* Bilan des opérations anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta, CTF, Otan, Russie, Inde)

(BRUXELLES2 / Exclusif) Ce bilan, réalisé directement des arrestations effectuées par les navires de guerre européens et américains (CTF 465 = EUNAVFOR Atalanta, CTF 150 puis CTF-151, CTF 508 Otan « Ocean Shield »), russes et indiens dans l’Océan indien se veut aussi précis que possible. Il est réalisé, en compilant mes notes et divers articles déjà publiés depuis avril 2008, et d’après la base de données mise en place. Il n’a, pour l’instant, pas d’équivalent, chacun évitant de donner des chiffres compilés.

J’ai ajouté (mai 2009) un bilan par type d’opération ainsi qu’une note « d’efficacité judiciaire » (c’est-à-dire le nombre de suspects traduits devant la justice par rapport au nombre d’arrestations). Ce qui me semble être un des éléments les plus objectifs dans une opération de police (traduction des délinquants en justice). Pour être complet, il faudrait prendre en compte le taux d’évitement (nombre d’attaques évitées).

I. Synthèse Arrestations, libérations, remise à la justice, tués, blessés

Bilan des forces anti-pirates déployées au large de la Somalie depuis avril 2008

(mise à jour consolidée : 25 mars 2010 – en cours de mise à jour – 6 avril 2011)

Voir ci-dessous ou Télécharger la synthèse du bilan

Arrestation Poursuite en justice Taux Pertes Pirates Taux
Oui Non Remis Jugés Libérés Poursuite Morts Blessés Perte
Lire note n° 1 2 3 4 5 6
Force
CTF 150 / 151 156 59 52 5 17 24% 1 0 0,5%
EUNAVFOR 661 33 198 69 20 29% 4 6 0,6%
OTAN 233 33 39 17 0 15% 6 3 2,3%
Nationale (France) 54 0 54 42 0 100% 3 0 5,6%
Nationale (nonUE) 279 60 209 34 11 62% 58 28 17,1%
Locale (*) 321 35 230 154 7 65% 17 13 4,8%
Privés 1
(accident/rivalité) 15
non réparti 200
TOTAL 1704 420 782 321 55 37% 105 50 4,9%
Source : Bruxelles2 (www.bruxelles2.eu)
20 avril 2011
Sources principales : base de données Bruxelles2, Eunavfor, OTAN, US Navy, Us Department of Justice, UK Royal Navy, Marine nationale française, Marine néerlandaise et ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, Marine danoise, Ministère espagnol de la Défense, Bundeswehr / Marine, Forces armées belges et Ministère des Affaires étrangères de Belgique, gouvernement des Seychelles, gouvernement autonome du Puntland, gouvernement du Somaliland, gouvernement du Yemen, Indian Navy, ministère de la défense de Corée du Sud, ministère des affaires étrangères de Malaisie, ministère de la Justice du Kenya, agences de presse et quotidiens nationaux, ONG Ecoterra…

Remarques :

  • (1) Arrestations : par les navires de guerre, croisant le Golfe d’Aden, l’Océan Indien ou en Mer rouge dont certains en flagrant délit (lors de l’attaque) ou sur de fortes suspicions (poursuite, visite à bord et découverte d’armes). Il s’agit là des arrestations avec interrogatoire (souvent à bord du navire de guerre), procédure, puis remise aux autorités judiciaires ou libération. On peut l’assimiler à une garde à vue. Certains sont libérés sur le champ, après destruction des armes trouvées ; le plus souvent, pour manque de preuve patente permettant un jugement ou par de tribunal à proximité pouvant les juger ; d’autres remis à la justice (voir 3).
  • (2) Non poursuivis : à ajouter aux arrestations pour avoir une idée du nombre « d’interpellations » = suspects soit appréhendés mais laissés dans leur bateau sans autre procédure ; soit laissés en fuite alors que les moyens de les arrêter étaient présents. On peut l’assimiler à un simple contrôle d’identité. Ce chiffre est très difficile à estimer et donc très certainement au-dessous de la réalité. Selon une estimation rapide, il serait au moins le double. Selon un bilan dressé par la CTF 151, fin mai 2009, le chiffre de pirates libérés était supérieur à 200 (212 exactement).
  • (3) Remis à la justice : remis aux autorités judiciaires ou policières, le plus souvent des pays riverains (Yemen, Puntland-Somalie, Kenya, Seychelles). Sur ce chiffre, certains ont été rapatriés dans l’Etat du pavillon (France, Pays-Bas, USA, Espagne…) pour jugement. D’autres ont été libérés après jugement.
  • (4) Taux d’efficacité judiciaire = nombre de suspects remis à la justice rapportés au nombre de suspects arrêtés. NB : Certains navires participant à des opérations multinationales reprennent leur pavillon national pour « livrer » des pirates à des pays « non conventionnés » ou mener des opérations d’attaque. La statistique pour ce type d’opérations est encore plus aléatoire car certaines données sont difficiles à obtenir (notamment les pirates simplement désarmés).
  • (5) Tués : essentiellement du à l’action de la marine indienne qui a à son « crédit » 27 tués. Sur le nombre global, 16 semblent être des pêcheurs ou marins tués par « erreur ». 6 pirates se sont noyés « tout seuls » après la remise de la rançon pour le Sirius Star. 10 autres se sont noyés après la libération du Moscow University
  • (6) Taux de perte = nombre de suspects tués rapportés au nombre de suspects arrêtés.
  • (*) Sont décomptés dans cette rubrique les marines bordant l’Océan indien dans sa partie Est et le Golfe d’Aden (Somalie, Kenya, Tanzanie, Yemen…). Pour plus de simplicité, l’action de la marine indienne est créditée d’action « nationale » même si elle se déroule à proximité de l’Inde.

II. Arrestation et Remise à la justice : destination des pirates appréhendés


Elle varie selon les circonstances (zone d’incident – haute mer ou mer territoriale, pavillon du navire attaqué, nationalité du navire de guerre, pavillon de l’opération) et l’ambiance du moment (contexte politique interne, international, volonté politique du pays concerné d’accueillir des pirates, prises d’otage en cours…).

A. Le rapatriement dans l’Etat du pavillon, de l’armateur ou des passagers

Solution relativement peu usitée. Début 2011, huit pays l’ont utilisée : la France (3 fois), les Etats-Unis (2 fois), les Pays-Bas (2 fois), l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique. Ont suivis : la Corée du Sud, la Malaisie, les Emirats arabes unis et surtout l’Inde.

– 6 pirates arrêtés, à la mi-avril 2008, après la libération du Ponant et des otages (par remise de rançon), lors d’une opération terrestre effectuée par les commandos français, les suspects sont incarcérés à Paris. Les suites judiciaires sont incertaines – les avocats des suspects contestant la période de détention à bord de la frégate française comme arbitraire (opération : nationale / France).

– 6 pirates arrêtés, dans la nuit du 15 au 16 septembre 2008, par les commandos français après l’attaque du Carré d’As, lors d’une opération en mer effectuée par les commandos français, pour libérer bateau et otages, les suspects sont incarcérés à Paris (opération : nationale / France).

– 5 pirates arrêtés par le navire danois Absalon, le 2 janvier 2009, après l’attaque d’un porte-conteneur néerlandais, et transférées à la justice néerlandaise, le procureur néerlandais ayant demandé leur extradition (opération : CTF-150).

– 3 pirates arrêtés par la frégate française Floréal, le 10 avril 2009, après l’attaque du voilier de plaisance Tanit (opération : nationale / France).

– 1 pirate arrêté après l’araisonnement du Maersk Alabama par la marine US le 8 avril 2009 (opération : nationale).

– 2 pirates arrêtés après la capture d’un thonier espagnol Alakrana, le 4 octobre 2009 par la frégate espagnole Canarias, transférés en Espagne le 12 octobre 2009 sur mandat du juge Garzon (opération : EUNAVFOR).

– 10 pirates arrêtés par la frégate néerlandaise Tromp, le 5 avril 2010, sur une action de reprise du MV Taipan. Transférés via Djibouti et Pays-Bas en Allemagne sur mandat d’arrêt du tribunal de Hambourg (opération : EUNAVFOR / pavillon national).

– 5 pirates arrêtés par l’USS Nicholas, le 1er avril 2010, en flagrant délit, ainsi que 6 autres suspects arrêtés par l’USS Ashland, le 4 avril 2010, ont été transférés aux Etats-Unis (opération : nationale / USA).

– 5 pirates arrêtés par les forces de Corée du sud, en janvier 2011.

– 8 pirates arrêtés par les forces malaisiennes, en janvier 2011.

– près de 120 pirates ont été arrêtés et confiés à la justice par les forces indiennes entre février et avril 2011. Lire :

B. La remise aux autorités du Puntland, du Somaliland ou Somaliennes

Solution préférée par les marines française et américaine – quand l’accord avec le Kenya n’est pas possible.

– 9 pirates Somaliens arrêtés par la marine française le 23 octobre 2008, sur visite de contrôle (opération : nationale).

– 8 pirates Somaliens, arrêtés par l’Aviso français Premier Maitre L’Her, le 1er janvier 2009, sur une tentative d’attaque du cargo panaméen S. Vénus (opération : EUNAVFOR Atalanta – nationale).

– 19 pirates Somaliens arrêtés, par la frégate française Jean de Vienne, le 4 janvier 2009, après deux tentatives d’attaque, l’une sur le cargo croate Donat, l’autre sur le cargo panaméen Vulturnus (opération : nationale).

– 9 pirates remis aux gardes-côtes somaliens par le Floréal, le 29 janvier 2009, après une tentative d’attaque sur l’African Rubis, navire de commerce sous pavillon maltais (opération : EUNAVFOR – nationale)

– 9 hommes appréhendés par la frégate néerlandaise De Zeven Provincie le 18 avril 2009 (opération : OTAN) ont été libérés puis réarrêtés aussitôt par les gardes-côtes du Somaliland.

– 12 pirates arrêtés par les gardes-côtes du Puntland, le 28 avril 2009 (opération : nationale – Puntland)

– 2 suspects, présumés libres, remis par l’Aviso français « Commandant Bouan« , le 1er juin 2009 après l’attaque du MV Maud et l’intervention de la marine indienne, le 28 mai 2009. Après soins à Djibouti, les 4 blessés ont été remis le 7 juin (opération : nationale / Inde – EUNAVFOR / France).

– 5 suspects, remis par le BCR Somme, le 12 octobre 2009, après l’attaque contre la navire-amiral de l’Alindien (opération : nationale).

– 12 suspects arrêtés, le 12 novembre 2009, par le Floréal au nord ouest des Seychelles remis le 19 novembre 2009 (opération : EUNAVFOR)

– 24 suspects arrêtés par le Nivose, remis le 13 mars 2010. Ils font partie des 35 suspects arrêtés en quatre fois par la frégate française : 22 suspects arrêtés le 5 mars 2010, 2 autres arrêtés le 6 mars et 11 suspects arrêtés le 7 mars 2010 (opération : EUNAVFOR Atalanta).

6 pirates récupérés en flagrant délit par les équipes de protection embarqués sur le thonier français Torre Giulia, le 5 mars 2010. D’abord amenés aux Seychelles, ils ont été libérés par les autorités seychelloises remis aux autorités françaises qui les ont réexpédiés au Puntland, samedi 20 mars (opération : nationale / France).

C. La remise aux autorités du Kenya

C’est désormais la solution la plus communément choisie par plusieurs Etats, pour juger les personnes arrêtées dans le cadre de leur action anti-pirates : les Etats-Unis (accord signé le 16 janvier), le Royaume-Uni, le Canada, ainsi que les Etats participant à l’opération de l’UE EUNAVFOR Atalanta qui ont signé un accord avec le Kenya, le 6 mars (lire ici).
– 8 hommes, arrêtés par le HMS Cumberland, le 11 novembre 2008, après l’attaque du MV Powerful

(opération : Otan).- 7 hommes ont été remis par les autorités US, le 5 mars 2009. Ils faisaient partie d’un groupe de 16 pirates appréhendés, coup sur coup, par le navire américain USS Vella Gulf (CG 72) après l’attaque de deux navires de commerce le MV Polaris, sous pavillon des Iles Marshall, le 11 février 2009, et le MV Premdivya, sous pavillon indien, le 12 février (opération CTF-151). Neuf suspects ont été libérés, après leur arrestation, « faute de preuves » pour pouvoir être traduits devant un tribunal kenyan selon les officiels américains.

– 9 pirates appréhendés, le 3 mars 2009, par la frégate allemande Rheinland-Pfalz, aidée d’un hélicoptère américain de l’USS Monterey (de la CTF-151). Le parquet de Hambourg a ouvert une enquête (opération EUNAVFOR). Mais, le gouvernement allemand s’est orienté vers une remise aux autorités du Kenya. Les suspects ont ainsi remis à la police kenyane, à Mombasa, le 10 mars 2009.

– 11 pirates appréhendés après l’attaque du MV Safmarine Asia par la frégate française Nivose, le 15 avril 2009 (opération Eunavfor).

– 11 hommes arrêtés par la frégate française Nivose le 3 mai en flagrant délit alors qu’ils tentaient d’attaquer… le navire militare. Et remis – après quelques discussions – aux autorités kenyanes à Mombasa, le 8 mai (opération: EUNAVFOR).

– 13 pirates arrêtés successivement par la marine espagnole (opération EUNAVFOR) ont été livrés par le Marques della Ensanada, le 16 mai 2009 au Kenya. 7 pirates ont été appréhendés le 6 mai après la tentative d’abordage de pirates sur le Nepheli (navire grec sous pavillon panaméen) et 7 autres ont été arrêtés le 7 mai après une tentative sur le Anny Petrakis (cargo maltais). 1 pirate blessé dans l’opération a dû être évacué sur Djibouti. Un juge espagnol a requis le jugement en Espagne. Mais le gouvernement – et le procureur espagnol – pas très chauds pour cette autosaisine s’y sont opposés.

– 7 pirates arrêtés, mardi 26 mai 2009, par la corvette suédoise après l’attaque d’un navire grec MV Antonis remis le 8 juin 2009, par transfert avion Djibouti – Mombasa (opération : EUNAVFOR).

– 17 suspects appréhendés sur un bateau mère, le 13 mai 2009, par deux navires de la CTF 151 (le coréen Munmu the Great et l’Américain USS Gettysburg) après l’attaque d’un navire égyptien, le MV Amira, remis le 9 juin 2009 aux autorités kenyanes.

– 9 pirates appréhendés par l’ITS Maestrale, le 22 mai 2009, (force Atalanta) après l’attaque de navires grec Maria K et américain Maersk Virginia, ont été remis au Kenya le 25 juin (opération : EUNAVFOR Atalanta).

– 7 suspects appréhendés par la frégate allemande Karlsruhe, le 27 octobre 2009, après l’attaque du thonier breton Cap saint Vincent (opération : EUNAVFOR Atalanta).

– 11 hommes arrêtés par les forces kenyanes, le 21 mars 2010, au large de Kiunga.

– 6 suspects arrêtés, le 9 avril 2010, par la frégate britannique Lancaster, après l’attaque du MV Nada (opération : nationale).

– 4 pirates arrêtés, le 24 septembre 2010, par le bateau amphibie espagnol Galicia, après la reprise d’un bateau pêcheur kenyan MT Sherry, capturé par les pirates (opération : EUNAVFOR Atalanta)

D. La remise aux autorités des Seychelles

Solution usitée par l’Inde comme par les Européens qui ont signé un accord de transfert de pirates avec l’archipel.

– 9 hommes appréhendés par la frégate espagnole Numancia le 26 avril 2009 (opération EUNAVFOR Atalanta), dans une opération combinée avec les marines française et indienne, après l’attaque du navire de croisière italien MSC Melody, ont été remis directement aux autorités des Seychelles (selon les autorités indiennes), relachés puis repris par les gardes cotes des Seychelles (selon Eunavfor une « formule » de précaution nécessaire car il n’y a pas – encore – d’accord de livraison directe avec les pirates entre l’UE et les Seychelles).

– 3 hommes arrêtés par les gardes-côtes des Seychelles, le 3 mai 2009.

– 11 hommes arrêtés par le navire Topaz des gardes-côtes des Seychelles, le 10 octobre 2009, relâchés le 11 octobre faute de preuve (opération : Locale / EUNAVFOR Atalanta).

– 10 hommes arrêtés par les gardes-côtes des Seychelles et un navire de l’OTAN dans une opération combinée avec l’appui des avions d’EUNAVFOR Atalanta (opération : Otan / locale)

– 11 pirates arrêtés le 6 décembre 2009 au soir au large des Seychelles par une action combinée de la frégate française Floréal et des gardes-côtes seychellois (opération : EUNAVFOR Atalanta / Locale).

– 11 suspects arrêtés par le Nivose, le 5 mars 2010 après l’attaque de thoniers basques espagnols dont certains battant pavillon des Seychelles (opération : EUNAVFOR Atalanta)

– 9 pirates, arrêtés en flagrant délit, le 29 mars 2010, par le Topaz, navire des gardes-côtes des Seychelles, après l’assaut du bateau capturé par les pirates.

E. La remise aux autorités du Yemen

C’est la solution utilisée par certains nationalités opérant dans le Golfe (Danemark, Russie, Inde).
– 8 « pêcheurs-pirates » en détresse, récupérés par le navire danois Absalon, le 4 décembre 2008 (opération : CTF 150)

– 23 « pirates » yéménites et somaliens présumés arrêtés par la marine indienne, le 13 décembre 2008 (opération : nationale). 11 d’entre eux ont été libérés immédiatement comme étant des pêcheurs.

– une dizaine de pirates (chiffre à préciser) arrêtés par navire russe Admiral Vinogradov, le 14 janvier 2009 (opération : nationale).

– 10 pirates de nationalité somalienne interceptés par le croiseur lourd russe Piotr Velicki, le 13 février 2009 (opération : nationale).

– 15 pirates arrêtés par les gardes-côtes yéménites, le 26 avril 2009, dans deux opérations consécutives.

– 8 suspects arrêtés par les gardes-côtes du Yemen, le 13 novembre 2009, dans le Golfe d’Aden ; 6 autres arrêtés le 27 novembre 2009.

– 2 pirates arrêtés par les gardes-côtes du Yemen, en mars 2010.

– 13 pirates arrêtés par les gardes-côtes du Yemen, le 26 mai 2010.

F. Les pirates, appréhendés, puis libérés sur le champ :

– 10 pirates somaliens appréhendés par le navire danois Absalon, le 10 septembre 2008, et relâchés sur ordre de Copenhague, les experts gouvernmentaux n’étant pas sûrs de pouvoir poursuivre et craignant l’application de la peine de mort s’ils étaient livrés à la Somalie, les armes découvertes ont été jetées à l’eau (opération : CTF 150)

– Plusieurs « pirates » présumés, répartis sur trois bateaux, arrêtés par le navire danois Absalon, le 3 novembre 2008 (opération : CTF 150)

– Plusieurs pirates arrêtés, par le navire danois Absalon, après l’attaque d’un bateau de croisière australien MV Athena, le 1er décembre 2008, puis relâchés le 3 décembre, sur ordre du QG de la coalition à Bahrein, le bateau pirate a été coulé (opération : CTF 150)

– 6 hommes appréhendés, par le navire allemand Karlsruhe, le 25 décembre 2008, relâchés sur ordre de Berlin, les armes ont été neutralisés (opération : EUNAVFOR Atalanta)

– 7 hommes appréhendés par la frégate canadienne Winnipeg, le 18 avril 2009, après une tentative d’attaque sur un pétrolier Front Ardennes et le pétrolier britannique militaire Wave Knight (opération : Otan)

– 29 suspects arrêtés par le navire russe Admiral Panteleev, le 28 avril 2009, remis aux représentantions de l’Iran et du Pakistan. Une confusion porte sur la notion de « suspects », ceux-ci pouvant être des « pêcheurs » (opération : Nationale).

– 3 hommes appréhendés par la frégate française Nivôse, le 30 avril 2009 à bord de ce qui semblait un bateau mère. Des brassières de sauvetage d’un bateau capturé par les pirates Mais aucune arme à bord. Pas de preuve. (opération EUNAVFOR Atalanta)

– 19 hommes arrêtés par la frégate portugaise Corte Real, le 1er mai 2009, après l’attaque du pétrolier Kittion, sur demande des autorités somaliennes selon l’OTAN (opération : Otan)

– 10 pirates arrêtés par la frégate britannique Portland, le 2 juin 2009, avec intervention également d’un avion espagnol de l’opération Atalanta, après attaque d’un navire battant pavillon de St Vincent et Grenadines (opération : CTF 151)

– 8 pirates arrêtés par la frégate portugaise Corte Real, le 22 juin 2009, après l’attaque du Maersk Phoenix (opération : Otan)

– 7 pirates appréhendés dans une action combinée entre les navires néerlandais et norvégien de l’opération européenne antipiraterie EUNAVFOR Atalanta et l’avion de patrouille japonais, le 22 août 2009.

– 11 pirates suspects appréhendés par le Bremen près des Seychelles, le 13 octobre 2009 (opération : EUNAVFOR).

– 4 pirates suspects arrêtés par la Louise-Marie, « raccompagnés » à terre, le 2 novembre 2009 (opération : EUNAVFOR).

– Le Karlsruhe arrête 4 suspects qu’il relâche, le 4 novembre 2009 (opération : EUNAVFOR).

– 15 pirates arrêtés par la frégate grecque Adrias, le 18 novembre 2009 (Deux groupes pirates neutralisés près des Seychelles)

– 13 suspects arrêtés par la frégate néerlandaise Evertsen (EUNAVFOR), le 2 décembre 2009, puis libérés au bout de 15 jours de détention et de négociation avec les pays concernés, personne n’en voulant : ni les Pays-Bas, ni les Etats riverains (L’Evertsen libère 13 pirates faute de pays d’accueil, un bug ?)

– 7 pirates arrêtés en flagrant délit par une frégate espagnole SPS Victoria, le 3 août 2010

NB : Selon les forces multinationales, pour le seul semestre 2010, 700 pirates ont été libérés.

Etc…

G. Pirates laissés en fuite.

– Un bateau-mère détruit par la frégate danoise Absalon, le 2 mars 2010, pirates non poursuivis (opération : Otan)

Etc…

* Autres : Pirates saisis mais non transférés ou dont la destination n’est pas connue
– 14 pirates arrêtés successivement les 24 et 30 juillet 2009 par la frégate turque Gediz – qui fait partie d’un des groupements maritimes permanents de l’OTAN, après l’attaque d’un navire marchand turc.

– 8 suspects arrêtés par l’USS Farragut, le 22 février 2010 (opération : CTF 151)

– 5 suspects arrêtés par la frégate turque Gediz, le 5 mars 2010 (opération : OTAN)

– 7 suspects arrêtés par la frégate turque Gemlik, le 7 mars 2010 (opération : OTAN)

III. Suites judiciaires

Lire ici


IV. Bilan humain

– 1 preneur d’otage a été tué par les commandos français lors d’une opération de libération des otages du Carré d’as, à la mi-septembre 2008.

– 3 pirates somaliens et/ou yéménites, tués lors d’un accrochage avec les Britanniques du HMS Cumberland le 11 novembre 2008.

– 15 pêcheurs, tués dans ce qui ressemble à une « bavure » de la marine indienne, le 18 novembre 2008.

– 6 pirates noyés, après remise de la rançon pour la libération du Sirius Star, le 9 janvier 2009.

– 1 pêcheur tué et 2 blessés, lors de l’attaque du cargo néerlandais Nedlloyd Barentz (groupe Maersk) par une quinzaine de pirates et l’intervention du Admiral Vinogradov, le 13 janvier 2009. Ils étaient dans la zone des tirs russes et auraient été atteints par erreur selon les autorités yéménites. Ce seraient les pirates somaliens qui les auraient blessés, arguent les Russes.

– 2 pirates tués lors de la libération du voilier de plaisance français Tanit le 10 avril 2009 par la marine française (opération : nationale). Un otage décèdera également sans qu’on ait pu déterminer de prime abord l’origine du tir, sans doute de commandos marine d’intervention (Sur le Tanit, lire: La version de Chloé Lemaçon sur la tragédie du Tanit met en cause l’armée).

– 3 pirates tués par des tireurs d’élite lors de la libération du capitaine du Maersk Alabama par la marine américaine le 8 avril 2009 (opération : nationale).

– 2 pirates ont été tués et un autre blessé dans un affrontement avec les gardes-côtes yéménites, le 26 avril 2009
– 1 pirate a été blessé lors d’échange de tirs avec l’hélicoptère russe de l’Admiral Panteleev, le 29 avril 2009

– 2 pirates tués et 4 autres blessés après l’intervention d’un hélicoptère indien de l’INS Talwar, le 28 mai 2009 – pris en charge ensuite par une frégate française d’Atalanta.

– 1 pirate blessé lors d’échange de tirs avec la frégate espagnole Canarias, le 4 octobre 2009.

– 1 pirate tué par les gardes privés du MV Almeezan, 23 mars 2010.

– 1 pirate tué lors de l’assaut par le navire de guerre Marchal Chapochnikov lors de la libération du Moscow University, le 6 mai 2010. Plusieurs blessés, soignés ensuite par le médecin de bord. Les 10 pirates désarmés et libérés, à bord d’un canot se seraient noyés, selon la marine russe (lire : Les pirates relâchés par les Russes se noient).

A signaler également :

– un marin du navire égyptien pris d’assaut par la marine allemande (en décembre) a été grièvement blessé.

– 3 bergers ont été signalés tués lors d’une opération terrestre menée en Somalie par les commandos français, mi-avril 2008, après la prise du Ponant. Cette information n’a jamais pu être confirmée. Et l’Etat-major français la dément (Non décompté.)

V. Bilan des attaques (source : BMI / Ecoterra)

Hausse très nette en 2008 et 2009. Le bilan de la piraterie est régulièrement effectué par le Bureau maritime international (BMI).

• En 2008, le nombre des actes de piraterie dans la région du Golfe d’Aden a explosé (il a été multiplié par trois par rapport à 2007). Selon le BMI, 111 navires ont été attaqués au large de la Somalie (mer rouge et Golfe d’Aden) et 43 détournés. A cela il faut ajouter 17 attaques dans l’Océan indien (Tanzanie, Kenya, Seychelles). Soit 128 attaques dans la zone. L’ONG Ecoterra a recensé 134 incidents (incluant tentatives et attaques avortées) dont 49 ont réussi par une capture du navire. Cela représente 0,4% du trafic maritime total.

• En 2009, l’escalade continue. Au premier trimestre 2009, on recense 61 bateaux attaqués et 9 capturés, avec 193 membres d’équipage. Avec un renforcement notable du danger autour des Seychelles et de l’Océan indien : une attaque sur deux ou trois se produit dorénavant dans cette zone. A la fin de l’année, on compte 217 navires attaqués et 47 capturés, avec 867 membres d’équipage, selon le Bureau maritime international.

• En 2010, cela continue. Au premier trimestre, on a recensé 35 attaques et 9 captures de navires dans le bassin somalien et le Golfe d’Aden. Au 1er août, sur les sept premiers mois de l’année, on comptabilise: 139 incidents de pirates, 30 navires détournés, tandis que  sont toujours retenus en otage.

Le nombre de bateaux entre les mains des pirates évolue au gré des prises et des négociations de rançons : entre 10 et 20 navires et plus de 200 membres d’équipage en otage durant l’année 2009. Largement moins, 4 navires, à la fin de l’été 2009  (lire opération déstockage), 8 environ (fin octobre 2009) après la fin de la mousson et la reprise des attaques), 18 bateaux (début mai 2010), 17 bateaux et 450 marins (début août 2010).

VI. Bilan financier (source : assureurs / agences de presse)

Le montant cumulé des rançons pourrait atteindre, au total, selon les estimations, entre 30 et 150 millions de $. 80 millions de dollars de rançon ont été versés en 2008, d’après les assureurs.

Force Arrestations encountered Remis à la justice (libérés) Suspects Non poursuivis recensés Taux Poursuite Suspects Tuéskilled Suspects Blessésinjured Taux de perte
-1 prosecuted -3 Judiciaire (4) -5
(freeded) -6
-2
CTF 150 et 151 104 43 43 4 sur 10 1 0 1%
(dep. septembre 2008)
EUNAVFOR 528 * 187 (-11) 27 3 sur 10 1+1? 3+1? <1%
(dep. décembre 2008)
OTAN (dep novembre 2008) 140 * 23 28 1 sur 10 3 0 2%
Nationale 188 130 (-11) 50 7 sur 10 28+10 11 20%
(USA, Russie, Inde, France, Chine, Egypte…) (dep. avril 2008)
Locale (Somalie, Puntland, Yemen, Seychelles, Kenya) 185 132 (-4) 21 7 sur 10 8 6 4%
Privés 1
Bilan global 1134 493 (-26) 175 4 sur 10 44 + 16 (**) 24 5%

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