), de 18h à 20h, pour parler des dernières évolutions de la politique européenne de sécurité et de défense : la coopération structurée permanente, le fonds européen sur la défense, l’initiative européenne d’intervention d’Emmanuel Macron, etc.

Une conférence débat organisée par l’association européenne des journalistes, section belge (AEJ Belgium) avec Holland House, pour leur premier cocktail de l’automne, dans le décor somptueux, héritier de la tradition de la cavalerie belge et du mess des Officiers du 1er Régiment de Guides (1874-1994) situé sur la place Luxembourg à Bruxelles, sa ville originelle de garnison.

Attention : tenue de ville recommandée, c’est-à-dire pour les hommes, veste et cravate obligatoires (ce sera l’occasion pour moi d’en porter une). Enregistrez vous en envoyant un mail à  info(a)aej-belgium.eu avec le sujet « autumn cocktail 17 »

Autumn-Networking-Cocktail Talking of EU-Defense Thursday 12 October, 18H00-20H00!!! The Association of European Journalist (AEJ Belgium) organizes, in collaboration with Holland House, its first autumn cocktail at the Club Royal des Guides, Rue d’Arlon 32, Brussels with some special guests invited to talk straight forward -talking Dutch- about the European Common Security and Defense Policy (CSDP).

After welcoming you into this exceptional military decor, the event will start with a short presentation of the recent book by the vice-president of the French AEJ section, Nicolas Gros-Verheyde, and short intervention(s)-comments by some fellow-journalists.

Register to : info(a)aej-belgium.eu under subject autumn cocktail 17’.

NB : Holland House is a new initiative of the Dutch EU professionals in Brussels so set up their own house for community building, networking and debate. The Club Royal des Guides hosts them temporarily but is the Mess of the Officers of the 1st Regiment of Guides (1874-1994), established on the Place Luxemburg in Brussels, its initial garrison town. The military members meet each other there and hold events remaining attached to the values ​​of the Cavalry, sharing its values ​​and traditions.

Le dialogue de Gummersbach… Des interrogations utiles

(B2 à Gummersbach) Comment améliorer la politique étrangère de l’Union européenne à l’heure du Brexit ? Ou faire que la défense ne soit pas un vain mot ? Une petite vingtaine de jeunes étudiants et doctorants français et allemands étaient réunis autour de ces thématiques, dans le cadre du 4e séminaire junior du dialogue franco-allemand de sécurité au sein de la Theodor Heuss Akademie dans la périphérie de Cologne, auquel j’intervenais à l’invitation de Laurent Borzillo et Maximilian Losch.

Un siège au Conseil de sécurité pour l’UE ?

Faut-il prévoir un siège pour l’Union européenne au Conseil de sécurité des Nations unies ? Est-ce que les sanctions vis-à-vis de la Russie sont efficaces, comment y mettre fin ? Faut-il trouver des processus de décision plus efficaces au sein de l’Union européenne (avec la fin de l’unanimité) ? Est-ce que mettre en place une armée européenne est une solution en matière de défense ? Voici quelques unes des questions (et solutions) auxquelles se sont attelées les ‘séminaristes’, avec en toile de fond, l’éternelle interrogation sur les effets du Brexit sur la politique étrangère et de défense de l’Union.

Le danger d’une Europe à deux vitesses

La possibilité d’évolution d’une Europe à deux ou plusieurs vitesses est perçue comme un « risque » par ces jeunes. Ils préconisent plutôt une politique des petits pas pour renforcer l’intégration européenne, en jouant sur quelques éléments essentiels : premièrement, augmenter les budgets dévolus à la défense (dans les États membres surtout), deuxièmement, créer deux QG (quartiers généraux) spécifiques.

Créer deux QG

Ces deux quartiers généraux seraient dévolus aux deux types de menaces, ressenties ou réelles : l’un pour faire face aux menaces terroristes, l’autre pour les invasions ; le premier plutôt destiné aux menaces en cours contre les pays occidentaux d’un côté, l’autre par les menaces auxquelles s’estiment exposés les pays orientaux de l’autre. Ces QG seraient implantés non pas à Bruxelles mais dans les États membres, pour faciliter leur appropriation par ceux-ci.

Des idées à débattre… qui m’ont donné d’autres idées sur

(Nicolas Gros-Verheyde)

Quand le band du 14 juillet s’initie au Daft Punk

(B2) Quand la fanfare militaire se fait un petit plaisir, lors du défilé du 14 juillet, en faisant un « pot pourri » (melting pot) de Daft Punk, on se dit que les temps changent. Certains apprécient (Emmanuel Macron et plusieurs ministres). D’autres moins (tel le président américain Donald Trump, un rien perplexe qui se gratte l’oreille en se disant « sacrés français »). Lire aussi : Un 14 juillet sous la bannière étoilée. Donald Trump sur la Tour Eiffel

B2 à Strasbourg jeudi avec Arnaud Danjean pour parler Europe de la défense

(B2) Vous voulez comprendre les défis actuels, et futurs de la PSDC, ses atouts et difficultés ? B2 et le Club de la presse de Strasbourg -Europe vous invitent à un petit déjeuner sur la politique de sécurité et défense de l’UE, ce jeudi 15 juin, entre 8h30 et 10h… avec :

Arnaud DANJEAN, eurodéputé Les Républicains, spécialiste des questions de défense et sécurité et rapporteur du projet sur la CBSD
&
Nicolas GROS-VERHEYDE rédacteur en chef de B2 – Bruxelles2, et co-auteur de « La politique européenne de sécurité et de défense commune »

À l’heure du terrorisme, du Brexit et des incertitudes des États-Unis de Donald Trump, l’Europe de la défense est sans aucun doute un des sujets majeurs de la relance du projet européen. Mais les Européens seront-ils capables d’assurer leur propre sécurité, de mettre en commun leurs capacités et investissements de défense ? Principal moteur des avancées perçues ces derniers mois, la France va-t-elle être capable de s’adapter et accepter de ne plus jouer en solitaire ?

Ce sera l’occasion également de découvrir le manuel « La politique européenne de sécurité et de défense commune » dans lequel André Dumoulin et Nicolas Gros-Verheyde, détaillent et décortiquent le fonctionnement de la PSDC, son mode de décision, ses stratégies et ses missions civiles et militaires.  Vous pourrez l’emporter à un prix spécial « club de la presse ».

Inscription par mail info@club-presse-strasbourg.com

Date : jeudi 15 juin, 8h30

Lieu : Club de la presse Strasbourg – Europe – 10 place Kléber, 67000 Strasbourg